L’appel à débrancher des Burning Heads

La formation skate punk orléanaise Burning Heads vient de partager un second extrait de son nouvel opus « All Fired Up ». Attendu pour le 16 octobre 2026, ce disque succède au titre « SOS 2 » publié début septembre. À l'aube de ses quatre décennies de…

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Suuns + Jerusalem in my heart

Pénurie de soleil au cœur de Jerusalem…

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C'est dans le cadre d'une coopération exceptionnelle que se déroule une mini tournée associant Suuns et Jerusalem In My Heart. Et elle transitait par Louvain, ce mardi 24 novembre, après avoir fait escale au Sonic City de Courtrai, l'avant-veille. Non seulement l'occasion est belle de pouvoir assister à une collaboration immortalisée sur un album éponyme, mais également à un set solo de JIMH, en ouverture.

Arrivé légèrement après l'heure prévue de début des hostilités, votre serviteur a  pu rapidement se souvenir de la différence qui existe entre l'organisation des concerts en Wallonie et en Flandre. En effet autant ceux accordés au Sud de la Belgique admettent une certaine marge entre le timing annoncé et celui effectif ; autant, lorsqu'on passe la frontière linguistique, l’horaire est bien plus rigoureux. De quoi louper le début du spectacle qui a vraisemblablement démarré pile poil à l'heure prévue !

Après quelques tergiversations d'ordre pratique, il est temps de plonger au sein d’une salle remplie de sièges vides et qui semble délimitée par des tentures... Est-ce bien ici que se déroule le concert de Suuns & Jerusalem In My Heart ? En arrivant à hauteur desdits rideaux, on constate que l’espace a été coupé en deux ; une probable conséquence du peu de tickets vendus. Car en effet, nous sommes très peu nombreux à s’être déplacés pour ce qui semblait pourtant être un événement assez unique, encore que sa singularité ait pu souffrir d'un crochet via le Sonic City, 2 jours auparavant.

Il en résulte une ambiance très froide que tente de réchauffer quelque peu Radwan Moumneh (aka Jerusalem in My Heart), grâce à sa voix et sa gestuelle très expressive, y compris lorsqu'il s'assied pour jouer de son oud. Et non seulement le producteur/chanteur a recours à différents instruments, mais il manipule également les sonorités électroniques et divers effets pendant que défilent des projections sur un grand écran et deux plus petits latéraux. Clairsemé, l’auditoire est attentif mais l'atmosphère est toujours aussi glaciale ; et il devient vraiment difficile de s’immerger au cœur d’un tel univers, dans de telles conditions. On comprend vite qu'un lieu plus intimiste aurait davantage collé à cette prestation ; mais en faisant abstraction du contexte, on finit par tomber sous son charme… jusqu’au moment où elle touche, hélas, déjà à sa fin.

Qu'à cela ne tienne, une brève pause clope plus tard, le plat de résistance attend votre serviteur. A savoir la fusion entre le collectif de Montréal et l'artiste libanais. Ils se produisent ensemble sur scène pour tenter de faire vivre les compos de leur unique opus commun à ce jour. Mais l’atmosphère est toujours aussi froide. En outre, les musiciens semblent un peu coincés sur les planches, à l'exception de Radwan, qui vit le set un peu plus intensément que le reste de la troupe. On a l'impression d'assister à une restitution un peu figée de leurs compositions qui peinent à s'animer ou à se charger d’énergie ; et par là même à faire mouche... Ce n'est pourtant pas faute d'essayer, mais le public reste statique. Bref, il n’y a pas d’échange entre ce dernier et l’artiste. Jusqu'à ce que surgisse alors ce qui est sans doute leur titre fétiche : "3attam Babey". C’est le moment choisi par le band pour enfin se lâcher. Et les spectateurs d’en faire autant sur ces boucles krautrock hypnotiques qui tournent en vrille! A partir de cet instant, ce n'est plus que du bonheur, car le set vient vraiment de démarrer. Le seul souci, c’est qu’il n’y aura plus que 3 ou 4 morceaux à se mettre dans l’oreille, le team ne disposant pas davantage de temps ni probablement de répertoire. C'est donc avec un goût de trop peu que s’achève cette soirée mi-figue mi raisin... A charge de revanche en attendant une prochaine occasion de revoir Jerusalem in My Heart (en configuration plus intimiste de préférence) ainsi que sa collaboration avec Suuns (si l'occasion se représente) au sein d’un climat plus chaleureux...

(Organisation : Het Depot)

 

 

Alice on the Roof

Alice à l’AB des Merveilles…

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Dans une salle quasi-bondée, Alice on the Roof est venue défendre son prochaine album qui sortira le 22 janvier 2016. Son titre ? « Higher ». Vu les circonstances, les organisateurs de spectacles en Belgique, quels qu’ils soient, ont décidé de renforcer leurs mesures de sécurité. L’AB ne déroge pas à la règle. Des fouilles sont imposées à chaque visiteur. Ce vendredi 20 novembre, des policiers et des militaires arpentent le boulevard Anspach, armés de mitraillettes. Cette présence massive des forces de l’ordre ne parait inquiéter outre mesure les aficionados de la belle Alice.

Après ce qui paraît être une interminable attente, la jeune Montoise (NDR : elle n’a que 20 printemps) monte sur l’estrade. Si une gentille fée devait exaucer le vœu d'une petite fille qui rêve d'un ailleurs ou d’atteindre les étoiles, elle irait sans doute chez cette cendrillon de la chanson. Depuis son passage dans l’émission ‘The Voice Belgique’, où elle est arrivée jusqu’en demi-finale, la perle belge a fait du chemin. En préparant d’abord une démo avec Marc Pinilla du groupe Suarez, pour l’envoyer ensuite, sans trop y croire, à Tim Bran, producteur, entre autres de London Grammar. La magie opère. De cette collaboration va naître un Ep de cinq titres intitulé « Easy Come, Easy Go ». Le rêve n’est pas prêt de s’arrêter pour celle qui sera, le temps d’un soir, notre ‘Alice à l’AB des Merveilles’...

La soirée commence par un envoûtant « Like a dying rose ». Le charme opère dès les premières notes mêlant les sons électro et traditionnels du clavier. La reprise de « Princes » du groupe Oscar And The Wolf fait sensation auprès d’un public médusé par le timbre singulier de l’artiste. La suite laisse l’assistance sans voix, sauf pour certains fans qui scandent ‘On t’aime Alice !’. La ligne mélodique du violon de Nicolas Stevens résonne dans cet amphithéâtre. Parfois, il suffit de peu pour que la musique pénètre dans notre cœur et le fasse palpiter. Ces quelques secondes d’intro de ce qui semblait être le morceau « Race in the Shadows » est un pur moment de bonheur. Le violoniste s’insère ensuite dans cette composition très mélancolique intitulée « On the roof », jouée magnifiquement au clavier par la fée originaire de Saint-Ghislain. Après ces mélodieuses promenades, la scintillante interprète invite sur le plateau Sean Dhondt, animateur radio chez Qmusic, afin de partager le célèbre single de Major Lazer, « Powerful ».

