La première ébauche de Beguiling Junior

Le mystérieux duo Beguiling Junior, formé par Kaya Wilkins (Okay Kaya) et Oli Burslem (YAK), s'apprête à dévoiler son tout premier elpee intitulé « First Cut ». Attendu pour le 2 octobre 2026, ce disque marque la naissance officielle d'une collaboration aussi…

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Un diptyque pour Then Comes Silence

Le trio post-punk suédois Then Comes Silence s'apprête à publier « Requiem Ballroom ». Ce huitième long playing est attendu pour le 20 novembre 2026 sous la bannière de Metropolis Records. Pour faire patienter l'auditoire, la formation menée par Alex Svenson…

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Obituary

Du Metal inoxydable

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En cette soirée balayée par les premières offensives automnales, les vestes à patches et autres jeans sont de rigueur à Anvers. Si quelques pieux métalleux ont accepté de célébrer la mémoire de Saints au cours de la journée, ils sont surtout venus acclamer deux grosses légendes du Thrash et du Death, en cette nuit sacrée du 1er novembre. Et pour cause, lors de cette tournée baptisée ‘Battle of the Bays’, deux icônes se disputent la tête d’affiche : Exodus face à Obituary. Soit le Thrash californien qui affronte le Death Metal floridien. Deux bands nés au début des années eighties qui ont marqué plus d’une génération d’amateurs de musique bien pêchue. Rétrospective de cette affiche haute en couleur, vue du pit.

Peut-être est-ce dû à la fine pluie qui s’abat sur la ville portuaire ou encore un reste de crainte d’attaque terroriste –bien que le Trix, ce soir, soit lourdement ‘protégé’ par une présence militaire– mais c’est une salle très clairsemée qui accueille King Parrot. Le combo australien propose un savant et explosif mélange de Grindcore et de Thrash, le tout saupoudré ça et là de Hardcore originel. Le moins qu’on puisse dire, c’est que les musicos ne tiennent pas rigueur de la maigre audience et expulsent tout ce qu’ils ont dans le ventre dès le premier morceau. Dix salves en trente minutes de set : autant dire qu’ils n’ont pas perdu de temps afin de faire jaillir des enceintes toute la puissance de leurs compos. Au micro, Matthew Young, torse nu, est survolté. Il hurle à pleins poumons, toute langue dehors. Il ne faut pas attendre le deuxième morceau pour le voir bondir dans la fosse. Non seulement il agrippe les barrières Nadar, mais également les têtes de celles et ceux plantés en première ligne, afin qu’ils headbanguent, comme il le souhaite, sur le répertoire du combo. Quant aux plus réticents, ils vont devoir se farcir, ni plus ni moins, son arrière-train en gros plan. Et que dire de son comparse à la basse, Matthew Slattery. Telle une marionnette possédée par le Malin, les yeux grands ouverts mais immobiles, il fixe le public d’un air malsain. Cette jeune fille, installée quelques rangs plus loin, se rappellera certainement qu’il est désormais préférable de ne pas sortir son téléphone lors d’un concert si elle ne souhaite plus être arrosée (NDR : de flotte quand même !) Le vocaliste l’avait alors surprise, occupée d’écrire un SMS pendant le show. Sans quoi King Parrot a réalisé une performance explosive, dont malheureusement trop peu de monde a pu profiter. Une grosse claque !

Un changement de backflag et une bière plus tard, Prong grimpe sur l’estrade. Il va se produire devant un auditoire un peu plus compact. La bande à Tommy Victor, seul membre original du band encore présent, bénéficiera d’un quart de plus que ses prédécesseurs afin d’asséner neuf de ses compositions qui mêlent Thrash, Crossover et Groove Metal. Malheureusement la formation précédente a atteint une telle intensité, lors de son set, que celui proposé par le band new-yorkais paraît trop édulcoré. En outre, le leader affiche une telle condescendance, qu’on a l’impression de se farcir un soufflé qui se dégonfle. Mais quoi qu’il en soit, les aficionados du groupe semblent conquis et ne manquent pas de donner de la voix lorsqu’il le faut.

Les tympans chauffés à point, la fosse est à présent prête à recevoir, comme il se doit, les deux têtes d’affiche du jour. C’est désormais un large backflag qui tapisse le fond de la scène. Un arrière-plan apocalyptique sur lequel trônent, en couleur rouge sang, les six lettres du logo d’Exodus. Deux toiles du même acabit viennent cacher les amplis, de part et d’autre de la batterie de Tom Huntin, membre fondateur (NDR : l’autre, Kirk Hammet, milite aujourd’hui chez Metallica) d’Exodus. Plongée dans le noir, l’auditoire est bercé par les premières notes mélodiques, interprétées à la sèche, de « The Ballad of Leonard and Charles », avant que ne débarquent les artistes pour asséner les premiers riffs thrashiens du morceau. Un mur de son s’abat sur une fosse qui réunit aussi bien des metalheads d’hier que d’aujourd’hui. Le ton est donné, ça va faire mal ! Suite au retour, opéré il y a deux ans, de Steve ‘Zetro’ Souza au chant (NDR : second vocaliste dans l’histoire du band), la setlist est résolument old school. Ce qui explique pourquoi elle fait la part belle au premier elpee du groupe, « Bounded by Blood », au sein duquel figurent « And Then There Were None », « Bonded by Blood », « Piranha » (Zetro annonce d’ailleurs ce morceau en tirant sur son t-shirt à l’effigie de l’animal) ou encore « Strike of the Beast ». Parus, il y a déjà trente-sept ans, ils sont devenus désormais cultes pour tout fan de Thrash. Les titres s’enchaînent et la fièvre commence à gagner la fosse. Les moshpits s’intensifient. Zetro est en grande forme : sa voix puissante, rapide et nasillarde claque au rythme effréné des morceaux. Et quand il ne harangue pas la foule, le chanteur prend du recul afin de permettre aux guitaristes de prendre leurs envols, lors de soli endiablés, exécutés en front de scène. Un regret, l’absence de Gary Holt, pilier du band des premiers jours. Mais ce dernier a été forcé de prendre du repos après avoir tourné pendant plus de huit semaines en compagnie d’un autre groupe de légende, Slayer. Kragen Lum, son remplaçant, parvient néanmoins à faire oublier son absence, haut la main. Moment d’émotion lorsque Zetro dédicace « War is my Shepherd » au tellement regretté Lemmy Killmister, leader de Motörhead, disparu il a déjà presque un an. ‘Comme vous le savez, Lemmy collectait des objets issus de la Seconde Guerre mondiale, mais était radicalement contre la guerre. Nous lui dédions ce morceau…’, déclare le chanteur ; propos suivis d’une salve d’applaudissements respectueux. Taillée sur mesure pour le come-back de Zetro, la setlist repousse dans l’ombre les compositions issues de l’ère de son prédécesseur. « Blood In, Blood Out » et « Body Harvest », extraits du dernier LP en date, viennent apporter un sérieux coup de neuf dans la playlist du jour. A en croire l’intensité des voix du public lors des refrains, ces deux nouveaux titres ont d’ores et déjà rejoint la liste select des morceaux emblématiques du band. Mais le plus étonnant, procède de cette faculté qu’a l’auditoire de reprendre l’ancien répertoire, en chœur. Autant les adeptes des 80’s que ceux, plus jeunes, pas encore nés à la sortie de certains morceaux ; alors que leurs aînés, à l’époque se les échangeait en cassette. Preuve en est que la magie n’a cessé d’opérer en plus de trente ans d’existence…

