New Brutalism de 087 à 089…

New Brutalism est un groupe de rock minimaliste formé à Knoxville, Tennessee, en 1998. Le groupe est composé de Shane Elliott (chant), Matt Hall (guitare/chant), David Basford (basse/chant) et Carey Balch (batterie). Son nouvel Ep, « Requiescat Record »,…

logo_musiczine

La fresque de Vincent Delerm

Six ans après « Panorama », le chanteur cinéaste au cœur battant Vincent Delerm élargit encore son travelling sentimental en gravant « La Fresque ». Un huitième album dont la chanson-titre parlée, sur un arrangement tout en palpitations électroniques et…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Nos partenaires

Dernier concert - festival

Hooverphonic
Gavin Friday - Het Depot
Didier Deroissart

Didier Deroissart

jeudi, 15 janvier 2015 00:00

Unique en son genre…

Le premier concert de l’année auquel votre serviteur va assister se déroulera à la Rotonde. Une centaine de spectateurs s’y sont donnés rendez-vous. Dont quelques Canadiens. Il faut dire que ce soir, c’est une artiste issue du pays de l’érable qui s’y produit. Une jeune extraterrestre, âgée de 24 printemps, qui va nous accorder un show de plus de 90 minutes, dont deux rappels. Son nom ? Klô Pelgag.

Chloé Pelletier-Gagnon alias Klô Pelgag est née en 1990. En 2013, elle avait représenté le Québec dans le cadre de la tournée 'Mars En Folie', organisée par le Ministère des Affaires Internationales du Canada en Chine. Et c’est en écumant les festivals du globe (Printemps de Bourges, Francofolies de La Rochelle, Paléo Festival de Nyons, etc.) que Klô va devenir une véritable révélation internationale. Et puis aussi grâce aux prix et nominations diverses décrochés. Une étoile à suivre, c’est une certitude.

A ce jour, elle a gravé un Ep éponyme en 2012 et un album en 2014, intitulé « L'Alchimie Des Monstres ». C'est la deuxième fois qu’elle se produit en Belgique. Elle avait ainsi participé aux 'Vitrines des Francos - Théâtre des Découvertes' en 2014. Klô est inspirée par la peinture (Botero, Dali, Magritte), la littérature (Boris Vian) le théâtre (Ionesco), le cinéma (André Forcier, Jean-Claude Lauzon) et la musique (Vigneault, Debussy, Brel, King Crimson, Zappa). À l'oeil ouvert, l'oreille brillante et l’esprit déjanté –juste ce qu’il faut– elle s’évertue à confondre musique et mots...

Sur les planches, Klô est soutenue par Fany Fresard (violon), Lana Tomlin (violon alto), Elyzabeth Burrowes (violoncelle), Philippe Leduc (contrebasse) et Charles Duquette (batterie). Et tout ce petit monde est déguisé. Elle déborde d'énergie, de talent, d'audace, de personnalité et de créativité. Elle chante bien évidemment dans la langue de Voltaire. Avec un accent canadien plein de charme, qui vous fait chaud au coeur. Enfin, propice aux métaphores, sa poésie se veut une ode à la liberté. 

Le set s’ouvre par « Les Maladies Du Coeur », un extrait du premier Ep. Klô est magistrale derrière son piano (NDR : pas à la manière d'une Béatrice Martin). Elle demande au public s'il est un peu fou ; ce qui lui permet de causer de Pierrot le fou… ‘au clair de la brume, j'ai pris ta photo...’ qui introduit la seconde chanson, « Les Corbeaux », au textes déroutants. Les cordes tirent parfaitement leur épingle du jeu tout au long de cette compo chargée de lyrisme mélancolique. Pour le titre suivant, elle empoigne sa guitare et attaque « Le Dermatologue », dont les lyrics sont à prendre au second degré. Tel un clown, le contrebassiste mêle magie et délire, pendant que Klô prend le contre-pied de la grosse bête qui délivre des basses, tout au long de « Le Tronc ». Lorsque le public applaudit, elle répète à l’envi ‘Merci, pour les mains’. L'artiste a du talent. Elle a une bonne voix, singulière aussi ; et brille tant aux ivoires qu’à la six cordes électrique. Elle présente chaque chanson ; mais si ses mots semblent parfois décousus, c’est pour faire fonctionner les zygomatiques de son auditoire. Le set est aussi théâtral que musical.

Ainsi, au cours du spectacle, elle apparaît vêtue d'une salopette blanche, l’effigie d’un squelette humain en façade. Halloween, c’était pas en novembre ? Les contorsions de cette showwoman ont de quoi ravir et ébahir les spectateurs attentifs. Dans leurs longues robes de mariées, les trois préposées aux cordes (violoncelle, violon alto et classique), participent activement aux choeurs. Et leur interventions, gracieuses, classiques, apportent beaucoup de charme à cette pop novatrice et enchanteresse.

Quand Klô chante, les images se bousculent dans votre tête. Elles sont même le fruit d’une imagination débordante. Un peu comme si on assistait à un spectacle pour les aveugles.

Le drummer consacre une anecdote aux Français. On n'y comprend rien, mais on rigole. C'est également l'anniversaire de Fany Fresard, un talent de 18 ans. Une bougie et un mini gâteau lui sont réservés, sous les acclamations du public. Evoquant la date souvenir de la mort de Kurt Cobain, elle nous narre une petite histoire selon laquelle il aurait malencontreusement sauté sur la tête de son batteur, celui-ci se fracassant finalement la tête sur un mur de briques ; concluant par ces mots : ‘Il fallait le tenter. C'est tentant’. Et elle joint alors le geste à la parole en grimpant sur le dos du préposé aux fûts.

