Claud et la musique

Claud sortira son troisième opus studio, « Me and the Music », ce 23 octobre 2026. Ce long playing succède à Supermodels paru en 2023. Pour accompagner cette annonce, il a partagé le single « She Doesn't Love Me », sous forme de clip (et il est disponible…

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Tommigun fait de vieux os…

Les vétérans belges de l'indie pop signent un retour marquant. Dix ans après la parution de Wooden Son, Tommigun rompt un long silence et dévoile « Heavy Bones ». Ce morceau inaugure un nouvel elpee éponyme, dont la sortie se profile pour le 20 novembre 2026…

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Eriksson Delcroix

Ce soir, nous étions (presque) à Nashville Tennessee…

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Dans le cadre des Sessions Coca-Cola, l’Ancienne Belgique recevait, dans son antre, le duo Eriksson Delcroix, concepteur de la bande originale du film belge, tant loué –et à raison– ‘Broken  Circle Breakdown’ (ou ‘Alabama/Monroe’). Bjorn Eriksson s’était déjà illustré, dans le passé, chez Zita Swoon et Admiral Freebee, alors que Nathalie Delcroix milite au sein du groupe folk, Laïs. La rencontre de ces deux personnalités a donné naissance, récemment, au superbe album de country/folk « For Ever ». Une véritable pépite. Alors que les tickets pour assister aux concerts de Broken Circle Breakdown sont épuisés depuis belle lurette, ce spectacle est une belle occasion d’accomplir un périple virtuel au pays de l’Oncle Sam.

La première partie est assurée par You Raskal You. Le groupe anversois réunit trois guitaristes (deux acoustiques et un électrique), un bassiste et un drummer. A premier abord, sculptée essentiellement dans le folk, l’expression sonore paraît intéressante. La gratte électrique charge les compos de nuances et insuffle de l’énergie aux compositions. Les deux préposés aux grattes sèches poussent, chacun leur tour, la chansonnette. Mais aucun de ces deux vocalistes ne jouit d’un timbre susceptible de faire la différence. Finalement, c’est lorsqu’ils chantent en chœur que les vocaux passent le mieux la rampe. Au fil du set, on se rend compte que les morceaux sont coulés dans un même moule. S’étirant même sur un low tempo bien paisible. Les accès d’électricité sont beaucoup trop rares pour secouer un auditoire, alors au bord de l’assoupissement…

Vu la formule minimaliste adoptée par leurs compos sur disque, on pouvait craindre que la transposition en ‘live’ des chansons de Eriksson Delcroix se solde par un échec. Aussi brillantes soit-elles, des folk songs peuvent se révéler particulièrement emmerdantes, lorsqu’elles sont interprétées, face à un auditoire, brutes de coffrage. Heureusement, nos inquiétudes se sont rapidement estompées, en constatant la présence de nombreuses chaises sur le podium. Et, lorsque les musiciens y montent, on a le pressentiment que la soirée sera bonne. Le moustachu Bjorn Eriksson (chant/guitare) et Nathalie Delcroix (chant/autoharpe) sont vêtus d’une superbe chemise à floches, dans un style cow-boy du plus bel effet ! Ils s’installent au milieu de l’estrade. A leur droite, un préposé à la sèche et un banjoïste coiffé d’un magnifique chapeau se partagent l’espace. A leur gauche, se plante le guitariste solo. Le bassiste et un percussionniste s’installent derrière eux. On est donc très loin du format minimalisme tant redouté. Il ne faut que quelques notes et surtout quelques mots pour se rendre compte du talent de toute la troupe. Manifestement tous ces musiciens sont de véritables chevronnés. Les deux voix sont splendides. Que ce soit en solo ou conjuguées. Les sonorités du bottleneck émanant du manche électrique sont bien mises en évidence. Les compos oscillent du folk au country, à l’instar de « Nashville Tennessee », et des titres les plus bruts aux plus progressifs, comme sur « Riding on a Snake with a Bottle of Tequila in My Hand », compo écrite pour un side project précédent d’Eriksson, avec une facilité déconcertante. On ne peut s’empêcher de penser à Calexico voire à Mark Lanegan & Isobel Campbell. Et si le ton est plus froid, en début de parcours, notamment lorsque le combo interprète « Home is where the Angels Roam », au fil du temps, l’ambiance va se réchauffer et le tempo des compos s’élever. Avant d’entamer le single « Walking », Bjorn Eriksson invite sa fille à monter sur les planches pour l’accompagner au chant. La demoiselle est moins à l’aise que papa, mais elle ne s’en sort pas trop mal. Et le climat va même devenir propice à la danse, lorsque le préposé au banjo –également moustachu– va se lever pour chantonner un air, dans la bonne humeur générale.

Ce soir, nous étions (presque) à Nashville Tennessee…

(Organisation AB)

 

 

Laibach

Un show total au service d'une esthétique engagée...

