La première ébauche de Beguiling Junior

Le mystérieux duo Beguiling Junior, formé par Kaya Wilkins (Okay Kaya) et Oli Burslem (YAK), s'apprête à dévoiler son tout premier elpee intitulé « First Cut ». Attendu pour le 2 octobre 2026, ce disque marque la naissance officielle d'une collaboration aussi…

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Elena Tonra rompt le silence de son projet solo Ex:Re. La voix du combo indie-folk londonien Daughter annonce la publication de Save As, un nouvel elpee attendu pour le 30 octobre chez 4AD. Pour faire patienter l'auditoire, elle dévoile le single d'ouverture…

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Concerts

Lindsey Stirling

Sueur, show et émotion : on peut dire qu’elle se livre Stirling…

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Sous un soleil printanier, c’est le grand retour de votre serviteur, après 4 mois d’absence, à l’AB. En débarquant vers 18h30, une longue file s’étire depuis l’entrée jusqu’à la moitié de la Rue des Pierres. Ce soir, la fée clochette est venue défendre son troisième elpee, « Brave Enough », sorti l’année dernière. Elle s’était déjà produite au même endroit, en 2014. Pas de supporting act. Le début des hostilités est prévu à 20h30. Et la performance durera 120 minutes. Le spectacle est sold out. Faut dire que Lindsey Stirling recense plus de 8 millions d’abonnés sur Youtube dont les vidéos comptabilisent plus de 1,3 milliard de vues... 
Non seulement la Californienne est compositrice, violoniste hors pair (NFR : elle est capable de jongler avec ses cordes comme une équilibriste), mais c’est aussi une danseuse étoile et une chorégraphe exigeante. En outre, et c’est nouveau, elle chante et interagit avec son public, pour le tenir en haleine, d’un bout à l’autre de son show.
Véritable touche-à-tout, Lindsey a bâti sa réputation en créant des spectacles théâtraux uniques tout en tirant parti d’un style musical original, mêlant folk, pop et dubstep. En ‘live’, danseurs, projections vidéo et lumières alimentent cette mise en scène. Quatre danseuses et deux musiciens vont encadrer Lindsey, dont les tenues sont à la fois colorées et surprenantes, et qu’elle remplace à la vitesse éclair, histoire de ne pas briser la spirale dynamique de son spectacle…   

Une estrade plutôt imposante coupe le décor en deux parties. Le drummer s’est planté à droite et le préposé aux synthétiseurs et machines, à l’extrême gauche. Central et surélevé, ce podium va permettre de suivre plus aisément l’évolution de Lindsey et de ses danseuses. Ce qui ne va pas les empêcher de déambuler en front de scène. Des vidéos sont projetées sur les parois de ces structures.

Un déluge de lumières et des effets spéciaux en 3D inondent « Beyond The Veil », le morceau d’ouverture. Lindsey a enfilé un short de couleur noire retenu pas des bretelles multicolores. Elle fait face à l’écran. Elle revient toujours au premier plan, armée de son violon. Dont les sonorités sont électrifiées. Elle est partout à la fois. Ses quatre danseuses miment des gestes, l’une derrière l’autre, un peu à la manière Jackson Five.

Lzzy Hale, la chanteuse de Halestorm, apparaît sur l’écran en hologramme et accompagne Lindsey au chant, tout au long de « Shatter Me », le titre éponyme du second opus. Elle danse pendant « Elements ». Le pas est précis et étudié. Ses partenaires l’accompagnent. Les sonorités du violon sont stridulantes. Les percus et les machines crachent leur dubstep. Et le tout sous le feu d’un light show aveuglant.

Des roadies amènent un piano et des percus miniatures. Miniature comme le violon de Lindsey, vêtue maintenant d’une robe bleue. Accoutrés d’un peignoir de bain de couleur blanche, les musicos sont accroupis et préparent une veillée acoustique. Le trio accorde les instruments, avant que la situation ne dérape dans un délire… humoristique. Flanquée de son minuscule violon, Lindsey nous plonge dans les jeux vidéo : « Legend Of Zelda » et « Lord Of The Rings », deux morceaux surprenants, mais superbes. Après « Harry Potter », les musiciens se consacrent, l’un à la gratte semi-acoustique, et l’autre au cajon, sur « Something Wild ». « Gavi’s Song » rend hommage au père de Mrs Sterling. Elle nous invite à partager ses émotions, ses joies et ses peines.

Lindsey a repris son instrument classique pour « Those Days ». Des images de cieux perturbés défilent sur les écrans. Un autre hologramme se manifeste. Il s’agit d’un homme, dont la voix est atmosphérique.

« Crystallize », c’est le hit qui a permis à Lindsey de passer de l’anonymat à la célébrité. Un grand moment d’émotion et d’intensité, au cours duquel le public, chauffé à blanc, réagit au ¼ de tour.

Avant d’attaquer « The Arena », elle a de nouveau enfilé son short à bretelles. Des images de villes américaines sont diffusées sur les écrans. Idéal pour proposer « Star align », un morceau de country/western/americana endiablé. Et également de quoi faire monter la température, encore de quelques degrés. Un peu de magie vient clore le set. L’artiste est découpée en plusieurs fragments et réapparaît dans une cage en verre. Le spectre de Tim Burton vient de planer. Mais aussi de Houdini… 

En rappel, on aura droit à un mix entre « Roundtable Rival » et « Don’t Let This Feeling Fade ». Caractérisé d’abord par un duel entre cordes. Le bidouilleur s’est emparé d’une gratte électrique et affronte le violon de Lindsay Stirling, de nouveau en short, mais dont le t-shirt est étoilé. Dépassant les 10 minutes et dansant, le titre vire alors à un cocktail de country, de dubstep et d’électro ; et la fin de parcours va même nous entraîner dans le ‘french cancan’. Ainsi se termine une soirée lumineuse animée par une fée clochette transpirant de bonheur et de bonne humeur. Faut dire qu’elle n’a pas ménagé sa sueur pour conquérir son public...

