La terre fissurée de Daffo

À seulement 20 ans, Daffo, artiste indie-rock basée à Brooklyn, transforme le tumulte intérieur en chansons brutes et poétiques, d’une étrange beauté. Entre l’énergie DIY et des arrangements délicats, sa musique oscille entre fragilité et intensité. Révélée…

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Bénabar les regarde danser…

Bénabar est de retour et nous propose un nouveau single intitulé « Elles dansent », un titre fondamentalement pop, joyeux et émouvant, qui raconte une histoire de famille ou d’amis dans laquelle chacun pourrait se reconnaître : un moment de joie et de liberté…

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Hooverphonic
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Didier Deroissart

Didier Deroissart

samedi, 23 mars 2019 10:19

Même pas eu le temps de souffler…

En arrivant à destination, on constate que le ‘tour bus’ de No One Is Innocent occupe une bonne partie du parking réservé au Zik Zak. Doit y avoir un sacré matos ! Le band se produisait la veille au Reflektor de Liège, et apparemment y a mis le souk… 

Fondé en 1994, N.O.I.I. a publié son neuvième elpee, « Frankenstein », en février 2018. Fruit d'un cocktail entre punk, garage, metal et rock, sa musique est explosive. Ses coups de gueule virulents et ses revendications politiques humanistes véhiculés dans les lyrics déclinés dans la langue de Voltaire, reflètent un engagement jamais pris en défaut. Son patronyme ? C’est le titre d’un single des Sex Pistols ! Pas étonnant que le groupe cherche constamment à casser les codes traditionnels. Lors de leurs derniers concerts, ils ont même invité des survivants de Charlie Hebdo. Enfin, le band tourne régulièrement en compagnie de Tagada Jones, le Bal des Enragés ou Ultra Vomit, des formations qui partagent les mêmes convictions...

Le supporting act est assuré par une formation habituée des lieux : Z Band. Un quatuor réunissant Matt (Matthieu Van Dyck) au chant, Jay (Jerry Delmotte) à la batterie, Dweez (Morgan Twizir) à la guitare et Mich Michel Vrijdag à la basse. Le quatuor puise au sein de ses deux elpees, « No Loose Behavior », paru en mars 2018 et « Apocaliquids » en novembre 2018, pour forger sa setlist, des opus favorablement reçus par la critique. 

Tel le justicier qui pointe de la pointe de son épée le ‘Z’ de Zorro, le band assure souvent les premières parties au Zik Zak, un peu comme s’il servait de rampe de lancement idéale pour les têtes d’affiche. Et ce sera encore le cas ce soir. Les musicos mouillent leur chemise, à l’instar de Matt qui déambule parfois dans la fosse, alors qu’elle commence seulement à se remplir. Musicalement, le band semble surtout s’inspirer de Soundgarden, Rage Against The Machine et System Of A Down, mais probablement aussi de Red Hot Chili Peppers. Bref, back to the 90’s…

Setlist : « Into The Wild », « Always Running », « I Got A Mission », « Stretching My Mind », « YYYY’I D », « Diamonds In The Rough », « El Fush », « Right Here Richt Now », « Sweet Fruit », « Jezebel », « Mozzarella ».

Il est presque 22h00 lorsque No One Is Innocent débarque. Le line up réunit Kemar au chant, Thunder B à la basse, Popy aux drums ainsi que Shanka et Gaël aux guitares. De nombreux fans se sont agglutinés aux premiers rangs. Il est donc impossible de s’approcher du podium, Dès le premier morceau, « A La Gloire Du Marché », on est rassuré, le groupe est en forme. Et puis, les musicos ont de la bouteille et maitrisent parfaitement leurs instruments. Sa musique libère une fameuse dose de violence, une violence qui est portant dénoncée dans les textes des compos, fustigeant tout aussi bien le colonialisme que la guerre. Tout en n’oubliant pas d’incendier l’extrême-droite hexagonale, surtout quand Kemar balance que ‘La jeunesse emmerde le Front National. Le gratteur rythmique possède une excellente technique. Kemar crie son amour pour la foule et le démontre en se jetant dans la fosse pour se laisser porter à bout de bras. Mais les deux sixcordistes ne laissent pas Kemar monopoliser tout l’espace scénique. Ils s’autorisent d’ailleurs chacun leurs solos. Le public est survolté et la température dans l’auditoire grimpe par pallier. Kemar clame ‘Venez- vous prosterner’, alors que les quatre autres membres sont rassemblés autour de lui et du drummer. La formation avale les kilomètres sur les planches tentant de battre le record du monde du saut de kangourou.

Les morceaux défilent à plus de 100 à l’heure dont « Nomenklatura », qui s’achève par une série de ‘ya basta’, déclamés par un Kemar, d’une voix toujours à la limite de rupture. Et pas la moindre pause, puisque « Les revenants » n’est pas même prévu dans la setlist. A l’issue d’un étonnant mais bref solo, Shanka s’amuse à chanter dans le microphone de sa gratte. Pendant « Charlie », interprété en hommage aux disparus de Charlie Hebdo, la foule reprend les paroles en chœur. Une foule qui en demande et en redemande. Mais la prestation s’achève par un « What The Fuck » de circonstance…

Setlist : « À La Gloire du Marché », « Silencio », « Kids Are On The Run », « Ali », « Nomenklatura », « Djihad Propaganda », « La peau », « Solo Shanka », « Bullet », « Liar », « 20 ans », « Chile », « Frankenstein », « Charlie », « What The Fuck ».

