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Jean-Claude Mondo

Jean-Claude Mondo

vendredi, 21 octobre 2016 19:19

Brand new man

Né en Floride, Lee Delray a longtemps vécu à New York City. Il a eu l’opportunité de voir Pete Seeger et Elvis Presley en concert. C’est au cours des années 80, qu’il apprend à jouer de la guitare. Il y aborde aussi bien le heavy metal, le punk que la country. Puis, à l’écoute de Muddy Waters, Bo Diddley, Chuck Berry, Buddy Holly, mais également de BB King, Albert King et Luther Allison, il s’intéresse au rock’n’roll et surtout au blues. Il se convertit alors au blues/rock et décide alors de partir en tournée. Inlassablement. Il doit d’ailleurs attendre 2013 pour publier son premier opus, "570 – BLUES". Autoproduit, son deuxième, "Brand new man", vient donc de paraître. Lee compose l’essentiel de son répertoire. Lors des sessions, il a reçu le concours de sa section rythmique constituée du batteur Ken Conklin et du bassiste Scott Ward.

Véritable brûlot, "Meet my maker" ouvre les hostilités. La slide est bien réverbérée. La voix très présente. Une puissance naturelle émane de ce qui constitue –probablement– la meilleure plage de l’elpee. Qui ne recèle qu’une seule cover : "I’ll play the blues for you". Ecrite par Jerry Beach, cette compo avait permis à Albert King de décrocher un beau succès en 1962. Personnalisée, la nouvelle version inclut une partie déclamatoire assurée par un rappeur, avant que Lee ne se réserve un solo de bonne facture. "First string man" évolue dans un registre semblable. Mais c’est Young Chizz qui se charge de la partie rap, alors que Deejay Nogood se concentre sur ses platines. Du hip-hop-blues original ! La voix est autoritaire ; et débridée, trafiquée, une gratte s’invite dans le jeu de quilles. Blues/rock très classique, "Blues came callin’" est soutenu par une rythmique très solide. Delray est au micro. Et il remplit de sa gratte, tous les espaces, en égrenant de petits chapelets de notes bien senties, avant de s’autoriser un envol tout en puissance. "Love line" baigne dans le soul/rock. La voix est lumineuse. S’appuyant sur une rythmique funk, la plage met en exergue la six cordes, manifestement hantée par Duane Allman. Et c’est une heureuse surprise ! Slow/blues, "Cookin’ in my kitchen" fait un peu pâle figure. Faut dire que la voix de Lee manque de puissance. Dans ces conditions, difficile de s’éclater. Shuffle brûlant, "Hollar" se distingue par la slide bien affûtée. "Gotcha" libère une bonne dose de swing. Un blues dynamique abordé dans l’esprit de BB King. Bien construit, le solo de Lee décolle impeccablement. Dommage que la section rythmique soit aussi statique. Solide r&b, « Mine all mine » est une piste dansante. La voix colle bien au style et Delray signe à coup sûr un de ses meilleurs envols sur les cordes. Ballade country/roots, "Yesterday’s tears" clôt le long playing. La mélodie est accrocheuse. La voix, plus paisible. La section rythmique, différente. Lenny Hayden aux cordes acoustiques et Mike Smith à l’harmo y tirent leur épingle du jeu. Une finale qui ne manque pas de charme.

 

dimanche, 16 octobre 2016 19:04

My way home

De son véritable nom Eli Husock, Eli ‘Paperboy’ Reed, est chanteur/compositeur. Il est originaire du Massachusetts. Avant d’entamer une carrière dans l’univers de la soul, il a pas mal bourlingué. Il a ainsi transité par Clarksdale, dans le Mississippi, afin de s’imprégner de la culture des juke joints. Puis, il a sévi à Chicago, pour y étudier la sociologie. De retour à Boston, il enregistre son premier opus, "Sings walkin’ and talkin’ for my girl and other smash hits!", en 2005. Il embraie par "Roll with You", en 2008. Ensuite par "Come and get it!", en 2010 ; un elpee qui paraît chez Capitol. Puis, il grave "Nights like this", en 2014, sur le label Warner. Le succès est rapidement au rendez-vous. Personnelle, la soul de cet artiste, lui permet de tourner à travers le monde, et tout particulièrement en Europe et en Australie.

