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Le plus beau concert folk de l’année…

Écrit par - Taï -

Après avoir assisté, l’an dernier, à sa prestation accordée en première partie d’Alela Diane, à l’Ancienne Belgique, j’étais impatient de redécouvrir le songwriter américain William Elliott Whitmore, ce vendredi, à la fameuse Rotonde du Botanique.

Originaire de l’Iowa, William en est déjà à son 7ème album. Intitulé « Animals In The Dark », il est paru cette année chez Anti. Agé à peine de 31 ans, Whitmore est donc encore relativement jeune, mais affiche déjà la roublardise d’un vétéran. Faut dire qu’il pourrait être l’héritier naturel idéal de Seasick Steve voire de Ramblin’ Jack Elliott, dont il partage étrangement le patronyme… Sa voix est en effet impressionnante de maturité et maîtrise. On jurerait que l’animal a vécu plusieurs vies, avant de se réincarner en chanteur folk. Et face à un public de connaisseurs (NDR : acquis à sa cause), il n’a plus qu’à dérouler.

Le chanteur porte la barbe. Il monte sur les planches en compagnie d’un groupe réduit. Sa musique est dépouillée, mais possède cette force directe et indéniable. William s’accompagne au banjo ou à la guitare acoustique pour aborder des sujets intemporels, graves et souvent engagés. L’homme vit d’ailleurs toujours à la campagne, dans son Iowa natal. A la ferme, en toute simplicité, à l’image de sa musique. Ce qui lui permet de se protéger d’un monde qu’il refuse apparemment d’intégrer. Ses compositions sont peu instrumentées mais touchent instantanément le cœur des spectateurs. Sa voix reste son plus grand atout. Eraillée, chaude et profonde, elle nous happe dès les premiers couplets. Quand William Elliott Whitmore se met à chanter « A Good Day To Die » ou « I’d Rather Be The Devil », le public le croit sur parole. Cet homme n’est pas de cette époque. Croyez-le ! Il aurait pu vendre son âme au diable en compagnie de Georges Clooney et ses sbires, au carrefour d’une route déserte au fin fond du Kentucky, dans le ‘O’Brother’ des frères Coen. Arborant un superbe chapeau de Pilgrim, William est tout à fait crédible dans son déguisement de troubadour folk. Le public tape du pied à l’unisson au son de son blues de blanc-bec cul-terreux. Il ne reste plus qu’à fermer les yeux, pour voyager dans le temps…

La musique de William Elliott Whitmore ne suscite jamais l’ennui. Et l’artiste le démontre tout au long de l’heure au cours de laquelle il fait la différence. Deux morceaux sortent cependant du lot : « There’s No Hope For You » et « Hard Times ». Le fantôme de Willy DeVille rôde dans la salle. William a accordé le plus beau concert folk depuis celui de Micah P. Hinson, concédé l’année dernière, dans cette même salle… Ne le ratez surtout plus lorsqu’il se produira près de chez vous…

(Organisation Botanique)

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