Un dixième album studio pour Idlewild

Idlewild sortira son nouvel opus – un éponyme – ce 3 octobre 2025. Il s’agira de son dixième. En attendant, il a partagé le single intitulé "Stay Out Of Place". Le chanteur Roddy Woomble explique que la chanson traite de la multiplicité des voix et de la…

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Le cauchemar de This Will Destroy Your Ears…

This Will Destroy Your Ears verse dans le dark wave, puise son inspiration dans la noirceur des sons de l’Angleterre des années 80 tout en y mêlant des notes psyché accrocheuses et des salves soniques noisy. « Funland », son nouvel album, sortira le 10…

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Grégory Escouflaire

Grégory Escouflaire

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Mind Control For Infants

Comme Tribes of Neurot (dont le dernier CD se composait de bruits infects d'insectes, à donner le bourdon), Lotus Eaters propose une musique " for the mind ", traduisez " pour l'esprit ". Après avoir écouté ce premier album, je dirais plutôt " pour la cuvette ", ou " pour les oubliettes ". C'est que ce " Mind Control For Infants " s'avère difficilement écoutable, à moins d'être fan de clapotis et de bruits de pets. " An excursion into the conscious/subconscious/unconscious states of its principal creators… and, most of all, yours " : notre inconscient nous dicte que ce disque n'est rien que du foutage de gueule, fait par des types qui se la pètent (encore des prouts) en écoutant Stockhausen, bien qu'ils n'y comprennent rien. " We hope that these tracks will take the listener out of their usual head " : en ce qui nous concerne, ce disque nous aura surtout donné envie d'aller acheter des boules Quiès. Et merci pour la tête, elle va très bien, merci. Allez, vite, tirons la chasse, et qu'on n'en parle plus.

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

When I Pretend To Fall

John Roderick est un des plus fidèles destriers de la pop gracile et champêtre. De très bon augure, ce " When I Pretend To Fall " recevra sans doute tous les honneurs, des amateurs de chansons folk-pop-country à la Wilco aux " College Radios " qui passent REM et les Counting Crows. De fait, The Long Winters sonne un peu comme la bande à Michael Stipe. Même Peter Buck a mis la main à l'ouvrage (la mandoline sur le merveilleux " Cinnamon "). C'est sympa, sautillant, charmant : " When I Pretend To Fall " possède une veine mélodique qui fait mouche à tous les coups, malgré la production de Ken Stringfellow (Posies, Big Star) un poil trop lisse. Le meilleur : ce " Blanket Hog " en forme de symphonie de poche (riffs costauds, violons, trompettes) suivi d'une ballade contrastée (" It'll Be A Breeze "), toute en simplicité et finesse (une guitare acoustique, une voix). En deux chansons, Roderick montre l'étendue de son talent de songwriter. Ne lui reste plus qu'à piquer la vedette au grand chauve efféminé pour faire péter la tirelire.

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Glamoroso

Loisirs : ‘Occupations, distractions, pendant le temps de liberté’ (Le Robert). De l'accessoire, si on se fie aux valeurs établies par notre société du travail, centrée sur le profit et la productivité. Pourtant, comme le dit si bien Robert Louis Stevenson dans son " Apologie des Oisifs ", " l'oisiveté, qui ne consiste pas à ne rien faire, mais à faire beaucoup de choses qui échappent aux dogmes de la classe dominante, a tout autant voix au chapitre que le travail ". Bifi, La Machine, Tiger et P'tit Greg, les quatre types qui se cachent derrière Loisirs, ont sans doute lu Stevenson, du moins ce genre d'essais situs qui fustigent notre civilisation pourrie jusqu'au trognon. Pendant leur temps libre, ils ont donc enregistré un disque, " Glamoroso ", furieux recueils de 11 titres emocore qui font mal aux tympans et aux tripes. Voilà de jeunes gens qui ne supportent pas qu'on leur fasse la morale, encore moins qu'on les traite de petits branleurs juste bons à faire de la musique. De l'EMO en plus, tendance Fugazi, At The Drive In, Q and Not U, bref un truc inaudible de skinheads, qui fait peur à grand-mère. Il n'empêche que " Glamoroso " est un des rares disques de rock français actuel (France Loisirs ?) à contenir une telle rage, une telle violence : des années qu'on n'avait plus entendu de telles décharges électriques, de tels cris stridents comme autant de coups (de rasoir) portés à la jugulaire. Loisirs ne cherche pas à faire peur, il est juste le reflet d'une certaine vision de notre civilisation. Une vision noire, sans espoir, d'une génération qui fulmine d'être prise avec condescendance par des aînés en pleine déroute intellectuelle, politique et sentimentale. Et c'est la gorge nouée et le poing serré qu'elle écoute ce disque, un peu rassurée d'y trouver des murs de guitares sur lesquels se jeter, parce que c'est toujours mieux que le vide du monde qui l'entoure.

