La première ébauche de Beguiling Junior

Le mystérieux duo Beguiling Junior, formé par Kaya Wilkins (Okay Kaya) et Oli Burslem (YAK), s'apprête à dévoiler son tout premier elpee intitulé « First Cut ». Attendu pour le 2 octobre 2026, ce disque marque la naissance officielle d'une collaboration aussi…

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Enregistré sous Ex:Re

Elena Tonra rompt le silence de son projet solo Ex:Re. La voix du combo indie-folk londonien Daughter annonce la publication de Save As, un nouvel elpee attendu pour le 30 octobre chez 4AD. Pour faire patienter l'auditoire, elle dévoile le single d'ouverture…

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Dernier concert - festival

L7
Gary Numan
Concerts

Jean-Louis Murat

Il vaut mieux jouir ici-bas...

A peine son nouvel album dans les bacs (" Le Moujik et sa femme "), l'Auvergnat était déjà de passage chez nous. Pas étonnant quand on sait qu'il ne fait que de " bons concerts ici " (c'est lui qui le dit) et parce que, disons-le, le public belge lui a toujours réservé un formidable accueil. Pourtant, la salle n'est pas remplie : sans doute que les gens préfèrent d'abord savourer l'album à la maison, et surtout, aimeraient bien le connaître avant de le voir défendu sur scène. C'est vrai que les nouvelles compos, aussi réussies soient-elles, n'ont pas encore eu le temps de s'installer dans nos oreilles et nos mémoires : qu'à cela ne tienne, c'est avec joie que les fans accueillent le chanteur, toujours un peu penaud mais diablement charmant (ce sont les filles qui le disent). Tout le " Moujik " sera passé en revue, sauf la chanson d'ouverture (L'amour qui passe) : un Hombre déchaîné, une Libellule qui nous aura appris qu' " il vaut mieux jouir ici-bas " (repris par tous), un superbe Monde intérieur où il fait bon vivre, un Baby Carni Bird ponctué par les " kootchie ! " enflammés du public, plein de dadas (et de kékés) en herbe… Accompagné de Fred Jimenez à la basse (d'A.S. Dragon) et de Jean-Marc Buffy à la batterie (PJ Harvey), Jean-Louis Murat rigole, lâche quelques vannes, mais se calme dès qu'il empoigne sa guitare ou s'assied au piano. Après quelques titres de " Mustango " (Polly Jean, Mustang, Au Mont Sans-Souci,…) et deux inédits longuets, l'Auvergnat s'en va, laissant derrière lui un public charmé. " Il vaut mieux jouir ici-bas ", disait-il… Il ne croyait pas si bien dire !

Duke Special

Duo insolite

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Le concert accordé au Botanique le 16 octobre affichant complet, il ne restait donc plus aux aficionados de The Divine Comedy qu'une seule alternative : se déplacer jusque l'Aéronef de Lille. Une opportunité qu'il ne fallait louper sous aucun prétexte ; car la bande à Neil Hannon ne se produit pas souvent sur le Vieux Continent. En outre, son tout dernier album, « Victory for the coming muse » est vraiment d'excellente facture.

En première partie, Duke Special nous a gratifiés d'un show à la fois 'vintage', humoristique et romantique. Romantique à cause des chansons de Peter Wilson, chansons qu'il interprète d'une jolie voix rappelant tantôt Rufus Wainwright, tantôt Damon Gough, mais avec un accent irlandais (NDR : il est issu de Belfast !) en s'accompagnant d'un piano droit en bois, plutôt étroit et assez vétuste. Physiquement, il ressemble à un jeune Robert Smith qui aurait laissé pousser de longs dreadlocks. Humoristique a vu des frasques continuelles de Chip Bailey Wilson. Sosie de Charles Dickens, mais la chevelure bien plus longue, ce pince-sans-rire bien britannique se réserve les percussions. Toutes les percussions. Aussi bien conventionnelles qu'insolites. A sa droite, il a installé une énorme caisse de profil. Devant lui, toute une série de boules semblables à des émoticônes, mais de la dimension des noix de coco. Sans oublier le kit de batterie 'dit' classique. Régulièrement, il s'approche du bord de la scène pour y produire des sonorités plutôt singulières à l'aide d'une sorte de manche à balai surmonté d'une cloche. Il se sert également d'une râpe à fromage et autres ustensiles de cuisine dont des couvercles de casseroles. 'Vintage' au vu du décor au sein duquel le duo a évolué tout au long de son set. Un décor qui ressemblait plus à une brocante (les gramophones, les vieux tourne-disques !) qu'à une scène de concert. Et non seulement la mise en scène a eu de quoi mettre de bonne humeur le public, mais la prestation de Duke Special s'est révélée absolument convaincante.