Tel un marathon, il faut pouvoir économiser son énergie si on veut arriver au bout de la course. Surtout que la dernière ligne droite sera tracée par Obituary, une légende du Metal, mais issue du Death. Une fois de plus, un doux parfum d’old school plane dans l’arène, perceptible jusqu’au backflag, de taille réduite par rapport aux groupes précédents. Un simple fond noir frappé du logo du band, en lettres rouges. Torse nu et casquette du groupe vissée sur le crâne, Donald Tardy est le premier monter sur l’estrade. Il se cambre derrière ses fûts et s’adresse à la foule en hurlant. Les guitaristes et bassistes le suivent, et entament « Internal Bleeding », titre d’ouverture de « Slowly We Rot », premier elpee du quintet, sorti en 89. Les amateurs de cette production ne pourront être que comblés… vu que la moitié du set lui sera tout simplement consacré ! John, le frère de Donald, est à présent le dernier à les rejoindre sur les planches. La quarantaine bien frappée, barbe grise naissante, le chanteur, dont la crinière ondulée est imposante, déboule du fond de la scène. Tel un rituel, il est vêtu d’un short et d’un t-shirt à longues manches. Il a enfilé des chaussettes blanches relevées jusqu’à mi-mollet et est chaussé de baskets. John empoigne le pied de micro, le glisse entre les jambes, pose un pied sur le retour et laisse retentir sa voix d’outre-tombe entre les murs de la salle anversoise. Un chant typique du Death des premiers jours, résumé en un hurlement thrashien davantage tiré en longueur. Imprimée sur un tempo résolument plus lent que dans le passé, la musique des Floridiens mue la frénésie de la fosse en une contemplation posée des vétérans old school. Les interactions avec le public ne se résumeront qu’à quelques tentatives –du vocaliste– de faire crier les badauds entre deux morceaux. On pourrait également regretter des temps de pause parfois un peu longuets, coupables de faire parfois retomber la pression. Mais les artistes ne sont certes par là pour épater la galerie. Tel un rouleau compresseur, les titres se suivent et les immanquables « Visions in My Head » et « Chopped in Half » ne manquent pas de raviver la horde. Milieu de parcours, la salle est replongée dans le noir et un nouveau backgflag illustrant l’artwork du nouvel opus, « Ten Thousands Ways to Die », sur lequel apparaît une sorte d’être démoniaque constitué d’un amas de corps humains, s’affiche. Le temps d’admirer l’œuvre que démarre la piste du même nom, publiée il y a à peine deux semaines, suivis de « Dying » et « Find the Arise », issus de l’excellent LP « Cause of Death », gravé en 90. L’heure allouée aux maîtres du Death fond comme neige au soleil. Le pit scande inlassablement ‘Obituary’ afin d’inciter les artistes à accorder le rappel ; un encore qui clôture ce show par une reprise vitaminée de « Dethroned Emperor » de Celtic Frost, suivi du jouissif et culte « Slowly We Rot », qui vient allumer l’étincelle nécessaire dans la fosse afin de la laisser partir en vrille, déclenchant un moshpit musclé tout le long de la composition. Vingt-sept ans après, elle déchaîne encore tout autant les âmes. Preuve en est que ce Metal là est définitivement inoxydable.

Setlist : “Internal Bleeding”, “Words of Evil”, “Chopped in Half / Turned Inside Out”, “Intoxicated”, “Visions in My Head”, “Deadly Intentions”, “Bloodsoaked”, “Ten Thousand Ways to Die”, “Dying, Find the Arise”, “'Til Death, Don't Care”, “Dethroned Emperor (Celtic Frost cover)”, “Slowly We Rot”

(Merci à Nuclear Blast)

Black Mirrors

Le miroir aux seventies…

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Le Brabant Wallon manque singulièrement de salles de concerts. Il y a bien le Moulin Fantôme à Tubize, mais pour le reste, c’est un peu le désert. Aussi, votre serviteur ne pouvait manquer l’inauguration d’un nouveau site destiné à accueillir ce type d’événement. Le Zik Zak a donc élu domicile à Tubize. Bien vu, car la région regorge de talents nouveaux. Surtout dans l’univers du pop/rock. Et puis d’une capacité de 300 personnes, l’endroit est suffisamment isolé pour éviter les problèmes de voisinage. Enfin, il bénéficie du concours d’un ingé-son pro, Olivier Delescaille (NDR : c’est le guitariste chez Beautiful Badness). Bref après le vernissage –au cours duquel on a croisé pas mal de connaissances issues du milieu– place à la musique…

Z ouvre les hostilités. A son actif, un Ep six titres. Mister Woody (alias Matthieu Van Dyck), content d'être présent, va prendre plusieurs bains de fosse pour mieux imprégner le public de son énergie toute communicative. Un petit hic, le son, un rien trop fort, empêche votre serviteur de comprendre les paroles des chansons. Heureusement, derrière les manettes, Oli veille au grain et règle très vite ce léger problème. Le drumming de Jay (Jerry Delmote) est tribal, instinctif, mais distinct, la ligne de basse tracée par Mich’ (Michel Vrydag) est fluide. Une section rythmique qui se révèle, en outre, implacable et parfaitement en phase. Et les riffs de gratte dispensés par Dweez (Morgan Tuiziz) sont saignants. Du rock pur et dur, chargé de testostérone, mis au service de mélodies entêtantes, obsédantes ; des mélodies pilotées par la voix de Woody. De son répertoire, Z va puiser 4 plages de son Ep et proposer quelques nouvelles compos. A suivre de très près…

Setlist : « Got A Mission », « Diamonds », « YYY », « Into The Wilde », « Sweet Fruit », « El Fush »,  « Right There » ,« War Machine », « No Loose Behavior », « Voice / Fist », « Mozarella ».

The Banging Souls, c’est le nouveau side project de Gaëlle Mievis (BJ Scoot, Sirius Plan). Un trio namurois au sein duquel Gaëlle se consacre au chant et à la gratte semi-acoustique, Ludwig Pinchart à l’électrique et Pitt Abras aux drums. Ils se connaissent depuis plus de 15 ans et ont accompli leur propre parcours musical avant de lancer ce nouveau challenge. A leur actif un Ep 4 titres disponible sur les plateformes de téléchargement légaux. Il y a de la technique, du métier et de la sueur, bref un fameux bagage, chez ces 3 artistes.

Le rock délivré par la bande à Gaëlle est musclé, décape et décoiffe en même temps. Bref, il est brut de décoffrage. Et tout particulièrement en ‘live’. Pourtant, il semble que le combo cherche encore son créneau, hésitant entre un stoner burné et un métal dévastateur. Quoiqu’il en soit, la voix de Gaëlle est hargneuse, vindicative, même si les racines de cette artiste sont surtout blues. En fait, elle utilise sa voix comme un instrument. Certaines compos nous replongent carrément dans les 70’s. Les solos de gratte dispensés par Ludwig sont limpides et caustiques. Le drumming est métronomique.

