L’école d’art de Library Card

Library Card a beaucoup joué en live à travers l'Europe et les États-Unis. Son nouveau morceau, "Art School", est devenu un favori du public lors de ses concerts. Ce titre marque un nouveau chapitre pour la formation, qui est rapidement devenue l'un des…

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La vision de l’art prônée par Superchunk…

Superchunk sortira son nouvel album, « Songs in the Key of Yikes », ce 22 août. En attendant, il a partagé le single, « Is It Making You Feel Something ». ‘Il a toujours été vrai que tout le monde traverse quelque chose dont on n'est pas forcément conscient’,…

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Omar Souleyman

Bien loin de la guerre civile qui ronge la Syrie, depuis trop longtemps…

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La dernière fois qu’Omar Souleyman s’était produit en Belgique, c’était en 2015, au sein d’une ABBox bondée. Le phénomène syrien est de retour, mais à l’Orangerie du Botanique, et le concert et soldout depuis quelques mois. Omar est né en 1966, à Tel Amir, un village situé dans le nord-ouest de la Syrie. Un vrai phénomène musical à lui seul. Depuis le début de la guerre civile, il s’est installé en Turquie. Il a publié son quatrième album studio « To Syria, With Love », en juin 2017, un opus auquel ont contribué Four Tet, Gilles Peterson et Modeselektor. Tout en se concentrant sur des sonorités très orientées techno aux claviers, il y rend hommage à sa terre natale.

Le supporting act est assuré par Dj Gan Gah. Désormais établi à Bruxelles, ce jeune producteur a été biberonné aux rythmiques traditionnelles gnawas et berbères depuis sa plus tendre enfance, dans les faubourgs d’Agadir. Musicien accompli, il sévit depuis plusieurs années comme beatmaker sous d’autres pseudonymes. Proposant un astucieux mélange entre Club Music et musiques traditionnelles d’Afrique du Nord, son premier Ep, « Souktronics », constitue une déclaration d’amour à ses racines marocaines et à la musique électronique contemporaine.

Vêtu d’une djellaba de couleur noire, il monte sur l’estrade, ouvre son PC et commence à triturer les boutons de ses machines. Il faut bien 15 minutes avant de s’imprégner de cette expression sonore aux accents orientaux, fruit de la rencontre entre techno et électro. Mais il est particulièrement doué, et parvient à inciter la foule à sauter, applaudir et danser pendant une bonne heure, grâce à ses beats ensorcelants. Pourtant, il n’y a pas d’interaction entre l’artiste et la foule. Et il n’émet aucun commentaire. Ce qui ne va pas empêcher l’auditoire de lui réserver une belle ovation, à l’issue de sa prestation…

Les innombrables traditions musicales de l’Irak reflètent, dans la musique d’Omar, le melting-pot culturel d'un pays où cohabitent irakiens, turcs et kurdes en grand nombre. Les hymnes populaires sont traduits en frénésie techno-pop festive (le ‘dabkeh’, un style folklorique, mais proposé dans une version moderne) ou en chansons plus solennelles et contemplatives (l'ataba, une forme traditionnelle de poésie populaire, équivalent de la soul). Souleyman chante en ‘mawal’ sur des poèmes signés par son complice de longue date Mahmoud Harbi. Les soli arabisants de synthés opérés par Rizan Said (NDR : un musico d’origine turque) se mêlent à l'oud, au saz, aux percussions et aux youyous, pour un résultat tout à fait déconcertant…

Sut le podium Omar est uniquement accompagné de Rizan. Deux synthés sont plantés au milieu du podium et légèrement en retrait. Toutes les sonorités, même celles de l’oud, du bendi (clarinette arabe) et de tambourin ont été synthétisées. A 21h05, Rizan, Said s’installe derrière ses machines et aligne deux instrumentaux. De quoi faire démarrer la Dabka en mode électro. Mais tous les yeux et les smartphones sont rivés sur la gauche de la scène. Et pour cause, le public très multiculturel attend le roi de la musique syrienne. Keffieh rouge vissé sur le crâne, vêtu d’un dishdasha, moustache rutilante et lunettes noires scellées sur nez, Omar Souleyman déboule sur les planches. Il est chaudement applaudi par un public acquis à ce type de musique traditionnelle du Proche-Orient, mise à la sauce électro. Il tient son micro à la main et déambule de gauche à droite en incitant l’auditoire, à l’aide de gestes, à applaudir et à danser. Un jeu de scène résumé à sa plus simple expression. Plusieurs spectateurs tentent de grimper sur l’estrade. Mais le service de sécurité les en empêche. Dommage, à l’AB, Omar avait apprécié ces débordements bon enfant…

Tous les classiques vont défiler, depuis « Warni Warni » à « Bahdeni Nami », en passant par « Salamat Galbi Bidek », « Wenu Wenu » et « Leh Jani », des morceaux au cours desquels les 'yalla' (Trad : ‘allez !’) vont fuser aux quatre coins de la salle. Sans oublier le single qui a précédé le dernier LP, « Ya Bnayya », une compo qui nous transporte au cœur des déserts syriens. Il n’y manque que le sable brûlant et les tambourins arabes, ici samplés par les machines de Rizan.

D’une durée de 50’, le set était particulièrement propice à la danse. Votre serviteur a découvert une Syrie chaleureuse, souriante, dansante, aimant la joie de vivre. Qui sait faire la fête à la musique et aux humains bien loin de la guerre civile qui la ronge depuis trop longtemps…

(Organisation : Botanique)

Hannah Williams

Des moments a cappella tout bonnement magiques…

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Depuis l'ouragan Amy Winehouse, la scène soul ‘made in UK’ n'en finit plus de révéler des artistes qui n'ont rien à envier à leurs cousin(e)s issu(e)s d’outre-Atlantique. Après Michael Kiwanuka, Alice Russell et Harleighblu, place à Hannah Williams. Vous ne la connaissez pas encore ? Ce ne sera bientôt plus le cas ; et pour cause, le gotha de la soul lui a promis une proche célébrité. Dont les regrettés Sharon Jones et Charles Bradley. Enregistré en analogique, son dernier elpee, « Late Nights & Heartbreak », est paru en 2016. Et elle va nous en proposer, ce soir, de larges extraits. Pas de supporting act, mais une salle bien remplie par un public multigénérationnel.

