La nation fantôme de The Besnard Lakes…

Le septième opus de Besnard Lakes, « The Besnard Lakes Are the Ghost Nation », paraîtra ce 10 octobre, confirmant ainsi son statut de l'un des groupes les plus constants de ces 20 dernières années, dont la vision et la qualité sont difficilement égalables…

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La fuite d’Ellside

Le groupe parisien Ellside présente « Run Away », son concept album naviguant entre ombre et lumière pour un voyage qui durera un an. Une lente année pour dévoiler 6 chapitres de 2 chansons, 12 titres qui narrent l'histoire de Light. Le groupe invite les…

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dEUS - 19/03/2026
Stereolab
Bernard Dagnies

Bernard Dagnies

lundi, 31 décembre 2001 01:00

Greatest hits

Le plus agaçant (NDR : mais aussi le plus stimulant !) pour les inconditionnels d'un groupe, c'est de découvrir sur un " Best of " ou un " Greatest hits ", l'un ou l'autre titre inédit. L'édition limitée de cette compile ne devrait pas trop faire hésiter les aficionados de Smashing Pumpkins, puisqu'elle en recèle une bonne dizaine. Pour la plupart excellents ! Faudra quand même qu'ils se grouillent, puisque la vente de ce double CD est limitée dans le temps. Des morceaux issus des sessions d'enregistrements de " Melon Collie and the infinite sadness ", de " Adore " et de " Machina ". Mais aussi des raretés et des faces " b " de singles. Pour celles ou ceux qui viendraient de découvrir l'existence ( ?!?!) du défunt groupe chicagolais (NDR : ça arrive, faut pas rigoler !), réputé pour son mélange très personnel de métal et de psychédélisme, ce recueil découpé en 34 fragments constitue une excellente introduction. Pour en savoir davantage, je les invite quand même à utiliser notre moteur de recherche…

 

lundi, 31 décembre 2001 01:00

Dirty pillows

Réponse insulaire à Slint et à Low, ce quatuor de Nottingham pratique une musique intimiste, mélancolique, ténébreuse, indolente; une musique minimaliste, traversée de courants légèrement jazzyfiants, réminiscents du Soft Machine de Hugh Hopper voire de Mark Hollis, où l'instrumentation parfois insolite, partagée entre guitare, vibraphone, basse, percussions, trompette et piano, murmure, vibre; pendant que la voix de Graham Langley, fragilisée par une incroyable tristesse, se lamente, gémit… Et s'il se sent seul et désespéré, à l'instar de " There is nothing new here ", il a le courage de résister. Nous aussi !

 

lundi, 31 décembre 2001 01:00

Surviving the quiet

Si on ne tient pas compte du mini elpee " Messenger in the camp ", " Surviving the quiet " constitue le premier véritable album de ce quatuor londonien. Un opus dont l'édition limitée est enrichi d’un deuxième cd quatre titres.

Naviguant quelque part entre lo fi (Pavement, Sebadoh), noisy pop (My Bloody Valentine, Sonic Youth) et noisecore (Pixies), Seafood diffuse une pop mélodique, contagieuse, parsemée d'éruptions d'électricité caustiques, métalliques, voire même frénétiques. Et pourtant, parfois la musique semble baigner au sein d'un climat plus paisible, plus atmosphérique. Mais le plus souvent, c'est pour mieux libérer l'intensité des cordes jumelées produite par les deux guitares. Ce qui ne veut pas dire que leurs chansons manquent de nuances. Que du contraire. L'opus réserve d'ailleurs la place à l'une ou l'autre composition plus countryfiante, enrichie d'une pedal steel guitar. Ou même à un intimisme rafraîchissant. A l'instar de " Beware design ". Chantée par la drummeuse Caroline Banks, cette mélopée puérile est ainsi subtilement soulignée par un violoncelle. Bref, un album déchirant, déchiré entre punch et douceur, dont la sensibilité est accentuée par le timbre vocal plaintif, aride, de David Line. Superbe !