Huit musiciens montent sur les planches : un drummer, un percussionniste, un bassiste (NDR : le trio est posté au fond de la scène, mais sur une sorte de podium), un guitariste, un violoncelliste (qui double parfois aux claviers), un claviériste/pianiste et une violoniste (NDR : vêtue d'un tailleur strict, elle aurait pu relever d'un orchestre symphonique). Sans oublier Neil Hannon. Très mince, de petite taille (NDR : il ne doit pas mesurer 1m70 !), ce dandy possède une fameuse personnalité. De l'humour aussi, parfois teinté d'une pointe de cynisme. Une très belle voix : son baryton sensuel, parfois volontairement emphatique, vibrant, magnifie, en quelque sorte, toutes les chansons. Du charisme aussi. A moins que ce ne soit du cabotinage (NDR : une divine comédie ?). Lunettes de soleil sur le nez, il entame son répertoire en s'accompagnant à la guitare sèche. Par « Mother dear », une compo issue de son dernier elpee. Des lunettes et une six cordes qu'il va abandonner respectivement lors du quatrième et du cinquième morceau, pour se concentrer sur le chant. Il nous invite alors à danser lors de « Diva lady », un fragment franchement latino. Pour « Threesome », il rejoint les deux autres claviéristes derrière les ivoires : piano pour trois mains ! Epatant ! Une cover : le « Raspberry Beret » de Prince. Lors de « Mutual friend », tel un chanteur de charme, Hannon vient s'asseoir sur le bord de la scène, puis termine le show par « Tonight the fly » sous les acclamations de la foule. Si le set est parfaitement équilibré, mené de main de maître par Neil ; il faut également souligner le rôle joué par le violoncelliste et surtout la violoniste. Une véritable virtuose qui parvient non seulement à se fondre dans l'ensemble tout en donnant davantage de relief aux compos. Qui n'en manquent pourtant pas. Mais si sur disque, fruit de la rencontre entre musique de chambre, music hall et pop, la solution sonore de The Divine Comedy peut parfois sembler tendre et satinée, en 'live' le résultat est beaucoup plus pêchu et dense. Faut dire que l'osmose opérée entre les différents instruments frôle la perfection.

Après les deux titres accordés en rappel, la foule acclamait à tout rompre, reprenant même en chœur les paroles de « National express ». Impressionnant ! Quand reviennent-ils ?

Organisation FLP

 

The Young Gods

Le meilleur pour la fin...

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Difficile de comprendre qu'une formation dont le style musical repose essentiellement sur le hip hop puisse ouvrir un concert des Young Gods. Chroniqué dans ce magazine, le dernier album des Toulousains de Nonstop (« Road Movie en Béquilles »), mettait en exergue le talent de poète du vocaliste, Fredo Roman, chroniqueur social du monde contemporain. En outre, pour la tournée, le line up a décidé d'inclure le propre frère de Fredo et des ex-membres de Diabologum. Tout aurait été pour le mieux dans le meilleur des mondes, si le concert avait été à la hauteur. Ce qui fut loin d'être le cas. La voix monocorde de Fredo y est sans doute pour quelque chose. Et puis la musique manque cruellement de relief. Heureusement qu'elle n'a pas été diffusée Nonstop. Sans quoi, nous aurions chopé une crise d'apoplexie. Le mot de la fin viendra de Stéphane, dont la métaphore mérite réflexion : « Médecin sans frontières cherche infirmière sans culotte… »

Responsable d'une compilation l'an dernier (« XX Years 1985 – 2005 »), les Young Gods n'ont plus sorti grand-chose depuis l'an 2000 (« Second nature »). Il y a bien eu un live en 2001 (« Live at Noumatrouff »), un maxi vinyl en 2002 (« Denature 1 »), et un projet consacré à l'ambient en 2004 (« Music for artificial clouds »). Pour le reste, on est vraiment resté sur sa faim. Ce qui ne les a pas empêchés de tourner inlassablement. Bonne nouvelle, le trio a composé de nouvelles chansons et en a interprétée une demi-douzaine au cours de son set à l'Aéronef de Lille. Une grosse surprise : alors que le trio helvète a toujours manifesté une certaine hostilité pour la guitare, Franz y a recours à deux ou trois reprises… Mais venons en à leur prestation. Adossé à un light show en forme de points d'exclamation et de traits d'union, qui changent de couleur selon les compos, le trio campe toujours d'une manière assez insolite sur les planches. Pas le vocaliste, Treichler, qui occupe bien le centre de la scène, ni le claviériste et maître es samples, Al Comet, à sa gauche (NDR : et notre droite); mais le drummer, Bernard Trontin, à sa droite (NDR : et notre gauche) en retrait par rapport à ses deux comparses. Le début du concert ne fait guère réagir le public. Il y a bien « Lucidogen », le post blues « El magnifico », « Super Ready » et « Supersonic », entrecoupés des nouvelles chansons ; mais l'audience applaudit poliment, sans plus. Petite montée d'adrénaline pour « Skinflowers », « Kissing the sun » et puis le démoniaque et très groovy « Envoyé ». Mais le set est déjà terminé. Et on se demande si leur musique, fruit d'un mélange d'electro indus, de metal et de symphonie classique, n'est pas occupée de prendre un coup de vieux. A contrario, c'est à partir de cet instant que paradoxalement le meilleur va arriver. Un peu comme si les Young Gods voulaient en garder sous la pédale. « L'eau rouge » commence à couler. Hanté par les samples de guitare à la ZZ Top « Gasoline man » s'enflamme. Et le public chavire. Imprimé sur son tempo new wave, « L'Amourir » insuffle un souffle de vie. La voix de Franz s'y révèle caverneuse. Parfois il dessine une sorte de chorégraphie dont il a sans doute seul le secret. Ou empoigne son pied de micro, à la racine duquel a été fixé un spot qu'il oriente tantôt sur son faciès, tantôt vers le public, comme un projecteur. Et c'est déjà le deuxième rappel. Il nous concède un « Charlotte », dans le style cabaret d'Arno. Et puis clôt le spectacle par un « Speed of night » à l'intensité insoutenable, dans un dernier sursaut d'énergie dévastatrice. C'est à cet instant qu'on s'est rendu compte de la puissance du son que le groupe avait développée au cours de son show. Deux jours plus tard, les oreilles en sifflaient encore…