 

Au sein de la famille antifolk new-yorkaise, Jeffrey Lewis tient un peu le rôle du petit frère déjanté, les doigts pleins de taches de marqueurs et les cheveux en bataille. Son premier album sorti l'année dernière, " The Last Time I Did Acid I Was Insane And Other Favorites ", méritait déjà son pesant de cacahuètes : en gueulant d'une voix cassée des histoires décalées à la Ghost World sur un fond musical 100% lo-fi, Jeffrey Lewis fut très vite catalogué bête de foire du grand cirque rock'n'roll, voire foireux tout court. Avec ce second album sous le bras, notre troubadour à la masse continue de brosser avec nonchalance de joyeux portraits en total décalage, comme si son crayon de songwriter (et de dessinateur) tremblait ou ne craignait pas les ratures. Il s'agit toujours d'antifolk, bref de textes délirants, tendance " ligne claire ", sur fond d'Amérique " nerd " et " white trash " (" Back When I Was 4 " : du Lewis régressif, de 124 à 4 ans ; " No LSD Tonight " : du Lewis désintox ; " I Saw A Hippie Girl On 8th Avenue " : du Lewis amoureux ; " Dont't Let The Record Label Take You Out To Lunch " : du Lewis pigeon, qui paie l'addition). La nouveauté, c'est cette étincelle punk qui fait varier nos plaisirs, et qui nous rappelle Violent Femmes et The Thermals, en plus squelettique. La guitare, quand elle se fâche (" No LSD Tonight ", " Arrow ", " If You Shoot The Head You Kill The Ghoul ",…), crache ses riffs comme dans un dernier râle. Sans doute que le vrai punk, celui qui fait peur et sait de quoi il parle, se trouve chez ces artistes aux nerfs à vif, seuls avec leur guitare (on n'entend presque rien d'autre) et leur conscience. Mais Jeffrey Lewis aime aussi les ballades douce-amères, l'ampli débranché et la rage consommée (le très beau " Sea Song "). Dans ces moments de piété acoustique, on se félicite d'avoir trouvé en Lewis un nouveau compagnon de jeu, en même temps qu'un confident. C'est drôle, comme on s'attache…

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Lost In Space - Volume One (1993-3002)

Quand Laika est apparu il y a 10 ans, c'était en pleine tempête trip-hop : à l'époque, on y croyait déjà plus trop, et tous les groupes nés de la cuisse de Portishead semblaient bien fades à côté de l'excellence du groupe de Barrow et Gibbons. A l'écoute de ce best of, il faudra pourtant se rendre à l'évidence : Laïka ne faisait pas partie de ces ersatz pseudo-bristoliens aux trajectoires filantes et à l'éclat bien terne. Trop vite catalogué comme membre de la nébuleuse trip-hop, Laïka rata donc sa cible (les fans de musique extra-terrestre), et nous poussa à aller voir ailleurs. Il aura fallu dix ans et une compile pour qu'enfin Laïka soit considéré à sa juste valeur. Parce que ce groupe mariait avec bonheur le krautrock et le post rock, le trip-hop (quand même) et la pop, les rythmes de l'Afrique et la musique électronique. Comme une étoile, dont la luminescence, la flamboyance ne nous arrive qu'en temps décalé, des années plus tard… Le premier disque regroupe les meilleurs morceaux du groupe (" Breathe ", Bedbugs ",…), le deuxième propose peel sessions, remixes, live et faces B (dont une reprise de Wire, " German Shepherds "). La plupart des étoiles que l'on voit briller dans la nuit sont en fait déjà mortes : ce décalage, toujours. Que ce best of scelle la fin du groupe serait dommage, même si leur talent, déjà en 93, fut étouffé dans l'œuf du trip-hop alors en vogue. " Lost In Space " ? A notre firmament, Laïka brille encore pourtant de milles feux. Peut-être que dans dix ans on en reparlera (" 2013, l'odyssée de… ", titreront les magazines de rock)… Jusque-là, on a le temps de réécouter tout ça avec plaisir, seul avec ces bugs cliniques, ses rythmes tribaux et ces voix venues d'ailleurs.

