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Kreator - 25/03/2026
Hooverphonic

Dour festival 2007 : vendredi 13 juillet

Écrit par - Charlotte Plaideau, Sébastien Leclercq et Bernard Dagnies -

L’après midi s’ouvre en douceur par le rock cotonneux de Sean Lennon. Voyage en parachute, pour les esprits embrumés. Le fils de Yoko et John n’impressionne certes pas par sa taille (1m55 ?), ni par son charisme, encore moins par son innovation ; ça sonne comme Eliott Smith et on sent l’inévitable héritage des Beatles. Par contre, son effort d’expression en français et ses ballades aigres-douces finement ciselées ravissent les festivaliers encore étourdis par la courte nuit… Les yeux sont mi-clos, les cœurs légers. Les pensées emportées par les romantiques mélodies de « Dead Meat » et « Spectacle ». Malheureusement, la paix est de courte durée. Venu de nulle part, un festivalier nu comme un ver et noirci de croix gammées, s’élance gaiement dans la mare de boue avant de se faire enfoncer un parapluie dans les fesses. En général, c’est là qu’on lance la pub. A défaut, il n’y a plus qu’à détourner tant bien que mal son regard du spectacle gluant, qui, s’il est loin de convaincre, a déjà entièrement fait fondre le mirage de tranquillité…

Cette année à Dour, le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt. A l’heure où les ronfleurs s’éveillent difficilement, le site à moitié désert accueille ceux que Lenoir qualifie de meilleur groupe du monde. Car depuis leur premier « Sad Songs for dirty lovers », The National enchaîne les petites merveilles. Et quand s’élève le timbre grave et doux de Matt Berninger, le monde se dérobe sous nos pieds sales et boueux. Les sceptiques, les indécis, les curieux s’immobilisent un instant. L’oreille est tendue, les yeux se posent sur la scène, et quelques minutes suffisent pour désarmer les plus vaillants. Le conteur a séduit, et fait sombrer délicieusement dans les méandres de ses narrations entre l’ombre et la lumière. Bientôt le public est pendu aux lèvres de ces inconnus. Peu fervents d’interviews et de promotion, sobres et discrets, leurs compositions en revêtent une humilité profondément sincère et touchante. Les Montréalais produisent ainsi dans l’intimité leur chef d’œuvre trop souvent insoupçonné. Sur scène, l’instrumentation est impeccable et rien ne vient troubler cette voix indélébile, qui ne souffre en rien la fréquente comparaison à Stuart Staples (Tindersticks). Et en live, le nouvel album Boxer séduit autant par son acoustique ténébreuse acheminée en explosion des sens; surtout « Ada » et « Fake empire » où l’imparable crescendo fait tomber les dernières résistances. Les cœurs chavirent. Délicieusement submergés par le moment présent.

Le ciel bleu azur est parfaitement de circonstance pour accueillir Herman Düne et son ukulélé électrique. La plaine ensoleillée se remplit petit à petit, et salue suspicieusement l’étrangeté de l’apparition (la folk intimiste d’Herman Düne à Dour ?). Mais les cordes du banjo sont à peine pincées que les visages s’éclairent. Le concert prend tout son sens, les esprits se détendent, les sourires sont gratifiants. Et si David Ivar avait pu sembler quelque peu désabusé au départ de son frère André, sa prestation a ici repris des couleurs. Sa voix vibrante constamment sur le fil du rasoir suscite à nouveau de petits miracles d’émotion, comme sur “Good for no one”, littéralement irrésistible. Cette humanité à fleur de peau apporte une touche complètement surréaliste au milieu du paysage boueux jonché de déchets. Et cette folk timide se niche au creux d’un merveilleux décalage, à côté des brutes égosillées de l’Eastpack core et du Dance hall.

A l’heure de l’apéro, on se précipite vers l’électropop ensoleillée de Hot Chip. Etonnamment, le concert ne rassemble pas la foule alors qu’ils avaient comblé le Botanique en automne dernier. C’est vrai qu’ils n’ont ni les belles gueules de Dj ni le style branché pantalons serrés ; mais quelques beats suffisent pour conquérir même les errants et comprendre combien les absents auront tort. Quoi de plus jouissif que de danser sous un ciel azur sur des synthés francs et chauds qui ne faiblissent pas. Par ailleurs, le live n’aligne pas cinq Londoniens immobiles derrière leurs machines ; ça joue avec des boucles, des mélodies au rhodes, des voix entremêlées et des ruptures aux congas. Et c’est terriblement entraînant. "Over And Over" et "And I Was A Boy From School" déroulent instantanément le tapis rouge et bousculent les danseurs ensommeillés. Des sourires se libèrent et l’ambiance n’évolue qu’en crescendo pour exploser sans retenue sur « It’s my piano », leur nouvelle bombe en exclusivité sur la compile « Dj Kicks ». Juste un léger regret sur le choix des morceaux qui met sans cesse « The warning » à l’honneur au détriment de « Coming on strong », petite merveille insuffisamment couverte d’éloges. Car si leur second album a l’efficacité et l’effervescence idéales pour le dance-floor, il n’en a pas les mélodies délicates et raffinées des débuts. Take care…