Pour publier ce nouvel LP, Eli a encore changé d’écurie. Il a signé chez Yep Roc. Ce cinquième long playing a été enregistré au sein d’un studio de Brooklyn. ‘Paperboy’ signe les onze plages. Il se charge des vocaux et de la guitare et est soutenu par son backing group ; en l’occurrence l’organiste J.B Flatt, le bassiste Michael Montgomery, le drummer Noah Rubin ainsi que le percussionniste Loren Humphrey.

"Hold out" ouvre la plaque. On a l’impression de replonger au cœur d’une autre époque ; celle au cours de laquelle les juke-boxes guidaient nos choix musicaux. Particulière, autoritaire, la voix d’Eli–soul of course– est plutôt criarde ; mais elle trace la ligne de conduite. En outre, il se révèle excellent gratteur. Dansante, cette compo est tapissée par les interventions chaleureuses de l’orgue et enrichie de chœurs. Blues lent, "Your sins will find you out" est de la même trempe. "Cut ya down" est un traditionnel gospel. Judicieusement arrangé par Mr Reed, cette plage est traduite en funk et r&b. Soutenu par une voix de baryton, il chante remarquablement l’indolent "Movin’", une autre ballade r&b. Excellent morceau, "Tomorrow’s not promised" trempe dans la soul/pop. Ballade indolente, "My way home" lorgne vers Sam Cooke, même si la voix d’Eli est plus puissante. Une légende qui hante également "I’d rather be alone", un blues aux accents subtilement orientaux. Excellent ! Plus blues, "Eyes on you" met en exergue les percussions de Rubin et Humphrey. Des percus qui libèrent toute leur puissance sur "A few more days", un r&b dynamique qui déménage littéralement. Gospel participatif, "The strangest thing" est imprimé sur un tempo enlevé. Une plage vraiment irrésistible. Introduite par des cordes acoustiques et tapissée par l’orgue, "What have we done" est une ballade flemmarde qui met davantage l’accent sur les vocaux.

 

dimanche, 16 octobre 2016 19:03

Live ! In California

Radio Moscow est une formation issue de l’Iowa qui compte déjà une dizaine d’années d’existence. Elle pratique une forme de psyché/blues. A sa tête, un remarquable gratteur, Parker Griggs. Il se sert d’une Fender Stratocaster et voue tout naturellement un culte à Jimi Hendrix. Mais si ses interventions sont expérimentales, il n’hésite pas à asséner des riffs écrasants, réminiscents de Black Sabbath. Et ce cocktail semble avoir charmé les oreilles de Dan Auerbach (Black Keys), puisqu’il a mis en boîte le premier elpee du band. Eponyme, il est paru en 2006. Le combo va alors embrayer par "Brain Cycles", en 2009, "The Great Escape of Leslie Magnafuzz", en 2011, et enfin "Magical Dirt", en 2014 ; ces trois disques sur le label Alive. Depuis, le band s’est installé du côté de San Diego ; et il nous propose son premier essai en ‘live’. Baptisé "Live in California", il a été immortalisé au Satellite de Los Angeles, en décembre 2015. Parker Griggs s’y appuie sur sa solide section rythmique constituée du bassiste Anthony Meier et du drummer Paul Marrone. L’essentiel du tracklisting est issu de deux long playings de référence, "Brain Cycles" et "Magical dirt".