 

Polar

C'était mieux avant...

Il y a bien longtemps, dans les années 90, un type au teint livide chantait sa déprime sur fond de folk acariâtre : il s'appelait Polar, et portait un bonnet noir qui lui donnait des airs de cambrioleur à la petite semaine. Pas drôle, le mec, mais forcément touchant : ses deux premiers albums, « 1 » et « Bipolar », recelaient quelques perles à s'écouter toutes lumières éteintes, le doigt sur les tempes et la bouche crispée dans un rictus rageur. Depuis lors, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts de Genève, et l'on se demandait si Polar ne s'était pas noyé, lui aussi, tel un Buckley helvète. Dix ans plus tard, Polar refait pourtant surface et sort un quatrième album, « Jour Blanc », écrit en compagnie de Miossec. Qui pour le coup n'a pas l'air de s'être foulé le coude, tant les paroles s'avèrent naïves et dénuées de toute métaphore. Quand Polar monte sur scène, seul, sans bonnet, il nous balance donc ses nouvelles chansons, en français dans le texte, sans penser un instant à ses fans de la première heure. Et du Polar en français, c'est comme de la choucroute sans clou de girofle : ça passe mal. Chez lui, les 'roses sont des épines', à moins qu'il ne s'agisse d'un problème de liaison, mais en tout cas on ne peut s'empêcher de sourire. Etre ou avoir, peu importe, puisque les textes de ses autres chansons sont tout aussi à l'avenant : ni rimes, ni vigueur syllabique, Eric Linder devrait lire Flaubert. Heureusement que le mec est sympa : il nous raconte la genèse de quasi chacun de ses titres avant de les chanter, d'où la redondance, et l'ennui. Sympa, le mec : dommage qu'il se soit mis à la chanson française, et que d'un coup on croirait presque entendre Pascal Obispo chanter dans la montagne, au milieu des vaches violettes (cette voix, irritante à force de yodle démonstratifs). 'C'était mieux avant' ? Evidemment.

Peter Von Poehl, lui, peut se targuer d'avoir gravé un des meilleurs disques pop de l'année : l'excellent « Going to where the tea trees are », dont il interprétera 5 titres seul, à la guitare. On peut regretter l'absence de toute enluminure (synthés, cuivres, batterie, basse,…), mais présentées telles quelles, en toute simplicité, ses jolies mélodies gardent pourtant leur pouvoir d'attraction… Et quand le Suédois demande à l'assemblée de hululer en chœur sur « The Lottery », personne ne se fait prier et l'humeur monte doucement, jusqu'à envahir le parterre comme du sirop de liège. Même assis, le public réagit : il est conquis. Peter Von Poehl chante alors « The Story of the Impossible », la chanson-Mobistar, mais heureusement aucune sonnerie de GSM ne vient gâcher ce grand moment de poésie lo-fi. Avant de clôturer par « Going to where the tea trees are », Peter Von Poehl hasarde de sa voix cajoleuse quelques mots en français (il connaît bien la langue), plaisante à propos de Tricatel ; bref met tout le monde dans sa poche. Vivement la tête d'affiche en 'full live band' !

Mais les trentenaires dans la salle étaient surtout présents pour le concert de Dominique A, dont le dernier album avait déjà été présenté lors des dernières Nuits Botanique. 'Vous n'aviez pas envie d'aller voir Motörhead ?', ironise d'entrée de jeu notre homme en noir avant de balancer « Revoir les choses ». Pas d'« Overkill » en cover, mais la plupart des titres de « L'Horizon » joués pied au plancher, dans une ambiance glaciale qui en laissera plus d'un perplexe. C'est un Dominique A sec et rageur qui se présente à nous, le corps rigide et le regard frondeur : on n'est pas là pour rigoler, à moins d'aimer l'humour très pince-sans-rire du Français exilé à Bruxelles. « La Relève » et « Rouvrir » ne détendent pas l'atmosphère : il faut attendre « Le Camion », semblant de tube radiophonique, pour oser remuer les orteils en position assise. « La Mémoire Neuve » ranime de vieux souvenirs, mais la question semble être ailleurs : Dominique A aurait-il mal digéré son souper ? A part deux rappels où se succèdent enfin vieux tubes moins féroces (« Antonia » et « Le Courage des Oiseaux »), on ne peut s'empêcher de rester circonspect : il a fait froid pendant deux heures, et notre veste était consignée au vestiaire.