Le set se poursuit par « Let me down » avant le très attendu « Easy Come Easy Go ». Le tube, qui l’a propulsée sur le devant de la scène, est chanté en chœur par une assistance complètement conquise. Le petit refrain notoire ‘Oooooo’, répété plusieurs fois, semble hypnotiser les mélomanes. Ils poussent la chanteuse à reprendre le morceau une deuxième fois.

Le concert se poursuit par de nouveaux titres comme le très groovy « Feel tonight » ou l’énigmatique « Walk the line ». Après une très courte pause, l’artiste entame la reprise du « Don’t Give Up » de Peter Gabriel et Kate Bush, qui, dit-elle ‘prend tout son sens aujourd’hui’, par rapport aux événements en cours.

La fin de la représentation est rythmée par des compositions qui font la part belle au synthétiseur (« Mystery Light »), à la batterie électronique (NDR : jouée de main de maître par Santo Scinta, le drummer, entre autres, d’Adamo) et le tambour utilisé par la vocaliste (« Lucky You », « Sound of Drums »).

Quelque part parmi les étoiles montantes de la chanson belge, Alice on The Roof mérite sa place dans ce ciel illuminé de talents prometteurs. Un petit soleil est né et n’est pas prêt de s’éteindre.

Setlist : Like a dying rose – Monopoly Loser – Princes – Race in the shadows – On the roof – Powerful – Let me down – Easy Come Easy Go – Feel tonight – Walk the line – Don’t Give Up – Mystery Light – Lucky You – Sound of Drums.

(Organisation : STLive – Dp Communications + Ancienne Belgique.

 

The Mountain Goats

Un peu de réconfort, au cœur d’un climat tourmenté et angoissant…

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C’est l’automne… une saison propice à la chute des feuilles… C’est également la période au cours de laquelle se déroule le festival Autumn Falls. Un festival itinérant qui invite des groupes ou artistes émergents, à travers la Flandre et Bruxelles, à se produire au sein de différentes salles, dont le Trix d'Anvers, le M@Z de Bruges, le Trefpunt à Gand, le 4AD de Diksmuide, le Botanique et bien d’autres encore. Et un pass de 50€ vous permet d’accéder à tous ces concerts qui s’étalent du 20 octobre au 18 décembre. Ce soir le Bota accueille The Mountain Goats et The Weather Station.

Les tentures sont tirées à hauteur de la table de mixage, de manière à rendre la salle moins déserte. Lorsque The Weather Station entame son set, il y a plus ou moins 150 personnes, au sein de l’Orangerie.

The Weather Station n’est pas une station météorologique anglo-saxonne, mais une formation canadienne drivée par Tamara Hope. Auteur/compositrice/multi-instrumentiste, elle est également actrice. Elle a ainsi assuré le rôle principal dans la série télévisée 'Guenièvre Jones'. Son dernier opus, « Loyalty », est paru cette année. Un disque enregistré en étroite collaboration avec Afie Jurvanen (Bahamas) et Robbie Lackritz (Feist).

Tamara alterne entre guitare, banjo et claviers. Et propose une musique folk mélodieuse, intense, parcourue de lyrics à double sens, ambigus et chargés de métaphores complexes. Brefs, les amateurs de Steve Gunn ou encore Ryley Walker devraient s’y retrouver.

Armée de sa gratte électrique, elle attaque « Floodplain ». Dès la fin de son morceau, elle convie ses deux musicos –en l’occurrence un bassiste (barbu) et un drummer– alors backstage, à la rejoindre, en leur adressant un petit signe de la tête. La voix de Hope est claire, limpide, cristalline même. La section rythmique est au diapason de la musique, empreinte de douceur et de tendresse. Mais le répertoire manque cruellement de punch et un ennui certain commence à gagner votre serviteur. Si bien qu’il s’éclipse du côté du bar. Dehors, de nombreux véhicules des forces de l’ordre circulent sur les grands axes. Les trams et les bus sont à l’arrêt. Quatre policiers lourdement armés surveillent l’entrée du Botanique. L'ambiance est lourde…

The Mountain Goats vient de graver son quinzième elpee. Il s’intitule « Beat the Champ ». Un concept album qui s’intéresse au monde du catch professionnel, dont les combats se déroulent au Sud des States, une discipline qui fascine le frontman, John Darnielle. Il y dépeint parfaitement des personnages imparfaits, qui vivent au sein d’un monde à la fois déchirant et exaltant. Et les plages qui oscillent entre ballades mélancoliques (avant le combat) et titres énergiques (pendant le combat) reflètent les émotions ressenties par les athlètes, comme les doutes ou les peurs…

John Darnielle se consacre au chant, à la guitare et aux claviers. Il est soutenu par le bassiste Peter Hugues, le drummer Jonathan Patrick 'Jon' Wurster et le multi-instrumentiste Matthew Douglas. Ce sympathique barbu (encore !) est un fameux musicien. Il brille d’ailleurs aussi bien aux cuivres (saxophone alto, clarinette), qu’à la six cordes.  

Tendre, « Southwestern Territory » (« Beat The Champ ») ouvre le show. John est habité par son chant. Les cuivres sont magiques. Le tempo s’élève progressivement tout au long de « Cry For Judas » (« Transcendental Youth »), un morceau cuivré, stimulé par le piano, au cours duquel John se sert d’une gratte semi-acoustique. La set list privilégie quand même les titres folk/pop voire americana (« Animal Mask », « Heel Turn 2 », « Never Quite Free »), compos que tisse soigneusement John, parfois même comme de la dentelle (« Get Lonely »).

Les musicos quittent le podium pour laisser s’exprimer le frontman en solo. Et il va nous réserver une véritable démonstration à la six cordes électro-acoustique ou aux claviers, pendant 15 bonnes minutes. Sa voix est aussi à l’aise dans les graves que dans les aigus. Particulièrement interactif, il nous balance quelques vannes entre les morceaux. Une reprise : le « Going To Marrakesh » de The Extra Glenns.

Après cet intermède, ses acolytes remontent sur l’estrade. Deux guitares, mais pas de cuivres pour le rock plus classique « The Diaz Brothers » (« Transcendental Youth »). Caractérisé par son refrain accrocheur, « Foreign Object » (« Beat The Champ ») est une compo pop davantage sucrée.