The Affirmations, le backing group de Mrs Williams, réunit deux choristes, Hannah Nicholson et Victoria Klewin et six musicos. Soit le claviériste (Hammond, synthé) James Graham, le guitariste Adam Holgate, le drummer Jai Widdowson Jones et le bassiste Adam Newton. Sans oublier la section de cuivres, Liam Treasure, au trombone à coulisse et John Pratt au sax baryton. Ils sont tous issus de Bristol !

Les instrumentistes entament le concert par le lent, jazzyfiant, mais particulièrement électrique « 7 AM To Seville ». Au bout de 3 bonnes minutes, Hannah, pieds nus, débarque en même temps que ses choristes. Elle déclare qu’il s’agit de son premier passage en Belgique. Le band embraie immédiatement par le single qui a précédé le dernier elpee, « Tame in the water ». Déjà on ressent l’empreinte viscéralement soul de la musique, même si elle est subtilement teintée de psychédélisme. Oscillant entre Sharon Jones, Janis Joplin et Adèle, la voix d’Hannah est remarquable. Lorsque les trois femmes les conjuguent, c’est tout bonnement magique (?!?!?). Et tout particulièrement lors des morceaux interprétés a cappella. Même que pendant « Another Sunrise », on a des frissons partout. Et tout en chantant, le trio brasse l’air à l’aide de ses bras, un peu à la manière de feu Joe Cocker.

Les cuivres sont à la fois rutilants et impériaux tout au long de « Fool ». Certains titres plus old school, comme « Fighting Your Shadow » se révèlent davantage nerveux voire rageurs. A contrario, « Your Luck Can Change » est empreint de délicatesse. Avant d’entamer le vaporeux « In Your Arms », Hannah Williams demande à l’auditoire s’il est amoureux. Il lui répond par l’affirmative, la banane aux lèvres. « Aint Enough » lorgne davantage vers le funk. Bien soutenu par la section rythmique et généreusement tapissé par l’orgue Hammond, l’expression sonore semble alors cependant hantée par Nile Rodgers (Chic). A cause de ces accords de gratte funky, très caractéristiques.  

« Dazed And Confused » est une plage signée par Jake Holmès, en 1967, et popularisée, deux ans plus tard par le Led Zeppelin. La nouvelle version est très électrique. Et c’est « Women Got Soul » qui achève le show tout en douceur. Avant un rappel inévitable de deux morceaux. A l’issue du spectacle, le stand merchandising a littéralement été pris d’assaut. Preuve qu’il s’agissait d’un excellent concert…

(Organisation : Ancienne Belgique)

The Van Jets

Des références bien rock’n’roll…

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En 2004, The Van Jets remportait le Humo Rock Rally. Depuis, on peut affirmer que le quatuor ostendais a fait du chemin. Son cinquième elpee, « Future primitives », est paru en octobre dernier. Mais on se souviendra surtout de son tube, « The future », qui a littéralement squatté les ondes de Studio Brussel, au cours de l’année 2010. Un véritable hymne pour toute une génération issue du Nord de la Belgique.

Le supporting act est assuré par The Equal Idiots, un duo qui pratique du rock/garage énergique, à la croisée des chemins de The Experimental Tropic Blues Band, Mountain Bike et Black Box Revelation. Originaire de Hoogstraten, il a gravé son premier opus, « Eagle Castle BBQ », en juin dernier. Il implique le chanteur/guitariste Thibault Christiaensen et le drummer Pieter Bruurs.

Les sonorités de gratte sont instinctives, huileuses, graisseuses même. La frappe du batteur est à la fois primaire et métronomique. Pensez aux Ramones ! On aura cependant droit à une reprise étonnante du « Ca Plane Pour Moi » de Plastic Bertrand, une version qui reflète l’esprit bien punk du tandem. Et la prestation va s’achever par un « Put My Head In The Ground » sismique…

Johannes Verschaeve est coiffé de son éternel chapeau noir et chaussé de souliers de couleur rouge. Il se consacre à la guitare et au chant. Il est soutenu par son frère Michael, aux drums, le second gratteur Wolfgang Vanwymeersch et le bassiste Frederik Tampere. Ce soir, le line up est enrichi d’un claviériste, probablement engagé pour accompagner le quatuor en tournée. Tant derrière que devant, des toiles, de dimensions différentes, ont été tendues. Y sont reproduits, tantôt le titre du dernier long playing, un soleil, un revolver, des signes cabalistiques ou un majeur pointé vers l’avant.

Le musique de The Van Jets puise son inspiration à la fois chez Bowie, The Stooges, T. Rex, les Stones, et parmi les bands les plus contemporains, The Raconteurs et les Black Keys. Bref, pas de contestation, les références sont bien rock’n’roll, même si le tout est régulièrement assaisonné à la sauce électro. Et l’ensemble tient la route. En outre, charismatique, le vocaliste ne tient pas en place et arpente le podium, de long en large.

Issu du dernier LP, « 21st century boy » ouvre le concert. Incontestablement, malgré les boucles électro, c’est un clin d’œil adressé à Marc Bolan (NDR : ce titre !) Quatre autres plages de ce nouvel essai figureront dans la set list. « Rewild » d’abord. Un morceau caractérisé par ses cordes torturées à la manière de Jimi Hendrix, sur « Highway chile ». Puis le sémillant « Fiction vs Fiction », réminiscent des B52’s. Et encore le bondissant « Bang », moment choisi par Thibaut Chrisiaensen, le chanteur/guitariste de The Equal Idiots, pour rejoindre le band et se lancer (NDR : bondir ?) dans la fosse afin d’entamer un long exercice de crowdsufing. Puis enfin, cadencé par ses sonorités électro hypnotiques, « Days On Clouds », un titre qui donne pourtant libre cours à l’agressivité des six cordes. A cet instant, le volume sonore est vraiment à son paroxysme. Et pourtant, il faut avouer que si les compos sont sauvages, les mélodies restent soignées. Verschaeve ose également un petit plongeon dans la foule, pendant « Ready Made Wild Life »…

En rappel, le frontman interprète le bluesy « Here Comes The Light », alors que ses acolytes assurent uniquement les chœurs. Et bien sûr, c’est le hit « The future » qui clôt définitivement le show.  

