Il n’existe pas de ligne droite pour The Beths…

The Beths, un groupe néo-zélandais composé de la chanteuse Elizabeth Stokes, du guitariste Jonathan Pearce, du bassiste Benjamin Sinclair et du batteur Tristan Deck, annonce la sortie de son nouvel elpee "Straight Line Was A Lie", le 29 août 2025. En avril,…

logo_musiczine

La Divine Comédie de Lora Gabriel

Lora Gabriel a trouvé sa voie en oscillant constamment entre les polarités pour mieux les réconcilier. Cette quête débute dès son enfance, lorsqu'un professeur de flûte traversière, au conservatoire, lui propose de chanter les notes qu'elle joue. Son premier…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Enzo Porta

Enzo Porta

samedi, 31 décembre 2005 01:00

Possibilities

En roue libre depuis un certain temps déjà, l’ami Herbie Hancock confirme sa méforme artistique. Certes, le casting ‘hollywoodien’ qui est convié sur « Possibilities » ne laisse déjà pas présager des audaces musicales : Santana, Sting, Paul Simon, Christina Aguilera, Annie Lennox. Le disque commence pourtant plutôt bien par « Stitched Up », une ballade funky sans prétention. Mais l’auditeur déchante vite. Santana vient gâcher de ses solos poussifs le cubain « Safiatou », brillamment chanté par Angélique Kidjo. Christina Aguilera inaugure la série de ballades compassées qui polluent cet album. Paul Simon prend le relais sur le vaporeux « I Do It ForYour Love », égaré dans un nuage de Prozac. Annie Lennox ne s’en sort pas mieux sur le soporifique « Hush, Hush, Hush ». Sting, comme d’habitude, nous la joue jazzy-pop sur le léché « Sister Moon ». Joss Stone s’époumone sur une reprise de U2 (« When Love Comes To Town »). Bref, pas grand-chose à retenir de cette plaque qui tente grossièrement de conquérir un public plus large. Pour mieux prendre la mesure de l’immense talent d’Herbie Hancock, on vous conseillera plutôt ses séminales collaborations commises en compagnie de Miles Davis dans les années 60, ses albums de funk-jazz réalisés au cours des seventies lors de son aventure Headhunters ; ou si vous êtes courageux, ses albums de jazz abstrait concoctés au début des années 60.
samedi, 31 décembre 2005 01:00

Demon Days

Le nouvel opus du groupe ‘cartoonesque’ causera peut-être moins de dégâts dans les hit-parades, mais ce n’est pas grave. Cette œuvre sombre et dépressive aspire tous les grands courants de la pop moderne (électro, hip hop, funk, reggae, folk, rock) et les recrache pour créer un assortiment inédit. Malgré les quelques changements de personnels (exit Dan The Automator et Del Tha Funky Homosapien), « Demon Days » plane cent coudées au dessus du précédent elpee. Les chansons de Damon Albarn n’ont jamais été aussi belles et la production de Danger Mouse est tout simplement renversante d’imagination. Non seulement les invités s’y bousculent au portillon (NDR : De La Soul, Ike Turner, Shaun Ryder et Roots Manuva y opèrent des apparitions marquantes), mais ils participent au climat particulier qui envahit « Demon Days ». Une atmosphère de fin du monde qui en rend l’accès difficile mais qui récompensera les persévérants ; car on tient ici un chef d’œuvre.
samedi, 31 décembre 2005 01:00

Yes Yes O.K. O.K.

