Les rituels étranges de This Is The Kit

This Is The Kit sortira son septième opus studio, « Ghost Coat », ce 15 janvier 2027. En attendant, il a partagé le single et « Skim a Stone ». Enregistré au cœur des Rockfield Studios dans la vallée de la Wye, au sud-est du Pays de Galles, ce disque place…

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Enregistré sous Ex:Re

Elena Tonra rompt le silence de son projet solo Ex:Re. La voix du combo indie-folk londonien Daughter annonce la publication de Save As, un nouvel elpee attendu pour le 30 octobre chez 4AD. Pour faire patienter l'auditoire, elle dévoile le single d'ouverture…

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Concerts

Amenra

Un set acoustique, mais énigmatique…

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Pour la première fois, j’assiste à un concert de la formation courtraisienne Amenra. Un set acoustique accordé dans le cadre de l'IBM (Inspired By Black Metal). Il se déroulera en configuration assise. Sous cet aspect, l’AB peut accueillir 1 000 personnes. Ce soir, on en dénombre plus ou moins 800.

La première partie est confiée à Jonas Van Den Bossche et Benne Dousselaere. Un concert bruitiste et agressif auquel votre serviteur n’a pas du tout accroché…

‘Unplugged’, la prestation d’Amenra sera empreinte de délicatesse. Sur la gauche de la scène six sièges forment un cercle tourné vers l'intérieur, comme pour affirmer la cohésion parfaite du groupe. Impliquant deux guitaristes, un bassiste et un drummer. Un line up enrichi par la violoniste Femke de Beleyr.

Chaque artiste est arrosé par une lumière blanche émanant du plafond ; une manière d’intensifier le mystère de l'atmosphère ambiante. Qu’on pourrait qualifier de cosy, voire de feutrée. Le chant et la musique ne transpirent aucune violence ou agressivité. La mélodie est calquée sur l’instrumentation. On se croirait dans un concert de black metal réadapté par le ‘classique’. Pas besoin de boules-Quiès ; le son parfait.

Le set s’ouvre par « Aorte Ritual, Nous Sommes Du Même Sang », un extrait de l'album « Mass IIII ». La musique est sombre et écrasante ; mais c’est le titre manifestement le plus approprié pour entamer les hostilités. Après « Razoreater » et « Nowena 9.10 », deux extraits de « Mass V », on a droit à une excellente cover  du « Parabol » de Tool, une piste qui figure sur l’elpee « Lateralus ». La violoniste Femke de Beleyr monte sur l’estrade pour attaquer « The Dying of Light ». Tout au long de « Wear My Crown », un fragment de l'Ep « Afterlife », la guitare électro-acoustique vous invite à vous plonger dans un voyage imaginaire, décrit par la projection d’images sur un écran sis à l’arrière-plan du podium.

La voix de Colin van Eeckhout est quand même particulièrement onctueuse. « Longest Night » est une nouvelle compo. Les interventions du violon de Femke prennent le pas sur les guitares. Tout comme sur « To Go On.: And Live With Out », au cours duquel elle posenégalement la voix.  Un concours qui accentue l’aspect mystérieux de la chanson. Sophie Verdoodt a des cheveux couleur de blé. Elle déclame quelques lyrics ténébreux dans la langue de Vondel. Après 45 minutes, sans demander leur reste, les musicos vident les lieux ? Pas de salut au public, ni de rappel. Drôle de comportement. Ce groupe est une énigme. Pourtant, le set acoustique était excellent. Sombre et métallique. Un moment, non pas de solitude, mais de recueillement. Comme si l’AB avait été transformée en cathédrale.

(Organisation : Ancienne Belgique)

Hey Colossus

Colossal…

Écrit par

Suite des festivités au Magasin 4 qui, depuis près d’un mois maintenant, fête ses vingt années de sévices.
Au menu du soir, du singe et du lapin, et bien plus encore à se mettre sous la dent…
Mesdames et messieurs, veuillez prendre place.
Voici le menu.

Pour toute ‘mise en bouche’, rien de tel que du Lapin Cru.

Il mijote parmi les convives, puisque jeté directement à même le sol, ici, devant la scène.

Cru et désossé, la chair bien visible.

Un parterre de curieux s’installe donc tout autour du duo qui  s’agite frénétiquement, l’un arc-bouté sur ses fûts, l’autre sur son manche électrifié.

Forcément tendue, au bord de la rupture, la musique se déploie en ondes saccadées, brisées, épousant des pics d’agressivité, haletante ici, reprenant son souffle par là.

C’est que tout lapin qu’il soit, il nous a grugé !

Pas question que la bête se laisse manger toute crue.

Il faut donc se lancer à sa poursuite, se glisser dans les interstices qu’elle épouse, se glisser comme elle dans la fange, grimper et dévaler les sommets à son rythme effréné.

Ce qui bien entendu en laisse quelques uns sur le carreau.

Ceux pour qui l’effort n’est pas de mise.

Pas encore. Pas si tôt.

Le cercle se délie donc autour du combo.

Au bout du compte, Lapin Cru s’abandonne aux papilles auditives des spectateurs accrochés à leurs sonorités escarpées.

Bravo l’animal ! Tu t’es bien défendu !

D’Adolina, combo de chez nous, on ne sait que peu de choses au départ.

Étonnant puisqu’il existe depuis 98.

