Tout est fini pour Sprints…

Le groupe de Dublin, Sprints, sortira son deuxième album, « All That Is Over », le 26 septembre. Bien reçu par la critique, son premier long playing, « Letter To Self » (2024), a marqué le groupe comme une force majeure dans le paysage alternatif et a été…

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rinôçérôse

Une machine de guerre...

Si rinôçérôse sonne déjà pas mal sur disque, c'est carrément une machine de guerre en concert, lancée telle une torpille qu'il est difficile d'arrêter. Trois, voire quatre guitaristes, une charmante bassiste (Patou), un percussionniste : en autant de cordes, comment ces musiciens de Montpellier arrivent-ils à faire de la house, et de la bonne en plus ? Le talent sans doute, l'originalité sûrement (et puis quand même, avouons-le : il y a un programmateur derrière tout ça, à la console son). Et même si leur deuxième album, " Music Kills Me ", ne propose rien de bien neuf par rapport au premier, il enfonce le clou : plus de refrains accrocheurs, de beats sautillants, de guitares qui tressaillent. " Le Rock Summer " ou " Music Kills Me " sont de nouveaux classiques, à côté du " Mobilier " et du fameux " Guitaristic House Organisation " (tous joués ici). Ces gars-là assurent donc un max en concert : leurs loops ensoleillés et leur riffs faciles mais tellement entêtants s'en prennent à nos têtes et nos jambes, pour ne plus les lâcher : " rinôçérôse ", un sacré coup de soleil dans la morosité de ce mois d'avril, une aubaine pour ceux qui croyaient encore qu'entre rock et house, l'entente était impossible…

En première partie, M83 nous donna des sueurs froides avec son electro congelée, pleine de nappes à la Orbital.

Quant à Télépopmusik, leurs morceaux formatés pour passer en boucle sur les radios ont montré une tout autre envergure sur scène : rallongés, malmenés, triturés, ils conserveront leur trame mais perdront de leur rigidité, pour se changer en furieux hymnes à la défonce, des oreilles au cerveau. Et en reprenant Kraftwerk et Visage, ces trois Parisiens ne pouvaient qu'attirer nos faveurs. Cette soirée, 100 % Français (normal, pour un Parcours Chanté) aura dépassé toutes nos espérances… Mieux : elle aura prouvé encore une fois que l'électro de l'Hexagone est décidément l'une des plus novatrices et festives, bien loin d'être limitée au sempiternel duo Air-Daft Punk.

The Dubliners

L'atmosphère des pubs irlandais...