Laibach, du nom allemand de la capitale de la Slovénie, Ljubljana, est un collectif avant-gardiste issu de cette ex-province de la défunte Yougoslavie. Actif depuis le début des années '80, il peut se targuer d'une discographie très riche. Il est bien sûr célèbre pour le hit très dansant "Tanz Mit Laibach" et pour ses reprises d'Opus, Queen ou DAF ; cependant, les vrais fans savent que Laibach est capable d’en offrir davantage ! Leurs derniers concerts en Belgique remontent à décembre 2007 (au Botanique à Bruxelles), décembre 2010 (au Festival BIM à Anvers) et septembre 2012 à Audenarde. Aujourd'hui, la formation revient pour présenter son nouvel opus, "Spectre", dans la salle Het Depot (Louvain) en configuration ‘box’ (la partie arrière de la salle est masquée par un rideau).

C'est tout naturellement par de très larges extraits de "Spectre" que s'ouvre la setlist. Le prélude au Te Deum H. 146 de Marc-Antoine Charpentier, le thème musical de l'Eurovision, constitue une introduction parfaite pour le titre "Eurovision". Suivant un rituel propre au groupe, le podium est dominé par deux imposants écrans vidéo et deux projecteurs disposés à l'avant du podium. Le son est puissant et épique ; quant à la voix grave de Milan Fras, elle résonne comme une scie circulaire. A ses côtés, on ne peut qu’admirer la belle et fascinante chanteuse Mina Spiler. On notera d'ailleurs dans "Walk With Me", "Eat Liver" et "We Are Millions" que le rôle de cette dernière est plus important qu'auparavant, pour le plus grand bonheur de ses fans (qui se reconnaîtront).

Le premier moment-clé du spectacle est atteint par le morceau "Whistleblowers": le sifflement martial façon "Pont de La Rivière Kwai", immédiatement reconnaissable, court tout au long de cette composition dédiée aux 'lanceurs d'alertes' ; ces personnalités qui, à l'instar d'Edward Snowden ou Julian Assange, interpellent l'opinion pour dénoncer les abus ou les dangers. Le côté grandiloquent, les thèmes engagés et le show total font irrémédiablement penser à "The Wall", mais en version 'dark'. "Koran" est une magnifique ballade, superbement interprétée. Le titre suivant, "No History", toujours extrait de "Spectre", est une véritable tuerie. Le riff de synthé est imparable et la rythmique lancinante. Viennent s’y greffer les incantations des deux chanteurs jusqu'au final a capella : un grand moment, à voir ici. Dans l'ensemble, les plages du nouvel elpee se révèlent très puissantes et très efficaces sur les planches et cette première partie est une totale réussite.

Après un intermède de 10 minutes, la formation revient pour un 'best of'. Il commence par une évocation de la période années '80, grâce à des versions complètement revisitées de deux chansons en slovène: "Brat Moj" ("mon frère") et "Ti Ki Izzivas" ("Toi, Qui Ose"). Ici, la musique est plus expérimentale, parfois dissonante mais toujours hypnotique. Dans les années '80, les membres du combo avaient poussé l’expérience jusqu'à travailler effectivement dans une usine, la cimenterie de Trbovlje, afin de bien comprendre l'environnement industriel. On aime beaucoup quand Mina Spiler crie "Ti Ki Izzivas" dans son mégaphone, en arborant son charmant regard glacé...

Les deux titres suivants, "B Mashina", une reprise du groupe slovène Siddharta, et "Under the Iron Sky", sont tous deux extraits de la bande originale du film "Under The Iron Sky". Ensuite, "Leben-Tod", publié en '87, montre clairement l'influence de Laibach sur la vague industrielle de '88-'95, qu'il s'agisse de Skinny Puppy, Nine Inch Nails ou plus tard Rammstein. "Warme Lederhaut" est une excellente reprise de "Warm Leatherette" de The Normal (le premier disque du label Mute, sur lequel Laibach est signé). Pour terminer le set, nous aurons droit à deux reprises classiques : le "Ballad Of A Thin Man" de Bob Dylan, et le "See That My Grave Is Kept Clean" de Blind Lemon Jefferson (également repris par le Zim), deux compositions qui ont été soigneusement adaptées au style wagnérien de Laibach.

La formation se retire, et après quelques minutes, c'est une voix préenregistrée qui annonce le rappel. "Let me hear you say : Ho!": la voix joue avec le public, soulignant le côté ironique, 'second degré', omniprésent dans l'oeuvre de Laibach. Les musiciens reviennent enfin sur l’estrade pour l'assaut final. Tout d'abord, en dispensant une reprise hallucinante du "Love On The Beat" de Serge Gainsbourg. Très plaisant d'entendre Milan Fras chanter en français, et Mina Spiner, pousser des petits cris orgasmiques. Enfin, le concert se termine de façon magistrale par le plus grand succès du groupe: "Tanz Mit Laibach", une marche militaire très inspirée de DAF, sur laquelle le public remue comme un seul homme.

