Il n’existe pas de ligne droite pour The Beths…

The Beths, un groupe néo-zélandais composé de la chanteuse Elizabeth Stokes, du guitariste Jonathan Pearce, du bassiste Benjamin Sinclair et du batteur Tristan Deck, annonce la sortie de son nouvel elpee "Straight Line Was A Lie", le 29 août 2025. En avril,…

logo_musiczine

La vérité selon RORI

Après avoir marqué les esprits en assurant la première partie de Lana Del Rey, au festival Rock en Seine, devant 40 000 spectateurs, RORI poursuit son ascension. Cet été, elle s'invite sur les scènes de plusieurs festivals dont Les Francos à Esch/Alzette, Les…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Grégory Escouflaire

Grégory Escouflaire

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Wide Awakens Everything

Lydia Wever a fondé Brown Feather Sparrow il y a quatre ans, mais c'est seulement maintenant que son premier disque sort dans les bacs. La vie d'artiste n'est pas facile, surtout en Hollande, pays d'Anouk, de Krezip et des courses de patin à glace en dessous du niveau de la mer. La musique de Lydia Wever n'est pourtant pas en dessous du niveau de celle d'An Pierlé, de Low ou de Nona Mez : on y plonge avec délectation, et sans bouteille parce que les mélodies, dès les premières notes, se dévoilent à nous de façon limpide. Il y a bien du vague à l'âme dans ces compositions feutrées, mais jamais n'y risquons-nous notre bonne humeur - c'est triste, mais pas sans fond, comme ses musiques à l'écoute desquelles ne s'aventurent que les plus intrépides, tant l'on y voit que dalle. Ici donc, que du bonheur ou presque : Brown Feather Sparrow milite pour une musique onirique où les riffs s'étirent et les rythmes flânent. Un piano égrène doucement ses notes avec parcimonie, tandis qu'une voix, en apesanteur, coule comme un long fleuve tranquille. C'est beau, aérien, genre slowcore (Low). Parfois, la tension monte d'un cran (" Box of Spring "), mais c'est pour mieux apprécier la quiétude qui suit, réparatrice (" Water "). Le genre de disque qu'on écouterait bien tout l'hiver, au chaud sous la couette… jusqu'au retour des premières hirondelles (la pochette), des bourgeons et du soleil.

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Frecuencias de un Rojo Devastador

" La Telerana De Sus Ojos " laissait augurer du meilleur : une guitare acoustique, une belle voix caverneuse (Abel Hernandez, chanteur de Migala)… Ouaip, on aurait pu y croire, façon Robert Smith à l'espagnol et Arab Strap en backing band. Pas pour longtemps malheureusement, puisque après on se coltine un collage d'interférences radio à la Scanner et des guitares saturées post-rock pendant une demi-heure. Parfois, un synthé (Coque Yturriaga, de Migala lui aussi) et quelques rythmes ouatés nous réservent quelques surprises (" Juguetes En Sus Manos ", proche de Tarwater), mais c'est bien peu de choses face à ces bleeps funestes, grésillants comme un vieux poste FM en rade. A la fin, Emak Bakia reprend pourtant la mélodie de la chanson d'ouverture, comme pour se dédouaner de cet entre-deux d'un ennui mortel (" Vista Aérea Del Viaje A Tsukiji ")… Un peu tard, les amis. Mais deux bonnes chansons, ce n'est déjà pas si mal : ça aurait pu faire un chouette single.