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Pour nos lecteurs qui ne connaissent pas encore les plus dignes représentants de la musique folk celtique, une brève présentation s’impose. Prenez 5 Irlandais pure souche, mettez leurs des instruments traditionnels entre les mains comme la mandoline, le banjo ou encore la célèbre flûte « tin whistle » ; ajoutez-y un chant rocailleux usé par la Guinness ou le bourbon, et vous obtiendrez l’un des meilleurs ambassadeurs d’une musique celtique un peu matraquée par la mode ces dernières années. Pourtant, les changements de line-up se sont multipliés au sein du groupe, dont certains dus au décès d’une partie des membres (n’oublions pas qu’ils sont nés dans les années 30 !). En outre, Ronny Drew a quitté la formation en 1995. Chanteur et guitariste, célèbre pour sa barbe légendaire, il était sans doute lassé d’interpréter les mêmes morceaux folkloriques. Cependant, le retrait du fer de lance du combo n’a guère laissé de traces. Car son remplaçant, Paddy Reilly, traîne plus de 30 années de carrière solo derrière lui, et reste un des « balladsinger » les plus réputé d’Irlande. Dans le domaine du folk, bien entendu. Qu’importe donc ces changements de personnel, puisque deux des membres fondateurs - en l’occurrence le violoniste John Sheahan et Barney McKenna – (NDR : la création du groupe remonte à 1962 !) sont toujours présents pour perpétuer le rite. Ce jeudi 7 octobre, la salle du Cirque Royal avait été transformée en pub géant. Dommage que la célèbre bière sombre, dont on vous parle un peu plus haut, n’était pas disponible au bar. Dès que nos 5 Paddies montent sur scène (NDR : sobrement et avec distinction !), le public se montre enthousiaste. Il faut dire qu’on les attendait depuis longtemps et que leurs visites en Belgique sont plutôt rares. Outre McKenna qui semble avoir du mal à marcher (la goutte ?) et restera la plupart du tant assis pour jouer du banjo, les seniors ont l’air en forme. Rapidement, on en oublie le prix des places (jusque 48€ le sésame !), et on se laisse bercer par cette douce musique traditionnelle, et les agréables ballades dont l’une d’entre-elles est chantée en gaélique. « Rose » et « Black Velvet Band » s’enchaînent avant qu’une partie du groupe ne se lance dans un morceau instrumental, qui y va crescendo. Ca y est, la salle s’enflamme, certains sifflent ou poussent des cris (yiiiihiiiip !), pendant que les autres spectateurs frappent des mains tout en rythme. On la tient l’ambiance de fiesta irlandaise ! Tour à tour Reilly, Campbell et même McKenna, avec son rire contagieux, se relayeront au chant, faisant chacun preuve d’un humour très british (euh…quelle insulte…je voulais écrire Irish, of course). Leur (long) set se terminera par de grands classiques comme «Rocky road to Dublin », « Dirty old town », « Whiskey in the jar », et dans un final où tout le public participe au refrain, « Wild rover », avant une standing-ovation de circonstance. Pendant près de 2 heures (NDR : heureusement pour eux et pour nous qu’une pause bibitive avait été prévue), les Dubliners nous ont distillé un sacré élixir de folk traditionnel et de refrains accrocheurs qui nous on fait taper du pied ou frapper dans les mains ; une recette dont eux seul on le secret depuis plus de 40 ans. Et ils comptent sans doute bien le conserver, pour notre plus grand bonheur, et, pour à chaque écoute, nous replonger dans l’atmosphère des pubs animés. C’est sûr, rien que pour leur longévité, les Dubliners mériteraient d’entrer dans le…Guinness book !

Damien Rice

Le monde merveilleux et onirique de Damien Rice

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La plus grande partie du public était clairement venue pour applaudir Damien Rice. Je considère plutôt qu'il s'agissait d'une double affiche partagée entre deux songwriters responsables d'un répertoire mélodieux et envoûtant. Le ton est donné dès la première chanson du set de Josh. Fort de deux albums aériens, l'Américain nous a montré qu'il avait du potentiel. Assez folk, ses chansons nous semblent tout de suite familières et flattent nos oreilles sensibles. Ses mélodies sont influencées par Leonard Cohen, Bob Dylan, mais surtout par les musiques traditionnelles irlandaises. Ritter est aussi à l'aise dans le rythme, flanqué de son groupe, que lorsqu'il entonne des chansons acoustiques, armé de sa guitare. Mais le clou du show arrive en fin de spectacle, lorsqu'il interprète, sans micro, une dernière chanson. A cet instant l'AB (NDR : comble pour la circonstance) retient son souffle et sa voix. Merveilleux ! Josh Ritter nous revient le 2 juin à l'AB club, salle intime à souhait. 

Damien Rice avait fort à faire ensuite pour convaincre… Il a passé le test haut la main. Son secret?? Il peut s'appuyer sur un groupe composé de Vyvienne Long au violoncelle et de Lisa Hannigan, dont le timbre vocal délicat, proche d'une Sinead O'connor, réchauffe les chansons de Rice. Dès le premier morceau, on est propulsé dans le monde merveilleux et onirique de Rice. Et quand vient « Eskimo », remodelé de la plus tendre des manières, le public a déjà fondu de bonheur. Le reste du concert est a cette image. On est transporté entre mélancolie et joie. Entre désir de sangloter (comme ce fut le cas pour certaines personnes) et envie de sourire, de s'abandonner dans la béatitude. Puis, vient un moment où le temps s'arrête, où l'AB s'illumine d'une sublime lumière verte et où retentit le début de « Cold water ». Un véritable arrière-goût de paradis. Et une sublime soirée à l'issue de laquelle on rentre chez soi, l'esprit dans les nuages, convaincu que le monde est beau.

