La terre fissurée de Daffo

À seulement 20 ans, Daffo, artiste indie-rock basée à Brooklyn, transforme le tumulte intérieur en chansons brutes et poétiques, d’une étrange beauté. Entre l’énergie DIY et des arrangements délicats, sa musique oscille entre fragilité et intensité. Révélée…

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Le jeu d’échecs de Vera Daisies

Margaux Jaudinaud, illustratrice multi-casquettes et binôme du groupe Ottis Cœur, se lance en solo sous le nom de Vera Daisies. Après avoir ouvert pour The Libertines, Tess Parks ou encore le band londonien Sorry, elle dévoile un premier titre incisif, "Chess…

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Suede 12-03-26
Gavin Friday - Het Depot
Bernard Dagnies

Bernard Dagnies

mardi, 07 novembre 2023 15:36

L’oubli de Divine Shade…

Groupe à géométrie variable, Divine Shade puise ses influences dans la cold wave, la musique industrielle et électronique, à des degrés divers. En 2022, la formation avait assuré le supporting act de la tournée britannique de Gary Numan. Et c’est son guitariste, Steve Fox-Harris qui lui a filé un coup de main sur le nouveau titre, « Oublier » qui vient de sortir.

Le thème de la chanson porte sur le concept de résilience et la capacité intérieure à lutter contre l'identification à l'obscurité grâce à la reconstruction de l'estime de soi. La compo figurera sur une trilogie d'Eps baptisée « Fragments ». En attendant, « Oublier » est en écoute ici

 

mardi, 07 novembre 2023 15:35

Désolé pour Domotic & The Lazours…

En France on connait Stéphane Laporte sous le nom de Domotic, il éclaire discrètement la musique pop-expérimentale depuis une vingtaine d’années grâce à ses albums en solo ou au sein de groupes comme Egyptology, Centenaire, Karaocake… ou encore ses BO (‘Le Démon des Hautes Plaines’,’ Cinelândia’, ...)

Sous nos latitudes, on connait en revanche moins les frères américains de The Lazours, auteurs pour le théâtre, du côté de Broadway.

Ces trois-là présentent une collaboration née d'un ping-pong transatlantique, une rencontre numérique à la faveur d'une errance des deux frères sur Bandcamp pendant le confinement : un double single intitulé "A Brilliant Pairing", et ils sont en écoute

Accompagnant le titre "Stratford-Upon-Avon", le morceau "Sorry (for fooling you)" bénéfice d'une vidéo réalisée par James P. Gannon (pour qui Domotic a écrit les musiques de deux documentaires), et elle est disponible ici

 

 

 

 

Droïd Fantôm est le projet solo de Mickael Montaroux, le guitariste de Flèche. Il vient de graver son premier album. Pour la circonstance, il a reçu le concours de Loic Salmon, le drummer de Flèche. « Emptiness Takes Time » a été composé et enregistré et joué chez lui, seul, à l'exception de la batterie et de quelques overdubs réalisés en compagnie d’Alexandre Mazarguil au studio UFO. La musique y est clairement influencée par la scène indie des années 90, du grunge au shoegaze, avec une touche emo : des refrains clairs contre des refrains lourds et des breaks surprenants.... Avec beaucoup de fuzz…

Issu de « Emptiness Takes Time », « Far and Fast » est paru en single et il est disponible sous forme de clip

« Far & Fast » est une chanson sur la solitude mais avec quelqu'un d'autre, l'isolement dans un espace vide, la perte de souffle parce que vous ne pouvez pas partir. Vous avez besoin d'être ici, mais vous ne pouvez pas le supporter. Tu aimes celui ou celle qui t'entoure dans cette situation, mais tu ne peux pas t'empêcher de te sentir coupable et seul. Et le fait d'être ici rend l'autre si seul... Cette chanson a été écrite lors du premier confinement à la suite de la COVID...

 

mardi, 07 novembre 2023 15:32

Haze ne doit plus se cacher

Haze, c’est le projet solo de Mirabelle van de Put, dont le second elpee, « Out of Sight », sortira en janvier 24. Il est annoncé comme une expérimentation plus poussée des sonorités et des échantillons. Les sons quotidiens ont été déformés et intégrés à la musique, évitant les sons stériles et anguleux au profit des organiques et légèrement dissonants.

Pour cet album, Mirabelle a reçu la collaboration de Stijn Vanmarsenille (Waldorf, Drums Are For Parades, Elefant) et du musicien et producteur Frederik Segers, connu pour ses contributions à Intergalactic Lovers, Hooverphonic et en comme musicien de Stadt et de Sioen.