Malheureusement, le second rappel, pourtant prévu sur la setlist, passera à la trappe. Quoiqu'il en soit, une fois de plus, Laibach a démontré l'originalité de son approche, qui va bien au-delà de la musique. La performance est orientée multimédia. On est en présence d’art multimodal, un spectacle total avec son, lumières, vidéo et une énorme présence. Mais surtout, ces artistes uniques apportent un regard sarcastique très aigu sur les questions politiques, en plaçant le totalitarisme et l'iconographie militaire au centre du débat. Dans cet esprit, ils ont créé un nouveau style, une nouvelle esthétique, unique et incroyablement forte. Merci pour ce superbe show!

Setlist

Eurovision
Walk with Me
Americana

We Are Millions
Eat Liver !
Bosanova
Koran
Whistleblowers
No History
Resistance Is Futile
Intermezzo
Brat Moj
Ti, Ki Izzivaš
B Mashina
Under the Iron Sky
Leben-Tod
Warme Lederhaut
(The Normal cover)
Ballad of a Thin Man
(Bob Dylan cover)
See That My Grave Is Kept Clean
(Blind Lemon Jefferson cover)

Encore:

Love on the Beat
(Serge Gainsbourg cover)
Tanz mit Laibach

Regardez les photos du concert ici 

(Organisation: Het Depot)

The Jezabels

Présents de corps, absents d’esprit…

Le concert de ce quatuor australien, accordé à l'AB Club le 28 mars 2012, avait été une des belles surprises de cette année. Leur pop/rock mélodique et la voix exceptionnelle de la chanteuse, Hayley Mary, avaient impressionné l’auditoire. Aujourd'hui, le combo revient, un nouvel elpee sous le bras. Intitulé "The Brink", il est publié par notre label national PiaS et produit par Dan Grech-Marguerat, un producteur anglais qui a déjà travaillé pour Radiohead, Scissor Sisters, The Kooks ou encore Lana Del Rey. Tout est donc en place pour un set qui marque, sinon une consécration, à tout le moins, l'accession à un succès largement mérité.

Malheureusement, premier 'hic' : la salle de l'Orangerie n'est garnie qu'aux trois-quarts... Ca commence mal. Je ne sais si c'est pour cette raison, mais la prestation des quatre musiciens manquera dans son ensemble cruellement d'enthousiasme. Dès le premier titre, « The Brink », on se rend compte qu’Hayley Mary chante à la perfection, mais elle semble être absente des débats. Idem pour Heather Shannon au piano/synthé et Samuel Lockwood à la guitare. Seul Nik Kaloper, le batteur, semble se livrer à fond. 

Techniquement, rien à dire : le son, parfait, laisse une large place à la voix sublime de Hayley, dont le physique fait penser à Sharleen Spiteri (Texas), une voix qui se révèle aussi à l'aise dans les ambiances intimistes que lors des envolées épiques incantatoires. Une voix qui rappelle Kate Bush, Florence Welch et par moments même Sharon den Adel (surtout dans les aigus). Dominés par la guitare, très U2-esque, de Samuel Lockwood, les arrangements évoquent Coldplay, Crowded House, The Killers voire Arcade Fire.

La setlist est puisée au sein de "The Brink" et du premier album: "Prisoner". Des compos comme "Endless Summer", "A Little Piece" et "City Girl" sont bien accueillies par le public. Mais c'est "Hurt Me", paru en single en 2011, qui déclenche le plus de réactions. Le groupe clôture son set par "Dark Storm", probablement leur titre le plus abouti. L'intro à la guitare nous renvoie à The xx et l'ensemble est plus mélodique et mieux structuré. On constate ici un léger regain d'énergie sur les planches ; surtout lors du beau final hypnotique.

En rappel, l'atmosphère est tout d'abord recueillie, que traduit le paisible "Psychotherapy". Ensuite, Hayley Mary sort quelque peu de sa réserve et s'avance vers le devant de l’estrade pour remercier deux jeunes filles du premier rang qui, apparemment, ont suivi tous les concerts de la tournée. Elle leur dédie le dernier titre: "Easy To Love" et va jusqu'à leur faire la bise. Et là, les choses semblent se débloquer un peu. Portée par la rythmique quasi-tribale et les accords majestueux, Mary semble s'ouvrir quelque peu et le final du show est plus dynamique.

Dommage, on aurait aimé que cette ouverture soit présente dès le début. Au final, nous quittons la salle en éprouvant des sentiments mitigés. Encore un groupe qui se concentre de façon très appliquée, voire scolaire, sur la qualité de son jeu et oublie que le livrer en ‘live’ est un exercice qui implique également la communication. Communiquer son enthousiasme, c’est également le rôle dévolu à tous les membres du groupe. Entre eux. Et puis, au public. Une attitude d'autant plus étrange qu'au stand ‘merch’, les quatre musicos ont montré un tout autre visage, disponibles, souriants et plein d'entrain!  

Jézabel était Reine d'Israël ; pour The Jezabels, le moment n'est pas encore venu de monter sur le trône du succès planétaire. Mais ce n'est que partie remise ; le rendez-vous est pris pour un 3ème album, un hit mondial et une nouvelle tournée qui sera, espérons-le, triomphale!