(Organisation : Greenhouse Talent)

Gojira

Un rêve éveillé

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Nul doute que bon nombre de metalheads avaient entouré de rouge ce 20 mars dans leurs agendas. Et pour cause, propulsé par le succès unanimement et internationalement reconnu de son dernier opus, « Magma », paru l’an dernier, Gojira se produisait dans la capitale belge. L’Ancienne Belgique affichait sold out depuis quelques semaines ; autant dire que les artistes issus du Sud-Ouest de la France étaient attendus de pied ferme. Immersion. 

En arrivant un quart d’heure après l’ouverture des portes, un constat s’impose : la majorité des spectateurs qui ne sont pas occupés à griller une cigarette face à l’AB ou à se désaltérer au bar, sont déjà réunis dans la fosse afin de tendre une oreille curieuse à Car Bomb, qui ouvrira le bal. Un bref coup d’œil au merchandising permet de croiser les classiques t-shirts et autres goodies à l’effigie de Gojira. Délestés d’un modeste billet vert de cent euros, vous enlèverez un de ces drumheads customisés pour l’occasion par le batteur, Mario Duplantier. Mais tel le chant des sirènes, le vrombissement de la batterie vous aspire rapidement à l’intérieur.

Les musiciens de Car Bomb sont alignés à l’avant du podium. L’arrière est déjà envahi par le matos des deux autres combos qui leur succèderont. Les trois bands programmés sont passés au Metal 2.0, préférant la projection de leur logo à la place du mythique backflag imprimé sur tissu. Ainsi, les lettres géométriques et blanches de Car Bomb tapissent le fond de la scène. Cheveux crépus et ramassés sur le haut du crâne, Elliot Hoffman martèle ses fûts tel que l’exige le mathcore : dissonant, précis, chirurgical et mécanique. L’incarnation de la géométrie par l’image et par le son. Six projecteurs, disposés de part et d’autres de l’estrade et installés sur des structures métalliques, balaient leurs rayons blancs en direction de la fosse. Et ils sont aveuglants. Michael Dafferner, tapi dans l’obscurité et casquette vissée sur le crâne, s’époumone inlassablement, inondant l’espace de sa voix gutturale et puissante. Pour une première partie, la formation new-yorkaise bénéficie d’un set confortable de huit morceaux ; de quoi laisser l’auditoire découvrir son style totalement déstructuré et, sur la longueur, un tantinet répétitif. Les aficionados qui ont fait le déplacement semblent néanmoins apprécier.

Autre genre, autre groupe. Originaire de Pennsylvanie, Code Orange grimpe sur les planches. Imaginez donc l’ambiance futuriste : le robot a pris le pas sur l’homme, la race humaine est proche de l’extinction, H-2 avant l’apocalypse. Code orange avant que tout ne soit soufflé. L’air est aussi lourd et oppressant que les lignes de guitares, tel un étau de champs magnétiques qui, petit à petit, se referme et broie tout sur son passage. Un style musical indéfinissable, une forme hybride robotico-nihiliste de Hardcore-Punk. Si les compositions sont atypiques, les rôles respectifs de chaque musicien le sont tout autant. Derrière son kit de batterie, Jami Morgan frappe comme une brute tout en assurant la majeure partie du chant, typé Hardcore. A sa gauche, Eric Balderose assume une des deux grattes, tout en assénant des salves gutturales au micro et en enrichissant les compositions de nappes indus’ anxiogènes. Et que dire de Joe Goldman, espèce de colosse sous excitant qui n’a de cesse de martyriser sa basse tout en frappant les airs, piqué par une hargne survitaminée. Le tout, sous l’œil glacial de la gueule d’une panthère stylisée et métallique, projetée en arrière-plan. ‘On vous remercie d’être venus plus tôt, afin d’écouter notre groupe que vous ne connaissez sûrement pas…’, lâche Jami, en s’adressant à la foule. On ne peut pas lui donner tort, mais une chose est sûre : cette formation, absolument singulière, mérite d’être appréciée.

Le caractère sold out de la soirée révèle à présent son plein potentiel : de la fosse aux balcons, l’Ancienne Belgique est pleine comme un œuf. Un public majoritairement trentenaire et plus, typé Metal ou non, en couple, avec des amis ou de la famille ; bref, c’est un parterre particulièrement hétérogène qui accueille, ce soir, le combo français. Et pour cause : en vingt-et-un an d’existence, Gojira n’a cessé de faire exploser les frontières des genres, d’explorer de nouvelles sonorités, de mêler la composition musicale à la recherche spirituelle. La scène est sobre : seule la batterie de Mario Duplantier est surélevée et surplombe la salle, telle un trône. Il est le premier à opérer son entrée, entraînant un flot d’acclamations. Christian Andreu et Jean-Michel Labadie le suivent, respectivement guitare et basse à la main. Le frontman et chanteur, Joe Duplantier, binôme fraternel, déboule le dernier sur l’estrade. La machine infernale se met en marche. Les fûts résonnent et « Only Pain », issu du dernier LP, « Magma », ouvre le set. Des spots ascendants verts et bleus confèrent au décor une ambiance obscure et énigmatique, renforcée à coups de projections en arrière-plan, typiquement ‘gojiriennnes’, où des traits de personnages deviennent tortueux, des silhouettes apparaissent et disparaissent. Les forces de la nature –que ce soit des figurations de la pluie, de la neige, des éclairs ou encore des éruptions terrestres– contribuent à créer cette atmosphère d’entre-deux, réalité fantasmée, une séance de chamanisme qui conduit à l’envoûtement. Un rêve éveillé.

