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Kreator - 25/03/2026
The Wolf Banes - De Casin...
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Front 242

Souvenirs, souvenirs…

Ce concert constitue une belle occasion de combler une double lacune. D’abord, celle de n’avoir jamais mis les pieds dans la superbe salle du Rockerill, malgré les nombreuses invitations (y compris lors des ‘Afterwork’ du jeudi). Et ensuite, d’assister enfin à un concert complet et correct de Front 242. Dernières mésaventures en date : les problèmes techniques rencontrés lors de l’Amphi festival de Cologne, en 2014, et l’annulation pure et simple, pour raisons financières, à l’Eurorock, il y a quelques semaines. (SL)

Ambiance bon enfant, limite soirée entre copains. Un site industriel qui correspond bien au profil groupe. Des murs parsemés d’ogives de verres (le coucher de soleil y resplendit). Un plafond d’une hauteur impressionnante, autant à admirer autour de soi que sous les feux de la scène. Le contenu se marie passablement au contenant. (Stelli)

Nous arrivons trop tard pour le set de Ex RZ. En fait, il s’agit du nouveau patronyme choisi par le combo légendaire Red Zebra. D’après les échos recueillis dans la foule, le duo a assuré son rôle de supporting act en dispensant son post-punk rituel. Dont le tube « I can't live in a living room » et en final, « Magazine », un titre que le chanteur (qui s’exprime dans un français parfait) estime personnellement ‘fantastique’…

Les lumières se tamisent. Le logo F242 resplendit sur le fond de la scène, joliment réétudié, efficace et propret. Un logo qui confère aussi un regain de jeunesse sur les tee-shirts des nombreux quadras et quinquas en ébullition. Fidèles à leurs tenues vestimentaires, pour d’aucuns peut-être empruntées à leur progéniture ou l’inverse... Car l’auditoire est peuplé de mélomanes d’à peu près tous âges. Et dans l’ensemble il est assez content d’être là et d’humeur plutôt joviale.

Nous sommes toutefois magnanimes au sujet de la balance, moyennement satisfaisante. Et pardonnons avec clémence la lourdeur des trémolos basse confondant la batterie, au risque de mettre quelques secondes avant de reconnaître les morceaux. Car dès l’entame, une bouffée de bonne humeur souffle sur « Moldavia » et « Body ». Nous avons même droit un petit élan chorégraphique, visuellement assez agréable bétonné par une cohésion intéressante. « U-Men » (NDR : tiré de l’album « Geography », qui remonte quand même à 1982) rappelle bien des souvenirs et ranime la foule, tout comme « No shuffle ». Des retrouvailles et clins d’yeux sur les pogos des années révolues qui ne le sont finalement pas. Sur « Headhunter », on se retrouve même à entamer en chœur ‘one you lock the target, two, you bait the line…’

Une petite salve stand-by lors du rappel, « Punish » sert un gimmick redondant tambour battant, qui calme les danseurs, et on sent même passer discrètement un intervalle d’étonnement. Mais pas de quoi entacher ce set d’une heure quarante minutes de partage et réminiscence. Car il y en a eu, croyez-nous, des souvenirs de coups de coude et gesticulations endiablées émanant d’individus désireux de ne point oublier ces atmosphères générées par des débuts édifiants. Ceux de Front 242, of course !

Set List :

-          Moldavia
-          Body 2 body
-          Rain
-          Together
-          Take one
-          Rhytmus
-          XXX
-          Quite unusual
-          U-Men
-          No shuffle
-          Lovely Day
-          Commando
-          Kampf
-          Don’t crash
-          Religion
-          Headhunter
-          Welcome to hell

Rappel

-          Loud
-          Masterhit

-          Punish

(Organisation Rockerill)    

Black Mountain

Coup d’oeil dans le rétro, après 10 années d’existence…

Écrit par

Ce vendredi, à l’extérieur, la température est caniculaire. La climatisation de l’Orangerie du Bota devrait me rafraîchir les idées. D’autant plus que ce soir, il s’agit d’un spectacle quelque peu rétro. Du stoner et du psyché en compagnie de VHS From Space, en supporting act, et de Black Mountain, la tête d’affiche. La formation canadienne célèbre son dixième anniversaire et a décidé de partir en tournée pour y interpréter les plages de son premier elpee. Un opus éponyme. De nombreux artistes adoptent la formule. C’est apparemment à la mode…

Bruxellois, VHS From Space est un quatuor réunissant Christophe Gennen (guitare, synthé, chant), Jérôme Vandewattyne (guitare, chant), Thomas Gennen (basse) et François Vandewattyne (drums). Le band a déjà écumé tous les bars de notre capitale pour défendre son nouvel Ep 6 titres, « A Taste From Space ». C’est tout de noir vêtu que les musicos montent sur l’estrade. Même leurs visages et les bras sont peints en noir, tout comme le tour des yeux et le masque qui surplombe leur nez. Mais de la peinture fluo a été badigeonnée sur leurs vêtements, les doigts et les masques. Leurs compos sont essentiellement instrumentales. Leur style ? Semi math rock / semi grunge, les grattes lorgnant plutôt vers Nirvana voire Pearl Jam. Et le tout est subtilement teinté de psychédélisme.

Après une petite intro, le set s’ouvre par un « Satellite Me », ma foi, plutôt atmosphérique. Les riffs de guitares sont bien balisés par la section rythmique, tout au long de « Meth ». « Sounds Of Uranus » synthétise idéalement leur expression sonore. Un titre qui me fait parfois penser à It It Anita. Judicieusement intitulé, « Vanishing Gaze » nous transporte dans la stratosphère, notamment grâce à la voix éthérée. Une nouvelle compo : « Memories ». Et le concert de s’achever par « Nowhere », plage qui clôt également l'Ep. Une belle découverte programmée chez Fred Cerise. A revoir absolument !