En première partie, Abel Caine, un nouveau combo électro/pop belge, originaire de la région du Centre (La Louvière), a accordé une prestation encourageante. Bloc Party, Phoenix, Metronomy et Foster The People constituent certainement leurs sources d’inspiration. A suivre, dès lors…

Setlist The Jezabels

The Brink
Endless Summer
Long Highway
Time To Dance
Look Of Love
Hurt Me
Beat To Beat
City Girl
Mace Spray
A Little Piece
No Country
The End
Dark Storm

Encore:

Psychotherapy
Easy To Love

(Organisation Botanique)

Scorpion Violente

Un viol sensoriel...

Ce soir, c'est l'invasion française à l'Atelier 210 de Bruxelles! Teenage Menopause Records, le label franco-belge bien connu, emmené par Elzo Durt, y organise, en 'co-prod' avec l'Atelier, un concert à guichets fermés proposant trois formations qui débarquent d’outre-Quiévrain : Plastobeton, Scorpion Violente Et Cheveu.

Plastobeton, c'est un combo no-wave électronique originaire de Metz appartenant, comme Scorpion Violente à la ‘Triple Alliance de l’Est’, un collectif de musicos qui dressent un pont garage-électro-punk entre Metz, Strasbourg et Paris. Sur la scène, le synthé distordu de Nafi aka Scott Scorpion (aussi chez Scorpion, Violente, The Dreams, Anals et Sida) se heurte aux sons très 'shoegaze' du guitariste de The Feeling of Love, le tout sur des rythmiques machinales. Le chanteur essaie tant bien que mal de hurler sa poésie 'spoken word' façon Cantat déjanté et l'ensemble fait très noise! Une bonne mise en bouche...

Le plat de résistance de la soirée, pour votre serviteur en tout cas, c'est Scorpion Violente. Nafi aka Scott Scorpion y est associé à Thomas Überwenig (Organ Punishment, Plastic Wound Infection, Ponch...) pour produire une musique hallucinante, un monstre bicéphale qui d'un côté, transpire le sexe et la luxure et d'un autre côté, emmène au nirvana grâce à des mélodies d'orgue quasi religieuses.

C'est, je crois, la quatrième fois qu'ils écument notre ville de Brux-Belle, après la RTT, les Brasseries Belle-Vue et le Café Central. Comme d'habitude, les deux acolytes trônent derrière leurs machines infernales disposées sur une grande table. Nafi triture sa boîte à rythmes et dessine sur son synthé Korg Poly61 l'ossature harmonique des morceaux, tandis que Thomas, l'inévitable clope au bec et les lunettes de soleil sur le nez, balance sans broncher d'ensorcelantes lignes mélodiques sur son vieux Caravan R6, un vieil orgue italien des années '70. Sans oublier les effets vintage comme les réverbs à ressorts ou les sound stretchers paramétriques.

Au niveau du jeu, leur idée est de n'utiliser que 4 doigts au total (2 x 2) pour jouer. Le résultat est un cocktail trance-disco-psyché-indus complètement hypnotique. Le corps est pris d'assaut par les rythmes qui font très ‘trance’, avec prédominance de hi-hats syncopés et l'esprit s'envole dans des nappes mystiques, voire gothiques. C'est viscéral, Suicidesque, carrément body et... industriel. On se croirait à côté d'une aciérie désaffectée, un dimanche matin, au retour d'une soirée glauque et imbibée dans une boîte SM de Metz...

Le public se laisse entraîner dans l'ambiance et on voit les têtes qui balancent au son des titres "Mi Pute, Mi Soumise" ou "Rome Violente". Mais le moment le plus fort, c'est sans conteste "The Rapist", cette compo carrément progressive de plus de 8 minutes, au cours de laquelle se fondent des accès de basse bien crades et des lignes de synthé évoquant Dead Can Dance... ou plutôt Dead Can Trance, dans ce cas-ci! L'ensemble nous transporte tellement loin qu'on en a les larmes aux yeux. Regardez la vidéo de ce moment d'orgasme ici

Le combo nous livrera aussi deux morceaux inédits, qui n'ont pas encore de titre. Après le concert, Thomas nous confiera qu'ils seront publiés sous la forme d'un Ep à paraître sur le label Bruit Direct.

Pour lire la chronique du concert de Cheveu, c'est ici

Pour lire l'interview complète de Scorpion Violente réalisée il y a un an lors du concert au Café Central, c’est là 

Setlist

Mi Pute Mi Soumise
New song (untitled)
Rome
Violente
Christopher Walken
The Rapist
Uberschleiss
New song (untitled)

(Organisation : L’Atelier + Teenage Menopause Records)

 

Cheveu

Pastiche oui, postiche non!

Écrit par

Après une double première partie assurée par PlastoBeton et Scorpion Violente (voir review ici ), c'est Cheveu le trio parisien qui prend possession de la scène et du public par la même occasion.