La part belle sera évidemment faite au dernier opus, dont le lourd et épique « Stranded », le planant « The Cell » ou encore l’arabisant « Silvera ». Eruption de vivats dans l’auditoire quand, après avoir été plongée dans le noir, surgissent des entrailles de l’AB des murmures de baleines, suivies par la projection de l’animal en mouvement, nageant dans des eaux troubles et sombres. Les guitares sont fascinantes à souhait, laissant échapper des nappes mélodiques sur lesquelles le public se laisse docilement bercer, naviguant à vue au rythme des blasts et de la voix des magiciens Duplantier. ‘Après vingt ans, on peut dire que ça commence à bien rouler pour nous…’, reconnaît Joe. ‘Je me souviens la première fois qu’on est venu en Belgique, c’était en 2004, au Magasin 4. Un repère à punk un peu dégueulasse, on avait adoré. On était excité d’enfin quitter la France pour jouer dans les pays voisins, c’était notre première tournée internationale…’, ponctue-t-il avec retenue et un brin de fierté (NDR : en effet, à partir de la mi-mai et ce jusqu’à la mi-août, Gojira sillonnera les routes nord américaines en compagnie de Metallica, Volbeat et Avenged Sevenfold. Ils auraient pu rêver pire).

C’est sur l’inquiétant « Pray », très susceptible de rappeler un voyage initiatique au cœur de la terre, sur fond de volcan vomissant ses entrailles en effervescence, que la formation prend congé de son auditoire. De la fosse aux balcons, toutes et tous hurlent le nom du band. Telle une incantation frénétique, une sortie trop abrupte d’une séance d’hypnose. Le frontman reprend possession des lieux et entraîne son public dans un solo ensorcelant, chaud et taciturne. Une introduction parfaite à « Oroborus », issu du quatrième album studio « The Way of All Flesh ». ‘Je vous préviens la Belgique, ici c’est vraiment le dernier morceau’, décrète-t-il, en sueur. Il n’en fallait pas moins pour que les esprits s’embrasent de plus belle, les mouvements de foule propageant leurs ondes au sein d’une bonne partie de la salle. C’est par « Vacuity » que Gojira finira par prendre son dernier envol, sous une belle ovation. Les artistes saluent leur public, ce dernier continue à scander le nom du groupe, l’esprit envoûté. Une évasion spirituelle de près de deux heures, qui ne peut que laisser des traces dans les tréfonds de l’âme. De quoi déclencher une véritable addiction…

Setlist : “Only Pain”, “The Heaviest Matter of the Universe”, “Silvera”, “Stranded”, “Flying Whales”, “The Cell”, “Backbone (Remembrance outro)”, “Terra Inc.”, “L'Enfant Sauvage”, “The Shooting Star”, “Toxic Garbage Island”, “Pray”.

Encore : “Oroborus”, “Vacuity”

(Organisation : AB et Live Nation)

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BirdPen

Des artistes politiquement engagés…

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Il y aura moins de concerts en 2017, au Salon de Silly. La programmation a été revue de fond en comble, afin d’accueillir des spectacles de taille internationale, comme celui de ce soir, qui va proposer BirdPen (NDR : le side project de Dave Penn et Mike Bird), en supporting act de Talisco. Excusez du peu ! Faut dire que la formation insulaire se produisait la veille au Bota et était attendue, en Suisse, le lendemain. Bref, ce soir, on va donc bénéficier de deux têtes d’affiche. Et le public est chaud boulette pour de tels événements. On dénombre même de nombreux aficionados du combo britannique, aux premiers rangs. Certains débarquent de Rodez ! Et bien sûr, le concert est sold out.  

BirdPen est venu défendre son dernier opus, « O’ Mighty Vision », paru en août dernier. Il a précédé celui d’Archive, publié en octobre, combo au sein duquel Dave Pen milite également. On peut donc affirmer que ce dernier n’a pas chômé, au cours des derniers mois.

A 21 heures pile, une intro nous invite à pénétrer dans l’univers de « O'Mighty Vision ». Un light show de couleur rouge baigne la scène. Une préface d’un peu moins d’une minute qui précède l’entrée des artistes. Le drummer s’installe à l’extrême droite. Un gratteur, casquette à penne vissée sur le crâne, se plante devant lui. Dave salue le public qui lui répond en frappant des mains. Mike se case à gauche de Dave. Il est très appliqué, que ce soit à la six cordes ou aux claviers. Lorsque ce dernier se prend pour un chamane, la musique devient propice à la transe. Et les sonorités de guitares nous plongent alors dans les ténèbres.

Dave et Mike sont des artistes particulièrement engagés. Notamment dans le domaine de la politique. Ainsi, ils n’ont pas hésité à dénoncer le Brexit ou les dérives populistes qui se produisent en Europe, que ce soit à travers leurs déclarations ou les thèmes abordés dans leurs compos. D’après leur analyse, c’est cette dérive populiste et les discussions politiques de comptoir qui ont poussé la Grande-Bretagne à sortir de l’Europe. Mais c’est le monde de la finance (banques, multinationales) qui a encouragé cette décision. Et ce message est véhiculé par « The Chairman », une compo au cours de laquelle les harmonies vocales sont atmosphériques et le refrain entre en lice, dès l’intervention des guitares.

