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Nuits Botanique 2015 : mercredi 13 mai

Écrit par - Béber + Didier Deroissart + Bernard Dagnies + Philippe Blackmarquis -

Le Cirque Royal est bien garni, mais pas sold out pour accueillir Laetitia Sheriff, JOY et Dominique A, ce mercredi 13 mai. En 2012, ce dernier nous avait accordé un concert exceptionnel, soutenu d’un collectif de 9 musiciens, dont un quintet à vent, soit l’équipe qui avait participé aux sessions d’enregistrement de son album, « Vers les lueurs ». Et le spectacle n’impliquait aucune première partie. Ce soir, il sera donc précédé par deux supporting acts. Et il doit impérativement démarrer à 21h45.

Laetitia Sheriff ouvre le bal. Elle chante, joue tour à tour de la basse ou de la guitare (NDR : elle est gauchère !) et est épaulée par Nicola Courret aux drums et Thomas Poli (NDR : il a le même look que Thurston Moore, mais quand il était jeune) à la six cordes et parfois aux claviers. La musique est très électrique. Quelquefois sonique ou stridulante. Elle me fait penser aux Pixies voire à Throwing Muses ; même que la voix de Laetitia emprunte parfois les inflexions de Tanya Donelly. Le set est puissant, peut-être même un peu trop pour une entrée en matière. Mais l’ensemble tient la route, et le public qui commence à affluer applaudit chaleureusement le trio.

Un autre trio embraie, JOY, le projet de Mark Huyghens et de sa compagne, Françoise Vidick. Sous le line up originel, le couple était soutenu par la violoncelliste Anja Naucler. Elle a été remplacée depuis par la guitariste/bassiste Katel. Et elle aussi est gauchère ! Le combo a publié, l’an dernier, son second opus, « All The Battles ». Debout face à ses fûts, Françoise imprime un tempo martial, tribal aux compos. Et malgré quelques problèmes de micro, en début de parcours, elle possède un fameux organe vocal, capable de monter dans les aigus. Mais le plus intéressant procède des harmonies vocales que les trois musicos conjuguent. Etonnant, mais parfois ces échanges me font carrément penser à ABBA. Pas la musique, cependant, plus climatique, ténébreuse, toute en ruptures et déchirée par de subtils éclairs d’électricité. Le set va même s’achever par un morceau post punk pour ne pas dire cold wave. Une belle surprise, due surtout, il faut le rappeler, à la qualité des vocaux...

« Eleor », le dernier opus de Dominique A, n’est pas facile à accrocher. Tiens, un de mes confrères estimait que le Nantais émargeait aux variétés. C’est un peu mélanger les torchons et les serviettes. Comme si H.F. Thiefaine, Murat et Lavilliers avaient été ravalés au rang de Johnny, Mireille Mathieu ou Frédéric François. Dominique Ané n’appartient toujours pas au cercle de Drucker…

Bref, revenons à la tête d’affiche. Votre serviteur est installé très haut dans le Cirque Royal. Dans une corbeille (?!?!?). Ce qui va lui permettre de découvrir un light show particulièrement performant. Cet anneau au-dessus du band, les lasers de couleur rouge, bleue, verte, orange, blanche, les cercles de lumière en circonvolution, le chenillard, des stroboscopes (NDR : que je déteste toujours autant) ; on en a plein les mirettes. On a même droit à un éclairage tamisé par un écran de fumée sur l’un ou l’autre morceau. Et ces artifices collent parfaitement aux chansons. Dont huit plages extraites du dernier elpee. Parmi lesquelles j’épinglerai le magnifique et contemplatif « Au revoir mon amour » et un « Convoi », tout en crescendo. Des morceaux plus sombres, plus intimistes, toujours aussi poétiques et même autobiographiques, dont les textes parlent d’amour et de voyages lointains ou imaginaires.

Avant d’entamer son set, il soutient que le Cirque Royal est une belle salle. Il plaisante avec son public, au sein duquel les réactions fusent. Il est épaulé par son fidèle backing group, soit le drummer Sacha Toorrop (Zop Hop Op), le bassiste Jeff Halam et le gratteur/pianiste/claviériste Boris Boulbil. Souci, le son n’est pas extraordinaire. Ce qui nuit à la compréhension des chansons. Heureusement qu’on connaît les classiques, « Immortels » dont la version est percutante ou « Le courage des oiseaux » à la sauce électro.