Wovenhand

A la recherche du droit chemin...

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Pas de trace des sœurs Smith lors du set accordé par Danielson, programmé en première partie de Wovenhand. Le groupe est réduit à un quatuor : un bassiste, un drummer, un claviériste ainsi que Daniel Smith à la guitare et au chant. Les musiciens sont cependant vêtus d'un uniforme (le prénom de chaque musicien est frappé sur leur pull-over) et coiffés d'une casquette. Pas davantage de mise en scène théâtrale qui jusqu'à présent a fait la réputation du groupe. Et un éclairage peu performant (NDR : à mon avis, il était déjà réglé pour Wovenhand). Privilégiant les compos du dernier opus, « Ships » (NDR : soit dit en passant, un des meilleurs albums de l'année !), le combo va livrer une prestation correcte, mais sans éclat. Les compos hymniques, déchirées par la voix glapissante de Daniel, s'enchaînent, sans parfois même laisser le temps aux spectateurs d'applaudir. Daniel parvient quand même à prononcer quelques mots sur l'origine du groupe ('Nous nous appelons Danielson et venons du New Jersey'), de présenter ses musiciens (NDR : en quatrième vitesse), de glisser quelques mots entre certaines chansons, d'annoncer le concert de Wovenhand juste avant le dernier morceau et de remercier le public pour l'accueil réservé. Et trente minutes plus tard, montre en main, Danielson se retire. Bref, la formation n'a servi ce soir que de 'supporting act'. Et son service minimum nous a laissé sur notre faim. On aimerait ainsi pouvoir assister à un de ses sets, lorsqu'il est au grand complet et dans de meilleures conditions (jeux de lumières, décors, chorégraphie, etc.).

Désolé pour les photos, mais l'interview de Daniel Smith (fort intéressante par ailleurs) s'est prolongée au-delà du temps prévu ; et il n'a plus été possible d'approcher du podium lors de la prestation de Wovenhand. Et pour cause, la salle était tellement bondée qu'il a fallu passer derrière la structure soutenant les places assises pour entrevoir le spectacle à gauche de la scène (NDR : qui a dit près du bar ?). Consolation, cet article est quand même illustré par de superbes photographies du groupe, prises par Aude, lors de la dernière édition du festival des Ardentes.

David Eugène Edwards est particulièrement apprécié aux Pays-Bas, en Allemagne et surtout en Flandre. L'AB devait compter, lors de cette soirée, près de trois-quarts de néerlandophones. Pas étonnant, lorsqu'on sait qu'il a réalisé la bande sonore du spectacle de danse 'Blush' de Wim Vandekeybus. Après avoir mis fin à l'existence de 16 Horsepower, David a donc réactivé le projet Wovenhand. Ou plus exactement l'a rendu plus permanent. Sur disque, la différence de musique est très palpable. L'ambiance est plus moyenâgeuse. L'orgue y est plus présent. Et sur le quatrième album, « Mosaic » (NDR : encore un des albums de l'année !), il y a même de l'harmonium. Malheureusement, le claviériste Daniel Mac Mahon brille par son absence. Par contre, l'ex-bassiste de 16 Horsepower, Pascal Humbert, est revenu dans le parcours : à la basse, bien sûr…. Le line up est complété par un guitariste et un drummer (Ordy Garrison ?). David (NDR : barbu, il ressemble à Vincent Van Gogh) est assis sur le devant de la scène. Il joue alternativement de la guitare, du banjo ou de la mandoline (NDR : plus d'accordéon). Le son est puissant, mais le ton toujours aussi ténébreux. A cause de la voix de David, bien sûr. Mais le mélange de musique gothique, d'Americana, d'alt country, de bluegrass et de folk apalachien n'a jamais sonné aussi rock. Pas la peine de revenir sur les sujets abordés qui tournent toujours autour de la Bible. Ce qui pousse parfois Eugène à entrer comme dans une transe. Dans la salle, un spectateur lui réclame une chanson triste. Il répond qu'il n'en connaît pas… Le groupe interprètera deux titres du 16 Horsepower : tout d'abord une version retravaillée de « Phyllish rush » (rebaptisée « Phillysh An »), puis en rappel et en solo l'incontournable « Black soul choir ». Bref, si ce concert s'est avéré de bonne facture, il a surtout manqué de surprise. Mais franchement, était-il donc nécessaire de dissoudre 16th Horsepower pour conduire un nouveau projet à une formule aussi basique ? La question reste posée. Mais personnellement, j'ai l'impression qu'il s'est trompé de chemin (NDR : pour un évangéliste !)…

Setlist :

Sign of The Zodiac

Winter shaker

Speaking Hands

Elktooth

Chest of Drawers

Sparrow falls

Dirty blue

Whisteling girl

Slota Prow / Full armour

Truly golden

White bird

Deerskin doll

Phyllis Ann

Down in Yon Forest

Tin finger

Outlaw song

Black Soul Choir

Your Russia

Danielson

Les contraintes du supporting act...