Originaire de Vancouver, Black Moutain est un quintet au sein duquel militent le chanteur/guitariste Stephen Mc Bean, la vocaliste Amber Webber (la seule présence féminine parmi les mâles couverts de poils), le préposé aux synthés Jeremy Schmidt, le bassiste Arjan Miranda et le drummer Joshua Wells. Le groupe fête donc sa décennie d'existence. Et c’est également en 2005 qu’il a publié « Black Mountain », son premier opus. Cette réédition est prévue officiellement pour le 23 juin. Et elle paraîtra également sous la forme d’un vinyle coloré, enrichi d’un second elpee, dont les bonus tracks sont partagés entre démos et un extended remix de « Druganaut ».

Pour ce jubilé, le combo a donc décidé d’interpréter son premier long playing. Histoire de se faire plaisir, mais aussi de satisfaire ses aficionados. Son dernier en date, « Wilderness Heart », remonte à 2010. Il faisait suite à « In The Future », paru en 2008. Hormis la petite B.O. réalisée pour le film « Year Zero », en 2012, leur discographie ne recèle aucun autre long format. Faut dire aussi que trois de ses membres développent des projets parallèles : Stephen McBean chez Pink Mountaintop ainsi qu’Amber Webber et Josh Wells au sein de Lightning Dust.

Votre serviteur cherche une place idéale pour assister au set. Il se déplace de gauche à droite pour se retrouver face à Amber, la chanteuse. Sa voix n’est guère perceptible. Problème de balances ?   

Chez Black Moutain, la musique est, en général, puissante, parfois un peu trop, en s’appuyant sur une ligne de basse pachydermique. La formation puise ses sources au cœur des seventies. Dans le prog/rock et le metal. Pink Floyd, Led Zeppelin et Black Sabbath figurent parmi leurs influences majeures. Autrement dit, le combo ne fait pas dans la dentelle. On dénombre entre 400 et 500 personnes au sein de l’Orangerie. Un auditoire plutôt éclectique. Depuis le jeune boutonneux jusqu’au quinquagénaire. Pas de light show tape-à-l’œil. Mais bien destiné à bien mettre en exergue l’expression sonore

« Modern Music » ouvre le set. Un titre musclé par les grattes incisives. Plus ‘floydien’, « Don't Run Our Hearts Around » est rogné par des claviers réminiscents du Deep Purple époque Jon Lord (NDR : 3 ans déjà que le légendaire organiste s’est éteint !) Les riffs de guitares sont généralement speedés. Le psychédélisme des 60’s et du début des 70’s est remis au goût du jour. Coup de canif au contrat, « Tyrants » et « Wucan » sont des extraits d’« In The Future », deux morceaux plus atmosphériques entretenus par la conjugaison des voix de Stephen et Amber. Distorsion de guitares et ligne de basse imposante nourrissent le psyché/blues « Set Us Free ». « No Hits » en revient à sa ligne directrice. Le spectre de Kraftwerk plane lorsque Jérémy éclabousse le morceau de synthés vintage. La voix d’Amber illumine « Queens Will Play ». Dommage que le son ne soit pas au diapason. Il est bien meilleur au fond de la salle, là où votre serviteur a décidé de reculer. Bien vu, car c’est alors que le combo va nous délivrer un « Druganaut » d'anthologie. A cet instant, la musique baigne dans le psychédélisme pur jus. En fin de show, le combo attaque « Defector », puis « Stormy High », un troisième extrait de l’opus classieux « In The Future ». Mais encore une infidélité à sa thématique. Une conclusion fulgurante, davantage rock’n’roll, alimentée par des grattes bien huileuses.

Votre serviteur estime alors avoir eu sa dose et tire sa révérence avant le rappel. Pas un mauvais concert. Même plutôt bon. Mais qui ne s’est pas déroulé dans des conditions sonores optimales. Dommage !

(Organisation: Botanique)

Voir aussi notre section photos ici

 

Body Count

Ice-T in the Holland house …

Écrit par

Comme Body Count n’avait prévu aucune salle belge pour sa nouvelle tournée, les aficionados du plat pays ont dû traverser la frontière Nord (Eindhoven, Pays-Bas) ce jeudi, ou Sud, le vendredi (à Esch-sur-Alzette, au Grand-duché de Luxembourg), pour assister à son spectacle.
Finalement votre serviteur opte pour Eindhoven, mieux connu pour le stade de football du PSV, mais également pour son immense complexe Philips, véritable rempart de la cité. Après une petite visite touristique et la dégustation d’un plat au fromage sous le soleil, direction la salle Eiffenaar. Pas difficile à trouver ; suffit de suivre la marrée humaine, chevelue, tatouée ou/et motorisée qui partage la même destination… 
Un endroit à la configuration plutôt surprenante. En fait l’espace réservé aux concerts n’est qu’une partie de ce grand bâtiment, situé à deux pas de la gare. Différentes structures y coexistent, dont une discothèque. Il faut donc emprunter des escaliers plutôt raides, dans le style de l’Aéronef de Lille, avant de débarquer dans une pièce peuplée de gros bras, rendant les déplacements, notamment pour se rendre aux différents bars, assez difficiles. Faut dire que vu l’engouement suscité par ce spectacle, les 1 500 tickets se sont écoulés en quelques jours.