Le premier single issu de cet album, « Hiding », bénéficie d’un clip d’animation et il est disponible ici

Réalisé par l'artiste multimédia Naomi Kerkhove, il se compose de près de 5 000 photos et a été entièrement animé et monté en stop motion. Naomi a utilisé de l'encre de Chine, du sable, du papier, du bois et de la craie. Une véritable œuvre d'art en soi. Dans ses installations et ses performances, elle crée un monde miniature poétique dans lequel l'émerveillement occupe une place centrale. Son travail témoigne d'une grande sensibilité à la condition humaine, dans laquelle la solitude existentielle et l'émotion pour la beauté de la réalité vont de pair…

dimanche, 29 octobre 2023 12:51

Catatonic Suns

A l’écoute de la musique proposée sur le troisième elpee de Catatonic Suns, on pourrait imaginer que le groupe est issu de l’Albion. Parce qu’elle baigne dans une forme de shoegaze qui rappelle des groupes comme The Verve (NDR : l’originel, pas celui de « Bitter sweet symphony »), Ride ou encore Slowdive. En un peu plus sauvage, mais quand même. En fait, cette formation nous vient de Pennsylvanie. Apparemment d’Allentown. Et son nouvel opus est éponyme.

Si la section rythmique est plutôt basique, ce sont les effets de guitare qui créent cette dimension sonique, shoegaze. Et notamment lors des fins des morceaux les plus atmosphériques, au cours desquels la guitare se met à gémir, à produire des larsens, voire à hurler. Mais lorsque les mélodies deviennent sinusoïdales, voire orientalistes, à l’instar de « Deadzone » et « Be as one », c’est à Kula Shaker qu’on se met à penser ; encore que cette dernière plage vire parfois au space rock (Hawkwind ?). Tout comme le plus lent « Fell off », mais probablement dans l’esprit du Floyd. Le long playing recèle quand même l’une ou l’autre compo plus mélodieuse. Comme cet ensoleillé « Sublunary » ou « Failsafe » aux tonalités de gratte tintinnabulantes… Un chouette album !

dimanche, 29 octobre 2023 12:50

Unguarded Thoughts

Mr. Paul & The Lowriders, c’est le nouveau projet de Paul Van Bruystegem, l’ex-bassiste de Triggerfinger (NDR : il a pas mal bourlingué au cours de sa carrière, soit dit en passant). Enfin, ce n’est pas tout à fait un nouveau projet, puisque la formation avait déjà enregistré un premier elpee, « LowRider », en 2016. « Unguarded thougths », c’est le titre du second et… non, il ne sonne pas rock burné comme Triggerfinger, mais il explore des tas de styles musicaux. Dont le blues. Ainsi, le vétéran Roland Van Campenhout interprète le titre final, « Father death blues », un poème d’Alan Ginsberg. Ce n’est pas le seul invité, puisque ses deux ex-comparses de Triggerfinger, Mario Goossens et Ruben Block sont également de la partie. Ce dernier se consacre ainsi à d’étranges vocaux sur la cover improbable du « Eight miles high » des Byrds, une piste traversée par une judicieuse intervention au saxophone. En, résumé, Paul a convié la crème de la scène rock du Nord de la Belgique, dont Ilse Goovaert et Thijs Vanneste. Ou encore Alan Louie, dont la voix distordue s’intègre parfaitement au morceau le plus psychédélique, « Identical twins ».

L’opus réserve également une place au rhythm’n’blues. Notamment à cause du recours à un Hammond aux sonorités rognées, savoureusement poussiéreuses. On a aussi droit à du rock latino sur « Waiting for the dragon », et là manifestement, le spectre de Carlos Santana se met à rôder…

Glam, « Coconut tree » arait pu émaner du répertoire de T. Rex, s’il s’était mis au blues. Le delta blues, on le découvre tout au long de « Cinnamon blood » et le cajun sur « My Shangri-La ». Quant au presque instrumental « Evil dandy », il véhicule quelques accents jazzyfiants. Le tout a été enregistré à Pensacola, en Louisiane et retravaillé à Lier. Franchement, Paul a vraiment fait fort !

dimanche, 29 octobre 2023 12:47

Careful

« Careful » constitue le troisième elpee de Deeper, une formation issue de Chicago qui a traversé des moments difficiles, après la sortie de son second, « Auto-pain ». Pendant les sessions d’enregistrement du troisième, Mike Clawson, le guitariste, a claqué la porte. Et quelque temps plus tard, il s’est suicidé. Ce qui explique le climat ténébreux de cet opus. Depuis, c’est Kevin Fairbairn qui l’a remplacé.

