La clef de TOPS git 6 pieds sous terre…

TOPS sortira son nouvel elpee, "Bury the Key", ce 22 août. Le quatuor propose une musique intemporelle qui allie profondeur et immédiateté. Il s’agit de son premier album complet depuis 2020, un opus qui explore des tons plus sombres tout en restant maîtres…

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Jaga Jazzist

Un sentiment de frustration…

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C’est en 2005, lors de la sortie de « What We Must », que le collectif norvégien Jaga Jazzist s’est réellement fait connaître hors des frontières scandinaves. Un premier excellent elpee publié sur le célèbre label électronique anglais, Ninja Tune. A l’époque, sa musique privilégiait l’originalité. Mêlant subtilement jazz et post-rock, elle avait ainsi donné naissance au style ‘nu-jazz’. Depuis lors, les musiciens se sont quelque peu dispersés. Plusieurs d’entre eux ont quitté le navire. Des tas de nouveaux ont débarqué. Les changements de line up sont d’ailleurs impressionnants. Et ceux qui sont restés multiplient les projets. Deux albums studio en 10 ans (« One-Armed Bandit » en 2010 et « Starfire » en 2015), ce n’est pas Byzance ! En outre, aucun n’est arrivé à la cheville de « What We Must ». N’empêche, ce samedi 7 novembre, la troupe se produisait au Vk de Bruxelles. Une belle occasion de la découvrir, en ‘live’…

La salle molenbeekoise est cependant loin d’être remplie pour accueillir la formation nordique, démontrant que sa notoriété est en déclin. Le supporting act est assuré par un duo électro belge répondant au doux patronyme de Seizoensklanten.

Le concert de Jaga Jazzist débute vers 21h. Sur l’estrade, une forêt de néons ont été posés à la verticale ; et en arrière-plan, une toile aux motifs psychédéliques a été tendue. Les huit musicos grimpent sur le podium : un drummer, deux claviéristes, un bassiste, deux guitaristes ainsi que deux préposés aux cuivres (trompette, tuba, trombone, …) Ce sont, en outre, tous des multi-instrumentistes capables d’échanger leurs instruments d’un morceau à l’autre. Ainsi, par exemple, un des claviéristes joue également du xylophone et de la gratte. Le combo norvégien est parfaitement en place. Il enchaîne des morceaux issus de ses trois derniers opus. Le light show entretient un climat cosy. Mais au fil du set, on se rend compte que l’expression sonore manque de punch et de relief. Se complaisant dans une atmosphère monocorde. Et puis, les cuivres sont beaucoup trop en retrait. Ils sont même carrément noyés, lors des interventions de claviers. Conclusion, après une petite heure de concert, l’auditoire est au bord de l’assoupissement. Or, lors du dernier titre, Jaga Jazzist va le réveiller, en lui réservant un superbe « Oslo Skyline ». Un horizon que le mélomane aurait préférer davantage voir explorer, celui-ci éprouvant logiquement un sentiment de frustration, à l’issue du concert… 

(Organisation VK)

 

Banane Metalik

Vivre ou revivre, au sein d’un univers macabre…

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Pour la deuxième fois cette semaine, votre serviteur opère un retour au sein de l’antre du rock alternatif bruxellois, le Magasin 4. Il y a déjà 21 ans que l'institution privilégie une programmation undergound. Ce soir, on y fête –sans doute–  Halloween avec 5 jours de retard. Banane Metalik est une formation rennaise responsable d’un style qu’elle a créé début des nineties, et qu’elle pratique depuis plus d’un quart de siècle : le gore'n'roll. Soit un punk/rock dont la forme théâtrale est mise au service de l’épouvante.

La soirée est presque sold out. Parmi l’auditoire on y croise des vieux punks, toujours aussi tatoués et les cheveux en crête. Ils peuvent impressionner, mais ne craignez rien, ils ne mordent pas. Mais aussi des métalleux aussi bedonnants qu’inoffensifs. Sans oublier les curieux de tout poil, qui recherchent des spectacles susceptibles de leur communiquer de bonnes sensations. Votre serviteur n’a cependant pas croisé de fantômes, ni de zombies. Faut dire que la crémation devient de plus en plus souvent la norme, dans le monde contemporain…

Le supporting act est assuré par Pipes and Pints. Un quintet issu de Prague réputé pour ses prestations ‘live’ bordéliques, sculptées dans un punk/rock/metal celtique. Pas de kilt, cependant, mais des cornemuses et des grattes explosives. Des tatouages aussi, mais ce n’est pas vraiment un scoop… 

Il est 19h30 pétantes, lorsqu’un musicien, le crâne rasé, surmonté d’une plume d'Iroquois, vêtu d’un jeans déchiré et d’une parure d’indien, monte sur le podium, armé d’une cornemuse.  Il est suivi d’un bassiste (NDR : gaucher comme Macca !), un guitariste (NDR : la casquette retournée, il a un look de rappeur) et enfin d’un vocaliste… tatoué. Il dispose de deux petites estrades qui, éclairées par un gros spot led, le rendent mystérieux. Car lorsqu’il n’y est pas juché, il se multiplie aux quatre coins de la scène. Festive, la musique de Pipes and Pints se célèbre le plus souvent dans les pubs où la bière coule à flots. Aussi, tout au long du set, les ‘round circles’ et les ‘circles pits’ vont se succéder. Et on est rapidement contaminé par cette ambiance entretenue par 20 morceaux aussi courts qu’intenses. Ils ne dépassent d’ailleurs jamais les 2 minutes. Une bonne mise en jambes ! 