Les amateurs de pop mélancolique devraient trouver leur bonheur à l’écoute du deuxième album de ce combo de Portland. Le chanteur compositeur Greg Olin y distille quelques mélodies de toute grande classe, dans l’épure la plus totale. Guitare sèche, batterie et basse constituent l’essentiel de la matière musicale, ponctuée ça et là de chœurs féminins, de cuivres et de déflagrations de synthé analogique. Une démarche qui évoque un autre groupe de Portland : les géniaux Pavement qui ont laissé une empreinte tenace sur la scène musicale de la ville. A la différence près que les Graves s’accrochent à la mélancolie alors que la bande à Malkmus réservait ses moments rock’n’roll… Essayez en tout cas de dénicher cet album, il vous procurera une demi-heure de bonheur simple et pansera vos plaies si vous avez encore passé la Saint Valentin tout(e) seul(e).
samedi, 31 décembre 2005 01:00

O Tempo Do Samba

« O Tempo Do Samba » constitue le cinquième opus de ce collectif samba qui compte parmi ses membres des musiciens officiant dans les omniprésents Azymuth. A noter aussi la présence de Cidinho Moreira, percussionniste qui collabora par le passé avec Stevie Wonder. Un album aux voix africaines, constellé d’intermèdes d’une minute qui donnent un peu de respiration à ce copieux volume. On préférera les moments chantés (les sympathiques « Bom Pra Kalimba » et « Nacao Tupi ») aux jams funk-jazz un peu stériles qui constituent la majorité de l’album et ne vont pas plus loin que la démonstration virtuose. Hormis les ‘sampleurs’ en herbe (le disque est truffé de breaks de batterie), on voit donc mal qui pourra s’intéresser à ce disque formidablement produit, mais qui n’a pas d’âme ; un comble pour ce genre de musique !
samedi, 31 décembre 2005 01:00

Old and Strong in the Modern Times

Les Lausannois de Favez jouissent d’une solide réputation dans le monde de l’emo-rock européen. Ce quatrième album propose une collection de chansons majoritairement up-tempo qui conjuguent des mélodies très lyriques à l’énergie rock la plus pure. La production très live met bien en valeur le cœur et la sincérité qui émanent de cette formation. A l’arrivée on obtient de la musique sans concession qui mérite tout notre respect. Malheureusement, on regrettera le niveau moyen des mélodies et le manque de relief du chant. En conclusion, ce disque est réservé aux fans acharnés d’emocore.
samedi, 31 décembre 2005 01:00

EP

On entend beaucoup parler des jeunes liégeois d’Eté 67 ; et leur « Quartier de la Gare » squatte déjà les ondes des radios belges. Leur premier quatre titres réunit leur mini hit ainsi que trois autres chansons d’un niveau plus qu’honorable dont les meilleures sont sans aucun doute « Sens Unique » et le très chouette « Générique 67 ». Du rock’n’roll teinté de pop, dont les paroles ne sont pas toujours à la hauteur (le chanteur a sûrement dû beaucoup écouter - trop peut-être ? - Noir Désir), mais qui laisse entrevoir le large potentiel de la formation. On saluera l’originalité des arrangements (cuivres, piano) et le parti pris de ne pas vouloir faire de la variété lisse (style Vincent Venet). Rien que pour cette raison, on lève les pouces et confiants, on attend l’album.
samedi, 31 décembre 2005 01:00

Necrodogs

Dans le tout petit monde du rock wallo-bruxellois, on connaît plus les Etron pour leurs frasques (discours raciste, déguisements nazis et foutage de gueule en général) que pour leur musique. C’est dire si c’est avec curiosité qu’on s’apprêtait à écouter les travaux des pires langues de pute de la scène belge, qui se sont d’ailleurs autoproclamés ‘greatest rock’n’roll band in the world’… Mais il est malheureusement peu question de rock’n’roll ici mais bien de…gothique. Andrew Eldritch est-tu là ? Oui mon général : basse ‘curesque’, boîte à rythmes (serait-ce Doktor Avalanche ?), guitare à la Fields of the Nephilim et ambiance malsaine sont au rendez-vous, comme si rien n’avait changé depuis 1983. Six chansons aux titres évocateurs (« Cockrider », « Fried Chinese Cunt ») mais qui sans briller par leur originalité, restent fidèles aux clichés du genre. Seule exception, « Die ! », dont la minute et douze secondes évoque les premiers travaux de La Muerte. Alors, Etron ? Des sacrés belges !
samedi, 31 décembre 2005 01:00