Un public déjà fort acquis à la cause de ces 3 géniaux agités du bocal qui sur leur dernier album "Bum" sont parvenus à décloisonner encore davantage leur musique au risque de perdre les mélomanes habitués au son garage de leurs débuts ; bien qu'une partie de ceux-ci doivent déjà avoir quitté le navire après la sortie de "Mille", leur opus précédent, un elpee qui faisait déjà fi des standards en la matière.

J'avoue qu'à l'écoute des titres de ce "Bum" j'étais un peu perplexe, les chemins empruntés étant fort pop en terme de compos mais aussi au niveau de la production bien plus claire et moins crade que précédemment. Une perplexité envolée dès les premières notes de "La fin au début", un morceau plein de ferveur et d'intensité. Comme me l'avait promis Elzo, lorsque je lui faisais part de mes doutes, ‘En live ils sont assez free’... et c'est rien de le dire, il faut le vivre!

Car Cheveu c'est d'abord un spectacle, une performance théâtrale et musicale loin de la simple restitution d'un album par un groupe en tournée promo. En effet le trio prend un malin plaisir à déstructurer ses morceaux, voire même à les exploser en s'attardant par exemple sur un pont entre couplet et refrain qu'il prolonge longuement, communiquant un tout autre sens au canevas de base. Oublié ‘l'obstacle pop’ dans de telles conditions et face à une telle interprétation qui donne aussi souvent dans le pastiche mais sans jamais tomber dans la blague potache. Des musicos qui ne se prennent pas au sérieux mais savent tout de même très bien ce qu'ils sont en train de faire et connaissent leur potentiel. On pensera à l'une ou l'autre référence outre-Atlantique (où ils ont déjà pas mal tourné d'ailleurs) telle les fêlés de Ween ou dans une certaine mesure Mister Bungle.

Leur attitude scénique débridée (en tout cas s'agissant du chanteur/claviériste) les amène parfois à s'emmêler les pinceaux mais au finish l'énergie folle les ramène toujours à l'essentiel, la performance, qui ce soir s'achève lorsque leur ‘leader’ debout sur son clavier, est à deux doigts de se prendre une belle gamelle. On en redemande!

(Organisation : L’Atelier + Teenage Menopause Records)

 

 

Thee Silver Mt. Zion Memorial Orchestra & Tra-La-La Band

What we loved was not enough

Écrit par

Ce jeudi 27 février, le Botanique accueillait la dernière déclinaison de A Silver Mt. Zion, en l’occurrence le Thee Silver Mt. Zion Memorial Orchestra. Le groupe montréalais venait présenter son dernier opus, sorti l’année dernière, sobrement intitulé « Fuck Off Get Free We Pour Light on Everything ». Jouissant d’une excellente réputation en live, la formation avait attiré un nombreux public. L’Orangerie affichait même sold out !

Il revenait à Eric Chenaux d’assurer le supporting act, un autre artiste signé sur le célèbre label canadien Constellation. Il est seul sur l’estrade et dispense un set sculpté dans le folk expérimental. Et vraiment pas facile d’accès. Sa prestation va durer une demi-heure. Et c’est bien assez ! Pour apprécier ce type de musique, il faudrait pouvoir connaître la discographie de cet artiste sur le bout des ongles Et s’y plonger intégralement. Ce qui explique pourquoi une certaine forme de lassitude va rapidement envahir le public… 

Vers 21h00, Thee Silver Mt. Zion Memorial Orchestra monte sur les planches. Suivant le même rituel, le band est disposé en arc de cercle. Les deux violonistes s’installent à l’avant du le podium et derrière elles, se plante le leader et co-fondateur de Godspeed You Black Emperor, Efrim Menuck ainsi que le bassiste. Dernier débarqué au sein du line up, le drummer siège derrière ses fûts, en retrait. Dès les premiers accords, on se rend compte que la formation transpire de classe. Efrim Menuck porte dorénavant la barbe. C’est aussi le porte-parole du groupe. Personnage charismatique, il présente chaque compo, sans se servir du micro ; une technique qui lui permet de directement briser la glace qui pourrait s’ériger entre l’auditoire et les musicos.

La setlist s’ouvre par « Fuck Off Get Free », plage maîtresse du dernier elpee. Et ce sont les compos de cet opus, que la troupe va privilégier au cours de ce show. A l’instar de ce long playing davantage rock que les précédents, le son est plus intense, plus puissant, plus luxuriant. Issu de « Kollaps Tradixionales », « Piphany Ramblerest » est une des seules plages issue d’un autre long playing, reprise dans la setlist ce soir. Pas vraiment convainquant ! Le timbre vocal d’Efrim est plaintif et communique naturellement ses émotions. Le groupe prend également le soin d’éliminer les extensions de certains morceaux studio pour les rendre plus percutants en ‘live’. Après une heure de spectacle, le combo quitte l’estrade, pour y revenir quelques minutes plus tard afin de nous réserver un long rappel, que va conclure un magistral « What We loved Was Not Enough ». Un excellent concert, même si on aurait voulu en avoir davantage…

(Organisation Botanique)

 

Heather Nova

Super... Nova !