Setlist : « Intro, Let' Go » / « City By The Sea » / « Calling Me » / « Stereo » / «Live And Thoughts  » / « One Connection » / « Fear Is First A Feeling » / « She'S The One » / « Different Way » / « Right Or Wrong » / « Run Away » / « Found And Lost » / « Bad Times » / « Never Let You Done » / « We Are Pipes And Pints » / « Brave Hearth » / « Heaven And Hell » / « USA » / « Warpath 82 »

Changement de matos. Les roadies apportent des cercueils (NDR : au dessus desquels des cierges seront allumés) qui dès leur ouverture vont laisser apparaître des amplis ‘Marshall’. Les micros sont affublés de membres humains qui pendouillent. Des crânes humains sanguinolents jonchent le plancher. Une imposante contrebasse est déposée devant la batterie. Deux grosses boîtes sont posées sur les énormes baffles disposés à chaque extrémité de la scène. Sur la première est mentionné le mot 'Gore' en rouge, et la seconde, 'Roll' en bleu.

Banane Metalik est une formation bretonne. Depuis septembre elle est en tournée pour 35 dates. Un périple qui transitait donc par le Magasin 4. Et chaque concert est rapidement décrété sold out. Ce soir, elle va certainement nous présenter des extraits de son nouvel Ep, « The Gorefather ».

Le line up implique le chanteur Ced666, les guitaristes Boris XxX et Yann Ripper, le contrebassiste Rico et le drummer PunkyBones. Hormis le vocaliste, tout de noir vêtu et dont les bretelles permettent de retenir son futal (NDR : soutien indispensable, sans quoi il terminerait à hauteur des chaussettes), les musicos portent des costumes rayés digne de l’époque 'prohibition' et sont coiffés de borsalinos.

La messe des morts-vivants peut commencer. Et elle va durer plus de 75 minutes. Venue d’outre-tombe, l’intro vous glace le sang, alors que « Les Enfants Des Ténèbres » vous remue les tripes. Ced666 demande de monter le son et de fermer la tenture destinée à masquer la porte d'entrée. A l’instar de Vincent, chez Aqme, la voix de Ced est hurlée, mais plutôt mélodieuse. Il chante également dans la langue de Voltaire. Il est partout à la fois : devant, derrière, sur les côtés, dans la foule. Les sonorités de grattes sont graisseuses et incisives. La section rythmique (contrebasse/ batterie) est solide. Mais surtout, le band donne tout ce qu’il a dans le ventre. Et le public réagit au quart de tout. Dans la fosse, la folie devient communicative. Les spectateurs sautent, jumpent, pogotent ou forment des ‘circle pits’… Ced666 remercie les responsables du Magasin 4 de leur avoir permis de caler une date au sein de cet endroit magique. Il signale également avoir récupéré le patrimoine français, à savoir Serge Gainsbourg et France Gall. Et notamment en leur consacrant une chanson à la danse. Ajoutant que les filles ne sont pas des putains de potiches. Avant d’attaquer une version au second degré du célèbre « Poupée de cire, poupée de son ». Les filles sont invitées à monter sur le podium, dans un chaos invraisemblable. Et personne n’est capable de les empêcher de grimper sur l’estrade. « Pussycat » est un morceau de punkabilly énervé, vitaminé et énergique. « Ride In Peace » est interprété dans la langue de Cervantès.

Un nouveau titre : « Funeral March ». De quoi réveiller les défunts. « Viva Gorr'N'Roll » est un véritable brûlot, susceptible de nous incinérer. C'est probablement leur hymne à la joie. Les punks, les skins et les métalleux devraient se reconnaître à travers cette chanson. Le setlist prévoit un rappel mais, le band enchaîne sur « The GoreFather » et ponctue finalement sa prestation par « Zombie ».

Lors d’un spectacle de Banane Metalik, le public n’est pas que spectateur ; il en fait également partie intégrante. Une forme de célébration, au cours de laquelle il devient un acteur privilégié. Et finalement, au sein de cet univers macabre, il se sent vivre ou revivre…

(Organisation : Magasin 4)

Jozef Salvat

Sans grand relief…

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Après avoir accordé un premier concert, en mars dernier, à la Rotonde du Botanique, Jozef Salvat est programmé à l’Orangerie. Progression logique pour cet Australien dont le succès est croissant. Et pourtant, au départ, il devait se produire au Bar à Chicons. Mais vu l’engouement pour ce spectacle, une salle mieux adaptée était vraiment nécessaire, même s’il ne manquait que quelques spectateurs pour qu’elle soit sold out. Il est venu défendre son premier elpee, « Night Swim », paru ce 23 octobre 2015.

Le supporting act est assuré par Two Kids On Holiday, un trio issu de la Cité Ardente. Enfin, sur les planches ; car en studio, le line up est réduit à un duo. C’est-à-dire le drummer/chanteur Gil Chevigné et le chanteur/claviériste Julian Arlia. Le troisième larron n’est autre que Romain Cruppa, également impliqué dans un autre groupe issu de la Cité Ardente, Leaf House. Les artistes hébergés au sein du collectif Jaune/Orange n’hésitent pas à s’entraider ou apporter leur collaboration, c’est connu. Pas beaucoup de place pour le matos des 3 Liégeois. Ils s’installent donc en triangle, à l’instar de BRNS. Ce qui permet de resserrer les liens entre les différents musicos. Il s’agit du dernier concert accordé sous la forme d’un trio (NDR : Gil l’a annoncé sur son Facebook). Mister Alex est derrière les manettes. Donc le son sera nickel !

Depuis que les White Stripes et The Black Box Revelation ont pérennisé la formule guitare/batterie, de nombreux duos ont adopté un même principe. Mais des duos qui optent pour la combinaison batterie/synthé, c’est plus rare. Hormis Cats On Trees, je n’en connais guère d’autres.