Plus déclamatoire, « Stabbed To Death Outside San Juan » (« Beat The Champ ») est un titre plus expérimental, dont le climat ténébreux est entretenu par la ligne de basse. Atmosphérique, « Damn These Vampires » (« All Eternals Deck ») est dominé par les ivoires. Ce soir, les caprins (NDR : ce sont des chèvres des montagnes qui vivent dans les Rocheuses) nous ont apporté un peu de réconfort, au cœur d’un climat tourmenté et angoissant…

(Organisation : Botanique + Toutpartout)

John Grant

La magie de la musique semble encore avoir opéré…

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Malgré le climat particulier qui règne depuis quelques jours, suite aux attentats de Paris, la foule s’est déplacée en nombre pour assister au concert de John Grant, ce mardi soir, prévu dans l’Orangerie du Botanique. D’ailleurs, comme le dira plus tard le grand barbu, durant son spectacle, si on se laisse intimider, il ne nous restera plus qu’à rester dans son canapé. Option que ce dernier a donc choisi de ne pas suivre.

Après avoir fait la file à l’entrée et bravé la fouille, votre serviteur débarque dans la salle. Mais le supporting act vient de terminer sa prestation. Qui était assurée par un groupe islandais répondant au nom de Fufanu. Un sextuor dont le chanteur (Kaktus) n’est autre que le fils d’Einar Einarsson, ex-membre des Sugarcubes, formation qui avait servi de tremplin à Björk). Et qui a publié un excellent Ep, « Adjust to the light » (voir chronique ici), en juin dernier…

Il est 21 heures, lorsque John Grant monte sur l’estrade. Il est venu défendre son troisième elpee, intitulé « Grey Tickles, Black Pressure », paru début du mois dernier. Il est suivi par quatre musicos : un claviériste, un bassiste, un guitariste et un drummer.  

En début de parcours, le Texan privilégie les compos empreintes de charme et de mélancolie, des chansons paisibles, balisées par le piano. A l’instar du titre maître de son nouvel elpee, « Grey Tickles, Black Pressure », de « Marz » (NDR : un extrait de son premier LP, gravé en 2010) ou encore « Down Here »), trois excellents morceaux. Après une demi-heure de set dominé par la tendresse, le concert change de cap et adopte un profil plus électro. Manifestement, l’amplitude de styles embrassée par John est large. Et le light show s’adapte au nouveau climat, stroboscopes et spots colorés balayant le podium. « Pale Green Ghosts », titre éponyme du premier long playing, amorce ce changement. La température commence à grimper dans l’auditoire. Certains spectateurs commencent à se dandiner. Les titres défilent, la set list épinglant au passage le disco-kitsch « Disappointing » et l’électro/hip hop « Snug Slacks ». Mais le sommet du concert est atteint lors du splendide « Queen of Denmark », une composition qui vous flanque la chair de poule. Après un peu plus heure de show, le quintet s’éclipse. Puis revient pour accorder un rappel, au cours duquel Grant va nous réserver « Caramel », seul en s’accompagnant aux ivoire. Un encore de 15 bonnes minutes qui va permettre à la voix de John de nous confirmer tout son potentiel…

Malgré ses lyrics chargés de spleen, l’Américain est ravi de recevoir une belle acclamation. Une joie finalement communicative. Manifestement, la magie de la musique semble encore avoir opéré…

(Organisation Botanique)

 

Of Monsters And Men

En cherchant à s’infiltrer, à travers les méandres de nos âmes…

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En dépit des événements qui secouent le monde actuellement, Of Monsters and Men a accepté de se produire dans l’arène de Forest National, ce dimanche 15 novembre. Après avoir transité par Rock Werchter cet été, la jeune formation indie folk est venue défendre les compos de son deuxième album. Un disque intitulé « Beneath the Skin ». Malgré une sécurité renforcée par une présence policière à l’intérieur et à l’extérieur du bâtiment, la tension était, néanmoins, palpable. La salle n’est pas comble, elle est remplie aux deux tiers. Ce qui n’a pas empêché le groupe de conquérir l’auditoire en douceur.

La première partie est assurée par un autre band islandais, dont les membres semblent du même âge que la tête d’affiche. Pendant quarante-cinq minutes, Mammút s’est approprié la scène et a enflammé une partie de l’auditoire. Le temps a paru long pour certains, se demandant si les héros de cette soirée n’avaient pas disparu dans les abysses des coulisses. (Voir section photos ici)

Puis, discrètement, les projecteurs diffusent une lumière tamisée sur le plateau. Les quatre lettres ‘M’ aux couleurs du drapeau français s’illuminent. Le message est clair. Les neuf musicos veulent rendre hommage aux victimes parisiennes. Le set commence par un angoissant « A Thousand Eyes ». Le timbre de voix plus aigu de Nanna Bryndís Hilmarsdóttir se marie délicatement à celui plus grave de Ragnar ‘Raggi’ Þórhallsson, les deux principaux chanteurs du combo. La première chanson s'appuie sur une présence massive du tambour et de la grosse caisse. Une bonne partie du public est secouée par ce premier titre.

La suite s'annonce plus allègre, même si certaines compos s’avèrent plus mélancoliques, à l'instar de "Empire", présenté il y a quelques semaines lors du show américain d'Ellen DeGeneres ou de « Slow life ». Il faut dire que la troupe a enregistré son deuxième opus chez elle, dans son fief natal ; mais également en Californie, dans les locaux de l’Eldorado Recording Studios. Nanna et Ragnar ont préféré prendre leur temps pour écrire leurs nouvelles chansons. La célébrité soudaine construite autour de leur premier LP ne leur a laissé aucun répit. Les tournées se sont enchaînées sans relâche. On comprend mieux la raison pour laquelle les musiciens sont repartis chez eux, près des leurs, dans leur île natale, afin de retrouver de l'amour, beaucoup d’inspiration et du calme. Une accalmie après la tempête, en somme.

Le public est conquis et tout doucement, les artistes sentent que la tension a disparu. Ils arborent des sourires, échangent quelques regards entre eux et demandent à l’auditoire de chanter à l’unisson. Les extraits de leurs précédents elpees comme « King and Lionheart », « Mountain sound » et « Lakehouse » côtoient les nouveaux titres tels que « Black Water », « Human », « I Of The Storm », « Backyard », « Crystals », « Wolves  Without Teeth » ou « Hunger ». D’un morceau à l’autre, la guitare électrique et acoustique, le glockenspiel, le tambour et la batterie se partagent des interludes musicaux plus sombres et parfois plus solennels. Parfois on se demande, si le groupe n’essaie pas de s’infiltrer, à travers les méandres de nos âmes… Malgré le spleen de leurs compos, l’assistance est sous le charme, subjuguée par les voix angéliques des deux interprètes.