Tout au long de « Tunnel », la voix de Klô me fait penser à celle de Lisa Leblanc voire de Marie-Pierre Arthur des grands jours. Lorsque la conversation passe à la langue de Cervantès, le délire est à son comble. Klô passe au piano et entame un monologue incohérent, avant de céder le relais au clown contrebassiste. Superbe, « Nicaragua » est préparé à la sauce canadienne. Intimiste, « Le Silence Epouvantail » est interprété en duo piano/contrebasse. Moment de recueillement pour l’auditoire. « Pégase » est une cover de Thomas Fersen qui figure sur l’elpee. Un spectateur s'en émeut. Klô réagit. L'interactivité entre l'artiste et le public est constante. Fersen on aime ou on déteste. Klô a assuré ses premières parties et semble apprécier. Bien ; nous aussi. Caractérisé par sa superbe mélodie, « La Fièvre Des Feurs » nous parle du cancer et de son traitement par la chimiothérapique. « Comme Des Rames » s’adresse aux célibataires. Y en avait-il dans la salle ? Pour introduire la dernière chanson, « Rayon X », elle évoque Star Wars, le radium et les Curie. Du Gilles Vigneault acrobatique ! Le set s’achève par « Jam », moment qu’elle choisit pour présenter ses musiciens. L’assistance n’est pas rassasiée. L’artiste canadienne lui concèdera deux rappels. Dont le premier sera consacré à « Taxidermie » et « Tremblements. Grâce à son univers coloré et sa voix unique, ce soir, Klô Pelgag a marqué les esprits…

(Organisation : Botanique)

C'est dans le cadre des Francofolies de Spa que Fastlane Candies a eu l’amabilité de nous accorder cette interview. Soit ce 18 juillet 2014. En fin de soirée, après une journée torride. L’entrevue s’est déroulée dans le hall d'entrée de l'Hôtel Radisson Blu Palace. En délégation, le guitariste Laurent, aka Krispy Velours, et la claviériste Sandy C.

D'où vient le patronyme Fastlane Candies ?

Sandy C : Perso, je ne participais pas encore à l’aventure. Mais quand Alexis et Laurent l’ont entamée, ils cherchaient un nom qui sorte de l’ordinaire. Ils ont commencé à feuilleter les magazines de PMU et leur esprit a été attiré par celui d’une jument. Elle s'appelait ‘Fastlane Candy' et était encore à débourrer. Elle empruntait toujours la voie rapide. Le choix venait d’être établi.
Laurent : Nous ne voulions pas d’un nom qui représente quelque chose de spécifique. Qui définisse notre style. On l’a plutôt choisi pour sa consonance. Les mots correspondaient bien à l'esprit de notre projet. Le plus marrant, c’est que quand certaines formations américaines ou anglaises en adoptent un, ils cherchent à lui donner plusieurs sens. Parfois secrets. Nous avions côtoyé un groupe australien qui avait déclaré que le sien, Oh Drug's, en suggérait bien d’autres. Un but que nous ne poursuivions pas au départ. En fait, nous souhaitions simplement que le public y trouve ce dont il avait envie. C'est un concept intéressant. Il n'existe pas qu’une seule dimension dans un nom ou dans la musique. Chacun a le droit de s'y plonger et s'y retrouver à sa manière.

Candies, en français, se traduit par bonbons. Ce qui explique pourquoi votre pop est plutôt sucrée ?

Laurent : Oui, c'est sucré. C'est clairement dans cet esprit que notre musique évolue. Pour nous, Candies est un nom qui sonne pop. Il est pétillant et lolipop. Il est toujours difficile de déterminer l’origine de notre musique. Quand on a entamé ce projet, on n’était pas nécessairement attirés par ce style. Perso, j'écoute pas mal de trucs différents. Du psychédélisme. Du rock. Parfois plus dur, plus complexe. Au départ on a voulu emprunter une voie pop et directe. Positive, même. Certainement pas nous enfoncer dans un univers sombre. Et après l’avoir développée, elle est devenue un peu ‘sucrée’.

Sucrée, mais également colorée, comme « La Chica » ?

Laurent : Ce n'est pas incompatible. Certaine sucreries sont multicolores. Un peu comme chez Badbadnotgood, un trio de jazz/rock vraiment génial. Notre musique est colorée, mais nous voulons encore y amener d'autres teintes. En y apportant des éléments différents et en explorant d’autres sources. Nous essayons de rendre nos disques les plus cohérents possible. Davantage que les albums. Pour se forger un propre style. Sur le cd, on a voulu développer de nouvelles idées, comme sur « Charm » qui est un peu plus électronique. Dans le passé, j’avais un petit problème avec les cuivres. Mais depuis, j’ai écouté pas mal de bands qui y ont recours, et dont la section pète littéralement des flammes. Ces instruments sont plus classiques et permettent de générer des ambiances ou des nappes sonores. Ce qui me plaît beaucoup. Nous ne sommes pas assez compétents pour les développer nous-mêmes. On doit faire appel à des collectifs spécifiques. Mais c’est envisageable. On pourrait les utiliser d’une manière mélancolique, atmosphérique, comme Beirut. Miles Davis est aussi un musicien que j’adore…
Sandy C : Alexis est d’origine espagnole. J’apprécie des formations plus latino. Calexico, par exemple

Peut-on également qualifier votre musique de légère ?

Laurent : Difficile à dire ! Sur scène, c’est différent, on libère davantage d’énergie. On essaie de provoquer un déclic. Mais aujourd'hui, ce n'était pas évident. La salle était très belle, mais ce Théâtre Découverte est en configuration assise. Le public n’était pas très nombreux. Donc, au début, quand tu commences à jouer, tu as une drôle d’impression. Tu te sens un peu mou. Puis progressivement, tu entres dans ton trip. Surtout quand les spectateurs commencent à réagir. C’est à partir de ce moment que tu peux commencer à libérer l’énergie. Il n’y a pas de secret, c'est l'énergie qui fait la différence. Et cette interactivité entre l’artiste et le public. Mais ce n’est pas quelque chose qui soit prévisible. Parfois ça marche, parfois pas. Bien sûr, dans notre setlist, on glisse des titres qui ont de la pêche, au bon moment. Pour permettre au concert de décoller…  

Vous comptez beaucoup sur le collectif JauneOrange ?

Laurent : Oui, c'est important pour nous. Si nous avons atteint ce stade, c'est parce que nous appartenons à ce collectif qui se charge aussi de  notre booking. Ses relations nous permettent de se produire dans pas mal d'endroits. Il héberge plusieurs groupes liégeois qui s’entraident de manière générale. Et pas seulement pour la promo et le booking. La semaine dernière, nous avions besoin d'un van. Nous nous sommes adressés à notre label et The Feather nous a prêté le sien. C’est une forme de solidarité. Notre album a été produit par Xavier Guinotte, membre de MLCD et du collectif depuis le début. My Little Cheap Dictaphone, je les avais vus en concert, dès l’âge de 15 ans.

Question bateau, mais nécessaire pour mieux connaître Fastlane Candies. Quelles sont vos influences ?