« Aloha » sert de mot de bienvenue. Un mot hawaïen qui se traduit par affection, amour, compassion, pitié, au revoir ou bonjour. On comprend mieux pourquoi de petits palmiers (NDR : en plastique) entourent le drummer. Les harmonies vocales conjuguées par les trois musicos sont remarquables. Une compo pop à la mélodie sucrée caractérisée par des accords de gratte lo fi, des interventions subtiles de claviers et des bruits de clochettes. « Future Is Bright » est un morceau destiné à séduire le public féminin. Faut dire que la voix de Romain est très susceptible de faire chavirer le cœur des filles. « The Leaves Are Falling » vous incite à esquisser quelques pas de danse ; mais il y a peut-être un peu trop de monde pour pouvoir s'extérioriser. « Pirate » est dynamisé par des beats électro. Et si « Sunset » rencontre l’assentiment général de l’auditoire, c’est surtout « The Waves » qui se révélera le titre le plus ravageur du set.

A 21 heures pétantes, Jozef Salvat grimpe sur l’estrade. Son regard est perçant. Son nez effilé. Il rejoint son backing group déjà en place. Et la troupe entame les hostilités par « Night Swim », le titre éponyme du premier elpee. Les accords de gratte son limpides. Jozef ferme les yeux, comme s’il voulait s’évader dans un monde de rêves…

« Paradise » (Le Paradis Nous Trouvera) est davantage électro. Si les déplacements sur les planches de Jozef sont parfaitement exécutés, sa chorégraphie semble très inspirée de Michael Jackson. Son chant est clair. Son timbre chaud. Ses intonations sont irréprochables. Une voix empreinte d’émotion, qui émeut surtout la sensibilité féminine. Jozef remercie le public. Il est content d’être là aujourd’hui et le signale. Nonobstant son refrain entraînant, « Constant Runners  » ne parvient pas à accrocher. Il attaque « Secret » et « In The Audience », au piano. C’est mieux, mais pas encore transcendant. Sa reprise du « Diamonds » (NDR : elle figure sur l’Ep « In My Time ») de Rihanna est magistrale. Bien mieux que la version originale. Un bon point ! Les trois musicos qui accompagnent Salvat sont excellents. Mais définitivement, je ne parviens pas à me plonger dans le climat du set. Sans grand relief, il faut le reconnaître. En fait, le problème procède de la construction des compositions. Elles adoptent presque toutes un même schéma. Ce qui rend le concert monotone. D’autant plus que les chansons manquent cruellement de punch. Il y aura bien un rappel de trois morceaux, pour un show qui aura duré en tout 70 minutes ; mais franchement, ce soir, hormis lors de la prestation accordée par TKOH, votre serviteur s’est fermement ennuyé. 

(Organisation: Botanique)

Destroyer

Pro jusqu’au bout des ongles…

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La dernière fois que Dan Bejar s’est produit au Botanique, c’était il y a plus ou moins un an. En compagnie de The New Pornographers, super groupe impliquant notamment Carl Newman et Neko Case. Et le set avait été sauvé par sa présence, alliant à la fois classe et désinvolture. Il revient donc, mais à la tête d’un autre projet, Destroyer. « Kaputt », son avant-dernier album a fait forte impression. Il vient, en outre, d’en publier un nouveau, « Poison Season ». De quoi espérer un set live conséquent de la part du collectif canadien. D’ailleurs, le public est nombreux pour accueillir la formation. La Rotonde est même sold out.

La première partie est assurée par une jeune compatriote. Egalement torontoise. Jennifer Castle est venue défendre son dernier elpee baptisé « Pink City ». Difficile de se faire une idée correcte du potentiel de cette artiste, quand on n’assiste qu’à la fin de sa prestation. Mais vu le peu d’engouement manifesté par l’auditoire –encore dispersé à cette heure– il faut croire que son set n’a guère convaincu. Faut dire qu’assurer seule, armée d’une gratte, un supporting act est plutôt casse-gueule…

Un peu après 21 heures, Destroyer monte sur l’estrade. Arborant une barbe de plusieurs jours –comme d’habitude– Dan est soutenu par un septuor. Trois ans déjà que le line up du natif de Vancouver demeure stable. Ce qui explique sans toute pourquoi la musique du groupe est de plus en plus homogène. Au sein du backing group figurent un drummer, deux guitaristes, un claviériste, un bassiste, un trompettiste et un saxophoniste. Les arrangements réalisés en studio, les musicos parviennent à les reproduire en ‘live’. Ce qui n’est pas une sinécure, quand on connaît leur subtilité. Surtout ceux des deux derniers opus. Autrement dit, Destroyer ne triche pas sur la marchandise.

L’excellent « Bangkok » ouvre le set. Tout est parfaitement mis en place. Jamais le son ne souffrira de la moindre faiblesse. Et l’interprétation des morceaux est impeccable. Le trompettiste et le saxophoniste impressionnent. La voix du Canadien transpire de sensualité et de désinvolture. La setlist est essentiellement puisée au sein du dernier LP ; à l’instar de « Times Square » ou encore « Force from Above ». Ce qui n’empêche pas Bejar de puiser au sein d’une imposante discographie constituée de onze albums. Il va ainsi notamment repêcher « Chinatown » (« Kaputt ») ou encore le splendide morceau maître de « Rubies ». La qualité des titres proposée est donc au rendez-vous. Pour l’ambiance, il faut reconnaître que Dan n’est guère extraverti. Et ce n’est pas ce soir qu’il va changer de comportement. D’autant plus qu’on vient de lui annoncer qu’il souffrait d’une pneumonie. Le plus souvent, il se contente de poser ses textes, le micro entre les mains et les yeux fermés, avant de s’accroupir pour laisser le champ libre à son équipe. Hormis deux mots de remerciements, il n’est pas très loquace et surtout ne respire pas la joie de vivre. Néanmoins, son attitude n’altèrera jamais la prestation d’ensemble de la formation. Faut dire qu’elle est drivée de main de maître par un professionnel jusqu’au bout des ongles…

(Organisation : Botanique)

Beach House

Une setlist un peu trop déséquilibrée…

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Pour la troisième fois d’affilée, Beach House est accueilli par une Ancienne Belgique sold out. La dream-pop séduit manifestement le public belge ; et tout particulièrement celui issu du Nord du Royaume ; d’ailleurs, en débarquant au sein de la mythique salle bruxelloise, on entend surtout parler le néerlandais.