Powerstroke assure le supporting act. Une piètre caricature du band métal/hardcore yankee. Le combo pousse même le vice à s’exprimer dans un anglais américanisé, entre les titres, alors qu’il est belge, issu du Nord du pays même. Etonnant, il a déjà assuré la première partie pour Suicidal Tendencies et même réussi à figurer au line up du Graspop…

Après cette pénible ouverture, et malgré un peu de retard, Body Count s’apprête à monter sur le podium. Et le public de se réveiller d’un bloc. Les premiers musiciens débarquent masqués (ou la tête enserrée par un bandana), suivis par deux choristes. Les accords de « Body Count’s in the house » viennent à peine de retentir qu’Ice-T déboule le bras tendu, sur l’estrade. Ce qui déclenche déjà les premiers pogos. « Masters of Revenge », « Bowels of the Devil » et « Manslaughter » (NDR : le tire maître d’un elpee paru en 2014) s’enchaînent, tambour battant. Guère avare de communication entre les titres, Ice-T demande notamment aux filles de se mélanger un peu plus aux trop nombreux mecs agglutinés aux premiers rangs. Il nous présente aussi l’un des deux choristes, qui n’est autre que son fils. Et qui l’accompagnera au chant sur le très controversé « Cop killer ». Sa famille est également sur place ; notamment Coco Austin son épouse, plantureuse et star de télé-réalité. Elle se trémousse sur le côté de la scène. Ernie C. (NDR : c’est le dernier membre du backing group originel ; les trois autres sont décédés dans des conditions particulières, la plus spectaculaire frappant le bassiste Mooseman, tué lors d’une fusillade à Los Angeles) impressionne tant par son physique qu’à la gratte. Et tout particulièrement tout au long de « Talk shit, get shot ».

Lors du rappel Ice-T se fend d’un discours contre le racisme. Curieusement, l’auditoire accueille tièdement ses propos. Y aurait-t-il d’anciens disciples de Pim Fortuyn dans la salle ? Heureusement, les premiers rangs s’agitent à nouveau sur le tube « Born Dead », puis de la cover de Biohazard, « Institutionalized ». « Momma's Gotta Die Tonight » clôt le set en douceur, et les paroles ‘My mother taught me good things, taught me bad things’ transforment un gros dur en leader au cœur tendre. Si tendre, qu’il prend la peine de serrer des tas de mains, par poignées, avant de saluer longuement la foule. Il est vrai que cette tournée, il ne l’a pas organisée pour se faire du blé ; lui qui empoche de gros cachets en tournant dans la série TV à succès, ‘New-York unité spéciale’. Bref, un retour réussi pour le natif du New Jersey et sa troupe…

(Organisation : Eeffenaar)

 

 

 

Elvis Perkins

Du retard à l’allumage…

Écrit par

Il en a fallu du temps pour qu’Elvis Perkins décide enfin de donner un successeur à son excellent deuxième opus, "Elvis Perkins in Dearland". Six longues années que le fils d'Anthony Perkins (NDR : l’acteur mythique de ‘Psychose’) et de la photographe Berry Berenson n'avait plus donné signe de vie. Une absence interminable au cours de laquelle le New-yorkais s’était, en quelque sorte, retiré du monde. Aussi, quelle n’a pas été notre (bonne) surprise d’apprendre, il y a quelques semaines, qu’il avait enfin publié un nouvel elpee. Intitulé "I Aubade", il n’est cependant disponible que sur les plates-formes Internet. L’artiste est donc venu le défendre à la Rotonde. Une belle manière de –presque– clôturer la saison du Botanique.

Ce samedi soir, il règne, au sein du Bota, une atmosphère particulièrement ‘cool’. Dehors, le soleil brille et les terrasses débordent de monde. Pas de première partie. Vers 20h, les mélomanes se dirigent donc vers l'hémicycle. Est-ce dû aux conditions climatiques estivales ou du manque de notoriété de l'Américain, mais la salle est à moitié vide. Ou pleine, selon. Il y a de la place et les spectateurs s'assoient sur les marches. Et peu à peu, elles se remplissent ; si bien que les retardataires sont forcés de s’asseoir dans la fosse. Ils y resteront tout le concert.

Elvis Perkins monte sur l’estrade armé d’une gratte acoustique. Il est épaulé, à sa gauche, par une multi-instrumentiste (basse, ‘lyre’, etc.) et, à sa droite, d'un claviériste. En une demi décennie, le physique de l’artiste a changé. Il a de longs cheveux. Il a enfilé un pantalon de soie et une chemise à moitié déboutonnée. Et a chaussé des lunettes rondes. On croirait qu’il vient de revenir d’un pèlerinage en Inde. Un instant, j’ai même imaginé une réincarnation de John Lennon…

Elvis Perkins ouvre son set par des titres issus de son dernier LP. Ils sont particulièrement paisibles. Est-ce dû à la position assise de l’auditoire ou aux compos méconnues, mais la Rotonde semble plongée dans une forme de somnolence… Il faudra attendre qu’Elvis attaque les morceaux de son premier elpee ("Ash Wednesday") pour que la foule commence à réagir. D’autant plus qu’il discute davantage avec le public et joue même au chef d’orchestre. « It’s only You » et « Emile’s Vietnam in the sky » recueillent un franc succès. L’instrumentation épurée apporte une nouvelle dimension aux compos ; et ce n’est pas plus mal. Au bout d’une heure et demie de prestation, Elvis Perkins et ses acolytes vident les lieux. L’acteur principal revient cependant rapidement pour attaquer quelques chansons en solitaire, dont « Shampoo », avant d’être rejoint par ses acolytes pour conclure le show par « While you were sleeping », véritable moment de grâce de la soirée.