(Organisation : Ancienne Belgique + Live Nation)

Coely

Un Coely de fruits tropicaux…

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Issue du Nord de la Belgique, Coely est considérée comme la nouvelle voix du hip hop. Une voix plus que puissante capable de séduire l’assistance par son énergie explosive libérée sur les planches. Elle démontre ainsi que le rap noir-jaune-rouge peut aussi s’écrire au féminin. Son premier elpee, « Different Waters » est paru en mars dernier. Enfant prodige du hip hop old school, elle a fait ses premiers pas sur la scène européenne à l’âge de 22 ans…

Votre serviteur avait été littéralement scotché par sa prestation accordée aux Lokerse Feesten en août dernier. Ce soir, elle se produit pour la deuxième fois consécutive, dans la banlieue d’Anvers, là où elle a grandi. Point de chute : le Casino de Saint-Nicolas. Les deux spectacles sont sold out. La salle est superbe, le personnel accueillant et le son excellent. Que demande le peuple ?

C’est Amazuni qui assure le supporting act. Elle a été finaliste du concours ‘The Nieuwe Lichting » organisé par Studio Brussel, compétition remportée par Tamino. Gantoise, mais de souche népalaise, elle vient de graver un Ep intitulé « V For Venom », au sein duquel elle va puiser largement lors de son set. Sur les planches, elle est soutenue par un black aux platines et aux machines. Barbu et capuche sur la tête, il est impassible et froid devant son matos. De grande taille, voilée d’un châle noir (NDR : les vêtement des deux artistes sont de la même couleur !), qu’elle ôte dès qu’elle apparaît derrière son micro, Amazuni affiche un visage sur lequel une ligne… noire… est dessinée sous le menton. Le duo pratiquerait-il une musique sombre et industrielle ? Pas du tout, plutôt un rap très technique, chargé de groove et teinté de r&b et de drum&bass, sur lequel, elle pose un flow agressif, interactif et bien calibré. Bref, le son est vraiment unique en son genre. Le bassiste de Coely vient même prêter sa voix pour un titre.

Le Black Mamba est le nom d’un serpent noir particulièrement venimeux, dont la piqûre peut s’avérer mortelle, qui vit en Afrique. C’est également le patronyme d’une djette qui va tenter de conserver l’esprit des spectateurs en éveil. Peine perdue, l’auditoire préfère discourir…

Coely pratique un cocktail détonnant de hip hop old school, soul, r&b, gospel, funk et dance-hall. Ses vibes sont parfois très susceptibles de rappeler Laurijn Hill. Elle est capable de donner des coups d’accélérateur dans le style de Busta Rymes ou même d’assurer une séance de human beatbox. Elle rappe d’ailleurs comme une Américaine. En outre, elle peut compter sur ses potes, les Mc’s Dvtch Norris, dont la voix soul est particulièrement solide, ainsi que Darrell Cole, pour mettre le feu aux planches. Il y en aura même un troisième, pour un titre, au cours du spectacle…

C’est « Same Waters » qui l’ouvre, alors que l’espace scénique baigne dans la couleur bleue. Darrell Cole apparaît, micro en main, pour accueillir la princesse Coely. Elle a enfilé un jeans seyant, est chaussée de rangers de teinte noire et a recouvert le tout d’un long imperméable gris (NDR : comme le temps en Belgique). Ses dreads sont ramenés en deux chignons (NDR : pas trois comme sur la photo !) Outre les Mc’s qui participent circonstanciellement au show, elle est soutenue par un guitariste, un bassiste, un drummer ainsi qu’un préposé aux platines et aux machines ; ce dernier s’est planté à l’arrière.

Lorsque les deux Mc’s se produisent au même moment, ils dansent en parfaite synchro. Le flow est continu, efficace et dynamique. Coely demande au public de lever les mains. Il s’exécute instantanément. Le light show est passé au blanc et au rouge pour « Different Waters ». Tapissée par l’harmonium, cette compo se distingue par les claquements de la basse et le déchaînement du drummer sur ses fûts. On est proche du tsunami sonore, mais la princesse calme le jeu de sa voix soul, empreinte d’émotion. Néo soul ou r&b contemporain (NDR : les avis divergent !), « My Tomorrow » incite irrésistiblement à remuer l’arrière-train. Coely invite la foule à applaudir. Réaction immédiate. Les ‘boom, boom, ratata’ fusent aux quatre coins de la salle. Autre morceau soul, mais plus paisible, « Can’t get away » permet à tout le monde de reprendre son souffle. Mais la pause est de courte durée, car Coely vide littéralement ses tripes tout au long de « On My Own », un autre r&b. Elle y étale toute sa puissance vocale. Percutant, « Hush » agrège rap et dancehall. Et « Magic Carpet » clôt le set.

En rappel, « Wake Up Call » est interprété en mode ‘Old School’. Fruité et rafraîchissant ! Et le concert de s’achever par « The Rise » et « Celebrate », deux raps carrément incendiaires. Votre serviteur est rentré chez lui, la banane aux lèvres. Ce soir la prestation de Coely était tout bonnement tropicale…

(Organisation : De Casino)

LANY

Un bel LANY mâle…

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Il est 19 heures, et un fort contingent de jeunes midinettes peuple les couloirs du Botanique. Normal, ce soit, quatre beaux gosses se produisent à l’Orangerie ; en l’occurrence LANY (acronyme pour ‘Los Angeles New York’), une formation qui comptabilise des millions de vues sur Youtube depuis 2014. Les filles adulent Paul Klein, un chanteur particulièrement charismatique et séducteur. En outre, non seulement l’identité visuelle du band est impeccable, mais les hits sont super catchy. La voie du succès est donc toute tracée. Il est d’ailleurs exceptionnel qu’il se produise dans de petites salles. L’an dernier, il a ainsi été programmé lors de grands festivals, dont celui de Rock Werchter… 

Ritual sert de supporting act. Un trio londonien, dont le premier Ep, « The Fall », est paru en 2014, et qui a longtemps entretenu le mystère sur l’identité de ses membres, qui préféraient préserver leur anonymat. Ainsi, aucun nom, ni aucun visage n’a jamais été révélé. Ce qui n’a pas empêché le groupe de faire les gros titres du Billboard, The Fader et The Line of The Best Fit.  