La fin de parcours se révèle plus optimiste, surtout grâce au concours de la trompette, du trombone et de l’accordéon. Le refrain notoire de leur tube planétaire, « Little Talks », est chanté en chœur en compagnie de la foule. La chanteuse Nanna déambule sur l’estrade, poussé par un désir irrésistible de partager sa joie sur le podium. Cependant, avant de conclure ce concert, les deux acolytes, touchés par l’épisode parisien, délivrent un message de paix à travers les trois derniers fragments musicaux intitulés « Organs », « Dirty Paws » et « We Sink ».

Of Monsters and Men est un groupe talentueux qui a mûri au fil du temps. L’insoutenable légèreté du premier opus, symbolisé par une jeunesse insouciante, a laissé la place à une gravité de la réalité, tout au long de son dernier elpee…  (Voir aussi notre section photos là)

Setlist : A Thousand Eyes – Empire – King and Lionheart – Black Water – Mountain Sound – Slow life – Human – Backyard – Crystals – Hunger – Little Talks – Six weeks – Organs – Dirty Paws – We Sink.

(Organisation : Live Nation)


 

 

 

 

Simple Minds

Un enfer pavé de bonnes intentions…

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Simple Minds se produit presque chaque année, en Belgique. Et en 2015, il est programmé pour le 14 novembre, à Forest National. Le groupe écossais y transite, dans le cadre de sa tournée ‘Big tour music’. Et demain, elle s’arrêtera au Lotto Arena d’Anvers. Le concert est bien sûr sold out. Et les abords de la salle sont bien quadrillés par les forces de l’ordre. De quoi rassurer une foule encore traumatisée par les événements tragiques qui se sont déroulés à Paris, la veille, et notamment au Bataclan. Une fouille est exécutée à l’entrée, et le public se plie de bonne grâce à ces désagréments.

« Theme For Great Cities » a été choisi pour introduire le show. Il est 20h15 et il est décrété une minute de silence en hommage aux victimes de la veille. Les cinq musiciens et les deux choristes s'avancent ensuite en ligne, d’un pas solennel. Ils sont émus. Jim nous salue. Il est applaudi chaleureusement par un auditoire qui ne fait qu'un avec les artistes. Jim prend la parole : 'En général, c’est cool d’être chanteur dans un groupe de rock, mais parfois c’est très difficile quand comme ce soir on doit s’exprimer et qu’on ne trouve pas les mots… Je vous demande de respecter une minute de silence pour tous ceux qui ont perdu la vie hier à Paris, et après nous jouerons !' Un drapeau français est affiché sur les deux 2 écrans placés derrière le combo.

Les musiciens originels ont vieilli physiquement et en particulier le chanteur Jim Kerr, le guitariste Charlie Burchill et le drummer Mel Gaynor. Le bassiste Ged Grimes, également (NDR : il est né au début des 60’s, mais n’a intégré le band qu’en 2010). Le line up est complété par le claviériste Andy Gillepsie, la choriste/claviériste/guitariste Catherine Anne Davies, et à partir de la deuxième partie du set, la très jolie Sarah Brown.

Pas de supporting act. Le spectacle est divisé en deux parties. La set list réunit 28 morceaux. Quatorze pour la première, onze pour la deuxième, sans oublier les trois titres du rappel. Et un entracte de 15 minutes sépare les deux premiers actes, d’une durée de 75 minutes chacun. La part belle est faite au dernier elpee, « Big Music », sorti l'an dernier.

Jim déambule sur l’estrade de gauche à droite (NDR : ou de droite à gauche, pour ne pas froisser les partis politiques…), au bord du podium, élevant toujours son micro de manière aussi caractéristique. Il va au contact des premiers rangs pour donner et partager sa musique. Il s’accroupit régulièrement, fait le grand écart ou s’agenouille, suivant un même rituel. Pas besoin de lever les mains, la foule applaudit chaleureusement le premier hit : « Waterfront ». Les cordes de guitare sont étincelantes et les claviers généreux, tout au long de cette chanson ténébreuse. Pendant « Up on the Catwalk », des spots de couleur jaune balaient la scène. Par rapport à la version originale (NDR : parue en 1984), la nouvelle est enrichie de claviers particulièrement electro. Le light show passe au bleu et au rose pour « See The Lights » (« Real Life »), une compo plus paisible balisée par le tandem basse/guitare. Placée sur une petite estrade, Catherine Anne Davies a les cheveux roux. Elle est vêtue d’une robe fuschia scintillante et de bas collants verts. Elle a empoigné sa gratte électro-acoustique et se réserve le chant. Sa voix est puissante, mais ne manque pas de charme. Jim en profite pour changer de costume, en coulisses. Dans la foulée, Charlie, lui, troque sa gratte acajou pour une autre de couleur blanche. Et elle adopte des sonorités davantage funkysantes. Le light show déborde du podium et balaie la salle. Une adaptation écourtée de « Promised You a Miracle » (« New Gold Dream ») plus tard, les spectateurs ont de plus en plus de fourmis dans les jambes. Pendant « Mandela day » (« Street Fighting Years »), qui rend hommage à feu Nelson Mandela, Jim tourne son micro vers l’auditoire qui reprend les paroles en chœur. Le chanteur affiche alors un large sourire…

Le premier volet du concert s’achève par  « Don't You (Forget About Me) ». Pour meubler l’entracte, Mr. Kerr nous conseille d'aller goûter des chocolats.

Un petit medley (« Five to One / Book Of Brilliant Things ») annonce le retour de S.M. Catherine s’y consacre aux claviers. A la fin du pot-pourri, Jim remonte sur l’estrade. Il a enfilé sa veste écossaise en tweed. Le combo nous réserve une reprise des Doors : « Five To One ». Bouleversant ! Compo mythique, « Someone Somewhere in Summertime » est un véritable brûlot en ‘live’. Et pourtant, l’enfer y est pavé de bonnes intentions. Surtout celles au cours desquelles Simple Minds et le public entrent en communion. Il ne faut pas oublier que c’est en Belgique que la formation a récolté ses premiers succès. Ravi, Jim lâche un ‘Fucking Forest National’. Ce qui reflète la magie du show vécu ce soir. Jamais l’intensité n’a faibli. Faut dire que le public était chaud boulette…

La pression retombe d’un cran pour « All the Things She Said », un titre remarquablement enrichi par les chœurs. « Let It All Come Down » termine le deuxième acte. Jim remercie longuement l’auditoire.