(Organisation : Zik Zak et Rock Nation)

Lorsque l’Alan Parsons Project est à l’affiche près de chez vous, il ne faut pas rater l’aubaine, car il se produit rarement en concert. Le show est sold out. D’ailleurs toutes les places sont vendues depuis des lustres. L’APP est venu défendre son ‘Alan Parsons Live Project’. C’est en 1975 qu’Alan a imaginé ce concept, en compagnie d’Eric Woolfson (NDR : il est décédé en 2009). Alan Parsons a entamé son parcours pro comme ingénieur du son (NDR : depuis il est considéré comme un maître dans ce métier ; d’ailleurs, établi aujourd’hui à Santa Barbara, en Californie, il se sert aujourd’hui des dernières technologies, dont le format multipiste 5.1.). Il a participé à la mise en forme d’albums légendaires, comme « Abbey Road » et « Let it be » des Beatles ou encore le « Dark Side of The Moon » de Pink Floyd. Notamment. A cours de sa carrière, l’APP a vendu plus de 45 millions d’albums et décroché toute une série de hits, dont « Eye In The Sky », « Sirius », « Don’t Answer Me », « Games People Play », « Old and Wise », « Time », « Prime Time », « I Robot » et « Standing on Higher Ground » ; et paradoxalement, tout au long de cette période faste, la formation ne montera jamais sur scène…

A 20h00 pile, les lumières s’éteignent. La scène est divisée dans le fond en 3 estrades. Celle de gauche héberge le drummer, Danny Thompson, la centrale, équipée d’une rampe (NDR : âgé de 70 balais, il éprouve de petites difficultés de mobilité) et de droite, le claviériste Tom Brooks. Le line up est complété par le bassiste Guy Eros, les guitaristes Don Tracey et Jeff Kolmann ainsi que les deux chanteurs PJ Olson, épisodiquement gratteur, et Todd Coper, coiffé d’un stetson, ce dernier se consacrant également au saxophone et aux cymbalettes. Parsons alterne entre claviers et semi-acoustique.

Chaque musicien aura l’occasion de mettre son talent en exergue au cours du show.

Alan reste en retrait, il présente cependant « One Note Symphony », « Miracle » et enfin « As Lights Fall », mais aussi ses musiciens. Il nous parle aussi de sa longue carrière et demande, en français, aux spectateurs d’allumer les smartphones et de les éteindre lorsqu’il baissera le bras ; ce que l’auditoire va accomplir avec enthousiasme. Il se réserve quand même le lead vocal sur « Don't Answer Me », « As Lights Fall », « Prime Time » et lors du final, « Eye In the Sky », moment choisi pour descendre de son estrade et se planter face à la foule. Mais manifestement, sa voix manque d’assurance. Les interventions au micro des deux chanteurs principaux sont à contrario exceptionnelles ; celles de PJ Olson sont magistrales tout au long de « Damned If I Do » et « Don't Let It Show », et de Todd remarquables pendant « Breakdown » et « Limelight ». Pourtant, difficile d’oublier les voix de feu Eric Woolfson ou de Colin Blunstone. Au balcon, la sécurité rencontre quelques difficultés auprès de récalcitrants qui s’asseyent sur les escaliers alors que de bonnes places sont libres, ailleurs.

La setlist va puiser dans l’ensemble du répertoire de l’Alan Parsons Project. Le spectacle rencontre quand même quelques petits problèmes de balances, notamment lorsque le drumming étouffe les interventions des claviers. Pourtant, le préposé aux fûts s’acquitte remarquablement de rythmiques souvent assez complexes, avec précision et fluidité, se distinguant particulièrement sur la caisse claire, dont la sonorité est à couper le souffle. On en oublierait presque les accès frénétiques de guitare dispensés par Jeff Kollman, pour dynamiser une musique fondamentalement prog/rock.

Enfin, invité, Jordan Huffman vient poser sa voix lumineuse sur « I Can't Get There From Here ». Bref un concert qui a ranimé de nombreux souvenirs chez votre serviteur qui regrettait toutefois qu’Eric Woolfson ne soit plus de la partie ; mais son spectre a plané tout au long de la soirée… 

Setlist : « One Note Symphony », « Damned If I Do », « Don't Answer Me », « Time », « Breakdown, The Raven », « I Wouldn't Want to Be Like You », « Miracle », « Psychobabble. », « Luciferama », « Don't Let It Show », « Limelight », « Can't Take It With You », « As Lights Fall », « Standing On Higher Ground », « I Can't Get There From Here », « Prime Time », « Sirius », « Eye In the Sky ».

Rappel : « Old and Wise », « (The System of) Dr. Tarr and Professor Fether », « Games People Play ».

(Organisation : Greenhouse Talent)

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Grand espoir de la scène belge, Thomas Mustin, aka Mustii, est un fameux showman ! Baptisé ‘An intimate portrait of the 21st Century Boy’, son spectacle proposé ce soir est une première. Thomas est aussi à l’aise sur les planches d’un théâtre (NDR : il y a joué le rôle de ‘Hamlet’ dans une adaptation de la célèbre pièce de Shakespeare), d’une salle de concert ou à l’écran, que ce soit à travers les téléfilms ou les longs métrages. Il ne lui a fallu qu’une petite année pour réinventer le concept unique de son premier opus alors que certaines stars n’y parviennent 10 ou 15 ans plus tard.