Menant sa barque en toute discrétion mais en manifestant énormément de foi et d’abnégation, il est donc inclus sur une bien belle affiche.

Un mélange de styles plutôt bien digérés, mais dénué d’originalité.

Attention, ce n’est pas un reproche.

Chercher à tout prix l’originalité équivaut souvent à vouloir en faire trop.

Ce qui manifestement n’est absolument pas dans l’optique du groupe.

Adolina se contente donc de s’exprimer dans un style déjà maintes fois remanié mais aux angles toujours aussi pointus et tranchants, de Shellac à Chevreuil pour ne citer qu’eux.

En résulte un set efficace qui se suit très agréablement depuis le bar.

Amputée d’un membre, et pas n’importe lequel (!) la soirée en est déjà à sa deuxième moitié.

Les Liégeois d’Ultraphallus ont dû renoncer pour cause de naissance imminente ; on passe donc illico à Hey Colossus.

Et là, on embraie en enclenchant le braquet supérieur.

« Cuckoo Live Life Like Cuckoo », leur dernier album en date, est sorti l’année dernière. La formation britannique est donc déjà solidement armée, mais elle a amené, en outre, dans ses bagages quelques nouvelles compos qui tracent définitivement leur route dans cette belle nuit.

Solide pont transgenre, leur musique a récemment pris ses marques et se distingue nettement de leurs premières traces discographiques.

Émancipée d’influences trop évidentes, l’identité de Hey Colossus s’affiche donc à présent sans masque et éclabousse de sa superbe.

Tendue et sujette à d’innombrables revirements, pleine de surprises et délicieusement retors.

Tantôt rampante, tantôt cinglante, lourde et menaçante, l’ombre de ce colosse s’étend et m’enveloppe tout entier.

Une gifle colossale assenée par une main de velours gantée de fer.

Je resterais bien pantois si je n’étais autant excité.

Entre hypnose syncopée et injection d’adrénaline sous-cutanée, le corps de ce géant, qui en est encore en pleine croissance, s’agite sur scène et l’impact de ses grondements résonne puissamment, me captivant totalement.

Une prestation qui pourrait presque faire de l’ombre à Part Chimp.

Mais c’est sans compter sur l’efficacité du combo londonien, tout heureux d’être à nouveau présent sur notre territoire, après un dernier passage qui datait quand même de deux mille onze (c’était au VK et nous y étions).

Après avoir disparu un temps de nos radars, ceux-ci répondent donc présents à l’invitation du Magasin 4.

Une excellente décision puisque c’est un plaisir de découvrir que non seulement, Tim Cedar et sa bande n’ont rien perdu de leur gouaille, mais qu’en plus, de nouveaux titres ont depuis vu le jour.

Un album en préparation, donc. Quelle bonne nouvelle !

Alors forcément, pour l’occasion, je me suis muni de mes jambes d’antan.

Et c’est euphorique que je les balance frénétiquement sous mon torse gonflé d’enthousiasme puéril, profitant de cette bouffée d’air juvénile.

Prenant autant de plaisir que l’assistance, Part Chimp découpe donc son set de tranches bien saignantes, juteuses à souhait.

Reviens deux fois sur scène, et se plie au jeu des rappels.

Les ‘classiques’ « Trad » ou encore l’incontournable « 30,000,000,000,000,000 People » vont générer, inévitablement, de joyeuses vagues parmi la foule enthousiaste.

Courte mais incisive, leur prestation laisse la marque d’un retour réussi, et elle réclame déjà un nouveau retour chez nous, bien plus rapidement cette fois.

Promis, le band reviendra l’année prochaine.

Alors on se quitte, on s’embrasse et on se tient au courant.

Allez, à bientôt les gars !

Sur ce, j’abandonne le lieu des festivités.

J’ai encore perdu un peu de mes facultés auditives.

Ça zune et ça bourdonne dans les oreilles.

Mais si c’est là le tribut à payer pour revivre de tel moment, alors, demain, je veux bien aller m’acheter un sonotone !

Crever concert ! Comme dirait un certain Zoulk…

(Organisation Magasin 4)

 

Part Chimp

Court mais incisif…

Écrit par

Suite des festivités au Magasin 4 qui, depuis près d’un mois maintenant, fête ses vingt années de sévices.
Au menu du soir, du singe et du lapin, et bien plus encore à se mettre sous la dent…
Mesdames et messieurs, veuillez prendre place.
Voici le menu.

Pour toute ‘mise en bouche’, rien de tel que du Lapin Cru.

Il mijote parmi les convives, puisque jeté directement à même le sol, ici, devant la scène.

Cru et désossé, la chair bien visible.

Un parterre de curieux s’installe donc tout autour du duo qui  s’agite frénétiquement, l’un arc-bouté sur ses fûts, l’autre sur son manche électrifié.

Forcément tendue, au bord de la rupture, la musique se déploie en ondes saccadées, brisées, épousant des pics d’agressivité, haletante ici, reprenant son souffle par là.

C’est que tout lapin qu’il soit, il nous a grugé !

Pas question que la bête se laisse manger toute crue.

Il faut donc se lancer à sa poursuite, se glisser dans les interstices qu’elle épouse, se glisser comme elle dans la fange, grimper et dévaler les sommets à son rythme effréné.

Ce qui bien entendu en laisse quelques uns sur le carreau.

Ceux pour qui l’effort n’est pas de mise.

Pas encore. Pas si tôt.

Le cercle se délie donc autour du combo.