Et sans s’en rendre compte, le concert de Perkins a finalement duré presque deux heures. Suivant l’adage, on en a donc eu pour son argent. Dommage cette apathie ambiante en début de parcours. Il a même fallu trente bonnes minutes, avant que l’auditoire ne parvienne à accrocher ce set, ma foi, inégal…

(Organisation : Botanique)

Black Mirrors

Simple is beautiful

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C'est par hasard, qu'un jour, ma vie a changé pour le meilleur. C'était le premier jeudi de l'an 2000. Depuis, tous les jeudis placés sous le signe de hasard se sont transformés en ‘aubaine’.
Ce 4 juin 2015, c'est fortuitement que je votre serviteur est embarqué pour aller assister à un concert qui se déroule au Ciné Le Parc, 6000 Pays Noir.
Au programme : Black Mirrors
Un quatuor réunissant une nana et trois mecs. Moyenne d'âge : 27 ans.

22 heures précises, les premières notes résonnent et l’impression de se farcir du ‘déjà entendu’ ne tarde pas.

Quelques mesures plus tard me forcent à changer d'avis. La voix de Marcella, son divin anglais et le jeu de guitare de Pierre en sont les principaux arguments.

Le bassiste et le batteur excellent dans leur rôle et surtout au service de la musicalité du projet.

Les jeunes affichent une maturité exemplaire et laissent poindre un professionnalisme naissant.

‘Simple is beautiful’ semble constituer leur ligne directrice.

Sur les planches, Marcella assure !

La maîtrise vocale est au rendez-vous. Elle franchit les octaves comme un F16 franchit(rait) le mur du son. Et quand elle ne chante pas, Marcella, elle danse. Je dirais même plus : elle danse ‘psychédéliquement’ bien !

Une ligne noire tracée sous les yeux lui coupe horizontalement le visage.

Simple mais efficace au propre comme au figuré.

C’est ainsi qu’un brin de maquillage est susceptible de faire tomber le masque et libérer le profond de l'être. Astuce qui évite à l'artiste de tomber dans le piège du ‘surjeu’, sans doute…

Les garçons, quant à eux, sont plus sur la réserve.

Devenue solitaire, Marcella se répète dans sa gestuelle.

A moyen terme, le risque de devenir la caricature d'elle-même, n'est dès lors pas impossible.

Fraîchement formé, Black Mirrors rectifiera naturellement le tir. Un peu de bouteille l'y aidera.

Un Ep éponyme de cinq titres, en écoute sur Bandcamp, est disponible depuis le 27 février 2014 (voir ici)

On devine qu'un album suivra…

 

Roxette

Demeurer en vie, tant au sens propre qu’au figuré du terme…

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Roxette célèbre ses trente années d’existence et a donc baptisé sa tournée ‘The Roxette XXX Tour’. Il s’agit déjà de la 35ème date de ce périple ; et le concert va se dérouler au sein d’un Lotto Arena sold out. Le dernier passage de Roxette à Anvers remonte à 2009 ; et il avait été programmé dans le cadre de ‘The Night Of The Proms’. Il revenait à Eskobar d’ouvrir le spectacle

Issu d' Åkersberga, à 30 kilomètres au nord de Stockholm, Eskobar est un trio suédois fondé en 1996. Il compte 5 albums à son actif : « Til We're Dead » en 2000, « There's Only Now » en 2001, « A Thousand Last Chances » en 2004, « Eskobar » en 2006 et « Death in Athens » en 2008. La formation et Heather Nova avaient décroché ensemble un gros succès en 2002, grâce à « Someone New», et un autre en 2004, en compagnie d’Emma Daumas, pour « You Got Me ».

Daniel Bellqvist, le chanteur, est tout de rouge vêtu. Il est soutenu par Robert Birming à la batterie, ainsi que Frederik Zäll aux guitares (acoustique, électrique et dobro), mais aussi aux claviers. Le pop/rock dispensé par le band est cool. Sans doute un peu trop, car apparemment, l’auditoire attend impatiemment que Marie et Per montent sur les planches. Les spectateurs sont particulièrement bavards, et entretiennent un brouhaha qui empêche votre serviteur d'apprécier la prestation du combo. Qui tient pourtant parfaitement la route. Frederik passe aisément des claviers aux différentes grattes, dont le dobro sur lequel il excelle. A deux reprises, il va même doubler sèche et harmonica. Au bout de 35 minutes, Eskobar tire sa révérence. Et franchement, j’aimerai revoir le trio dans d’autres conditions ; dans une salle intimiste, par exemple. Car leur set était, malgré les bruits parasitaires, impeccable… 

Roxette est le second groupe suédois à s’être forgé une notoriété internationale, derrière ABBA. Il a vendu plus de 60 millions d'albums à travers le monde, dont « Crash! Boom! Bang! », un elpee paru en 1994, qui s’est écoulé à plus de 4 millions d'exemplaires (NDR : essentiellement au Japon et en Europe, mais pas aux USA) et « Joyride », publié en 1991, qui a dépassé la barre de 12 millions de copies à travers le monde…

Marie Fredriksson a conservé sa superbe sur les planches. Et pourtant, début du millénaire, elle a été opérée d’une tumeur maligne au cerveau. Elle a vaincu son cancer, mais a gardé des séquelles de son opération, car elle souffre de troubles oculaires. Elle est âgée aujourd’hui de 57 ans ; et pas mal d’artistes –et d’être humains lambdas– préféreraient ne plus prendre le moindre risque en restant à la maison. Marie et son fidèle complice Per Gessle, ont opté pour une autre alternative. Demeurer en vie au sens propre comme au figuré du terme. Au quotidien et sur les planches. Une belle victoire remportée sur cette maladie de m****.