 

Etienne Daho

Le minimum syndical...

Si on peut être déçu par « Réévolution », le dernier album d’Etienne Daho, le voir en concert reste un authentique plaisir. Dans un Forest National presque plein, le Français n’aura eu aucun mal à mettre le public dans sa poche, grâce avant tout à ses innombrables tubes eighties : de « Tombé Pour La France » à « Saudade »… Le show, cette fois, était cependant moins spectaculaire : moins de visuels, mais un jeu de lumières quand même bien foutu, bref élégant sans être tape-à-l’œil… Comme sa musique, en somme. Dommage que Daho, sans doute un peu fatigué par d’innombrables concerts donnés dans toute la France, ait choisi l’option karaoké pour bon nombre de ses classiques. Une fois c’est drôle, cinq fois beaucoup moins : le public chante tout seul, devant un groupe qui se tourne les pouces en attendant le signal du boss… Qui essaie quant à lui de jouer le jeu mais se plante à chaque couplet. Etienne Daho est un grand timide, c’est un fait : qu’il essaie ce genre d’exercice foireux pour communier avec ses fans, c’est une erreur. A la demande du public, il entonne « Le Premier Jour » mais abandonne après quelques vers. Rires. Gêne. Un téléprompteur, quelqu’un ? On se souviendra quand même d’un enflammé « Bleu Comme Toi », et d’un très beau « Ouverture », « sa chanson préférée » (c’est lui qui le dit). Mais on en attendait davantage d’Etienne Daho, qui pour la circonstance s’est contenté du minimum syndical (surtout dans la deuxième partie). Et ce n’est pas « Réévolution », son nouveau single, qui lui aura sauvé la mise : joué quatre fois (! ! !) en 1h30 (au début et en toute fin), ‘pour le clip’, on aura frôlé l’overdose. ‘Vous êtes trop gentils !’, clame-t-il, l’air embarrassé… Y a intérêt qu’on nous voie tous dans le clip sur MCM, sinon ça va barder. Notre patience a des limites, même si c’est pour la bonne cause.

Ozark Henry

La force tranquille d Ozark Henry...

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Responsable d’un nouvel album (« The sailor not the sea »), Ozark Henry est donc reparti en tournée. Un périple qui sillonne généreusement la Belgique et qui transitait par Lessines. Après avoir passé la porte de la salle du centre culturel, l’univers devient fascinant. D’une couleur bleue, semblable à la mer et à l’océan, si chers à l’artiste.

Ozark Henry ne pouvait plus se faire attendre. Venu en masse, le public était impatient d’entendre la voix mélodieuse du Courtraisien. Les morceaux qui s’enchaînent ressemblent à des poésies. Envoûtants, ils nous entraînent tantôt à planer, tantôt à remuer. Mais une chose est sûre, on ne contrôle plus rien. La qualité du timbre ne trompe pas, il est bien unique et pur, même si parfois il est comparé à celui de Chris Martin, chanteur du groupe Coldplay. Armé d’un synthé, Piet Goddaer s’appuie sur des musiciens friands de sonorité jazz-rock ou trip hop ; mais surtout bénéficie du concours d’une excellente choriste, Nina Babet. Une chanteuse dont le timbre très présent se fond cependant à merveille à celui du charismatique Piet. Bref, un concert magistral et à la force tranquille, au cours duquel, il a étalé tout son talent. Si vous avez manqué l’événement, il reste heureusement encore quelques dates. Et pour en savoir plus, je vous invite à consulter notre agenda. A moins que vous ne préfériez vous contenter du nouvel opus ; mais là, ce sera sans les images…

 

Enhancer

En osmose avec son public...

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Vegastar?? Ce nom ne vous dit probablement rien ; mais suite à leur prestation accomplie ce soir, ils semblent promis à un bel avenir. Ainsi vous avez écumé le rayon métal/pop/rock de la Fnac et vous n'avez rien trouvé?? Normal. Ils n'ont qu'un EP 5 titres à leur actif. Et c'est là que leur talent prend toute son ampleur. Pour un si jeune groupe, ils affichent une maturité extraordinaire. Leur fusion, qui lorgne plus vers le rock que vers le rap, surprend par sa fraîcheur et ses mélodies.