Plus électro/pop, « Tookit » nous rappelle que Talisco va succéder à BirdPen, sur les mêmes planches. Dave a d’ailleurs rangé sa gratte, alors que les percus et les claviers finissent par s’emballer…

Dominée par les claviers et les grattes, « The Solution Is The Route Of All My Problems » est la piste la plus longue du dernier elpee. Atmosphérique, éthérée même, elle lorgne manifestement vers la prog. Celle d’Archive, probablement. Ou alors du Floyd. Excellent ! Les fans participent alors à un grand moment de recueillement. Dans le même esprit « Lifeline » est propice à l’évasion de l’esprit. Les cordes y sont littéralement dantesques. Comme lors des morceaux finaux, « Into The Blacklight » et « Off ». Les larsens sont parfaitement maîtrisés. Les percus, hypnotiques. Et la voix de Dave pénètre dans la stratosphère…

Le rappel n’implique pas de sortie de scène. Le band préfère sans doute battre le fer tant qu’il est chaud. Le drumming syncopé de « The Underground » plombe volontairement l’atmosphère. C’est dans ce style que la musique Birpen est vraiment la plus intéressante. A l’issue d’« Only The Name Change » les néons verticaux se rallument et diffusent une lumière de couleur blanche…

A l’intérieur du Salon, il fait de plus en plus chaud. Un détour par le bar s’impose pour s’offrir un petit rafraîchissement. Talisco, c’est le projet du Bordelais Jérôme Amandi. Ce soir, il va nous proposer de larges extraits de son dernier elpee, « Capitol Vision », un disque coloré, ensoleillé, qui a été enregistré à Los Angeles. Et sur les planches, il est soutenu par deux musicos. Un drummer et un claviériste, également préposé aux percus électroniques. Encore que régulièrement, ils changent de rôle. Jérôme va se servir, tour à tour de la guitare sèche ou semi-acoustique.

Bons baisers de Los Angeles (« A Kiss From L.A.»), c’est le brûlot qui ouvre le set. Le public est déjà sous le charme. Discrètement souligné par les ivoires, « Monsters And Black Stones » est imprimé par des percus soutenues. « Follow Me » nous entraîne sur les grandes plaines de l’Ouest, pour y vivre une cavalcade effrénée. Le spectre de Sergio Leone plane. Des « Shadows » qui se révèle bien plus urbaines… mais toujours américaines. Particulièrement dansants, « Your Wish » et « Sorrow » sont destinés à évacuer les fourmis qui nous démangent les guiboles. « Thousand Suns » est une compos électro/pop classieuse. « Sitting With The Braves » nous invite autour d’un feu de camp. La mélodie est jolie. Les percus sont tribales. Et les cordes de gratte, atmosphériques. Empreint de douceur, « The Martian Man » se distingue par ses superbes harmonies à trois voix. Le popotin recommence à remuer dès « Stay (Before The Picture Fades) ». Tout comme lors d’« Everyone », un morceau plutôt excitant. Les spaghettis du western italien débordent de la casserole en ébullition. « Loose », c’est un peu le coup de cœur de votre serviteur. Il est à inscrire en lettres ‘Capitole’ sur cet excellent second album. Et c’est « The Keys » qui va mettre le souk devant et derrière le podium. Faut dire que sympa et interactif, Jérôme est un fameux showman. Et le concert de s’achever par « Behind The River ». Une superbe soirée !

(Organisation : Silly Concerts ASBL)

Russian Circles

Une démonstration tout en puissance…

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On ne peut pas dire, qu’au cours des dernières années, le Botanique ait programmé des tonnes d’artistes metal ou post-rock. Pour assister à ce type de concert, on se tourne, le plus souvent, vers le Magasin 4, l'Ancienne Belgique ou d'autres salles, pour la plupart situées au Nord du pays. Il faut cependant avouer que depuis le début de cette année, le Centre culturel de la Communauté française a accueilli plusieurs spectacles bien musclés. Ainsi, après avoir invité Boris en décembre dernier, qui était venu fêter le 10ème anniversaire de la sortie de son album "Pink", c'était au tour de Russian Circles de fouler les planches de l’institution bruxelloise, mais à l’Orangerie. 
Il y a 13 ans que le trio issu de Chicago roule sa bosse en pratiquant ce qu’on pourrait appeler du post-rock-metal, un style dont les envolées sauvages, chargées de testostérone, sont entrecoupées de moments plus paisibles et mélodiques. Depuis qu’Isis a tiré sa révérence, Russian Circles incarne certainement le mieux celui qui atteint ce parfait équilibre, dans ce domaine. Et son dernier elpee, "Guidance", paru l'année dernière, en est une belle illustration. On avait donc hâte de redécouvrir, en ‘live’, ce combo capable de libérer une puissance phénoménale.

Après avoir assisté à une première partie assurée par le band yankee Cloakroom, les trois musicos montent sur l’estrade devant une salle comble. Il est près de 21 heures. Dave Turncrantz se plante derrière ses fûts, le bassiste, Brian Cook (NDR : un barbu !), s’installe à droite alors que le guitariste, Mike Sullivan, à gauche. Le set s’ouvre par un morceau du dernier elpee, « Asa ». Mais après cette courte introduction, le combo chicagoan entre dans le vif du sujet. Percutants, les riffs sont sculptés dans le post-metal. Brian Cook tient sa basse à hauteur des genoux et nous gratifie d’un headbanging, suivi par la majorité du public agglutiné au sein de l’Orangerie. Quoique toujours aussi statique, Mike Sullivan impressionne par son aisance. Il enchaîne les parties techniques et n’hésite pas à recourir au tapping. Si les compos du dernier opus incorporent des passages plus ambiants et mélodieux, sur scène, la formation privilégie les titres les plus agressifs de ses précédents long playings, à l’instar de « Deficit » ou encore « Mladek ». D’ailleurs les périodes calmes sont plutôt rares, tout comme le discours entre les morceaux. (NDR : il est même tout simplement absent).

