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Bozar Electronic Arts Festival 2014 : samedi 27 septembre

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‘C'est l'histoire d'un garçon qui ne pouvait pas s'arrêter de danser oh oh oh! Mais quand il regardait autour de lui, tout le monde était assis...’
Connaissez vous "Etre assis ou danser" ce morceau de Liaisons Dangereuses, groupe culte electro du début 80's dont l'inusable classique "Los Ninos del Parque" préfigurait la techno de Detroit?
Et bien il illustre à merveille la soirée passée au Bozar festival ce samedi, on y reviendra plus tard…

C'est Robert Henke qui avait l’honneur d’ouvrir les hostilités, lorsque je suis arrivé dans la salle Henry Le Boeuf (HLB), très bel espace ovale caractérisé par une large scène, un vaste parterre, deux balcons et tout le confort nécessaire pour assister d'entrée de jeu à un superbe spectacle audio-visuel sobrement baptisé ‘Lumière’. Installé tout au fond je n'ai pourtant pas manqué un seul détail de ces visuels faits de formes géométriques pures et simples (encore que l’ensemble se complexifie ensuite) projetés par de puissants faisceaux lasers donnant une image de très haute résolution, permettant de distinguer des détails infimes même à la distance à laquelle j'étais situé. Et quand les fumigènes s'en mêlent, le plaisir des yeux est encore rehaussé sans occulter quoi que ce soit. Musicalement c'est également de très haute tenue. Une techno/electronica nocturne aux accents post-industriels qui flotte, plane, parfois s'intensifie mais jamais ne martèle. Du velours sonore dont la consistance est réelle.

Cap ensuite vers la salle Terarken pour assister à la performance de Phill Niblock et Thomas Ankersmit. Le premier ouvrait son set par une pièce assez extrême –selon mieux informé que votre serviteur– car je suis arrivé quand seul son compère était encore sur scène. Signé sur le label Touch, Niblock est un personnage culte de la scène minimaliste qui a côtoyé physiquement ou par ses œuvres, d'autres figures comme Morton Feldman ou Alvin Lucier... Photographe et vidéaste autant que musicien, il développe de longs drones méditatifs dans lesquels je me glisse progressivement malgré les interférences de quelques spectateurs probablement égarés et peu respectueux de ce qui se passe autour d'eux. Deux écrans projettent des images de pêcheurs au travail, s'affairant sur la coque d'un bateau, préparant et réparant le matériel... Des petits gestes du quotidien comme le sont peut-être finalement ceux de l'artiste derrière ses laptops. Par contre on ne peut pas dire qu'il cherche à rentrer en contact avec le public en dehors de la matière purement artistique. Les yeux rivés sur ses écrans, il sirote tranquillement son verre de vin, semble un moment s'affaisser et finit même par tapoter sur son téléphone! N'aimant pas déranger les gens dans leur intimité, je saisis donc cette occasion pour aller rejoindre Max Cooper à la salle HLB. 

C'est là que tout s’est compliqué, car passé l'heure du début de son live, il n'était plus possible d'accéder à celle-ci que par les balcons et du coup j'ai dû assister à sa prestation assez dansante coincé là-haut, en la regardant de biais. J'ai d'ailleurs failli partir après son intro mystique ambient/new age assez cliché ; mais heureusement l'artiste anglais a vite corrigé le tir pour partir dans un style plus accrocheur et crossover en brassant de larges influences electro, house ou idm balayées par une pointe de hip-hop. Bref le genre de musique qu'on n'a pas spécialement envie d'écouter assis! Des visuels très organiques et colorés accompagnent ce show et contrastent avec ce que proposait précédemment Henke. Plaisant sans être ultime non plus, son live nous met en condition avant celui de Fuck Buttons, que j'attendais assez impatiemment de revoir après 5 ans.

Mais quelle frustration d'apprendre qu'ils allaient se produire dans la salle que je venais juste de quitter, quand on sait que la musique trépidante du duo n'est absolument pas faite pour rester assis! Quelle mouche a donc piqué les organisateurs pour prendre cette décision? J’apprends que des raisons d'acoustique justifieraient ce choix ; mais quand bien même je ne suis pas convaincu que dans ce cas-ci la pureté sonore prime sur l'expression corporelle... et encore merci à l'hôtesse de préciser qu'on peut se lever de son siège (sic!) Merci madame.

Mais bref comme j'avais décidé que la situation ne viendrait pas gâcher mon plaisir, j’ai tenté de repérer ce qui me semblait la meilleure place pour en profiter au maximum.

Démarrant par ce qui est également la plage d'intro de leur dernier album, soit "BrainFreeze" et son déluge de percussions martiales, Fuck Buttons met d'entrée de jeu tout le monde dans sa poche ou presque et électrise au moins une bonne moitié de l'audience qui fort heureusement se lève d'un seul et même homme. L'enchaînement du morceau suivant (que je n'arrive hélas plus à identifier) me semble moins judicieux et l'espace d'un moment je crains que la sauce ne retombe. Crainte de courte durée car le reste de leur set s'avère un sans faute, Fuck Buttons puisant son répertoire principalement dans les 2 derniers albums (le premier n'étant plus vraiment représentatif de leur son) et atteignant un pic sur le stupéfiant "Surf Solar", 10 minutes de montée d'extase sonore electro noise. On apprécie autant leurs morceaux tribaux aux climats de transe que les rythmes hip hop plus lourds qu'ils ont commencé à inclure depuis leur dernier album. Et lorsque le set se clôt sur "Hidden XS", on pense à l'étiquette de ‘Mogwaï électronique’ qu'on leur avait collée lorsqu'ils ont émergé, tant ce titre synthétise à merveille le mélange entre la touchante mélancolie mélodique des Ecossais et les nappes synthétiques et bruitistes. Pas de rappel mais néanmoins, après Robert Henke, en ce qui me concerne, un autre grand moment de la soirée...

Et c'est les oreilles repues que nous avons décidé d'en rester là mais avant de conclure cet article j'aimerais quand même souligner ce qui devrait être revu dans cet événement. Il est très louable de vouloir sortir la musique électronique dansante des caves et clubs où elle est généralement cantonnée... Mais à quoi ce changement de décor rime-t-il si c'est pour essayer de la faire rentrer dans un cadre finalement assez rigide et institutionnel où l'accès est limité passé une certaine heure et où la configuration de certains lieux aussi adaptée soit-elle aux oreilles, ne permet pas au reste du corps de pleinement jouir de la fête? Parce qu'après tout ce type de spectacle reste une fête ou une célébration, non?

(Organisation Bozar)

Informations supplémentaires

  • Date: 2014-09-27
  • Festival Name: Bozar Electronic Arts Festival
  • Festival Place: Bozar
  • Festival City: Bruxelles
  • Rating: 0
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