La manille pour bébé de Panic Shack

Fondé en 2018, Panic Shack eéunit Sarah Harvey, Meg Fretwell, Romi Lawrence, Em Smith et Nick Williams. La formation a décidé de défier l'atmosphère exclusive des scènes indie et punk dominée par les hommes. Sa musique est décrite comme explosive et…

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Miossec simplifie…

Miossec, le poète du Finistère, reprend la route avec "Simplifier", un album vibrant de sincérité et d’émotions brutes. Entre coups de cœur, coups de gueule et coups de blues, il continue de chanter la vie comme personne, avec cet amour immuable pour sa…

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Grégory Escouflaire

Grégory Escouflaire

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Change

Une country-blues anémique dévoile ses charmes mutants sur fond de free jazz psychédélique, tandis qu'une voix caverneuse susurre des mots doux, coincée entre un harmonica malade et une mandoline rouillée… Jackie-O Motherfucker est un collectif de musiciens biberonnés au blues famélique de Robert Johnson, au folk cosmique du No-Neck Blues Band et aux expériences limites des Boredoms. Leur musique, de l'improvisation hors-catégories où se côtoient violence et épure, sagesse et turbulences, prend aux tripes, intoxique.

" Change ", leur huitième album mais le premier à bénéficier d'une véritable promotion internationale (via Textile, un label français), décharge son trop-plein d'émotions sans jamais tomber dans l'obscurantisme, même si l'expérience se révèle parfois éprouvante (trop de genres, trop d'influences, trop d'idées, souvent dans un seul titre). Si " Everyday " rappelle le blues des années trente, mais un blues carbonisé, atomisé par une recherche constante de sons nouveaux, la suite ne sait jamais sur quel pied danser : psychédélisme fumeux teinté de jazz électrique (" Sun Ray Harvester "), transe chamaniste, bruitiste et apocalyptique (" Bus Stop "), Frip(p)eries ambient et post-rockeuses (" Fantasy Hay Co-op "),… " Change " ne décevra pas les amateurs de musiques de traverse, difficiles mais démentes. De l'exorcisme salvateur pour les amateurs de sensations fortes et d'illuminations sonores.

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

The Creek Drank the Cradle

Iron & Wine = Sam Beam, jeune folkeux de Miami qui préfère s'enfermer dans sa cuisine à composer des ballades minimalistes que de parader sur la plage, la planche de surf sous le bras. " Chacun son truc ", diront les plus bronzés à l'écoute de ces 11 vignettes country-folk qui n'ont pas vu le soleil. Sam Beam s'en fout : il est bien dans sa cuisine, et même qu'il n'a pas besoin d'amis, puisqu'il fait tout absolument seul. La guitare, le banjo, les voix, l'enregistrement. Harry Smith serait passé par-là qu'il l'aurait sans doute rajouté sur sa compile d'" American Folk Music ". Dommage qu'il soit mort. Sam, lui, est bien vivant, même s'il est blanc comme un cadavre. Sa musique, heureusement, ne sent pas la pierre tombale : d'accord c'est triste, mais c'est beau, aussi. Serein. Délicat. Sam ne connaît sans doute pas ce qu'écoutent les gars de la plage (du rap, du nu-métal), et à vrai dire il s'en tape : dans sa discothèque, il n'y a qu'une dizaine de disques. Neil Young, Nick Drake, Gene Clark. Rien de bien neuf. Il paraît qu'il a quand même acheté un ordinateur au magasin du coin : c'est mieux que ce 4-pistes qui faisait toujours des siennes. Voilà pourquoi ces 11 chansons sonnent si bien ! On croirait presque qu'elles sont produites par Mark Linkous ou Kurt Wagner… Du bon boulot, pas lo-fi pour un sou. La prochaine étape ? La rue, le quartier, la ville, le pays, le monde : Sam sur les routes, avec sa guitare et sa crème solaire protection 36, à chanter ses poèmes bucoliques devant des fans de folk neurasthénique ? Quel délire ! Reste à savoir si les sièges seront munis d'oreiller ou si ce jour-là on n'aura rien d'autre à faire. A vrai dire, mieux vaut écouter ce disque à la maison, seul, sous peine d'être traité de fan de musique chiante ou de membre d'une secte de hippies suicidaires. Et oui, la passion musicale est parfois à ce prix.