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Pas de trace des sœurs Smith lors du set accordé par Danielson, programmé en première partie de Wovenhand. Le groupe est réduit à un quatuor : un bassiste, un drummer, un claviériste ainsi que Daniel Smith à la guitare et au chant. Les musiciens sont cependant vêtus d'un uniforme (le prénom de chaque musicien est frappé sur leur pull-over) et coiffés d'une casquette. Pas davantage de mise en scène théâtrale qui jusqu'à présent a fait la réputation du groupe. Et un éclairage peu performant (NDR : à mon avis, il était déjà réglé pour Wovenhand). Privilégiant les compos du dernier opus, « Ships » (NDR : soit dit en passant, un des meilleurs albums de l'année !), le combo va livrer une prestation correcte, mais sans éclat. Les compos hymniques, déchirées par la voix glapissante de Daniel, s'enchaînent, sans parfois même laisser le temps aux spectateurs d'applaudir. Daniel parvient quand même à prononcer quelques mots sur l'origine du groupe ('Nous nous appelons Danielson et venons du New Jersey'), de présenter ses musiciens (NDR : en quatrième vitesse), de glisser quelques mots entre certaines chansons, d'annoncer le concert de Wovenhand juste avant le dernier morceau et de remercier le public pour l'accueil réservé. Et trente minutes plus tard, montre en main, Danielson se retire. Bref, la formation n'a servi ce soir que de 'supporting act'. Et son service minimum nous a laissé sur notre faim. On aimerait ainsi pouvoir assister à un de ses sets, lorsqu'il est au grand complet et dans de meilleures conditions (jeux de lumières, décors, chorégraphie, etc.).

David Eugène Edwards est particulièrement apprécié aux Pays-Bas, en Allemagne et surtout en Flandre. L'AB devait compter, lors de cette soirée, près de trois-quarts de néerlandophones. Pas étonnant, lorsqu'on sait qu'il a réalisé la bande sonore du spectacle de danse 'Blush' de Wim Vandekeybus. Après avoir mis fin à l'existence de 16 Horsepower, David a donc réactivé le projet Wovenhand. Ou plus exactement l'a rendu plus permanent. Sur disque, la différence de musique est très palpable. L'ambiance est plus moyenâgeuse. L'orgue y est plus présent. Et sur le quatrième album, « Mosaic » (NDR : encore un des albums de l'année !), il y a même de l'harmonium. Malheureusement, le claviériste Daniel Mac Mahon brille par son absence. Par contre, l'ex-bassiste de 16 Horsepower, Pascal Humbert, est revenu dans le parcours : à la basse, bien sûr…. Le line up est complété par un guitariste et un drummer (Ordy Garrison ?). David (NDR : barbu, il ressemble à Vincent Van Gogh) est assis sur le devant de la scène. Il joue alternativement de la guitare, du banjo ou de la mandoline (NDR : plus d'accordéon). Le son est puissant, mais le ton toujours aussi ténébreux. A cause de la voix de David, bien sûr. Mais le mélange de musique gothique, d'Americana, d'alt country, de bluegrass et de folk appalache n'a jamais sonné aussi rock. Pas la peine de revenir sur les sujets abordés qui tournent toujours autour de la Bible. Ce qui pousse parfois Eugène à entrer comme dans une transe. Dans la salle, un spectateur lui réclame une chanson triste. Il répond qu'il n'en connaît pas… Le groupe interprètera deux titres du 16 Horsepower : tout d'abord une version retravaillée de « Phyllish rush » (rebaptisée « Phillysh An »), puis en rappel et en solo l'incontournable « Black soul choir ». Bref, si ce concert s'est avéré de bonne facture, il a surtout manqué de surprise. Mais franchement, était-il donc nécessaire de dissoudre 16th Horsepower pour conduire un nouveau projet à une formule aussi basique ? La question reste posée. Mais personnellement, j'ai l'impression qu'il s'est trompé de chemin (NDR : pour un évangéliste !)…

 

Quintron & Miss Pussycat

Everyone is a badass!

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Auteurs d'un des albums de rock les plus furibards de l'année 2006, Quintron & Miss Pussycat avaient été contraints d'annuler, il y a deux mois, leur seule et unique date belge… De passage à Strasbourg ce mardi 17 octobre, les deux dégénérés de la Nouvelle-Orléans ont offert l'occasion aux irréductibles d'effectuer un petit crochet par la capitale alsacienne afin d'apaiser leur frustration…

La Laiterie, 17 octobre 2006. Une file interminable s'allonge depuis l'entrée de la célèbre salle strasbourgeoise jusque dans la rue avoisinante. Battant le pavé en cette douce soirée d'été indien, de jeunes filles en fleurs batifolent sous le regard concupiscent d'un groupe d'adolescents boutonneux. Un peu plus loin, plusieurs couples proches de la quarantaine se tiennent par la main, tout excités à l'idée d'avoir laissé les enfants à la maison pour une soirée musicale dont ils risquent de se souvenir… Impressionnant, vraiment, tout ce monde… Et diablement étonnant… Quoi, les Quintron & Miss Pussycat, sortes de Jon Spencer et Nico de bas quartier allumés à la benzédrine seraient donc 'famous in Strasbourg' ? Trônant en face des vestiaires, c'est l'antipathique receveur qui donne la réponse à cette interrogation bien légitime… ´Quintron & Miss Pussycat? C'est de l'autre côté ! Ici c'est The Divine Comedy...' dit-il en désignant une ruelle sombre au bout de laquelle luit une enseigne aux couleurs blafardes… Aaaah, c'était donc ça, les jeunes filles en fleur, les couples souriants… Et en effet, 200 mètres plus loin, à l'intérieur du club 'La Laiterie', la situation est quelque peu différente. Accoudés à un bar derrière lequel un barman à l'allure de Hell's Angel se tient raide comme une crosse de fusil, deux junkies, l'air paumé, sirotent une bière tout en avisant DJ Pasta, l'homme censé 'chauffer' la salle avant le concert. Pour le reste, l'endroit est vide… Ambiance glauque… Les paris sont pris. 20 ? 30 personnes pour ce concert programmé au bout du monde?

