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La fresque de Vincent Delerm

Six ans après « Panorama », le chanteur cinéaste au cœur battant Vincent Delerm élargit encore son travelling sentimental en gravant « La Fresque ». Un huitième album dont la chanson-titre parlée, sur un arrangement tout en palpitations électroniques et…

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Grégory Escouflaire

Grégory Escouflaire

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Outside of Outer Space

Cet album contient (dans le désordre) : des synthés eighties dégoulinants, des chœurs à la Ligeti (2001), des cigales, du jodle, de l'harmonica, The Mamas and the Papas, du vocodeur, des sirènes de police, Belle and Sebastian, de la pluie suivie d'orages, de la country, des cris d'enfants, des trompettes, The Beta Band, des lasers, des montagnes qui parlent, High Llamas, du matos électro vintage, des craquements de vinyles, des rires gras, du xylophone, Mercury Rev, du gospel, des clappements, du violon et du piano, des BPMs, Grandaddy, du theremin, de l'orgue, le tic-tac d'une horloge, Human League, des " lalalaitou ", un coq qui chante, de la contrebasse, des voix qui déraillent, Flaming Lips,… Le silence. Christopher Danforth serait fou qu'on trouverait ça normal. " Outside of outer space " porte d'ailleurs bien son nom : voilà bien un disque venu d'ailleurs, qui ose tout et n'importe quoi. Sans doute que ce Christopher, un bel hurluberlu, est un cousin de Wayne Coyne. Même le timbre de sa voix ressemble à celui du barbu illuminé. Sa musique, un bric-à-brac étonnant et jouissif, reprend les préceptes de la musique concrète : capter les bruits de ce monde et les orchestrer, pour constituer une " nouvelle volupté acoustique ", comme le dit si bien le futuriste Russolo dans son livre séminal (de 1913 !), " L'Art des Bruits ". De volupté, cet album n'en manque pas, tant l'ensemble des sons enregistrés par Danforth (cfr liste) s'harmonisent parfaitement avec la musique proprement dite, celle avec guitares, voix et batterie. Rarement disque aussi barré nous aura tant ému. Parce que malgré son caractère atypique et excentrique, " Outside of Outer Space " reste d'une évidence rare. La marque des grands albums, sans aucun doute.

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

More…

Ils ont tous les trois une tête de pharaon tatouée sur leur bras gauche, font du rock'n'roll qui tâche et parlent de cul, d'alcool, de bagnoles, de Dieu et de pèse. Parmi eux, il y a une femme, comme dans Nashville Pussy. C'est Wanda, et elle tient le manche. Ses deux potes portent des vestes en cuir, et aiment qu'on les prenne en photo avec une guitare (ce si beau prolongement érectile) ou en train de boire. Ils aiment les Stooges et Radio Birdman, qu'ils reprennent dans les règles de l'art (à la " 1, 2, 3, 4 " - c'est d'ailleurs le titre d'une chanson). Ils viennent sans doute de Detroit, d'où le " Chrome " de " Wanda Chrome ", et le titre (furieux) " Detroit God ". Ils se disent rebelles, et le rock est leur bible (" Down & Dirty Rock & Roll "). Ils aiment les soli pleins de cambouis, le blues aussi. Leur musique du diable fume comme un moteur de Buick en surrégime. C'est con comme la lune mais c'est parfait comme coup de trique. Ca n'a pas d'importance mais en même temps c'est vital. C'est du vrai rock'n'roll, et c'est pour ça qu'on l'aime. ‘Young and wild, the rebel kind/Won't lose our dreams won't lose our minds/Ain't gonna give up on rock & roll/Never gonna give up our teen-age soul’. Voilà qui est bien dit.

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Empty The Bones Of You

Après un premier album prometteur mais un peu bâclé (" Clarence Park "), Chris Clark balaie enfin tous nos doutes avec cet " Empty… " sombre et machinal, aux confins du hip hop le plus subliminal et du dub le plus grésillant. La machine crisse déjà sur " Indigo Optimus ", le morceau d'ouverture, avant que les scratches, les breakbeats et les synthés ne nous sauvent du naufrage sensoriel. A la suite, toujours ces imperfections notables, qui colorent la musique de Chris Clark d'une fragilité émouvante. La place aux sentiments n'est pas laissée vacante, et du concept d'" intelligence artificielle " dont Warp s'est toujours fait les choux gras, on ne retrouve que des traces mineures, effacées par le temps… Plus proche de la musique atrabilaire d'un Matt Elliott (Third Eyed Foundation) que des bleeps épileptiques d'un Richard D. James (excepté sa période " ambient " et " Satie ", que l'on retrouve en filigrane sur des titres comme " Tyre " et " Empty The Bones Of You "), l'électro de Chris Clark évacue toute frigidité industrielle au profit d'une mélancolie jamais rébarbative. Parfois, ça déraille et ça fait mal (" Gavel " et " Gob Coïtus "), mais il reste de l'espoir. Dans la musique de Chris Clark, il y a des matins qui chantent. Leur voix est railleuse comme du papier buvard et la rosée donne un peu froid aux articulations, mais le soleil scintille d'une lumière réconfortante, à peine caché par quelques nuages.