Aïni

Violoniste originaire d’Oran, Akim est un spécialiste de musique arabo-andalouse. Ce style musical est nettement exploré sur ce second album, mais enrichi de salvatrices entorses à la tradition et de multiples emprunts aux autres musiques (latino, soul, funk). Ajoutez-y un logique parfum ‘raï’, car n’oublions pas qu’Oran a vu naître ce courant musical qui a conquis la jeunesse algérienne (dans un premier temps) et la France (remember 1, 2, 3 Soleils), et vous aurez une idée plus ou moins exacte de l’univers sonore au sein duquel baigne cet opus. Entièrement chanté par le violoniste, « Aïni » oscille entre plages mélancoliques (« La’miss », « Wissal ») et plages plus festives où les cuivres ont la part belle (« He Mama », « Ayli », le très soul « Ya habibi ya lil »). Si on regrettera la production un peu sage, cet excellent opus parvient tout de même à séduire grâce à de très bonnes mélodies. Et sans effets de manche. Ce qui est assez rare pour être signalé.
vendredi, 26 décembre 2008 17:52

Les robots et les humains…

Rencontre avec ce jeune emcee hyperactif dont le premier album officiel est paru après une multitude de passionnants projets underground encore téléchargeables gratuitement sur le net. Veence Hanao est passionné par les beats innovants de Madlib et du défunt Jay Dee mais aussi par des fines plumes de la chanson française comme Gainsbourg. Ce qui donne un mélange musical audacieux et prometteur qu’on vous enjoint à découvrir au plus vite !

Pour « Saint-Idesblad », tu t’es passé des beats de ton fidèle complice Noza. Qu’est-ce qui t’a amené à vouloir assurer les parties musicales et les paroles ?

J’ai bossé pendant des années en compagnie de Noza ; et il y aura certainement encore d’autres projets en commun. Ce gars est super talentueux. Simplement, sur celui-ci, j’avais besoin d’être seul dans ma bulle, de m’évader quelque temps, et d’aller au fond de mon univers. Aussi bien pour le fond que pour la forme. Je pense que cette envie se ressent à l’écoute du disque. C’est une ‘tranche de vie’, témoignage plutôt très personnel, relativement ‘fermé’ en ce qui concerne les possibilités de conception. Quant à l’aspect purement pratique, la plupart l’ignore, mais il y a des années que je produis des sons (depuis mon premier groupe SLK). Par exemple : « Midi Pile » sur Autumn I, « Photo de classe » sur Autumn II, « Anal Sex » sur le projet de Claud’French… J’ai senti qu’il était temps que je le fasse.

« Manège » me fait un peu penser à « Where’s my Mind ? » des Pixies, c’est un hommage ou le pur hasard ?

Un pur hasard ! On me l’a fait remarquer à mon retour à Bruxelles, quand l’album était bouclé. Cette allusion ne m’inquiète pas. Au contraire, cette histoire me fait marrer. Puisqu’on m’a déjà posé la question, c’est bien ma voix, et pas un sample grossier. Par contre, le hasard fait bien les choses, si l’on observe que mon premier projet solo s’ouvrait sur un sample de Tyler Durden (du film « Fight Club ») et que « Where’s my Mind » des Pixies a été utilisé pour le climax de ce même film. Etrange…

Pour le clip de « Manège », on te voit déambuler à la Foire du Midi, comment s’est passé ce tournage ?

Très bien ! Et relativement à l’arrache, comme on aime. Toute l’équipe (Florent Sauze – Eve Duchemin) était sur la même longueur d’ondes. On voulait un clip ‘cinéma/docu humain’ dont le grain sente la vraie vie plutôt qu’un clip de ‘graphiste/studio’ trop parfait, tourné sur fond vert, comme beaucoup le sont aujourd’hui. On l’a tourné au feeling, freestyle, caméra épaule, let’s go. On a arpenté la Foire comme si on filmait un docu et ils ont pris les images que la vie nous donnait, plusieurs soirs d’affilée, dont la clôture, le dernier jour, afin de capter le départ des forains. On pensait qu’on nous ferait chier davantage, mais les gens ont été cool. Notre plus gros obstacle, finalement, aura été ma réticence à monter dans certaines machines infernales. J’ai un putain de vertige.