Le supporting act est assuré par la Canadienne Emilie Kahn. A l’origine, elle se produisait sous le patronyme d’Emilie & Ogden, soit l’artiste et sa harpe. Puis, elle a décidé d’opter pour sa véritable identité. Ce soir, la Montréalaise va nous proposer de larges extraits de son nouvel opus, « Outro ». Elle grimpe seule sur les planches pour y jouer de son instrument privilégié… en chantant d’une voix douce, presque enfantine. Plutôt timide, elle se concentre sur ses cordes, à la manière d’Agnès Obel. En cours de show, un musicien la rejoint sur l’estrade pour tapoter sur un MPD ou la soutenir à la basse. Parfois, sa musique baigne au sein d’un climat proche de celui entretenu par Marie-Michèle Beausoleil, aka M’Michèle (NDR : elle s’était illustrée dans le cadre des Francos de Spa, en 2014). ‘Tabernacle’ comme dirait René-Charles, le Canada est une mine d’or, musicalement parlant…

Le décor est sobre. Il se limite à un immense drap replié contre le mur et quatre téléviseurs vintage qui vont diffuser des images consacrées aux thèmes des chansons. L’estrade destinée à l’artiste est blanc, tout comme le light show qui va jouer sur le contraste entre la lumière et les ombres projetées par Thomas sur la scène. Tout vêtu de noir, élégant (NDR : pour lui, la mode est un moyen d’expression qu’il apprécie), il est soutenu par un claviériste.

En débarquant, il déclare : ‘Bienvenue à tous dans mon salon’. Rayonnant, son aura en impose, un peu comme un Benjamin Clémentine qui aurait le teint clair et la chevelure blond platine. D’une très belle voix, il interprète ce répertoire de manière singulière, intimiste, théâtrale et interactive, en même temps. Très technique mais impeccable, la prestation du préposé aux ivoires révèle une grande complicité entre les deux artistes. Bien que prévu pour 70’, son show ne durera qu’une bonne heure ; mais le Bruxellois va se livrer corps et âme. Ce qui explique sans doute pourquoi il n’accordera pas de rappel ni ne rencontrera ses fans, à l’issue de sa prestation.

Il propose la set list de son premier elpee, dans le désordre, sous des versions totalement revisitées, mais concède quand même deux covers ; tout d’abord le « Strange weather » d’Anna Calvi, puis, non pas l’hommage au Duke, « I’m Deranged », mais le « Playground Martyrs » de David Sylvian. Pourtant, tout au long de cette représentation, le fantôme de David Bowie a plané. Faut dire que c’est l’idole de Mustii, dont il cherche manifestement à marcher sur les traces…

En cassant les codes, Mustii nous a réservé, ce soir, un concert exceptionnel, même si on espère le revoir lors d’un même type de spectacle, mais un peu plus long…

Setlist : « Intro », « 21 St Century Boy », « The Darkest Night », « The Ride », « People (Are Running The Streets) », « Simple Slave », « Safety Zone », « Strange Weather » (cover Anna Calvi), « Get Down », Turn It Off », « Where Do I Belong », « I’m Deranged (cover David Bowie).

Mustii (Création) + Emilie Kahn

(Organisation : Botanique)

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Soirée rock’n’roll dans le cadre des Nuits Botanique, ce jeudi 25 avril sur l’ensemble du site. Votre serviteur a choisi la Rotonde où se produiront Raketkanon, qui vient de publier son troisième elpee, sobrement intitulé « RKTKN # 3 », et en supporting act, Daggers. La première formation est gantoise, la seconde liégeoise.

En entrant dans l’hémicycle le personnel de la sécurité invite les spectateurs à rester debout, car la salle risque d’être blindée.

Daggers est un quatuor qui implique le drummer Yannick Tönnes, le bassiste Thomas Fagny, le guitariste Thierry Tönnes et le chanteur Gregory Mertz. Une formation qui compte déjà 12 années d’existence et jouit d’une certaine notoriété à l’étranger. Son dernier elpee, « It’s Not Jazz, It’s Blues », remonte quand même à 2014, et il va nous en dispenser de larges extraits. C’est ce disque qui avait permis au combo de s’exporter. Dans la salle, on aperçoit des membres de Cocaine Piss. On peut toujours rêver, mais pourquoi pas une jam ? On va tout de suite couper les ailes au canard, les musiciens de la Cité Ardente resteront bien sagement à leur place.

La voix du chanteur est particulièrement rauque. Le band pratique une musique alternative, fondamentalement rock mais fruit d’un cocktail entre garage, doom, metal, prog et sludge. Bien équilibré, le set va démontrer toute la maturité du combo sur les planches et puis surtout va permettre de bien chauffer la salle. Comme si on n’était pas déjà plongé dans une fournaise… 

Raketkanon vient donc de graver un tout nouvel opus. Intitulé « RKTKN # 3 », il a été mis en forme, et pour la troisième fois, par célèbre Steve Albini (Pixies, Nirvana, P.J. Harvey et bien d’autres). A l’instar des trois précédents long playings, les compos portent le titre d’un prénom masculin ou féminin (NDR : « Nico Van Der Eeken » a aussi droit au nom de famille !).