 

lundi, 31 décembre 2001 01:00

Elevator tourist

Trio féminin amstellodamois, Seedling ne bénéficie de la collaboration du bassiste Bas Jacob, que sur les planches. Un musicien qui a quand même participé à l'enregistrement de cet opus, mais pour une seule composition, " Silver & blue ". Tout comme chez les Throwing Muses de la fin des eighties, cette formation adopte la formule vocale du dialogue décalé. Ce qui procure à leurs mélodies une forme plus complexe, plus underground. Des mélodies sculptées dans l'intensité blanche popcore. Qui peuvent même s'aventurer dans le semi funk blanc. A l'instar de " 27 hours ". Lorsqu'elles ne débordent pas d'adrénaline électrique. Maintenant, n'imaginez pas que Seedling marche sur les traces des Veruca Salt, Breeders, Belly, Juliana Hatfield et consorts. Il s'en inspire, c'est vrai. Mais plus encore de That Dog. A cause des interventions au violon de Susanne Linssen. Le plus souvent frénétiques ; surtout lorsqu'elles se fondent dans l'ensemble. Mais aussi grinçantes, à l'instar du dEusien " High on the downside ". Ou encore gémissantes et mélancoliques. Comme sur le minimaliste " Malice ". Le combo n'hésite pas non plus à tirer parti de la technologie moderne. Question de donner plus de mordant au groove. A un tel point qu'une chanson comme " Cool baby " aurait pu naître d'un hypothétique croisement entre Garbage et PJ Harvey. Rafraîchissant !

 

lundi, 31 décembre 2001 01:00

I might be wrong / Live recordings

Le premier album ‘live’ officiel de Radiohead réunit des compositions écrites pour leur deux dernier elpees, "Kid A" et "Amnesiac", ainsi qu'une chanson qui avait été commise à l'époque de l'enregistrement du " OK Computer ". Intitulée " True Love waits ", elle n'avait toujours pas été reproduite sur CD. Enfin, officiellement. Un fragment minimaliste que Thom chante en s'accompagnant uniquement d'une six cordes acoustique. Les sept autres fragments nous replongent dans cet univers étrange, avant-gardiste, presque glacial, qui envahissait les deux derniers opus. Ce qui paradoxalement, n'empêche pas ces adaptations de libérer une dose d'émotion assez phénoménale. En fait, l'instrumentation basique a beau prendre ici le pas sur la technologie moderne, les morceaux sont tellement imprégnés du nouvel état d'esprit affiché par Thom Yorke, qu'ils conservent toutes leurs propriétés lugubres et douloureuses. Et à travers cette œuvre anti commerciale, on se rend compte que Radiohead manifeste de plus en plus le désir de revenir au cœur de l'underground. Quoique j'estime tout à fait paradoxal que les spectateurs aient dû débourser plus de 30 euros (NDR : faites le change en dollars, puisque les enregistrements sont issus de leur dernière tournée accordée aux States) pour assister à ce type de concert. Enfin, pour être tout à fait complet, sachez que l'opus est habillé d'une superbe pochette. Probablement une des plus belles de l'année !

 

lundi, 31 décembre 2001 01:00

Amnesiac

Alors que la presse spécialisée ( !?!?) martèle depuis plusieurs mois que le nouvel album de Radiohead sera aussi saignant et électrique que son best seller " OK Computer ", Radiohead vient de publier un deuxième volume de musique expérimentale. De quoi désorienter encore davantage les fans de la première heure. Pourtant, lorsqu'on sait que la plupart des chansons de cet " Amnesiac " sont issues des mêmes sessions d'enregistrement que " Kid A ", le résultat ne pouvait souffrir d'aucune équivoque. Le groupe d'Oxford avait même pensé, l'an dernier, sortir un double CD. Puis s'est ravisé. Histoire d'en remettre une couche.

Tout comme pour " Kid A ", je risque donc de me démarquer à nouveau de l'impression générale laissée par ce disque. Parce qu'il est fort intéressant. Plus aussi surprenant que " Kid A ", mais aussi instinctif et créatif, il nous précipite dans un abîme digital. Les onze titres qui le composent méritent en tout cas, une radioscopie individualisée…