En guise d’apéritif, c’est le jeune Dustin Wong qui monte sur les planches. En solitaire. Un choix qui peut sembler étonnant ; et pourtant le garçon ne manque pas de talent et renvoie une image fort sympathique. Le jeu de guitare est calme mais fort agréable. L’artiste passera d’ailleurs de nombreuses minutes au stand merchandising, pour essayer de vendre ses disques. Pas sûr que son commerce ait été couronné de succès…

Car c’est pour Beach House que la foule s’est déplacée. Avant le début du spectacle, elle sait très bien que le climat risque d’être paisible et planant, dans le plus pur style de ces Américains. La suite montrera que c’était à moitié vrai. En tout cas, on s’attend à de nombreuses nouvelles chansons. Beach House a en effet publié deux albums au cours des trois derniers mois ! « Depression Cherry », fin août, et « Thank Your Lucky Stars », en octobre. Et à mon humble avis, le second est certainement le meilleur. Bref, nous allons pouvoir juger plus précisément de ces deux œuvres durant ce show.

A l’origine limité à un duo, le line up est devenu quatuor suite au recrutement de deux musiciens supplémentaires ; et ce afin de proposer une expérience live digne de ce nom. C’est sous un tonnerre d’applaudissements que Victoria Legrand et le reste de la troupe monte sur les planches. Plage d’ouverture de « Depression Cherry », « Levitation » ouvre les hostilités. La progression crescendo du titre est parfaite pour une entrée en matière, introduisant une des spécialités des citoyens de Baltimore : le synthétiseur. La plupart des morceaux sont en effet construit sur une base simple, de quelques notes sur cet instru. L’autre particularité, et certainement la plus caractéristique, c’est cette voix androgyne de Legrand. Elle est proche de la perfection ; d’ailleurs le chant sera un des points forts du concert. Une telle qualité vocale est tout simplement stupéfiante.

Malheureusement, le set souffre de quelques faiblesses. Tout d’abord, la setlist privilégie un peu trop les compos des deux derniers elpees. Il faut attendre six chansons, avant d’entendre un titre moins récent. Pour mieux rentrer dans le show, il aurait sans doute été préférable d’y inclure « Silver Soul » (« Teen Dream »), bien plus tôt.

Et c’est bien là le problème, « Depression Cherry » est un album décevant et en extraire 7 pistes sur 17, c’est beaucoup trop ! Surtout que la formation est déjà responsable de 6 long playings. En outre, le volume sonore est excessif. Encore que ce travers finisse par se transformer en avantage, tout au long de « 10 Mile Stereo ». Le meilleur morceau du répertoire. Caractérisé par le rythme élevé du chant et imprimé par des drums ultra puissants, il prend sur scène une dimension supérieure…  

Autre bon point, les guitares sont bien présentes en ‘live’ ; ce qui n’a pas toujours été le cas. « Sparks » prouve en tout cas que le groupe sait également y faire avec des cordes. « Myth » clôt première partie du spectacle de bien belle manière.

Pour le rappel, le quatuor opte d’abord pour « Salwater ». Un choix surprenant car il s’agit du tout premier morceau écrit par Beach House. Et qu’il a très mal vieilli… Heureusement que l’ennui ne dure que trois minutes… M’enfin, cette parenthèse semble avoir plu à Victoria.

« Majorette » relance quelque peu le tempo, avant qu’« Irene » ne vienne mettre tout le monde d’accord. Caser cette remarquable composition de près de sept minutes en fin de parcours, c’est une excellente décision. Le son est dense et le refrain addictif (‘It’s a strange paradise…’) Clairement un morceau qui donne encore envie d’écouter leur musique, le concert terminé.

Beach House n’a pas une musique taillée pour les représentations. Les Yankees s’en sortent néanmoins assez bien car l’ensemble du show est fort bien exécuté et particulièrement atmosphérique. Mais le groupe se met également un petite balle dans le pied en négligeant dans sa setlist certains de ses meilleurs morceaux comme « Wishes », « New Year » ou « Gila » pour y intégrer d’autres, soit trop anciens ou sans grande consistance. Votre serviteur a donc été frustré de n’avoir pu savourer la plupart de ses compos préférées. Mais a aussi été scandalisé par le prix exorbitant des vinyles au merchandising. En général, après un concert, j’en achète un. Mais à 25€, non merci !

Quoique d’honnête facture, la prestation de Beach House a surtout convaincu un nouveau public plutôt que les fans de la première heure. Dommage !

(Organisation : Toutpartout + AB)

 

 

Battles

Un concert unique en son genre…

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Ce mercredi 3 novembre, le Botanique accueillait Battles. Et manifestement, l’Orangerie grouillait de monde, avant qu’il ne monte sur les planches. Quatre ans après avoir publié son deuxième elpee (« Gloss Drop »), le trio établi à New York est reparti en tournée pour défendre son dernier opus, « La Di Da Di ». Un disque auquel Tyondai Braxton n’a pas participé, puisqu’il a quitté le band pour des divergences artistiques. Ecouter un album de Battles est toujours une expérience en soi. Inclassable, sa musique navigue –pour schématiser– entre math-rock et électro. Votre serviteur avait donc hâte de découvrir cette formation qui jouit d’une solide réputation en ‘live’.

