Selon Suecide High, le chaos a son charme

Suecide High marque le retour au rock frontal de Renaud Mayeur, auteur-compositeur, guitariste et chanteur belge passé par Hulk, La Muerte et Triggerfinger. Pendant plus de deux décennies, il a écrit, enregistré et tourné au sein de formations qui ont laissé…

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The Lemonheads rendent hommage à Townes Van Zandt

Un jour, on réalisera un film sur Townes Van Zandt – ce troubadour à part qui a inspiré tout le monde, de Bob Dylan à Willie Nelson en passant par Emmylou Harris et Evan Dando des Lemonheads. Sorti le 9 septembre, le nouveau single « Rake » est le premier…

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The Cure
Afghan Whigs
Bernard Dagnies

Bernard Dagnies

lundi, 31 décembre 2001 01:00

The hill for company

Sodastream nous vient d'Australie. De Perth très exactement. Réduite à un duo depuis qu'elle a déménagé à Melbourne, la formation vient d'enregistrer son deuxième opus. Karl Smith et à Pete Cohen ont quand même reçu la collaboration de quelques musiciens de studio. Altiste, trompettiste, tromboniste et même drummer sont ainsi venus épauler un tandem responsable d'une musique lo fi. Mais lo fi dans l'esprit de Will Oldham ou de Palace Music (NDR : ce qui revient au même puisque Will Oldham est l'unique musicien de Palace…). Bref, si cet album concède peu de place à l'électricité, il met quand même en exergue les accès ténébreux, frémissants de la contrebasse de Pete. Et puis la voix de Karl. Douloureuse, affectée, amère, elle s'appuie sur une six cordes acoustique, le plus souvent jouée en picking. Parfois aussi sur un piano hantant. Tout un univers sonore minimaliste, mélancolique, capable de briser votre cœur, mais de réchauffer votre âme…

 

lundi, 31 décembre 2001 01:00

Quad cities

Avant d'entamer une carrière individuelle, Virgil Shaw sévissait chez Dieselhed. Un groupe californien, de San Francisco très exactement, en compagnie duquel il a bourlingué une bonne dizaine d'années ; et puis surtout commis cinq elpees. " Quad cities " constitue donc son premier album solo. Un disque pour lequel il a quand même reçu le concours de quelques potes. Mais uniquement pour apporter quelques touches de sonorités insolites à sa solution basiquement acoustique, lo fi. Des sonorités clairsemées mais tellement lumineuses produites par des instruments aussi inattendus que la scie, les cloches, la trompette chinoise ou le vibraphone. Pour écrire ses chansons délicates, douloureuses, Virgil regarde le monde qui gravite autour de lui à travers des lunettes déformantes. Il y épanche alors ses émotions, ses angoisses, d'une voix savoureusement versatile, en s'accompagnant d'une simple guitare sèche, qu'il joue le plus souvent en ‘picking’. Néo country folk !

lundi, 31 décembre 2001 01:00

Ill gotten gains

Le deuxième opus de Michael J Sheehy nous plonge au sein d'un univers atmosphérique, né s'un savant mélange de mélancolie, d'intimisme et d'indolence. Sis à la croisée des chemins de Nick Cave, de Tindersticks, de Cowboy Junkies et du Dream City Film Club sous son aspect le plus moelleux, cet univers est hanté par le vocal androgyne de Michael, dont les inflexions reverb, empruntées à Chris Isaak, sont régulièrement enrobées de chœurs gospel. Parfois, le ton peut néanmoins épouser une forme plus aride, plus agressive. A l'instar du tribal " Michael Jnr " ou de l'hypnotique " Wa'cha gonna do ? ". Deux titres que PJ Harvey pourrait facilement adapter au féminin. Coulé (?!?!) dans le delta, " Black holes is waiting (baby let's go) " est absolument superbe. Mais le meilleur fragment de l'opus est incontestablement la cover de " Mystery train ". Une chanson écrite par le tandem H Parker/S Philipps et immortalisée par Elvis Presley. Excitante, envoûtante, la nouvelle version vous remue véritablement les tripes. Un must !