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Robin Leduc

Robin Leduc ‘lutte pour le droit à la diversité’. C’est très bien parce que, franchement, ça commençait à bien faire : Pagny qui se plaint du contrôle fiscal, Obispo qui se prend pour Michel Polnareff, Garou qui (malheureusement) « Reviens », Johnny qui n’en finit pas de revenir, Claude François qui ressuscite par la grâce d’un autre Belge,… Tout ça c’est bien moche, parce que non, « On n’est pas tous des Cloclo » : la preuve par Robin Leduc, qui lui au moins ne se prend pas la tête. D’accord, ces paroles ne sont pas des plus intelligentes, et son accent est un peu lassant… Mais ses arrangements valent toujours mieux que ceux de Goldman (qui puent les pieds comme le suggère le titre de son dernier album). D’accord, Robin Leduc n’est pas un génie. Sans doute qu’il restera toujours dans l’ombre d’un Biolay ou d’un Murat, mais qu’importe : ses chansons d’amour restent tout à fait valables. On évitera donc tout jeu de mot stupide avec Leduc, parce que non, franchement, ce ne serait pas très sympa.

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

24 Hours

24 heures dans la vie des Leeds, ça doit être amusant : on se lève de bon pied le matin en écoutant Magnapop et Eden (" 24 Hours "), puis on déjeune sur la terrasse en plein soleil, en fredonnant le dernier tube de Belle and Sebastian, la bouche pleine de Special K… Une fois l'estomac bien rempli, on part en promenade dans la campagne environnante, à pied ou à vélo, voire en van multicolore, comme au temps béni du Flower Power. Après quelques kilomètres de sain batifolage, on s'arrête dans une clairière ombragée et on déplie la couverture : c'est l'heure du pique-nique. On sort la guitare acoustique et les flûtes (" Napoli "), puis, histoire de bien digérer le saucisson et la salade (Salad ?) de pommes de terre, on se couche entre les marguerites, le temps de piquer un petit somme à l'ombre des bouleaux en fleur. Vers 18h00, on est réveillé par le bruit d'un tracteur : ça pète, ça vrombit, autant mettre les voiles (" Pain In The Ass "). Sur la route du retour, on pense déjà au bon gigot qui nous attend à la maison : en sifflotant des airs pop-rock bien connus, on accélère la cadence, pressés d'être rentrés. Il est 19h30 et le soleil se couche : dans la lumière réconfortante du crépuscule, on s'attable avec empressement, l'odeur de la viande épicée (" Laziness ", à la Calexico) aguichant nos papilles avec force et malice. Bon appétit ! Une fois la dernière côte grignotée et le pantalon déboutonné, il est presque l'heure d'aller coucher. Juste avant, on termine la soirée avec une petite veillée au coin d'un feu préparé à la sauvette : quelqu'un a pensé à prendre des trompettes. On s'amuse à souffler dedans comme dans un Alcotest (" You'll Never Know "), " Come Out to Play "), parce qu'il faut bien le dire, on est un peu pompette. C'est çà les vacances, et ce disque nous les rappelle avec tendresse.

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Postcards From Downtown

Cette Américaine pure souche traîne sa steel guitare et sa voix burinée (masculine ?) sur les scènes country depuis 10 ans, en " backing " de Chris Whitley et d'autres (lone) stars de Nashville. Il aura donc fallu bien des tournées de rodage pour que la belle se jette enfin à l'eau, ou plus exactement en solo : " Patience est mère de sagesse " dit le proverbe… C'est peu dire, tant ce " Postcards… " fait montre d'un talent hors pair, celui d'une femme mature qui sait transcender le genre (la country, donc) pour lui redonner une nouvelle jeunesse. Waltz entre Nina Simone et Jonie Mitchell (" Fred Astaire "), soul acariâtre à la Meshell Ndegeocello (" Somebody Leave A Light On "), country-rock sonnant la rencontre entre PJ Harvey et Neko Case (" Postcards From Downtown "), miaulements dignes d'un Jeff Buckley qui aurait trop écouté son père (" Miss Liberty "), bluette Bagdad Café (" Last Good Taste ", entre Sade et l'" I'm Your Man " de Leonard Cohen), carbone 14 de blues 'tomwaitsien' (le beau " Paterson "… qui vire tex mex après quatre minutes) : Dayna Kurtz jongle avec les styles sans jamais tomber dans l'exercice de style prétentieux. S'il nous faudra patienter encore 10 ans pour la suite, on saura prendre notre mal en patience : mieux vaut la qualité que la quantité. Ou plutôt : mieux vaut une Diana Kurtz sporadique que dix Shania Twain prolifiques.

