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LaSemo 2026 : dimanche 12 juillet

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Ce dimanche referme la 19e édition de LaSemo, qui attire sur ses plaines plusieurs dizaines de milliers de festivaliers.

Dans l’ensemble, l’affiche étaait moins intéressante que lors des éditions précédentes : les organisateurs ont concentré leurs moyens sur quelques têtes d’affiche internationales, au détriment des découvertes. Un choix économique, donc, qui pèse sur l’équilibre artistique.

Votre serviteur rejoint d’abord la guinguette pour assister à la prestation de Rau Ze.

Né en 2022 de la complicité entre Rose Perron (voix) et Félix Paul (claviers, réalisation), le duo s’impose en quelques années comme l’une des révélations les plus solides du paysage québécois.

Lauréat des Francouvertes dès sa première année d’existence, Rau_Ze décroche en 2024 le Félix de l’Album R&B/Soul de l’année pour son premier opus, « Virer nos vies », avant d’être nommé Révélation Radio-Canada 2024-2025.

Sa signature auprès du label parisien WLab (Wagram Music) en 2025 accélère son implantation européenne, grâce notamment à des passages remarqués au Paléo Festival, au Festival Avec le Temps et au Luzern Festival. LaSemo prolonge ainsi une trajectoire déjà bien engagée sur le Vieux Continent, pour une première apparition belge du duo.

Sur les planches, la majorité des titres proviennent de ce premier disque, paru il y a deux ans. La voix de Rose Perron et les nappes de claviers de Félix Paul dessinent une musique douce et enveloppante, à la croisée de la soul et du jazz.

Entre « Sumerset », « Virer nos vies » et « Pas la peine », le duo installe un groove délicat et invite à une écoute attentive.

Le set touche à sa fin lorsque votre serviteur gagne la prairie pour écouter Xavier Rudd, figure majeure du folk-roots.

Multi-instrumentiste originaire de Torquay, dans le Victoria, en Australie, Xavier Rudd se forge depuis le début des années 2000 une réputation d’homme-orchestre marqué par la culture aborigène : didgeridoo (parfois trois à la fois, en respiration circulaire), guitare Weissenborn slide, banjo, harmonica, percussions… Révélé par « To Let » (2002), il bâtit une discographie dense et engagée — « Solace », « Food in the Belly », « White Moth », « Dark Shades of Blue », « Koonyum Sun » au sein de Xavier Rudd & The United Nations, « Spirit Bird » (son plus grand succès), « Nanna », « Storm Boy », jusqu’à « Jan Juc Moon » en 2022. Sa musique, ancrée dans un folk-roots teinté de reggae et de blues, relaie aussi un message constant en faveur des peuples et cultures aborigènes.

Après une pause discographique, il revient sur les planches dans un format resserré et exigeant : seul aux commandes, il agence en direct boucles, instruments et paysages sonores, rejoint depuis 2025 par la multi-instrumentiste Lisa Purmodh. LaSemo s’inscrit dans sa tournée européenne 2026, qui le mène ensuite aux Vieilles Charrues une semaine plus tard.

Xavier Rudd impressionne par sa précision. Un homme, un podium, une pile d’instruments qui se répondent en boucle : le musicien occupe une place singulière dans le paysage musical mondial grâce à une pratique poussée très loin, celle du live looping.

Sur le podium, il combine en temps réel guitare, synthétiseurs, didgeridoo et percussions diverses. Chaque son est capté, bouclé, puis superposé, jusqu’à former sous les yeux de la foule une architecture musicale complète — sans overdub, sans studio, sans filet.

Sa musique, essentiellement instrumentale et improvisée, navigue entre ambient, world et méditation sonore. Ce choix artistique forge une identité immédiatement reconnaissable, entre rituel et expérimentation.

La maîtrise technique de Xavier Rudd reste impressionnante. Mais au-delà de la prouesse, son approche touche autant à la contemplation qu’à une forme de soin sonore, loin de l’énergie festive habituelle des festivals.

Enfin, le dernier concert suivi par votre hôte lors de cette ultime journée est celui de l’increvable Puggy, trio belge réunissant le chanteur-guitariste Matthew Irons, le bassiste Romain Descampe et le batteur Egil ‘Ziggy’ Franzén.

Fondée en 2005 à Bruxelles, la formation explore une pop-rock acoustique traversée de légères influences latines.

Irons est loin d'être un inconnu : il s’est notamment investi comme coach dans le télécrochet The Voice Belgique.

« The Way We Thought It Was », composition tirée du nouvel opus, ouvre le concert. Pendant que Matt cisèle les riffs, Romain malmène ses cordes, tandis que le troisième larron pilonne fûts et cymbales, raide comme un piquet. L’ensemble sonne énergique, rock et direct.

La tension monte, la fosse réagit, et la sueur perle vite sur le front des musiciens lorsque « Never Give Up » embraye. « I Do » baigne dans une atmosphère ample, renforcée par des claviers largement syncopés.

Puis « Something Good », extrait de « Are We There Yet – After Sunset », prend le relais et confirme la maturité acquise par le combo depuis ses débuts. Plus structuré, « Change the Colors » libère des sonorités pop-rock dansantes, héritées de l’identité première de la formation, ici dans une version acoustique qui nuance le morceau.

Matt reprend ensuite ses six cordes électriques pour « On My Mind », composition aigre-douce qui lui permet de grimper allègrement dans les aigus.

Mais les vieux titres conservent leur pouvoir. Après quelques pitreries, les musiciens changent de registre : Matt reprend la gratte semi-acoustique et entame une ballade délicate, dans une configuration résolument atmosphérique. « How I Needed You » berce l’auditoire.

Pour maintenir le cap et retenir l’attention des festivaliers, désormais plus nombreux, « Last Day on Earth » laisse les percussions décoller, tandis que la basse encaisse une série d’assauts. Le morceau frappe par ses riffs singuliers et son solo tonitruant, parfaitement tenu par Irons lors du bridge.

Un moment suspendu : la frontière entre l’estrade et la plaine s’estompe au profit d’un élan collectif.

Le set approche doucement de son terme. « When You Know » constitue l’un des piliers d’un show solide, pacouru par de belles progressions au clavier et un solo de batterie nerveux. La foule répond présente, tandis que le trio entretient une énergie fédératrice.

L'édition s'achève ici pour votre serviteur, l'affiche ne présentant plus guère d'intérêt.

Cette édition restera marquée par des températures caniculaires et un line-up recentré sur quelques valeurs sûres.

Que réserve la 20ème  édition ?

(Organisation : LaSemo)

Informations supplémentaires

  • Date: 2026-07-12
  • Festival Name: LaSemo
  • Festival Place: Parc d'Enghien
  • Festival City: Enghien
  • Rating: 8
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