En rappel, « Big Music » amorce le débarquement des pompiers. Micro placé bien haut devant lui, Jim invite tout simplement la foule à le suivre, une dernière fois. « Sanctify Yourself » clôt ce très chouette concert. Mais en sortant de Forest National, on ne peut s’empêcher de penser aux victimes du Bataclan…

(Organisation : Live Nation)

Voir aussi notre section photos ici

 

 

 

 

Bianca Casady

Un spectacle de transformistes, mais pas seulement…

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La moitié féminine et tête pensante du duo infernal américain CocoRosie s'offre une parenthèse en solo lors d’un spectacle original et atypique, mêlant musique et performance scénique dont toute l'attention va se focaliser, tout au long du show, sur un danseur talentueux. Le spectacle est prévu pour 20 heures. Il accuse 15 minutes de retard ; le temps de laisser les retardataires, coincés dans les embouteillages, parvenir à destination. Il a fallu 75 minutes entre Halle et Bruxelles, au lieu des 45 nécessaires en temps normal, pour que votre serviteur atteigne la capitale. Faut dire que le match de football entre les Diables Rouges et l’Italie était également programmé au stade Roi Baudouin. D’ailleurs en début de concert, l’Orangerie est à moitié pleine (NDR : ou vide selon…)

Une immense toile est tirée devant le podium. Elle le dissimule. D’autres –et on ne le verra que plus tard– sont tendues sur cette estrade. Y sont reproduits des clowns d’une autre époque. Tout un décor destiné à entretenir un climat de mystère. Torse nu, un homme vient se planter à l’extrême droite de l’estrade. Il se ventile la tête à l’aide d’une aile d'oiseau. C’est lui le fameux danseur. Son nom ? Biño Sauitzvyi. Il va successivement se transformer en clown, en cheval échappé d'un théâtre Nô japonais, en ballerine déglinguée, en disciple du butō nippon (NDR : une danse avant-gardiste, underground, imaginée par le Japonais Tatsumi Hijikata, dès 1959), en Pierrot néo-romantique (NDR : pensez au « Scary Monsters » de Bowie), en Joker (‘Batman’) ou encore en esprit d’Halloween (NDR : rappelez vous la série d’épouvante, ‘Scary Movie’).

A gauche, un piano à queue a été installé. Il est destiné à Bianca ou à Jean-Marc Ruellan. A côté de cet instru, on remarque la présence de petits amplis vox et de machines. Un matos destiné à passer la voix de Casady au vocodeur. Elle est vêtue d’une chemise de nuit surannée et porte un bonnet, surmonté d’un chapeau melon de couleur noire. Le line up est complété par Michal Skoda (drums), Takuya Nakamura (synthés, trompette, basse) et Doug Wieselman (Antony And The Johnson). Elégant dans son smoking, ce dernier assure les backing vocaux, la guitare, la flûte traversière et les cuivres (clarinette, sax alto, baryton et soprano). Au bout de trois morceaux, l’équipe est rejointe par la choriste, vocaliste et performeuse, Laerke Grontved, accoutrée comme Charlie Chaplin, dans ses films muets. Tout ce petit monde constitue le backing group de Bianca, The C.I.A.

Cocktail subtil de jazz, blues, électro et hard rock, la musique est expérimentale. Elle est hantée à la fois par Berthold Brecht, Tom Waits voire Frank Zappa. Et devrait alimenter les compos de son futur album, dont la sortie est prévue pour 2016.

Bianca chante, slamme ou récite des textes tout en triturant les cordes d’un violon. Elle semble mal à l’aise dans ses frusques. Des images de personnages aux visages blancs défilent sur la tenture, en avant-plan. On dirait qu’elles ont été tournées dans un cimetière. A moins que ce ne soit depuis l’enfer. Le danseur se métamorphose régulièrement ; mais discrètement. Dos au public, il devient une shiva masquée. En remuant les épaules, une déesse. Avant que la toile tombe, il s’est à nouveau transformé. Il grimpe sur un tabouret, puis se jette au sol ; et tel une poupée désarticulée rebondit alors que ses gestes épousent le tempo imprimé par les cuivres, dont une trompette équipée d'une sourdine. On souffre pour lui. Pourtant, malgré ses mouvements apparemment incontrôlés, sa chorégraphie est étudiée. Marlène Dietrich s’est réincarnée en Bianca. A la fois fasciné et stupéfait, j’entre progressivement dans ce ‘cabaret’ surréaliste.

Takuya et Doug sont de fameux musicos ; ils changent d’ailleurs constamment d’instruments, sans la moindre difficulté. La voix de Bianca devient diaphonique, une technique adoptée régulièrement chez les Tibétains. Faut dire qu’elle est fascinée par l’Asie. De temps à autre, elle se plante au milieu du podium, pour permettre à Biño d’opter pour un autre look, tranquillement, dans son coin. On entre alors dans un climat cauchemardesque entretenu par une forme de cacophonie, au cours de laquelle l’expression sonore s’emballe. Bianca s'est à son tour changée. En fait, elle a enlevé sa chemise de nuit, pour laisser apparaître un corps moulé dans un collant noir, sur lequel elle a enfilé un calbute trop large, digne du caricaturiste Reiser. Si elle a conservé le chapeau melon sur le crâne, elle a placé une chaîne à grosses mailles autour de son cou, au bout de laquelle est fixée une corde de chanvre. La musique vire alors à l'électro et au hip hop. Un piano désaccordé, un sax baryton et une trompette soutiennent les évolutions de Biño. Devenu funambule masqué et coiffé d’un haut-de-forme, il garde l’équilibre sur un fil imaginaire, en s’aidant d’un vieux parapluie tout déglingué.

Biño nous invite ensuite à Munich. A la fête de la bière. Mais, malgré ses couettes rousses, il ne va pas pasticher le 'Frida Oum papa' d’Annie Cordy. En fait il ressemble plutôt à un épouvantail, abandonné dans au milieu d'un champ de petits pois. D’une durée de 70 minutes, le show est ininterrompu. Attentif, mais interloqué, le public n'applaudit pas. Il apprécie le show, mais ne veut pas en perdre une goutte. En fin de parcours, Bianca Casady présente sa troupe qui est chaleureusement acclamée.

Franchement, je ne m’attendais pas à un tel spectacle. On a vécu un mix entre musique, cinéma (NDR : muet ou sonore, mais datant du début du XXème siècle), théâtre, comédie musicale et transformisme. Et je dois avouer qu’il m’a franchement subjugué. Après un petit rappel, on peut vider les lieux, des petites étoiles plein les yeux.