Lors du rappel, Dominique A revient sans le bassiste pour nous dispenser le minimaliste et frémissant Marina Tsvetaïeva. Inattendu, ce n’était pas sur la set list. Le quatuor est à nouveau au complet pour attaquer le déjanté et syncopé « (Retrouvailles) ». Dominique précise cependant qu’il ne s’agit pas d’une reprise de Marc Aryan, mais qu’il a écouté cette chanson dans le tour bus. Le combo embraie par la valse électrique « L’horizon », caractérisé par sa fin épique. Et le concert de s’achever par un autre titre minimaliste, « Oklahoma 1932 ».

Un très bon concert, mais pas aussi exceptionnel que celui accordé, au même endroit, il y a 3 ans. A cause de ce problème de balances qui ne permettait pas saisir les textes. Ennuyeux quand on est un des principaux porte-parole de la nouvelle chanson française…  

Bernard Dagnies

Setlist : « Cap Farvel », Nouvelle vagues, « Le sens », « Revenir au monde »   , « Celle qui ne me quittera jamais », « Par le Canada », « Au revoir mon amour », « Semana Santa », « Immortels », « Music Hall », « Ce geste absent », « Rouvrir », « Vers le bleu », « Eleor », « Le convoi », « Le courage des oiseaux »

Rappel : « Marina Tsvetaïeva » « (Retrouvailles) », « L’horizon », « Oklahoma 1932 »

(Organisation Les Nuits Botanique)

 

Mercredi soir, les jardins du Botanique sont peuplés de badauds. Nous sommes la veille du congé de l’Ascension. Il y a du soleil. Et à l’intérieur de l’institution vont se produire d’excellents artistes, dans le cadre des Nuits. Normal, dès lors, que le public ait envie d’aller y jeter un œil et une oreille. Votre serviteur couvre, ce jeudi, les concerts de Walter Hus, Flo Morrissey et Tobias Jesso Jr. Au Grand Salon. 

Il débarque dans la salle, vers 20h. Elle est presque comble. Les spectateurs occupent déjà les fauteuils face à la scène et les chaises du balcon. Les retardataires devront assister au concert debout. Il revient à Walter Hus d’entamer les hostilités. Fondateur du groupe avant-gardiste Maximalist, il est belge. Il siège derrière son piano. Et derrière lui on remarque la présence d’une machinerie au sein de laquelle figure notamment un orgue et un accordéon. C’est Walter qui a développé cette structure baptisée Orgue DECAP. Commandée par ordinateur, le mécanisme fonctionne en fonction de la programmation. Et le résultat est plutôt bluffant. Alors que Hus se consacre aux ivoires, l’accordéon se gonfle, l’orgue propage ses sonorités et les percus s’activent. Un dispositif qui permet à l’artiste de construire ses compos instrumentales en crescendo. Une chouette découverte, tant musicale que technique. Les ingénieurs ont dû apprécier.

Cinq minutes plus tard, le second concert débute. Pas trop le temps de prendre un rafraîchissement, d’autant plus qu’il est interdit d’emporter une consommation dans la salle. Et maintenant elle est pleine à craquer. Difficile d’ailleurs d’apercevoir quoique ce soit pour les retardataires. Flo Morrissey amorce sa prestation. Une compositrice insulaire âgée de 19 printemps. Elle est armée de sa guitare et chante d’une voix haut perchée. Et le Grand Salon correspond parfaitement au climat intimiste de son folk empreint de douceur. En vingt minutes, Flo met le public dans sa poche. Un set court mais intense, donc…