Sandy C. : C'est assez marrant. Elles partent dans tous les sens. Même vers l’électro. J’aime beaucoup Django Django, par exemple…
Laurent : Elles sont multiples. Comme les comparaisons. Celle qui revient le plus souvent concerne Clap Your Hands Say Yeah. La voix du chanteur est particulière. Spécifique et immédiatement identifiable. Un peu comme celle d’Alexis. Et puis on aime bien ce groupe. Leur indie/rock n'est pas complètement calibré. Il est mélancolique, mais très susceptible de partir dans toutes les directions. Et c’est ce côté un peu 'fou, fou' qui peut contribue à mettre la pêche. A nos débuts, on aimait bien inclure des percussions, des couleurs exotiques, tropicales, et puiser dans d’autres cultures. Comme Django Django. Moins aujourd’hui. Perso mes goûts sont assez éclectiques. J’appréciais beaucoup Madrugada, dont la structure reposait davantage sur les guitares. Ce band norvégien s’est séparé. J’affectionne autant l'indie/rock américain et anglais en général que l’électronique. Je suis également un fan des Doors…

Et les Beatles ?

Laurent : Je ne crois pas qu’ils soient une source d’inspiration immédiate. Mais mon père était fan des Beatles. Il avait tous leurs vinyles et au cours de mon enfance, forcément je les ai écoutés. Tout comme Sandra, d’ailleurs. Nos parents sont également musiciens. Ce qui nous a permis de découvrir un tas d’artistes différents. Mais manifestement, les Beatles demeurent une référence imparable.

Le vinyle et la bonne vieille cassette audio, ringard ou un effet de mode ?

Laurent : Je ne peux pas en dire du mal, car je possède une platine vinyle depuis longtemps et je rachète des disques de ce type. J’en possède beaucoup. J'aime les écouter. Ce qui ne m’empêche pas de me poser des questions. Il y a, en effet, peut-être aussi un effet de mode. J’ai écouté ceux de mon père, tout petit, puis on est passé au cd. Après, on n'a juré que par le cd parce que c'était cool à ce moment-là. Maintenant le vinyle revient et c'est un son différent. C’est quand même en vogue. Les gens ont besoin d'un nouveau support et d'une nouvelle motivation. Le vinyle sonne bien et est plus chaleureux. La pochette est plus belle que cette du cd. C'est bien, mais ce n'est pas forcément l'essentiel. Bien que collectionneur de disques, j’avoue que ce comportement, cette envie d'accumuler un maximum de disques, ce n'est pas l'essentiel dans la musique. L'essentiel, c'est quand même de l’écouter. Pourquoi acheter ce que tu ne vas pas écouter ? Je me procure les disques qui me plaisent vraiment et j'essaye de rentrer dedans et de vivre vraiment la musique. Maintenant, si on peut l'auditionner dans de bonnes conditions sur une bonne chaîne hi-fi qui diffuse un son chaleureux, tant mieux ! Tout dépend aussi de la qualité du vinyle. Certains ne sont pas bien masterisés. Et il y en a plein. C’est pourtant indispensable. Pourquoi graver un cd en vinyle s’il sonne à l’identique ? Il est alors préférable de le laisser en cd. J'organise parfois des soirées 45 tours. Et je peux t'assurer que je suis dedans…

Trois albums cultes ?

Laurent : J’hésite entre « Trompe Le Monde » et « Bossanova » des Pixies. En fait, j'aime bien ces deux-là, car ils ont un gros son. Le public préfère, en général, leurs premiers. L’album éponyme de Suede. Je suis un grand fan de ce groupe. « Wish » de Cure, ensuite. C’est l’œuvre majeure de leur carrière. Elle m’a particulièrement frappée. Je l’ai beaucoup écoutée à l'époque. Mais « Disintegration » me plaît également. Il recèle davantage de diversité et renoue avec les débuts. 
Sandy C : Je ne vais pas te citer des titres d’albums, mais plutôt des artistes qui m'ont marqué. The Cure, Clap Your Hands Say Yeah dont je suis fan. Wampire également, dont on a assuré la première partie.

Vous avez participé à la plupart des festivals d'été ?

Laurent : En Wallonie, on en a assurés quelques uns…

Lors de votre concert accordé au Salon de Silly, vous avez rencontré un problème de claviers. Finalement, vous vous en êtes bien tirés ?

Laurent : Oui, c’est vrai. Pour ces Francos, on a joué sous un line up plus restreint. En formule acoustique avec un synthé. Ce n’est pas un problème pour nous. A la base, nous écrivons nos chansons suivant un profil guitare/voix. Mais elles sont adaptables. Pour l’album, on les a étoffées afin de leur communiquer une sonorité davantage pop/rock. On peut également leur donner une autre dimension. Il n'est pas impossible qu’à l'avenir on se serve uniquement de synthés et ou de boîtes à rythmes. Nous n’avons pas peur d’expérimenter et aimons emprunter de nouvelles directions…

Votre setlist est-elle immuable ou la modifiez-vous en fonction des circonstances ?

Laurent : Certains enchaînements entre morceaux fonctionnent bien. On a donc envie de les conserver. Parfois on opère la transition entre les compos à l’aide de passages aux synthés. Ce n’est pas une formule que nous avons adoptée aujourd’hui, car nous ne disposions pas des machines et nous produisions en ‘light’. Dans une setlist, certains titres sont prévus pour le début et d’autres pour la fin. Pour le reste, on essaye de varier quelque peu. Lors d’un festival, on n'a pas beaucoup de temps pour mettre en place une telle structure, et on privilégie ce qui accroche. Pendant un concert, j’aime qu’il se déroule par vagues. Une alternance entre moments plus énergiques et plus paisibles. Pour ne pas lasser…

Un nouvel album ou un Ep en préparation ?