Le supporting act est assuré par un artiste bruxellois, répondant au nom de Laurent Baudoux. Il a choisi pour pseudo Lawrence Le Doux. Le Belge a gravé deux albums électro sur le label VLEK. Après une bonne demi-heure, il tire sa révérence pour laisser la place à la tête d’affiche, tant attendue…

Le concert accuse dix minutes de retard. Enfin, les lumières s’éteignent et le bassiste/guitariste Dave Konopka monte sur l’estrade et se plante du côté gauche. Il a la lourde tâche de mettre l’ambiance. Il tripatouille ses pédales et superpose les nappes de sons. Tout semble fonctionner à merveille jusqu’au moment où il se rend compte que certains branchements dysfonctionnent. Un technicien est donc appelé à la rescousse ; et, heureusement, après ce faux départ, les choses sérieuses peuvent enfin commencer. Ian Williams (ex-Don Caballero), guitariste/claviériste, rejoint son comparse sur la droite, bientôt suivi par John Stanier (ex-Helmet, Tomahawk). Ce dernier s’installe derrière ses fûts et sa splash qui a la particularité de surplomber sa tête d’un petit mètre. Une fois en place, le trio ne perd plus de temps. Le combo enchaîne les morceaux issus de ses trois albums. Dont on épinglera les excellents « Futura», « Ice Cream » ou encore, en rappel, « The Yabba ». Sans oublier le premier tube, « Atlas », au cours duquel la voix de Braxton a été remplacée par une bande son (NDR : le seul petit bémol à relever, s’il ne fallait qu’en en citer un). Rapidement, on prend conscience de la maîtrise technique de nos hôtes. La vélocité de Williams est impressionnante tout comme la capacité de Stanier à jouer du synthé et de la guitare simultanément (oui, oui, c’est possible). Mais au-delà de ces considérations, ce sont les aptitudes des musicos à adapter leurs morceaux sur scène, en extirpant des sonorités invraisemblables qui impressionnent. Et comment est-il possible de s’y retrouver dans ce joyeux bordel ?

Quoiqu’il en soit, Battles a accordé un set d’une bonne heure, au cours duquel l’intensité n’a jamais baissé d’un cran. D’ailleurs, quand les trois artistes ont tiré leur révérence, ils étaient complètement trempés. Comme prévu, ce groupe complètement décalé est donc parvenu à nous réserver un concert unique en son genre…

(Organisation : Botanique)

 

 

Hugo Race

L’esprit d’équipe…

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Il y a bien un an que votre serviteur n’a plus mis les pieds au Magasin 4. C’était lors d’une soirée organisée dans le cadre de ses 20 années d’existence. Ce soir, Hugo Race se produit en compagnie de son groupe, The True Spirit. Personnage sympathique, cet Australien a sévi brièvement au sein des Bad Seeds, le backing group de Nick Cave. C’était en 1984. C’est d’ailleurs lui qui se consacrait à la guitare, lors des sessions d’enregistrement de l’album « From Her To Eternity ». Mais il souhaitait développer ses propres projets. Et tout particulièrement en montant The True Spirit. Ensemble, ils ont publié 15 elpees de 1987 à 2015. Belle preuve de fidélité ! Ce qui ne l’a pas empêché de participer à quelques autres aventures, aux quatre coins de la planète. Et notamment Sepiatone en Italie, Dirtmusic en Slovénie, Transfargo en Suisse, The Merola Matrix en Sicile et The Wreckery en Australie. Sans oublier son dernier, Long Distance Operators, au sein duquel milite la jolie violoniste, Catherine Graindorge.

Joe Speedboat sert de supporting act. Il est censé nous dispenser un garage rock teinté de grunge. Malheureusement, le gratteur/vocaliste aligne des riffs de guitare sans conviction ni motivation. En outre, il chante faux. La drummeuse semble s’ennuyer ferme. Seul le bassiste semble prendre un certain plaisir sur l’estrade. Pas de quoi rameuter la foule devant le podium, cependant. Qui est même plus que clairsemée, pendant cet hors d’œuvre sans grande saveur. Réaction, ma foi, logique…

Il y a pourtant du monde dans la salle. Mais elle s’est déplacée pour la tête d’affiche. Et en attendant, préfère squatter le bar. Hugo vient rendre visite à la Belgique, tous les ans, depuis pas mal de temps. Son backing group implique Brett Poliness (drums, backing vocaux) Bryan Colechin (basse), Nico Mansy (claviers/guitare) et Michelangelo Russo. Préposé aux moogs, à l’harmonica et à la trompette, ce denier (NDR : encore un barbu !) est également responsable des variations et bidouillages du son, y compris celui de sa voix ou de son harmo, qu’il filtre à travers un micro américain. Hugo se plante au centre de l’estrade. Devant son microphone, of course. Il se consacre également à la six cordes. La troupe est venue défendre son dernier opus baptisé tout simplement « The Spirit ». Mais aussi son futur Ep, « False Idols », dont la sortie est prévue ce 6 novembre. C’est d’ailleurs par ce titre que s’ouvre le set. Singulièrement électriques, les interventions de grattes sont incisives, alors que Michelangelo triture délicatement les sonorités, à l’aide de ses machines.