Dès les premiers accords dispensés sur "I just don’t know", le fantôme de Jimi Hendrix rôde. Mais si la voix a davantage de pêche, ses interventions à la gratte sont aussi déjantées qu’impressionnantes. Il les maîtrise, même lorsqu’elles sont truffées d’effets larsen. "Death of a queen" reproduit la même formule. Indolent, "Broke down" véhicule des accents bluesy. Amorcée par des riffs lourds ‘Sabbathiques’, elle glisse progressivement dans une jam aux relents psychédéliques. "I don’t need nobody" appuie sur l’accélérateur ; il s’agit de la seule plage issue de "The great escape of Leslie Magnafuzz". La section rythmique, et tout particulièrement la ligne de basse, balise les digressions dont s’autorise le soliste dans un climat fiévreux. "250 miles" marque une pause. Mais dès l’instrumental "Brain cycles", l’aventure ressemble à une fureur de vivre ! "Before it burns" nous entraîne dans un univers ravagé par le psychédélisme. Délirant ! Les cordes subissent les derniers outrages et cherchent désespérément "The escape", une piste qui aurait pu figurer au répertoire des Groundhogs, un groupe insulaire qui s’était illustré lors du post blues boom. "City lights" adopte un format davantage delta blues. A cause de la slide. Et puis des interventions vocales caverneuses, tellement proches de celles de Tony McPhee. Une voix très mâle qui s’impose sur "Change of fate", un titre dont l’orgie sonore évoque l’incontournable Blue Cheer. Blues primaire, âpre, "Deep blue sea" (NDR : un extrait de "Radio Moscow") rappelle carrément le "Red house" du maître Hendrix. Et notre gratteur s’autorise un dernier délire, à travers "No good woman", un blues qui s’enfonce profondément dans un trip hallucinogène. L’opus recèle encore trois titres issus de "Magical dirt" ; trois morceaux qui s’inscrivent parfaitement dans l’esprit de ce concert particulièrement énergique, dynamique et quand même un peu fêlé… 

 

dimanche, 16 octobre 2016 19:00

Infected with the blues

Chanteur/guitariste, Spencer MacKenzie vient à peine de fêter ses 17 printemps. Joe Bonamassa et Joni Lang, notamment, ont également entamé une carrière musicale, dès leur plus jeune âge. Cette année, il s’est présenté à l’International Blues Challenge de Memphis dans la catégorie spécialement réservée aux jeunes talents. Et sa récente sélection par la Toronto Blues Society lui permettra de se présenter à l’IBC de Memphis, en 2017. "Infected with the blues" constitue son premier elpee, un disque partagé entre reprises et compositions personnelles.

L’opus s’ouvre par le titre maître. Signé par Spencer, cette compo est certainement la meilleure du long playing. Un blues classique au cours duquel la guitare se révèle impeccable, le chant est parfaitement assuré, alors que David McMorrow s’autorise un envol brillant au piano. MacKenzie s’attaque à "Mess around", un superbe R&B issu de la plume d’Ahmet Erttegun, ex-boss du label Atlantic, une composition popularisée par Ray Charles. Les musiciens tirent parfaitement leur épingle du jeu ; et tout particulièrement McMorrow au piano ainsi que Bill Holinaty aux saxophones. "Devil under her skin" nous entraîne dans le delta. L’intro est géniale. Brant Parker, spécialiste canadien de la cigar box guitare, brille au bottleneck. Et tout aussi talentueux, son compatriote Max Hillier lui emboîte le pas. Persuasive, la voix de Spencer est épaulée par des voix féminines, communiquant un climat gospel à l’ensemble, qui ne manque pas de charme. La version du classique "Kissing in the dark" de Memphis Minnie est très réussie. Plutôt fragile, la voix est soutenue de nouveau par les chœurs, alors que pleinement maîtrisée, la gratte prend un billet de sortie. Blues lent, "Goodbye Lucille" rend hommage au grand bluesman disparu, BB King. Spencer injecte énormément de passion dans son intro, en ne dispensant que les notes nécessaires. McMorrow double piano et orgue Hammond. "Jumpin’ from six to six" prend un sérieux coup de jump et de swing. Les solistes y excellent ; à l’instar du saxophoniste Bill Holinaty, du trompettiste Ryan Baker, mais surtout de McKenzie sur sa six cordes, qui paie littéralement de sa personne. "Sinner’s prayer" est un autre blues lent. La voix de Spencer est à la fois rageuse et passionnée tout au long de ce morceau signé Lowell Fulson. Manifestement, il vit son blues. Et le long playing s’achève par une adaptation personnelle du classique de Jimi Hendrix, "All along the watchtower", une piste au cours de laquelle les cordes sont aventureuses. Pour un premier essai, "Infected with the blues" ne manque pas d’allure. Le long playing est un peu court ; aussi, il aurait peut-être fallu que l’artiste soit un peu moins bavard…