 

lundi, 31 décembre 2001 01:00

Where have my countrymen gone

Bien qu'issu de Boston, Sheila Divine puise essentiellement ses influences dans la musique insulaire. Et en particulier chez U2, Radiohead, les Smiths, Kitchens Of Distinction et la cold wave des eighties. Une musique qui libère beaucoup d'intensité électrique. Normal depuis que le line up du combo a engagé pour deuxième guitariste, l'ex-Lincolnville, Colin Decker. Une intensité électrique luxuriante, chatoyante, brumeuse, bringuebalante, soutenue par une section rythmique solide, hypnotique et modelée par un sens mélodique particulièrement contagieux. Une intensité électrique balayée par le timbre vocal languissant, déchiré entre passion et émotion d'Aaron Perrino, responsable de chansons tantôt tendres, tantôt frénétiques, tantôt houleuses, tantôt hymniques. Et là, vous allez me dire, encore un groupe qui use et abuse des clichés britpop ! Et vous n'avez pas tout à fait tort. Car, si cet album est plutôt bien ficelé et même très agréable à écouter, il ne fera certainement pas avancer le schmilblick…

 

lundi, 31 décembre 2001 01:00

Oh, inverted world

Les Shins nous viennent du Nouveau Mexique. D'Albuquerque, très exactement. Une formation qui puise allègement dans la pop des sixties pour composer ses chansons. Et tout particulièrement chez les Kinks, les Beach Boys, Syd Barrett, Simon & Gardfunkel, les Byrds et les Beatles circa " Rubber soul ". Ce qui doit vous donner une petite idée du style qu'elle pratique. Qui n'a pourtant rien de revivaliste. Car elle possède la capacité de transcender ses influences, de manière à les fondre dans un contexte très contemporain. Ou alors tout simplement dans la mélancolie post punk. Ce qui explique pourquoi l'électronique n'est pas exclue. Elle est même parfaitement intégrée. Les Shins recèlent également des affinités avec les Lilys, Neutral Milk Hotel ou encore Kings Of Convenience, mais à des degrés divers. A cause du chanteur/compositeur, tout d'abord. En l'occurrence James Mercer. De son timbre éthéré, presque falsetto, régulièrement délayé dans de superbes harmonies vocales cristallines, il épanche ses lyrics douloureux, introspectifs, ésotériques, communiquant une certaine beauté fragile à des mélodies facilement mémorisables, le plus souvent semi acoustiques et légèrement teintées de psychédélisme. Et pour ne pas tomber dans la morosité, les Shins ont eu le bon goût d'intercaler, sur cet " Oh, inverted world ", l'une ou l'autre composition ensoleillée ou alors tout simplement plus enlevée. A l'instar du complexe, presque prog, " Caring is creepy ", réminiscent de Sunny Day Real Estate, du ferroviaire " One by one all day ", du power pop, presque new wave, " Girl on the wing " ou encore de l'allègre " Pressed in a book ". Un chouette album !

 

lundi, 31 décembre 2001 01:00

Citizen bird

D'après la biographie, le premier album de cette formation suédoise transpirait à plein pores le métal urbain des Stooges. Une caractéristique beaucoup moins évidente sur " Citizen Bird ", leur nouvel opus, même si le guitariste a souvent tendance à torturer sa guitare comme Ron Asheton. Nonobstant le clavier rogné, poussiéreux, leur nouvelle ligne de conduite se rapproche davantage de celle de Loop. A cause du tempo hypnotique qui balise le climat franchement psychédélique. D'ailleurs, sous sa forme la plus space rock, la solution sonore épouse un profil aussi obsessionnel que chez Hawkwind, alors que lorsqu'elle s'évapore dans l'éther atmosphérique, elle flirte avec l'univers de Spacemen 3. Au fil de l'album, les compositions se révèlent beaucoup plus éclectiques. Acoustiques, également. A l'instar de l'excellent " Axe moon ". Lorsqu'elles n'épousent pas un profil new wave. Surtout lorsque le synthé se substitue à l'orgue. Seul le final " I love you " nous rappelle que la musique de Siverbullet est profondément marquée par Iggy Pop et ses Stooges…

