Au lendemain d’un Girls In Hawaii à guichets fermés, le duo bruxellois COLT — désormais quintette — livre au Théâtre le Manège l’une des dernières dates d’une tournée longue de trois ans, entre électro-pop lumineuse et rock urbain.
COLT n’est pas une découverte pour l’auditoire belge : la formation repose sur Coline Debry et Antoine Jorissen, deux amis bruxellois de longue date.
Longtemps actif en binôme autour d’une électro-pop ciselée, le projet élargit depuis son line-up et s’aventure aujourd’hui vers un registre plus rock, sans abandonner sa fibre électronique sur certains titres. Deux musiciennes assurent claviers et basse ; un musicien tient la batterie.
Sur les planches, Coline adopte une tenue sobre. Antoine, lui, arbore un kimono d’aïkido — discipline qu’il pratique et dans laquelle il détient la ceinture marron — personnalisé par sa partenaire.
« Premier », plage d’ouverture de leur dernier opus, Saveur Cœur Abîmé, paru l’an dernier, lance le concert. Le morceau condense une série de premières fois vécues depuis l’adolescence.
Après « Lionnes », le set se poursuit par « Petite Féline ». Les Bruxellois dégagent une énergie solide malgré la chaleur étouffante. Coline signale d’ailleurs que ces températures provoquent souvent des saignements de nez chez Antoine, au grand dam des premiers rangs, puis riposte en invitant la fosse à observer les chaussettes bariolées de flammes de son complice.
Aux claviers, Antoine accompagne chaque coup de grosse caisse d’un balancement du buste. Cette présence physique souligne la complicité évidente entre les deux musiciens : regards, sourires, réflexes communs, dialogue musical constant.
Coline Debry et Antoine Jorissen se connaissent depuis la crèche ; leurs parents gardent, eux aussi, le contact. À l’adolescence, les deux amis découvrent une passion commune pour la musique, qui les mène naturellement à fonder COLT.
Depuis, le duo gagne en visibilité : les festivals s’enchaînent jusqu’à New York, tandis que leurs clips faits maison, largement relayés sur TikTok et Instagram, diffusent leur univers bien au-delà des salles de concert.
Le grain chaud de la voix de Coline installe d’emblée une couleur singulière. Antoine se concentre davantage sur la production, les synthés et les effets. Ensemble, ils élaborent un mélange d’électro, de pop, d’indie et de folk, une palette qui fait dialoguer des registres pourtant éloignés.
La musique de COLT conserve un élan positif, solaire, tandis que les textes révèlent souvent une mélancolie discrète, parfois une tristesse plus nette, à l’image de « Compte à rebours », composition qui regarde vers la fin du monde.
Coline profite de ce moment pour inviter l’auditoire à penser aux peuples vivant dans la crainte, notamment en Palestine ou au Yémen, avant d’enchaîner logiquement par « Chaos ».
Elle traverse ensuite la foule pour rejoindre la régie son. La pénombre s’installe, le silence dure quelques secondes, puis « ODIO » surgit, chanté en lyrique dans la langue de Verdi. Antoine, sous un faisceau bleu, s’installe au piano. L’instant suspend le temps.
Visiblement heureuse de retrouver le podium, Coline enchaîne par « Désolée », puis « Demi-mot », titre écrit après le décès rapproché des grands-parents de la chanteuse. La chanson avance comme une déclaration d’amour et de résilience. « Fleuve » referme cette prestation sur une intensité intacte.
Ce soir-là, COLT captive un auditoire éclectique par une fusion personnelle d’électro-pop et de rock urbain.
On retient surtout la diversité, la maturité et la sincérité d’un duo encore capable de déplacer ses lignes.
(Organisation : Sumons)

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