 

dimanche, 16 octobre 2016 18:58

The price of the ticket

Wendy James est aujourd’hui âgée de 52 ans. Chanteuse et compositrice, cette Anglaise a milité au sein de Transvision Vamp, un groupe de pop/glam/rock, qui a sévi au cours des eighties. Et Vamp elle est restée. D’ailleurs, malgré son âge ce sex-symbol, elle est toujours aussi fière de son anatomie. Suffit de regarder la pochette, où elle n’en cache pas grand-chose. Elle a entamé une carrière solo, début des nineties. Ainsi, en 1993, elle publie l’album "Now ain’t the time for your tears", sous la houlette d’Elvis Costello. En 2004, elle fonde la formation Racine. Mais revient pour un opus en solitaire, en 2011, un disque intitulé "I came here to blow minds". On la perd quelque peu de vue, jusque la sortie de cette nouvelle œuvre personnelle, mise en boîte à New York City et mixée à Berkeley. Pour la circonstance, elle a reçu le concours de Lenny Kaye (NDR : le guitariste du Patti Smith Band), le bassiste Glen Matlock NDR : ex-Sex Pistols) et le drummer Sclavunos (NDR : un membre du Bad Seeds de Nick Cave).

Miss James a conservé une voix suave et sensuelle ; et elle l’exhibe tout au long de "Paloma’s downs", une plage bien électrifiée par les riffs de Kaye. La construction du titre est impeccable. Les arrangements sont travaillés. Ce qui n’empêche pas une sortie aventureuse sur les cordes. "Indigent blues" baigne au sein d’un climat empreint de douceur, de délicatesse et d’harmonie. Le toucher de cordes est alors digne d’un certain Mark Knopfler. "King Rat" s’ouvre par un riff bien énergique. C’est une des meilleures plages de l’elpee. Wendy adopte toujours bien une attitude vocale punk voire post new wave. Lenny Kaye s’autorise une sortie subtilement orientale, légèrement teintée d’une forme de psychédélisme dont les accents sont empruntés au Paisley Underground. "Love from the 9th" est une ballade tendre mais surtout voluptueuse. "Bad intentions and a bit of Cruchy" baigne dans le power rock. Les riffs sont pétillants. Talonnée par les cordes, badine, la voix sert de fil rouge. Hypnotique, particulièrement rythmique, mais surtout punk, "You’re a dirtbomb, Lester" est un autre sommet de l’opus. Proche de Patti Smith, la voix est envoûtante. Wendy amorce "Screaming back Washington" à l’aide de sa gratte rythmique et de son piano. Elle est cependant rapidement rejointe par Kaye, dont l’intervention se révèle créative, tout au long de cette jolie ballade dépouillée. "Why oh why do you hurt me still ?" est un rock’n’roll délicatement récréatif, souligné par la voix espiègle de Mrs James. Plus complexe, "Cowboy rhythm" est une piste qui monte progressivement en puissance. Si Wendy signe les onze premières plages, elle attaque également deux covers. Tout d’abord le « You’re so great » de Fred Smith (ex-MC5). Ce qui lui permet de nous replonger au cœur du mal de vivre éprouvé dans le Michigan. Fred l’avait écrite pour son Sonic Rendez Vous Band ; et surprise, James Williamson (Stooges) est venu y mettre son grain de sel, à la gratte. Et on l’entend ! Enfin, en conclusion, le "It’s alright Ma" de Bob Dylan. La version est méconnaissable. Remuante, déjantée, psyché, elle implique également Williamson aux cordes, mais également Steve MacKay (NDR : un autre membre des Stooges) au sax baryton.  