Après une longue attente, les musicos débarquent sur le podium. Il est 21h30. La petite intro électro leur permet de prendre place. La scène est plongée dans la pénombre et un roadie vient installer Marie sur son siège. Marie observe le public qui applaudit chaleureusement, alors que Per Håkan Gessle se plante à droite. Le bassiste est près de lui, tandis que le guitariste (NDR : chevelu) opte pour l’autre extrémité de l’estrade. Le set s’ouvre par « Sleeping In My Car », un extrait de l'excellent « Crash! Boom! Bang! ». Marie est radieuse et elle a conservé toute sa puissance. Et dès les premiers accords, l’auditoire est déjà très réceptif. Une ambiance qui sera très chaude tout au long des 90 minutes du set. Place ensuite à « The Big L. », extrait de « Joyride ». Des lumières bleues balaient les artistes et les spectateurs des premiers rangs. En arrière plan, cinq immenses stores métalliques se déroulent. Des stores qui vont servir lors du spectacle, d’écran pour la projection des vidéos et du light show, et tout particulièrement la reproduction en grandes lettres multicolores du nom de la formation.

La machine à hits est en route. A de multiples reprises, Per harangue les premiers rangs afin de faire monter la pression. Qui va croître graduellement. « Crash! Boom! Bang! » enflamme littéralement la fosse. Le refrain est repris comme un seul homme par un Lotto Arena en symbiose avec les artistes. Les tubes se succèdent : « Crush On You », « She's Got Nothing On (But The Radio) », « The Heart Shaped Sea », « Watercolours In The Rain / Paint » et « Fading Like A Flower ». Autre moment de communion entre l’auditoire et Roxette, « How Do You Do! ». Epatant ! Tout comme le jubilatoire « It Must Have Been Love ». Après « Dressed For Success » et « Dangerous », le set s’achève par « Joyride ».

Marie et Per hésitent un peu et quittent, bras dessus bras dessous, le podium, après avoir longuement remercié la foule, pour son accueil chaleureux. Quelques minutes plus tard, tout le monde revient pour attaquer « Listen To Your Heart » et un monstrueux « The Look ». Quoique diminuée par la maladie, Marie a parfaitement rempli son rôle, ce soir. Elle a même comblé son public… et au vu de son combat, on ne peut que la féliciter…

(Organisation: Live Nation)

Setlist :

Sleeping in My Car
The Big L.
Stars
Spending My Time
Crash! Boom! Bang!
Crush on You
She's Got Nothing On (But the Radio)
The Heart Shaped Sea
Watercolours in the Rain / Paint
Fading Like a Flower (Every Time You Leave)
How Do You Do!
It Must Have Been Love
Dressed for Success
Dangerous
Joyride

Encore:

Listen to Your Heart
The Look

The Chameleons (Vox)

Don't fall, Mark. Don't do like The Edge…

Un an après avoir accordé un concert au Depot à Louvain, Chameleons Vox était de retour dans la même salle. Dirigé par Mark Burgess, l'un des plus talentueux chanteurs/compositeurs de l'histoire du rock (et un de mes ‘héros’), The Chameleons a marqué les années 80 en ciselant des bijoux de rock post-punk psychédélique, comme "Script of The Bridge" ou "Strange Times". Malheureusement, la formation s'est séparée après la mort de son manager Tony Fletcher, en 1987. Après avoir tenté plusieurs projets en solo ou en compagnie d'autres musiciens (The Sun and The Moon, Invincible, ...), Mark Burgess a décidé, en 2000, de reprendre le flambeau sous le patronyme Chameleons Vox (la voix des Chameleons) en s'associant au batteur originel, John Lever et à d'autres musiciens.

La tournée 2014 se concentrait sur l'interprétation intégrale du premier album des Mancuniens, « Script of the Bridge ». Cette année, Mark Burgess a enrichi la setlist en ajoutant des titres issus de leur second opus : « What Does Anything Mean? Basically », qui date de 1985.

L'année dernière, Mark Burgess avait accordé une interview à votre serviteur (voir l'enregistrement ici). C'est un homme attachant, brillant et pétri d'un humour typiquement britannique. Il nous avait parlé de son enfance à Manchester, des Beatles, de T.-Rex, de l'enregistrement de « Script... », de ses projets, etc., mais aussi, de son intérêt pour les OVNI, les expériences proches de la mort et les phénomènes paranormaux, en général.

Cette année, pas d'interview mais un concert qui promet, à nouveau, d'être émouvant. Le Depot est en configuration 'box', car un rideau coupe la salle en deux. The Chameleons Vox n'attire pas la toute grande foule, mais c'est un public de véritables fans, majoritairement des quadragénaires, qui est venu vivre ce moment unique.

Dès la première chanson, « Swamp Thing », le ton est donné. La formation reproduit à la perfection le titre original. Depuis qu'il a recommencé à jouer de la basse sur scène et qu'il s’est coupé les cheveux, Mark Burgess ressemble beaucoup plus à l'image qu'il reflétait dans les années 80. Ce qui frappe également, c'est l'excellent travail réalisé par les deux guitaristes, Neil Dwerryhouse et Chris Oliver, qui réussissent la gageure de reproduire les tonalités extrêmement élaborées, créées à l'époque par Dave Fielding et Reg Smithies. Par contre, pas de John Lever cette année : le batteur originel des Chameleons est remplacé par un Français, Yves Altana.

Le son général est parfait. Le public est assez calme mais la première grosse réaction ne tarde pas à venir, pendant « Monkeyland ». C'est un des titres phares des Chameleons. Le morceau s’ébroue tout en douceur, mais quand éclate le refrain, le public reprend comme un seul homme : ‘It's just a trick of the light !’

Pendant « Soul In Isolation », une composition particulièrement complexe issue du troisième elpee, « Strange Times », Burgess a recours au 'song dropping' en glissant quelques extraits d’« Eleanor Rigby », des Beatles. Et il introduit, lors de « Singing Rule Britannia (While the Walls Close In) », une évocation musicale de « Transmission », de Joy Division, une autre formation issue de Manchester.