Après une heure et demie de démonstration tout en puissance, Russian Circles se retire et laisse la foule se remettre de ses émotions. Vu l’affluence enregistrée ce soir, on suppose que le Botanique va continuer à programmer des groupes de ce style… enfin, c’est ce que votre serviteur espère vivement…

(Organisation : Botanique)

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Cloud Nothings

L’art de transcender en ‘live’, des morceaux un peu fades…

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Issu de Cleveland, dans l’Ohio, Cloud Nothings est un quatuor drivé par Dylan Baldi. Fondé en 2009, il compte un Ep, plusieurs singles et quatre albums à son actif, dont le dernier « Life Without Sound » est paru en janvier dernier. Et c’est cet opus qu’il est venu défendre sur les planches de la Rotonde du Botanique.
Il y a plusieurs semaines que le concert est sold out. Et il a attiré de nombreux curieux qui souhaitent découvrir en ‘live’, les dernières compos issues du dernier elpee de la formation, pourtant quelque peu décevant.

Apostille assure le supporting act. Et à 20h, il ouvre le bal. Il s’agit de Michael Kasparis, un jeune Ecossais. Il est seul sur l’estrade et ne se sert que d’un PC et d’un micro. Ce qui ne va pas l’empêcher d’exécuter un show hors du commun. A cause du visuel qu’il met au service de sa new wave. On a même l’impression de plonger au sein d’un boîte de nuit à Glasgow, début des 80’s. Artiste complètement décalé et extraverti, Kasparis fait absolument n’importe quoi sur le podium et même dans la fosse pour s’attirer la sympathie. Et finalement son show va s’avérer plus que divertissant…

Il n’y a plus le moindre espace de libre dans la Rotonde, quand Cloud Nothings grimpe sur la scène. Dylan Baldi, le leader du band, est toujours aussi chevelu. Et le concert de s’ouvrir par « Up To The Surface », un extrait du dernier opus. Ce soir, le combo va d’ailleurs interpréter presque toutes les plages de « Life Without Sound ». Ce qui semblait, à premier abord, une mauvaise idée, vu le manque de qualité de cet LP. Heureusement, le band ne négligera pas pour autant ses classiques ; à l’instar de « I’m Not Part Of Me », « Fall In », « Pattern Walks » ou encore « Stay Useless ».

Mais au-delà de son rock garage, le groupe américain peut surtout compter sur deux musiciens particulièrement brillants. Tout d’abord Baldi, bien évidemment. A la guitare et au chant. Mais également Jayson Gerycz, le batteur. Ce dernier est même exceptionnel. Non seulement il impose le tempo à tous les morceaux, mais sa cadence de frappe est incroyable. Vertigineuse, même. Si bien que les morceaux du nouvel elpee prennent une autre dimension, sous son impulsion.

Les musicos ne sont guère interactifs. Même si Baldi adresse l’un ou l’autre mot au public. Sans plus. Une attitude intravertie qui le caractérise. En fait, le petit prodige semble vivre dans sa bulle tout au long d’un concert, se concentrant sur ses cordes, qu’il violente, sans le moindre temps mort. Il ne gaspille pas son énergie dans la com’ ; il préfère l’injecter dans sa gratte…

Le set s’achève par l’excellent « Realize My Fate », un titre construit en crescendo. Il transite par différents tableaux propices à la frénésie, avant d’atteindre l’explosion finale, en fin de parcours ; plus rauque que jamais, la voix de Baldi accentuant cette forme d’exaltation sauvage… 

Et quand le quartet revient sur les planches, c’est pour attaquer la meilleure composition de son répertoire : « Wasted Days ». Pendant 15 bonnes minutes, Cloud Nothings va varier les climats sonores, se retirant ensuite définitivement sous les acclamations du public.

Non seulement Cloud Nothings est parvenu à transcender en live les morceaux un peu fades, de son nouvel opus, mais il s’est rappelé à notre bon souvenir à travers des titres incontournables. Et puis, l’énergie qu’il libère ne peut que séduire tout fan de rock. D’ailleurs, la claque qui nous a été administrée ce soir est belle et bien réelle ; en outre, on a assisté à la performance d’un des meilleurs drummers contemporains. Suffirait que les quatre gars soient un peu moins repliés sur eux-mêmes et ils pourraient facilement remplir de grandes salles. C’est tout le mal qu’on leur souhaite…

(Organisation : Botanique)

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Blonde Redhead

Bipolaire…

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La salle de l’Orangerie est pleine à craquer. Pas de doute, Blonde Redhead reste une valeur sûre et attire la foule. Une foule composée principalement de quadras. Des fans de Sonic Youth, entre autres. Faut dire que le groupe a débuté sur le label Smells Like de Steve Shelley. C’est d’ailleurs durant cette époque mémorable, en 1999, que votre serviteur les avait découverts. Et plus précisément au cours d’un festival montois. Sur le label 4AD le groupe a connu des fortunes diverses. Il a rencontré ainsi un franc succès lors de la sortie de « 23 », en 2007, alors que le bien trop insipide « Penny Sparkle », publié en 2010, a reçu un accueil plus que glacial auprès des aficionados ainsi que de la presse spécialisée.

A l’instar du light show, le show s’ouvre, en demi-teinte, par « Falling man ». Cependant, « Bipolar » (NDR : c’est un extrait de l’elpee « Fake can be just as good »), remet les pendules à l’heure. La prestation est pourtant bien bipolaire. Elle souffle donc le chaud et le froid. A plusieurs reprises, Kazu Makino semble sur une autre planète, et sa voix monte trop rapidement dans les aigus. A contrario, le timbre d’Amedeo Place est toujours aussi précis. Et son frère affiche encore cette même sérénité derrière ses fûts. Malheureusement, il faudra attendre la fin de parcours pour voir enfin le public –jusqu’alors passif– commencer à s’enflammer. Faut dire que le pétillant « Spring and by summer fall » y est pour quelque chose.

En rappel, Kazu se lâche enfin. Et tout particulièrement pendant le single « 23 ». Dans la foulée, elle s’adresse même à la foule : ‘We will play a new song you probably don’t know (NDR : « Give give ») but after we will still play another songs’.