 

dimanche, 16 octobre 2016 18:56

Grindstone

Cold Truth est un quartet établi à Nashville, dans le Tennessee. Particulièrement influencé par le hard rock des seventies, il pratique une forme de power blues rock, qu’on pourrait qualifier de stoner. Son premier elpee, "Cold Truth", remonte à 2003. Son deuxième, "Do watcha do", paraît en 2008. Au départ le guitariste Kurt Menck et le drummer Matt Green se produisaient ensemble. C’était en 1989. Le chanteur/guitariste Shane Shearon les rejoint trois ans plus tard. Et enfin, le bassiste, Abe White, débarque en 2000. Cold Truth vient alors de trouver sa formule définitive. Pourtant, il faudra attendre 2016, pour que le combo publie son troisième elpee, "Grindstone". Menck et Shearon signent l’essentiel d’un répertoire personnel.

L’intro de "Livin’ hard" est écrasante et dense. Les deux grattes libèrent des riffs sculptés dans le blues/rock. Un style très susceptible de rappeler Whitesnake. Même la voix évoque celle de David Coverdale. Kurt prend son billet de sortie en toute décontraction. Bien plus rythmique et très réussie, l’entrée en matière de "Where the music takes me" lorgne davantage vers AC/DC, même si la voix de Shearon est moins criarde, quoique tout aussi percutante ; une plage au cours de laquelle Kurt Menck tire aisément son épingle du jeu. Le guitariste rythmique plaque sèchement ses accords sur "No sleep ‘til Sturgis", une piste bien homogène réminiscente d’un Thin Lizzy au sommet de son art ; et tout particulièrement lorsque les deux grattent se conjuguent à l’unisson! Rock’n’roll de toute bonne facture, le titre maître concède des accents tragiques et dramatiques. Menck s’y sent comme un poisson dans l’eau. Il laisse éclater toute sa verve, achevant le morceau par une intervention dévastatrice à la slide. Indolent, tendre et finement ciselé, "The long white line" réserve de petites accélérations ; et tout particulièrement lorsque les guitares –qui se dédoublent grâce aux vertus du re-recording– se rejoignent ; Kurt en profitant, pour y libérer tout son feeling. Excellent ! "New Horizon" trempe dans un hard rock sophistiqué, abordé dans l’esprit de Bad Company. Même la voix semble hantée par Paul Rodgers. "Leave your leather on" se singularise par un toucher de cordes digne du Texan Billy Gibbons. Dans le même registre sudiste, "Hands on the wheel" est particulièrement pêchu. Parfaitement construit, ce rock évoque bien évidemment le ZZ Top ! Un caractère southern qu’on retrouve sur "Last man alive", mais sous une forme plus proche de Blackfoot voire de Lynyrd Skynyrd. Bien calibrées, les grattes égrènent des solos bien fignolés. Un climat qui baigne également "Take up serpents", une piste au cours de laquelle les riffs sont bien gras et la section rythmique affiche toute sa puissance. Miss Bekka Bramlett (NDR : c’est la fille de Delaney & Bonnie) rejoint Shane au micro pour « Give it time ». La finale est longue, lente et majestueuse. Shearon chante "Free man", à la manière de Johnny Van Zant (Lynyrd Skynyrd), un southern que colore Chris Carmichael de ses cordes. Dans le style, cet LP est vraiment superbe !

 

dimanche, 16 octobre 2016 18:52

South Louisiana Blues

Originaire du Michigan, Smoky Greenwell est âgé de 65 ans. Très jeune, il apprend à jouer de l’harmonica. Ses premiers faits d’armes, on les relève dans le Tennessee, à Memphis, où il participe à des sessions qui se déroulent au sein du studio Sun, puis à Nashville, où il milite chez Blues Co-Op (avec Warren Haynes) et apporte son concours au claviériste de l’Allman Brothers Band, Johnny Neel. Depuis 1981, il vit à la Nouvelle Orléans. C’est à cette époque, qu’il entame une carrière solo. L’an dernier, il avait publié "Live at the US Old Mint". Coproduit par Smoky, Jack Kolb et David Stocker, "South Louisiana Blues" a été enregistré à New Orleans. Smoky chante, joue de l’harmonica et du saxophone. Il est essentiellement soutenu par le guitariste Jack Kolb et le bassiste David Hyde.