Laurent : Pas pour l’instant. Mais Sandra bosse également sur son projet baptisé Telegraph. Alexis et moi-même avons le nôtre qui mêle musique et littérature. Alexis a publié un bouquin. Il a écrit les textes. Nous y travaillons. La lecture de ce livre est entrecoupée de fragments musicaux.
Sandy C : Oui, quand je disposerai d’un peu plus de temps disponible, je me focaliserai davantage sur mon projet. Pour l’instant, c’est assez difficile, car il demande trop d’application et de travail. Mais dès que possible il va se concrétiser. Et on va alors sortir quelque chose…
Laurent : Il est normal que de temps à autre, on prenne du recul par rapport au groupe. Qu’on s’aère l’esprit. Perso, j’aime bien m’aventurer dans l’électro. Et c’est en expérimentant qu’on trouve de nouvelles directions. J’imagine, qu’après avoir exploré d’autres horizons, on va remettre son métier sur l’ouvrage. Probablement en automne. Je ne pense pas qu’il faille écrire tout le temps et ramer encore et toujours dans la même direction. A un moment, il faut un peu s’arrêter. Ce qu’on vient de faire, mais pour se produire en concert. Mais ensuite, il va falloir se changer les idées, écouter d’autres trucs, se remettre en question, et reprendre alors notre route…

 

mardi, 06 janvier 2015 17:13

Rock Or Bust

Malgré ses 40 années d’existence, le mythe australien a toujours bon pied, bon œil. Et son hard rock passe toujours aussi bien la rampe. Bien sûr, leur vie privée est toujours aussi mouvementée. Ainsi, pour l’instant, elle est en pleine tourmente suite aux récents déboires judiciaires rencontrés par Phil Rudd et les accès de démence vécus par Malcolm Young. Le 6 novembre 2014, soupçonné d'avoir engagé un tueur à gages pour éliminer deux personnes, Phil a été arrêté par la police néo-zélandaise. Il a comparu devant la justice (tribunal de Tauranga) pour ces deux chefs d'accusation, mais également pour menaces de mort et détention de drogue. Le lendemain il a été relaxé des chefs d'accusation de complot pour meurtre, mais les autres poursuites n’ont pas été abandonnées pour autant. AC/DC a pourtant tenu à rassurer ses fans : rien n'entraverait les prochaines échéances du groupe, qu'il s'agit d'une nouvelle tournée ou encore la sortie de ce « Rock Or Bust ».

AC/DC appartient au cercle très restreint des derniers grands groupes de rock encore en activité capable de mobiliser plusieurs générations de fans ; et ce par familles entières. C'est peut-être leur dernier album et leur dernière tournée. Les sexagénaires d'AC/DC sont un vrai groupe de rock'n'roll. Au cours des années 70, leur premier chanteur est décédé, étouffé dans son vomi, après une soirée trop arrosée à Londres. Ce ne sont pas des beaux gosses qui font dans la dentelle, mais de vrais 'bad boys', nourris au bourbon, au sexe et à la drogue. De véritables rockeurs...

L’elpee s’ouvre par le titre maître et « Play Bal », les deux singles qui ont précédé la publication de l’opus. « Rock Or Bust » opère un retour à la violence des 80’s. Celui de « Back in Black ». Les guitares sont incisives et les drums claquent tout en frappant juste. Des ingrédients qui ont permis à « Thunderstruck » et « Highway To Hell » de devenir de véritables classiques intemporels. L’autre compo est plus rock, dans l’esprit de « Black Ice » (2010). La guitare ‘lead’ y est particulièrement brillante.

Toutes les plages oscillent autour de 3’. Onze en tout pour 35 minutes. Il s’agit de l’elpee le plus court de la longue carrière d'AC/DC. Un simple et retentissant retour aux racines et on peut avancer qu’il s’agit d’un de leurs meilleurs opus paru à ce jour. Leur quinzième sur le plan international et leur seizième en Australie. « Rock Or Bust » est le premier disque sans Malcolm Young, remplacé par son neveu Stevie Young, qui en est la copie conforme, médiator en main. Il aura fallu 6 longues années au band aussie pour sortir ce « Rock Or Bust ».

Hormis « Rock 'n' Roll Train », « Black Ice » ne recelait pas de véritables tubes. Il s’agit d’ailleurs du seul titre, dont on se souvient encore, sur ce long playing. Courts, mais efficaces, les 11 pistes de ce nouvel album sont donc taillés pour les stades et n’attendent qu'à être interprétés en live. Caractérisé par son riff blues et secouant littéralement les tripes, « Miss Adventure » est certainement le morceau qui m’a le plus fait flasher.

La nouvelle alchimie entre Angus et Stevie Young est particulièrement bien mise en évidence tout au long de « Baptism By Fire », un titre survolté au cours duquel les accords de gratte rugissent comme à leurs plus beaux jours. De la dynamite ! Sur « Rock The Blues Away », la rythmique de Stevie Young est terriblement efficace ; à tel point qu’on en oublie le rôle autrefois pourtant aussi prépondérant de Malcolm. Il assure son neveu ! Ce rajeunissement apporte une fraîcheur certaine qui me rappelle, mais dans un autre style, l'arrivée de Ron Wood chez les Stones. Explosif, « Got Some Rock And Roll Thunder » est un titre sculpté pour le ‘live’. La voix haut perchée de Brian Johnson fait mouche sur « Rock The House ». Extatique ! Digne de « Hells Bells ».

« Hard Times », « Rock The House » et « Play Ball » nous bombardent de riffs ravageurs, facilement identifiables. « Dogs Of War » s’ouvre en douceur (relative) avant de reprendre son fil conducteur ravageur.

Soulignons également le rôle primordial de la section rythmique. Basse écrasante, ronde et au groove irrésistible. Drums chirurgicaux mais dévastateurs. Et leur conjugaison vous incite à battre du pied en cadence.

On attend donc impatiemment la grand-messe d’AC/DC. Votre serviteur ne veut la manquer pour rien au monde…

 

mercredi, 31 décembre 2014 16:47

Crocodile

Originaire de Stockton, dans le Nord-est de l’Angleterre, Young Rebel Set est né en 2007. Il réunit trois guitaristes : Andrew Parmley, Mark Evans et Matthew Chipchase, ce dernier se consacrant au chant. Sans oublier le drummer Luke Evans et le bassiste Chris Parmley. Les trois gratteurs n’hésitent pas à apporter leur poids dans la balance rythmique. Leur premier elpee, « Curse Our Love », est paru en 2011. Des références ? The Kooks, The Coral, Artic Monkeys, The National et The Kings Of Leon. Les lyrics sont poétiques et parlent d’amour et de filles…

La formation devait se produire au Huis 123 de l’Ancienne Belgique, mais a annulé sa tournée en dernière minute. Et c’est bien dommage…

La voix du chanteur est puissante, rocailleuse. On la qualifie de voix de tête. Elle évoque tour à tour Bruce Springsteen, Garland Jeffreys ou encore Johnny Cash. De sacrées références.