 

lundi, 31 décembre 2001 01:00

Lookbook

"Lookbook" constitue déjà le troisième album de Slut. Un quintette allemand dont la musique évoque, à premier abord, New Order, Talk Talk et Naked Eyes. A cause des arrangements particulièrement soignés, parfois même sculptés dans les instruments à cordes ; du sens mélodique mélancolique, à la sensibilité new wave. Du timbre vocal tendre, clair, chargé d'émotion de Christian Neuburger. Et puis du rôle majeur joué par le claviériste/pianiste. En finale, " Hope " est même découpé dans une mélodie cold wave digne du Cure. Et pourtant, au fil des écoutes, on se rend compte que Slut est capable d'embrasser différents horizons sonores. Tantôt progressif, technologique ou même complexe. A l'instar du curieux " No say ", plus qu'inspiré par Brian Eno. Mais les compositions les plus intéressantes sont aussi et cependant les plus électriques. Abordées avec un esprit britpop. Et je pense plus particulièrement au convulsif et blurien " No time ", à " Global cut ", qui s'inscrit dans la lignée de Radiohead, Muse, Coldplay et consorts ; et puis d' " On fire ", dont la longue construction de plus de sept minutes épouse un profil fort proche de Kent. Un ensemble à suivre de très près, c'est une certitude !

 

lundi, 31 décembre 2001 01:00

Greatest hits

Le plus agaçant (NDR : mais aussi le plus stimulant !) pour les inconditionnels d'un groupe, c'est de découvrir sur un " Best of " ou un " Greatest hits ", l'un ou l'autre titre inédit. L'édition limitée de cette compile ne devrait pas trop faire hésiter les aficionados de Smashing Pumpkins, puisqu'elle en recèle une bonne dizaine. Pour la plupart excellents ! Faudra quand même qu'ils se grouillent, puisque la vente de ce double CD est limitée dans le temps. Des morceaux issus des sessions d'enregistrements de " Melon Collie and the infinite sadness ", de " Adore " et de " Machina ". Mais aussi des raretés et des faces " b " de singles. Pour celles ou ceux qui viendraient de découvrir l'existence ( ?!?!) du défunt groupe chicagolais (NDR : ça arrive, faut pas rigoler !), réputé pour son mélange très personnel de métal et de psychédélisme, ce recueil découpé en 34 fragments constitue une excellente introduction. Pour en savoir davantage, je les invite quand même à utiliser notre moteur de recherche…

 

lundi, 31 décembre 2001 01:00

Dirty pillows

Réponse insulaire à Slint et à Low, ce quatuor de Nottingham pratique une musique intimiste, mélancolique, ténébreuse, indolente; une musique minimaliste, traversée de courants légèrement jazzyfiants, réminiscents du Soft Machine de Hugh Hopper voire de Mark Hollis, où l'instrumentation parfois insolite, partagée entre guitare, vibraphone, basse, percussions, trompette et piano, murmure, vibre; pendant que la voix de Graham Langley, fragilisée par une incroyable tristesse, se lamente, gémit… Et s'il se sent seul et désespéré, à l'instar de " There is nothing new here ", il a le courage de résister. Nous aussi !

 

lundi, 31 décembre 2001 01:00

Surviving the quiet

Si on ne tient pas compte du mini elpee " Messenger in the camp ", " Surviving the quiet " constitue le premier véritable album de ce quatuor londonien. Un opus dont l'édition limitée est enrichi d’un deuxième cd quatre titres.

Naviguant quelque part entre lo fi (Pavement, Sebadoh), noisy pop (My Bloody Valentine, Sonic Youth) et noisecore (Pixies), Seafood diffuse une pop mélodique, contagieuse, parsemée d'éruptions d'électricité caustiques, métalliques, voire même frénétiques. Et pourtant, parfois la musique semble baigner au sein d'un climat plus paisible, plus atmosphérique. Mais le plus souvent, c'est pour mieux libérer l'intensité des cordes jumelées produite par les deux guitares. Ce qui ne veut pas dire que leurs chansons manquent de nuances. Que du contraire. L'opus réserve d'ailleurs la place à l'une ou l'autre composition plus countryfiante, enrichie d'une pedal steel guitar. Ou même à un intimisme rafraîchissant. A l'instar de " Beware design ". Chantée par la drummeuse Caroline Banks, cette mélopée puérile est ainsi subtilement soulignée par un violoncelle. Bref, un album déchirant, déchiré entre punch et douceur, dont la sensibilité est accentuée par le timbre vocal plaintif, aride, de David Line. Superbe !