La voix de Hugo se fait tendre pour le lancinant et bouleversant « Elevate My Love », un extrait du dernier opus ; une compo qui s’aventure dans l’indus et au cours de laquelle Michelangelo souffle dans son harmonica, qu’il amplifie à l’aide de son microphone yankee. Une technique qu’il va reproduire régulièrement tout au long du spectacle. Et ce dernier est encore à la musique à bouche pour « Man Check Your Woman ». Il passe à la trompette pour « The Information », un titre balisé par les ivoires. La section rythmique est solide et permet aux longues parties instrumentales de se développer. Faut dire qu’on sent les musicos particulièrement soudés. Blues lent, « Sleepwalker » macère dans les marécages du Delta. Dans un même registre, « Dollar Quarter » s’avère plus classique. Un morceau visionnaire ? « Poor man ». A cet instant, votre esprit vagabonde au cœur du désert australien...

Caverneuse, envoûtante, la voix de Hugo me rappelle celle de Johnny Cash sur le plus country « Bring Me Wine ». Et le concert de s’achever par l’excellent « Higher Power », encore une plage issue du dernier opus. Un rappel de deux titres, mais pas renseigné sur la setlist, clôt ce set qui, manifestement, a ravi les aficionados de Hugo Race et de ses True Spirits

(Organisation : Magasin 4)

Kurt Vile

De plus en plus près du succès, de plus en plus loin de ses fans…

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Le dernier elpee de Kurt Vile est paru ce 25 septembre. Intitulé  “b'lieve I'm goin down”, il privilégie le country/folk voire l’americana. Tout en se révélant davantage mélancolique aussi. Il s’agit de son sixième. De quoi se demander si le concert de ce soir n’allait embrasser une forme acoustique. Bref, une chose est sûre, le succès du Pennsylvanien est en constante progression. En décembre 2013, il se produisait encore à l’Orangerie du Botanique et aujourd’hui, il est programmé à l’AB. La salle est comble et il faut craindre ou espérer (biffer la mention inutile) que dans un futur proche, il se retrouvera à l’affiche de Rock Werchter et de festivals du même calibre…

En débarquant à l’AB, Lower Dens vient d’entamer le dernier titre de sa prestation. Opter pour les transports en commun, c’est une bonne alternative pour ne pas s’engluer dans les embouteillages de Bruxelles. Encore faut-il qu’ils soient ponctuels… Le band de Baltimore (NDR : c’est dans le Maryland) a également publié son dernier long playing, en mars dernier (« Escape from Evil »). Après avoir écouté un seul morceau, le final en l’occurrence, difficile d’en dire davantage… 

Suite à une brève intro (NDR : toujours celle d’une compo des Happy Mondays), Kurt Vile et ses Violators montent sur l’estrade. Et le band attaque directement l’allègre « Dust bunnies », un titre issu du dernier opus. De cet elpee, la set list va d’ailleurs proposer 7 plages, rappel y compris. Mais pour la plupart en version plus électrique. Sauf le plus ‘bluegrass’« I’m an outlaw », au cours duquel Vile troque sa gratte contre un banjo qu’il joue remarquablement en picking. Et lors du rappel pour « All in a daze work » du dernier LP ainsi que « Baby’s arms » (« Smoke my funny halo »). Et si Vile se consacre à la sèche sur « Stand inside » et « Wild imagination » (« b'lieve I'm goin down »), le torturé « KV Crimes » (« Walkin on a pretty daze ») ainsi que « Freeway » (« Childish prodigy »), il est quand même soutenu par son trio (basse, guitare, batterie, claviers) et parfois par une boîte à rythmes. Parmi les morceaux les plus électriques, on épinglera cependant, le plus offensif « He’s alright » et le crazyhorsien « Walking on a pretty day ». Un style que votre serviteur apprécie. Sans oublier le dernier titre du set, « Freak train ». Puissant, percutant, enlevé et chargé de feedback, il est enrichi d’un saxophone et imprimé sur un tempo ‘motorik’, rappelant quelque part Hawkwind. Quelquefois, surtout dans ses inflexions les plus laconiques, la voix de Kurt évoque celle de feu Lou Reed. Kurt peut s’appuyer sur un excellent backing group, c’est manifeste. Le drumming du batteur est ample et précis. Le guitariste et le bassiste sont loin d’être des manchots. D’ailleurs, ils échangent régulièrement leurs instruments, quand le premier ne se consacre pas aux claviers. Ou tire carrément son épingle du jeu, en se servant en même temps d’un bottleneck et du vibrato, comme sur « Wheelhouse ».

Kurt Vile est un excellent guitariste, tant en picking qu’aux accords plaqués. Il change d’ailleurs pratiquement de gratte (NDR : une Fender Jaguar, quand elle est électrique) à chaque compo. Mais il n’est pas un bon entertainer. Il parle très peu entre les chansons et ne suscite pas d’engouement ni de réaction enflammée au sein de la foule. Qui a sans doute espéré l’étincelle qui n’est jamais venue. Elle applaudit pourtant à la fin de chaque morceau ; mais en restant sur la réserve. Tout comme Vile, d’ailleurs. Il semble vivre dans son monde. Sa longue chevelure lui cachant très souvent le visage. Pourtant, vu l’affluence, il ne fait aucun doute que sa musique est devenue accessible au grand public. Et que l’Américain est prêt à écumer les grands rassemblements estivaux. Où vous ne le verrez plus à 3 ou 20 mètres, mais peut-être à 100 voire 200 mètres. Il s’éloignera donc des fans de la première heure…

Setlist :

1. Dust Bunnies
2. Pretty Pimpin
3. Jesus Fever
4. I'm an Outlaw
5. Wheelhouse
6. KV Crimes
7. Freeway
8. H
e's Alright
9. Stand Inside
10. Wakin on a Pretty Day

11. Freak Train

 Encore:

12. Wild Imagination
13. All in a Daze Work (with b'lieve i'm going down in the outro)

14. Baby's Arms

(Organisation : Ancienne Belgique)

 

 

Low

A écouter religieusement, sans plus…

C'est une double affiche d'enfer que nous propose l’AB pour Halloween. Au programme: deux formations américaines qui explorent un univers très 'dark'. Mais dans les deux cas, il s'agit d'une noirceur propice aux scintillements de lueurs brillantes, aveuglantes même. Les 'anciens' de Low, chantres du 'slowcore', et la ‘petite jeune’ Chelsea Wolfe, étoile montante d'un style qu'on pourrait qualifier de 'doom-folk', vont se succéder sur le même podium. Les deux bands son réunis pour cette seule date ; un évènement unique qui souligne l'admiration réciproque. La salle est en configuration ‘box’ (sans les étages) et le programme commence tôt, car deux longs sets sont annoncés.