La salle 'Het Depot' à Louvain est achi-comble pour accueillir Heather Nova, cette chanteuse originaire des Bermudes, qui est surtout connue grâce à des hits pop-rock composés dans les années '90, comme "Walk This World" ou "Island". Malgré une carrière dans l'ensemble très discrète, elle jouit néanmoins d'un véritable culte, que lui vouent un contingent de fans en constante croissance. Ce set s'inscrit dans le cadre d'une tournée européenne en formule acoustique.

Comme elle nous l'a confié lors de l'interview avant le concert (voir ici pour l’article et là pour la vidéo de cet entretien), Heather Nova présente, lors de cette tournée, des versions acoustiques de chansons issues de l'éventail complet de ses productions. ‘On crée une atmosphère assez intime, avec juste un musicien et moi sur scène. Nous nous servons d’instruments acoustiques mais ajoutons aussi quelques effets électroniques et nous changeons d'instruments et de sons régulièrement, pour varier un peu les ambiances.’ Le musicien en question, c’est Arnulf Lindner, un multi-instrumentiste autrichien, qui passe avec une aisance déconcertante du violoncelle aux claviers pour finir aux guitares. Quant à Heather, drapée dans une robe très organique, elle affiche une beauté et une élégance remarquables. La plupart du temps, elle chante et joue de la guitare acoustique mais de temps en temps, elle s’installe également aux claviers.

La setlist passe en revue ses quelque 20 ans de carrière, mettant bien sûr un accent sur « Oyster » et « Siren », ses deux elpees les plus en vue et « 300 Days At Sea », sa toute dernière production. L'élément visuel est également important notamment par le biais de la projection d'animations basées sur les peintures, également très organiques, de l'artiste italien Alberto Di Fabio. La combinaison entre ces animations et l'univers, très 'nature' de Nova, est parfaite.

"Save A Little Piece Of Tomorrow" constitue un des moments clés du concert, une composition qui traite du réchauffement climatique, au cours de laquelle la chanteuse alterne entre son micro 'classique' et un autre relié à des effets électroniques, qu'elle utilise pour des parties 'solo'. Un autre, touchant celui-là, se produit pendant « The Good Ship 'Moon' », une composition racontant les nombreux voyages qu'elle a accompli au cours de sa jeunesse, en compagnie de son père sur le bateau 'Moon'. La voix, le piano, le violoncelle et la belle vidéo consacrée à l'océan forment un ensemble surprenant, qui donne la chair de poule. Plus tard, l'émotion monte encore d’un cran, quand elle interprète une chanson inédite baptisée « Tree House », dédiée à son jeune fils et à la beauté éphémère de l'enfance. Superbe !

Ce moment magique se prolonge par l'interprétation du magnifique hit « Island », qui clôture de façon magistrale le spectacle. Heather Nova revient ensuite pour le très beau « Truth And Bone » avant de prendre congé sur « Until The Race Is Run », tiré de son dernier opus. Un très beau concert accordé par une artiste inclassable, qui mène une carrière remarquable loin des spotlights mais avec une réelle sincérité. Super Nova !


Setlist :
 

I Miss My Sky (Amelia Earhart's Last Days)
Higher Ground
Avalanche
Out On A Limb
Winterblue
Walking Higher
Save a Little Piece of Tomorrow
Fool for You
Like Lovers Do
Paper Cup
Do Something That Scares You
The Good Ship "Moon"
I Wanna Be Your Light
Heart and Shoulder
Tree House
Stay

Island

Encore:

Truth and Bone
Until the Race Is Run

(Organisation Het Depot)

Breton

Grown Up

Écrit par

« War Room Stories », seconde salve des Londoniens, se devait d’être à la hauteur du grand « Other People’s Problem » et de la charrette d’Eps qui l’ont précédés. Les joyeux drilles de Breton ont donc bossé d’arrache-pied sur leur projet multimédia, BretonLABS, pour créer dix nouvelles mélopées fidèles à leur style melting-pot. Et pour voir les nouveaux morceaux prendre vie sur scène, il fallait se rendre à la Rotonde du Botanique, le 23 février dernier. 

Plus qu’un groupe, Breton est avant tout un projet multimédia. Sur scène, chaque morceau s’accompagne de sa propre vidéo, défilant à l’arrière de la scène.

Le quintet est en forme et démarre son set sur les chapeaux de roues. La Rotonde, elle, est évidemment pleine. Ce qui devait mettre du baume au cœur des musicos, et plus particulièrement de Roman Rappak, leader de la troupe, après le couac enregistré à l’Orangerie, en 2012 (une salle à moitié vide). Et pour cause, ce dernier entretient une relation particulière avec notre pays, après y avoir vécu une histoire d’amour manquée. En français dans le texte, ce dernier raconte son anecdote et enchaîne sur des titres des deux LPs, dont les puissants « Edward the Confessor », « Got Well Soon », « The Commission », « Wood and Plastic » et « Jostle ».