Comme pour le projet « Autmun », le jazz est omniprésent dans « St Idesbald ». Il contribue à l’atmosphère sombre et enfumée de l’album. Dans quels disques puises-tu la matière sonore ? D’où te vient la passion pour cette musique ?

Passionné, c’est un grand mot. J’écoute autant de jazz que de chanson française, de rap ou d’électro. C'est-à-dire en petite quantité (rires). En fait, j’ai un rapport bizarre à la musique. J’ai accroché au jazz et à la soul grâce à des sons Hip Hop signés Jay Dee, Pete Rock, Mos Def, Talib Kweli, Madlib ou même Oxmo, Rocé et consorts. C’est un domaine que j’explore depuis des années. En essayant de savoir ce qu’ils avaient samplé. Puis d’écouter un peu la racine, et au-delà, les grands noms qui m’avaient déjà, c’est vrai, un peu giflés (rires) ! C’est donc un contact indirect. A la base, je suis de formation classique. A 12 ans, stop, j’ai bouffé du Hit Box, comme tout le monde. Puis du rap, comme beaucoup. Puis toujours du rap, mais plus le même. Et ça m’a fait du bien d’écouter un autre genre de Hip Hop. Le jazz et la soul m’intriguent particulièrement, c’est vrai, car ils me renvoient des images, des ambiances, des sensations. Atmosphère sombre, mouais. Enfumée, à mort. Hallucinée, un peu. En quelques notes tu te retrouves dans un film. Le jazz, j’ai l’impression qu’il permet de pleurer en souriant. Ou l’inverse, je ne sais pas. Quant aux disques dans lesquels je puise, bah je fonctionne par heureux/malheureux hasard, m’aventurant dans des vieux bacs, soldes de braderies, brocantes et vieux greniers …

Le grand absent musical du disque, c’est le rock. C’est un genre qui te passionne peu ?

Il y a des choses énormes, mais dans le rock actuel, j’ai du mal, je ne sais pas. C’est peut-être parce qu’en Belgique, l’establishment culturel rock m’a saoulé. Mais j’écoute cependant certains trucs.

« Saint-Idesbald » est un disque où tu saccages et sabotes les formats ‘chanson’. Est-ce que tu as déjà essayé de démarcher les grosses radios de la bande FM pour obtenir quelques passages ? Quelles sont les réactions ?

Et dire que j’ai fait quelques efforts (rires). « Manège » et « Force et Honneur », non (rires) ? Non, sérieusement, il est trop tôt pour que je puisse répondre à cette question. Nous sommes occupés de négocier.

On sent un certain désabusement dans ce disque. Qu’est-ce qui t’inspire ce dépit ? La précarité à laquelle est (souvent) condamné un artiste en Belgique ou la ‘robotisation’ de la société, dont tu parles dans les « Robots » ?