Austère, crépitant sur un lit de percussions electro-tribales, " Packt like sardines in a crushd tin box " navigue aux confins de l'univers d'Aphex Twin. Parcouru par des accords de piano luxuriants, orageux, " Pyramid " (NDR : le single !) se glace littéralement au contact de la voix spectrale de Thom. Exercice de style étrange pour " Pulk/Pull revolving doors ", dont la robotique distordue est coulée dans le drum'n bass. Peuplé de lyrics rebelles, " You and whose army " marque le retour de la guitare ; et puis embrasse une construction mélodique plus conventionnelle, réminiscente même de " Karma police ". " I might be wrong " porte les stigmates métalliques du Led Zeppelin. Il ne nous mène pas pour autant en ballon. " Knives " constitue, à mon humble avis, la plus belle chanson de cette œuvre. Pas parce qu'elle a nécessité plus de 300 heures de travail, mais à cause de cette progression de cordes acoustiques et semi acoustiques, dont Johnny Marr avait le secret lorsqu'il sévissait encore chez les Smiths. " Morning bell " figurait déjà sur " Kid A ". Rebaptisé " Morning bell/Amnesiac ", il a subi un traitement davantage atmosphérique. Fragment le plus complexe de l'opus, enrichi d'orchestrations symphoniques somptueuses, pleine de " Verve ", " Dollar and cents " palpite sur un tempo hypnotique, krautrock dans l'esprit de Can. Exclusivement généré par des boucles, l'interlude instrumental " Hunting bears " était tout à fait dispensable. Avec pour seule toile sonore turntables et bandes passées à l'envers, la voix de Thom tisse le fil conducteur de la mélodie sur l'avant-gardiste " Like spinning plates ". Dernier fragment du morceau de plastique, " Life in a glasshouse ", est une composition plus ancienne. Dotée de lyrics aussi surréalistes que le " Whiter shade of pale " de Procol Harum, elle a été reciselée en studio pour la circonstance. Et le lifting est plutôt remarquable, puisqu'il implique toute une série de cuivres, dont la trompette de Humphrey Lyttleton. Un vétéran du jazz qui éclabousse la composition  ‘neworleanesque’ de son talent.

Oeuvre au climat particulièrement sombre, sinistre même, " Amnesiac " reflète l'état d'esprit plutôt torturé de Thom Yoke ; un personnage qui avoue avoir une obsession maladive de la mort, mais en même temps et heureusement, détenir la force d'âme pour vouloir rester en vie. C'est plutôt réconfortant…

 

lundi, 31 décembre 2001 01:00

Old Ramon

" Old Ramon " constitue le sixième album de Red House Painters. Pourtant, ce disque a failli ne jamais paraître et la formation ne jamais se remettre de ce coup du sort. En fait, les sessions d'enregistrement datent de fin 97 ; et le label major, chez qui RHP avait eu la mauvaise idée de signer, n'a pas voulu le sortir. Motif ? Pas assez commercial. Entre-temps, Mark Kozelek, chanteur/compositeur/guitariste et surtout leader du groupe, n'est pas resté inactif ; puisqu'il a gravé deux elpees solo (" Rock'n roll singer " et " What's next to the moon ") et trempé dans le monde du cinéma, comme scénariste et même acteur.

Finalement, RHP a atterri chez Sub Pop qui s'est empressé, après un reliftage, de l'éditer. Et croyez-moi, ce disque est remarquable ! Rien que les 11'24 de " River " valent leur pesant d'or. Et les 8'38 de " Between days ", à peine quelques carats en dessous. Deux chansons qui s'ébrouent sous une forme acoustique, puis s'électrifient insidieusement, progressivement, avant de s'irradier au contact de l'intensité blanche. Une intensité blanche tellement pure et envoûtante qu'elle en atteint l'âme. Une formule à laquelle Neil Young flanqué de son Crazy Horse et le Dinosaur Jr de John Mascis ont parfois recours. Mais de manière beaucoup moins atmosphérique. Car, s'il fallait mentionner une œuvre de référence, ce serait " If I could only remember my name " de David Crosby que je citerais. Pourtant, si le timbre vocal de Mark est toujours aussi lugubre, hanté, angoissé, indolent, sa musique est beaucoup moins pessimiste (NDR : je n'ai pas dit plus optimiste, nuance !). Ce qui permet aux mélodies d'embrasser une gamme d'émotions beaucoup plus large. De manifester beaucoup plus de relief, structure accentuée par un judicieux équilibre entre instrumentation acoustique et électrique. Un must !