Les trois musicos se servent de synthés. L’un se consacre à la gratte semi-acoustique ou électrique et le deuxième à la basse. Le troisième –c’est également le plus grand– se réserve le chant. Bien que de couleur blanche, il possède une voix soul très black. Des vocaux enrichis par de multiples harmonies féminines et masculines, dispensées par des samples. L’expression sonore baigne au sein d’un climat post-dubstep, c’est-à-dire quelque part entre hip-hop ambiant, funk, folk et r&b. Les lyrics sont à la fois sensuels et tranchants. Les arrangements musicaux sont soignés et l’excellent feeling du préposé au micro favorise une belle interaction entre la foule et le combo. Un set cependant trop court pour se faire une idée exacte du potentiel de Ritual.  

Place ensuite à LANY. Trois estrades ont été dressées sur le podium. Celle de gauche est destinée au drummer. Du milieu, au pianiste. Et de droite, au guitariste. Ces deux derniers se consacrent cependant, d’abord, aux synthés. Derrière-elles on remarque autant de toiles immenses, tendues, sur lesquelles seront projetés vidéos et effets lumineux. Paul Klein occupe tout l’espace scénique. Il déambule, ondule, bondit et harangue la foule. Une véritable bête de scène (NDR : un bel Lany mâle ?) ! Il joue de la gratte électrique, du piano (NDR : un droit !) ou des claviers, parfois debout sur son siège. Il se prend même pour un équilibriste en grimpant sur la grosse caisse du drummer. A souligner : le son est parfait !

Lorsque des filles balancent des roses rouges et blanches sur les planches, Paul les renvoie généreusement dans la fosse. Sucré, « Pink Skies » provoque des gémissements au sein du public féminin. Paul a le don de l’apprivoiser. L’intensité monte au fil du set. L’euphorie de l’auditoire également. Lors des compos les plus paisibles, Paul siège derrière ses ivoires. A l’instar de « Walk Away », « 4 Ever ! », « Quit » et « Someone Else ». Un moment de pause avant que le show ne reprenne son cours normal ; c’est-à-dire endiablé. Tout au long de « The Breakup » le light show inonde la foule de ses couleurs. Enfin, pour clore le show, Paul revient derrière son piano pour interpréter un medley de covers signées Harry Styles, « Pancakes/Sign of the Times /Current Location ».

Et le rappel de s’achever par l’incendiaire « ILYSB », une compo qui les a fait connaître. A revoir lors des festivals d’été !

(Organisation : Botanique)

Triggerfinger

Rock’n’roll attitude !

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Les trois concerts de Triggerfinger programmés à l’AB, ces 14 et 15 décembre ainsi que celui de février sont sold out. Votre serviteur assistera à celui du vendredi, une prestation au cours de laquelle le groupe belge va proposer de nombreux morceaux issus de son dernier elpee, « Colossus ».

Hong Kong Dong assure le suppporting act, un trio réunissant un frère et une sœur, en l’occurrence Boris et Sarah Yu Zeebroek, ainsi que le guitariste Geoffrey Burton, un musicien qui jouit d’une solide réputation, et pas seulement au sein du Royaume, puisqu’il a notamment accompagné Arno, Alain Bashung et Iggy Pop. Finaliste du concours Humo Rock Rally, en 2008, la formation gantoise a publié son deuxième opus, « Kala Kala », en octobre dernier.

Non seulement Sarah possède une superbe voix, mais elle se consacre aux claviers et à la gratte. Elle se démène énormément sur les planches et n’hésite pas à haranguer les premiers rangs en affichant d’étranges mimiques qui ne sont pas sans rappeler celles de Satomi Matsuzaki, la vocaliste du band yankee, Deerhoof. Hybride, largement électronique, mais aventureuse, l’expression sonore navigue à la croisée des chemins de Kraftwerk, Métroland, Björk, Flaming Lips, Talking Heads, Sparks et… Deerhoof. Une excellente mise en bouche avant le plat de résistance…

En arrière-plan, une toile a été tendue, elle représente une fresque urbaine, œuvre de Sarah Yu Zeebroek. Comme d’habitude, quand ils montent sur le podium, les musicos de Triggerfinger sont tirés à quatre épingles. Une intro préenregistrée précède leur arrivée. Mario a opté pour un costume de couleur bleue. Tout comme celui de Ruben mais il est en cuir, et scintillant. En outre, il est chaussé de santiags. Celui de Paul est encore plus classe ; et pour cause, il est de couleur noire. Le combo est soutenu par un quatrième membre ; en l’occurrence le gratteur Geoffrey Burton, également impliqué chez Hong Kong Dong. On comprend mieux ainsi le choix de la première partie.

Dès qu’il grimpe sur son estrade, Mario assure le spectacle. Telle une rock star, il harangue la foule dès « Upstairs Box » et sollicite des applaudissements qui lui sont immédiatement décernés. Sa frappe sur ses fûts est sauvage, tribale aussi. A plusieurs reprises, il va pousser le bouchon jusqu’à percuter ses cymbales à l’aide de son crâne (NDR : lors d’un set accordé aux Lokerse Feesten, il en avait coincé une entre les dents). Le son est très puissant. D’ailleurs, tout au long du stoner « And There She Was Lying In Wait » (« By Absence of the Sun »), la voix de Ruben est quelque peu noyée sous l’instrumentation. Heureusement, dès « First Taste », elle devient stratosphérique, mais dans l’esprit de Robert Plant. Les deux grattes se déchaînent alors et libèrent des riffs aussi primaires qu’instinctifs.