C'est donc à 19h30 que Chelsea Wolfe monte sur les planches. A ses côtés, on retrouve son comparse Ben Chisholm (basse, synthés), Dylan Fujioka (batterie) et une guitariste. Tout de noir vêtue, à l'exception un patch blanc cousu sur son pantalon, la jeune Californienne focalise tous les regards. Elle porte au cou un superbe collier affublé d'une croix carrée. Etabli à Los Angeles, Chelsea Wolfe est responsable, à ce jour, de cinq albums de très bonne facture. Aujourd'hui, elle vient présenter son tout dernier, « Abyss », paru récemment sur Sargent Records. « Abyss » constituera donc, tout naturellement, l'épine dorsale de la setlist.

En grande prêtresse de la soirée, Chelsea Wolfe entretient une atmosphère mystérieuse et envoûtante, déroulant les lentes vagues d'un post-metal lancinant... Le son est puissant, et la guitare de Chelsea, très saturée, donne à l'ensemble une tonalité presque noisy. Après le spectacle, Chelsea nous confiera avoir rencontré des problèmes pour régler l'ampli, loué pour l'occasion.

Après trois titres tirés de « Abyss » (« Carrion Flowers », « Dragged Out » et « Iron Moon »), elle opère une incursion dans « Pain Is Beauty », son chef d'oeuvre sorti en 2013, en interprétant le sublime « Kings ». Ici, la musique devient plus complexe, s'autorisant des touches de trip-hop et d'électronique, un peu comme si Dead Can Dance faisait un boeuf avec Portishead. « We Hit A Wall » propose un mur... du son sur lequel nos tympans viennent se fracasser pour notre plus grand bonheur. « After The Fall » (« Abyss ») constitue peut-être le point culminant de la prestation. D’abord fragile, plaintive, la voix de Chelsea devient déchirante, lors du final particulièrement bruitiste, survolant un maelstrom de guitares et de percussions.

Pendant « House of Metal », Chelsea Wolfe abandonne sa guitare, empoigne son micro et vient au devant de l’estrade. Que de chemin parcouru depuis le début de sa carrière où, trop timide, elle se cachait derrière des voiles noirs et restait statique sur scène. A l'origine, « House of Metal » figurait dans le répertoire du projet électronique de Chelsea Wolfe et Ben Chisholm, Wild Eyes, un projet finalement intégré dans 'Chelsea Wolfe', en 2013. Comme la plupart des compositions, ce titre acquiert une toute nouvelle dimension en 'live'. On est comme hypnotisés par le balancement de la rythmique et les mélodies.

Après le paisible « Simple Death », c'est par « Survive », une longue plage de près de 6 minutes, que la formation achève sa prestation ; et en affichant une belle maîtrise ! Quasi-tribal, ce final atteint un sommet de puissance et d'intensité. Les musiciens quittent l’estrade après une heure de concert et, oh surprise, les lumières de la salle se rallument. L’auditoire est étonné, déçu même, de ne pas pouvoir bénéficier d'un rappel. Un problème d'organisation ?

A 21h, c'est au tour de Low d’investir des lieux. Alan Sparhawk et Mimi Parker, membres fondateurs de la formation américaine, sont accompagnés par Steve Garrington à la basse et au synthé. Formé en 1993, en pleine vague grunge, Low s'est démarqué d'emblée, en pratiquant une musique tout en retenue, à contre-courant, articulée autour d'harmonies vocales et de rythmes lents. Son style est alors taxé de 'slowcore'.

Venu présenter son dernier opus, « Ones and Sixes », publié cette année, le trio va en proposer pas moins de 8 plages. La qualité des compos montre, si besoin en est, que Low n'a rien perdu de son inspiration. Assise derrière ses fûts, qu'elle caresse doucement de ses baguettes, Mimi Parker chante à la perfection. Sa voix est très classique, dotée d'un très beau tremolo, dans la tradition des chanteuses américaines folk/pop, oscillant entre Joan Baez et Jennifer Warnes. Alan Sparhawk évoque plutôt Neil Finn (Split Enz, Crowded House), surtout lors des chansons les plus pop, comme « Plastic Cup » ou « What Part of Me ».

L'atmosphère générale suscite une certaine forme de recueillement. Le public, venu en grande majorité pour Low, écoute religieusement. On entend les mouches voler pendant la plupart des morceaux. Seuls deux titres permettent à Sparhawk d'enclencher l'overdrive sur sa guitare. « On My Own » et « Landslide » lorgnent en effet judicieusement vers le doom et dans ces moments, trop rares à mon goût, on a bien senti la filiation entre les deux combos à l'affiche.

Setlist Low : Gentle, No Comprende, Monkey, The Innocents, Plastic Cup, On My Own, Holy Ghost, Spanish Translation, Lies, Into You, Pissing, DJ, What Part of Me, Will the Night, Landslide. Encore : Murderer

Bref, on a passé une superbe soirée, baignée dans un univers ténébreux, spectral et proche de l’ensorcellement ; mais également d'une terrifiante beauté...