Venons en à Enhancer. Ils ont livré le concert parfait. Pourtant, et je l'avoue, je ne suis pas une érudite de ce style musical. Mais pour la circonstance, on a eu droit à la totale. A de l'énergie. Principalement. Et ça fait du bien. A de la fougue. A de la hargne aussi. Leurs compositions sont extrêmement péchues. Ils sont 8 sur scène. 3 chanteurs (David, Bill et Tony), 2 guitaristes (Fred et Matthieu), un bassiste (Marc), un batteur (John) et un DJ. Et aussi le public, qu'ils laissent allègrement les saluer au détour d'un stage diving. Enhancer est littéralement porté par son public et a besoin de lui pour montrer la pleine mesure de son talent. Un exemple? Fabuleux, alors... A l'image de ce chanteur qui grimpe au balcon d'un Bota enflammé, exhorte ses fans à s'amonceler en dessous de lui… avant de faire un sublime saut de l'ange. Oui, il l'a fait. Un autre exemple?? Je vous préviens, il y en a encore quelques uns, malgré la brièveté du moment. David nous demande de nous asseoir pour pouvoir se reposer un peu avant d'attaquer les derniers morceaux. Entonne une chanson douce. Se promène dans la foule, et s'assied auprès d'un ado pour achever l'interprétation du morceau. Et un dernier vrai beau moment qui m'a rappelé d'où on vient et pourquoi on est là, ce soir. Pour les profanes, Nolwenn de la starac jouait à Forest au même moment. Le groupe nous demande de faire du bruit pour elle. Alors que le public crie, David nous demande de la huer. Car c'est Rock And Roll. Comme eux. Ils nous reviendront le 8 mai à Durbuy

 

 

Vincent Venet

La super forme...

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Yves Ghiot est issu de la région de Tournai. Un tout jeune auteur/compositeur/chanteur/guitariste qui manie la langue de Molière avec beaucoup de verve. Que ce soit à travers les textes poétiques, parfois polissons, de ses chansons que de la manière très humoristique de les présenter. Nul doute qu'il doit beaucoup apprécier Brassens et Léo Ferré. Un petit bijou à l'état brut qui ne demande qu'à être poli. Ce grand timide manque d'assurance sur scène, donc forcément de présence. On s'en rend d'ailleurs compte, lorsqu'il abandonne sa six cordes, ne sachant plus que faire de ses mains. Mais cet aspect de la théâtralisation se travaille. Cet artiste a du talent. Il sait donc ce qui lui reste à faire. Pour la circonstance, Yves s'était entouré d'un trio. C'était la deuxième expérience de ce type. En l'occurrence un certain Thomas à la basse, Wilfart à la guitare et Benoît Chantry à la batterie (NDR : désolé, je n'ai pas retenu tous les prénoms !). Excellents par ailleurs. Mais pensez donc, en les présentant, Yves n'est pas passé à côté du jeu de mots. Un Benoît qui s'assied derrière le piano pour accompagner Yves lors d'une des plus belles et poignantes chansons de son répertoire. L'autre grand moment, « On a volé ma cravate », trempant dans un blues rock que n'aurait pas renié Fred Lani. A suivre, et même de très près…

Dîne à Quatre constitue le nouveau projet de Guillaume Ledent. Au sein de son nouveau line up figure un percussionniste, une flûtiste et une violoniste. Guillaume se réservant la guitare, le piano et le chant. Ces excellents instrumentistes vont malheureusement, tout au long de leur set, oublier qu'ils jouent au sein d'un groupe. Individuellement leur performance est parfaite. Collectivement, elle suscite rapidement l'ennui. Avant de pourvoir dîner à quatre, il y a donc encore beaucoup de pain sur la planche…