Loin de m’avoir convaincu en 2012, Breton se la joue ‘back with a vengeance’ et démontre en 1h20 que les deux années qui séparent ce concert de leur précédente prestation au Bota, lui ont permis de se forger une personnalité, de créer un set cohérent et d’en envoyer plein la tronche du public. Le rythme du set est tel que la formation captive jusqu’aux dernières secondes (un « Jostle » rugissant). Même les morceaux les plus faiblards, comme « Fifteen Minutes » (dont ils ont dévoilé le clip pour la toute première fois ce soir), prennent une toute autre dimension.

Breton a fait sa mue et la transformation en vaut largement le coup d’œil. A ne pas louper si vous avez décidé de vous rendre, cet été, au festival de Dour !

Organisation : Botanique

 

Gary Numan

Un Numan toujours aussi ‘electric’!

Dorian Gray, le personnage d'Oscar Wilde, restait éternellement jeune car c'est son portrait, caché dans son grenier, qui vieillissait à sa place. En observant Gary Numan, sur le podium du Depot à Louvain, on le comparerait volontiers à Dorian Gray. A 55 ans, il est fringant comme un jeune homme! Après avoir traversé une période noire, suite à une dépression, il est de retour, plus ‘électrique’ que jamais!

Rappelons à toutes fins utiles que Numan était un des pionniers de la musique new-wave électronique, entre 1979 et 1985. En s'inspirant largement de Kraftwerk ("Man Machine"), David Bowie ("Low") et surtout de l'Ultravox période John Foxx ("Systems of Romance"), il a créé un style musical nouveau basé sur l'utilisation massive de synthés. Un style libérant une énergie postpunk et reflétant une imagerie dystopique, développée autour de son personnage humanoïde. Le tube "Are Friends Electric" et l'elpee "Replicas", publiés sous le patronyme de Tubeway Army, ont rencontré un succès immédiat en 1979 et ont été suivis par deux albums solos considérés comme de purs chefs-d'œuvre : "The Pleasure Principle" et "Telekon". Sa carrière a ensuite connu des hauts et des bas ; surtout des bas, jusqu'à ce que des ‘maîtres’ tels Dave Grohl, Trent Reznor, Prince ou Jack White décident de remettre Numan au goût du jour, début des années 2000, en soulignant son influence majeure sur la musique moderne. Influencé à son tour par ses ‘disciples’, surtout par Trent Reznor, qui est aujourd'hui son ami et voisin à Los Angeles, Numan a ensuite évolué vers une ‘power pop’ aux accents industriels, voire même metal.

C'est la dualité entre ces deux périodes qui constitue la trame majeure des shows de Numan. Au Depot, pour son 9ème concert en Belgique, il va alterner les hits incontournables de sa première période, comme "Cars", "Films" ou "I Die: You Die" ainsi que des plages de son tout dernier opus, "Splinter", dont il puisera non moins de neuf chansons, et quelques pistes extraites de "Pure" et "Dead Son Rising". Sur les planches, il est accompagné par un groupe complet, constitué d'un batteur, un guitariste, un bassiste et un claviériste. Les anciennes compos bénéficient de versions plus 'punchy', comme, par exemple, "Cars" et "Metal", qui sont jouées à la façon Nine Inch Nails, légèrement plus rapides et rehaussées par des guitares cinglantes.

Justement, les références à Nine Inch Nails sont encore plus marquantes dans les titres plus récents de Numan. L'intro de "I Am Dust" rappelle clairement les sons indus du combo américain période année 90. "We're The Unforgiven" évoque quant à lui "Help Me, I'm In Hell" dans les lignes de guitare. Les morceaux plus calmes, comme "The Calling", rappellent le côté ‘ambient’ de Trent Reznor, caractérisé par des mélodies simples au piano et par des vocaux murmurés plus que chantés. Par moments, l'illusion est frappante et on constate avec amusement que Numan s'inspire de Reznor qui, lui-même, s'inspirait de Numan... La boucle est bouclée.

L'attitude de Gary Numan sur les planches est loin d’être celle d'un humanoïde froid. Il se livre à fond, et ses prestations vocales sont irréprochables. Sur certaines compositions, surtout issues du dernier elpee, la formation utilise une bande-son, sur laquelle les musiciens jouent en direct. Qu'on apprécie ou pas ce procédé, il permet de reproduire les arrangements très complexes, les bruitages, les sons triturés voire même les voix féminines (dans "Splinter"). Les anciennes compos sont, quant à elles, exécutées à 100% en 'live'. Parmi les plus récentes, on relève également certaines qui baignent un peu trop, mon humble avis, dans le metal. "Here In The Black" évoque même la lourdeur symphonique de Within Temptation et "When the Sky Bleeds, He Will Come" lorgne généreusement du côté de Rammstein. Mais c'est évidemment une question de goût.