(Organisation : Ancienne Belgique)

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Chelsea Wolfe

Les lentes vagues d'un post-metal lancinant…

C'est une double affiche d'enfer que nous propose l’AB pour Halloween. Au programme, deux formations américaines qui explorent un univers très 'dark'. Mais dans les deux cas, il s'agit d'une noirceur propice aux scintillements de lueurs brillantes, aveuglantes même. Les 'anciens' de Low, chantres du 'slowcore', et la ‘petite jeune’ Chelsea Wolfe, étoile montante d'un style qu'on pourrait qualifier de 'doom-folk', vont se succéder sur le même podium. Les deux bands son réunis pour cette seule date ; un évènement unique qui souligne une admiration réciproque. La salle est en configuration ‘box’ (sans les étages) et le programme commence tôt, car deux longs sets sont annoncés.

C'est donc à 19h30 que Chelsea Wolfe monte sur les planches. A ses côtés, on retrouve son comparse Ben Chisholm (basse, synthés), Dylan Fujioka (batterie) et une guitariste. Tout de noir vêtue, à l'exception un patch blanc cousu sur son pantalon, la jeune Californienne focalise tous les regards. Elle porte au cou un superbe collier affublé d'une croix carrée. Etablie à Los Angeles, Chelsea Wolfe est responsable, à ce jour, de cinq albums de très bonne facture. Aujourd'hui, elle vient présenter le 'petit dernier'. Paru récemment sur Sargent Records. « Abyss » constituera donc, tout naturellement, l'épine dorsale de la setlist.

En grande prêtresse de la soirée, Chelsea Wolfe entretient une atmosphère mystérieuse et envoûtante, déroulant les lentes vagues d'un post-metal lancinant... Le son est puissant, et la guitare de Chelsea, très saturée, donne à l'ensemble une tonalité presque noisy. Après le spectacle, Chelsea nous confiera avoir rencontré des problèmes pour régler l'ampli, loué pour l'occasion.

Après trois titres tirés de « Abyss » (« Carrion Flowers », « Dragged Out » et « Iron Moon »), elle opère une incursion dans « Pain Is Beauty », le chef d'oeuvre sorti en 2013, en interprétant « Kings ». Ici, la musique devient plus complexe, s'autorisant des touches de trip-hop et d'électronique, un peu comme si Dead Can Dance faisait un boeuf avec  Portishead. « We Hit A Wall » propose un mur... du son sur lequel nos tympans viennent se fracasser pour notre plus grand bonheur. « After The Fall » (« Abyss ») constitue peut-être le point culminant de la prestation. D’abord fragile, plaintive, la voix de Chelsea devient déchirante, lors du final particulièrement bruitiste, survolant un maelstrom de guitares et de percussions. Un grand moment, à (re-)découvrir ici

Pendant « House of Metal », Chelsea Wolfe abandonne sa guitare, empoigne son micro et vient au devant de l’estrade. Que de chemin parcouru depuis le début de sa carrière où, trop timide, elle se cachait derrière des voiles noirs et restait statique sur scène. A l'origine, « House of Metal » figurait dans le répertoire du projet électronique de Chelsea Wolfe et Ben Chisholm, Wild Eyes, un projet finalement intégré dans 'Chelsea Wolfe', en 2013. Comme la plupart des compositions, ce titre acquiert une toute nouvelle dimension en 'live'. On est comme hypnotisés par le balancement de la rythmique et les mélodies.   

Après le paisible « Simple Death », c'est par « Survive », une longue plage de près de 6 minutes, que la formation achève sa prestation ; et en affichant une belle maîtrise ! Quasi-tribal, ce final atteint un sommet de puissance et d'intensité. Les musiciens se retirent après une heure de concert et, oh surprise, les lumières de la salle se rallument. L’auditoire est étonné, déçu même, de ne pas pouvoir bénéficier d'un rappel. Un problème d'organisation ?

Setlist : Carrion Flowers, Dragged Out, Iron Moon, Kings, We Hit a Wall, After the Fall, Maw, House of Metal, Simple Death, Survive

A 21h, c'est au tour de Low d’investir des lieux. Alan Sparhawk et Mimi Parker, membres fondateurs de la formation américaine, sont accompagnés par Steve Garrington à la basse et au synthé. Formé en 1993, en pleine vague grunge, Low s'est démarqué d'emblée, en pratiquant une musique tout en retenue, à contre-courant, articulée autour d'harmonies vocales et de rythmes lents. Son style est alors taxé de 'slowcore'.

Venu présenter son dernier opus, « Ones and Sixes », publié cette année, le trio va en proposer pas moins de 8 plages. La qualité des compos montre, si besoin en est, que Low n'a rien perdu de son inspiration. Assise derrière ses fûts, qu'elle caresse doucement de ses baguettes, Mimi Parker chante à la perfection. Sa voix est très classique, dotée d'un très beau tremolo, dans la tradition des chanteuses américaines folk/pop, oscillant entre Joan Baez et Jennifer Warnes. Alan Sparhawk évoque plutôt Neil Finn (Split Enz, Crowded House), surtout lors des chansons les plus pop, comme « Plastic Cup » ou « What Part of Me ».

L'atmosphère générale suscite une certaine forme de recueillement. Le public, venu en grande majorité pour Low, écoute religieusement. On entend les mouches voler pendant la plupart des morceaux. Seuls deux titres permettent à Sparhawk d'enclencher l'overdrive sur sa guitare. « On My Own » et « Landslide » lorgnent en effet judicieusement vers le doom et dans ces moments, trop rares à mon goût, on a bien senti la filiation entre les deux combos à l'affiche.

Bref, on a passé une superbe soirée, baignée dans un univers ténébreux, spectral et proche de l’ensorcellement ; mais également d'une terrifiante beauté...

(Organisation : Ancienne Belgique)

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