Mais en sortant du Bota, c’est la douche froide. On apprend ce qui s’est produit à Paris. Et tout particulièrement au Bataclan, lors du concert accordé par Eagles Of Death Metal. Il y a encore des barbares qui au nom d’une religion, se permettent d’assassiner gratuitement des êtres humains. Et notamment des passionnés de musique sans défense. On se croirait revenu au Moyen-âge…

En rédigeant ce compte-rendu, j’ai aussi voulu ne pas oublier les familles éprouvées par ces drames. Je leur adresse donc une pensée émue…

(Organisation : Botanique)

Deerhunter

Comment casser son image de groupe prétentieux et antipathique…

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La rumeur le taxe de caractériel, désagréable et froid. Après le concert livré au Grand Mix, on peut le déclarer sans hésiter : Bradford Cox n’est pas la ‘tête de lard’ qu’on veut bien nous laisser croire. Bien sûr, le chanteur de Deerhunter est un fameux personnage. Le nier serait un mensonge. Avez-vous déjà vu un artiste assurer son propre supporting act ? Personnellement, jamais. C’est pourtant sous le pseudonyme d’Atlas Sound que Cox monte sur les planches, vers 20h30. Il ouvre donc la soirée pour… lui-même. Hors norme, il faut l’avouer ! Néanmoins, ce projet solo est anecdotique car trop expérimental. Bradford joue un peu pour se faire plaisir, mais sa prestation est plutôt ennuyeuse.

Il le reconnaît cependant quelques minutes plus tard, après être grimpé sur l’estrade, en compagnie des autres musiciens de Deerhunter. ‘Je vous ai endormi, je vais maintenant vous réveiller !’ Ce n’était pas perceptible lors de la première partie, mais Cox a l’air en pleine forme. Et c’est une excellente nouvelle ! Car non seulement, il est atteint du syndrome de Marfan ; mais en outre, renversé par une voiture début décembre 2014, il a été sérieusement blessé.

C’est le second chanteur du groupe, Lockett Pundt, qui ouvre le bal vocal sur « Desire Lines ». Issu du quatrième opus « Halcyon Digest », le morceau met en valeur les grattes, un des gros points forts de la formation aux multiples facettes. Les styles vont d’ailleurs se mélanger durant tout le concert. On passe ainsi du punk au garage ou encore au rock expérimental, presque sans transition. Deerhunter va d’ailleurs se promener à travers toute sa discographie, plutôt éclectique. Enfin pas vraiment toute. L’excellent album « Monomania » sera complètement oublié. Finalement, le fort sympathique bassiste Josh McKay confiera à votre serviteur, la raison de cette lacune, juste après la représentation. Un guitariste n’a pas pu accompagner le band durant la tournée et personne n’a eu le temps d’apprendre les accords pour le remplacer. Ainsi, ce manquement devrait être rapidement corrigé.

Evidemment, le set réunit une majorité de titres issus de « Fading Frontier », sorti très récemment. Les morceaux sont cependant retravaillés et dévoilent tout leur potentiel. Trop paisible sur disque, « Living My Life » prend même carrément une autre dimension en ‘live’! Il s’agit bel et bien d’un concert rock !

Entre presque chaque chanson, Bradford Cox s’arrête pour discuter avec le public. Ce qui n’est pas habituel, surtout à ce point. Nous avons ainsi droit à des débats sur la qualité de la batterie, la culture du Nord de la France, l’architecture de Tourcoing… Surprenant pour un personnage aussi tourmenté. Les spectateurs finissent même par se demander s’il n’est pas saoul ; mais Cox mettra rapidement fin à toute suspicion : ‘Je sais que j’ai l’air bourré mais je ne bois pas !’

C’est –à mon humble avis– par la meilleure chanson jamais écrite par le combo que la première partie du set s’achève. Extraite du long playing « Microcastle », « Nothing Ever Happened » est une plage d’un peu moins de six minutes. Le quatuor va la développer jusqu’à atteindre près de 20 minutes ! A la fois garage et expérimental, le morceau permet surtout de se rendre compte de la qualité technique des instrumentistes. Cox opère même une démonstration en jouant la fin du titre sur le manche de sa guitare. Remarquable !

Un rappel est bien évidemment réclamé par l’auditoire qui remplissait aux trois-quarts la petite salle du Grand Mix. Deerhunter revient sur le podium, sauf le leader qui plonge immédiatement dans la fosse, pour discuter avec deux jeunes femmes. Bradford Cox qui drague en plein concert, c’est assez cocasse. Après avoir feint un malaise, Cox reprend sa gratte pour terminer son spectacle. C’est finalement sur un morceau des débuts du band yankee que se clôture la soirée. D’abord très doux, « Fluorescent Grey » monte dans les tours avant d’offrir une explosion finale attendue par tout le monde.

Plus d’1h45 de concert, un son presque parfait, une sympathie de tous les instants… Aux yeux et aux oreilles des quelques 400 personnes présentes ce lundi soir au Grand Mix, Deerhunter a complètement cassé son image de groupe prétentieux et antipathique ; mais a aussi prouvé qu’actuellement, il méritait bien de trôner au sommet de l’indie rock...

Setlist :

Desire Lines
Breaker
Duplex Planet
Revival
Don't Cry
Living My Life
Rainwater Cassette Exchange
All The Same
Take Care
Nothing Ever Happened

---------

Agoraphobia
Cover Me (Slowly)
Ad Astra

Fluorescent Grey

(Organisation Grand Mix)

The Beatbox

La réincarnation des Beatles par un groupe italien…

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Une soirée très particulière se déroule ce lundi 9 novembre 2015. Et pour cause, elle est entièrement consacrée aux Fab Four. En supporting act, le talentueux sixcordiste Antoine Goudeseune, et en tête d’affiche le cover band italien des Beatles, The Beatbox. Il est venu présenter son spectacle 'Revolution The Show - The Best Beatles Experience'. Un quatuor considéré comme le meilleur groupe de reprises des quatre de Liverpool au monde ; et dont le show s’étale sur plus de 150 minutes ! Il doit y avoir plus ou moins 500 personnes dans le Cirque Royal. Un auditoire, dont la majorité est à la fleur de l’âge. On y croise des barbus bedonnants (NDR : comme votre serviteur) et des mammys aux sourires éclatants. Mais également des plus jeunes. Et finalement, on peut affirmer que 4 générations vont assister à ces représentations. Parfait ! 