Tramé sur le riff notoire de "Green onions", l’entrée en matière d’"Animals angels" est superbe. Joe Krown –qui a long temps sévi chez le Clarence Gatemouth Brown– siège derrière l’orgue Hammond. Les envols de Kolb à la guitare et de Smoky à l’harmonica sont brillants. Place ensuite à la cover du célèbre "Let’s work together" de Wilbert Harrison. Johnny Neel se consacre aux ivoires, alors que Lynn Drury et Dana Abbott se chargent des répliques vocales. Le "Boogie Twist" de Cal Valentine and The Texas Rockers remonte à 1961. Instrumentale, la nouvelle version déménage. Kolb impose un riff boogie. Neel est passé à l’orgue Hammond B3 et Greenwell, à l’harmonica ainsi qu’au saxophone ténor. Cornelius Green, alias Lonesome Sundown, est un spécialiste du swamp blues. Smoky en adapte trois pistes. Tout d’abord le classique "Lonesome lonely blues", une plage lente caractérisée par une superbe intervention de Jack Kolb sur ses cordes. Ensuite "I had a dream last night", un morceau de jump blues, au cours duquel la section rythmique, constituée par David Hyde et Doug Belote, libère énormément de swing. Et dans le même style, le blues flemmard "I’m glad she’s mine". Johnny Neel siège alors derrière le piano, Smoky se consacre sax ténor, alors que Jack Kolb brille de nouveau à la six cordes. Excellents ! Le drummer Doug Belote imprime le tempo tout au long du blues enlevé "You can’t take it with you". "Pic kit up" est une autre plage instrumentale. Funkysante, elle est tapissée par l’orgue de Joe Krown, alors que Smoky se réserve un excellent exercice de style sur sa musique à bouche ! Tout au long du "Two headed woman" de Willie Dixon (NDR: Junior Wells en était le chanteur), Kolb est intenable alors que Greenwell signe sa meilleure intervention à l’harmo ! Smoky excelle encore aux côtés de Jack, sur la reprise originale du "Dirt road blues" de Bob Dylan. On épinglera encore deux instrumentaux. Tout d’abord "The hunch", une plage cool, atmosphérique, véhiculant des accents jazzyfiants et dont l’orgue B3 de Neel libère énormément de groove. Et puis en finale, "Walking with Mr Lee". Greenwell se réserve une délicieuse intervention au saxophone tout en rendant hommage à un maître de l’instrument, Lee Allen, musicien qui a illuminé les scènes de Kansas City et de New Orleans, notamment auprès de Little Richard et Fats Domino.

 

mercredi, 21 septembre 2016 17:35

How long ?

Little Mike Markowitz est un chanteur/harmoniciste qui jouit d’une solide notoriété dans l’univers du blues. Natif du Queens, il passe aujourd’hui l'essentiel de son temps en Floride. Depuis sa tendre jeunesse, c’et un grand fan de Muddy Waters, John Lee Hooker et Paul Butterfield. En 1978, il monte sa formation, les Tornadoes. Au fil tu temps, elle aura l’opportunité d’accompagner des stars du Chicago Blues, comme Jimmy Rogers, Pinetop Perkins ou Hubert Sumlin. Le premier elpee de Little Mike and the Tornadoes, "Heart attack", remonte à 1990 ; il est paru sur le label  Blind Pig. En 2015, elle publie trois elpees : "Live at St Augustine Bluzfest", "Friday night", qui bénéficie du concours de chanteuse noire, Zora Young, et "Genuine legends", auquel participent les légendes Pinetop Perkins et Jimmy Rogers. Ce nouvel opus est exclusivement attribué à Little Mike. Réunissant 12 plages, dont 4 reprises, il a été enregistré au sein du studio Electric Lady, à New York. La plupart des morceaux sont instrumentaux ; ce qui n’est guère étonnant vu le talent des différents instrumentistes.