« A Change » ouvre le set. Féline, Gaëlle vous incite à vous bouger le popotin. Trois brûlots vont nous entraîner dans le Sud profond, quelque part entre le delta du Bayou et le Texas. Ce southern rock est même réminiscent de ZZ Top. Si les nouvelles compos sont particulièrement jouissives, on épinglera la cover imparable du « Black Betty » de Lead Belly, un titre popularisé par Ram Jam, en 1977, et le blues solide, huileux, graisseux même, « Race », morceau qui a achevé la prestation…

Setlist : « A Change », « Back To Roots », « Whisper », « The Call », « Seeds », « I Love RNR », « Queen », « Be », « Black Betty », « I Got A Woman », « Race ».

Le Zik Zak ressemble maintenant à une véritable fournaise. A point pour entamer le concert de Black Mirrors. Telle une squaw –mais sans les plumes– dont le visage a revêtu ses peintures de guerre, Marcella Di Troia grimpe sur les planches. Elle est constamment prête à déterrer la hache de guerre. Et vous fusille du regard. Puissante, sa voix peut rappeler celle de  Janis Joplin. Sur le podium, elle occupe tout l'espace. Et ose même affronter l’auditoire, dans la fosse.

Elle est bien entourée par son fidèle guitariste Pierre Lateur, le bassiste Ludwig Pinchart (un polyvalent du manche) et un nouveau drummer, Nicolas Scalliet, que Marcella décrit comme un solide bûcheron, capable de dévaster ses fûts, sans tronçonneuse, ni merlin. Mais en se servant de ses baguettes. Pierre semble hanté par Jimi Hendrix. Ses solos sortent des sentiers battus. Et le nouveau single, « Funky Queen », un morceau qui ne manque ni de peps, ni de musicalité, confirme la recherche d’originalité de la formation. Bref, si le stoner très seventies de The Black Mirrors est toujours aussi susceptible de déraper dans le blues, le rock, le garage ou le métal, il est aussi capable de s’ouvrir de nouveaux horizons. Une belle preuve de maturité nouvellement acquise. On attend d’ailleurs impatiemment la sortie du premier album…

Setlist : « Shoes For Booze », « Funky Queen », « The Mess », « Control », « Mind Shape », « Drop D », « Canard », « Make The Same », « Till The Land », « Burning Warriors», « Things Go Up ».

(Organisation : Zik Zak)

Wilco

Le rock n’est pas mort ! La preuve par Wilco…

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Après avoir accordé un remarquable concert, dans le cadre du dernier Cactus, à Bruges, Wilco était de retour à l’Ancienne Belgique, ces 27 et 28 octobre. Aussi incroyable que cela puisse paraître, les deux dates étaient sold out. En deux jours, la formation chicagoan a donc attiré 4 000 spectateurs. Et il faut avouer qu’à l’intérieur, c’était blindé de chez blindé. Mais –et il faut le souligner– la foule était constituée d’un public multigénérationnel. Le rock n’est pas mort ! La preuve par Wilco…

Wilco a gravé deux albums en 2016. Le plus électrique « Star Wars », en juillet et le plus acoustique « Schmilco » en septembre. Deux disques épatants qui s’inscrivent pourtant dans des styles diamétralement différents. Ce qui avait donc poussé votre serviteur à aller revoir la formation en ‘live’. Plus étonnant encore, la set list du 27 est différente de celle du 28 octobre ; et c’est ainsi tout au long de sa tournée. De quoi encore démontrer que le groupe cherche constamment à se renouveler…

Le décor est superbe. Une forêt enchantée à multicouches est disposée sur le podium. Et le light show va plonger la scène au sein d’un éventail de climats différents. Derrière, sur la droite, il y a même un morceau de ciel. Il laisse apparaître divers tableaux : un arc en ciel, des nuages qui défilent, etc.

Le set s’ouvre par trois morceaux du dernier opus. Des chansons qui trempent dans l’americana, mais suffisamment électrifiés pour ne pas être taxées de folk. Le son est vraiment nickel ! Toujours barbu, Jeff Tweedy est coiffé de son inséparable chapeau blanc/beige. Au bout d’une dizaine de minutes, les compos commencent à prendre de l’intensité. Et notamment dès « I am trying to break your heart ». Nels Cline, le guitariste soliste, se met à bidouiller les boutons d’un pupitre et la fin de parcours se révèle complètement déstructurée. Dans la foulée, amorcé par des bruitages électro et imprimé sur un tempo krautrock, l’excellent « Art of almost » lance véritablement le show. La set list est cependant bien équilibrée, les titres les plus acoustiques servant de césure entre les plus percutants. Ainsi on retrouve Nels, assis, la gratte sur les genoux, pour jouer de la pedal steel, alors que Pat Sansone, préposé aux synthés ou à la troisième gratte, se sert d’un dobro, sur « Misunderstood ». La ligne de basse caoutchouteuse de John Stirratt et les interventions au piano électrique de Mikael Jorgensen trament « Somenone to lose », une chanson dont le tempo offensif évoque manifestement les Beatles circa « Abbey Road ». Et « We are’nt the world (Safety girl) » adopte un même profil. Pensez un peu à l’époque où Billy Preston siégeait derrière l’orgue, comme cinquième membre non déclaré. J’ignore pourquoi, mais les mélodies –parfois même en multicouches– me rappellent souvent celles des Fab Four. Sans doute à cause de ces refrains contagieux ; même si les timbres sont différents. D’ailleurs quand les voix se conjuguent en harmonie, c’est plutôt aux Byrds qu’on se met à penser (« Heavy metal drummer »). Mais comme celle de Jeff campe un hybride entre John Lennon et Mark Oliver Everett, il n’est finalement pas étonnant que le spectre des quatre de Liverpool plane régulièrement.

Autre moment fort du show, « Impossible Germany ». Imprimée sur un mid tempo, bringuebalante, cette compo permet à Nels d’étaler toute sa virtuosité sur sa six cordes. Ce qui va lui valoir une monstrueuse ovation. Derrière ses fûts, Glenn Kotche est particulièrement inventif. Se servant de baguettes différentes, suivant les morceaux, il lui arrive de secouer une maraca en même temps. Trois grattes alimentent les morceaux les plus électriques. A l’instar de « I’m the man who loves you », morceau qui finit par tourner carrément à la jam. Nels a sorti sa belle guitare blanche, à deux manches, pour l’excellent « Dawned on me ». Il en frotte même les cordes à l’aide d’un bottleneck. Jeff plaisante régulièrement entre les morceaux. Ce qui a le don de faire rire l’auditoire. Et le set s’achève au bout d’une heure trente par le contagieux « The last greats ».