« By Absence Of The Sun » est devenu un classique du band. Ruben dirige le manche de sa gratte vers le ciel, la colle contre un baffle, un ampli ou encore la couche sur les planches. Rock’n’roll attitude ! Geoffrey Burton a l’opportunité de démontrer son talent pendant « Flesh Tight » et « My Baby's Got A Gun » ; il vient même affronter Paul et Ruben en duel, à l’aide de sa gratte. Ruben a tombé la veste depuis un bon moment. Il s’adresse à la fosse, le temps d’une petite pause. Soit juste avant que Mario ne nous réserve un solo de drums dont il a le secret, et ce durant « All This Dancin' Around ». Un exercice de style de 5 bonnes minutes, au bout duquel Ruben et Paul vont participer aux débats en cognant à leur tour les cymbales, dont l’une va se crasher sur le plancher. A l’issue de cette démonstration, l’auditoire acclame le soliste, et chaleureusement. Le set s’achève par le titre maître de l’elpee « Colossus », une compo taillée pour le live. Satisfaits, les musicos saluent le public et se retirent.

Mais ont-ils tout donné ? Pas encore, puisqu’ils reviennent pour exécuter d’abord « Afterglow », puis une version plutôt décoiffante du « Man Down » de Rihanna et enfin une reprise bien burnée du « Funtime » d’Iggy Pop... 

Et lors du second rappel, le quatuor va finalement concéder « Let It Ride », un extrait de « All This Dancin’ Around ». Ce soir on a vécu un grand moment de rock’n’roll !

(Organisation : Live Nation + Ancienne Belgique)

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London Grammar

Le minimum syndical !

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C’est le second concert de London Grammar au Lotto Arena, en deux jours. La première date a rapidement été décrétée sold out ; les organisateurs ont donc décidé d’en ajouter une deuxième. Fondé en 2012, ce trio britannique réunit la chanteuse/pianiste Hannah Reid, le claviériste/percussionniste Dominic 'Dot’ et le guitariste Dan Rothman. Il pratique un cocktail d'electronica, de trip hop et de pop, qu’on pourrait situer à la croisée des chemins de Florence + The Machine, James Blake et The XX. Son nouvel opus, « Truth Is A Beautiful Thing », est paru en juin 2017, un disque pour lequel le groupe a reçu le concours de plusieurs producteurs prestigieux. La formation est ensuite partie en tournée pour le défendre. Un long périple dont c’est la dernière représentation ce soir…

Vu le retard accumulé, suite aux embouteillages sur la route, votre serviteur débarque à la fin de la prestation accordée par Lo Moon. Le temps de se faufiler afin de se dénicher une place idéale, le plus près possible du podium, et le set est terminé. Une indication quand même : la claviériste est plutôt jolie et possède une solide voix.

Place ensuite à London Grammar. Le light show est composé de trois immenses rampes de spots. Deux latérales et une frontale. Cette dernière réunit uniquement de petites leds. Dot se plante à droite, au milieu de ses claviers, ses congas et sa batterie, face à la foule. Hannah est calée entre son micro et son piano droit, placé de biais. Dan a opté pour la gauche, parmi ses claviers et près de sa gratte.

L’atmosphérique « Who Am I », ouvre le set. C’est un extrait du second opus. La fin de parcours de « Flickers / Help Me Lose My Mind  » se distingue par son rythme imparable. Hannah s’installe derrière les ivoires pour aborder « Nightcall ». Dot signale timidement qu’il s’agit de la dernière date de la tournée. On savait ! Pour le reste, on ne peut pas dire que les musiciens soient très bavards, sur les planches. Empreint de mélancolie, le registre vocal d’Hannah Reid est proche de celui d’Adèle. Et il impressionne tout au long du fabuleux « Hell To The Liars ». Les hits déclenchent l’enthousiasme au sein de la fosse, et particulièrement « Wasting My Young Years », « Hey Now », « Stay Awake  » ainsi que le superbe « Sights ». Elle épate à nouveau en interprétant « Rooting For You », a capella. Mais au fil du concert cette voix finit par lasser. Elle est sans doute exceptionnelle, cristalline, fragile, mais elle épouse constamment les mêmes modulations. On y cherche même de l’émotion. En outre, les musicos ne sont guère interactifs. L’expression sonore manque de relief. Le line up semble trop léger pour se produire en concert. Il y manque une section rythmique organique, de type basse/batterie. Et on ne peut pas dire que le son soit vraiment au point. Enfin, 70 minutes, rappel compris, c’est quand même peu pour une formation dont la popularité est croissante. C’est d’ailleurs ce qu’on pourrait qualifier de minimum syndical !   

(Organisation : Live Nation)

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Channel Zero

Des Flamoutchs et de la bonne humeur !

Écrit par

Après avoir gravé « Exit Humanity », le 27 octobre dernier, Channel Zero est venu défendre son septième LP studio sur les planches du Zik Zak, à Ittre, ce dimanche 10 décembre. Les fers de lance du Metal en Belgique se sont, par la même occasion, adjoint les services d’un nouveau mercenaire, Christophe Depree. Loin d’être un inconnu sur la scène locale, le guitariste sévit depuis bientôt trente ans au sein du band thrashy After All et injecte à présent également ses riffs dans les morceaux de Channel Zero. Une mini-tournée de huit dates dans le plat pays, dont deux en Wallonie, afin d’exposer par l’exemple la nouvelle mouture du combo. Compte-rendu à l’autopsie.