Il ne restait plus qu'une grosse centaine de personnes pour assister à la prestation de Vincent Venet. Et je dois avouer que j'étais fort curieux et surtout sceptique de voir comment il allait se débrouiller en 'live'. D'autant plus que son premier elpee, « 70cl », m'avait laissé mi-figue mi-raisin. Et bien, il faut avouer que je me suis royalement planté. Car ce soir, Vincent Venet et ses musiciens nous en ont mis plein la vue et les oreilles. Depuis la présentation originale de chaque musicien, avant le concert proprement dit, jusqu'au second rappel électro-gothique, au cours duquel la scène s'est transformée en piste de danse. Depuis « Boomerang » à  l'étonnante reprise-traduction d'« Enjoy the silence » de Depeche Mode, en passant par l'inévitable digression sur l'amour et le chewing-gum « Les amants de la chlorophylle », dans une version incisive, très électrique, réminiscente d'Indochine, au cours de laquelle, il vient rejoindre le public le micro à la main, la cover de M, « Le complexe du corn flakes », mise à la sauce funk blanc (Gang of Four ?) et un inédit, « La petite sorcière malade ». Un set hanté tour à tour par les spectres de Daho, Murat et Berger. Une guitare dont les tonalités empruntent régulièrement à la new wave du début des eighties (And Also The Trees, Chameleons, U2). Mais surtout un Venet en super forme, très complice avec le public, parlant même quelques mots en picard ; et qui surtout face à une salle à moitié vide est parvenu à tirer son épingle du jeu. Car si la salle avait été comble, il aurait mis le feu ce soir, c'est une certitude ! Selon la formule consacrée, les absents ont eu tort !

 

Franz Ferdinand

Jubilatoire...

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My Second Skin est un groupe bruxellois. Il accordait son premier concert, ce soir. La voix du chanteur est calquée sur celle de Mathew Bellamy. Je déteste Muse…

Une chose me turlupine depuis la première écoute du somptueux cd de Franz Ferdinand: il y a une fausse note dans l'intro de « Jacqueline ». Est ce volontaire ? Pour casser le rythme, par exemple ? Ou s'en sont-ils rendu compte trop tard ? Une chose est sûre, en live, la fausse note est jouée. Véritable ouragan, les Franz dévastent tout sur leur passage, un peu à la manière des White Stripes. Il existait déjà une réelle hype derrière eux, même avant la sortie de leur premier ep, paru en décembre. Dès leur entrée sur scène, leur jeunesse étonne, contraste avec la maturité naïve de leur album. Durant tout leur set, le quatuor écossais reste admirablement soudé. Le chanteur, Nick Kapranos, se réjouit de voir des Ecossais s'être déplacés spécialement pour les applaudir  Il les sollicitera de nombreuses fois au cours du concert. Musicalement?? De la folie furieuse. Ils passent du post punk au disco. Leur musique mêle The Fall à New Order, en passant par Adam Ant et même… Blondie. Ils affichent une réelle présence, une attitude propre. Parfois elle me fait penser à Gene Vincent, pour leur façon de plier leurs genoux en jouant de la guitare. C'est totalement jouissif ! Et on se prend au jeu. On exulte lorsque commence « Take me out ». On crie de joie aux premières notes de « Darts of pleasure » (leur prochain ep). On jubile sur « Michael ». Un nouveau grand groupe vient de naître. On les a vu éclore ce soir, devant une salle qui peut accueillir 300 personnes…

 

Limp Bizkit

Poudre à canon ou poudre aux yeux?