Enfin pas tout à fait, car deux rappels sont prévus. Le premier s’ouvre par « Jesus etc. » ; un titre plus r&b, rogné par les claviers. Cet ‘encore’ va inclure 6 morceaux, dont le plus syncopé « Random name generator ». Généreux, Wilco va clore le spectacle par un autre morceau sculpté dans le krautrock, « Spiders (Kidsmoke) », auquel votre serviteur ne pourra assister, car son train n’attend pas. Les transports en commun ne tiennent plus aucun compte de la fin des spectacles à Bruxelles. On doit impérativement se déplacer en voiture pour se rendre dans la capitale. Sauf que pour l’instant, y circuler, c’est la galère. Et la situation n’est pas prête à évoluer. Même le soir. Et surtout en début de week-end. Les problèmes de mobilité risquent encore de s’accentuer, si les transports en commun ne tablent plus que sur la rentabilité. Et c’est encore une fois le public provincial qui va en faire les frais…

N’empêche, quelle belle soirée ; et puis quel beau pied de nez à ceux qui colportent que le rock est mort. Un bémol ? Il y avait peut être un peu trop de monde. Ce qui nuit bien évidemment au confort d’un tel spectacle. Mais c’est sans doute la rançon d’une future gloire qui s’annonce irrépressible…

Set list

1. Normal American Kids
2. If I Ever Was a Child
3. Cry All Day
4. I Am Trying to Break Your Heart
5. Art of Almost
6. Pickled Ginger
7. Radio Cure
8. Company in My Back
9. The Joke Explained
10. Misunderstood
11. Someone to Lose
12. Reservations
13. Impossible Germany
14. Happiness
15. We Aren't the World (Safety Girl)
16. Locator
17. Heavy Metal Drummer
18. I'm the Man Who Loves You
19. Dawned on Me
20. Hummingbird
21. The Late Greats

Encore

22. Jesus, Etc.
23. Random Name Generator
24. Red-Eyed and Blue
25. I Got You (At the End of the Century)
26. Outtasite (Outta Mind)
27. I'm a Wheel

Encore 2:

28. Spiders (Kidsmoke)

(Organisation : Live Nation)

 

Passenger (UK)

Un ange de lumière qui transparaît au cœur de la nuit…

Écrit par

Passenger est né en 2003. Michael ‘Mike’ David Rosenberg et son ami Andrew Philips en sont les fondateurs. Mais le groupe a splitté en 2009, malgré la réalisation d’un premier elpee. Mike décide alors de poursuivre l’aventure en solitaire, en conservant le patronyme. Il choisit l’Australie comme pays d’adoption, et se produit alors régulièrement dans la rue, seul, armé de sa sèche. Ce qui va lui permettre de décrocher régulièrement des premières parties. Il enregistre même trois albums, avant de connaître un méga hit, en 2012, « Let Her Go ». A ce jour, le titre affiche plus d’un milliard de vues sur YouTube. Depuis, Passenger est de nouveau un groupe, puisque Michael a engagé des musiciens pour l’épauler. Un quatuor réunissant un bassiste, un guitariste, un claviériste et un drummer.

Ce soir, le Cirque Royal est sold out. A 18 heures, il y a déjà une file d’attente d’une cinquantaine de mètres, avant de pouvoir pénétrer dans la salle. La tournée se déroule d’ailleurs ‘à guichets fermés’, presque partout où elle passe.

Grégory Alan Isakov assure la première partie. Comme tout au long du périple de Rosenberg. Né à Johannesburg (Afrique du Sud), ce singer-songwriter a cependant émigré à Philadelphie, en Pennsylvanie. Coiffé d’un chapeau de cow-boy, cet artiste se sert d’une gratte semi-acoustique et d’une loop machine comme percus. Et elles sont bien tranchantes. Sa voix me rappelle quelque part celle d’Angus Stone. Quand à la musique, bien que trempée dans l’americana, elle est particulièrement vitaminée…

La set list de Passenger va réserver une large place aux titres de son dernier opus, « Young As The Morning Old As The Sea ». Tous les musicos disposent d’une estrade. Seul Mike, flanqué de sa gratte semi-acoustique s’installe en avant-scène. A l’arrière, on remarque la présence d’un énorme dispositif de jeux de lumières.

« Somebody's Love » ouvre le set. Un extrait du dernier LP. Empreint de douceur et de mélancolie, cette chanson nous entraîne au cœur d’un monde féerique et onirique. Les ivoires et la guitare solo y sont bien mis en exergue. Mais c’est surtout sa voix particulière qui fascine, une sorte d’hybride entre James Blunt, James Bay et Damian Rice. Dès la chanson achevée, il salue le public. Véritable perle, « Life's For the Living » permet à la gratte de Mike de s’envoler. Il introduit humoristiquement « If You Go », un nouveau morceau. Il lui arrive d’ailleurs de plaisanter longuement entre chaque titre. Projetés depuis l’arrière, les lumières sont capables d’inonder tant la scène que les premiers rangs. Impressionnant ! Pendant « 27 » (« Whispers I »), Mike incite la foule à frapper dans les mains. Moralité, on n’entend pratiquement plus les autres musicos, surtout que le son de la six cordes du leader a gagné en puissance. Mike brille autant en solo que soutenu par son groupe. Nonobstant son humilité, il parvient à transcender l’auditoire. Un geste de la main et il réagit au quart de tour. Le reprise de « The Sound Of Silence » de Simon & Garfunkel constitue le premier moment de recueillement. Le light show devient carrément aveuglant et on a l’impression qu’un ange de lumière transparaît au cœur de la nuit.

Des lumières qui passent au rouge pour « I Hate » (« All the Little Lights »). En fin de parcours, le refrain est repris en chœur par la foule, littéralement chauffée à blanc. Il attaque « Young As The Morning Old As The Sea » en solitaire et y vide ses tripes. Il n’oublie pas d’interpréter l’inévitable « Let her go ». Ce sera un autre grand moment du show. L’adaptation du « Graceland » est superbe ! Et c’est « Scare Away the Dark » (« Whispers I ») qui clôt le show. Mike est ses musicos vident les lieux. Mais le public continue de scander le refrain en attendant leur retour. Rappel que le band accordera en l’entamant par « Home », et le terminant par « Holes ».

(Organisation : Live Nation + Botanique)

 

Jean-Michel Jarre

Le jardin sidéral de Jean-Michel…

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Pas mal de monde et de mouvement près de la Plaine du Heysel. Normal, Jean-Michel Jarre s’y produit ce soir. Ce qui provoque de nombreux embouteillages avant d’arriver à destination. Il devient de plus en plus pénible de rejoindre la capitale et même d’y circuler, en voiture, même un dimanche… Avoir recours aux transports en commun ? OK ! Et comment fait-on pour rentrer chez soi, après un spectacle, quand les derniers trains sont programmés bien avant 23 heures ?