Pop et sucré « Yesca And The Fear » est une plage discrètement tapissée d’accords de banjo. Caractérisée par son refrain accrocheur, « Tuned Transmission » est une ballade délicate qui monte progressivement en puissance. Sculpté dans un folk/rock classique, mais accrocheur, « The Lash Of The Whip » est paru en single, avant la sortie de l’opus. Et « The Girl From The 51 » pourrait également paraître en single voir même devenir en hit. Immédiat, il bénéficie d’excellents arrangements. La voix est plus posée et même chatoyante, sur une autre ballade paisible, « Unforgiven ». A écouter devant un bon feu de bois. Plus rock’n’roll, « Another Time, Another Place » exige plusieurs écoutes avant d’être apprécié à sa juste valeur. L’instrumentation s’emballe, mais le chant s’adapte à la perfection. « Show Your Feathers & Run » et « Berlin Nights » constituent les deux meilleures pistes du long playing. « Reap The Whirlwind » et « One Law» se fondent dans l’ensemble. Sans plus. Hanté par des sonorités de piano envoûtantes, « Where Have I Been Going? » permet une dernière fois au chanteur, de mettre en exergue ses aptitudes vocales…

 

mercredi, 31 décembre 2014 00:00

Born To Boogie

Fondé en 2008, Romano Nervoso nous vient de région de La Louvière. Paillettes colorées autour des yeux et veste à plumes, Giacomo Panarisi en est le leader. Le chanteur également, même s’il possède une formation de drummer. Un personnage qui est tombé, tout jeune, dans la marmite au glam rock. Ce Loup a les dents longues et a déjà écumé toutes les bonnes scènes de Belgique. Il ne renie pas ses origines italiennes et en est même fier. Le combo est même considéré comme le fer de lance du spaghetti/rock. Giac avait accordé une interview à Musiczine, fin août 2014 (voir ici)

« Born To Boogie » constitue le second opus de Romano Nervoso. Il fait suite à « Italian Stallions », paru en 2011. Un disque qui recelait deux hits, « Mangia Spaghetti » et « Loose Control ».

La pochette du nouvel LP est à la fois sobre et accrocheuse. Sur fond blanc, on remarque la présence d’une boule à facettes, découpées en petits carrés gris et blancs. S’agit-il d’étoiles ou de cases pour une grille de mots croisés ?

Les vocaux sont assurés essentiellement dans la langue de Shakespeare et de Dante. Parfois, dans celle de Voltaire. Le mixing à été exécuté par Charles De Schuetter, une référence incontournable au pays du moules/frites.

« Vieni Dallo Zio » ouvre la plaque. Le son est puissant et nous plonge directement dans l’ambiance. Chanté en italien, ce brûlot métallique incandescent de 3’ entre littéralement en fusion. « Maria » est paru en single. Il s’agit d’une relecture du tube intemporel de Christophe, « Aline ». Tout au long de ce slow langoureux, empreint d’une tendresse, on ressent les racines transalpines de l’artiste. D’ailleurs Giacomo n’est pas né aux States. Il nous le rappelle à travers « Not Born In The USA », une compo contaminée par Iggy et ses Stooges…

Il nous parle de ses origines louviéroises, wallonnes, mais également latines, tout au long de « Straight Out Of Wallifornia feathuring Colonel (Party Harders) ». Encore une coulée continue de métal, qui nous vient de l'usine Boël.

Blues déchirant, « Psicotico Blues » baigne dans un Bayou, ‘un poco latino’. Les guitares sont incendiaires. Heureusement, les pompiers ne sont pas loin. En 2’30, « The Story » nous entraîne dans un punk particulièrement nerveux, digne de The Hives. Tout comme « Rocking Machine », un uppercut rock/garage qui vous déchausse les dents, vous remue les tripes et vous incite à pogoter. Boogie, « The Man/The Woman » lorgne carrément vers les Stones. Une piste plus classique et paisible, « Under My Skin ». Du Romano pur jus. Musclé et légèrement psychédélique, « Pussycat » fait la part belle aux guitares. Et après le très speedé : « Superstar », Romano Nervoso nous assène une dernière claque dans les gencives, « In The Name Of The Lord ».

Pour un second essai, il faut reconnaître que Giacomo s’en tire haut la main. Il a du talent et de l’énergie à revendre. Et puis sa musique est bien dans l'air du temps, donc elle est tout à fait exportable… Bref, si vous aimez le punk, le rock'n'roll, le garage/rock, le glam, les 70’s et les 80’s, ainsi que la bonne humeur et la dérision, vous devriez y trouver votre bonheur. 

 

C’est dans le cadre du Brussels Summer Fetival que nous avons rencontré Antoine Chance, juste avant le concert qu’il a accordé au Magic Mirror. Nous sommes dans les loges, devant un petit rafraîchissement. Antoine, c’est le fils de Philippe Geluck, le célèbre dessinateur du ‘Chat’. Il a la même bouille. Même calvitie naissante, même sourire enjôleur, même répartie, même bonne humeur. Et puis le mot néerlandais ‘Geluk’ ne se traduit-il pas en français, par chance ? C’est un clone presque parfait. En 2013, il assurait l’ouverture au même endroit. Aujourd’hui, il est programmé en tête d’affiche. Quel parcours accompli depuis les Nuits du Soir, auquel il avait participé l’an dernier !

C'est drôle quand même. Il y a un an pile poil, je jouais ici en première partie des Innocents et aujourd'hui, je me retrouve en tête d'affiche. Depuis, il y a eu la sortie du single et de l’album.

Il t’a fallu 10 ans avant de sortir ton premier album. Un bail quand même ?

Effectivement. J'ai développé des projets, sans forcément attendre un certain résultat. Ensuite, j’ai voulu qu’ils soient bien ficelés. Et dix ans se sont écoulés. Mais le disque a du succès. En même temps, je me sens en phase avec ce que j'ai fait. Il aurait pu totalement se planter. Alors j’aurais vraiment été mal dans ma peau. Je pense que j’aurais eu du mal à encaisser le coup. Même si je ne me serais pas entièrement remis en question. Je ne vais plus patienter 10 ans avant de graver un nouvel album. « Fou » est vraiment le premier. Si j’en sors un par décennie, je ne vais pas en enregistrer beaucoup. Et si je meurs à 81 ans, j’en réaliserai donc huit.

Peux-tu nous parler de ton parcours musical, en quelques mots ?