 

lundi, 31 décembre 2001 01:00

Reveal

Le précédent elpee de R.E.M. R.E.M.onte déjà à 1998. Une œuvre R.E.M.arquable dans son audace, dans son concept expérimental ; mais sans doute trop complexe pour récolter un succès commercial d'envergure, auquel le groupe s'était habitué. Faut dire que le trio n'avait pas hésité à délaisser son instrumentation basique pour explorer toutes les facettes de la technologie moderne. Une formule qui n'a plus été reconduite pour " Up ", même si les boucles, synthés et autres gadgets électroniques continuent d'enrichir la solution sonore. Simplement, ils n'en constituent plus l'épine dorsale. Parce que les cordes de guitare moelleuses, carillonnantes, byrdsiennes, la ligne de basse agile, vigoureuse et les claviers chatoyants ont repris leurs prérogatives. Et la voix de Michael Stipe son leadership. Essentiellement constitué de ballades, le 12ème opus studio en 20 ans du combo souffre cependant parfois de la sophistication uniforme des arrangements. Surtout lorsqu'ils sont sculptés dans les orchestrations symphoniques. C'est d'ailleurs le seul reproche que l'on peut adresser à ce morceau de plastique. Sans quoi, il recèle d'excellentes surprises. A l'instar de l'irrésistible " Imitation of life ", du brianwilsonesque " Summer turns to high ", du single " All the way to Reno (you're gonna be a star) " ou encore de " The lifting ", réminiscent de Gary Newman. Coproduit par Pat Mc Carthy, "Reveal" a bénéficié du concours de Ken Stringfellow des Posies, de Scott Mc Caughey des Young Fresh Fellows et de Joey Waronker (Beck, Walt Mink) aux drums; un rôle que Bill Berry a délaissé depuis qu'il a quitté le navire. C'était déjà en 1997…

 

lundi, 31 décembre 2001 01:00

Short-staffed at the gene pool

Au sein de RUbY, on retrouve Leslie Rankine, chanteuse du défunt Silverfish, formation basée à Seattle dont le hardcore teinté de blues, hérité en ligne droite du Birthday Party, était réputé sulfureux et chaotique.

En retraversant l'Atlantique pour s'installer en Grande-Bretagne, Leslie a voulu changer radicalement de style. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que sa musique navigue aujourd'hui à des années-lumière de celle pratiquée par son ancien groupe. Digitale, électronique, technologique, elle adopte un profil trip hop que ne désavouerait pas Tricky, Morcheeba ou même Hooverphonic. Un trip hop sombre, sensuel, sophistiqué qui se singularise par ses motifs de funk et de jazz judicieusement dispensés. Et puis par la voix tendre, nonchalante et tellement attachante de Leslie. Mais si dans le style, cet opus est très agréable à écouter, on ne peut pas vraiment dire qu'il soit particulièrement novateur…

 

lundi, 31 décembre 2001 01:00

Long time ago

Hugo Race est australien. A l'instar de Nick Cave qu'il a côtoyé chez les Bad Seeds entre 84 et 88, sa musique est ténébreuse, filmique, urbaine, marécageuse, suscitant dans votre esprit la bande sonore d'un long métrage de série noire que vous vous souvenez avoir visionné, il y a bien longtemps. Une musique dont les racines sont profondément enracinées dans le blues. Un blues contemporain ; c'est à dire traversé par des tas de courants différents qui oscillent du rock au psychédélisme, en passant par l'industriel et l'expérimental. Un blues alimenté par des lyrics introspectifs, parfaitement assortis à la solution sonore.

L'ambiance n'est donc pas à la rigolade chez Hugo Race, même si elle n'est pas dénuée d'humour ; sombre comme vous pouvez l'imaginer. Pourtant, si vous vous prenez au jeu, le climat de ses chansons vous envahit et finit même par vous envoûter, laissant au plus profond de vous même une sensation de douce mélancolie. " Long time ago ", n'est pas un véritable nouvel opus de Hugo Race flanqué de son True Spirit, mais un double CD rétrospectif, comprenant des extraits de ses 9 albums studio, des raretés, des inédits et des prises live ; avec sur le deuxième disque une majorité de titres nettement plus blues…