Le set se termine par « Second Skin », une de mes 10 chansons préférées toutes époques et catégories confondues. Sept minutes de pur plaisir, où l'on ressent pleinement la profondeur de l'inspiration de Burgess, qui puise ses racines dans les années 60. Le public chante en choeur l'introduction mais le meilleur moment, c'est bien sûr la partie finale, superbement psychédélique. On flotte dans un autre monde, transpercé par la beauté hypnotique de la musique. Mark glisse à nouveau quelques notes de « Please, Please Me », adressant un nouveau clin d'oeil aux quatre garçons dans le vent, qui ont bercé son enfance.

Le rappel va nous réserver quelques classiques incontournables et indémodables, depuis l'énergique « Up the Down Escalator » jusqu'au superbe « View From A Hill », sans oublier « Return Of The Roughnecks ».

De retour sur le podium pour un second encore, événement assez rare pour le souligner, Mark Burgess accède enfin à la demande de certains fans, qui réclamaient « Don't Fall » depuis le début du concert. L'interprétation est impeccable et Mark Burgess clôture sa prestation en descendant de la scène avec sa basse pour se mêler au public. On a presque envie de lui dire : ‘Don't fall, Mark. Don't do like The Edge !’

En conclusion, hormis le manque relatif d'interaction entre les musiciens en ‘live’, ce show a été en tous points parfait. On a pu se rendre compte de l'incroyable spectre qui caractérise les Chameleons : une musique puissante et en même temps très sophistiquée, des paroles très poétiques, voire philosophiques, révélant un regard unique sur la société et la condition humaine. On attend impatiemment les nouvelles compositions de Mark Burgess et surtout son nouvel elpee, dont la parution semble malheureusement reportée d'année en année.

La première partie a été assurée par Der Klinke, une formation établie à Ostende drivée par l’ami Geert ‘Chesko’ Vandekerkhof. Savant mélange entre new-wave des années 80 et darkwave des années 90, sa musique évoque Fad Gadget, mais aussi Project Pitchfork. Responsable de hits tels que « The Doll » (inspiré par « Ladyshave », dixit Chesko lui-même) et « Where It Ends » (chanté par Sam Claeys, le bassiste, ex-Red Zebra), Der Klinke est un des groupes les plus prometteurs de la scène 'dark' belge.

Setlist Chameleons Vox :

Swamp Thing
A Person Isn't Safe Anywhere These Days
Here Today
Perfume
Garden
One Flesh
As High As You Can Go
Caution
Monkeyland
Soul In Isolation
Singing Rule Britannia (While The Walls Close In)
Second Skin

Encore 1 :

Up The Down Escalator
Return Of The Roughnecks
View From A Hill

Encore 2 :

Don't Fall

(Organisation : Het Depot, Leuven)

Photo : Emmanuelle Golenvaux

Thee Oh Sees

‘Fuzzion’ sonique et propagation énergétique…

Écrit par

Que faire pour se réinventer?
C'est sans doute la question lancinante qui doit hanter les nuits de John Dwyer, génie excentrique qui se cache derrière le patronyme de Thee Oh Sees.
Ou peut-être pas?
Car on l’imagine fort bien faire fi de tout avis extérieur et n'en faire qu'à sa tête.
Adoubé chevalier sonique par le public, autant que par ses pairs, le natif de Providence trace, depuis le milieu des années 90, un chemin ascensionnel qui tente de s'écarter de toute évidence, mais en maintenant le cap d'une certaine cohérence (certes propre à lui-même).
Saignant de son nom l'histoire du Rock, paraphant de sa patte un pacte secrètement tenu avec le diable.
Pas étonnant dès lors de le retrouver ce soir dans la cité ardente.
Date unique sur le sol belge oblige, une fort contingent de fans néerlandophones comme francophones avaient décidé de venir découvrir ou redécouvrir l'énergie brute de cet électron libre gravitant autour de la sphère Garage.
Plus que ravi de cette opportunité, je m'apprête à accomplir personnellement l'expérience, et pour la première fois, d'un live de Thee Oh Sees, que beaucoup m'annoncent à l'entame de cette nuit, comme un must absolu.
Déjà, l'électricité, palpable dans l'air, s'attache à mes atomes (crochus) et fouette ma curiosité.
Hosanna, Hosanna, et en route pour la joie!

Les premières grappes de spectateurs s'éparpillent à l'intérieur du Reflektor où un tapis de sol usé jonche le milieu du parterre.

Plongé dans l'obscurité, il va devenir en quelques instants le théâtre d'une projection nerveuse d'accords triturés et de martèlements sauvages sous amphétamines.

Une collision sonore orchestrée par Yonatan Gat et ses deux compères.

Certes, loin d'être évidente, voire même retors à certains moments, la musique du trio évolue constamment entre divers genres au sein d'un même morceau.

Chaque intervention instrumentale est annoncée par une lampe qui s'allume ou s'éteint, donnant le signal aux autres membres.

Cette interaction est le fil de l'improvisation qui donne lieu à une débauche d'énergie au plus près d'un public intrigué.

Dès lors, ce qui de prime abord ressemble un jet incontrôlé de testostérone s'avère en fait un subtil mélange abrasif savamment dirigé.

Entre free jazz et déambulations salsa schizophréniques, entre assauts bruitistes et mélopées acides, Yonatan Gat ne choisit pas.

Secouant frénétiquement un shaker explosif, il virevolte sur lui-même, esquisse un pas de danse, s'avance au milieu des sceptiques, s'amuse avec le public, se couche à même le sol pour se gargariser plus que pour chanter.

Le batteur, lui, incapable de tenir en place, semble condamné à rester en mouvement perpétuel.

S'exécutant sur ses fûts comme si sa vie en dépendait.