Au bout du compte, Lapin Cru s’abandonne aux papilles auditives des spectateurs accrochés à leurs sonorités escarpées.

Bravo l’animal ! Tu t’es bien défendu !

D’Adolina, combo de chez nous, on ne sait que peu de choses au départ.

Étonnant puisqu’il existe depuis 98.

Menant sa barque en toute discrétion mais en manifestant énormément de foi et d’abnégation, il est donc inclus sur une bien belle affiche.

Un mélange de styles plutôt bien digérés, mais dénué d’originalité.

Attention, ce n’est pas un reproche.

Chercher à tout prix l’originalité équivaut souvent à vouloir en faire trop.

Ce qui manifestement n’est absolument pas dans l’optique du groupe.

Adolina se contente donc de s’exprimer dans un style déjà maintes fois remanié mais aux angles toujours aussi pointus et tranchants, de Shellac à Chevreuil pour ne citer qu’eux.

En résulte un set efficace qui se suit très agréablement depuis le bar.

Amputée d’un membre, et pas n’importe lequel (!) la soirée en est déjà à sa deuxième moitié.

Les Liégeois d’Ultraphallus ont dû renoncer pour cause de naissance imminente ; on passe donc illico à Hey Colossus.

Et là, on embraie en enclenchant le braquet supérieur.

« Cuckoo Live Life Like Cuckoo », leur dernier album en date, est sorti l’année dernière. La formation britannique est donc déjà solidement armée, mais elle a amené, en outre, dans ses bagages quelques nouvelles compos qui tracent définitivement leur route dans cette belle nuit.

Solide pont transgenre, leur musique a récemment pris ses marques et se distingue nettement de leurs premières traces discographiques.

Émancipée d’influences trop évidentes, l’identité de Hey Colossus s’affiche donc à présent sans masque et éclabousse de sa superbe.

Tendue et sujette à d’innombrables revirements, pleine de surprises et délicieusement retors.

Tantôt rampante, tantôt cinglante, lourde et menaçante, l’ombre de ce colosse s’étend et m’enveloppe tout entier.

Une gifle colossale assenée par une main de velours gantée de fer.

Je resterais bien pantois si je n’étais autant excité.

Entre hypnose syncopée et injection d’adrénaline sous-cutanée, le corps de ce géant, qui en est encore en pleine croissance, s’agite sur scène et l’impact de ses grondements résonne puissamment, me captivant totalement.

Une prestation qui pourrait presque faire de l’ombre à Part Chimp.

Mais c’est sans compter sur l’efficacité du combo londonien, tout heureux d’être à nouveau présent sur notre territoire, après un dernier passage qui datait quand même de deux mille onze (c’était au VK et nous y étions).

Après avoir disparu un temps de nos radars, ceux-ci répondent donc présents à l’invitation du Magasin 4.

Une excellente décision puisque c’est un plaisir de découvrir que non seulement, Tim Cedar et sa bande n’ont rien perdu de leur gouaille, mais qu’en plus, de nouveaux titres ont depuis vu le jour.

Un album en préparation, donc. Quelle bonne nouvelle !

Alors forcément, pour l’occasion, je me suis muni de mes jambes d’antan.

Et c’est euphorique que je les balance frénétiquement sous mon torse gonflé d’enthousiasme puéril, profitant de cette bouffée d’air juvénile.

Prenant autant de plaisir que l’assistance, Part Chimp découpe donc son set de tranches bien saignantes, juteuses à souhait.

Reviens deux fois sur scène, et se plie au jeu des rappels.

Les ‘classiques’ « Trad » ou encore l’incontournable « 30,000,000,000,000,000 People » vont générer, inévitablement, de joyeuses vagues parmi la foule enthousiaste.

Courte mais incisive, leur prestation laisse la marque d’un retour réussi, et elle réclame déjà un nouveau retour chez nous, bien plus rapidement cette fois.

Promis, le band reviendra l’année prochaine.

Alors on se quitte, on s’embrasse et on se tient au courant.

Allez, à bientôt les gars !

Sur ce, j’abandonne le lieu des festivités.

J’ai encore perdu un peu de mes facultés auditives.

Ça zune et ça bourdonne dans les oreilles.

Mais si c’est là le tribut à payer pour revivre de tel moment, alors, demain, je veux bien aller m’acheter un sonotone !

Crever concert ! Comme dirait un certain Zoulk…

(Organisation Magasin 4)

Puggy

Confession d’un aficionado…

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Puggy termine sa longue tournée qui a suivi la sortie de l’album « To Win The World ». Mouscron est d’ailleurs annoncé comme la dernière date de ce périple. Mais les trois artistes ne sont pas à une surprise près. D’ailleurs, sur leur site, est mentionné un concert pour le 29 octobre, mais pas de lieu, simplement un point d’interrogation. Donc il pourrait encore y avoir des prolongations. Pas évident de repérer la Plaine de la Neckere. Un petit tour, quelques ballons dans l’atmosphère et votre serviteur est prêt à assister au soixante-deuxième set de Puggy.

Un immense chapiteau est prévu pour accueillir 1400 personnes. J’estime qu’il doit y en avoir 2 à 300 en plus. La foule est donc compacte et la température grimpe très rapidement.

