Le premier jour, il y eut beaucoup d'appelés, mais peu d'élus...
Fort d'une première expérience, vécue l'an dernier, au cours de laquelle il a rencontré de multiples problèmes d'organisation, l'Octopus avait tous les atouts en main pour que cette seconde édition soit une réussite : une équipe bien préparée et une promo bien réussie faisaient même souffler un vent d'optimisme sur cet événement. Malheureusement, on ne peut pas dire qu'il se soit soldé par un succès de foule. Et il faut admettre qu'on ne s'est pas bousculé devant les scènes. Une explication ? Le festival est programmé après ceux de Werchter et de Dour ; et avant celui du Pukkelpop. Trois rendez-vous devenus incontournables en Belgique, dans le domaine de la pop et du rock. Les bourses ne sont pas sans fond. Mais si les poches des festivaliers sont presque vides fin juillet, il faut aussi reconnaître que l'Octopus manquait cruellement d'une grosse tête d'affiche... En outre, une bonne partie des artistes ou groupes invités s'était déjà produite lors des premiers festivals d'été. Et pourtant, c'est une des seules manifestations du style qui permet d'assister à l'ensemble de la programmation...
L'Octopus privilégie le rock. Il s'est donc ouvert par une formation très représentative de ce style : The Arrs. Très peu connue chez nous, elle pratique un néo-métal particulièrement redoutable. Nonobstant un site quasi désert, elle a accordé un set d'une bonne demi-heure, de très bonne facture, parvenant même à déclencher un petit 'pogo' au sein du maigre public. De quoi se réchauffer...
Pendant tout le festival, les spectateurs sont arrivés au compte-gouttes. Place à Curtiss, ensuite, qui avait investi la deuxième scène. Un combo issu du Sud de la France qui signait ici son seul passage en Belgique. Responsable d'un premier EP assez surprenant, dont ils ont d'ailleurs interprété l'intégralité, ils ont été accueillis avec enthousiasme par jeune public nivellois. D'ores et déjà, on peut affirmer qu'il s'agit d'une des découvertes de l'année 2006 !
Grand National était un des groupes les plus attendus du week-end. Sa présence était même plus qu'incertaine. Il n'était pas libre le samedi et avait décidé d'annuler sa prestation pour finalement accepter de se produire le vendredi. Malheureusement l'information semble être mal passée. Ou beaucoup trop tard. Uniquement trois guitares de front. La formation va passer ses tubes en revue : de « Playing the distance » à « Cherry Tree » en passant par « Peanut dream ». Sans oublier la cover du « Message in a bottle » de Police. Et manifestement la voix de Rupert Lyddon est très proche de celle de Sting. La formation londonienne y a démontré toute l'étendue de son talent...
Le soleil est encore au rendez-vous lorsque Vegastar monte sur le podium. Ces rockers de salon attirent surtout les jeunes adolescentes. Chez Vegastar, tout est étudié : depuis le look jusque la musique. Et les règles du marketing y sont scrupuleusement respectées. Ils ont donc joué toutes les plages de leur album. Sans oublier leur morceau phare « Au centième étage ». Et leur prestation alors ? Ni mauvaise, ni bonne. Tirez-en donc les conclusions qui s'imposent.
La pluie fait son apparition lorsque Pierpoljack ouvre son set. Il est en constante interaction avec le public. Impossible de rester de marbre lorsque, les pieds dans le sable, des airs de reggae aussi contagieux vous invitent à la fête. Le chanteur avait promis que la pluie cesserait à la fin de sa prestation. Sa prédiction s'est révélée exacte...
Toujours pas fatigué, nonobstant sa participation aux Francofolies de Spa, Mass Hysteria a célébré le retour de l'astre solaire. Et ils ont mis le feu !!! Pour leur dernier concert de l'année, ils ont embrasé l'audience qui s'est littéralement déchaînée. Et le groupe ne l'était pas moins. Ils ont aligné la quintessence de leur répertoire : « Respect to the dance floor », « L'effet Papillon » et surtout le fameux « Donnez-vous la peine ». Un morceau qui prend toute sa dimension en 'live'. Une véritable bombe sonore au cours de laquelle tous le musiciens bondissaient en même temps. Ce qui n'empêche pas Mouss d'injecter dans les chansons des textes engagés. Des lyrics qu'il interprète avec grande conviction. Une chose est sûre, le public semblait ravi. C'est d'ailleurs au cours de leur show qu'il a le plus déménagé. Un regret, leur set-list est quasi identique à celle de l'album « Live at Montréal ».
Et puis direction l'autre scène pour aller applaudir Nashville Pussy. Des applaudissements amplement mérités pour ces Ricains dont la musique semble directement inspirée par Motörhead. Ils ont une pêche d'enfer. Et leur show est explosif. En outre, tous les regards des mâles convergent vers la guitariste. Particulièrement sexy, elle arbore un décolleté profond. Et l'engouement suscité par la rockeuse auprès des photographes masculins en est la plus belle démonstration...
Therapy ? s'était fait plutôt discret depuis la fin des nineties. Il vient cependant de commettre - enfin - un nouvel album, « One cure fits all », une œuvre qui n'a sans doute pas retrouvé toute l'intensité de leurs débuts, mais dont le niveau est quand même plus qu'honorable. Nonobstant cette petite parenthèse, ouverte dans leur carrière, le combo irlandais n'a pas perdu la forme. Il est parvenu, en deux temps trois mouvements, à mettre le public dans sa poche. Un public qui chante, crie et se trémousse. Impossible de rester en place à l'écoute de « Church of noise » ou « Die laughing ». Et surtout de « Nowhere » morceau qui a clôturé un set, ma foi, fort agréable ... Toujours aussi allumé Andy Cairns, est même parvenu à entrer en complète interaction avec les plus jeunes spectateurs. Et je dois avouer avoir été heureux de le revoir aussi pétillant, après autant d'années d'absence...
Nostalgie, nostalgie : Front 242 et Louis Bertignac étaient les têtes d'affiches de ce vendredi. L'ex-leader du groupe Téléphone a déçu. Par sa prestation d'abord. Pas exceptionnelle pour un sou. Fatigante, même. Et qui a commencé avec plus de 30 minutes de retard. Motif ? Il exigeait d'être payé avant de monter sur les planches. Non seulement ce Monsieur a le gros cou, mais en outre, tout au long de son spectacle, il s'est contenté de se dorer la pilule. La honte ! Et la foule lui a bien rendu ce manque de respect.
Les papys font de la résistance. Front 242 par exemple. Qui apparemment en a encore sous le coude. Comme par enchantement, le public avait vieilli de 20 ans pour suivre l'unique date du mythique groupe belge. Malgré le poids des années, il continue d'assumer. Même les plus jeunes ont été emballés par leur prestation. Un set accordé dans la pure tradition hybride, au cours duquel on a eu droit aux inévitables « Rhythm of time » ou encore « Animal ».
Ezekiel et Joshua ont conjugué leurs talents de guitaristes pour clore la première journée. Mais plutôt las, le public avait plutôt envie d'aller roupiller...

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