Master of Puppets

22H00. Après une heure d'attente, le petit théâtre de marionnettes installé sur la scène mais caché par la pénombre s'illumine. Le rideau se lève devant la quarantaine de spectateurs présents et laisse la place à de petites figurines vicieuses s'exprimant dans un anglais gras comme une dinde de Thanksgiving. Commencent alors 15 minutes d'abysse durant lesquelles se succéderont diables en rouleau de papier toilette et chaussettes en forme d'arbres bavards à la fenêtre de ce guignol pour enfants nourris, dès le placenta, aux Lucky Strike arrosées de whisky bon marché… 15 minutes, le temps nécessaire sans doute à Mister Quintron pour se préparer ; puisque le petit spectacle terminé, c'est bien lui qui monte sur scène et s'installe derrière son orgue décoré d'un pare-choc emprunté à une vieille Américaine. Arrive ensuite Miss Pussycat, satisfaite semble-t-il de son petit spectacle de marionnettes… Le show va pouvoir commencer.

'No more beer please…'

Pendant une heure et demie, Quintron & Miss Pussycat vont enchaîner les morceaux rock and roll à souhait. S'échinant derrière ses machines, Quintron est l'homme à tout faire d'un combo dont la folie fait plaisir à voir. Jonglant d'un air halluciné avec son orgue, de vieilles boîtes à rythme, deux micros sursaturés et un mellotron aux sonorités spatiales, l'homme chante aussi et surtout diantrement bien. A ses côtés Miss Pussycat agite maracas et popotin tout en s'égosillant à produire des chœurs hystériques. Le duo, s'il est parfois approximatif, n'en a pas moins la classe et réussit à faire danser le maigre public qui n'en demandait pas tant… Visiblement heureux de cette réaction positive, Quintron n'hésitera d'ailleurs pas à descendre dans la fosse pour accompagner ses fans dans une gigue éthylique, épisode auquel participera aussi une Miss Pussycat éclusant bière sur bière au point de se faire rappeler à l'ordre par un service de sécurité lui intimant un 'No more beer or the concert is over' pas vraiment à propos… 'You're a badass… I'm a badass… He's a badass' répète Mister Q. tout en pointant du doigt chaque membre du public lors d'un final qui le verra allumer les phares de sa voiture-orgue démoniaque le temps d'un aller simple pour l'enfer. Un enfer pavé de bonnes intentions par cette formation complètement dingue…

 

Two Star Hotel

Bien le bonjour de la voie lactée?

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Moins de monde que prévu pour cette belle affiche programmée par ' Rock it Mourcourt', une organisation particulièrement dynamique issue de la région de Tournai. Fondée début 2004, sa programmation privilégie la mouvance punk rock garage 60's/70's. Et la configuration du Centre culturel de Mourcourt se prête très bien à ce type d'évènement. Par contre, pas mal de spectateurs (dont plusieurs médias) découvraient pour la première fois cette petite salle. Et il ne fait aucun doute, qu'ils auront apprécié la convivialité de cet espace perdu au beau milieu de la campagne tournaisienne.

Les Lunar Tiki's, vous n'en avez probablement jamais entendu parler. Et pourtant, hormis la chanteuse, ce quintet est composé de vétérans de la scène rock. On y retrouve ainsi le claviériste Simon Rigot (ex- Bernthøler), le bassiste Philippe 'Flupke' De Clercq (il a milité chez les Moonshades et The Nervous Shakes), le guitariste Roland Bettenville (fan de surf music, cet ingénieur en électronique s'est illustré au sein de diverses formations locales au cours des nineties) ainsi que le drummer Michel Zylbersztajn. Alias Michel Z, il a enregistré un album sous le patronyme NOH MASK, sévi chez les Streets et surtout les Names. Pour ceux qui s'en souviennent encore, The Names s'était produit en première partie de A Certain Ratio, à Manchester en 1980, avait commis un single remarquable l'année suivante (« Calcutta ») et un excellent album en 1982 (« Swimming »), sur le label 'les Disques du Crépuscule' et sous la houlette de Martin Hannett. La chanteuse n'a que 18 ans. Mais sa voix est puissante, claire, sensuelle et bien timbrée. Et quoique de petite taille elle possède une véritable présence sur les planches. Musicalement, les Lunar Tiki's pratiquent un rock/garage/psyché/surf assez efficace. Surtout lorsqu'ils interprètent leurs compos personnelles. Une solution sonore délicieusement rognée par l'orgue Hammond. Un regret : le choix de deux reprises : « L'aventurier » d'Indochine et « Tainted love » de Soft Cell, enfin immortalisée par Soft Cell. Pas assez revues et corrigées suivant le code garage. Donc pas assez originales. Mais dans l'ensemble, cette entrée en matière s'est révélée plutôt réussie…