 

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Not Going Anywhere

Après deux albums chantés en français, Keren Ann s'attaque au marché anglo-saxon. De toute beauté, ce " Not Going Anywhere " voit la copine de Biolay et de Salvador s'imaginer suivre les traces de Joni Mitchell et damer le pion à toutes ses prétendues descendantes (de Suzanne Vega à Beth Orton). Au départ, cet album ne devait être qu'une resucée anglophile de " La Disparition " : au final, on compte pas moins de sept nouvelles chansons pour seulement quatre reprises du disque précédent. Sur ces quatre titres, l'empreinte de Biolay n'a forcément pas disparu, même qu'il est présent sur un autre morceau, " Road Bin ", jolie comptine bluesy à la slide guitare… Mais c'est encore toute seule que Keren Ann impressionne le plus : sur " Sailor & Widow ", petite merveille de pop mélancolique, et sur les deux morceaux qui ouvrent l'album, " Not Going Anywhere " et " Polly ", empreints d'une force mélodique qui va droit au cœur. Avec Keren Ann, la chanson, qu'elle soit française ou anglaise, n'a pas à s'inquiéter quant à son avenir : il apparaît déjà radieux, malgré quelques maladresses de jeunesse (ces ambiances parfois trop surannées, cette tendance un peu complaisante pour les trop jolies notes). En solo, flanqué de Biolay ou de Bardi Johannsson (Bang Gang, Lady and Bird), Keren Ann réussit pour l'instant un (quasi) sans fautes. Reste au temps à donner à sa musique encore davantage de consistance, et à ses textes de profondeur. " Not Going Anywhere " ? Bien au contraire. Car à l'horizon, se profile la consécration.

 

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Keep On Your Mean Side

Du rock revêche et lo-fi qui laisse des traces (NDR : de cambouis !). De sales rengaines hypnotiques et coriaces, d'une évidence rare. " Un gars, une fille " version trash, vêtus de cuir noir et le sourire narquois, qui croisent les guitares tels des Adam et Eve destroy, après avoir mangé la pomme et fait la nique au Diable, au Tout Puissant et au reste ; le doigt levé et les pieds tapant en cadence, d'un rythme binaire et agaçant. On a déjà entendu The Kills chez PJ Harvey (" Dry "), Royal Trux, Pussy Galore, le Velvet, Jesus & Mary Chain, Sonic Youth et dans le blues : celui qui fout la trouille. On les comparera sans doute aux White Stripes, pour cet incroyable talent à faire du rock à quatre mains et à du cent à l'heure, droit contre le mur (du son). VV et Hotel unis pour le meilleur (du rock'n'roll pur jus, qui n'oublie rien de ses ancêtres), et c'est la trique pendant une heure. Parfois sauvage (" Fried My Little Brains ", quel titre !), souvent retors, entre je-m'enfoutisme salvateur et morgue CBGB, le rock de ces Bonnie and Clyde d'un nouveau genre (plus teigneux, plus cool) devrait tout balayer sur son passage. " You Got It ? I Want It ! " (" Cat Claw ") : VV et Hotel ont tout pour eux. La classe, le talent, le sex-appeal. Bref, la foi en une musique qui sue à pleines gouttes, qui mord à pleines dents, qui hurle sa rage. " Fuck The People " : ce slogan, qu'on a plus entendu depuis le punk, revêt chez The Kills un nouveau sens, celui du rock même, de sa quintessence. A la fin, sur deux ballades blues gangrenées par une guitare vitupérante, The Kills semble pourtant s'assagir. Derrière l'accalmie se tapit pourtant, encore et toujours, ce rock prêt à bondir, que vous croyez mort depuis déjà des lustres. L'histoire se répète. C'est vrai ; quels seront nos prochains héros dans trois mois ? Qu'importe : avec The Kills, on savoure l'instant, le temps présent. Et c'est la seule chose qui compte.

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