A l’issue du spectacle, les puristes –et tout particulièrement les nostalgiques de la noisy issue des 90’s– estimaient que c’était mieux avant (NDR : dicton devenu tellement populaire !). Pourtant, le parcours de Blonde Redhead mérite le respect ; car la formation a toujours cherché à évoluer, à expérimenter, tout en conservant une même classe…

Set List :

Falling Man
Bipolar
Elephant Woman
Mind to Be Had
No More Honey
Where Your Mind Wants To Go
Three o' clock
Doll Is Mine
Dr. Strangeluv
Dripping
Spring and by Summer Fall

Rappel :

23
Give Give
Pink Love
Equus

Echo Beatty assurait le supporting act. Originaire d’Anvers (NDR : entre les titres, les musicos ne s’expriment que dans la langue de Vondel ou de Shakespeare), le trio a bonne presse au Nord du pays (NDR : De Morgen en fait une valeur montante). Pas étonnant que le public soit au rendez-vous et l’accueil, si chaleureux. Leur style est à la fois introverti et intriguant. La voix de la chanteuse évoque… Chelsea Wolfe. Une voix qui nous entraîne au cœur de paysages inattendus, se muant parfois en onomatopées. Annelies n’hésite pas à se saisir d’une gratte électrique ou d’une sèche pour extérioriser ses cris… A gauche de la scène, un bassiste/bidouilleur au look d’hipster injecte des sonorités électro ou plus pop/rock. Alors qu’au centre, le batteur semble bien concentré sur ses fûts, en imprimant un tempo soutenu aux compos. L’ensemble tient donc bien la route, même s’il est difficile de se forger un avis sur une prestation aussi courte (25 minutes).

(Organisation : Botanique)

 

 

Hamilton Leithauser

La parfaite maîtrise d’un artiste charismatique…

Écrit par

Malgré un talent indéniable à torcher des chansons qui frisent souvent la perfection, Hamilton Leithauser n’est toujours pas parvenu à sortir de la zone crépusculaire de l’underground. Que ce soit au sein de son groupe, The Walkmen, qu’il a mis provisoirement entre parenthèses ou en solo. Pourtant le New-yorkais n'a jamais été aussi proche du sacre. A cause de son dernier elpee, qu’il a composé en compagnie de l’ex-Vampire Weekend, Rostam Batmanglij. D’ailleurs, un des morceaux de cet opus ("In a Blackout") a été choisi comme B.O. d’un spot publicitaire, pour une certaine marque à la pomme. Ce qui aurait pu remplir une salle comme la Rotonde, dont la capacité ne dépasse pas les 300 places. Ce ne sera pas le cas. Une nouvelle démonstration que le génie n’ouvre pas nécessairement la voie à la consécration. N’empêche, le public qui s’est déplacé de soir, ne regrettera pas son déplacement. Il est d’ailleurs bien excité avant que l’artiste en monte sur les planches. Faut dire qu’on avait hâte de voir si ce songwriter était capable de reproduire en ‘live’, la magie qui émane de son elpee solo, "I Have a Dream That You Were Mine".

Il est un peu plus de 21 heures, quand Hamilton Leithauser grimpe sur l’estrade. Il a emporté deux grattes : une à douze cordes et une sèche. Il est flanqué de trois musiciens : un batteur, un bassiste ainsi qu’un multi-instrumentiste (synthé, guitare, harmonica). Néanmoins, Rostam, la tête pensante de Vampire Weekend et co-compositeur du dernier LP de Leithauser, n’est pas du voyage. Le physique du New-yorkais a de quoi impressionner. Il est bourru et de grande taille…

Le set s’ouvre par « Sick as a Dog ». Et dès qu’Hamilton ouvre la bouche, on tombe littéralement sous le charme de sa voix. En outre, Leithauser contrôle totalement son sujet. Il est même capable de prolonger le tremolo de son timbre ou une note qu’on croirait devenue interminable. Et pour le plus grand plaisir de l’auditoire. En outre, ses musicos exécutent impeccablement leurs partitions, n’en faisant ni trop, ni trop peu. Les titres du dernier opus s’enchaînent. Au cœur d’ambiances et sur des rythmes qui se suivent sans jamais se ressembler. Ainsi, si le spectre de Leonard Cohen plane tout au long de "In a Blackout", « Rough Goning » nous invite presque… au bal musette. Il n’en oublie pas pour autant le single « A 1000 Times », ainsi que l’une ou l’autre plage issue de son premier long playing ; à l’instar de l’excellent « Alexandra ». Après une bonne heure de concert, la troupe vide les lieux. Puis revient en rappel pour interpréter l’épatant « 1959 ». Ce soir, la parfaite maîtrise de cet artiste charismatique a littéralement subjugué son public…

(Organisation : Botanique)

Faon Faon

Deux biches au pays des Collines…

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Direction Frasnes-lez-Anvaing pour assister au spectacle de Faon Faon, qui se déroulera au sein de la Cense de Rigaux, un ancien corps de ferme gracieusement réhabilité, avec goût et raffinement.
C’est la seconde fois que votre serviteur s’y rend. Si l’endroit est élitiste, il reste fort sympathique ! On y vient se détendre sur fond d’afterwork ! Une coutume bien contemporaine !
Le temps particulièrement venteux de cette fin février ne donne pas vraiment envie de prendre la route, d’autant plus que dans cette région du Pays des Collines, les sites boisés sont légion !
Pourtant, le jeu en vaut vraiment la chandelle ! Un duo qui répond au patronyme Faon Faon vient assurer la promotion de son Ep fraîchement sorti ; un disque qui a notamment bénéficié du concours d’Anthony Sinatra ou encore Rémy Lebbos. Du beau monde assurément…
Si dans le langage usuel, le mot ‘faon’ désigne le petit, chez différentes espèces, et tout particulièrement celui du cerf, du chevreuil, du daim ou du renne, il n’est pas ici question de doubler sa progéniture.
Derrière, ce drôle d’appellation, se cachent deux belles et jeunes demoiselles, Fanny Van Hammée et Olympia Boule.