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Cedars

Attention à la claque. Clearlake nous vient de Brighton, terre de Fatboy Slim et d'Eighties Matchbox B-Line Disaster. Pourtant, chez ce quatuor sympathique, pas de surenchère : ni big beat bêta, ni poses garage de jeunes branlotins. Ici, c'est à la meilleure pop qu'on a droit, celle que Blur et Supergrass rêveraient d'encore pondre. " Almost The Same ", " I'd Like To Hurt You " et " Can't Feel A Thing " semblent ainsi tout droit sortis de la cuisse des Go-Betweens : une cuisse gonflée à l'EPO (ou l'EMO). Clearlake pourrait donc concourir sans coup férir au poste de nouvel ambassadeur de la brit-pop, celle qui fait les choux gras de la presse d'outre-Manche. Mais le groupe aime aussi brouiller les pistes, en écrasant les plates-bandes de Queens of The Stone Age et de Weezer (" Come Into The Darkness ", d'une intensité éblouissante) pour ensuite revêtir les habits décontractés des Beach Boys et des Kinks (" Keep Smiling ", " Trees In The City "). Insaisissables, ces Anglais mériteraient la Une dans le cœur de tous les fans de Radiohead (période " The Bends ") et de Grandaddy, et toutes les autres manchettes chez ceux qui préfèrent Pale Fountains et les Smiths. " Cedars ", ou les grandes heures de la pop (des années soixante à aujourd'hui) condensées en à peine 45 minutes : qui dit mieux ?

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Client

Découvertes par Andrew Fletcher (Depeche Mode, minable pousse-disques à ses heures), les deux demoiselles de Client n'aiment pas trop qu'on les regarde : un peu comme ces putes qui prennent l'argent du beurre sans rougir, après leur sale besogne exécutée à la va-vite. " Available on request/We never say no/Satisfaction guaranteed/Superior quality ", chante l'une d'une voix monocorde sur " Client ", le morceau d'ouverture : vendant leur voix et leur corps mais pas leur visage (la pochette), nos deux hôtesses prétendent donc assouvir nos désirs les plus fous… De l'électro-pop eighties façon New Order (" Rock And Roll Machine ", " Price of Love ", " Civilian ", " Sugar Candy Kisses ") ? Du Pet Shop Girls ? De la techno kraftwerkienne en soubrette (" Pills ") ? Nos désirs, malheureusement, valent plus que ça. Et ne s'achètent pas avec quelques vulgaires fripons et des boîtes à rythmes de blondes frigides. " We innovate, never imitate " (" Client ")… Hum ! Désolé, mais le client est roi. Et il veut être remboursé.

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Centipede

Janine, chanteuse de ce groupe électro-goth qui n'a pas peur du kitsch, fait beaucoup de manières sur ce " Centipede " plutôt grotesque. Déjà, s'appeler Janine quand on chante dans un groupe, c'est pas la joie : imaginez si PJ Harvey avait pour prénom Paulette-Jeaninne… On comprendrait de suite le choix des initiales. Sur la pochette, Janine fait sa Belle de Jour, ligotée comme une fan de Die Form : justement, la musique de Column ressemble vaguement à un produit avarié d'EBM croisé avec du rock fainéant (tendance Garbage, voire Goldfrapp, pour la voix). Sûr que tout ça sent le faisan : des beats datés, des samples bon marchés, des vocalises horribles à la Nina Hagen… Assez, la coupe est pleine ! Autant se taper Within Temptation à l'Eurorock, au moins chez eux y a du spectacle.

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Kiss, Kiss, Kissinger

Après trois beaux albums d'emocore et plusieurs années de bourlingue en Flandre, Reiziger n'est plus. Mais à peine le deuil consommé, voilà que Geert Plessers nous revient déjà avec un nouveau groupe, Confuse The Cat. La voie empruntée par Geert et ses trois compères s'avère cette fois plus minimaliste : un violon parfois, une note de piano, un riff suspendu au-dessus d'une mélodie qui peine à s'accrocher… Confuse The Cat se dérobe, comme au jeu, agaçant, du… chat et de la souris. Et quand le chat est parti, les souris dansent. Sauf qu'ici, elles tournent en rond et se tournent les pouces. L'indie pop de Confuse The Cat se veut limpide, elle n'est qu'insipide. Les titres s'enchaînent et se ressemblent, coincés dans une rythmique soporifique qui rend l'écoute rébarbative. Confuse The Cat a beau s'échiner à trouver la mélodie qui surprend, l'atmosphère qui réconforte, la note qui caresse, sa musique ne nous laisse qu'un sentiment diffus. Confus, le chat ?