Un concert de Jean-Michel constitue toujours une expérience riche en sensations au cours de laquelle les synthés sont associés aux techniques –numériques et visuelles– les plus révolutionnaires. Grâce à ses spectacles hors norme, Jean-Michel Jarre a explosé tous les records. Le 14 juillet 1979, il a ainsi réuni un million de spectateurs sur la place de la Concorde. Et il a fait encore mieux lors des concerts anniversaires à Houston (1,5 million en 1986), Paris (2,5 millions en 1990) et Moscou (3,5 millions en 1997). En 2011, il a accordé un concert dans le cadre du mariage princier, à Monaco, concert qui a été retransmis dans le monde entier. Enfin, Jean-Michel Jarre a déjà écoulé plus de 80 millions d’albums…

Tout comme Pierre Henry, son complice au sein du GRM (Groupe des Recherches Musicales), Pierre Schaeffer, sans oublier, bien sûr, les musiciens de Kraftwerk, de Can et même de Telex, il est considéré comme un pionnier de la musique électronique. Il y a plus de 40 ans qu’il s’y est investi ; tout en tirant parti, en ‘live’, des techniques de light show les plus pointues, que ce soit en se servant des lasers et plus récemment, de la la 3 D.

Agé de 68 ans, l’artiste français est venu défendre ses deux derniers projets, « Electronica Vol 1: The Time Machine » et « Electronica Vol 2: The Heart Of Noise », parus respectivement en 2015 et 2016. Quelques artistes prestigieux ont apporté leur concours à ces œuvres, dont Pet Shop Boys, David Lynch, Moby, Jeff Mills, Rone, Massive Attack, Primal Scream, Peaches, Yello, The Orb, Sebastien Tellier, Gary Numan, Cyndi Lauper, Hans Zimmer ainsi que Laurie Anderson. Pour célébrer le 40ème anniversaire de sa sortie, il publiera bientôt un troisième volume de la saga « Oxygène ».

La tournée a été baptisée ‘Electronica World Tour’. Et elle transite donc par Bruxelles, pour un spectacle unique en salle, qui réunit l’énergie d’un méga show et la profondeur émotionnelle d’une prestation en club.

La première partie est assurée par un DJ. Seul sur scène, derrière sa table et ses machines, il balance de la techno pendant un peu plus de 30 minutes. Il ne cherche pas à créer la moindre interactivité avec le public ; se contentant d’un seul signe de la main, en fin de parcours…

Ce soir, Jarre est flanqué de deux musiciens, en l’occurrence Claud Samaud et Stéphane Gervais. Le premier est préposé aux claviers, le second à la batterie électronique. Le show démarre à 20h50 par « Intro (Waiting For Cousteau) », une entrée en matière plutôt paisible. D’immenses tentures circulant sur un rail dissimulent les trois musicos. En fait, ces rideaux servent d’écrans. Lors de ce prologue, se dessinent des formes géométriques en 3 D. Rayonnant, Jean Michel fait son apparition. A l’issue des deux premiers morceaux, « The Heart Of Noise », ‘Part 1 et 2’, il vient saluer le public et présenter le spectacle. La set list ne néglige bien évidemment les classiques « Oxygène 2 », « Oxygène 4 » et « Glory / Equinoxe 4 ». Il nous présente une composition qui lui tient à coeur, « Souvenir De Chine », écrite à bord d’un avion, lors d’un périple accompli au sein de cette république populaire. On remarque la présence d’une majorité de quinquas dans la salle, mais également de nombreux jeunes. Perspicace, le Lyonnais cherche à se tourner vers l’avenir en proposant également de l’électro plus contemporaine ; à l’instar de « Brick England », opus auquel The Pet Shop Boys avait collaboré. Mais également l’avant-gardiste « The Architect » qui renvoie la techno américaine de Détroit à la cave.

Le public jeune a la bougeotte et se lève pour danser ; soit au niveau de la table de mixage ou devant la scène, entre les rangées de chaises. La sécurité renvoie rapidement tout ce petit monde devant les tables de mixage.

Son engagement politique, Jean-Michel Jarre le rappelle à travers « Exit », une plage co-écrite en compagnie du lanceur d'alerte Edward Snowden. Un combat traduit par des images vidéo du personnage délivrant son message. Ce seront les seules images personnalisées. Lors du final, « The Time Machine », après avoir enfilé des gants –ce qui peut toujours paraître surprenant– il exploite sa fameuse harpe laser. Il ne grattera sa guitare électrique, qu’à une seule reprise. En rappel, il va nous réserver « Oxygène 17 » et « Stardust ». Un set plutôt court, mais impressionnant, surtout pour la perfection de la mise en scène et la qualité des différents instrumentistes.

(Organisation : Greenhouse Talent)

Voir aussi notre section photos ici

 

 

 

Mustii

Une chorégraphie bien personnelle…

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En septembre 2015, Mustii se produisait en supporting act de Nicola Testa, à l’Alhambra de Mons. Quels chemins parcourus par ces deux artistes depuis ! Ce soir, Thomas Mustin, aka Mustii, est en tête d’affiche au Cirque Royal. Et le concert est presque sold out.

C’est en 2015 que Mustii signe sur le label de Kid Noize, Black Gizah. Il y publie d’abord les singles « The Golden Age » et « Feed Me ». Depuis, il a gravé un Ep, « The Darknest Night », en février dernier ; et son premier elpee devrait paraître début de l’an prochain. Tout en émargeant à l’électro/pop, cet artiste est un véritable showman. Car sur les planches, il exécute une véritable chorégraphie. Et il l’avait démontré, huit mois plus tôt, lors de sa release party, organisée au Botanique. Faut dire qu’il est également comédien, rôle qu’il assume tant au théâtre que pour des séries télévisées…

La première partie est assurée par le trio bruxellois Hydrogen Sea. Comme en novembre de l’an dernier, lors du concert de Selah Sue. Le duo de base réunit la chanteuse Birsen Uçar et le multi-instrumentiste (guitare, claviers) PJ Seaux. A son actif un Ep (« Court The Dark ») et un nouvel album (« In dreams », paru en septembre) ; mais surtout ses deux singles, « Only Oleanders » et « Wear Out ». Régulièrement diffusés sur les ondes radiophoniques, ils ont permis au tandem de se faire connaître. Mais aussi de jouer à New York. Depuis, un drummer a étoffé le line up.

Sur l’estrade la formation est constituée en triangle, sans doute pour manifester sa cohésion. Mais paradoxalement, la figure est inversée, car la pointe, assurée par la vocaliste, est en retrait. Tiens elle a changé la couleur de ses cheveux. Ils ne sont plus blonds mais de couleur jais. Tout comme ses fringues.

Le set s’ouvre par un extrait du dernier elpee, « Another Skin ». Les percus sont sauvages, les beats electro, agressifs. Birsen joint le geste à la parole. Ce qu’on appelle aussi le langage des mains. Sa voix est tour à tour entêtante, susurrée, fragile, mystérieuse, limpide, atmosphérique ou puissante ; et elle colle parfaitement à l’electronica/pop visionnaire et envoûtante dispensée par la formation.