Puggy a toujours le nez creux pour choisir ses premières parties. Ce soir, il a posé son dévolu sur la formation bruxelloise FùGù Mango. Tiens, je remarque la présence de l’ami Franck Baya derrière les fûts. Un fameux drummer qui milite au sein d’une multitude de projets. Il a ainsi prêté son concours à Coffee Or Not, Sarah Carlier, Clare Louise et bien d'autres. Et il me semble que deux autres musicos sont des membres des Bikinians. Sur l’estrade ont été disposés des timbales, congas et autres cymbales sur scène. Bref, le combo va nous dispenser une musique rock indie à la fois métissée et colorée. La chanteuse/guitariste –très polie par ailleurs– se démène beaucoup sur les planches, même si les musiciens ont peu de place pour s’exprimer. Ils occupent l’avant-scène. Et puis ils ne disposent que de 30 minutes. Mais sur ce laps de temps particulièrement court, FùGù Mango va nous réserver une prestation de bonne facture. Et pas de problème pour chauffer l’auditoire, vu la température ambiante…

Puggy n’est plus vraiment un trio, depuis qu’un quatrième larron vient de débarquer. En l’occurrence John Janssens (Papa Dada), qui les accompagne sur scène depuis la tournée « To Win The World ». La pression monte dans la fosse. La foule s’agglutine devant le podium ; en fait de foule, il s’agit surtout de jeunes adolescentes boutonneuses. Sur l’estrade, Alex et Clément se chargent les derniers préparatifs. Benoît, des derniers détails inhérents au mixing. Votre serviteur se plante derrière la console, là où le son est le meilleur. Nos loustics montent du l’estrade, le sourire aux lèvres. Ils sont en forme. Pas comme à Binche, il y a 15 jours. Faut dire qu’ils avaient joué à Paris à 14h30 et dans la cité des Gilles à 20h30 ; et tout naturellement, ils étaient crevés. Mais vu le succès, difficile de refuser certaines prestations.

Le concert s’ouvre par « Move on ». Pas de préparatif, on entre immédiatement dans le vif du sujet. Matt se montre assez interactif avec les premiers rangs. Romain a encore ingéré des pois sauteurs. Un vrai kangourou. Ziggy terrasse ses fûts. Les musicos ont une pêche d'enfer. Je le sens bien, le concert va être exceptionnel. La setlist embraie par deux extraits de « Something You Might Like », leur second elpee, en l’occurrence « Give Us What You Want » et « Goddess Gladys » pour ne pas déstabiliser les fans de la première heure.

Il ne fait plus chaud mais torride. J’ai m’impression qu’il y a de plus en plus de monde. Le concert monte encore en puissance grâce à la succession de hits : « Someone Makes No Sound », « To Win The World », « Ready Or Not », « How I Needed You » et surtout « Goes Like This ». L'effet du micro siffleur vous ouvre le ventre et vous plaque les tripes au sol. Un titre issu de la plume de Ziggy, le blond qui venait du froid. Pour « When You Know », Matthew pousse sa superbe voix dans ses derniers retranchements. Le jeu prend comme d'habitude et le public le suit. C’est l’instant qu cours duquel je crains le plus pour sa voix. Elle a déjà subi une extinction. Alors fais gaffe quand même ! « Last Day on Earth » est le titre dont j’apprécie tout particulièrement le clip. Et pour cause, c’est une partie de votre serviteur qui y joue. Et il en est fier chaque fois qu'il l'entend. D’ailleurs, tous ses poils sont au garde-à-vous. Le set s’achève par l'éternel « Teaser ».

Cinq années déjà que votre serviteur est sur les traces de Puggy. Cinq folles années au cours desquelles on a avalé ensemble des kilomètres, partagé des très bons moments. Je n’y ai jamais ressenti un moment de lassitude. C’était un réel bonheur de vous suivre. Décompressez, puis prenez le temps de composer les chansons de votre nouvel opus. Et qu’il soit du tonnerre…  

(Organisation : les  24 Heures en course libre de Mouscron)

 

 

UB40

Le ‘Red Red Wine’d’UB40 est un millésime qui vieillit plutôt bien…

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Mea Culpa, ça n’est pas de ma propre initiative que je me suis rendu au concert d’UB40 ce mercredi soir à l’Ancienne Belgique… Des amis particulièrement fans des vétérans anglais m’avaient en effet convaincu de les accompagner afin de redécouvrir les nombreux hits d’un groupe dont l’image n’est plus des plus moderne…

Formé en 1978, à Birmingham, la bande jouit cependant encore d’une belle notoriété. Faut dire qu’elle a tout de même placé plus de 50 singles dans les charts anglais tout en vendant plus de 70 millions d’albums dans le monde ! Le succès n’est pas un gage de qualité, mais une réécoute de leur large répertoire refile tout de même une sacrée envie de se replonger en live, un brin nostalgique, dans leurs hits reggae/pop incontournables tels que « Food for Thought », « Red Red Wine » ou encore « Can’t Help Falling in Love With You »…