Ce quatuor réunit le chanteur Pieter-Paul Devos, le bassiste/claviériste Lode Vlaeminck, le guitariste Jef Verbeeck et le drummer Pieter de Wilde. Placé à droite du podium, Devos fait face à son micro et à une table truffée de manettes en tous genres, destinées à moduler sa voix. Et il a préparé un fil suffisamment long pour son microphone, afin de se lancer dans la foule. C’est un rituel !

Mais grosse surprise, le morceau d’entrée, « Robin » est plutôt paisible. Pieter-Paul caresse sa semi-acoustique, en susurrant ses mots. Le groupe se serait-il assagi ? Que nenni ! Dès le deuxième titre, « Hanz », en à peine plus de 3 minutes, le set s’embrase. Devos chante d’une voix nerveuse, un peu distordue, en flamand en anglais et dans une langue qu’il a inventée : le rocket cantonais. Plutôt noisy, la musique est entretenue par des riffs de gratte graisseux, huileux, chargés de testostérone ainsi que par un drumming tribal, sauvage, mais métronomique.

Si le band est totalement déjanté sur l’estrade, Devos plonge régulièrement dans la foule qui le porte à bout de bras, tout en continuant à chanter. Et à travers ce show, on sent une grande complicité entre la foule et le band. Finalement, on est surpris lorsque le band se retire. Mais rapidement, il revient pour nous réserver trois derniers titres, tout aussi percutants et énergiques. Probablement déjà un des meilleurs moments de cette édition 2019 des Nuits. Si vous n’avez jamais assisté à un concert de Raketkanon, ne les manquez surtout pas quand il passera près de chez vous. C’est un groupe vraiment taillé pour le live !

Setlist : « Robin », « Hanz », « Nico Van Der Eeken », « Florent », « Harry », « Fons », « Suzanne », « Herman », « Ricky », « Ernest », « Lou ».

Rappel : « Mélody », « Judith », « Abraham ».

Raketkanon + Daggers

(Organisation : Botanique)   

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Triple affiche ce mercredi à l’Orangerie du Botanique qui accueille, dans le cadre des Nuits Botanique, Alice Phoebe Lou, une Sud-africaine établie à Berlin, Halehan, un chanteur/compositeur bruxellois que votre serviteur avait découvert en supporting act d’Asgeir au Cirque Royal, il y a 2 ans, toujours dans le cadre du même festival, et Olmo, invité depuis deux jours à peine, Un Italien qui partage sa vie entre Londres et Berlin. Et la soirée est décrétée sold out !

Alias Francesco Lo Giudice, Olmo est un pote à Alice. Lorsqu’il débarque sur les planches, il y a déjà pas mal de monde dans la fosse. Si sa musique oscille entre électro et acoustique, sa voix est plutôt soporifique, voire fausse. On a l’impression qu’il est un peu à côté de ses pompes. Ce qui explique peut-être pourquoi il a enfilé des chaussettes de couleur différente. Il alterne entre claviers et gratte, mais manifestement, il n’est pas très à l’aise sur l’estrade. Trop approximative, sa prestation incite votre serviteur à s’éclipser au bout de trois chansons… 

Né en 1994, Alexandre Lambrecht a choisi le pseudo Halehan comme nom de scène. Cet auteur, compositeur et chanteur belge puise manifestement ses influences chez Bon Iver, Norah Jones, Chet Baker ou encore Peter Doherty.

Il chante en s’accompagnant à la gratte acoustique ou électrique, et se sert d’une basse lors de l’interprétation de son dernier single, « Kind of blue », une compo qui fait un véritable tabac sur les ondes radiophoniques, en Belgique. D’autant plus qu’il a une très belle voix, chargée de feeling, et très susceptible de faire craquer le public féminin, une voix qu’il peut rendre nasillarde, à la manière de Max Colombie d’Oscar And The Wolf. Halehan va passer en revue l’essentiel des plages de son Ep, « Temple Of Maia », mais faute de temps, il n’a pu clore son concert par « Snow », morceau prévu dans la setlist. Par contre, il a bien interprété son single phare, « Whirlwind ». Au cours de sa prestation, il est rejoint par la jeune Camille Camille. Ensemble, ils brodent délicatement leurs voix en harmonie, un peu comme de la fine dentelle. Interactif et particulièrement sympa, il s’adresse à la foule en trois langues.

Derrière les ivoires, il nous réserve un excellent « Gene’s man », un morceau de hip hop teinté d’électro et de jazz, qui figurera sur son prochain Ep. La foule est conquise par le set de ce talent à l’état brut, déjà qualifié par certains médias de nouvelle perle du folk. A vivement conseiller si vous appréciez Lias Hannigan, Damian Rice ou encore Tamino

Setlist : « Maia », « Dragon », « Whirlwind », « Shades », « Waterbird », « Cause Of You », « Humi », « Gene’S Man », « Kind Of Blue », « Snow ».

Alice Phobe Lou possède une approche farouchement indépendante de la musique. Epurée, sa musique est profondément ancrée dans le blues et le folk, un style qu’elle a développé dans les rues de Berlin où elle s’est installée. Elle connaît bien Bruxelles, car ses grands-parents y ont vécu et sa mère y a étudié. Elle a autoproduit son deuxième elpee, « Paper Castels », un disque paru en mars dernier et dont elle va nous réserver de larges extraits. 