La trentaine à tout casser, elles partagent un projet commun situé à mi-parcours entre électro tribale et folk poétique, naïve et sauvage !

L’histoire de leur rencontre est hasardeuse. En 2008, elles se découvrent au détour d’une jam à Ixelles. Fanny y fête son anniversaire. Olympia l’accompagne sur scène. Un moment intense et d’émotion s’empare alors de cet instant. La réunion fortuite se transformera en amitié sincère et durable.
L’une et l’autre défendent des projets artistiques et professionnels individuels. Puis, un jour, ce qui devait arriver, arriva… En 2014, elles décident de monter une aventure commune, pour le meilleur et sans doute pas pour le pire… Une sage décision au vu du succès critique et médiatique qui est le leur aujourd’hui !

Il est plus ou moins 21 heures 15, donc, lorsqu’elles montent sur l’estrade ! Les néons s’allument !

Fanny, d’un geste sûr, appuie sur l’interrupteur d’une étrange boîte sur lequel est indiqué le nom du groupe. En y regardant de plus près, il s’agît d’un bricolage fait maison ! Elles ont de l’idée dans la caboche ces deux donzelles !

Déjà les interjections et les applaudissements fusent de toutes parts sous les feux des projecteurs. Faut dire qu’elles ont récemment assuré les premières parties de Puggy, Jain ou encore de l’Honnellois de souche et de sang, Antoine Hénaut. De quoi se forger une solide crédibilité dans le milieu !

La salle est pleine à craquer !

Olympia est simplement vêtue d’un short et de bas collant blancs probablement empruntés à Thierry la Fronde. Le haut de corps laisse deviner des formes plutôt sympas et un ventre filiforme. Sans doute des réminiscences d’une carrière de mannequinât éphémère. Elle se campe derrière son pad électronique et un floor tom.

Fanny, elle, a choisi une tenue plus sobre, mais tout aussi sexy : jupette noire et chemisier cousu main sur lequel figure l’artwork du disque réalisé par Cécile Kojima. Elle se chargera atomiser le public à l’aide de ses enveloppes atmosphériques.

Les premières notes donnent le ton ! Cocorico, elles s’expriment dans la langue de Voltaire ! Paradoxalement pourtant, on ressent une lointaine filiation anglo-saxonne ; et pour cause, elles misent en effet davantage sur le son que va procurer le mot, plus que le message véhiculé.

Tout en calibré ! Ouaté même ! On y trouve une étrange mixture de douceur, de volupté et de fébrilité.

Elles ne se contentent pas de dispenser leur expression sonore, naïvement et basiquement. Ce serait beaucoup trop facile pour celles qui, n’en déplaisent à leurs pairs, s’imposent dorénavant dans la chanson française entre une Emilie Simon et une Giédré !

Le show sera ponctué d’un ‘body language’ impressionnant ! Les chorégraphies les plus folles s’enchaînent quitte à s’en déplacer les vertèbres ! Lorsque ce n’est pas les allées et venues dans la fosse qui emboîtent le pas ! Pas facile de contrôler sa testostérone dans pareils cas !

Si la filiation avec les Brigitte peut paraître évidente, il n’en est rien ! Comparaison, n’est pas raison ! Elles ne partagent pas véritablement le même registre !

Les thématiques développées sont parfois d’un premier degré excessif (« Mariage » est une ode au féminisme un rien poussif) quand elles ne laissent pas l’imaginaire prendre le pouvoir (« Faon sous la douche »).

Les textes sont parfois simples (tout comme les structures mélodiques), mais jamais simplistes car ils s’interrogent sur les enjeux sociétaux comme l’écologie (« Eskimo », plage au cours de laquelle la fonte des glaces est abordée en filigrane) ou encore sur l’importance de mettre de bons produits dans son assiette (« Choux de Bruxelles »).

Et si finalement, celles qui sont persuadées que ‘le blanc, c’est salissant’ étaient plus philosophes que Socrate et Aristote réunis ?

Moment intense aussi lorsque Olympia, armée d’un ukulélé, scande ‘Il faut sauver l’amour’, hommage au regretté Daniel Ballavoine, disparu trop tôt…

Quoiqu’il en soit, ces deux biches suivent des chemins sinueux, tendrement sauvages, mais très susceptibles de conduire le public lambda vers une forme d’onirisme ! Elles sont d’ailleurs parvenues à allier fraîcheur et chaleur… C’est ce qu’on appelle de la véritable intelligence artistique !

Et si on se laissait définitivement bercer par cette parenthèse inattendue ?

(Organisation : Jeudis Oui)

Fews

Ne plus jouer petit bras…

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Fews est sur le point de passer un cap. Après avoir accompli une tournée minimale, l’année dernière, qui avait transité dans le cadre des ‘Pias Nites’ ; et participé à quelques festivals, comme celui de Dour, le quatuor a assuré le supporting act des légendaires Pixies, fin 2016, avant de se lancer, au cours de cet hiver, dans un périple, à travers l’Europe, mais comme tête d’affiche.