C’est une salle archi-comble qui accueille UB40. Suite à de sombres affaires d’argent, Duncan Campbell remplace son frère Ali. Le chanteur originel a quitté le navire en 2008 et a remonté UB40 Reunited, dont le crédit n’atteint pas celui du combo de base. Le line up implique également le bassiste Earl Falconer, le drummer Jimmy Brown, le guitariste Robin Campbell ainsi que quelques autres musiciens dont une impressionnante section de cuivres drivée par l’inamovible Brian Travers dont les interventions au saxophone sont toujours aussi puissantes. Le son est nickel et le public très réceptif. Mais n’est-ce pas une attitude propre aux émanations rasta ? Le show des insulaires est solide. On sent que l’envie continue de les booster. Et on est manifestement loin d’un groupe en roue libre ou à la recherche de cachet ! Leurs vignettes pop teintées de dub, de reggae et de ska font souvent mouche, même lorsque les morceaux s’éloignent de leurs classiques que les musiciens gardent bien entendu pour la fin ! Nos jambes répondent instinctivement aux rythmes qui, s’ils n’ont rien d’originaux, sont tout simplement irrésistibles. Les musicos on droit chacun à leur moment de gloire ; ce qui rend le concert moins uniforme. Entre le hip-hop entonné par Earl Falconer et la présence de Norman Hassan, le percussionniste au look de lutteur Maori, aux avant-postes, ces tours de rôle apportent de la variation au spectacle ! Claire et bien timbrée, la voix de Duncan Campbell est quasiment identique à celle de son illustre frangin.

Après plus d’une bonne heure de concert, les 9 musiciens reviennent saluer la foule pour trois morceaux supplémentaires dont l’imparable « Can’t Help Falling in Love With You » qui finit d’achever un auditoire réchauffé par ces tempos chaleureux, positifs et contagieux. Un concert d’UB40 est définitivement à conseiller aux personnes qui manifestent des premiers signes de morosité ou accusent un coup de mou…

(Organisation Greenhouse Talent)

Bardo Pond

Magie blanche et berceuses angélysergiques…

Écrit par

C’est vers l'Avenue du Port que votre serviteur met une nouvelle fois le cap, pour un énième épisode de ces chroniques consacrées au 20 ans du Mag4. Ce soir, la triple affiche est à haute teneur psychédélique (minimum 66,6 % garanti).

Et pour ouvrir, le duo Baby Fire menée par l'incendiaire Diabolita (aussi active au sein de Keiki). Armée d’une six cordes, elle se réserve les vocaux. Sa flamboyante crinière allume quelques étincelles sans réellement parvenir à embraser la salle. Elle était autrefois accompagnée par sa complice Cha à la batterie. Qui a cédé depuis sa place à un collègue masculin, Alain Lefebvre, dont le parcours l'a déjà amené à côtoyer des musiciens de Minimal Compact, Tuxedomoon ou plus récemment Philippe Petit. Une nouvelle alchimie qui exige sans doute du temps pour se créer ; et malgré une certaine présence de Dominique aka Diabolita, on sent flotter un certain vide... Peut-être la scène du Magasin 4 est-elle un peu spacieuse pour accueillir le son minimaliste et rêche, tendu et plutôt introspectif de Baby Fire. Du coup on apprécie en tapant du pied gentiment mais sans vraiment se laisser entièrement séduire par ces compos qui pourtant sonnent plutôt pas mal en studio. En fin de set, la légendaire poétesse de la mythique formation anarcho-punk Crass, Eve Libertine, vient les rejoindre lors d’une intervention vocale assez intense.

Mais le premier décollage viendra de White Manna. Son psychedelic space rock s'installe tranquillement à l'instar de ce que Wooden Shjips peut également communiquer comme ambiance. Une ambiance qui monte ensuite en puissance et en vitesse, pour adopter un profil plus carré et très efficace, dans l’esprit de White Hills, mais sans aller aussi loin qu'eux. Car là où les New-yorkais explosent régulièrement ce canevas dans des abstractions sonores assez réjouissantes, White Manna s'en tient le plus souvent à une utilisation de riffs assez convenus, se contentant de simplement ‘décorer’ leurs morceaux de sons et effets psychédéliques. Mais si la formation ne réinvente vraiment rien, la sauce prend néanmoins ; et le band se fend même d'un surprenant final quasi punk rock à la Ramones.

Atterrissage et pause clope/pétard/bière (entourez la mention utile) avant le second et grand envol proposé par Bardo Pond, prolifique combo noise/drone/psyché de Philadelphie dont on ne compte plus les sorties discographiques. La dernière en date, le superbe "Peace on Venus", sera d'ailleurs assez largement et logiquement représentée dans la setlist de ce soir. Tête d'affiche, le quintet se produit devant un public majoritairement composé d'aficionados.

Mais pour commencer, retour au plus ancien "Amanita" assez apprécié par les fans et dont est extrait "Limerick", tout en langueur hallucinogène et voix distantes. En effet la chanteuse Isobel pose sa voix de façon complètement décalée, toujours en porte-à-faux par rapport à la musique et c'est ce qui fait son charme. Il n'y a d'ailleurs pas que sa voix qui semble en équilibre instable, à en juger par les traits de son visage qui semble fort marqué par les expériences de substances psychotropes diverses que l'on retrouve d'ailleurs souvent citées dans les titres de leurs albums. La musique est souvent lente, distordue, étirée et présente un contraste intéressant et rare entre lourdeur et légèreté. Les riffs sont souvent épais, massifs mais pas vraiment agressifs et contrebalancés par les notes de flûte et cette voix qui se perd dans l'éther et les feedbacks. Riffs massifs qui pourraient d'ailleurs séduire les amateurs de stoner voir même de doom lors de morceaux comme "Fir" qui propose carrément une version inversée du style qu'on pourrait appeler ‘Doom angélique’ (333 en lieu et place de 666). Ailleurs, et particulièrement sur "Chance", le côté bucolique/rustique amené par la flûte et la guitare folk qui côtoient l'électricité et la saturation bien crade et vintage pourraient évoquer Neil Young en cherchant un peu plus loin que les références habituellement citées à leur sujet. Et alors que le concert touche à sa fin, je discute avec un ami au bar du fameux "Tommy Gun Angel", compo que j'aurais tellement voulu entendre et qui semble le ‘pseudo hit’ du groupe… et comme par magie, Bardo Pond entonne les accords du dit morceau! Retour dans la foule pour en profiter au max malgré une légère déception dans l'interprétation ; il faut dire que la version studio possède un tel grain dans la saturation que le reproduire en live est une véritable gageure malgré l'excellent son proposé tout au long du gig.