Longs cheveux blond platine, plutôt jolie, vêtue d’un short argenta, elle débarque sur le podium, flanquée de ses musicos. En l’occurrence un drummer, un guitariste et un bassiste. Elle opère les derniers réglages des micros et des retours de scène, pendant que ses musiciens meublent l’intermède…

Le set s’ouvre par « Something Holy » et embraie par « Girl On An Island », deux morceaux assez consistants, allégés par les interventions de flûte traversière. Egalement très interactive, Alice occupe tout l’espace scénique. Elle se sert également épisodiquement d’une gratte. Les sonorités puissantes du saxophone boostent littéralement « Skin Crawl » et « My Outside ». La voix de Lou est feutrée, délicate et aérienne. Techniquement, ses musiciens sont irréprochables. Le set s’achève par « She », une compo tirée de la BO du film « Bombshell » et nominée aux Oscars. Quand elle entame ce titre, un fol enthousiasme empare l’auditoire. Faut dire que bon nombre de spectateurs connaissait ce hit et attendait impatiemment qu’elle l’interprète. Mais vu la version un peu trop molle du genou, le soufflé est rapidement retombé. Dommage, car le reste du show a parfaitement tenu la route…

Setlist : « Something Holy », « Girl On An Island », « Nostalgia », « Want Me » (cover Puma Blue), « Plastic » (cover Moses Sumney), « Drive », « Fynbos », « Skin Crawl », « Paper Castles », « My Outside », « New Song », « Galaxies », « She »

(Organisation : Botanique)

Alice Phoebe Lou + Halahan + Olmo

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mardi, 23 avril 2019 16:01

Dans leur trip !

Englué dans les embouteillages, votre serviteur débarque en retard, à l’Ancienne Belgique, pour assister au concert du Tedeschi Trucks Band. Faudra donc se contenter d’un emplacement au premier balcon. Dès lors si la situation n’est pas problématique pour écouter la musique, elle l’est davantage lorsqu’on souhaite observer les mouvements des artistes…

Le groupe a été fondé à Jacksonville, en 2010, par un couple, réunissant Susan Tedeschi and Derek Trucks. Ce dernier n’est autre que le neveu du batteur et membre fondateur de l’Allman Brothers Band. Agé de 39 ans, il y a d’ailleurs sévi de 1999 à 2014, année de fin de parcours du mythique band géorgien. Au sein de ce nouveau projet, il se consacre à la guitare. Tout comme son épouse, qui se charge des vocaux.

Sur les planches, la paire est soutenue par un collectif de 10 musicos. En l’occurrence, les drummers Tyler Greenwell et JJ Johnson, plantés sur leur estrade, en arrière-scène, le bassiste Brandon Boone (NDR : qui a remplacé Tim Lefebvre) et un préposé aux claviers (Hammond, …), qui semble sortir tout droit du Quartier Français de la Nouvelle Orléans. Sans oublier les trois choristes, dont un possède une voix proche de Joe Cocker, et un trio de cuivres constitué de Kebbi Williams à la trompette, Ephraim Owens à la trompette et Elizabeth Lea au trombone, cette dernière participant également aux chœurs.   

La voix de Susan est à la fois soul et sablée ; puissante, elle évoque même celle de Beth Hart. La setlist va nous réserver de nombreux extraits du dernier elpee du Tedeschi Trucks Band, « Signs », paru en février dernier, mais également cinq reprises de classiques signés Willie Nelson, Bob Dylan, Spooner Oldham, The Box Tops et Matthew Moore.

Oscillant entre blues, rhythm and blues à coloration 70’s, funk et americana, le répertoire est bien chargé de groove, concédant cependant certains morceaux plus langoureux. Bien que techniquement irréprochable, Derek est plutôt discret sur les planches. Son toucher de cordes rappelle qu’il a fréquenté le Berklee College of Music comme John Mayer et Eric Krasno. Il se produit le plus souvent aux côtés du claviériste, parfois quand même, près de son épouse, et se laisse même voler la vedette par ses musicos, qui vont même s’autoriser de nombreux solos. A l’instar de « Sweet Inspiration » de Spooner Oldham, au cours duquel chaque cuivre va y aller de son petit numéro. Le show va aussi permettre aux deux batteurs de mettre leur talent en exergue, démonstration soutenue par les choristes qui vont se muer en percussionnistes. On aura même droit à un moment plus exotique, fruit d’un cocktail entre musique indienne, rock, jazz et gospel, nous replongeant dans l’univers de Beatles sous influence…

Une constante quand même : on a l’impression que les musiciens vivent dans leur trip et ne se soucient guère de l’auditoire, celui-ci respectueux, se montrant pourtant très attentif. 

En rappel, la troupe va attaquer « Space Captain », une composition que Joe Cocker interprétait déjà chez Mad Dogs & Englishmen. La cerise sur le gâteau !

Setlist : « Shame », « High & Mighty », « Do I Look Worried », « Somebody Pick Up My Pieces » (cover Willie Nelson), « Down In The Flood » (cover Bob Dylan), « Don't Know What It Means », « The Letter » (cover The Box Tops), « Sweet Inspiration » (cover Spooner Oldham), « Let Me Get By », « Laugh About It », « When Will I Begin », « Midnight In Harlem », « Part of Me », « I Want More ».

