Ce natif de Kingston a connu son heure de gloire pendant les années 80. Des morceaux comme « Wa Do Dem » ou « Ganja Smuggling » ont imposé son style unique peuplé d’onomatopées. Eek A Mouse a quitté la Jamaïque pour les USA il y a une dizaine d’années, histoire de rester loin de la violence endémique de l’île. Entre-temps, il a tâté du cinéma tout en continuant de tourner intensivement. « Mouse Gone Wild » constitue sa première manifestation discographique depuis 2001. Il ne chante plus du tout comme dans le passé, mais les thématiques sont identiques. Il est capable de se lancer dans des descriptions glaciales de la vie des ghettos de Kingston tout en gardant son amour pour des chansons plus légères où il se laisse aller à des blagues potaches. C’est plus ou moins le menu de cette plaque qui n’est pas vraiment ce qu’il a fait de meilleur. Les paroles de « Lick Shot », « Ghetto », « Schizophrenic » expriment le côté sombre du bonhomme, la faiblesse procédant des musiques peu inspirées qui l’accompagnent. « Pussy and the Mouse », « American Girl », « Uptown Dread » campent dans le registre de la ‘déconnade’. Ici aussi, le manque de qualité musicale, le chant souvent faux et les paroles lamentables d’Eek A Mouse débouchent sur quelques uns des pires moments de reggae entendus depuis bien longtemps. Seuls « Wine » et l’amusant et efficace single « Jamaicanese » et « Wine » sauvent la plaque du naufrage, laissant entrevoir ce qu’elle aurait pu devenir, si un peu plus de boulot et d’inspiration avaient présidé à sa conception. A noter enfin que l’ex roi du trip hop Tricky a mis la main à la pâte pour livrer des remixes sympathiques de « Jamaicanese » et « Schizophrenic ».