Quoiqu'il en soit, encore une belle réussite à rajouter au bilan de ces 20 ans du Mag4 qu'on remercie à nouveau bien fort!

(Organisation Magasin 4)

Blonde Redhead

Un long dimanche qui pue…

Écrit par

Après avoir passé ce long dimanche pluvieux à chercher une activité pour mes deux petites filles et été dissuadé par les nombreuses averses de toute activité extérieure, j'attendais de cette soirée qu'elle pimente enfin cette fin de week-end maussade.

Arrivé légèrement en retard pour la première partie, c'est, muni d'un gobelet king size de ma boisson jaune favorite, que je pénètre dans une Orangerie déjà bien remplie pour satisfaire ma curiosité et écouter Yuko. Malgré une certaine maîtrise technique et une bonne présence scénique, le groupe originaire de Gand n'est pas parvenu, malgré quelques titres, à captiver mon attention et à m'éloigner de ma passion pour la boisson houblonnée. Je m'en allai donc prendre l'air, histoire d'économiser ma concentration et mes tympans, en vue d'assister à la prestation du groupe phare de la soirée : Blonde Redhead.

Il y a quelques années déjà, « Misery is a butterfly » faisait partie de mes disques de chevet ; mais, relativement déçu par les opus qui ont suivi, je dois avouer que mon intérêt pour ce groupe s'est lentement effiloché. C'est cependant avec une certaine impatience que je m’apprête à les voir en live pour la première fois, regrettant toutefois de ne pas avoir eu l'occasion d'assister à leur concert lors de la sortie de mon album fétiche.

Attendus de pied ferme par une salle comble, les frères Pace et la chanteuse Kazu Maeakaimio entrent enfin en scène. Après un départ chaotique dû à des problèmes techniques, le groupe enchaîne, pour mon plus grand bonheur, par une excellente version de « Falling Man ». Les patterns rythmiques originaux et les arrangements subtils de guitare, basse et guitare baryton ne parviennent toutefois pas à me captiver out au long de ce show. Motif ? la setlist mélange anciennes compos et morceaux plus récents. Et puis, pas assez de rock ou d'énergie et trop de retenue à mon goût. Certes, les titres « Melody » et « Misery is a butterfly » constituent les meilleurs instants au cours desquels Kazu nous fait profiter de sa voix douce mais assurée.

Après une dizaine de titres, je succombe néanmoins à l'appel de la bière sans doute précipité par l'ennui qui grandissait en mon for intérieur.

Les fans inconditionnels du trio New Yorkais étaient certainement été plus emballés que votre serviteur, puisqu'ils ont réclamé un rappel, d’ailleurs  rapidement exécuté par un band assez distant.

Bref, malgré mes espoirs, Blonde Redhead n'a pas réussi à clore ce dimanche qui pue par une note excitante. Trop doux, trop propre ou trop ‘arty’, je n'arrive pas à en comprendre les raisons... 

(Organisation Botanique)

 

Moaning Cities

Aux portes d’un Oasis…

Écrit par

Ce samedi soir, juste après le très joli feu d'artifice, en guise de clôture des fêtes de Wallonie, Moaning Cities investit les planches de L'Alhambra. Il est 22h40.
Sur scène, les artistes dégagent, de par leurs apparences, un côté américain, mais aussi mancunien. Le chanteur et guitariste, Valérian Meunier, ne ressemble pas à Jim Morrison,  mais me fait, instinctivement, penser à lui.
Quant à la marinière rouge et noir de la bassiste-choriste, Juliette Meunier, elle me replonge dans la profondeur des brumes de Manchester.

Bien qu'ayant, à leur actif, neuf dates au compteur, entre les 6 et le 19 septembre, et tant de kilomètres parcourus sur les routes de France, ils transpirent tous d'énergie. 

Dès les premières secondes, les sonorités dispensées sont à la fois propres, bien étudiées, puissantes et hypnotiques.

D'emblée, la formation gagne tous les coeurs; parmi lesquels, ceux des fans de Speaking Corner, les locaux, qui venaient d'assurer leur première partie.

Alors que les trois premiers morceaux ont déjà été joués et que l'ambiance est à son apogée, mes préjugés quant aux apparences du quintette se confirment, musicalement cette fois-ci.

En effet, quand je ferme les yeux, j'entends Oasis et bien sûr les Doors.

Les  chansons s'enchaînent, le set est bien rôdé et la subtilité des arrangements, par le biais d'instruments aux sonorités orientales, devient évidente et transporte l'esprit là où le son des guitares électriques lui demande d'aller.

Cette sensation s'exacerbe au fur et à mesure que le set évolue, et ce jusqu'à son terme.