"Cotton Mouth" rend hommage à un souffleur mythique, James Cotton. Et Little Mike y étale toute sa virtuosité à l’harmo. Plus cool, "Moanin" est une compo signée par Bobby Timmons, un pianiste et vibraphoniste de jazz qui a milité chez les Jazz Messengers d’Art Blakey! Une autre cover du "Slam hammer" de Johnny Young, un des rares grands mandolinistes du blues. Et l’adaptation est dynamique, nerveuse même. Particulièrement lent, "Sam’s blues" est chargé de feeling. Mike double au piano. Parmi les plages impliquant le chant, on épinglera deux reprises. Tout d’abord le "How long" de JB Lenoir. Mike siège derrière le piano alors que Troy Nahumko distille de très belles phrases sur ses cordes. Derrière son micro, le leader est très expressif ; mais c’est surtout Troy qui tire son épingle du jeu. Classique d’Eddie Taylor, "Bad boy" est amorcé par les ivoires. Mike double à l’harmonica et au chant et sa voix semble dévorée par sa passion. A la gratte, que ce soit Troy Nahumko ou John Edelman, le résultat est tout à fait emballant! Endiablée, "Smokin’" est une piste imprimée sur le rythme du chemin de fer. Notre petit Mike s’éclate sur son harmonica ; et ses véritables coups de griffe évoquent un Rick Estrin au sein de ses Nightcats. La claque ! Vivifiant, "When my baby left me" est un Chicago blues classique, caractérisé par une excellente interactivité entre l’harmo et la guitare. La six cordes semble particulièrement inspirée tout au long du funky blues "Whatcha’ gonna do". Longue plage, "Now what Mama planned" est bien plus versatile. D’abord, elle baigne au sein d’une atmosphère dépouillée. On pénètre dans le Sud profond, et plus que probablement la Louisiane. Mais d’abord flemmarde, cette piste glisse progressivement vers un funk lustré. Très rythmique, la gratte s’évade ; alors que créatif, l’harmo s’aventure… La voix est nonchalante tout au long du Chicago shuffle "Tryna' find my baby". Mike s’y révèle une fois de plus maître du style et surtout de son instrument. Minimaliste, "Sittin' here baby" est un blues lent remarquable. Chargée d’une émotion intense, la voix est fragile. Elle est, en outre, talonnée par des interventions d’harmonica décharnées. Les notes alignées sont réduites au strict minimum, afin d’intensifier le feeling.

 

mercredi, 21 septembre 2016 17:22

Blue skies

Matty T Wall est issu de Perth, en Australie. Au cours de sa jeunesse, il écoutait volontiers du metal, et tout particulièrement Metallica ainsi que Sepultura. Puis, il s’est intéressé à Eric Clapton et Stevie Ray Vaughan, avant de tomber sous le charme de la musique de Robert Johnson. Ce chanteur/compositeur/guitariste cherche avant tout à mettre en exergue son talent d’instrumentiste. Raison pour laquelle il a opté pour la formule trio, en s’appuyant sur une section rythmique constituée de Jasper Miller à la batterie et Stephen Walker à la basse, deux amateurs de jazz. "Blue skies" constitue le premier elpee du Kangourou.