Extraite de "Splinter", "Lost" est une ballade touchante, empreinte d’une grande sensibilité. Numan a déclaré qu’elle avait en quelque sorte sauvé son couple au moment où lui et sa femme Gemma souffraient de dépression. Après un "Love Hurt Bleed" chalereusement applaudi, Numan clôture son set par le très beau "A Prayer for the Unborn", également une chanson qui traite de sa vie de couple et la difficulté d'avoir des enfants. Pendant le rappel, la formation va exécuter une version très énergique de "I Die: You Die" ; et le public, resté dans l'ensemble assez calme, semble enfin se lâcher. Vient enfin le moment tant attendu: "Are Friends Electric", dont Numan fournit une version retravaillée, tout en contrastes et en nuances. Superbe! Regardez la vidéo de ce très beau moment ici. L'artiste prend congé en offrant un dernier titre particulièrement paisible, "My Last Day"...

On l'a compris, on a eu droit à un concert à deux vitesses. De superbes moments sur les anciens titres et un enthousiasme plus retenu sur les plus récents. Ces derniers sont en effet beaucoup plus formatés, plus prévisibles alors que les "Cars", "Down In The Park" et autres "Are Friends Electric" apparaissent comme des fulgurances de génie ; dans ces anciennes compos, Numan transcende les cadres pré-établis (il n'y a pas de structure couplets/refrain) et apporte cette caractéristique unique qui est l'hyper-mélodicité (chaque intervention instrumentale est un 'riff', une ligne mélodique reconnaissable). Dommage que Numan refuse de revenir à la musique de sa période la plus féconde, alors qu'une nouvelle scène très vivace (la 'minimal wave') s'emploie aujourd'hui à donner une nouvelle existence à celle des années '80.

Déplorons aussi le management de l'artiste, qui n'autorise que très peu d'interviews pour les journalistes avant le show, préférant organiser des ‘VIP meet & greets’ à 100 € pour les fans les plus aisés. Enfin, il n'y avait pas de première partie ; c'est dommage car ces 'supporting acts' sont des occasions uniques pour les artistes locaux de se faire connaître. Ainsi, on aurait aimé, par exemple, voir ou revoir les excellents Bruxellois d'ORGANIC sur l’estrade ! Mais ne boudons pas notre plaisir : vivre un concert de Gary Numan dans une forme 'olympique' a été du pur bonheur. La prestation était excellente. Le son était parfait, les lumières irréprochables et l'expérience, dans son ensemble, 'électrisante'!

(Organisation : Het Depot, Louvain)

Setlist :

Resurrection
I Am Dust
Metal
Everything Comes Down to This
Films
Here in the Black
The Fall
The Calling
Down in the Park
Lost
Cars
Pure
Splinter
When the Sky Bleeds, He Will Come
Love Hurt Bleed
A Prayer for the Unborn

Encore:

I Die: You Die
Are 'Friends' Electric?

My Last Day

(Voir aussi notre section photos ici)

 

 

Childish Gambino

Rise Up! Rise Up!

Écrit par

Profitant de sa notoriété croissante, Donald Glover, l’inoubliable Troy Barnes de la série « Community », a mis sa carrière d’acteur et de scénariste en hiatus le temps d’une tournée mondiale. L’escale belge de Childish Gambino s’est déroulée ce 13 février entre les murs pleins à ras bord du VK. L’occasion de vérifier en personne si le mec est aussi bon sur les planches qu’il ne l’est devant la caméra.

Valeur montante de la scène Hip Hop US, souvent comparé à Drake, le bonhomme avait déjà réussi à faire vibrer le site de Couleur Café lors de l’édition 2012 du festival. Cette fois, armé de ses mixtapes et de ses deux LPs, dont le petit dernier, « Because The Internet », Childish Gambino, nom de scène de l’acteur Donald Glover, s’offre un VK sold-out pour son second passage sur les planches belges. Habitués aux retards de la salle, c’est non sans étonnement que l’on voit le p’tit gars et sa bande débarquer sur le podium un chouïa avant 21h. Hop, on attrape son verre de bière et on se glisse au fond la salle pour voir de quoi il est capable.

La bonne nouvelle, c’est que Childish Gambino réserve à son public un vrai live, pas l’une de ces misérables prestations avec DJ et en semi-playback. Dès son arrivée sur l’estrade, le chanteur affole les premiers rangs, chauds comme un brasier. Le son distillé par les musiciens est rond, chaleureux, plus Soul que Hip Hop. Glover retrace sa carrière musicale, de « Culdesac » à « Because The Internet », laissant de côté ses deux premières mixtapes. Si ces premiers travaux étaient moyennement convaincants, car trop axé sur un mode parodique, « Because The Internet » change la donne et démontre qu’il a fini par prendre au sérieux sa carrière musicale.

Entre rap et chants,  le comédien/chanteur dévoile une énergie, un flow et un savoir-faire respectables, appuyés par une fan-base manifestement solide. Les premiers rangs s’égosillent d’ailleurs sur la majorité des morceaux dont « 3005 », « The Party », « Heartbeats », « Bonfire », « The Oldest Computer (The Last Night) » ou encore « Fire Fly », partagé en fin de parcours. Une ambiance bon enfant qui te fait sortir de là un sourire jusqu’aux oreilles ! Un talent à surveiller de près. Et pas qu’à la télé.

(Organisation : VK*)

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