 

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Reset The Preset

Le double album est une gageure que peu d'artistes osent relever, tant l'entreprise s'avère casse-gueule : pour une trentaine de titres enchaînés, combien valent réellement la peine, et se distinguent des faces B habituelles, le plus souvent facultatives ? Les Beatles, Smashing Pumpkins, Bob Dylan (époque vinyle), GYBE !,… Rares sont ceux qui peuvent se vanter d'avoir captivé l'auditeur pendant (plus de) deux heures. Bonne nouvelle : Console, avec " Reset The Preset ", pourrait bien intégrer le cercle très fermé (et jalousé) de ces stakhanovistes de la musique, qui plus est dans la catégorie " électro ". Chapeau bas, monsieur Gretschmann : après avoir participé au carton plein de " Neon Golden " et de " Shrink " (le virage électro de Notwist, c'est votre idée), voilà qu'on vous retrouve ailleurs, toujours du côté de la pop synthétique (" Reset "), mais aussi aux confins de l'ambient (" Preset "). Finalement, c'est un peu comme du Notwist, sauf que le jaune (la pop) a été séparé du blanc (l'expérimentation) pour éviter l'omelette. Sacré parti pris que de concevoir deux albums aux styles différents plutôt que de mélanger les deux, n'est-ce pas Monsieur Gretschmann ? Heureusement, vous avez les mains vertes, et un certain talent pour réussir toutes vos recettes : que ce soit sur ce " Reset " électro-pop (Lali Puna vs Adult) ou sur ce " Preset " instrumental, vous évitez toute faute de goût. Encore bravo ! Nous, on préfère quand même le premier CD, pour l'ambiance festive et les tubes en puissance (" Surfin' Atari ", " A+A = B "). Le deuxième, on se le réserve pour nos soirées cafardeuses, ou pour calmer nos nerfs… " Preset " d'abord, pour se défouler (quoique tous les titres ne sont pas d'humeur dansante), puis " Preset ", pour se reposer : vous avez tout capté, cher Monsieur G. " Reset " : le dance-floor. " Preset " : le chill-out. Quel homme, ce Martin… " Reset the Preset ", c'est donc comme sortir en club, sauf qu'il faut pas débourser un kopeck : trop fort, le concept. Allez, hop, on y retourne… Hé, où t'a mis la boule à facettes ?

 

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

The Workout

Affirmer qu'on attend toujours avec impatience un nouveau projet de Carl Craig relève de l'euphémisme : depuis " More Songs About Food and Revolutionary Art ", et surtout depuis Innerzone Orchestra (l'incroyable " Bug In The Bass Bin "), Carl Craig continue à nous fasciner, ne serait-ce que par son aptitude à transcender les genres, de la techno au jazz, de la house à la soul. Son nouveau CD mix pour le label React (le premier) nous propose ainsi de découvrir quelques-unes de ses nouvelles pépites : de cet " Experimento " en ouverture du second CD aux deux morceaux signés Tres Demented, l'un de ses nombreux pseudonymes (tous publiés sur Planet E, son propre label). A côté de ces inédits qui témoignent de la bonne forme de Craig, d'autres titres comme le déjà culte " Hand To phone " d'Adult et l'" Emotional " de Soul Designer (alias Fabrice Lig) nous rassurent quant à l'éclectisme de l'artiste (à citer encore : Recloose, Gus Gus, Bugge Wesseltoft, Jah Wobble,…). Carl Craig a voulu un mix varié, à écouter " at any volume through any sound source ", partout et tout le temps. Et d'ajouter, sûr de son coup, que " The Workout is a tool for lifestyle… is there to be your personal soundtrack to your life… is the CD for you ". Hum, d'accord : la pochette en jette, comme la plupart des titres… Mais de là à dire qu'il s'agit de la bande-son de notre vie, il y a un pas, énorme, que nous nous refuserons quand même de franchir. Sans rancune, hein, Carl.

 

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Ravipops (The Substance)

C-Rayz appelle son rap ‘The Art of Energy’. Il se distinguerait des autres fonctionnaires du hip hop par son flow enlevé, ses rimes étranges et ses samples hippies (des flûtes hindoues aux trompettes de la mort). Du soleil ou de l'infini cosmique, C-Rayz semble tirer son inspiration (NDR : voir la pochette). Pourtant, son rap n'est pas baba, à peine sent-il la marguerite (rappelez-vous le " Daisy Age " et les Native Tongues - De La Soul, A Tribe Called Quest, etc.). On y parle aussi de flingues, de règlements de compte et de massacres… Mais de massacres de phoques (" Seal Killer "), et d'" armes d'éléphants " (" Elephant Guns "). Du rap goa, du hip hop new age ? Sur le fond peut-être, mais pas vraiment sur la forme : à part quelques sons de harpe (à la Rodney Jerkins), des barrissements et des samples limite bollywood, c'est du gros son bien burné… Mais inventif. A la Def Jux, quoi ! C-Rayz dénote un peu dans le paysage ultra balisé du hip hop tendance FM : tant mieux. C'est avec un réel bonheur qu'on écoute son " Ravipops " haut en couleurs, et en tubes (" The Essence ", " The Line Up " avec Vast Aire, MF Doom, " We Live ", " Battle Me "). Comme un léger vent de fraîcheur (en direct des paradis artificiels ?), cet album vient balayer tous les préjugés tenaces qui collent aux baskets (Adidas) du rap US. En ces temps de canicule, ça fait du bien.

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