C’est dans la Rotonde du Botanique que le combo a décidé de se produire en Belgique. En première partie, place à une jolie découverte : Animal Youth. Qui chauffe l’audience à grands coups de guitares. Les Bruxellois font du bruit, c’est le moins que l’on puisse dire ! Le trio pratique un shoegaze assez proche de ce que propose A Place To Bury Strangers. Pas pour rien que ce dernier est considéré comme le band le plus bruyant à New York ! Vous avez compris, on montre rapidement très haut dans les décibels ! Les trois potes viennent défendre un premier Ep batpisé « Youth », sorti il y a un mois à peine. Et l’exercice est brillamment réussi. Les talents de composition sont évidents et l’interprétation est impeccable. « You Don’t Know Love », titre qui clôt le set, sort malgré tout du lot. Le rythme est particulièrement entraînant et le refrain efficace. Ce morceau devrait servir de tremplin à la formation. Enfin, c’est tout le mal qu’on lui souhaite…

Sur le coup de 21h, Fews monte sur les planches. Paru en 2016, « Means » avait séduit la critique. Génial, l’album va être interprété dans son intégralité ! Seule l’ouverture est cependant absente du tracklisting. « La Guardia » donne le ton. Particulièrement nerveux, ce morceau est presque entièrement instrumental. C’est la marque de fabrique du groupe. Car en compagnie de Fews, on voyage jusque l’âge d’or du post-punk : la fin des seventies. La salle est bien garnie et dès le deuxième titre, « 100 Goosebumps », un des tubes du quatuor, les têtes commencent à dodeliner. Pourtant, les versions proposées sont bien différentes de celles de l’opus. Une constante tout au long de ce concert. Il y a une véritable plus-value ajoutée au live et on a l’impression de découvrir de nouvelles facettes de morceaux qu’on connaît pourtant très bien. En outre, les Britanniques se déchaînent sur l’estrade. Sans oublier le spectacle visuel, bien aidé il est vrai par la qualité du jeu de lumières de la petite salle bruxelloise. Une partie du line up est originaire de Suède et cela se voit ! A cause des longs cheveux blonds arborés par les Scandinaves. Et puis parce qu’une des chansons s’intitule « Zlatan ». La référence n’est pas bien compliquée à comprendre. Trois membres du groupe vivent à Malmö, la ville d’origine du joueur de foot de Manchester.

C’est finalement sur deux morceaux clés de « Means » que le groupe tire sa révérence. « The Zoo » et « Ill » clôture en puissance un concert un peu court mais intense. Dommage quand même de ne pas avoir osé attaquer une reprise ; ce qui aurait permis au public d’en entendre un petit peu plus. Ne nous plaignons cependant pas ; car non seulement l’avenir du groupe est chargé de promesses, mais le combo jouit d’un énorme potentiel, potentiel qui devrait lui permettre de jouer dans la cour des grands. Mais pour y parvenir, il faudra être ambitieux. Ne plus jouer petit bras (Ibra ?) Elargir son registre, notamment. Car trop de compositions sont structurées sur des riffs similaires...

Fews semble être rentré dans l’âge de la maturité. Les musicos étaient d’ailleurs beaucoup moins excentriques sur scène qu’au Dour Festival. On Zlatan donc impatiemment de voir ce le quatuor nous réserve pour l’avenir !

(Organisation : Botanique)

Tim Darcy

45’ de concert ; il y a de quoi rester sur sa faim…

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Ce mercredi 22 février, la Rotonde accueillait Tim Darcy. Né au Texas, il a grandi dans le New Hampshire avant d'émigrer au Canada, à Montréal plus précisément ; et c’est là qu’il fonde Ought, un groupe post punk qui va publier plusieurs elpees sur le label Constellation. Ce combo s’était d’ailleurs produit au Botanique, en 2015 et 2016. « Saturday Night » constitue le premier album solo de cet artiste, un œuvre qui compile ses meilleures compos. Et ce disque a reçu un excellent écho auprès de la presse musicale. Elle est d’ailleurs unanime à ce sujet. On avait donc hâte de le revoir sur les planches ; d’autant plus que les spectacles ‘live’ dispensés par Ought ont toujours soulevé un même enthousiasme…

La Rotonde est loin d’être remplie ce soir. Le public est assis sur les marches en attendant que le show commence. Vers 21h, tout le monde se lève. Et pas pour Danette, mais Tim Darcy, qui s’installe au milieu du podium, armé de sa guitare. Grand et filiforme, il est flanqué de deux demoiselles. Tout d’abord, sa drummeuse, Charlotte Conrfield. Elle s’est plantée derrière lui. Et puis une violoniste/bassiste (NDR : sans doute engagée pour la tournée) qui prend place à gauche. Les deux filles assureront également les backing vocaux pour plusieurs morceaux.

Le trio attaque le set par « Tall Glass of Water », single du nouvel opus. On reconnaît instantanément le timbre de voix grave et nasillard de Darcy. Et puis sa manière un peu altière, charismatique mais classieuse d’interpréter son répertoire, tout en affichant des mimiques très caractéristiques. Comme au sein de son band, Ought. Déjà les spectres des Feelies, du Velvet Underground ainsi que de Television se mettent à rôder. Il embraie par « Still Waking Up », un titre plus paisible, qu’il chante à la manière de… Morrissey. Progressivement, les morceaux adoptent un profil davantage noise, alors que le vocal se fait plus déclamatoire. Avant d’aborder « Saturday by Night », la bassiste troque son instrument contre un violon. A la gratte, Tim étale tout son talent. Malheureusement, ses deux acolytes on beaucoup de mal à soutenir la comparaison. Notamment la préposée aux fûts. Mais comme les compos sont excellentes, le mélomane lambda n’y voir que du feu. Après 40 minutes de show, Tim Darcy annonce qu’il ne lui reste deux morceaux à jouer. Il en interprète alors un nouveau, plus rock, dont les lyrics relatent un événement qu’il a vécu à Toronto… mais le résultat ne convainc guère…  

Après trois quarts d’heure de set, le trio vide les lieux. Avant de revenir pour un dernier titre, en guise de rappel. Le public semble satisfait. De peu, il faut le reconnaître. 45’ de concert ; il y a de quoi rester sur sa faim…

(Organisation : Botanique)

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