Rappel : « Space Captain » (cover Joe Cocker)

(Organisation : Ancienne Belgique et Gracia Live)

 

vendredi, 26 avril 2019 14:37

Sarah Carlier timide?

Le nouvel album de Sarah Carlier a été financé uniquement grâce au crowdsurfing. Plus aucune contrainte de la part d’un label indépendant ou d’un major. Intitulé « Shy girl », il propose des compos salées/sucrées, ensoleillées (NDR : à l’instar de « I’ve done my share » qui nous entraîne jusqu’aux plages de Kingston), aux arrangement pointus et enrichis de touches électro subtiles ainsi que de rythmes africains. C’est Dan Lacksman qui s’est chargé de la mise en forme au sein des studios SynSound.

L’album est disponible sur toutes les plateformes de téléchargements légaux.

Paru le 25 mars dernier, le single « Nation Of love », doublé d’un clip, est disponible ici

http://sarahcarlierofficiel.com/live/

 

samedi, 20 avril 2019 18:21

Quand un rêve se réalise…

Ce samedi 20 avril, Roméo Elvis se produit à Forest National. 8 500 personnes sont attendues. Le concert est donc soldout. Hier, il entamait sa tournée au Zénith de Paris. Roméo reconnaît d’ailleurs y avoir été impressionné, mais que, ce soir, il est chez lui à Bruxelles. Il vient de publier son véritable premier album, « Chocolat », il y a 8 jours à peine et il est déjà numéro 1 des ventes en Belgique et 3 dans l’Hexagone. Chouette initiative, le public bénéficie d’une distribution gratuite de chocolat, à l’entrée. 

L’Or du Commun et Lord Gasmique assurent les supporting acts.

Agé de 20 printemps, Stéphane-Antoine Eklou a choisi pour patronyme Lord Gasmique. Il est soutenu par un second Mc’s et un préposé aux manettes, planté derrière une table placée à droite. Pendant 20 minutes, il va parler d’or, inviter l’auditoire à lever les mains en l’air, devant une fosse encore dispersée, mais déjà bien en forme…

L’Or du Commun embraie. Un set plus court, mais dispensé dans le même esprit que celui accordé à l’AB, ce 12 avril (voir compte-rendu ici). Quelques moments forts : « Truman show » et surtout « Homosapiens » qui va encore mettre le feu à l’auditoire ; mais pas de smartphones ouverts pendant « Telephone », pour recréer le fameux tapis d’étoiles…  

Roméo Elvis s’est établi près de Forest et avait un jour imaginé qu’il allait remplir FN. Son rêve s’est donc réalisé.

Un grand rideau jaune masque l’arrière de la scène. Sous les cris, les applaudissements et les infrabasses qui résonnent derrière la tenture qui finit par tomber, Roméo crie ‘Bruxelles ‘. Il est attaché à un harnais, balance les pieds, et atterrit à l’avant du podium. Un immense écran de lumière inonde les planches. Ses musicos sont perchés sur deux estrades lumineuses. Celle de droite héberge le drummer Sammy Wallens et Victor Defoort à aux claviers. Celle de gauche, Lennard Vink (NDR : un Néerlandais) aux claviers et Benoît -Asian Rocky - Do Quang aux machines. Ces trois derniers se consacrent également, suivant les circonstances, aux grattes (basse ou guitare). Deux d’entre eux et Roméo vont même conjuguer leurs six cordes sur « Drôle de question ». 

Le titre maître de son elpee ouvre le show. Elvis nous réserve ensuite un « Dessert » gouteux et savoureux. Chaud-boulette, le public réagit au ¼ de tour. On est loin des petits concerts accordés en compagnie de ses potes de Motel, devant une centaine de personnes, et pour lesquels la setlist était calée dans un ordinateur. De gros moyens ont été mis en œuvre pour rendre ce concert exceptionnel (light show, vidéos, scène mobile rectangulaire manœuvrée par les fils métalliques depuis le plafond, susceptible de se transformer en écran ou rampes de spots). Pendant « Respirer », « Normal » et « Parano », calligraphiés, les titres s’inscrivent un peu partout sur les écrans en arrière-plan. Sur ce dernier morceau, le fils de Marca et de Laurence Bibot vient au bord du podium pour libérer son flow aux paroles poétiques. Le refrain de « Bébé Aime La Drogue » est repris en chœur par la foule. Premier invité, casquette blanche vissée sur le crâne, Zwangere Guy participe à l’interprétation de « Kuniditdoen (« We Zijn Overal »). L’union fait la force, vive la Belgique ! Le setlist recèle de larges extrais de « Chocolat », mais également des classiques issus des Eps « Morale », « Morale 2 » et « Morale Deluxe ». « Pogo » (NDR : une plage chantée en duo avec M, sur disque) provoque inévitablement cette danse virile dans la fosse. Génial ! Roméo se roule au sol, comme s’il se débattait pour échapper à des démons intérieurs. Sa sœur, Angèle, est bien sûr de la fête. Ils apparaissent, tous deux, en haut de la scène mobile. Elle et son frangin se partagent les vocaux sur deux compositions plus paisibles, « J’ai Vu » et « Tout Oublier ». La foule est alors aux anges.

Autre guest, Lomepal vient booster «1000 Degrés ». Et en rappel, « Malade » va littéralement retourner la salle. Pour votre serviteur, c’est le concert de l’année.