La première partie est donc assurée par un Binchois, Antoine Goudeseune. Un guitariste qui a adapté l'album « Abbey Road », en fingerpicking (NDR : voir chronique cd ici) 

Antoine monte seul sur l’estrade armé d’une gratte électro-acoustique. Tout au long du set, il va se servir d’une loop machine, d’une pédale de réverb et d’un accordeur, placés à ses pieds. Il ouvre son set par « Abbey Road » (NDR : il y a des parasites dans l’entourage de votre serviteur, qui décide de déménager). Et embraie par une adaptation sympa de « Lady Madonna ». Il revisite « I Want You » dans une version plus courte. Et explique que sur l’originale, en fin de parcours, il y a tellement d’instruments qui enrichissent les arrangements, qu’elle s’achève dans un chaos indescriptible. Aussi qu’il va essayer de recréer cette finale à l’aide de sa loop machine. Pari réussi ! Il enchaîne ensuite « Golden Slumbers », « Carry That Weight » et « The End », sous la forme d’un medley et achève son set, unplugged, par « Across The Universe », au bord du podium. Bel exercice de style, mais de l’endroit où se trouve votre serviteur, on n’entend rien…

Dans le cadre du quarantième anniversaire de la tournée américaine du plus grand groupe de rock de tous les temps, The Beatbox a créé le magnifique spectacle ‘Revolution’, rehaussé par un light show remarquable, retraçant l’histoire des Fab Four, depuis leurs premiers concerts accordés dans la ‘Cavern’ de Liverpool, jusque leur séparation. La setlist épingle les 40 chansons les plus notoires (“Twist And Shout”, “She Loves You”, “A Hard Days Night”, “Yesterday”, “Help !”, “Michelle”, “Sgt.Peppers LonelyHearts Club Band”, “Lucy in the Sky with Diamonds”, “Let It Be”, “Get Back”, “Revolution”, “Something” et Hey Jude, notamment).

Chargé d’histoire, le show évoque bien évidemment les 8 années d’existence des Beatles, mais également celle du rock. Des films d'époque sont projetés sur deux immenses téléviseurs vintage, placés aux deux extrémités de la scène. Alfio Vitanza, Mauro Sposito, Guido Cinelli et Riccardo Bagnolli ont souhaité que chaque détail soit minutieusement reproduit. Tant musicalement que visuellement. Taillés sur mesure, les vêtements sont à chaque fois adaptés pour l’époque. Depuis les costumes noirs classiques des débuts au look ‘baba cool’ d’« Abbey Road », en passant par les vestes brunes ‘Cosplay’ (NDR : comme celles portées lors du fameux concert accordé au fameux ‘Shea Stadium’, à New York city, en 1965) et les uniformes multicolores circa « Sgt Pepper’s ». Ils ont été confectionnés par la même maison de couture que ceux de la bande de Liverpool. Enfin, les musicos se servent d’instruments identiques et des mêmes amplis Vox. Le spectacle est divisé en deux parties, comme au cinéma ; mais la chronologie de la seconde sera quand même bousculée…

Et il s’ouvre par la diffusion d’images immortalisées dans la ‘Cavern’. Le mimétisme est parfait. L’imperfection du son reproduite. On remarque même les tics de Paul, alors encore très timide. (Setlist : « I Saw Her Standing Here » / « Please Please Me » / « Love Me Do » / « Please Mr. Postman » / « Roll Over Beethoven » / « She Loves You »)

Les artistes s’éclipsent pour enfiler leurs vestes 'Cosplay’. De nouvelles images défilent. Elles se concentrent justement sur celles des concerts filmés aux States, lors de ce périple accompli aux States, en 1965. De retour sur l’estrade, le quatuor transalpin aligne « I Want to Hold Your Hand » (NDR : c’est ce single qui a déclenché ce que les Yankees ont appelé la ‘British Invasion’, dans leurs hit-parades ; une chanson qui est la première des Beatles à avoir figuré au sein du Billboard), « All My Loving », « Can't Buy Me Love  », « This Boy  » et « Yesterday ».

Pas de changement de fringues pour achever la première partie au cours de laquelle se succèdent « A Hard Day's Night  », « Ticket To Ride », « I Feel Fine », « Help », « Day Tripper » et « Twist and Shout ». De 1963 à 1966, c’est la ‘Beatlemania’. Entre deux tournées triomphales, les Beatles tournent deux films ; mais découvrent également les substances hallucinogènes. C’est un tournant dans leur carrière.

De nouvelles vidéos et un changement de décor plus tard, le quartet revient, vêtu d’accoutrements psychédéliques. Tout s’est allongé : les vestes, les cheveux, les barbes et même parfois les moustaches. Un piano a été installé pour le clone de John Lennon (NDR : c’est l’époque à laquelle, ce dernier devient prolifique). Les Fab Four avaient publié « Yellow Submarine  », un dixième elpee. On aura droit notamment au titre éponyme de cet LP, mais également à « All You Need Is Love  », « Magical Mystery Tour » (NDR : la version du film) et d'autres morceaux. « Abbey Road », c’est le onzième et avant-dernier album du groupe. Il s’est vendu à 20 millions d’exemplaires. Et pourtant, c’est l’époque au cours de laquelle, les tensions entre les musiciens se multiplient. Néanmoins, George s’implique davantage dans la composition. Finalement, les sessions accoucheront d’un medley de 8 plages. Du tracklisting, seront extraits « Because », « Get Back », « Let it be », « Come Together» et « The End ».

Après un bref entracte de 10 minutes, on change à nouveau de panorama. Il est coloré et en toile de fond, juste derrière le double de Ringo, juché sur une estrade surélevée, est projetée l’image de la pochette de l’incontournable « Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band ». Le drummer bénéficie de davantage de visibilité. (NDR : Ringo est parvenu à vaincre sa timidité et s’exprime plus souvent). Ce volet se consacre à la période 1967 - 1970 ; ce que les médias ont décrit comme ‘les années studios’. Un claviériste se place à l’extrême droite (NDR : coiffé d’une casquette, il réincarne Billy Preston). La musique est devenue davantage expérimentale. Les musicos lancent des bandes préenregistrées au sol et les recollent au hasard ; ils passent ce même type de support à l’envers (NDR : à l’instar de « Rain »), en accélèrent la vitesse ou encore ont recours à de multiples instruments, dont des violons ou des instrus folkloriques, et en particulier hindous. Défilent alors « With A Little Help From My Friends », « Lucy In The Sky With Diamonds », « Hello Goodbye  », « Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band (reprise) » et « A Day In The Life », piste qui termine l’interprétation de ce concept album essentiel.

Le quatuor italien a accordé un rappel. Après un film aussi vivant, je quitte le spectacle, les yeux plein d'étoiles. Mais il se fait très tard, et ce matin, mon réveil va me rappeler à l’ordre dès 6 heures. The Beatbox se produira au Palais des Beaux-Arts de Charleroi le 17 novembre et au Théâtre Le Forum de Liège le 21 du même mois.