À l'image de la pochette de "Director" qui représente une route sinueuse posée de façon bancale au travers d'un paysage boisé, la musique des ces hurluberlus à la tignasse indomptable ne se laisse pas apprivoiser.

C'est elle qui tente de vous apprivoiser.

Au bout d'une petite demie heure, le set s'achève par des remerciements polis à l'adresse d'applaudissements hésitants, bien qu'enthousiastes.

Suivant ce souffle de folie, l'entrée en scène de John Dwyer sert d'intronisation à toutes sortes de spéculations.

Dans une nouvelle formule, bardée de deux batteries mais sans clavier attitré, quel sera le visage de la bête Thee Oh Sees, ce soir?

Avenant et souriant, cinglé d'un marcel marin rouge et blanc et moulé dans son short, l'ami Dwyer donne ses consignes, puis, une fois prêt, intime gentiment au préposé aux lumières que le show peut commencer.

Pied au plancher, évidemment.

Extrait de "Floating Coffin", "I Come From The Mountain" s'engouffre dans la brèche  et allume la première mèche.

Le signal ainsi donné, les pogos peuvent commencer.

Débauche incandescente d'une énergie brute, les premiers titres s'enfilent les uns après les autres sans temps mort, offrant à la foule ce qu'elle est venue chercher.

Dans cette excitation suintante, je m'étonne néanmoins de la maîtrise redondante d'un groupe qu'on m'annonçait tellement excitant mais qui s'avère certes ô combien efficace, mais pas non plus monstrueusement original.

Tel un monolithe (ou un diamant, au choix) taillé au fur et à mesure, le set gagne en intensité dès "Tidal Wave" et surtout l'irrésistible "Whitered Hand" (extrait du dernier opus).

À défaut de justifier la présence de deux drummers jouant en mode simultané, cette succession frénétique de riffs endiablés permet d'apprécier leur parfaite synchronisation.

Quand le leader annonce les quatre derniers morceaux, il semble que le temps s'est arrêté un moment pour reprendre son souffle ; ce dont manifestement le groupe n'a nullement besoin.

Enrayée par un problème technique mineur, la machine doit hélas mettre fin à son déballage de furie un titre prématurément.

Qu'à cela ne tienne, personne ne pensera à lui en tenir rigueur.

Si l'incroyable efficacité de Thee O Sees a été démontrée, je m'attendais à davantage de surprises.

Plus d'excentricité. Plus de folie. Plus d'improvisation.

Il reste néanmoins que ce moment passé en leur compagnie était très galvanisant.

(Organisation : Reflektor)

 

 

 

AaRON

En toute intimité ou presque…

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Dans le cadre d’une mini tournée baptisée ‘We Cut The Night Tour’, AaRON s’est produit ce dimanche 24 mai, au Grand Mix de Tourcoing. Retour sur un moment magique et intimiste dont Simon Buret et Olivier Coursier ont le secret.

En cette fin d’après-midi orageuse l’atmosphère est lourde, votre serviteur se dirige tranquillement vers le Grand Mix quelque peu nerveux à l’idée de voir AaRON au sein d’un espace aussi confiné.

La salle est pleine à craquer mais je parviens néanmoins à me faufiler au premier rang sur la droite de l’estrade. Les fans sont bien décidés à ne pas perdre leur place, d'autant plus que le bar restera fermé toute la durée du concert. 

C'est Camp Claude (NDR : Camp, pour la nostalgie des jolies colonies de vacances ; et Claude, prénom mixte comme le trio, mais aussi le deuxième prénom de Diane) qui ouvre le bal. La charmante Diane Sagnier, photographe et réalisatrice de profession, est accompagnée par Mike Giffts (synthés) et Leo Hellden (basse).

Dès les premières notes, la voix sensuelle de Diane vous transporte. Elle chante vraiment bien et sans en faire trop.

Fortement influencé par la scène post-punk des années 80, le trio livre un set carré et dynamique.

Si Miss Saignier est bien la leader du groupe, elle peut s’appuyer un backing group solide et dont la complémentarité est impeccable. Mike Giffts est capable de jouer du clavier à trois doigts tout en restant bien cachée derrière ses RayBan noires, tandis que Leo Hellden apporte à l’ensemble une structure consistante et une bonne rythmique, corrigeant ainsi les éventuelles petites imperfections.  

Bref une première partie des plus savoureuses ; une attitude, une classe et une élégance qui donnent envie de s’intéresser de près au futur proche de ce trio. 

AaRON retrouve donc la scène après 3 ans d’absence. 21h00, le set débute ; et le courant passe instantanément entre les aficionados et le tandem. Malgré quelques erreurs techniques au démarrage, il va rapidement mettre le feu sur les planches en dégainant son nouveau single, « Blouson Noir ».

Simon nous adresse quelques timides signes de la main pour nous inviter à sauter sur le rythme effréné des basses qui peuplent en masse ce titre. 

La scène va, au fur et à mesure du show se transformer en un véritable spectacle de son et lumières. Et pour cause, les faisceaux des projecteurs et les générateurs de fumée font florès. Un voile de lumière bleu vient même couvrir l’ensemble du premier plan, permettant à Simon de passer les mains au travers, vision tellement surréaliste que nous sommes comme aspirés ;  d’autant plus que les mains de Simon transpercent en permanence le rayon indigo. Quant à nos oreilles elles ont déjà franchi le rideau ainsi que notre esprit et elles sont aussi à deux doigts de passer également la porte, tellement la musique régale.

Les succès qui ont provoqué l’engouement national s’enchaînent. La paire retrouve rapidement ses marques sur les planches et se sent de plus en plus à l’aise.