L’année 2017 égrène ses derniers jours et a profité de la nuit pour recouvrir le paysage belge d’un léger manteau blanc. Insignifiant pour le grand monde, mais imposant pour la modeste Belgique. Ittre n’est pas nécessairement connue pour ses frasques rock’n’rollesques, mais force et de constater qu’il commence à se créer quelque chose autour de cette ancienne école de musique devenue un antre à décibels. Quelques routes sinueuses mènent finalement à un paysage industriel, plongé dans l’obscurité et arrosé par une pluie froide d’hiver. Il suffit d’ouvrir la portière pour se prendre une drache. Évidemment ! En suivant les badauds on finit par entrer dans une petite salle à l’éclairage tamisé, plus large que profonde, où l’ambiance paraît de suite décontractée. Typiquement le genre d’endroit à fréquenter en pantoufles tant on se sent vite chez soi. A l’exception près que de mes enceintes ne sort que très rarement « Like a Virgin » de Madonna…

Après avoir été le second groupe à ouvrir la journée du samedi de l’Alcatraz Festival, en août dernier, King Hiss poursuit à présent sa conquête du Royaume. Malgré une apparente linéarité au niveau des compos, la formation envoie du lourd. Optant pour des sonorités plutôt Heavy en début de set, les Meninois vont progressivement dérouler un Stoner ample et rond comme il se doit. Al dente ! Jan, le vocaliste, impressionne par sa puissance vocale. Et tout particulièrement lors du morceau éponyme, dont le premier couplet est interprété a capella, un pied sur l’ampli, le corps tendu en un élan, afin d’expulser un maximum d’air de ses poumons, électrisant la fosse face à lui. En une grosse demi-heure, King Hiss a pu démontrer qu’il avait du punch dans les tripes. Certains de ses morceaux trottent longtemps dans votre tête, ne demandant qu’à être réécoutés a posteriori afin d’en savourer tout le potentiel. Il est fort à parier que ces gars issus de Flandre-Orientale feront encore parler d’eux à l’avenir…

Alors que Channel Zero s’était permis d’enrichir la scène d’un décor, quelques jours plus tôt, à Bruxelles, c’est aujourd’hui sur un mode plus old school que le quintet va se produire en ‘live’. En effet, seul un backdrop frappé du logo du groupe surmonté d’un crâne de bouc est accroché à l’arrache en arrière-plan. La batterie de Seven Antonopoulos repose sur un podium et la peau blanche des grosses caisses a été peinte du logo de la formation. Le drummer est d’ailleurs le premier à monter sur les planches, l’œil gauche bardé d’un sparadrap blanc (une indiscrétion sur les réseaux sociaux permettra d’apprendre que le musicien s’est blessé la veille, atteint par un éclat de baguette dans le globe oculaire). Pas le choix, il va falloir ce soir viser juste ! Il est suivi de près par Mikey Doling, tignasse ébouriffée et vêtu d’un t-shirt rappelant ses origines californiennes. De racines, il en est également question en observant le t-shirt à l’effigie de ‘La Muerte’, enfilé par le bassiste Tino De Martino, puisqu’il milite également au sein de ce band metallo-punk bruxellois. Pourtant discret, le bracelet éponge du nouveau venu, Christophe Depree, ne manquera pas lui aussi de montrer ses origines, rappelant subtilement qu’il gratte nerveusement depuis quelques années sous la bannière Thrash d’After All. Et puis, comme d’habitude, habillé de noir et chaussé de ses éternelles New-Rock, Franky De Smet Van Damme est le dernier à débarquer, micro à la main.

Après une tournée acoustique et un show d’entraînement accordé en ouverture des Guns N’ Roses, en juin dernier, Channel Zero est désormais bel et bien de retour sous sa forme métallique. Alors qu’il aurait été classique de dégainer par un morceau de son nouveau long playing, c’est par « Dark Passenger » (NDR : et c’est une surprise), titre d’ouverture du précédent opus, « Kill All Kings », que le concert s’ouvre. Le volume sonore décoiffe, et le public, majoritairement composé de trentenaires ainsi que quadras, opine directement du crâne. « Ammunition » et « Hot Summer », issus de « Feed Em With A Brick », plongent tout le monde dans le bain. Il faut aussi dire que Franky a l’art de mettre à l’aise. Il a un sens de l’humour bien belge. D’ailleurs, pour lui, les tensions qui dressent Nord et Sud du pays ne veulent pas dire grand-chose. ‘Bonsoir Ittre’, lâche-t-il, l’accent flamand bien prononcé. ‘Bon, allez, ce soir on va parler français… on est passé ici de l’autre côté de la frontière linguistique, on n’est plus chez les Flamoutches !’, ajoute-t-il ironiquement Manifestement, en cette soirée hivernale, il est particulièrement en forme...

Le band continue son exploration dans le temps en s’attaquant au groovy « Fools Parade » de 96, suivis d’« Unsafe » et « Héroïn ». De quoi ravir les fans de la première heure. Il faudra donc attendre un tiers du concert avant que Channel Zero ne commence à interpréter quelques compos de son nouvel elpee. ‘Bon… vous savez qu’on vient de sortir un album hein !’, déclare le vocaliste. ‘Qui l’a déjà acheté… ? un… deux… trois… quatre… cinq ! Allez, c’est déjà pas mal, on sera peut-être à dix à la fin de la tournée’, poursuit-il en se marrant. « Blood Letters » embraie, ce qui permet de découvrir enfin une nouvelle face de la palette vocale du chanteur, s’évadant davantage dans des envolées plus aiguës et mélodiques ; constat qui ne fera d’ailleurs que se confirmer tout au long d’« Exit Humanity ». S’il venait un jour à ne plus chanter, nul doute que Franky pourrait alors se tourner vers le one-man-show. ‘Mesdames, c’est un peu le moment émotionnel de la soirée… tu vois, ce moment où tu touches ton nipple et que ça te fait de l’effet… Et bien c’est maintenant !’, donnant dès lors le coup d’envoi de « Let the Games Begin ». La petite salle est désormais baignée dans les tons rouges, accentuant le côté intimiste de ce morceau langoureux.