Le rock psychédélique de Moaning Cities a bousculé mon âme.

Harmonie parfaite entre des instruments d'origines et d'époques différentes.

En d'autres mots : sitar, saz, oudou and rock’n’roll !

Jim Morrison, Noël Gallagher et Kahled AlJaramni réunis dans pour même projet auraient, probablement, fait pareil.

Si c'est arrivé près de chez moi, alors pourquoi pas près de chez vous ?

"Pathways Through The Sail", sorti chez Mottow Soundz, en 2014, est le titre de leur premier opus que vous pouvez écouter, en intégralité,  sur le site officiel du groupe. Et c’est ici 

 

 

 

 

James Taylor

Un dieu vivant…

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Cette soirée au Cirque Royal est particulière. Il y a 8 jours, j’assistais au set de Joan Baez. Ce soir, c’est encore une figure légendaire qui s’y produit. Le sexagénaire James Taylor. Un musicien talentueux dont le show va constituer pour votre serviteur, une véritable surprise.

Il va ainsi parvenir à transformer l'amphithéâtre en salon cosy, pendant près de 3 heures, accompagné de son groupe The All Star Band. Un combo prestigieux dont le line up réunit le fantastique sixcordiste Michael Landau, le bassiste Jimmy Johnson, le drummer Steve Gadd ainsi que Larry Golding aux claviers, piano et synthétiseurs. Et l’ensemble est enrichi par un trio de choristes, Kate Markowitch, Arnold McCuller ainsi qu’Andrea Zonn qui double au violon.

Le songwriter américain a entamé sa carrière au début des années 70. Il a bossé en compagnie de Paul McCartney, George Harrison, Dennis Wilson (Beach Boys) et Art Garfunkel. Parmi les plus légendaires. Il a vendu plus de 40 millions d'albums et décroché pas moins de 40 disques d'or et de platine ainsi que 5 ‘Grammy Award’s.

Le spectacle est divisé en deux parties et séparé par un entracte de 20 minutes. La première sera plus intimiste et consacrée aux compositions personnelles de James. Agé de 66 balais, ce grand chauve se sert d’une gratte électro-acoustique qu'il change à chaque chanson. Il possède une voix de baryton particulièrement envoûtante. Son interaction avec son public –presque exclusivement composé de quinquas– est impressionnante. La plupart du temps, il présente ses chansons dans la langue de Molière, idiome qu’il pratique à merveille. Enfin, vous ne pouvez imaginer le bonheur qui m’envahit en retrouvant Michael Landau à la guitare. A l'instar de Steve Vai, Joe Satriani, Jeff Beck, Peter Frampton et Eric Clapton, il s’agit d’un des plus grands virtuoses contemporains sur cet instrument. Quand au backing group, il s’agit de la crème des musicos issus des States.

James monte seul sur les planches et s’installe sur son tabouret. Il attaque une première perle de son répertoire, « Something In The way She Moves ». Les autres musicos débarquent au compte-gouttes et le backing group est au complet lorsqu’il interprète « Today, Today, Today ». Le voyage vers le Taj Mahal musical est atteint dès le début du concert. Et il se poursuit par « Lo And Behold », « Wandering », « Everyday » (une cover de Buddy Holly), « Country Road », « Milworker », avant de vivre un moment très fort et très intense à travers « Carolina In My Mind ». Tout ce qui me reste de poils sur le caillou s'électrise. Mon dos est trempé de sueur. La beauté de cette compo me laisse pantois. Une grande claque ! La voix de James est profonde, viscérale, ensorcelante. Elle touche l’âme. Malgré 40 ans de carrière, elle est demeurée intacte. James Taylor est un dieu vivant. Je l'ai vu et je l'ai entendu. Un tonnerre d'applaudissements ponctue ce moment privilégié. Mais, on n’est pas au bout de nos (bonnes) surprises. Certains artistes me confient parfois que la musique peut procurer un bonheur incommensurable, indescriptible, lors de moments particuliers. Comme ce soir. « One More Go Round » et un titre plus allègre. Et le premier volet de s’achever par les excellents  « Sweet Baby James » et « Shower The People ».

Le second acte commence également en douceur, par « Stretch Of The Highway », « You And I Again », « Raised Up Family » et « Steamroller ». Une nouvelle chanson : « You And I Again ». Elle parle d’amour quand on a atteint la quarantaine. Pour ce titre, sa guitare est en mode pedal steel et seul le pianiste l’accompagne. Divin !  Mais les deux plages suivantes vont à nouveau m’épater : « Only One » et surtout le « Handy Man » de Sparks Of Rhythm. Sublime ! Suffit de fermer les yeux et vous vous imaginez au cœur des grandes plaines de l’Ouest américain. Toujours aussi brillant, le set nous réserve encore « Fire And Rain », issu de l'album « Sweet Baby James », « Up On The Roof », une reprise des Drifters ainsi que « Mexico », extrait de l’elpee « Gorilla ». Il s’agit de l’avant-dernière chanson. « Your Smiling Face » clôt le show en beauté. La version est plus électrique que l’originale et se démarque de l'ensemble aux accents davantage empreints de douceur.