J'ai commencé à jouer du piano classique à l'âge de six ans. A douze, j’ai opté pour la guitare. Et j’ai délaissé le piano, avant d’y revenir vers 18. C’est à cette époque, que je suis parti étudier la musique, en Angleterre, près de Brighton. Puis, je suis rentré en Belgique et je me suis posé des milliers de questions. Envisageant alors de commencer à écrire des chansons. Je me suis lancé. Il a fallu de temps. Et le résultat est là.

Tu me fais penser à un moteur diesel, il te faut du temps pour te mettre en route…

C’est exact, j’ai un petit côté diesel.

Te sens-tu soutenu par ton label ?

Ma firme de disques est très présente et croit à mon projet. Elle m’a habitué à un gros ‘taff’ et c'est super. On bosse comme des tarés. On a bénéficié d’énormément de promo. En fait, c’est la même équipe qui me suit depuis longtemps. Et on obtient des résultats.

« Fou » est produit par Renaud Létang. Une raison ?

Je suis signé chez Mercury en France. On s'est posé la question avec mon équipe là-bas. Qui serait le gars ou la personne idéale pour assurer la production ? On est vite arrivé sur son nom. On lui a passé un coup de fil, il est venu, on s'est rencontré et tout s'est très bien passé. C'était finalement assez simple. J’ai été très impressionné, car je pensais que dans ma carrière, je ne travaillerai jamais avec quelqu'un de cette envergure. Et capable de concrétiser autant de projets qui lui plaisent. Ce qui me rassurait quand même. Je souhaitais bosser sous la houlette d’un pro qui me dise ce qui allait et n'allait pas. Et finalement si j’ai travaillé tous les jours dans son studio, j'étais parfaitement à l'aise. Renaud Létang a réussi à mettre de l'ordre dans mes idées. Il a sollicité le concours de deux musiciens de studio ; en l’occurrence Ludovic Bruni et Vincent Taeger. Qui ont abattu un fameux boulot. Le son est bon, assez brut, dépouillé. Peut-être un peu trop. Il est vrai que parfois, j’aime bien en remettre une couche. Il faut cependant savoir dire 'Stop'. Mais quelquefois, on a dit 'Stop' un peu trop tôt. Mais bon, sans quoi c’est un disque pour lequel je reste en phase. Dont je suis fier. Cependant, à la fin des sessions, je me suis rendu compte qu’il n’avait pas de fil conducteur. Que c’était une sélection de titres réalisés par une équipe. Ce qui explique pourquoi, en bout de course, on a dû mettre de l’ordre entre les bonnes idées et les moins bonnes. Et finalement, on a seulement conservé les morceaux les plus simples.

Le concert que tu as accordé à la Rotonde était blindé de chez blindé. Satisfait ? Surpris ?

Oui, c'était impressionnant. J'ai vu les vidéos, par la suite, et elles m’ont quelque peu bouleversé. Sur scène j’étais également assez ému. J'avais dur à tenir ma voix. Un tiers de l’auditoire était constitué de membres de la famille et d’amis. Sympa, car ce sont les personnes qui m’ont toujours encouragé à poursuivre ma carrière. Perso, cette date est importante et restera gravée dans ma mémoire. La salle est superbe et on peut en tirer un son impeccable. Faut dire que derrière les manettes, il y avait un expert (NDR : il s’agit de Benoît, l’ingé son de Puggy ; il n’est pas loin d’Antoine…)  

Ton planning de concerts en Belgique est bien fourni. As-tu prévu de partir à l’étranger ?

J’ai appris que Montréal se profilait ; notamment dans le cadre des ‘coups de cœur francophones’. Les Québécois ont reçu mon album ; et apparemment, ils l’apprécient. En outre, je ne connais pas le Canada et j’ai envie de m’y rendre.

Coco Royal, c'est de l’histoire ancienne ?

Pour l’instant, ce n'est plus du tout à l’ordre du jour. C'était la concrétisation de mon premier projet. On a accompli un bout de chemin ensemble et nous avons expérimenté un tas de formules. Nous étions encore à la recherche de la meilleure. Mais j’ai aussi vécu de très bons moments. Oui, en effet, j’ai mis Coco Royal, entre parenthèses…

Qui t’accompagne en tournée ?

Yannic Dupont se consacre à la batterie. Quand on s’est produit aux Nuits du Soir, c’était Ziggy de Puggy qui s’y collait. Il a un même talent. Il est cependant plus petit et affiche un physique moins suédois. On d'abord bossé en duo. C'était cool. Au départ, il est percussionniste, mais c’est un multi-instrumentiste. Il est également excellent arrangeur. Et puis, il a vraiment de bonnes idées. Geoffrey est arrivé ensuite. Il joue aussi bien de la basse que de la guitare et possède un fameux vécu dans l’univers musical. J'aime beaucoup mon groupe. On forme une belle équipe. On bosse énormément, et on s’entend très bien. Et puis, il y a pas mal de concerts. C'est vraiment chouette aussi.

Souchon et Voulzy, des références pour toi ?

Plus Alain Souchon, mais j'écoute aussi Voulzy. C'est un peu plus sucré et kitsch. J'aime bien Renaud aussi. Renaud et Souchon abordent l’écriture d’une manière totalement différente. Souchon utilise une forme poétique quand il raconte une histoire. Dans le domaine, c’est vraiment le maître. On attribue toujours la mélodie à Voulzy. Voulzy se chargerait de la musique et Souchon des paroles ? Ce n'est pas vrai ! Souchon est un grand mélodiste et j’en suis un grand fan…

Tu es très attentif au sens mélodique. Une conséquence de tes influences ?

En tout cas, c'est ce qui me préoccupe le plus. Après, je ne promets rien. J'essaye d'écrire un peu plus de textes. Et puis, je veux tout contrôler. Pour que tout soit parfait. Je suis aidé pour les textes de mes chansons. Effectivement, je passe beaucoup de temps à travailler les mélodies. C’est ce qui me passionne, en fait. De nouvelles chansons sont en chantier…

Ton single « Fou » est diffusé sur toutes les ondes. Ton nom est sur toutes les lèvres. L'année 2014 sera celle d’Antoine Chance ?

Je n’en sais rien. Ou alors, tous les gens que je rencontre sont soit des amis ou des ennemis. On me dit souvent que je cartonne et qu’on m’entend partout. Effectivement, le disque marche plutôt bien. Mais en même temps, depuis 2010, j’espère chaque fois que ce sera la bonne année. Et finalement, nous sommes déjà en 2014…

« Fou d'Amour », s'adresse-t-il à ton épouse ? Es-tu fidèle ? Es-tu un grand sentimental ?