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Something Wrong

Un vent doux de violons et d'orgue souffle sur la lande désolée d'Islande, c'est l'hiver. Au loin brille une apaisante lumière : celle d'une étoile ou peut-être est-ce une maison, dans laquelle un couple se réchauffe au coin du feu, en buvant un vin chaud ? La fille susurre à l'oreille de son homme qu'il est temps d'aller au lit, tandis que grésillent, à la radio, de légers beats mélancoliques, seules traces d'un présent si fragile. L'homme n'est pas fatigué : il s'installe au vieux piano dans le coin de la chambre, égrène quelques notes à l'intention de sa belle, les laisse s'évanouir dans l'espace confiné qui le sépare de ce corps qui l'attend. " C'est une berceuse ", lui avoue-t-il dans un soupir, ses joues rougissant comme un enfant. " Je t'aime ", lui répond-elle, et l'enlace dans ses bras menus, le couvrant de baisers. Sur eux, le temps glisse. La ballade qu'il lui dédie s'intitule " Follow ", " It's Alright ", peu importe. Sur le piano traînent quelques cd's : " Adore " des Smashing Pumpkins, Morcheeba, Air, Erykah Badu, The Supremes, Joni Mitchell. Penchée sur lui, elle entonne d'une voix câline, en chœur avec sa voix si fine, des refrains d'amour : à deux, ils forment un beau couple, uni par la musique. Lui s'appelle Bardi Johannsson. Elle Esther Talia Casey, Phoebe Tolmer, Keren Ann, Nicolette, Daniel Haraldsson (Gus Gus), c'est selon. Ils s'aiment, c'est sûr. Leur musique épurée pourrait venir du ciel. Servir d'aphrodisiaque. Eux n'en ont pas besoin. Ca coule de source. Tout est parfait dans le meilleur des mondes. C'est même trop beau pour être honnête. Pour eux, ça n'a pas d'importance. Au nom de l'amour, ils sont prêts à tous les sacrifices. Dehors c'est le grand froid, pas une âme qui vive. Seule luit cette lumière qui, de loin, ressemble à celle d'une étoile. Elle lui dit " Viens ", et ils s'endorment l'un dans l'autre, les notes de piano encore suspendues dans l'air moite de leurs étreintes.

Avec un titre pareil, on était déjà sûr d'une chose : ce Devendra Banhart est un original. Ce que la bio, d'ailleurs, confirme : à 21 ans, il traversa le désert du Grand Canyon pour rejoindre son père emprisonné au Venezuela ( ? !). Puis partit bivouaquer en France pour revenir à New York, loger dans des squats. Voilà qui suinte le vécu : ça peut faire un bon disque. De fait, ce " Oh Me Oh My… " impressionne dès la première écoute, même si c'est pas une sinécure : Banhart chante avec une voix saturée et chevrotante, avec pour seul accompagnement une guitare et une boîte à rythmes. Du fait maison que cet album, décousu mais émouvant : un genre d'Antifolk à la Moldy Peaches, mais sans les rires et les déguisements. Et même si ses paroles sont tordues (" Lend Me Your Teeth " suffira comme exemple…) et sa musique artisanale, il s'en dégage une sincérité telle qu'on avale la pilule sans problème. En 22 chansons courtes mais captivantes, Devendra Banhart pourrait même piquer la vedette à Daniel Johnston, et devenir le nouveau Nick Drake du quatre-pistes ! Même Michael Gira (ex-Swans) ne s'y est pas trompé, puisqu'il a emmené le bonhomme en tournée, en plus d'avoir dessiné la pochette de l'album… Un album de folk anémié qui ne cesse de surprendre, tout à la fois bizarre, surréaliste, effrayant, drôle, déroutant, triste et magique. Du grand art avec trois fois rien, mais beaucoup de talent.

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Kish Kash

Pour ce troisième album, Felix Buxton et Simon Ratcliffe ont décidé d'inverser la vapeur et de se poser, là. Après des années de bourlingue festive sur les dance-floors du monde entier, le duo a semble-t-il décidé de ralentir le tempo et de laisser, le temps de quelques titres, sa panoplie de ravers hédonistes au vestiaire. Exténués par des mois de tournées incessantes, Buxton et Ratcliffe ont préféré cette fois composer leurs morceaux sans forcément penser aux BPMs. Il y a bien ces guitares 'flamenco' qui les trahissent encore (sur " Lucky Star " et " Tonight "), mais ici ce sont les voix qui en premier l'emportent. Et quelles voix : Lisa Kekaula des Bellrays sur l'énorme " Good Luck ", le rappeur Dizzee Rascal sur l'épileptique " Lucky Star ", Meshell Ndegeocello sur " Right Here's The Spot " ainsi que le doux " Feels Like Home ", JC Chasez (des affreux Nsync) sur " Plug It In " ; et surtout Siouxsie Sioux sur l'elektroklash " Cish Cash " : une claque. Il n'empêche qu'on ne change pas un homme, surtout quand ils sont deux : du Basement Jaxx première cuvée, on retrouve ainsi avec bonheur cette incroyable faculté à brasser les genres sans jamais nous servir de la soupe : électro, pop, rock, funk, soul, disco, samba, blues,… L'éclectisme engageant de Basement Jaxx impressionne toujours et laisse des traces sous les aisselles : du sacré bon boulot, qui confirme à l'aise le talent de ces deux enfants terribles de l'électro britonne. Toute résistance s'avère dès lors futile.