Tout ! Oui, la robotisation, l’abrutissement, la culture imposée, nos références prises pour vérités, nos médias, le côté ‘carotte devant l’âne’, les œillères qui en découlent, la difficulté voire l’impossibilité de se soustraire à ce régime sans passer pour un branleur, un malade ou un danger… Les émissions « Next » ou « Parental Control » diffusées en journée devant des gosses qui n’ont pas nos grilles de lecture ; de quoi devenir crétins et on le cautionne. Le mec lucide en vient à se sentir anormal de n’être pas intéressé par la même chose que les autres, de ne pas vouloir une caisse, un écran de 3 mètres, une baraque, un jardin, un i-Pod… Paraît que j’suis un con parce que je ne veux rien foutre de mes journées sinon de la musique. ‘Je n’ai envie de rien, suis-je normal ?’ Je ne comprends pas pourquoi je devrais passer ma vie à la gagner. On la vit quand alors ? Mais la peur l’emporte. La notion de sécurité est bien ancrée. Salaire, pouvoir d’achat = outils de survie modernes. La peur de tout perdre. L’individu est vraiment un tube, cette fois. Bosser/acheter, gagner/jeter. Poursuivre un idéal vendu. Bouffer, chier. ‘On ne va pas refaire le monde’ ! Et tout paraît normal. Je ne suis pas pessimiste, mais réaliste : il n’y a plus rien ! En tous cas, pas de ce côté-là. Il reste des petits plaisirs du quotidien humain. Je pense qu’une discussion de comptoir vaut toujours mieux qu’un samedi devant Arthur. Rencontrer des gens, le dialogue, les barres de rire, les regards codés, décodés, pas ceux qui fuient en rue, les moments spontanés et privilégiés, les échappées, les filles, le cul, une bonne bouffe, la peau grillée sur du poulet, une Duvel (rires). Non mais c’est sérieux… Il reste l’humain derrière les machines. Dur à trouver, mais il doit être là quelque part.

Est-ce que la multiplication de projets dans le collectif d’artistes que vous formez (Festen, Autumn, Claud’French, Carl) ne crée pas une confusion dans l’esprit des gens qui essaient de vous suivre ?

Bah, au pire ils se disent que les différents projets sont issus de la même ‘famille’ ; mais je trouve que chacun d’entre eux est assez bien identifié et identifiable. C’est la raison pour laquelle on leur a attribué un nom différent. Jusqu’ici, iles étaient underground et touchaient des gens relativement initiés. Sans quoi ils n’auraient pas eu vent de nos activités. Sinon, ouais, faut un peu creuser (rires). C’est possible qu’il y ait une confusion, mais cette situation ne nous tracasse pas. On fait ce qu’on veut et ce qu’on aime, et je pense que les gens ne sont pas cons. D’ailleurs, il aurait été pire de tout regrouper sous une même appellation. Ici, chaque projet a son nom et sa couleur. A ce propos, en faisant abstraction de mon album, un nouveau verra le jour en 2009 : DAWNZONE (Teme Tan et moi-même). On finalise, c’est une méduse, c’est pour bientôt.

Vous n’avez jamais pensé à enregistrer un disque en impliquant tout le collectif, à la manière du Wu-Tang dans les années 90 ?

Je pense que cette idée nous a traversé l’esprit… mais elle n’a pas fait long feu (rires). Plus sérieusement, on aime bosser en binôme ou en trio, mais sinon, c’est trop compliqué. Nos personnalités sont trop complexes et trop chiantes.

Tu es un des rares Mc francophones belges à toucher d’autres personnes que le public hip hop de base. Baloji a pas mal puisé dans la soul et le funk pour pondre un disque très ambitieux et James Deano a privilégié l’humour. C’est quoi ta recette ?

Je ne sais pas. Il n’y a pas de calcul. Heureusement pour l’intégrité de ma démarche. Je n’ai pas cherché à quitter le rap –j’estime d’ailleurs que ce n’est pas le cas– pour un plus grand public. Simplement, je tiens à être fidèle à ce que je suis, sans démagogie, sans me plier aux modes et pressions de mes différents environnements. Résultat, je suis au carrefour de plusieurs intentions. Je veux pleurer et rire, faire du son et du texte, gueuler et chuchoter, parler de robots ou de sexe, que ma musique me fasse du bien, ne soit pas commandée, que mes textes soient des tranches de vie et qu’il se passe un échange.

A l’inverse, comment es-tu perçu dans les sphères de ce que tu appelles le ‘rap social’ ?