"Burnin up burnin down" s’ouvre au son d’une moto pétaradante et nous plonge immédiatement au sein d’un rockin’ blues puissant mais teinté discrètement de cuivres. Le premier envol de Matty sur sa Gibson SG montre déjà tout son potentiel. La cover du "Am I wrong" de Keb Mo nous entraîne dans le Delta. Les percus sont primaires. Nerveuses et écorchées, les cordes s’emballent de nouveau. Blues lent mélodique, "Long gone away" bénéficie du concours de Gordon Cant à l’orgue Hammond. La voix de Matty est chargée de passion. Il dispense ses notes en y injectant un fameux feeling, digne de Joe Bonamassa voire de Gary Moore. Jasper Miller signe "Scorcher", un exercice instrumental au cours duquel il étale toute sa virtuosité sur ses fûts. Wall joue plus vite que son ombre ; comme Alvin Lee à ses débuts. Douce ballade, le titre maître conjugue cordes amplifiées et acoustiques, et se distingue par un travail vocal soigné. Le tempo s’élève et favorise un envol tout en sensibilité avant d’aboutir au sein d’un chœur gospel! Autre ballade, "This is real" baigne au sein d’un climat subtilement jazz, réminiscent d’un certain Robben Ford. Généreux, l’orgue de Gordon Cant sert de tremplin à la montée en puissance des cordes. Wall apprécie Jimi Hendrix ; et il lui rend hommage à travers une version de 12’ du célère "Voodoo Chile". L’orgue Hammond est toujours bien présent ; mais la solution sonore vire à la jam, une jam à la fois psychédélique, hypnotique, allumée et déjantée. Dynamique et caractérisé par ses variations de tempo, "Broken heart Tattoo" adopte un riff à la ZZ Top. Instrumental atmosphérique, "Smile" est une plage agréable, au cours de laquelle des cordes acoustiques épaulent la guitare solo du leader. De bonne facture, le premier opus de Matty T Wall s’achève par une version de "Hellhound on my trail" du mythique Robert Johnson. Et ce n’est pas une surprise. Le morceau macère au sein d’une ambiance morose. Au fil de la piste, la sèche devient de plus en plus nerveuse, alors que Jasper soigne tout particulièrement ses interventions aux percussions.

 

mercredi, 21 septembre 2016 17:21

This time

Originaire de Montréal, Frédéric Pellerin, alias Rico, est chanteur et multi-instrumentiste. Il a sévi tout un temps au sein du groupe Madcaps. Aujourd’hui, il vit à Lyon. Il a baptisé son nouveau projet, They call me Rico. Véritable homme-orchestre, il gratte sa guitare, tout en actionnant du pied des percus. Et bien sûr, il assure les vocaux. Parfois, il est épaulé par quelques potes, à l’instar du violoniste/claviériste Charlie Glad. Basiquement folk, la musique de cet artiste est teintée de blues primaire. A son actif, deux elpees, un éponyme en 2011 et "This kind of life" en 2014.

Le titre maître ouvre l’opus. Et il est superbe. Entraînant aussi. A cause des interventions dynamiques et irrésistibles exécutées au piano. La voix de Rico est chargée de passion. Ses interventions à la gratte électrique sont particulièrement énergiques. Et le tempo imprimé tout au long de "Down down down" est aussi nerveux. Piano et orgue se conjuguent. Et Rico chante comme un possédé avant d’allumer ses cordes. Superbe ballade roots, "We’ll meet again" se distingue par sa ligne mélodique imparable. La rencontre entre cordes acoustiques et électriques est bien équilibrée. L’orgue communique sa chaleur à l’ensemble. La voix de Rico est brillante au cœur de ce climat paisible. "The first" nous entraîne dans le Delta, un blues ravageur caractérisé par des sonorités de slide primaires ; et celles du violon communiquent une touche d’originalité à un ensemble écorché par la voix rugueuse et les cordes qui ne le sont pas moins. "Treat me like a dog" nous emmène au cœur des collines du Mississippi. Les tonalités sont écrasantes et dévastatrices. Torturée, la voix semble hantée par celle de feu Captain Beefheart ou alors d’un Howln’ Wolf bronchiteux. Et les percus entretiennent cette ambiance lourde et menaçante. "Lonely Bleed" continue de macérer dans cette atmosphère digne des juke joints. Tribales, les percussions en remettent une couche. La voix est délibérément éraillée. "Everlasting kind" opère un retour dans le folk. Mais un folk riche, élaboré, subtilement déjanté, acide. La voix est envoûtante. Et un orgue vient s’immiscer dans le décor. Le spectre du regretté Syd Barrett plane… Furieux, "Lights go out" adopte une attitude punk. Malicieuse, l’intervention à l’orgue communique une tonalité psychédélique à l’ensemble. Une compo propice au climat de transe. Un bottleneck s’invite tout au long de "Song for Leon", une ballade folk acoustique empreinte de sérénité. Et il est le bienvenu. Une version acoustique de la ballade roots "We’ll meet again" clôt le long playing. Rico y souffle dans son harmonica. Et on épinglera encore l’excellente mise en forme dont bénéficie cet LP.

 

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