En guise de rappel, James Taylor nous accorde le « Ho Sweet It Is (To be Loved By You » de Marvin Gaye, une remarquable adaptation chargée de groove. Puis du « You'Ve Got A Friend » de Carole King. Un retour au Nirvana. Il n’y manque que Carole, même si les choristes assument grave pour la remplacer. Et en conclusion, tous les musiciens participent a cappella à l’interprétation du « Wild Mountain Time » de Francis McPeake, une ancienne chanson irlandaise. Une conclusion parfaite pour un de mes meilleurs concerts de l'année…

(Organisation Greenhouse Talent)

Joan Baez

Une (avant)-soirée avec Joan Baez…

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Le Cirque Royal accueille, ce dimanche 14 septembre, Joan Baez, une grande dame dont l’engagement sociopolitique a marqué les 60’s et les 70’s. Une contestataire devant l’Eternel, à la carrière particulièrement longue, puisqu’elle l’a débutée, il y a plus de 55 ans. Radicaux, ses textes ont toujours été véhiculés par une musique folk teintée de country, blues, roots, gospel et rock.

Pour votre serviteur, c’est un peu la rentrée, puisqu’il assiste à son premier concert dans une grande salle, après les festivals estivaux. L'amphithéâtre est à la limite du sold out pour ce spectacle proposé dans le cadre de la tournée baptisée ‘An Evening With Joan Baez’. Pas de supporting act, l’artiste entame son set vers 20h15, en n’accusant que 15 minutes de retard sur le timing.

Et elle l’ouvre par le « God Is God » de Steve Earle, seule à la six cordes électro-acoustique. Steve est responsable de la mise en forme du dernier opus de Joan, « Day Afer Tomorrow », paru en 2008. Une belle manière de lui renvoyer l’ascenseur. La setlist est essentiellement constituée de reprises qui mettent en valeur la voix de La New-yorkaise –intacte, il faut le souligner– bien soutenue par deux remarquables musiciens. Soit le percussionniste Gabriel Harris, qui se charge des cymbales, congas, djembe et cajon, mais pas des drums. Et d’un multi-instrumentiste qu’on pourrait qualifier d’homme orchestre : Dirk Powell. Il est préposé à la sèche, au piano, à la mandoline, au banjo, au ukulélé, au violon, à l'accordéon et aux claviers. Un talent à l’état pur ! Le tandem est, en outre, capable de s’adapter à l’ensemble du répertoire de Joan. Le « Daddy, You Been On My Mind » de Dylan nous rappelle que c’est bien elle qui a ouvert la voie au Zim. Elle présente la plupart de ses chansons dans la langue de Molière, et nous signale ne plus avoir interprété cette compo depuis au moins 30 ans, sauf dans sa salle de bains. A chaque morceau, elle change de gratte. Elle attaque « Lily On The West », une chanson traditionnelle irlandaise, désormais passée dans le patrimoine de la musique traditionnelle américaine. Dylan l’avait également adaptée. Et Mrs Baez nous en propose sa propre version. Tout comme la superbe ballade « It's All Over Now, Baby Blues », une autre plage signée par le citoyen de Duluth. Le voyage à travers les States s’étend à toute l’Amérique. Elle dispense ainsi « Mi Venganza Personal », une cover de Luis Enrique Meja Godoy et « Lla Lorona », dans la langue de Cervantès, deux compositions activistes. Elle s’exprime alors dans celle de Shakespeare, et nous parle du Chili, de l'Argentine, du Nicaragua. Dirk siège derrière son piano à queue pour le majestueux « Just The Way You Are », une chanson au cours de laquelle les backing vocals de Grace Stumberg sont absolument superbes. Avant qu’elle n’embraie par « Farewell Angelina », une chanson à nouveau hantée par son vieux compagnon de route, Dylan…

Empreinte d’une grande délicatesse, la voix de Joan est divine tout au long du « Swing Low, Sweet Chariot » de Fisk Jubilee Singers. Un véritable tonnerre d'applaudissements ponctue son interprétation. « Le Temps Des Cerises » est un morceau dont les paroles ont été écrites en 1866 par Jean Baptiste Clément et la musique composée par Antoine Renard, en 1868. L’auteur de la chanson était également un communard qui a combattu pendant la 'Semaine Sanglante' à Paris, en 1871. Elle l’interprète en français. Mais elle en connaît parfaitement le message révolutionnaire… La cover du « Joe Hill » Earl Robinson opère un retour en douceur. Celle du « Give Me Cournbread When I'm Hungry» de John Faney permet à Gabriel de démontrer son brio au djembé. « The House Of The Rising Sun » est un titre qui a été repris à de multiples reprises. Sa paternité n’et pas clairement établie, même si on l’attribue à Ashley et Foster, et que les Animals en ont commis la version la plus solide. Pourtant, celle dispensée par Joan est épatante. Le set s’achève par « Diamonds And Rust ». 50 minutes, c’est un peu court. Vu son répertoire, elle devrait pouvoir tenir plus de 120 minutes.

M’enfin, Joan Baez revient une première fois pour deux autre covers. Tout d’abord « Le déserteur », chanson antimilitariste issue de la plume de Boris Vian, dans son idiome original. Puis « Imagine » de John Lennon, moment chargé d’une grande intensité émotionnelle.

Et une seconde fois pour nous réserver « Here's To You », « The Night They Drove Old Dixie Down », caractérisé par excellente intervention vocale de Grace Stumberg, et le « Gracias A La Vida » de Violeta Parra qui clôt cet excellent concert, auquel on reprochera surtout sa brièveté… Serait-ce une forme de minimum syndical ?

(Organisation : Greenhouse Talent)

 

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