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Future in Light

On avait un peu perdu de vue Ken Ishii depuis son " Sleeping Madness " de 1999, sur lequel il balançait la sauce en compagnie de Talvin Singh, Mike Ladd et DJ Spooky. Après un " Flatspin " (2001) passé inaperçu, le Japonais revient, en bonne forme. Rien de très original, certes (toujours cette mixture de techno martiale et d'électro funky), mais là n'est pas le problème : du moment que ça chauffe sur le dance-floor, le contrat est rempli. Au menu, donc, du BPM qui déménage (" Melting Point ", " Presto ", " Beep Twist "), de l'acid comme au bon vieux temps (" Auburnia ") et du copiage en règle des aïeuls de Detroit (May, Atkins, Saunderson). Ce qui est bien aussi, c'est la manière dont Ken Ishii a construit son album : comme un mix, avec son départ en douceur (les 3 premiers morceaux), son climax (de " Future Is What We Are " à " Beep Twist ") et ses moments d'accalmie (" Fadeless ", au milieu, plus chill out, et " Strobe Enhanced ", à la fin, de l'électro pure qui permet de lever le pied de la piste). " Future In Light " a beau sonner un brin daté et Ken Ishii souffrir de la comparaison avec les nouveaux ténors du dance-floor (de Dj Hell à Ellen Allien), il n'empêche que l'ensemble s'écoute encore avec plaisir, comme on regarde un bon vieux film. En gros, le Japonais fait partie de (no)s meubles. A vous (et lui) d'y voir un compliment ou une insulte.

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

It´s Golden

De Suède, on connaît Fireside, Soundtrack of Our Lives, The Hives et bien d'autres. On ne connaissait pas encore Isolation Years. Pourtant, on retrouve Pelle Gunnerfeldt (Fireside) à la production, et toujours cette touche scandinave qui en ce moment fait recette : de la bonne pop un peu country, un peu rock, des mélodies accrocheuses, de la candeur acoustique. C'est enjoué. Il y a aussi des cuivres (" Frosted Minds "), des chœurs, du banjo, des gars qui sifflotent (" Let's Step Aside "), des synthés (" Open Those Eyes "), du xylophone (" Three-Minute Convert "). La formule fait parfois penser à du Go-Betweens, du Calexico, de l'Echo & the Bunnymen (la voix). C'est vrai que ça ne mange pas de pain, et on qu'on en reparlera sans doute dans un mois, à la prochaine livraison suédoise ou norvégienne. On ressortira sans doute les mêmes phrases et les mêmes références, à peu de choses près. Quelqu'un dira peut-être qu'on radote, qu'on use de clichés, et il n'aura pas tort. On lui répondra qu'il est parfois difficile de séparer le bon grain de l'ivraie, et on lui conseillera d'écouter avant d'acheter. On en restera là, et on rangera notre cd parmi les dizaines d'autres déjà chroniqués sous l'étiquette " la grande famille pop-rock du nord de l'Europe ". Dans quelques années, peut-être, on les revendra, parce qu'on se rendra compte qu'on ne les a plus écoutés depuis leur chronique. Ca nous fera un peu d'argent de poche, qu'on dépensera un vendredi soir à boire des bières avec des amis. Les cd's, parfois, ça fait une belle monnaie d'échange.

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

I Am Kloot

Il y a deux ans, le premier album des Mancuniens d'I Am Kloot, " Natural History ", s'était vu acclamé par toute une presse anglophone alors encore dévouée au tout acoustique (ce " New Acoustic Movement " un peu pâle et pas drôle). Depuis, l'électricité a repris le dessus, et le public jeune ne jure plus que par le rock'n'roll. Pas facile dès lors pour I Am Kloot de refaire surface, en plein délire psyché et garage. Forcer le barrage des guitares lourdes, surtout quand on a l'air d'avoir quarante piges et qu'on s'appelle John Harold Arnold Bramwell, n'est donc pas une mince affaire. Certes, I Am Kloot durcit le ton ça et là, bien que tout reste assez relatif : les percussions hypnotiques de " Life In A Day ", le morceau " rock " d'I Am Kloot, ne font sans doute pas bien peur à ces malades d'Eighties Matchbox B-Line Disaster… Que les fashion victims passent donc leur chemin : I Am Kloot ne fait pas de la musique kleenex, si excitante soit-elle… Tant qu'à s'essayer aux belles métaphores, on parlerait plutôt à son égard de mouchoirs bien brodés, faits maison avec amour et tendresse. De l'amour, John Arnold (etc.) en parle justement, beaucoup : rien de tel que les bons sentiments comme fond de commerce. " I Am Kloot " n'est donc pas bien différent de " Natural History " (des chansons calmes et jolies, souvent tristes), et pourtant on n'y trouve pas grand chose à redire. La conclusion, c'est qu'il n'y en a pas : I Am Kloot, c'est I Am Kloot, ce qui a le mérite d'être clair... Non ?