Mais l’ambiance de fête s’impose à nouveau très vite, Franky invitant non seulement les membres de King Hiss à les rejoindre sur l’estrade, mais également les gars de Fleddy Melculy qui rencontre un beau succès, particulièrement en Flandre, et spectateurs de la soirée pour l’occasion. ‘Aussi des flamoutches !’, indique Franky en désignant les artistes. Avant que le vocaliste de Fleddy Melculy ne pousse la chansonnette sur « Bad To The Bones », l’ensemble des musicos présents sur les planches sont invités à affronter le ‘Channel Zero Challenge’ : vider chacun une bouteille de bière en moins de trois secondes. Quelques instants plus tard, une autre guest est invitée à grimper sur le podium, sous les acclamations unanimes de la foule. Et pour cause, tout metalhead qui se respecte connaît Anik, une véritable icône dans le milieu. Longtemps propriétaire du célèbre –voire culte !– magasin Hard Rock Market, situé dans le centre de Bruxelles (et contrairement à ce qui avait été annoncé dans les médias, toujours bel et bien ouvert!), elle a conseillé plusieurs générations de passioné(e)s de musique forte… ‘Faites un putain de bordel pour Anik’, réclame Franky en s’adressant à l’audience, face à une Anik aussi timide que modeste, comme de coutume (NDR : une ambiance quasi familiale, on vous l’annonçait !) Le band ne manquera d’ailleurs pas de chaleureusement remercier cet auditoire d’être toujours aussi fidèle : ‘On a tous plus ou moins autour des cinquante balais à présent. Si vous n’étiez pas là à nous soutenir, on serait juste chez nous en train de nous branler dans le fauteuil’, avoue le chanteur, potache. ‘Pas vrai, madameke ?’, en interpellant un quinqua aux premiers rangs. ‘Tu vas voir, tu vas venir chanter avec moi bientôt, on va reprendre du Slayer !’

Malgré son récent engagement au sein de la formation, force est de constater que le courant passe déjà très bien entre Christophe Depree et Mikey Doling. Il faut dire aussi que ce dernier n’était autre que la roadie technique de Mikey depuis quelques années… Plus d’une fois durant le show, il suffira d’un échange du regard entre les deux musiciens pour qu’ils se retrouvent au centre de la scène, s’affrontant fraternellement à coups de riffs. Plutôt en retrait pendant l’heure et demie de concert, Tino De Martino finira néanmoins par se frayer un chemin entre les deux guitaristes afin de se faire porter dans la fosse tout en martelant sa basse.

Le set touche à sa fin et les dernières balles, de choix, sont tirées. Après un « Help » largement entonné en chœur par la foule et « Suck My Energy » toujours aussi puissant, entrecoupés de riffs d’Iron Maiden et de Pantera, Channel Zero finit au chalumeau en balançant une reprise du « Reign in Blood » des maîtres du Thrash, Slayer. Chose promise, chose due ! Alors que le public s’était contenu tout au long du set, il n’en fallait pas plus pour finalement mettre le feu aux poudres et déclencher quelques bousculades dans la bonne humeur. Mais les Belgo-Américains ne pouvaient évidemment pas prendre congé de leurs fans sans leur jouissif « Black Fuel », ultime occasion de donner de la voix en cette soirée décidément aussi puissante que festive. C’était en tout cas, un vrai plaisir de constater que Channel Zero, qui rappelons-le, avait rempli six fois d’affilée l’Ancienne Belgique lors de sa reformation en 2010, a été loin de faire la fine bouche ce soir face à une audience de taille plus réduite que d’ordinaire. Au contraire même (et preuve de son professionnalisme) : il est parvenu à injecter une perfusion de bonnes ondes, typiquement rock’n’roll. C’est sans aucun doute que son bonheur communicatif à se produire sur les planches a contaminé l’ensemble de l’auditoire. On recommence quand ?

Setlist : Dark Passenger - Ammunition - Hot Summer - Fools Parade - Unsafe - Heroin - Blood Letters - Exit Humanity - Let The Games Begin - Bad To The Bone - Dashboard Devils - No more - Wish You Well - Mental Breakdown - Refugee - Help - Suck My Energy - Reign in Blood (Slayer cover) - Black Fuel.

(Organisation: Zik Zak)

Channel Zero, Evil Invaders et King Hiss se sont également produits au Trix à Anvers (Org: Alcatraz Music), ce 15 décembre. Les photos sont à découvrir ci-dessous.

 

Destroyer

Thanks for braving the storm !

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‘Thanks for braving the storm !’ ce sont les mots de remerciement adressés au public par Dan Bejar (alias Destroyer) pour clôturer son set. Il est vrai qu’il fallait s’armer de patience et de courage pour rejoindre la capitale quelques heures plus tôt. Tempête de neige et routes glissantes étaient au rendez-vous. Ce n’est d’ailleurs qu’au pied levé que votre serviteur remplace son confrère Adrien, forfait de dernière minute. Mais surprise à l’arrivée, bien que pas sold-out, la Rotonde est pleine à craquer, ce soir…

Nicholas Krgovich se charge d’ouvrir la soirée. Ce songwriter et multi-instrumentiste canadien est surtout connu pour avoir milité au sein de différentes formations. Il n’a entamé sa carrière solo que depuis quelques années. Ce soir, il berce l’assemblée de ses ballades folk réconfortantes. D’ailleurs la plupart des spectateurs restent assis. Seul au clavier et assez laconique durant une grande partie du set, le Canadien va se lâcher tout à la fin. Il nous parle longuement de son périple qui se termine ce soir et de la météo belge. Ou encore de sa crainte de reprendre l’avion par ce temps agité. Il invite ensuite plusieurs musiciens de Destroyer (le batteur, bassiste et saxophoniste) à le rejoindre sur les planches. Grand fan de Sade, il clôture le show par « Somebody broke my heart » (NDR : une histoire, inspirée de son histoire vécue, selon ses propos). 

Il est facile de voir que cette date est la dernière d’une longue tournée européenne. En effet Dan Bejar (alias Destroyer) arrive en titubant sur le podium. Visiblement éméché, il n’a pas moins de trois verres à la main (un de bière nationale, un de vin et un autre d’alcool). Il s’appuie tout au long du concert sur son pied de micro. Cheveux hirsutes, pantoufles aux pieds et chemise débraillée, il ressemble à un type, tout juste réveillé au lendemain d’une bonne cuite. Mais sa voix balaie rapidement la Rotonde, et nos doutes sur sa prestation vont vite s’envoler. La set list fait une part belle au dernier album « Ken » (NDR : ce qui tombe bien car il figure dans le Top 20 consacré à l’année 2017, de votre serviteur).