Le soleil décline, et la pyramide est déjà partagée entre clarté et obscurité. Il est l’heure de dévoiler l’univers assombri de The Horrors. Les yeux sont noircis de khôl, les sourcils froncés, les coiffures à la Mireille Mathieu et les mines cadavériques. Brusquement, ils saisissent leurs guitares et font exploser leur garage-rock endiablé, qui ne fera que s’élever haut et fort jusqu’à la fin. Presqu’aucune interruption, le concert va droit au but, dans un déluge sonore parfaitement maîtrisé. Une voix éraillée crie sur des rythmes hystériques portés par des guitares rêches et un orgue teigneux. Le registre est répétitif en soi, mais c’est génialement infernal et ça ressuscite les Cramps comme dans un mythe. Impressionnant pour ces Londoniens à peine majeurs, et parfaitement imbuvables en dehors de leur génie musical. Les organisateurs essuient certainement une goutte de sueur, soulagés par le calme relatif de ces personnages frisant toujours la crise sur scène ou dans les coulisses. Cette fois, la foudre aura frappé sans atteindre personne. Et sur cette introduction hantée et déjantée, la nuit peut commencer.

Pour les plus sensibles, la suite sera fleur bleue. Séduisante au cœur du romantisme sixties de Bright Eyes, tous de blanc vêtus, sur une scène maculée de fleurs multicolores. Connor Oberst fait une entrée grandiloquente, en accompagnant ses complaintes solitaires d’un riche  orchestre. Le décor y est d’ailleurs aussi travaillé que les magnifiques animations visuelles créées en direct par le génie artistique d’un ami, qui nous fera expérimenter la fascination pour le mélange des couleurs, l’entrelacement de boutons puis de billes multicolores. Non seulement l’effort est apprécié (tout ça pour nous ?), mais en plus, les mises en scène tapissent joliment les ballades touchantes et la voix tremblante du jeune prodige. Entre les morceaux, l’Anglais manifeste aussi sa présence. Il raconte des anecdotes cocaces ou sérieuses, comme son engagement politique débouchant sur une tournée accomplie en compagnie de Bruce Springsteen et Neil Young. Un spectacle qui a donc le mérite de se démener pour plaire. S’il lui manque peut-être quelques morceaux entêtants pour compenser d’autres plus insipides, l’atmosphère captivante dans laquelle le décor a réussi à nous envelopper fait littéralement tomber l’esprit critique en poussière. Et puis, on se serait presque contenté du frissonnant « This is the first day of my life », où d’un chant presqu’a capella, l’émotion s’est déposée comme une fine pellicule de poussière sur les cœurs battants et les bouches-bée.

L’énigme Clap Your Hands Say Yeah demeure entière. Tellement entraînants sur disque et sur internet –leur rampe de lancement–, tellement insipides sur scène. On reste surpris par un tel contraste. Autant le timbre nasillard d’Alec Ounsworth est accrocheur et croustillant en studio, autant son effet ravageur s’effondre en live. On ne compte plus les regards interrogateurs de ceux qui disent entendre leur mamy chevrotante au micro. Lorsqu’en plus, les musiciens passent la moitié du concert le dos tourné au public, difficile d’être séduit. Timidité ? Nonchalance ? Provocation ? La formation de Brooklyn est un cas à part entière. On ne sait plus s’ils sont vraiment bons ou ont été surestimés par une hype imprévisible et arbitraire. C’est notamment la question qui surgit à la déception de toutes leurs prestations live et l’opportunisme de leur deuxième album Some Loud Thunder. A l’exception de la magie noire de « Satan said dance », en concert, la seule valeur sûre réside dans ces deux excellents morceaux du premier album, toujours acclamés malgré les yeux froncés et les regards critiques : « The skin of my yellow country teeth » et « Is this love » restent indéniablement rythmés, mélodiques et charmants. Mais si leur génie se limite à trois chansons, autant se remettre à écouter Talking Heads.

C.P.

 

Et qu’ont retenu Sébastien et Bernard de cette journée ?

Ce n’est que le deuxième jour du festival et pourtant quelques spectateurs semblent déjà avoir du mal à (sur)vivre. Certains sont déjà affalés comme des épaves, d’autres continuent à faire le clown, déguisés dans des tenues aussi excentriques les unes que les autres. D’autres encore s’amusent avec des robinets à eau ou autres frisbees. Non, non nous ne sommes pas à Blankenberge mais bien à Dour, et recentrons rapidement l’objectif principal de ce festival : la musique. N’empêche, cette deuxième journée nous a laissé un goût de trop peu et on ne peut vraiment pas dire que l’un ou l’autre groupe nous ait particulièrement enthousiasmés.