(Organisation: Dan Events Booking et I Live Genova)

Coeur de Pirate

Ne pas briser son cœur… de Pirate…

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Née en 1989 à Montréal, Béatrice Martin, aka Cœur de Pirate, est devenue une artiste québécoise incontournable. Eponyme, son premier opus, est paru en 2008 au Canada, puis en 2009 en France. Et il faut reconnaître qu’il a fait un tabac. Saluée par la critique pour son écriture à nu, sa poignante sincérité et sa lumineuse douceur, elle écrit des chansons à la première personne du singulier, des chansons qui trouvent un écho différent chez chacun. Cependant, c’est au fil des tournées que la jeune artiste s'est affirmée… Elle se produisait donc ce dimanche 8 novembre à l’AB de Bruxelles. Compte-rendu.

Béatrice a choisi Charles Arkadin (NDR : il a tiré son pseudonyme d'un long métrage réalisé par Orson Welles qui relate les voyages accomplis, en Asie et en Amérique, par Gregory Arkadin, richissime marchand d'armes devenu soi-disant amnésique). Né en France, ce féru de cinéma et d'expérimentation pratique une forme d’électro/pop pointue, fortement influencée par le r’n’b yankee, qu’il chante dans la langue de Voltaire. C’est également le vainqueur du dernier crochet 'On a les moyens de vous faire chanter’, diffusé sur France Inter, qui s'est déroulé d'octobre 2013 à juin 2014. A son actif deux Eps 4 titres : « Valhalla », paru en 2014 et « Six nuances », en juin dernier.

Arkadin s’installe au milieu du podium. Il est soutenu par deux collaborateurs. Les deux musicos se servent des machines et des boîtes à rythmes. L’un d’entre eux se consacre également aux claviers et à la guitare.

Arkadin entame son set par « Valhalla », une ballade électro entraînante aux lyrics teintés d'érotisme. La voix est chaude, langoureuse, sensuelle même. Il filtre sa voix via le vocodeur sur « Danse-Moi », un morceau balisé par des accords de piano limpides. « Judith » est un titre plus paisible.

Il adapte le « Can't Feel My Face » de The Weeknd (NDR : c’est un Dj canadien), une cover qu’il se réapproprie superbement. Et le set de s’achever par « La pluie la nuit », une chanson imprimée sur des beats électros. Une belle surprise !

En 2015, Coeur de Pirate grave un quatrième opus (NDR : si non ne tient pas compte de la B.O. de « Child of light »). Intitulé « Roses », il est précédé par le single « Carry On / Oublie-moi », un titre remixé pour les ‘dancefloors’ par Martin Kierszenbaum, patron du label Cherytree (NDR : qui héberge notamment Sting et Feist), sur lequel elle signe d’ailleurs ses deux derniers elpees. Ce qui explique sans doute pourquoi, sur « Roses », elle opère un virage électro et chante en anglais.

Le retour de Coeur de Pirate était très attendu par les aficionados, tant de la première heure, que ceux qui l’ont découverte plus récemment. L’AB est d’ailleurs sold out.

Sauvageonne, copieusement tatouée et gentiment rebelle, Béatrice grimpe sur l’estrade. C’est sa seule date belge de sa tournée. Visiblement plus mûre, plus glamoureuse, plus belle et plus femme, elle va siéger régulièrement derrière un piano à queue de couleur noire, planté au centre de l’estrade. Ce qui ne veut pas dire qu’elle restera statique tout au long de son show. Au contraire, régulièrement, elle esquisse quelques pas de danse, suivant une chorégraphie particulièrement soignée (NDR : le spectre de Michael Jackson planerait-il encore ?). A sa gauche, s’est installée une préposée au synthé. Destiné à mettre davantage en relief, les titres les plus électro. Un drummer s’est posté en retrait, à l’extrême droite. Et puis, il y a aussi un bassiste et un guitariste.

Elle attaque son set par « Oceans Brawl », aux ivoires. Un spot de couleur bleue se focalise sur l’artiste. Tiens, des cuivres ! Ben non, ce sont des sonorités dispensées par le synthétiseur. La chanson terminée, Béatrice se présente (‘Je suis Coeur de Pirate’… on ne la connaît pas). Elle signale être de retour dans une salle mythique, qu’elle aime énormément. Au bord de l’estrade, elle évoque son nouvel opus, micro à la main, pour introduire « Undone ». Un titre plus électro, soutenu par la solide section rythmique. Béatrice remue les bras, se contorsionne et exhibe ses tatouages.

Plus pop et sucré, « Golden Baby » (« Blonde ») opère un retour à un plus ancien répertoire. Ses accords au piano lorgnent vers Supertramp. Ses textes ont de quoi interpeller ‘Je t'ai vu d'un oeil solitaire. Le pied dans l'arène pour te plaire. Et briller aux regards que j'ignorais’. Ses lyrics traitent souvent de la vie de couple. Ses hauts et ses bas. Des épreuves rencontrées au cours de l’existence. Un titre magnifié par les superbes harmonies vocales. Lors de « Drapeau blanc », elle exécute une danse endiablée. En outre, elle semble habitée par son chant. Un peu comme Björk. Sans doute fatiguée, elle revient derrière son piano pour aborder « The Climb », un intermède au cours duquel les autres musicos se sont éclipsés. Mais ils sont déjà de retour pour « I Don't Want To Break Your Heart ». Et manifestement, elle ne veut pas briser son cœur… de Pirate…

Elle nous parle de sa fille qui visite les Châteaux de La Loire, de ses parents qui l'accompagnent. Elle parle également de sa ville et du fleuve qui la traverse. « Saint-Laurent  » (« Blonde ») est un morceau plus tendre. Propice au slow même. Tout comme le crapuleux « Francis ».

Elle ose une cover du « Dead Flowers » des Stones, après nous avoir signalé que la chanson parle de drogue. Ce n’est pas la première réflexion cocasse qu’elle s’autorise, pour détendre l’atmosphère. Et l’adaptation est classieuse. « Cast Away » se révèle à nouveau intimiste, alors que « The Way Back Home » adopte le format électro, une compo qui relance notre Béatrice au cœur (NDR : de Pirate ?) de la danse. Au bout de 75 minutes, le set s’achève par « Crier Tout Bas ».

Avant d’attaquer « Comme Des Enfants », titre de son opus éponyme, lors du premier rappel, elle demande si le public connaît cette chanson. Eclats de rires dans l’auditoire. Qui reprend le refrain en chœur. Après six ans de scène, manifestement, Béatrice a acquis une fameuse expérience. Pour clore le spectacle mémorable, elle nous réserve le single « Oublie-Moi », puis la reprise du « Hold On, We're Going Home » de Drake.

(Organisation : Live Nation + Astérios)

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