Un peu avant 21h30, Tobias Jesso Jr débarque sur l’estrade. Hormis trois morceaux, au cours desquels il se consacre à la guitare, le Canadien siège derrière le piano. Il est grand et ses cheveux sont bouclés. Malgré ses 29 ans, il ressemble à un ado. Il est venu défendre son premier elpee, « Goon », un disque qui a reçu d’excellentes critiques. Sans doute à cause des références manifestes à John Lennon. « Without You», « Hollywood » et « Just a Dream » constituent les moment forts du spectacle. Sans oublier l’excellent « True Love ». Ses morceaux son minimalistes. Pas d’artifice ni d’effets spéciaux. Pourtant, une bonne partie de l’auditoire accroche, alors que l’autre est prête à s’assoupir. Heureusement, entre les chansons, Jesso Jr raconte des anecdotes ou des blagues. De manière à rendre le show interactif et sympathique. Et cette opération de charme fonctionne… Si le personnage ne manque pas de talent et est doué pour ficeler de superbes mélodies, son concert manquait quand même de relief et m’a même parfois paru monotone…

Béber

Tobias Jesso Jr + Flo Morrisey + Walter Hus

(Organisation : Les Nuits Botanique)

 

Nous sommes le cinquième jour des Nuits Botanique. Et la veille de l’Ascension. Donc d’un jour férié. Votre serviteur assure un remplacement. A l’affiche de la Rotonde, on attend du lourd : les Australiens de Twerps, les Hexagonaux de Jessica 93 et des Américains de Wand. Et pour ne pas changer, il fait particulièrement chaud sous le dôme, d’autant plus que la foule est à nouveau bien compacte.

Twerps nous vient du pays des kangourous. Un quatuor bien sympathique réunissant le guitariste Marty Frawley, la jolie guitariste Jules McFarlane et le drummer Alex Macfarlane. Il chantent tous les trois. Sans oublier le bassiste Gus Lord. Marrant, mais Twerps est un mot anglais argotique que si traduit par andouille en français. Bref, fondé en 2008, le combo a publié un opus éponyme en 2011, un disque bien reçu par la critique et le public. Puis « Underlay », en 2014. Et enfin, « Range Anxiety », cette année. Et il est venu le défendre. Sa musique est pop, cool, mais lo fi, et elle évoque les magnifiques plages au sable fin du littoral aussie…   

Caractérisé par ses accords de gratte hawaiiens, « Work It Out » est une compo particulièrement ensoleillée. Issue du premier elpee, « I Don't Mind » est une superbe ballade hantée par le Velvet Underground. La montée en puissance est construite en crescendo. La section rythmique dynamise « Cheap Education », une plage issue du dernier opus. Caractérisé par sa mélodie accrocheuse, c’est un hit potentiel. Marty se réserve le micro pour « Raft », tiré d’« Underlay », un LP paru en 2014. Sa voix est aussi fragile que celle de Satomi, la chanteuse de Deerhoof. Et il est toujours aux vocaux pour « Adrenaline », un morceau sculpté dans des accords de gratte réminiscents des Beach Boys. Des guitares qui prennent le pouvoir sur « Feelings ». « White As Now » est une berceuse pop sucrée et candide. Et le set de Twerps de s’achever par « Wait Til You Smile », un extrait du précédent long playing…

On étouffe sous la Rotonde, et je préfère prendre l’air pendant la prestation de Jessica 93.

J’y retourne cependant pour assister au set de Wand, une formation issue de la côte Ouest des Etats-Unis. Elle appartient au mouvement institué par Thee Of Sees et le charismatique Ty Segall. Elle a d’ailleurs assuré le supporting act de ce dernier lors d’une de ses dernières tournées. Leur style ? Du garage/rock psychédélique.

Le line up de Wand est classique. Un quatuor réunissant deux guitaristes, un bassiste et un drummer. La Rotonde constitue la première date de la tournée européenne. Deux albums à son actif, « Glanglion Reef » paru en 2014, et « Golem », sorti en avril dernier. La salle est pleine à craquer. C’est une véritable fournaise ! Le garage/rock de ce band consomme une électricité vivifiante, chargée de décibels. Incisifs, précis, les riffs de gratte évoluent constamment au bord de la rupture. Les drums sont puissants. A l’instar de Ty, Cory Hanson a un don pour jeter mettre l’ambiance. Le public commence à pogoter ou à se lancer dans le crowdsurfing. Pas de temps mort entre les morceaux qui s’enchaînent. Au bout d’un peu plus de 30 minutes, Cory Hanson annonce le dernier titre du concert. Le public n'est pas content. Mais Wand est malin, il va s’étaler sur plus de 20 minutes. Et malgré un volume sonore conséquent, le set n’a jamais été assourdissant. Pas d'infra-basses pour vous torturer les tympans. Normal, nous sommes dans la Rotonde. Acclamation du public conquis qui en réclame encore. Et croyez-moi, pas un spectateur ne quittera l’hémicycle, avant la fin du spectacle, ne souhaitant pas en perdre un instant, malgré la chaleur accablante. Quelle belle soirée!