Taxée de post punk revivaliste, parce que trop ancrée dans les eighties, par de nombreux médias, sa musique n’en est pas moins savoureuse. D’abord, il y a la voix de Nic Gohl, sorte d’hybride entre feus Tom Verlaine (Television), Ric Ocasek (The Cars) et le toujours bien vivant David Byrne (Talking Heads). Puis cette basse cold, caoutchouteuse et enfin ces guitares dentelées, chatoyantes, allègrement discordantes ou carrément noisy, à l’instar du titre final, « Pressure » qui s’ébroue dans le minimalisme avant de s’étoffer afin de grimper en intensité électrique. Et puis, il y a ces interventions judicieuses de saxophone. Comme sur le frissonnant et hypnotique « Fame ». Et si « Tele » (NDR : un clin d’œil à Television ?) a recours à la boîte à rythmes, « Airplane air » est enrichi d’arrangements symphoniques, en fin de parcours. Des arrangements qui peuvent se révéler électroniques, mais sans jamais prendre le pas sur l’instrumentation organique…

dimanche, 29 octobre 2023 12:44

Witness marks

Les ‘Flat worms’, ce sont des vers plats, des plathelminthes, très exactement, mais c’est également le patronyme choisi par un trio californien (Los Angeles), dont le troisième elpee, « Witness marks » a bénéficié de la collaboration de Ty Segall.  Les musicos ne sont pas des néophytes, puisqu’ils ont milité soit chez Hunx & His Punx, Oh Sees ou The Babies. 

Entre garage punk, post punk et noisy rock, la plupart des compos sont imprimées sur un tempo enlevé voire frénétique ou carrément volcanique, mais diablement efficace. Les sonorités de guitares sont tour à tour stridulantes, acides ou fuzz. La section rythmique est implacable. Etrange, mais la mélodie de « Suburban swans » rappelle parfois le « Nice‘n’sleazy » des Stranglers. Glaciale et métallique, la voix de Will Ivy balance des textes surréalistes, mais empreints de rage et de folie. Punk is not dead !

dimanche, 29 octobre 2023 12:42

Tomorrow’s fire

Née à Boston, Ella Williams s’est établie à Chicago, ville où le rock indé contemporain est à nouveau en pleine effervescence. Pour enregistrer « Tomorrow’s fire », le troisième LP de son projet Squirrel Flower, elle a reçu le concours de musiciens qui militent chez Bon Iver, Wednesday et War on Drugs. Mais si l’instrumentation est, en général, bien électrique, sa voix puissante passe aisément à travers pour communiquer son angoisse face au dérèglement climatique. En fait, toutes les compos qui figurent sur ses trois albums traitent du même sujet. Cependant ce dernier opus est manifestement celui qui adopte le format le plus rock, tout en préservant l’aspect délicat et nostalgique des mélodies.

Ce long playing s’ouvre par « I don’t use a trash can », un titre qui figurait déjà sur son premier album, « Early Winter Songs From Middle America », paru en 2015, mais qu’elle a complétement remodelé, en l’enrichissant d’harmonies vocales complexes. Indolent, « When a plant is dying » libère une intensité électrique digne du Crazy Horse de Neil Young. Caractérisé par ses guitares distordues, « Stick » libère davantage de sonorités grunge. La lente combustion de « Canyon » nous enveloppe dans un brouillard de guitares fuzzées et chargées de reverb. Et le dernier titre de cet opus, « Finally rain », s’ouvre sur une trame acoustique avant de monter progressivement en intensité électrique. Contagieux, « Intheskatepark » frôle l’univers de l’indie pop alors que « What kind of dreams is this ? » prend la forme d’une prière…

dimanche, 29 octobre 2023 12:41

Shooting for the moon

Elephant est une formation néerlandaise, établie à Rotterdam, aux Pays-Bas. Produit par Pablo van de Poel (Dewolff), « Shooting for the moon », constitue sons second LP, un disque au cours duquel le combo a reçu le concours de la chanteuse belge, Meskerem Mees, pour deux titres. Et paradoxalement, ce sont les deux morceaux les plus proches de Wilco. En l’occurrence, « The morning » et « April ». A cause de cette section rythmique propulsive et des solos de guitare subtils et lumineux, dispensés par Michael Broekhuizen, dans le style de Nels Cline. Des interventions de guitare le plus souvent élégantes, parfois orientalistes, traitées en slide voire délicatement psychédéliques. Et en général, les compos sont enrobées de jolies harmonies vocales. Tramée au départ sur une sèche en picking, la plage finale, « Moonlight, s’électrifie peu à peu, avant de replonger dans la dream pop entretenue par Elephant, tout au long de ce long playing dont les pistes révèlent des mélodies particulièrement soignées. Dommage que l’intensité électrique ne pas un peu plus vivifiante…

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