Je ne suis pas fidèle du tout. Ainsi, elle va apprendre aujourd'hui. Je ne voulais pas lui annoncer. Je plaisante bien sûr. Oui, je suis extrêmement fidèle. Je suis plutôt un sentimental, quelque part, un romantique.

C’est la lune qui t’a inspiré pour « La Nuit Interpelle » ?

Que veux-tu que je réponde à cette question ? La  lune est toujours une source d’inspiration. Mais je n’ai jamais écrit de chanson au sujet de la lune.

Sur la nuit, oui !

« La Nuit A Ses Défauts » est une belle chanson. Je ne signe pas les textes ; mais c’est une belle chanson.

« Sur l'Asphalte » raconte ton parcours, ton histoire…

Je ne suis pas non plus responsable des paroles. En fait, c’est assez amusant, pour cette compo, j’ai envoyé à Marcel Khange, le parolier, quelques indications personnelles. Et résultat, elle colle parfaitement à mon parcours. L’autre jour, j’ai écrit le texte d’une chanson, en m’imposant de ne pas parler de ce dont je te parle ; et j'en parle quand même. Parfois, on se laisse un peu embarquer. Lors d’une émission, dernièrement, j’ai entendu Gainsbourg déclarer que c'est le mot qui donne l'idée ou l'idée qui donne le mot. Pour lui, c'est le mot qui donne l'idée. C'est donc ainsi. Chacun a sa vision des choses. Je suis assez d'accord à ce sujet.

Cette compo me fait quelque part, penser à Coldplay…

La démo, au départ, évoquait un peu Agnès Obel. Coldplay ? Peut-être. J'aimais vraiment bien. Mais aujourd’hui, c'est devenu une grosse machine. Il y a un bout de temps d’ailleurs. Ce qui est sujet à la critique, évidemment. Chris Martin est un poète. Il a quelque chose dans la voix et dans son écriture qui me touche.

« Qui c'est » adresse-t-il un clin d’œil à Bowie ?

Oui. Bowie est une sacrée référence. L'idée est venue naturellement. L'histoire de la guitare, c'est celle du batteur en studio. Il ne joue pas de guitare. Elle est drôle cette chanson. Mais au fil du temps, on l’a remaniée. Au départ, elle était plus mélo, plus Coldplay. C'est devenu un truc un peu rigolo, où on a ajouté des ‘claps’, aussi.

As-tu prévu de sortir un second single ?

Oui et c'est « Parader En Enfer ». On s’est rendu compte qu’elle avait une certaine pêche, qu’on ne retrouve pas sur disque. On l'a donc retravaillé. Pour l’adapter à la scène.

Antoine, la toile et les réseaux sociaux, est-ce important pour toi ?

Oui, très important. Essentiel, même. Je ne suis pas accro à Facebook. Mais je me suis inscrit sur des tas de réseaux sociaux. Je dispose même, depuis peu, d’un compte Twitter, que je n'utilise presque jamais.

Espères-tu décrocher un prix aux Victoires de la Musique ?

Un paquet ! Je ne sais pas… A vrai dire, l'album n’est pas distribué en France. En Belgique, on peut toujours espérer un ‘Octave de La Musique'. Peut-être…

 

jeudi, 18 décembre 2014 00:00

Dance avec Furu…

C'est la toute première fois que votre serviteur assiste à un spectacle de ce type. Un film projeté lors d’un concert. Et cet événement se déroule à l'Ancienne Belgique. Pour la circonstance, elle a été transformée en salle de cinéma. En mode 'théâtre assis' de luxe, pour être plus précis. Et la date est sold out depuis longtemps. Une petite tartiflette et zou, on se place dans la file. Ouverture des portes à 19h30 et direction le troisième rang. La séance débute à 20h30 précises. Le film s'intitule : « Dance ! Dance ! Dance ! ».

Arsenal a déjà monté ce type de projet. D’abord lors de la sortie de l’elpee « Outsides ». Pour un documentaire paru en Dvd. Ensuite pour celle de « Lotuk ». Quant à « Paper Trails », série destinée à la chaîne de TV Canvas, indépendante de l'album « Lokemo », elle permettait à Hendrik de partir à la recherche des racines de ses romans préférés (« La ballade de l'impossible de Murakami »), au pays du Soleil levant. Hendrik, John et Mario Goossens (batteur de Triggerfinger) ont également collaboré à la réalisation d’une B.O., consacrée à une autre série, « De Poolreizigers », en 2007. Tourner un film est onéreux. Bien davantage qu’un documentaire. 13 personnes ont participé à la réalisation de « Dance ! Dance ! Dance ! ».

Le scénario est basé sur l'histoire de Natsuko, une jolie jeune femme, confrontée à une loi de 1948, tombée dans l'oubli, qui interdit de danser à Tokyo. Pendant sa quête, elle croise la route d'un DJ japonais, Furu, qui joue les derniers disques de sa carrière.

Le tournage du film s'est déroulé à Iwate, un petit village côtier au nord du Japon, et à Sendai, près de Fukushima. L'équipe a vécu un tsunami, entraînant des vagues de 10 mètres de haut, sur le premier lieu. Mais aussi un mini tremblement de terre, sur le second. Ces péripéties sont également relatées à travers les images…

Dj Furu habite au 26ème étage d'un immeuble de Tokyo. Et chaque soir, il revoit se noyer, devant sa fenêtre, la fille laissée à la campagne, morte à cause du tsunami. Elle flotte comme une sorte de créature marine et disparaît au lever du soleil. Durant toute la projection, cet ange blanc va nous poursuivre. Le mot japonais 'Furu' signifie 'tomber', mais aussi 'rejeter' et 'larguer'. Furu est hanté par les démons du passé et pousse le spectateur à se remettre en question. Au fait, chacun pourra interpréter le film à sa manière pendant les 70 minutes de projection/concert.

Les musiciens d’Arsenal sont fascinés par l’image depuis bien longtemps. Mais si ce film a été tourné au Japon, le concept est destiné de permettre au public d’entrer et de sortir du film sur la musique ; ainsi l’a conçu Hendrik Willemyns, bien avant le montage de « Dance! Dance! Dance! »

La réalité est telle qu'aujourd'hui le geste est joint à la parole. Après la première au Festival du Film de Gand (le 22/10/2014), Arsenal part en tournée pur présenter sa création hybride entre film et concert. Il ne faut surtout pas oublier qu' Hendrik a suivi une formation de monteur et d'ingénieur du son à l'école bruxelloise RITS. Le son est important pour Arsenal mais l'image également. Arsenal ne fouille pas dans le passé, il est perpétuellement tourné vers l'avenir. Chaque album est conceptuel et baigne dans une ambiance spécifique. Et world le plus souvent. En puisant notamment dans la culture brésilienne, indienne et japonaise en ce qui concerne « Furu ». Un concert du band est une grande fête à la musique au cours de laquelle il participe.