Le Grand Mix prend les allures d’une véritable discothèque, alors que les maîtres de cérémonie clament à plusieurs reprises : ‘C’est bon de vous retrouver’. De quoi faire exulter de joie les fans, alors que la chaleur et la moiteur ambiante ne cesseront d’augmenter au fil de la soirée.

Aaron ralentit la cadence pour nous offrir une superbe version de « U-Turn ».

Particulièrement minimaliste, elle est balisée par la petite rythmique imprimée par le synthé d’Olivier et caressée par la voix de Simon qui est maintenant tout à fait parfaite.

Ce titre donnera le ton à la seconde partie du show, plus mélancolique et épuré. Le duo est aux anges et la salle conquise.

Dans l'ensemble le set affiche une teinte beaucoup plus électro/pop, ténébreuse bien sûr, même si les anciens morceaux bénéficient d’un relookage plus contemporain.

L’osmose entre le duo et le public ne cesse de s’intensifier. La configuration et l’ambiance intimiste du Grand Mix y est sans doute pour quelque chose. Bref, c’est l’endroit parfait pour se remettre en selle et démarrer une tournée qui s’annonce excellente.

« Magnetic », « Blouson noir », « Onassis », « We Cut » et « Leftlovers » figureront sur le prochain elpee « We Cut the Night » qui paraîtra ce 18 septembre 2015. Les plages sont déjà bien intégrées dans le set d’Aaron. Et difficile de cacher son enthousiasme, vu la qualité de la prestation. En outre, comment ne pas être impatient d’écouter ce nouvel opus ? Et puis de retrouver AaRON sur une plus grande scène (NDR : l’Aéronef en février 2016 !)  

Simon et Olivier reviennent accorder pour un rappel, et balancent à nouveau « Blouson Noir ». Le Grand Mix est alors en ébullition.

A la sortie, les spectateurs affichent tous un large sourire. Ils ont le sentiment d’avoir vraiment vécu un moment inoubliable.

Les Artificial Animals Riding On Neverland me laisseront au final un goût de trop peu, mais une énorme satisfaction tant d’un point de vue scénique, que musical. On n’a pas vu le temps passer ; mais qu’il est difficile de revenir sur terre après avoir partagé un tel moment !

(Voir aussi notre section photos ici)

Set list

1. Magnetic gtr*
2. Blouson noir
3. Onassis
4. Blow
5. Seeds of gold
6. Ludlow
7. Ride on
8. U turn
9. Arm your eyes gtr*
10. We cut
11. Rise gtr*
12. Little love

13. Leftlovers gtr*
14. Blouson noir

(Organisation Grand Mix)

 

 

Tom McRae

Un nouveau concierge à l’Archiduc…

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Le très sympathique Tom Mc Rae se produisait, ce 18 mai, à l'Archiduc, dans le cadre des cafés-concerts, pour défendre son nouvel album « Did I Sleep And Miss The Border ». Un showcase proposé en guise de release party, devant une quarantaine de personnes. L'Archiduc est situé à deux pas de la Bourse. C’est un endroit très ‘classe’ que fréquente régulièrement Arno.

Votre serviteur s’installe à droite de l'entrée, bien calé dans un fauteuil qui a déjà bien vécu. Il est aux premières loges, face à un podium improvisé qui occupe a moitié du bistrot. Heureusement, une partie de l’auditoire peut également assister, confortablement assis, au spectacle, du balcon. Olli Cunningham siège derrière un immense piano à queue. A sa droite, se plante le bassiste, Richard Hammond, et juste à côté de lui, le guitariste Brian Wright. Sans oublier le drummer David Walsh, en retrait. The Standing Band. Tom occupe le centre de l’estrade.

Qui présente d’abord ses musicos. Soit The Standing Band. Puis remercie le public et le patron du zinc. Etonnant, dès que l’un ou l’autre client se présente à la porte d'entrée, Tom lui ouvre la porte et l’invite à entrer dans l'établissement, pour participer à la fête

Et on est parti pour une heure de concert. Qui s’ouvre par « The Dogs Never Sleeps ». Balisée par les drums, l’instrumentation est puissante. Régulièrement, Tom tourne le dos à l’auditoire, pour observer ses musicos. Le son est excellent. Armé de sa gratte semi-acoustique, Tom embraie par « We Are The Mark ». Au beau milieu de la chanson, Tom interrompt le spectacle et fixe la porte d’entrée. Un dernier arrivé souhaite pénétrer au sein de la taverne. McRae lui ouvre et lui signale qu’il est le bienvenu, s’il fournit l’assemblée en cocaïne. Fou rire général. Le client entre discrètement et s’installe au bar, alors que Tom reprend le fil de la compo, le plus naturellement possible. Franchement, c’est vraiment un type qui a le sens des relations humaines… et de l’humour…

Armé de sa gratte, il aborde, quasi en solitaire, « Expecting The Rain », une ballade uniquement soutenue par quelques battements de caisse claire. Tom McRae utilise un peu sa voix comme un instrument. Il souffle dans son harmo pour attaquer « Let Me Grow Old With You ». De plus en plus grave, sa voix monte en intensité, alors que la section rythmique brille de mille feux. Ce qui déclenche les acclamations nourries du public. Tom a empoigné sa guitare électrique pour interpréter « Christmas Eve, 1943 », un titre empreint de charme et de tendresse qui prend toute sa dimension en live. A cause de ces chœurs religieux qui engendrent une forme de recueillement, au sein de l’auditoire. Le set s’achève par « What A Way To Win A War », un morceau acoustique au cours duquel les musicos et le public participent aux clappements de mains. Un chouette showcase. De quoi patienter, en attendant le retour de l’artiste, à l'Ancienne Belgique, en octobre prochain.

(Organisation : Gentle Promotion + Archiduc)

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