Setlist : « Chocolat », « Dessert », « Bébé Aime La Drogue », « Respirer », « Drôle de Question », « Les hommes Ne Pleurent Pas », « Kuniditdoen (« We Zijn Overal ») », « Normal », « Pogo », « J’ai Vu », « Tout Oublier », Lenita », « Dis-Moi », « Parano », « 300 », « 1000 Degrés », « Tu Vas Glisser », « Trois Etoiles », « Ma Tête »

Rappel : « Bruxelles Arrive », « Nappeux », « Malade ».

(Organisation : Back In The Dayz)

vendredi, 12 avril 2019 09:33

L’Or Du Commun… des mortels…

L’Or du Commun est un trio de hip hop bruxellois dont le deuxième album, « Sapiens », est paru en novembre dernier. Un disque qui fait suite à un Ep 9 titres intitulé « Zeppelin », publié en 2017, sur lequel figure le single « Appolo », une compo boostée par le concours de Roméo Elvis. Actuellement en tournée à travers la France, le groupe se produisait ce vendredi 12 avril, à l’AB de Bruxelles. Sa seule date en Belgique. Composée d’un jeune public multiculturel, la salle est comble ce soir…

Si cette scène noir-jaune-rouge s’est emballée au cours des trois dernières années, il faut reconnaître qu’elle est occupée de se stabiliser. Pas de s’essouffler ! Certains représentants décollent, d’autres restent à quai. Après 6 ans d’existence, le crew a mûri, grandi et pris de l’assurance tout en restant très proche de son public. De la bande rigolarde, bourrée d’énergie boom bap décalée à la Saïan Supa Crew, la formation a conservé la spontanéité, la simplicité, mais en rendant le propos plus personnel.

Le supporting act est assuré par Peet, un pote à Roméo Elvis, Caballero & Jeanjass et Hamza. Il a pour devise : ‘Viens voir le doc-teur et n’ai pas peur !’, en référence aux paroles d’une chanson de Doc Gyneco. Ce jeune artiste bruxellois est un amoureux du rap. Il est à la fois autodidacte, beatmaker, rappeur et ingé son.

Sur l’estrade, il est accompagné de deux Mc’s, dont un se charge des platines.  Il va nous proposer de larges extraits de son Ep (NDR : un 8 titres baptisé « Peat »). Extrêmement interactif, il invite un jeune vêtu d’un t-shirt à l’effigie de Ronaldo, à monter sur le podium. Il parle avec décontraction et sans prise de tête sans autre but précis que de parler de la vie quotidienne, de la réflexion sur le monde et des soirées entre amis. Il est aussi bien influencé par le rap anglo-saxon qu’hexagonal, mais aussi par le jazz et la house.  

Bref, Peet a assuré son rôle de chauffeur de salle en parvenant à faire sauter en cadence, l’ensemble de l’auditoire.

L’Or du Commun implique trois Mc’s : Swing, Primero et Loxley, ainsi que le Dj Junior Goodfellaz. Ce soir, le band est épaulé par un second préposé aux manettes.

C’est sous une vague d’applaudissements que ODC déboule sur les planches au sein d’une atmosphère qui baigne dans les teintes bleutées. Et dès le premier morceau, « Antilope », c’est le coup de massue. Une compo qui se réfère à Jean D’Ormesson, à travers sa citation, ‘Ne meurent que ceux qui ont vécu’. Lent mais constant au début, le flow est alors stimulé par le public qui reprend les paroles en chœur. Un public particulièrement réactif. Faut dire que les artistes on la niaque et mouillent littéralement leur chemise. A la manière de Big Flo et Oli, ils déménagent sur les planches. Les vibes sont excellentes. « Léon » et « Prison vide » abordent la dure réalité de l’existence. On sent qu’il y a du vécu dans les lyrics. A la demande des musicos, la foule se lance dans un « Pogo ». Le set va nous réserver quelques surprises, sous la forme d’invités. Tout d’abord Lous, mais sans ses Yakuza. Plutôt jolie, de grande taille et mince, elle est vêtue tout de blanc. Mais lorsqu’elle chante sur « Rose », sa voix puissante prend vraiment aux tripes. Un impact renforcé par la présence d’une guitare. Résultat des courses, c’est la folie tant sur le podium que dans la fosse et aux balcons. Tout le monde est debout ! Les ‘Yé’ et les ‘Yo’ fusent de partout. Isha, ensuite. Pour « Nos Gênes », qui va également mettre le souk dans la salle. Et enfin Felle, qui va également soulever l’enthousiasme de l’auditoire tout au long de « Poignée de punchline ». 

Pendant « Téléphone », un des Mc’s demande également aux spectateurs, d’une voix vocodée, d’allumer leurs portables. La réaction est immédiate et on assiste à l’éclosion d’un tapis d’étoiles. Magique ! ODC est ravi d’être là et va le signaler à plusieurs reprises. « Sous les Pavés » a été écrit en hommage à leur ville d’origine. C’est dans une euphorie générale que les paroles du refrain sont reprises en chœur par le public. « Homosapiens » est sans doute la plus belle chanson écrite à ce jour par ODC. A cause de sa prose, mais aussi de sa charge émotionnelle.