Une expression sonore qui doit autant à Massive Attack, Beach House que Little Dragon. Lorsque le claviériste empoigne sa gratte, c’est pour insérer une boucle dans sa loop machine, afin de pouvoir continuer à balancer ses beats électro. « Murky Waters » est un morceau plus dansant alors que balisé par les ivoires, « Before I Go » est un titre plus pop, sucré, accessible. Quant à « Worry », il est davantage sculpté dans le rock. Une reprise : le « Wandering Star » de Portishead. Le jeu de lumière passe alors au rouge. Bien que très personnelle, la version est superbe. PJ brandit son iPhone. En quelques secondes la foule l’imite ; et une multitude de lueurs brille dans l’auditoire. Et le set de s’achever par l’inévitable hit, « Wear Out ». Manifestement, Hydrogen Sea maîtrise de mieux en mieux son sujet…

Des rumeurs avaient circulées toute la journée, concernant une éventuelle annulation du spectacle. Mustii serait grippé. Des racontars infondés, car il va nous réserver un show de 150 minutes…

L’auditoire est chaud boulette avant la montée sur les planches du Bruxellois. Deux petites estrades sont disposées sur le podium. Une à gauche pour le claviériste/bidouilleur. Une à droite pour le drummer (NDR : c’est lui qui est grippé ; mais il est bien au poste). Thomas fait face à un véritable mur de lumières pour attaquer « Intro-21 Century Boy ». Il dissimule ses yeux sous un masque noir ajouré, créé par le modiste Elvis Pompilio. Et porte un survêtement en toile de lin au-dessus de ses vêtements en cuir. Le tout de couleur noire. Son spectacle est rythmé par sa chorégraphie. Il interpelle les spectateurs par sa gestuelle, du doigt ou du bras ; ou alors leur adresse directement la parole. Il prend régulièrement des bains de foule, serre des mains tout en arborant un large sourire. On le sent heureux c’être là ; et le public féminin semble sous son charme. Mustii aurait pu naître d’un croisement entre David Bowie et Dave Gahan, mais un Gahan qui aurait chopé le grain de folie de Jimmy Somerville. Puissante, chaude, la voix est capable de monter aussi bien dans les graves que les aigus. Il adapte le « Heroes » de Bowie », comme s’il cherchait à ressusciter The Duke, période berlinoise. Outre les 5 perles de son Ep, il nous réserve également quelques jolies ballades ténébreuses. Et il clôt magistralement son show par « Where Do I Belong », de la même manière qu’il l’avait entamé ; soit face au mur de lumières, et affublé du masque ajouré. Un spectacle royal accordé au Cirque… quoi de plus naturel…

Setlist : « Intro-21 Century Boy », « I Would Love To Save The World », « Did You Try », « The Cave », « The Darkest Night », « The Bride », « Witness », « Heroes », « People Are Running  Streets », « The Golden Age », « Aching », « Roadtrip In The Dark », « Safety Zone », « You Own Cathedral », « Feed Me », « Where Do I Belong ».

(Organisation : Botanique + Stlive)

Ben Harper

Aux innocents les mains pleines

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Votre serviteur avait assisté, pour la première fois, à un concert de Ben Harper, en 1998. C’était à Torhout (NDR : dans le cadre du festival jumelé Torhout/Werchter). Etonnant que près de 20 ans plus tard, il soit toujours dans le circuit en compagnie de ses vieux comparses, The Innocent Criminals. En 2015, la troupe s’était à nouveau produite à Werchter ; et cette année, elle est repartie en tournée mondiale, un périple baptisé « Call It What It Is », soit le titre du nouvel opus. Il transitait donc par les Hauts-de-France, et plus précisément le Zénith de Lille, ce jeudi 20 octobre. Retour sur un concert très très bien ‘roadé’…

The Jack Moves est prévu en supporting act. Malheureusement, malgré un départ de plus de 2h30 avant le début de sa prestation, je ne suis parvenu à assister qu’aux remerciements adressés par Zee Desmondes et Teddy Powell, à la foule. ‘What a pity !’ Il faut cependant souligner que le concert de Ben Harper a suscité un énorme engouement dans le Nord de la France. Ce qui explique la véritable cohue, autour du Zénith Arena. Le parking est blindé, la fosse pleine à craquer, et les gradins se remplissent à une vitesse vertigineuse.

21h05 les lumières s’éteignent. Le show peut commencer. La foule est déjà survoltée. Les premiers rangs sont carrément compressés contre les barrières. Le personnel de la sécurité est particulièrement à cran. La nervosité, vraiment palpable.

Représentée par une immense cible, le décor est inspiré de l’artwork du long playing « Speak Out-A Bluegrass Tribute ». Un oiseau en bois surplombe un petit meuble ; et un tissu coloré à motifs psychédéliques pend négligemment le long du clavier.

Chapeau vissé sur le crâne, Ben Harper grimpe sur l’estrade. Il est accompagné de ses Innocents Criminals. Il y a une telle ferveur dans les acclamations qu’elles en deviennent impressionnantes. Issu de « Fight For Your Mind », « Oppression », ouvre les hostilités. De quoi ravir l’auditoire. Le concert va alterner les genres, depuis la soul au blues en passant par le rock et le folk, sans oublier le reggae.

Aux percus, Leon Mobley affiche une maîtrise stupéfiante. D’abord sur le plus reggae « Finding Our Way ». Puis lorsqu’il s’autorise un solo en avant-scène pour « Burn One Down ». Mais encore lors d’un trio qu’il partage en compagnie du bassiste Juan Nelson et du gratteur Michael Ward, sur « Don’t Take That Attitude To Your Grave ». Mais en général, ce dernier semble quelque peu absent. Quant à Jason Yates, malgré son look de vieux corsaire, il se révèle plutôt discret. Le musicien qui brille vraiment de mille feux, c’est Juan Nelson. Il épate par sa technique et sa capacité à suivre (ou précéder) Ben Harper. Pendant « Fight For Your Mind/Them Changes », lui et Ben exécutent un long passage instrumental. Aussi, fascinée, la foule l’ovationne pour l’encourager. Après ce morceau, Haper va même plaisanter en déclarant : ‘Je ne peux pas le suivre !’.

Ben Harper est un excellent communicateur. Que ce soit vis-à-vis de ses musiciens que de l’auditoire, qu’il remercie à maintes reprises, parfois la main sur le coeur, comme s’il était submergé par une certaine émotion.

Il tend aussi le micro vers la foule pour l’inviter à chanter sur « Finding Our Way », l’incite à frapper dans les mains en rythme ou à les lever « With My Own Two Hands ». Sous les lumières du Zenith Arena rallumées pour la circonstance, tout le monde s’exécute, des premiers rangs aux derniers gradins du fond de la salle, pour ce long moment de communion.

Outre sa technique remarquable affichée, notamment lorsqu’il se sert de la slide, le Californien Ben Harper possède une excellente voix. Et son interprétation a capella et sans micro d’une partie de « Morning Yearning » a de quoi clouer le public sur place. La performance subjugue, et l’assemblée l’écoute religieusement avant de l’applaudir longuement.