Fort d'un premier album épatant (« Hellelujah »), dont les ventes ne décollent toujours pas (un phénomène invraisemblable !), The Experimental Tropic Blues Band est donc reparti en tournée. Après leur set, le trio devait filer sur Mons pour clôturer un mini festival. Ce qui explique pourquoi, en début de prestation, on avait l'impression qu'il en gardait sous la pédale. Par rapport aux concerts auxquels j'ai pu assister du combo, Dirty Woolf semble plus effacé. C'est Boogie Snake qui se charge davantage des vocaux. Il s'agite, se secoue la longue chevelure blonde et dirige les débats. Il se laisse même porter par le public. Bien équilibré, le tracklist alterne compos bluesy et titres plus trash. L'électricité fait rage. A un tel point que Dirty Wolf, commence enfin à se réveiller et empoigne le fil alimentant  les loupiotes pendues au dessus de la scène. L'effet est immédiat : une panne de courant. Mais le groupe en a vu d'autres et Boogie Snake se lance dans un show improvisé au milieu du public, le temps de remettre le jus. Faut croire que cet incident a eu le don de survolter Wolf, puisqu'il s'est enfin lâché, se laissant, à son tour, porter par le public, et se déchaînant à son tour sur scène. L'intensité est alors maximale ; mais le groupe doit encore prester 50 km plus loin. Et en un éclair, remballe le matos, remercie vivement le public et prend la clef des champs. Dommage, car on a eu l'impression de n'avoir eu droit qu'à un échauffement. Question quand même : pourquoi une guitare rectangulaire (elle me rappelle celle de Bo Diddley) est demeurée dans son rack ?

C'est dans leur combinaison intergalactique que Two Star Hotel avait décidé de se produire. Sous cet accoutrement, la formation de Al et Ben Plastic n'a jamais été aussi proche de Devo. Même dans l'attitude. Robotique, mécanique, hypnotique, son funk blanc me rappelle même parfois Gang Of Four, mais sans les breaks. C'est sans doute ce qu'ils appellent du plastic-avant-rock. Fatalement, mis sur orbite par une musique semblable, on a envie de danser. Un excellent chanteur, une énergie sidérale, un jeu de scène bien en place, il ne manque plus à Two Star Hotel que de baliser ses compos de ruptures pour s'extraire d'une certaine linéarité mélodique et peut-être le concours d'un clavier pour donner davantage d'amplitude à leur odyssée sonore. C'est un avis que partageaient bon nombre de spectateurs lors de ce rendez-vous cosmique. Et sans doute une condition pour que T.S.H. s'extirpe de la zone nébuleuse de l'underground (encore que vu les costumes on se serait cru catapulté dans un épisode de la 'Guerre des étoiles'). Faut-il encore qu'il le veuille…

Au cours de cette soirée, on a eu droit au show théâtral d'Interlude. Dans les chiottes, dans le public et même sur le podium. Quatre types habillés comme des agents secrets du KGB (devait faire chaud là-dessous) qui chantent –notamment– des comptines de Noël pendant que l'un d'entre eux gratte un ukulélé. Le spectacle est très humour second (voire troisième) degré et s'achève par le strip-tease d'un des membres tournant sur lui-même, la tête surmontée d'une bougie et exhibant des boules (de Noël, bien sûr) accrochées à la taille. Apparemment, le sexe féminin a beaucoup apprécié l'effeuillage…

Kristin Hersh

Et si les Throwing Muses se reformaient?

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Retrouver le Handelsbeurs de Gand est un véritable plaisir. Une salle dont l'esthétique et l'acoustique valent autant le coup d'œil que le confort de l'oreille. Et un concert de Kristin Hersh se prête très bien à une semblable infrastructure, surtout lorsque le groupe bénéficie du concours d'une violoniste et d'un violoncelliste, c'est-à-dire Kimberley et Martin McCarrick, couple qui avait notamment participé aux sessions d'enregistrement de l'excellent dernier opus de Kristin, « Learn to sing like a star ». Un duo qui s'est chargé du supporting act, par ailleurs.

Assis face à face, mais de profil par rapport au public, les époux Mc Carricks nous ont proposé un set fort bien construit, pulsant mais assez austère. Et pour faire passer la pilule, le ménage a eu la bonne idée d'illustrer sa prestation de clips, projetés au fond de la scène. Des vidéos filmées tantôt en noir et blanc (celle relative aux contorsionnistes est absolument impressionnante et d'une élégance rare) ou en couleurs (des scènes de la vie urbaine) au cours

desquelles les différentes techniques de 'ralenti' sont judicieusement utilisées. Le duel instrumental entre mari (pas n'importe qui, puisque la carte de visite de Martin mentionne des collaborations auprès de Siouxsie & The Banshees, Dead Can Dance, Marc Almond et même de Therapy ?) et femme (aussi talentueuse que jolie !) est balisé de samples, de boucles et de boîtes à rythmes. Une indication : imaginez un hybride entre Laurie Anderson, Kraftwerk et Apocalyptica. Pour la musique, of course !