Bref un concert au cours duquel peuple et artistes sont véritablement entrés en communion. Et si vous souhaitez vivre ou revivre ce concert, on vous invite à cliquer ici.

https://youtu.be/YDEJqgCzHoQ

Setlist : « Antilope », « Léon », « Prison Vide », « 1000 », « Slalom », « Rose », « Pogo », « Cercle », « Nos Gênes », « Téléphone », » Sous les Pavés », « Homosapiens », « Truman Show », « Poignée de Punchline », « Sunglasses De Style », « Vrai », « Apollo ».

Rappel : « Sur Ma Vie »

(Organisation : Ancienne Belgique)

Agé de 79 balais, Giorgio Moroder est souvent considéré comme un des pionniers du disco, de la dance music et de l’électro. Il a entamé sa carrière en 1960, comme bassiste, au sein du backing group de Johnny Hallyday. Son premier hit, « Looky looky », remonte à 1970. Il a collaboré avec de nombreux artistes, parmi lesquels Donna Summer, Cher, Blondie, David Bowie, Debbie Harry, Freddie Mercury, Bonnie Tyler ou encore Pat Benatar sont les plus notoires. Outre ces coopérations et sa discographie personnelle, il a également composé plusieurs B.O. de longs métrages, dont celles de ‘Midnight Express’ et ‘Scarface’ qui d’ailleurs ont été oscarisées.

Moroder est l’une des personnalités les plus influentes de l’industrie musicale. Il est le premier à avoir introduit un rythme répétitif dans la musique de danse, se jouant des lois de l’harmonie et plaçant le synthétiseur au cœur de sa démarche. C’était déjà en 1963.

Ce soir, il se produit à l’Ancienne Belgique devant un public réunissant essentiellement des quadras, quinquas et sexas. Il est venu défendre une sorte de ‘Best Of’ de sa carrière, longue de 55 ans. Intitulé « A Celebration Of The 80’s », ce spectacle théâtral, visuel et musical se consacre aux moments les plus marquants de son parcours.

Sur les planches, il est soutenu par 13 musicos ; et c’est lui qui va jouer le chef d’orchestre et le chauffeur de salle. Une toile est tendue en arrière-plan sur laquelle est mentionné, en lettres bleues, ‘Giorgio Moroder’ (NDR : une inscription sans doute destinée à celles et ceux qui ne le savaient pas encore !). Il s’installe derrière une immense table posée en avant-scène sur laquelle reposent, au centre, des claviers. Face à son pupitre, des images vidéo seront projetées sur l’écran géant. Parfois aveuglant, le light show, composé de spots à leds et de stroboscopes, est parfaitement synchronisé à l’expression sonore.

Les musiciens sont perchés sur des estrades disposées à des hauteurs différentes : un drummer et un percussionniste à gauche, un préposé aux synthés au centre, un quatuor à cordes (trois violons et un violoncelle) à droite, et en bas à gauche, un guitariste et un bassiste qui doublent également aux synthés. Sans oublier trois vocalistes féminines et un masculin qui vont se relayer ; ce dernier pour deux morceaux, le reste du temps, se fondant dans les chœurs. 

Le set s’ouvre par le « (Theme From) Midnight Express » d’Alan Parker. Souriant, rayonnant même, Moroder demande à la foule –en anglais, français, allemand et italien– si tout va bien et si elle est contente d’être là ce soir. Ponctuant sa déclaration d’un grand rire. L’effigie de l’artiste –chevelure, moustache et grosses lunettes qu’il a, bien évidemment, chaussées sur son nez– est maintenant projetée sur la toile. Il accompagne le public en frappant dans les mains. Place ensuite à une version plus funky du hit de Donna Summer, « Love To Love You Baby ». Sept titres de The Queen of Disco seront adaptés au cours du show. Il n’en n’oubliera pas pour autant son vieux tube « Looky Looky », l’un ou l’autre soundtrack de film (‘Flashdance’, ‘Berlin’, ‘Top Gun’), ainsi que sa cover de Daft Punk, « Giorgio by Moroder », morceau qui lui avait permis de renouer avec le succès en 2013. Mais l’essentiel de son répertoire se focalisera sur les 80’s. En fin de set, il chante « Cat people », en compagnie de David Bowie ressuscité en hologramme. Et « Last Dance », suivant la même technique, de Donna Summer.

Georgio Moroder va nous accorder deux rappels, non prévus dans la setlist, ponctuant ainsi un set de 120 minutes. La boule à facettes au plafond a ranimé le souvenir de la jeunesse de votre serviteur, et il en avait des étoiles plein les yeux…    

Setlist : « (Theme From) Midnight Express »,  « Love To Love You Baby » (cover Donna Summer), « The Never Ending Story » (cover Limahl), « Bad Girls » (cover Donna Summer), « On the Radio » (cover Donna Summer), « Chase », « Together in Electric Dreams » (cover Philip Oakey & Giorgio Moroder), « From Here To Eternity », « Flashdance... What a Feeling » (cover Irene Cara), « Giorgio by Moroder » (cover Daft Punk), « Take My Breath Away » (cover Berlin), « Danger Zone », « Right Here, Right Now », « I Feel Love » (cover Donna Summer), « Cat People », « MacArthur Park » (cover Jimmy Webb), « Last Dance » (cover Donna Summer).

Rappel 1 : « Hot Stuff » (cover Donna Summer).

Rappel 2 : « Call Me » (cover Blondie)

(Organisation : Greenhouse Talent)

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