Ben Harper rappellera aussi The Jack Moves sur l’estrade pour interpréter « Under Pressure », en hommage à Freddy Mercury et David Bowie, avant de terminer ces deux heures de concert par un solo acoustique sur « Waiting On An Angel ». Il est alors seul sur les planches face à un auditoire ébahi…

Donc le concert était génial. Pour être honnête, il ne m’a pas totalement convaincu. Pourtant, le son était nickel. Et la technique des musicos, irréprochable. Je vais encore me faire des amis, mais soit… En fait, j’ai eu l’impression d’assister au spectacle d’une véritable machine de guerre. Tous les rouages étaient parfaitement huilés. C’était même digne d’un show permanent à Las Vegas. A aucun moment, je n’ai ressenti une réelle émotion dans ses propos ou ses gestes ; que ce soit le poing levé ou la main sur le cœur. Tout semblait calculé comme dans une production hollywoodienne. Aucune place n’a été laissée à la spontanéité. Même le rappel et les reprises étaient savamment arrangés. Il y a fort à parier que si vous assistez à deux shows de cette tournée, vous retrouverez la même selist, les mêmes clins d’œil adressés au public, les mêmes attitudes censées communiquer des émotions… finalement, il ne changerait peut-être, que de t-shirt…

Quel dommage de voir un tel artiste se laisser bouffer par le système –et il n’est pas le seul– dans l’unique objectif de privilégier la rentabilité ; alors qu’il a le talent pour improviser à travers des jams mémorables… qui le rendraient célèbre… C’est un choix !

Voir aussi la section photos ici

(Org: FLP + Divan Production)

 

Jamie Lidell

Jamie Le Bienheureux

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Actif sur une multitude de fronts depuis ses débuts (NDR : en 2000), dans des univers louvoyant entre soul, électro et funk, l’Anglais Jamie Lidell s’est taillé peu à peu une place à part dans l’univers musical actuel. Un véritable OVNI naviguant au sein d’une galaxie particulière : trop expérimentale pour le haut des charts (malgré le récent revival soul dont il aurait pu bénéficier…) mais toujours un brin trop pop pour les auditeurs les plus audacieux. L’anguille Jamie bénéfice toutefois d’un succès d’estime et critique mérité malgré quelques albums pas particulièrement faciles d’accès (« Compass », produit par Beck) sauvés par d’évidentes qualités de composition et une voix en or.

Afin de défendre « Building A Beginning », son dernier et plus accessible opus, le soulman anglais venait saluer la capitale de la Belgique ; tout particulièrement au sein de sa toujours impeccable salle de l’Ancienne Belgique. Un public assez conséquent accueille le musicien, aujourd’hui établi à Nashville, accompagné d’un impressionnant backing-band du cru, The Royal Pharaohs, constitué de 8 musiciens au groove véritablement imparable. Toujours souriant, Jamie Lidell débute son set pied au plancher par le single « Multiply » après une intro d’une belle coolitude offerte par ses pharaons. Le son, au début un peu faiblard, s’améliorera au fur et à mesure du show mais sa voix du crooner est, elle, dès la première note, d’une infinie justesse… et très rapidement le spectacle se transforme en véritable ‘feelgood concert’ grâce à des morceaux évoluant entre funk endiablé et soul quasiment guimauve ; même si les morceaux énergiques se taillent la part du lion. Seul bémol, comme sur disque, les compositions de Sir Lidell manquent parfois d’accroches mélodiques et tendent à se confondre si on excepte les singles « A Little Bit More », « Another Day » ou le plus récent « Walk Right Back ». Toutefois l’homme et son groupe élargi s’avèrent être de véritables showmen et la maîtrise des musiciens permet au show de monter en puissance tout en communiquant à chaque spectateur une mini banane… et définitivement de quoi passer un agréable vendredi en pensée.

Impossible en effet de sortir d’un concert de Jamie Lidell avec des idées noires tant la positivité des émotions et la justesse de sa voix combinées en font des moments de liesse collective. Merci Jamie donc…

(Organisation : Ancienne Belgique + Live Nation)

Ben Harper

A l’aise dans tous les styles…

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La dernière fois que votre serviteur avait assisté à un concert de Ben Harper, c’était en 2014. Au Cirque Royal. L’artiste était accompagné par l’harmoniciste Charlie Musselwhite. Un set qui s’était enfoncé au plus profond du Bayou. Ce soir, le Californien est programmé au Club de Forest National ; la capacité de la salle est donc réduite à plus ou moins 4 000 personnes. Et elle est sold out, car le deuxième balcon a été condamné ; une tenture noire séparant d’ailleurs le poulailler du reste de l’hémicycle.

The Jack Moves assure le supporting act. Comme pour toute la tournée européenne ; un périple baptisé ‘Call It What It Is Tour’. Le premier elpee (NDR: il est éponyme) de ce duo originaire du New Jersey est paru en décembre dernier. Prévu pour 20 heures, le set démarre un quart d’heure plus tôt. Cheveux longs, pantalons à pattes d’éph’ et chaussures à hauts talons, Zee Desmondes s’installe à l’avant du podium. Il se consacre au chant et à la guitare. Il est soutenu par le drummer/producteur Teddy Powell. Mais en ‘live’, le tandem est épaulé par un bassiste (bonnet enfoncé sur le crâne) et un claviériste.

Bien funky/r&b, « Doublin' Down » ouvre le set. La voix de Zee est particulièrement soul. La frappe de Teddy est métronomique. Les interventions des claviers sont discrètes mais efficaces. On se croirait revenu au beau milieu des années 60. Et tout particulièrement au cœur de l’âge d’or de la Motown. Zee se distingue à la gratte tout au long du magistral « All My Love », une compo hantée par Nile Rodgers. Sa voix est alors empreinte d’une grande tendresse. La cover du « A Fool For You » est excellente. Pendant le langoureux « Make Love », des sonorités de clochettes s’élèvent des synthés. De quoi faire tomber en pâmoison le public féminin. Une autre reprise, le « Heavy Love Affair » de Marvin Gaye. Revue et corrigée par la formation, cette version est épatante. Et « We'Re Here Now » clôt cette excellente prestation, un morceau dominé par les synthés, que ce soit à travers les sonorités d’ivoires ou même de cuivres, reproduites par cet instrument. Dommage que le band ne soit pas un peu plus interactif…

Agé aujourd’hui de 47 ans, Ben(jamin Chase) Harper a donc décidé de remonter son premier groupe : The Innocent Criminals. Vingt-cinq ans quand même que le guitariste californien roule sa bosse. Sa musique mêle rock, folk, blues, roots, gospel, funk et reggae. Outre ce combo liminaire, il a également drivé The Blind Boys Of Alabama et Relentless Seven. Ce soir, il a donc décidé d’en revenir aux sources pour défendre son quinzième album, « Call It What It Is ». Son backing group implique le percussionniste Leon Mobley, le claviériste Jason Yates, le bassiste Juan Nelson, le drummer Olivier Charles et enfin le second gratteur Jason Mozersky, qui remplace Michael Ward depuis mai dernier

Les lumières s’éteignent vers 20h50. En arrière-plan, une toile, sur laquelle est représenté le sigle du dernier opus (NDR : une cible de tir au couleurs verte, orange et brune) de Ben Harper & The Innocent Criminals, est tendue. Deux estrades sont érigées sur le podium. L’une est destinée à Leone et l’autre à Olivier. Harper s’installe au centre, face à son micro. Soit debout. Ou assis, quand il y pose sa guitare sur les genoux. Il est coiffé d’un chapeau mou de couleur blanche. « Oppression » (« Fight For Your Mind  ») ouvre le set. La voix est douce, hantée, mais bien maîtrisée. Yates, bandana bleu lui enserrant le front, et le drummer assurent les backing vocals.