Les plus endormis ne devront pas compter sur Sean Lennon pour les sortir des bras de Morphée. Au contraire. Le fils du prodige nous balance, en ce début d’après-midi, de longues ballades interminables et insipides. Et pas la peine de décrire le look du band ou son jeu de scène : il n’y en a pas. Dans leur bulletin du lendemain, nos confrères de No Bulshit n’hésiteront d’ailleurs pas à massacrer cette prestation à coups de superlatifs destructeurs. (S.L.)

Et la suite n’est pas plus encourageante, le festival enregistrant sa première annulation (la seule en plus de 200 concerts, mais elle nous a bien fait pester) : celle du trio féminin Erase Errata. Les demoiselles sont bien présentes sur le côté de la scène ; mais leur matériel semble s’être égaré quelque part dans la nature (!?!?) Après une longue période d’attente, le Dance Hall se vide peu à peu. Pompon vient ensuite annoncer la mauvaise nouvelle à la dizaine de fans qui croyaient encore dur comme fer que la formation américaine allait se produire : le concert est annulé. Il ne sera même pas décalé, car le groupe doit prester le soir même à Bruxelles. Dommage car l’album « Nightlife » avait reçu d’excellents échos et leur présence aurait apporté une touche plus rock à une affiche pop plutôt aseptisée, programmé au cours de cet après-midi. Certains médias n’avaient d’ailleurs pas hésité à leur coller une étiquette ‘chaînon manquant entre Hole et Fugazi.

Heureusement, il y a eu Les Anges. Né sur les cendres du défunt Hulk, la formation bruxelloise, qui a enregistré l’arrivée de la ravissante, excentrique et toujours aussi sexy Sandra Hagenaar, pratique ce qu’on appelle communément du stoner. Mais un stoner teinté de garage. A cause des accès de claviers rognés inoculés par l’ex claviériste de Fifty Foot Combo. Les trois autres entretiennent un rock malsain, nerveux, tendu, souligné par la voix tour à tour tendre ou rageuse de Renaud Mayeur et balayés de ses riffs de guitare ravageurs. Pas pour rien qu’on leur prête souvent, comme influences majeures, Queens of The Stone Age, Kyuss et les Hellacopters.

Sous le même Dance Hall, No Means No était programmé à 18h10. Originaires de Vancouver, ces vétérans de la scène punk affichent quand même un quart de siècle d’existence au compteur. Un trio dont les visages trahissent la cinquantaine bien entamée. Torse-nu, le drummer porte un bermuda ridicule à fleurs. Il est posté à droite de la scène. On sent que la formation prend beaucoup de plaisir à jouer en ‘live’. Sans concession, sa musique oscille du punk au hardcore en passant par le free jazz. Et le set ne manque ni de pêche ni d’humour. Mais j’ai beau accomplir d’énormes efforts pour essayer d’assimiler ce cocktail sonore particulièrement explosif et original, rien à faire, je ne parviens pas à l’encaisser. Un mauvais jour, peut-être…

Changement de décor (l’Eastpak stage) et de style (hardcore). Mais est-t-il encore nécessaire de vous présenter Sick of It All ? Il y a plus de 20 ans que ces Américains bousculent les foules de leur hardcore de référence. Comme ce sera souvent le cas sous ce chapiteau réservé à ce style musical, les premiers rangs pogotent sec. On ne compte plus les ‘circles’ ou autres chocs de masse à la ‘Braveheart’. Certains titres comme « War » montent crescendo et les nombreux slammeurs donnent bien du travail aux bénévoles de la sécurité (pour la plupart des fans de hardcore eux-mêmes) qui semblent toutefois avertis, et s’en amusent même parfois...

C’est d’un pas nettement moins allègre que nous nous rendons vers la grande scène pour le set de The Rapture. Après un premier album « Echoes » rafraîchissant, Les New-Yorkais étaient un peu tombés dans l’anonymat (si ce n’est quelques premières parties accomplies lors de la tournée de The Cure). Mais si leur set au Botanique avait quelque peu déçu, ce soir, à Dour, The Rapture va balayer nos craintes. En débutant par ses titres les plus rock et dansants comme « Get myself into it », le public accroche rapidement. Leur punk teinté de disco fait recette et le parterre devant la grande scène s’anime tel un dancefloor, le samedi soir…

S.L. & B.D.

Informations supplémentaires

  • Date: 2007-07-13
  • Festival Name: Dour
  • Festival Place: Plaine de la Machine à Feu
  • Festival City: Dour
  • Rating: 0
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