 

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Ima Robot

L'ambiance dans la salle est à son comble depuis qu'un type au look d'indien s'est emparé du micro et gueule comme John Lydon. C'est le nouvel an, la fête, et le concert surprise se transforme vite en happening punk funk du feu de dieu, comme si les Liars et Pulp copulaient en pleine lumière, sous le regard ébahi de jeunes branchés urbains venus nombreux pour se saouler la gueule. Au bar, seuls quelques égarés continuent à boire leur bière, comme si de rien n'était. Pour eux, c'est la défaite : ils pensaient, vu le nom, voir un groupe électro, ils se coltinent un enragé qui piétine sur une rythmique post-punk d'enfer. 23h59… 10, 9, 8, 7, 6, 5, 4, 3, 2, 1, 0 : bonne année 2004 ! Certains font le vœu d'un revival NWBHM (The Darkness ?), d'autres parient sur le come-back de Gary Glitter et de Klaus Schulze. Sur scène, le type à l'iroquoise se démène toujours, balançant ses bombes funky à la tête des gens venus en dilettante. " Ce truc, c'est de la dynamite ! ", me dit mon voisin passablement bourré, suant comme un bœuf dans sa veste en cuir piquée de badges rock'n'roll. Soupirs : nous voilà en 2004, et c'est toujours la même rengaine : des guitares qui fusent et tourbillonnent, un mec qui singe Rotten, une grosse basse qui swingue. " Ouaip, c'est pas nouveau, c'te machin… Faisaient pareil en 80… ", lui dit son voisin de droite, tout maigre dans son T-Shirt de Television. Il est déjà 00h20 et le public fatigue : c'est l'heure du slow (" Scream "). Des couples s'enlacent, obligeant les célibataires à raser les murs en espérant s'attirer le regard d'une quelconque fille facile. Mais le type aux cheveux rasés genre Apache recommence à s'ébrouer en gesticulant comme un poulet : " Let's Talk Turkey ", qu'il dit. " C'est trop fort comme ça arrache ! ", insiste le type qui pue. C'est vrai, c'est sympa. Du bon gros son qui tape, de chouettes mélodies. Dehors il fait -10, et tandis qu'on danse, s'envolent nos vaines résolutions de l'an neuf (1/ Ne plus tomber dans le panneau du garage-punk funk revival. 2/ Ne plus porter de badges des Datsuns et de Radio 4 sur sa veste. 3/ Ne plus dire que les Strokes sont des vendus)… Sur scène le type éclate sa guitare et disparaît backstage. Les lumières se rallument : il est temps de rentrer et de se refaire une santé. D'autres groupes comme celui-ci nous attendent, tous plus cool les uns que les autres. L'année ne fait que commencer.