Le dernier album de Limp Bizkit, « Results May Vary », est une sacrée daube. La reprise du « Behind Blue Eyes » des Who suffit pour s'en convaincre : de la soupe FM d'une laideur sans nom, reprise pourtant en chœur ce soir par 8000 gamins en folie. Ils ont 15-16 ans. C'est leur « Nothing Else Matters » à eux. L'« Hotel California » de toute une jeune génération, qui a grandi au son du nu-métal, vénère Papa Roach (repris par Janez Dted en première partie) ainsi que Linkin' Park, Sum 41, Slipknot et Avril Lavigne (pour les plus fleur bleue). Et pour qui Fred Durst est un modèle… Pour beaucoup d'autres, le leader de Limp Bizkit est un crétin fini, « l'homme le plus haï du music business », parce qu'il frime, qu'il a vendu son âme de jeune rebelle à Nike et MTV. Parce qu'il s'est fait Britney Spears. Peuh ! Mais Limp Bizkit, c'est aussi « Significant Other », un des albums fondateurs du genre néo-métal (avec « Around the Fur » des Deftones et les deux premiers Korn) : une sacrée claque, bourré de tubes essentiels (de « Nookie » à « Break Stuff »). Un mélange de grosses guitares et de flow rap, qui en 'live' casse la baraque. Parce qu'on a beau dire, Limp Bizkit en concert reste une redoutable machine de guerre : dès les premières notes de « My Generation » (presque un slogan), c'est le délire. 8000 kids pogotent. C'est moins qu'il y a trois ans au Sportpaleis : il faut dire que Wes Borland, guitariste masqué et principal compositeur, s'est entre-temps fait la malle, sans doute un peu saoulé par le comportement mégalo de son pote au micro. Et puis il y a cet album, une belle crasse quand même : heureusement Fred Durst et ses sbires n'insisteront pas, en évitant de trop se la ramener avec leurs ballades de tapettes (« Eat You Alive », rock ?). A la place, que des tubes : « My Way », « Take A Look Around », « Nookie », « Break Stuff », « Hot Dog », « Re-Arranged »,… Et même deux titres du premier album : « Counterfeit » et la reprise de George Michael, « Faith », au cours duquel Fred Durst exhorte les filles à monter sur les épaules de leur voisin mâle. C'est que Fred Durst est un entertainer né. Une fois au milieu de la foule, une fois au fond, une fois sur les escaliers : il ne reste pas en place. Parce qu'il faut bien donner aux fans du spectacle, surtout à 35€ le ticket. En rappel, l'ineffable « Behind Blue Eyes » consacre ses briquets en bonus ; et puis seul sur scène, Fred Durst chantonne à la guitare qu'« il aimerait tant vivre en Belgique, parce que c'est comme sa maison, et puis il y a tant de haine chez lui, même si parfois c'est cool de haïr », et bla bla bla. Sacré Fred : à peine démago, et plus subtil à lui tout seul que tout un club de fans de Manowar. Deuxième (ou troisième ? enfin bref) rappel : lumières allumées, et « Rollin' » achève en apothéose ce concert drôle et défoulant, malgré l'esbroufe, les ballades FM et la preuve évidente que Fred Durst est le plus fier symbole d'une Amérique impérialiste et puante. Ce n'est ni très malin ni très méchant, bref c'est de l'entertainment. Dans un monde où les puissants sont des bouffons, Limp Bizkit joue bien son rôle de punching-ball. The show must go on, isn't it ?

Pretty Girls Make Graves

Dans le vif du sujet...

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‘Andrea Zollo a de la fièvre !’, lance-t-elle à la fin d’un set qui ne nous a laissé aucun répit pour souffler un peu. Et en effet, elle nous a plus qu’enfiévré ce soir. A mi chemin entre Blondie et Courtney Love, sa voix se fond dans la complexité et la lancinance du son extrêmement puissant de ces Pretty Girls Make Graves. Forts de deux albums studio plutôt réussis, même si leur distribution est restée plus que limitée, elle nous a promenés une heure et demie au travers d’un concert qui aurait laissé pantois n’importe quelle autre rockeuse en devenir. Leurs influences tellement vastes se mêlent et explosent sur scène. On est transporté entre grunge de Seattle (NDR : parfait, ils en viennent !) pour les premiers morceaux (NDR : dans un style proche de Sleater Kinney, pour ne rien vous cacher) et punk. A l’instar de « Chemical, chemical », par exemple. Avant d’être carrément catapulté, en fin de parcours, au début des années 80 ; pour un titre qui aurait pu être emprunté à Siouxsie. Le plus étonnant est que si plusieurs écoutes sont nécessaires avant d’apprécier leur nouvel album, « The new romance » (NDR : un opus plus noir et plus novateur que le précèdent), en ‘live’, on entre directement dans le vif du sujet. Et on ne peut que se réjouir de les revoir… en festival, cet été, deux ans après leur première apparition en Belgique, au Pukkelpop.