Ca dépend. Il y a des mecs fermés, et d’autres pas. J’ai d’excellents rapports avec certains groupes de la scène belge. Pour d’autres, par contre, je fais du rap institutionnalisé, bourgeois, récupéré. C’est leur avis. Qu’est ce que je peux y faire ? J’ai moins d’envie et d’énergie à leur donner pour m’expliquer ou les clasher qu’auparavant... Pour moi, ce sont les rappeurs clichés que je vois à la télé qui ont été récupérés. Pas moi. Les faux clashs, les fausses cailles, le rap français qui fait des pompes et qui roule en berline, ça, pour moi, c’est du rap récupéré qui surfe sur la vague ! Mais à l’époque, quand je parlais de ‘rap social’, et que je disais qu’il me saoulait, je parlais plutôt d’une sorte de rap pseudo militant pas mûr, bidon, sans revendications réelles. Celui qui pataugeait dans un amateurisme décrédibilisant pour tous ou d’un rap d’éducation permanente, où on fait croire tout et n’importe quoi à des gars qui rappent depuis 3 mois.  

Tu es accompagné par Teme Tan sur scène. C’est une formule que tu vas développer/élargir à d’autres musiciens pour cet album ?

C’est une question qui me saute à la gueule chaque matin quand je me réveille. Pour l’instant, la formule fonctionne très bien ainsi. Et j’ai du mal à me dire que j’arriverai à faire entrer quelqu’un d’autre dans la bulle de l’album… Pour l’instant, en tous cas.

Imagine qu’on te propose 1 featuring pour un artiste français. Tu ne peux en choisir qu’un. Qui choisis-tu entre Oxmo Puccino, Abd Al Malik et Rocé ?

Sans aucune hésitation, Oxmo Puccino. Il a bercé une période-clé de ma vie.

Tu vas tenter de faire sortir cet album en France ?

On a un peu démarché, mais je suis relativement hors format et apparemment ‘pas facile’. Et la musique, en France comme partout actuellement, fonctionne par étiquettes et par images. Si ça se passe bien en Belgique, oui, on essaiera d’aller plus loin. Mais chaque chose en son temps.

Quelles sont tes ambitions/objectifs pour cet album ?

Ce n’est pas très précis, mais on va s’investir à fond : le faire tourner un maximum, gagner en visibilité, aller plus loin que pour les précédents. Essayer, effectivement, de dépasser un peu nos limites, et accorder de bons concerts… La scène, c’est un des objectifs principaux.

Sur certains titres de « St Idesblad », tu es à la limite du chant. T’as jamais pensé à chanter sur tes disques et abandonner progressivement le rap ?

Une nouvelle fois, c’était totalement involontaire. L’adaptation s’est produite super naturellement, sans calcul. Arrêter le rap, ou choisir un camp, je ne prendrai jamais une telle décision. Ca sort comme ça sort. Effectivement, je me suis surpris, sur plusieurs morceaux, à pousser la chansonnette. Ca m’a plu. Hors de question de me mettre un filtre et des barrières. Donc on verra où cette évolution mènera.

 

samedi, 31 décembre 2005 01:00

Step Forward

Première sortie du nouveau label de Juan de Marcos (un des initiateurs du projet Buena Vista Social Club), ce troisième opus des Afro Cuban All Stars rassemble une cinquantaine de musiciens qui comptent parmi les pointures musicales de l’île. Un pied dans la tradition cubaine et l’autre dans la modernité, ce « Step Forward » pèche par une volonté un peu trop forte de ratisser large. Les douze morceaux présentés ici tentent toutes les fusions possibles et imaginables pour plaire au plus grand nombre : funk (« Addimu a Chango »), ballades langoureuses (« Barbaridad »), jazz cocktail (l’abominable « Glicy’s Mood »), rock, etc. Résultat des courses, les plages sont fort aseptisées et manquent singulièrement de consistance. L’auditeur reste avec la désagréable impression d’entendre une foule de musiciens doués techniquement qui se contentent de jammer sur des thèmes aux mélodies rachitiques. Réservé donc aux incurables de musique cubaine.
Page 22 sur 51