Kristin Hersh monte sur scène. On ne peut pas dire qu'elle soit sexy ! Mince, quand même. Un tee-shirt délavé, une jupe mi-longue à (grosses fleurs). Pas ou très peu de maquillage. Des sandalettes montées sur grosses semelles. Pas de tape à l'œil, c'est une certitude. Tout est dans l'expression du visage pour faire passer ses sentiments de tendresse, de douleur de colère ou de mélancolie. Et aussi dans le timbre gémissant de sa voix aux inflexions si particulières. Entre chaque morceau, elle badine tantôt avec le public ou son drummer. Un rôle pour lequel on retrouve l'incontournable David Narcizo. Et à la basse, Bernard George (impliqué chez 50 Foot Wave, il avait également milité chez Throwing Muses). Elle va interpréter une majorité de titres issus de son dernier album, dont l'énergique « Day glo », « Wild Vanilla », « Nerve endings », le single « Under the gun », « Winter », « In shock », le légèrement psyché « Sugar baby » ainsi que « Thin man », s'accompagnant tantôt à la guitare électrique, tantôt à la sèche. Deux compos issues de « Sunny border blue » (l'orchestral « Dirty answer » et « Listerine »), une de « Hips and makers » (l'hypnotique « Your ghost »; il ne manquait que Michael Stipe) et une autre de Space angels (« Gazebo tree »). Régulièrement, les compos adoptent le rythme d'une valse ou sont imprimées sur un mid tempo. Ce qui n'empêche pas certaines d'entre elles de libérer une intensité électrique impressionnante (Kristin dispose de quatre pédales de distorsion !) David ne se contente pas des drums et des percus (il est franchement impressionnant lorsqu'il agite des maracas de la main gauche, tout en battant la mesure du pied et en frappant ses fûts sur un autre rythme de l'autre main ; il me rappelle même un certain Jonathan 'Butch' Norton, le drummer d'Eels), mais assure de temps à autre les backing vocaux. Dommage d'ailleurs qu'il ne se consacre pas davantage à cet exercice de style, car sa contre-voix se conjugue parfaitement en harmonie avec celle de Kristin. Et toute cette solution sonore est balayée par les interventions de cordes intenses, majestueuses ou vertigineuses des McCarricks. En rappel, la formation va nous réserver une compo de Throwing Muses, « White bikini Sand » absolument remarquable. Et cerise sur le gâteau, Hersh va revenir en solitaire, pour interpréter « Snake oil », issu de « The grotto », en s'accompagnant uniquement à la sèche. Kristin, tu reviens quand tu veux ! Et si c'est en compagnie des Throwing Muses, c'est encore mieux…

Antipop Consortium

Les chevaliers de l'apocalypse hip hop ont préféré se la rapper douce...

On l'a déjà dit : leur hip-hop synthétique, en crise permanente d'épilepsie électronique, déroge à toutes les règles établies par MTV et le music business, cette industrie qui préfère les poufs gonflées à l'hélium et les rappers aux tablettes de chocolat que les vrais défricheurs, ceux qui bousculent les conventions, malmènent les gros clichés. En mixant allègrement opéra, musique concrète et soul millésimée, Antipop Consortium invente un rap hybride, mille-feuilles, absorbant toutes les influences pour mieux les malaxer et, par là, leur rendre hommage. Fini les chapelles, les guéguerres de petites frappes, les batailles à coup de dollars et de poupées gonflables : Antipop consortium nous livre sa recette miracle pour transformer la soupe R'n'B en mets d'esthète. "Arrhythmia" étonnera donc les fans de P. Diddy par ses parti-pris casse-gueule (de l'opéra, pensez donc !), mais ne décevra pas les amateurs de musiques de traverse, ceux qui ne voient pas d'inconvénients à écouter du rap sur Warp (ou vice-versa) - un rap où les platines ont été remplacées par des machines, les "bitches" par des bips bips pas chiches.

Tout semblait donc bien parti pour que ce concert à l'AB soit une énorme claque, une expérience déconcertante mais jamais fatigante. Seuls quelques séquenceurs, laptops et boîtes à rythmes occupent le milieu de la scène, preuves supplémentaires qu'Antipop Consortium n'est pas un groupe de rap comme les autres. A l'arrivée des quatre MC's bidouilleurs, les esprits s'échauffent, tandis que retentissent les premiers (break)beats d'un concert qui, finalement, se révèlera moins passionnant que prévu. C'est que leurs morceaux passent difficilement l'épreuve de la scène… Leur structure, ouverte et malléable, se révélait pourtant un terrain propice aux expérimentations live les plus folles : pas de chance, les quatre chevaliers de l'apocalypse hip hop préfèrent se la rapper douce, sans extravagances ni prise de risque. Après une heure de prestation en flow libre mais sans grande surprise, le public semble assez déçu, persuadé que les New-Yorkais ont raté le coche. Il n'a pas tout à fait tort.