 

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

It´s All Downhill From Here

Bas Bron, le type derrière Bastian, doit aimer les gadgets Moulinex : on dirait qu'il a composé son album avec des machines achetées en solde chez Vanden Borre. Son électro-funk de supermarché tourne en rond comme un vieux mixer de grand-mère : paraît pourtant qu'il y a deux ans, son premier album (" Ready ") posait les bases de l'élektroklash. Mouais : mieux vaut se méfier des communiqués de presse… Parce que ce truc-ci, avec ses synthés lo-fi et ses guitares à la Van Halen, ça ressemble plus à du Benjamin Diamond de bazar qu'aux tubes glam-trash de Miss Kittin. " Peut mieux faire " pourrait être la devise nationale en Hollande : après Brainpower en rap, Krezip (et Anouk !) en rock et Arling & Cameron en électro, il est bien normal qu'on fasse un peu la moue et qu'on retourne à nos moutons. Parce qu'à part le foot et la beu, les Pays-Bas sont loin d'avoir le monopole du bon goût côté musique. " Boeeeeereeeen! ! ! "

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Tomorrow Right Now

Dès le premier morceau, on reconnaît directement la patte Anti-Pop Consortium : ce flow haché plaqué sèchement sur un squelette de beats eighties, plus proche de l'électro racée d'Autechre que du hip hop platiné de Californie ou de New York. Pour son premier album solo, Beans creuse donc le sillon laissé béant par son ancien groupe, dont l'" Arrhythmia " ne cesse d'ailleurs encore de surprendre, un an plus tard. Fort heureusement, Beans ne se limite pas à ressasser les mêmes recettes qui ont fait le succès d'APC : sans les compromis que lui imposaient certainement les intérêts d'un collectif, Beans peut désormais se lâcher et assouvir ses envies les plus triviales. Comme s'amuser à singer le r'n'b (" Phreek The Beet ", " Hot Venom "), oser le rap sans musique (" Sickle Cell Hysteria ", comptine anti-came), parodier APC (" Slow Broken " rappelle " Get In Motion, en plus décharné) ou s'amuser à remplacer lui-même les machines (la beatbox humaine de " Crave "). Sur ce morceau, Beans vitupère d'ailleurs qu'" il y a trop de MC's pour trop peu d'auditeurs " : une remarque audacieuse, si l'on en juge par les partis pris du bonhomme… Car " Tomorrow Right Now " emprunte parfois des détours ardus, limite casse-tête. Sans concessions, il s'apprécie seulement après plusieurs écoutes… Ce que la plupart des auditeurs, déjà " si peu nombreux ", n'ont plus l'habitude de faire. Dans un monde musical formaté, le hip hop futuriste de Beans se pointe peut-être trop tôt. C'est le lot des visionnaires… Fans de hip hop mutant, d'électro qui déraille, de beats cardiaques, de machines rutilantes, revenez donc dans cinq ans pour apprécier ce disque à sa juste valeur.

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Spacebox

Il y a deux ans, " The Newton Plum " avait bluffé son monde : cette musique post-pop sophistiquée, empruntant ses mystères autant au free jazz qu'à Robert Wyatt et Mark Hollis, nous laissa coi et rêveur. Si la beauté musicale devait avoir un nom, celui de Bed (alias Benoît Burello) lui siérait le mieux. Perdue dans la laideur FM ambiante, la musique de Bed ne franchit jamais le Rubicon qui la séparait du monde extérieur et de ses projecteurs, préférant rester cachée et insaisissable, à l'abri de toutes tentatives de vulgarisation, et de toute concession. Avec " Spacebox ", la jolie boîte à musique de Bed se pare de couleurs plus chatoyantes, non pas pour appâter le chaland, mais parce que Burello n'aime pas le surplace. Le piano, omniprésent sur " The Newton Plum ", se fait ainsi plus discret, laissant plus de place aux guitares et à la contrebasse. Entouré de trois musiciens au toucher singulier (les excellents Vincent Ferrand, Olivier Mellano et Jean-Michel Pires), Burello peut ainsi déployer son talent d'arrangeur et laisser mûrir son amour pour la pop céleste (The Sea & Cake, Perry Blake) et le post-rock (Bottom) aéré de silences (Sylvain Chauveau, Tortoise). Sa voix, elle aussi, se fait moins timide, jusqu'à taquiner gentiment ses modèles, Wyatt, Lindsay et Kozelek. Voilà du travail d'orfèvre, qui s'écoute religieusement : des morceaux comme " Wondertalk " et " The Wood Bunch " ne sont pas seulement magnifiques, ils dégagent un sentiment de sérénité qu'on a rarement la chance d'entendre en ce bas monde. Ce " Spacebox " est une splendeur, et c'est peu de le dire.