Dès « Don't Take That Attitude to Your Grave » (« Welcome to the Cruel World », 1994), Ben passe à la guitare électrique. Le public applaudit chaleureusement. Régulièrement, la main sur le cœur, il remercie la foule. Il signale que c'est un réel plaisir de jouer ce soir devant un tel public. Qui reprend les refrains en chœur. La température grimpe graduellement. Il revient à la semi-acoustique pour « Finding Our Way », un premier extrait du nouvel opus. Si la set list va puiser au sein des 15 long playings de Harper, elle va quand même privilégier le dernier en date. Pendant « In the Colors » (« Lifeline »), des lumières blanches balayent les premiers rangs de la fosse. Et Ben accorde un solo magistral de percus, en fin de parcours. Il cale sa gratte sur les genoux pour attaquer « Shine ». Il transpire de plus en plus. Aussi, il glisse un essuie éponge de couleur noire sous son couvre-chef, avant d’empoigner le micro pour aborder « Morning Yearning » (« Both Sides of the Gun », 2006). La basse compte cinq cordes. Ce n'est pas courant. Tour à tour, Ben caresse ou martyrise les siennes. Les interventions du percussionniste et du bassiste sont impressionnantes. C’est d’ailleurs en compagnie de ce dernier que Ben va opérer un duel de plus de 15 minutes. Son partenaire au banjo. Harper, à la gratte, posée sur les genoux. Une joute endiablée et terriblement excitante, démontrant ainsi que Ben est à l’aise dans tous les styles. Et le concert de s’achever par « How Dark Is Gone ».

« Burn One Down » et « Where Could I Go » sont interprétés lors du premier rappel. Mais également « Under Pressure ». Pour cette cover signée Queen/Bowie, The Jack Moves débarque, au grand complet, sur les planches. Un très grand moment au cours duquel les artistes vont littéralement vider leurs tripes.

Lors du second encore, Ben revient seul. Il s’accompagne à la sèche électrifiée pour nous réserver son « Waiting On An Angel ».

Ce soir, flanqué de ses Innocent Criminals, Ben Harper a accordé un show exceptionnel. De plus de 150 minutes. Aussi, le public a le droit d’être satisfait. Il semble même comblé. Et dans la tête de votre serviteur, résonne l’un ou l’autre refrain, qu’il fredonne secrètement, le cœur empli de joie… et il n’est pas le seul…

(Organisation : Live Nation)

Voir aussi le reportage photos consacré au concert accordé par Ben Harper & The Innocent Criminals, à Lille, ce 20 octobre, ici.

 

 

 

Wild Beasts

Heureusement, il y avait un chouette light show…

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Quatuor londonien, Wild Beats a publié son cinquième opus, « Boy King », en août dernier. C’est d’ailleurs l’image de la pochette qui figure sur une toile tendue, en arrière-plan, quand on entre au sein du Grand Mix. Mais ce nouvel opus a pris une tournure résolument électro. Déjà que le précédent, « Present Tense », en consommait généreusement ; mais là, le ver est dans le fruit. Evidemment, en ‘live’, les morceaux prennent, en général, une forme plus organique, plus authentique. Enfin c’est ce qu’on espère en son for intérieur. Surtout que les prémices dream pop avaient permis au band de publier quelques singles d’excellente facture…

Avant de monter sur l’estrade, « Song to the siren » de This Mortal Coil retentit dans les haut-parleurs. Puis de très désagréables vibrations sonores ébranlent l’édifice. Pas très bon signe. Enfin, les musicos débarquent. En retrait, le batteur trône derrière un kit de fûts bien achalandé. Et pourtant son drumming est cool. Le guitariste et le bassiste (ou second guitariste, suivant les morceaux) se font face, derrière un synthé. Ce dernier partage également les vocaux avec Hayden Thorpe, qui se charge circonstanciellement de la basse et également d’un synthé. Les voix –falsetto pour Thorpe et baryton chez Flemming– sont complémentaires et se conjuguent régulièrement en harmonie. En outre, les musiciens affichent tous une excellente technique. Et le light show est superbe ; six colonnes de spots à leds rectangulaires dessinant même des formes géométriques. Mais le problème procède de cette déferlante électronique –nappes de claviers et beats programmés– qui non seulement asphyxie les compos, mais les rend bien trop lisses. Même les anciens morceaux sont ‘synthétisés’. Et le gratteur soliste a beau se servir d’un archet pour frotter ses cordes, on n’entend pas la différence. Seules quelques lignes claires émanent sporadiquement de sa gratte, comme pour rappeler que le band est bien britannique. Finalement, Wild Beasts incarne exactement cette forme d’électro que votre serviteur déteste. La musique électronique a ses lettres de noblesse ; mais abordée sous cet angle stéréotypé –pour être dans l’air du temps, sans doute– elle en devient toxique. Il ne manquait plus que les voix vocodées et la coupe était pleine. Heureusement, on a quand même vu un superbe light show ! (Pour les photos, c'est ici)

Et finalement, la bonne surprise nous est venue de Douglas Dare. Il assurait le supporting act. Ce fils de pianiste a également étudié cet instrument à l’‘Institute for Perfomance Arts’ de Liverpool. Son second album est sorti officiellement ce 14 octobre. Et il s’intitule « Aforger ». Il fait suite à « Whelm », paru en 2014. Physiquement, Douglas ressemble un peu à Howard Jones. A cause de ses cheveux blonds coupés au bol. Derrière son clavier, il est plutôt balaise. Il est soutenu par une claviériste/guitariste, également préposée aux backing vocaux. Qu’on pourrait qualifier d’atmosphériques, voire d’éthérés. Mais surtout par son fidèle batteur, Fabian Prym. Ce dernier est assis sur un tabouret bas et ses fûts sont disposés à la même hauteur. Etonnant ! Mais son drumming est impressionnant de dynamisme. Parfois, il vient ajouter quelques bidouillages électroniques ou alors agite un maracas en forme de sablier. Mais c’est la voix de Dare qui fait vraiment la différence. Certains medias la comparent à celle de Nils Frahm. Mélancolique, profonde, elle campe plutôt un hybride entre celle d’Antony Hegarty (Anohni, si vous préférez) et de Gavin Friday. Elle colle à merveille à une forme de trip hop introspective, élégante, capable de soubresauts rythmiques ; les arpèges dispensés par le Londonien d’adoption (NDR : il est originaire de Bridport, dans le sud-ouest de l’Angleterre) glissant comme des vagues tour à tour aventureuses ou chargées d’émotion. Douglas nous réserve un « Caroline » de toute beauté. En solitaire. On a alors l’impression qu’il caresse ses touches d’ivoire pour mettre en exergue sa voix exceptionnelle… Au bout de 30 minutes, le trio tire sa révérence et est chaleureusement applaudi. C’est amplement mérité. Cet artiste est manifestement à suivre de très près…

(Organisation : Le Grand Mix)

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