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Love Unbolts The Dark

Avec un nom pareil, sûr que ces types ne font pas dans la dentelle : plutôt que de tricoter de belles harmonies folk ou pop en chantonnant d'idiotes histoires de jeunes puceaux, Chetley Weise (voix, guitare) et J.R.R. The Tokien One (batterie) carburent au blues le plus crade, au rock'n'roll le plus dément. Robert Johnson, John Lee Hooker (" Burning Hell "), Skip James (" Devil Got My Woman "), Leadbelly (" Ain't Going Down To Well No More ") : ces bluesmen tiennent depuis longtemps le crachoir en enfer, mais les voilà qui rappliquent pour mettre encore une fois le bordel sur cette bonne vieille terre. Ce disque, c'est comme " L'exorciste ", sauf qu'ici Linda Blair a deux grosses têtes, comme ces putains de monstres canins qui rodent près du Styx. Et leur regard n'inspire pas la confiance : avec leurs yeux rougis qui roulent dans leur orbite et leur bouche tordue de mépris (la pochette), Weise et Token One montent la garde devant l'autel brûlé du blues mortifère, celui qui n'existe plus depuis des lustres, si ce n'est du côté de Fat Possum. C'est méchant, c'est sale, c'est sexy : 10 morceaux dont 5 en live, parce que le blues se vit et s'écoute mieux sur une scène que dans sa chambre, terrain trop propice au confort, à la sécurité, à la médiocrité. Que ces mecs soient remerciés, même si leur âme est entachée du sceau faustien. L'immortalité, comme celle de leurs ancêtres et de leur musique, est à ce prix.

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Encore vivant

Ils nous viennent de Tourcoing et ont déjà commis un single 2 titres (" Vert Soleil ") et un album (" Etrange Meteo "). Après avoir écouté ce single encore tout frais, une chose est sûre : ils aiment Indochine et Visage. " Encore Vivant " peut provoquer soit de l'urticaire, soit une folle envie de danser en levant les bras. Dans le premier cas, c'est que vous n'aimez pas les boîtes à rythmes rétros et les vocaux à la Sirkis ; bref une certaine idée du mauvais goût pop eighties à la française. Dans le second cas, euh… ce n'est pas sérieux ! Ne parlons même pas de la face B, " Sniperman ", encore pire. C'est grave, docteur ?

 

mercredi, 31 décembre 2003 02:00

Herbal Blend

Voici le troisième tome de la série des mixes Solid Steel, une spécialité Ninja Tune concoctée il y a quelques années par Coldcut. Cette fois-ci, c'est au tour de The Herbaliser de s'y coller, et on peut dire que c'est une sacrée réussite ! Alors qu'on aurait pu s'attendre de la part des Anglais à un mix downtempo et jazzy un peu trop poli, à l'image de leur musique parfois très écolière, on est surpris des choix audacieux et sacrément groovy du collectif briton : soul, rap, pop, rock, funk,… The Herbaliser ratisse large sans oublier l'essentiel : faire monter la sauce jusqu'au climax libérateur, tout en préservant une cohérence et un bon goût sans failles. Le meilleur : le milieu du mix, avec Jay Dee, The Quantic Soul Orchestra et Carol Kaye comme parfait condensé du beat le plus festif et moite. Cet " Herbal Blend " est aussi l'occasion de (re)découvrir des titres d'anthologie de Peter Thomas (" Stars and Rockets "), Chicago Gangsters (" Gangster Boogie ") et Timezone (" World Destruction "), avec en supplément auto promotionnel quelques pépites égarées du gang d'Ollie Teeba. Tout bon !

mercredi, 31 décembre 2003 02:00

The Smell of Our Own

Les chorales sont de rigueur dans la pop, cette année : après Polyphonic Spree, voire The Coral, voici The Hidden Cameras, un collectif canadien composé de quatorze ( !) membres, gays et fiers de l'être. Des paroles (" Ban Marriage ", " Boys of Melody ", " The Man That I Am With My Am ") à la pochette (pleine de culs nus), Joel Gibb et son armée arc-en-ciel revendiquent leur homosexualité avec vigueur et gaieté, sans détours. Leur musique, elle aussi, se pare des plus beaux costumes, ici pop-folk, voire orchestraux : ainsi, sur " The Smell of Our Own ", on entend des flûtes célestes, des cuivres dodus, des violons joyeux, des mandolines hilares et des guitares extatiques. Remarquable de beauté, cet album ne contient que des perles, entre gospel élégiaque et contemplations 'brianwilsoniennes'. Sans rire : écoutez " Golden Streams ", " Boys of Melody ", " Smells Like Happiness ", au hasard. De l'or en barre, d'une délicatesse inouïe. Le genre de musique qui vous élève, dans l'insouciance la plus reposante. Tel un escalier vers le paradis, " The Smell of Our Own " nous conduit au septième ciel. Une véritable bouffée d'oxygène, à respirer à pleins poumons. Splendide.

 

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