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Dear Catastrophe Waitress

Ouf ! La catastrophe est évitée : c'est qu'après l'indigent " Storytelling ", on avait peur pour Belle and Sebastian. Peur que Stuart Murdoch et ses amis d'Ecosse aient perdu, dans cet exercice de style (la BO), leur innocence et leur candeur si attachantes. Peur qu'après le départ d'Isobel Campbell, l'ambiance s'électrifie et les mélodies en pâtissent. Peur que toute cette troupe de vieux ados franchissent trop vite le seuil de l'âge adulte et y laissent leurs plumes d'éternels " freshmen ". Bref, peur que la magie s'éteigne. Ouf ! On a eu chaud. Parce qu'il faut bien dire que ce cinquième (sixième, avec la BO) album des Belle and Sebastian est une totale réussite, un rêve (de gosse) qu'on n'osait plus trop imaginer. Belle and Sebastian reste bien ce groupe un peu midinette qu'on chérit avec tendresse, qui ose toujours revendiquer ses penchants pour une pop un peu désuète, limite variet', sans jamais pour autant s'engluer dans de la guimauve de ménagères, tendance FM. Stuart Murdoch est l'un des (trop) rares songwriters actuels qui n'a pas peur d'en rajouter une couche, au risque de dégoûter toujours davantage ses détracteurs les plus féroces. Les autres s'en délecteront jusqu'à la crise de foie, certains qu'écouter cette pop savante remplacera toujours n'importe quelle cure de jouvence… Cerise sur le gâteau : la voix de plus en plus juste de Murdoch, qui ne chevrote plus à la moindre émotion, et la production, lustrée et clinquante, de Trevor Horn. De lui aussi, on avait peur : qu'il transforme nos fidèles compagnons de la chanson en copies carbone de Tatu ou de Frankie Goes To Hollywood. L'horreur. Heureusement, Stuart n'a pas lâché ses rênes d'équilibriste pop, même si on sent clairement l'influence de Trevor Horn sur un titre comme " Stay Loose ", très… Human League. Pour le reste, c'est du Belle and Sebastian grand cru, plein de cuivres, de violons, de chœurs et même de boogie-woogie (" Roy Walker "). Une véritable renaissance, et un grand disque de plus.

 

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Voyeur

‘Allô Maverick, répondez ! ?’ – ‘Je vous reçois 5/5 mon commandant, le temps d'un p'tit looping, et…’ – ‘M'enfin qu'est-ce que vous foutez, bordel ! ? Et arrêtez vos cabrioles, vous m'entendez ?’ – ‘Bien reçu chef … VRAOUM ! ! !’ ‘Allô poulette ! Tu me vois là, dans le ciel ? …’ – ‘Oh, Tom… You Take my breath away !’ - Re-VRAOUM! ! ! Atterrissage forcé : Berlin est de retour avec un nouvel album, le premier depuis " Count Three and Pray " en… 1986. Autant vous dire qu'à part les réac' eighties fans de la brosse à Cruise et du froufrou à Kelly McGillis, personne ne se souvient de Berlin, ce groupe électro-pop de moyenne facture qui enflammait les charts avec sa simili-techno à la Moroder (" Take my breath… ", c'était lui). C'est qu'on est en 2003 : Tom s'est fait larguer par Nicole, Tony Scott enchaîne les daubes, Giorgio s'est fait raser la moustache, et surtout, Maria McKee, Kenny Loggins et Cheap Trick (voir la BO de Top Gun) ne font plus bander que les octogénaires. Ce " Voyeur " tombe donc comme un cheveu dans la soupe, avec ses nappes dance FM et ses arrangements à la Shania Twain. ‘Maverick, vous descendez, oui ou merde ? !’ – ‘Krrr, je vous entends mal, la tour de contrôle… Krrr… VRAOUM ! ! ! Oh le saligaud ! ! ! (NDR : Val Kilmer). Il m'a fait une tête à queue avec son F-16 ! ! ! M'en vais te…’ – ‘Allô Maverick ! ? Arrêtez tout de suite de faire le mariole ! ! !’

 

Page 49 sur 115