Wand + Jessica93 + Twerps

Didier Deroissart

(Organisation : Les Nuits Botanique)

 

 

Les amateurs de musique électronique sont chouchoutés lors de ces Nuits Botanique. Après la Nuit dark électro ‘Night Owls’ proposée en ouverture, Flying Lotus et Fireworks en cours de route, c'est au tour du roi Rone de venir nous secouer le popotin...

Le Chapiteau est déjà bien garni quand Haring ouvre les hostilités. Le producteur belge propose des rythmes électroniques doux et lents basés sur des arpeggiatos analogiques qui sonnent très vintage. Sympa comme amuse-gueule !

C'est ensuite au tour du jeune français Théo, aka Fakear, 23 ans, de prendre possession de la scène. Fakear, c'est une invitation au voyage. A l’aide de ses ordinateurs et son contrôleur Native Instruments, il élabore des rythmes sophistiqués et propage des samples issus de la World Music, surtout les chants asiatiques, comme dans « Morning In Japan » ou « La Lune Rousse ». Evidemment, le problème chez les artistes qui militent dans la musique électronique, c'est d'identifier ce qui est véritablement réalisé en 'live'. Fakear tape avec précision sur les patches de son contrôleur ; mais quelle est la part de 'play-back' ? Nul ne le sait. Enfin, le 'son', comme on dit, est de haute qualité. L'univers musical exploré est étonnant, complètement exotique. Un chouette trip !

Mais la toute grosse foule est venue pour le prodige de l'électro à la Française : Rone. Erwan Castes ne paie pourtant pas de mine : chaussé de lunettes et l’air un peu gauche, on dirait un geek. Mais qu'on ne s'y trompe pas : à 34 ans, il est devenu une véritable superstar. Pour la petite histoire, son nom d'artiste procède d'une faute de frappe : lors de son premier concert à Paris, alors qu'il se produisait en tant que R.One (phonétiquement ‘air-wane’), le flyer mentionnait ROne, omettant le point.

Il s’était déjà produit au Botanique, en octobre 2013 ; mais ce soir, il a droit aux plus grands honneurs. Sur le podium du Chapiteau, la table de DJ de Rone ressemble à un vaisseau spatial et les lumières sont carrément époustouflantes. On se croirait dans 'Rencontres du 3ème Type' ! La musique, elle, est plus puissante que sur disque. On sent les infra-basses et les décibels!  Le fameux « Bye bye macadam » déclenche la folie dans le public, de même que « Tohu Bohu » et « Bora ». Mais c'est évidemment « Parade » qui nous crucifie sur place par sa poignante beauté. Parfois, Rone se sert d’un thérémine (NDR : constitué de deux antennes, cet appareil est l'ancêtre du synthé). A la fin du spectacle, il s'avance vers le public, serre des mains avec un naturel désarmant, avant d'aller rapidement fumer une clope en coulisse. Ce gars représente véritablement le rêve de tout geek passionné de musique et d'ordinateurs. On vous recommande « Créatures », son dernier opus paru en février dernier. Un disque pour lequel il a notamment reçu le concours d’Etienne Daho. Un plaisir pour les oreilles et les neu-Rones...

Philippe Blackmarquis

Rone + Fakear + Haring

(Organisation : Les Nuits Botanique) 

 

 

 

Informations supplémentaires

  • Date: 2015-05-13
  • Festival Name: Les Nuits Botanique
  • Festival Place: Grand Salon + Cirque Royal
  • Festival City: Bruxelles
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