« Sky’s grey » ouvre le bal. Les compos oscillent entre titres introspectifs un peu sombres, et morceaux caractérisés par des envolées de guitares et cuivres. Un peu plus tard, « Tinseltown Swimming in Blood », au cours duquel les notes de basses sont bien accentuées, se révèle davantage post punk. L’ombre Mark Sandman (Morphine) plane aussi au-dessus de certaines compos. Sur « Chinatown », le saxophoniste passe allégrement de son instrument à une boîte de bidouillages sonores. Alors que « Cover from the sun » monte en crescendo, les vocalises semblent calquées sur celles de Brett Anderson (Suede). Bref, Destroyer est bien plus qu’une parenthèse dans la longue vie artistique du Canadien qui participe également aux aventures de  New Pornographers et Swan Lake. Et il le prouve une dernière fois lors du rappel en s’autorisant un « Bay of pigs » développé, au cours duquel le trompettiste et le saxophoniste vont se révéler particulièrement affûtés.

(Organisation : Botanique)

Arsenal

Idéal pour faire la fête !

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C’est le vingt-deuxième concert sold out du groupe Arsenal à l’Ancienne Belgique depuis 2001. Si le premier avait été programmé au Club, tous les autres se sont déroulés dans la grande salle.

Un sixième elpee est en préparation pour Arsenal. Baptisé « In The Rush Of Shaking Shoulders », sa sortie est prévue en 2018. En attendant, un premier single vient de paraître, et il s’intitule « Amplify ». Les sessions sont toujours en cours, des sessions auxquelles Scott McCloud (Girls Against Boys), mais également d’Edaoto and The Afrogenius Band, un combo nigérian qui pratique de l’afro-beat participent. Et c’est d’ailleurs ce band qui assure le supporting act. Mais pas seulement… 

Hendrik Willemyns s’était rendu au Nigéria pour réaliser un reportage pour sa série télévisée littéraire, ‘Paper Trails’. Et lors de ce séjour, il était tombé sous son charme. Mais comme ce pays est également le berceau de l’afro-beat, il est parti également à la recherche de rythmes susceptibles d’inspirer de nouvelles compos. Et pour y parvenir, il a invité Edaoto et son backing group. Il ne faut pas oublier que quinze années plus tôt, en concoctant « Oyebo Soul », le band avait puisé ses sources musicales au cœur du continent africain.

Originaire de Lagos, Edaoto and The Afrogenius Band ouvre donc le bal. La section rythmique est solide. Le bassiste joue de son instrument, en le poussant à la limite de la rupture, tout en dansant sur place. Et le drummer jouit d’une belle technique. Plutôt généreux, le leader se consacre au dejmbés et à la gratte semi-acoustique, alors que le second guitariste dispense des sonorités dignes de Tinariwen, plongeant ainsi les compos dans une forme de blues du désert. Une entrée en matière idéale pour chauffer l’ambiance !

Le concert est sold out, comme les quatre autres représentations de la formation anversoise, programmées à l’AB. Chez Arsenal, le line up est inchangé. Léonie Gysel se charge du lead vocal. Rayonnante et toujours aussi sexy, elle attend pourtant un heureux événement. Mirko Banovic se consacre à la basse et Bruno Fevery à la gratte. Les sonorités dispensées par le premier sont le plus souvent ronflantes et celles du second, funkysantes. Le drummer, Dirk Loots et le percussionniste, David Donnat, trônent sur une estrade. Outre les chœurs, Mathias Bastiaans jongle entre six cordes et les claviers. Légèrement en retrait, Hendrik se réserve les synthés et les machines, alors que John occupe tout l’espace scénique, invitant régulièrement le public à se remuer. Ce soir il va très peu se consacrer à la guitare et se concentrer sur son chant. Et puis, n’oublions pas le concours de deux choristes féminines…

« Low Sun-Long Shadow » ouvre le set. C’est un des cinq extraits du nouvel opus que la troupe va nous proposer ce soir. Léonie agite ses maracas. Les percus s’emballent. John débarque des loges en tournant les mains et en exécutant une danse africaine. Les deux rampes latérales inondent les artistes de lumières blanches et bleues. John ne tient déjà plus en place. Hendrik danse sur place tout en triturant ses machines.

« Black Mountain (Beautiful Love) » est à la fois indé et dansant. La voix de Léonie colle parfaitement à ce titre à la fois sucré et métissé. Mais hormis deux compos, elle va surtout soutenir les choristes. L’une d’entre elles, Mathues va se réserver le lead vocal pour également deux morceaux, « Temul (Lie Low) » et « High Venus ».

Fleurant bon le sud, ses fleurs, ses fruits doucereux et son vin de porto, « Estupendo » et « Saudade 1 & 2 » sont interprétés dans la langue de Luís de Camões. Le public connaît les paroles et les reprend par chœur.

Extrait d’« Obeyo soul », « Amelaka Motinga » nous invite à opérer une timide incursion en Afrique. Car après la parenthèse « Whale », le concert plonge carrément dans l’afro-beat. Même que le spectre de Fela Kuti commence à planer. Funk, jazz, et culture Yoruba y font bon ménage. « Amplify », le nouveau single, incite les spectateurs à se déhancher. Dans les gradins, Eduato et ses musicos exhortent la foule à suivre ce conseil. Ils vont ainsi mettre l’ambiance, une bonne partie de la soirée. Festifs, leur bonne humeur est communicative. John les en remercie. Et en guise de morceau final, « Melvin », va littéralement mettre le feu à l’AB ! Il fait très chaud et les pieds commencent à souffrir.

En rappel, John annonce que le morceau suivant sera ‘du Slayer à la mode jazz’ ; en l’occurrence, « A Bend In The River ». Et c’est l’inévitable « Lotuk » qui clôt le spectacle. Tout le monde a bien dansé, ce soir. Et en même temps a réussi à oublier ses soucis de la vie quotidienne. Si vous souhaitez participer à une semblable fête l’an prochain, sachez qu’Arsenal se produira au Lotto Arena d’Anvers, fin décembre 2018. On s’y donne rendez-vous ?

(Organisation : Live Nation et Ancienne Belgique)

 Voir aussi notre section photos ici

 

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