L’intro est mystérieuse. Il s’agit de « Temul (Lie Low) ». Le trio est placé juste derrière l’écran de projection. A droite, le chanteur/guitariste/bassiste John Rohan. Au centre, Hendrik Willemynsse. Il se consacre aux machines et synthés. A gauche, le gratteur Bruno Fevery. Ils sont coiffés d'une tête de dragon japonais. En arrière-plan, une toile représente les tours de la ville de Tokyo (un décor déjà utilisé lors des précédents spectacles). Pas de Lydmor, Léonie ni de Mirko, Arsenal est réduit à un trio. La projection du film peut commencer. Les dialogues sont en nippon et les sous-titres en anglais et néerlandais. Derrière l'écran, c'est du live, pas des bandes enregistrées. Des spots accentuent les ombres des performers derrière l'écran, sur lequel l’ange blanc (la jeune fille japonaise) tourne au centre.

Retour au film. Parfois déroutant, il baigne au sein d’une ambiance énigmatique. La séance est émaillée de compos issues des différents albums du groupe, mais également nouvelles. Résolument électro/dance (comme dans le titre), elles invitent le spectateur/mélomane à la réflexion, même quand le spectacle tourne à la dérision. Si on coupait le son pour uniquement laisser les images défiler, on n’entendrait pas une mouche voler. Le public reste bouche bée devant un tel chef-d'oeuvre. Et lorsque l’écran se relève, à la fin de la projection, il applaudit à tout rompre les trois prodiges… 

(Organisation : AB)

 

vendredi, 19 décembre 2014 00:00

Un concert d’anthologie…

Rebaptisé Nits pour la circonstance, The Nits fête ses 40 ans d’existence. Une carrière longue, passionnante et riche en émotions. Au cours des années 80 et 90, j’ai eu la chance d’assister à une vingtaine de leurs concerts. Quelquefois à l’AB. Souvent chauffée à blanc. Depuis le début du nouveau millénaire, le combo s’est montré plus discret, opérant quand même un retour fracassant, l’an dernier, dans une même salle comble. J’attendais donc impatiemment ce 19 décembre, pour enfin les revoir. L’AB est à nouveau sold out et le concert sera proposé en mode théâtre semi-flex-assis. L’auditoire est partagé entre aficionados, jeunes et quinquagénaires.

La naissance des Nits remonte à 1974. A ses débuts, le band pratique une forme de new wave, avant d’évoluer vers un style plus personnel, néanmoins largement influencé par les Beatles et les Kinks. Mélodique, entraînant et chargé d’humour, leur pop/rock se caractérise alors par des mélodies subtiles aux refrains contagieux. Ce qui n’empêche pas les compos de s’avérer complexes, atmosphériques ou encore expérimentales. Et surtout de devenir intemporelles. En fait, si le combo prend des risques, ils sont judicieux et calculés.

Au cours de ce spectacle, il va nous permettre de redécouvrir quelques perles irrésistibles. Un show au cours duquel Henk va s’attacher à présenter chaque chanson, en racontant une petite histoire, afin de tenir le public en haleine. Et c’est dans un climat de recueillement qu’il va célébrer sa messe aux hits qui vont s’égrener, pour le plus grand bonheur de nos oreilles…

Pas de supporting act. Le trio débarque, comme d’hab’, un grand sourire aux lèvres. Henk Hofsted, le ‘serial lover’ de ses dames se plante au centre de l’estrade. Il se consacre au chant, à la guitare et aux ivoires. Son piano est placé derrière lui. Robert Jan Stips s’installe à gauche. Il se charge des synthés. Et Rob Kloet, à droite, sur un petit podium. Il est préposé aux drums. Les musicos sont placés en ligne, histoire d’exprimer un partage des rôles au sein du line up. Des images vont défiler sur les trois écrans, placés derrière les artistes. Enfin, quoique discret, le light show va s’avérer particulièrement efficace, tout au long des 120 minutes (et même plus !) de concert...

« Radio Shoes » ouvre le set. C’est un extrait de « Giant Normal Dwarf », paru en 1990. Les interventions à la flûte de pan sont remplacées par celles du synthétiseur. Mais on sent déjà l’émotion qui vous envahit. Et pour cause, des tas souvenirs vous traversent l’esprit. L’auditoire connaît le refrain de « dAdAdA » et ne se prive pas de le reprendre en chœur. Les eighties ont alterné le pire et le meilleur. Nits en est une belle preuve. Issu d’« Omsk », publié en 1983, « Nescio » est ainsi une véritable perle. A cours de « Ting », Henk joue… du triangle. Mais deux claques nous attendent, deux hits ; en l’occurrence « The Train » et « Cars And Cars ». J'attendais impatiemment ces compos, tellement ‘beatlenesques’. L’instrumentation est d’une précision extrême. Le son cristallin. Les mots sont justes. Et le sens mélodique est irrésistible. Notons que pour confectionner la setlist, à trois reprises, Henk va solliciter la foule pour lui demander le choix entre deux chansons. Il semblerait d’ailleurs que ce concert serve de test pour concocter un répertoire en forme de ‘best of.’ De quoi tendre vers la perfection voire atteindre le max d’intensité émotionnelle. A l’issue de chaque chanson, les applaudissements sont nourris et durent parfois de longues minutes. Les artistes semblent prendre grand plaisir sur le podium ; et tout en savourant le succès récolté, ils remercient régulièrement l'assemblée conquise.

Gravée en 1984, « Adieu Sweet Bahnhof » est une œuvre que votre serviteur adore. Je l’écoute encore aujourd’hui. Le titre maître constitue dès lors la cerise sur le gâteau, un diamant à sortir précautionneusement de son écrin. Sans trop savoir pourquoi, j’ai envie de la siffloter ; sans doute, est-elle encore contagieuse...

« Think It Over » est également tiré du même elpee. A cet instant, je jubile. On arrive à la fin du concert. Après « Christine's World », « A Touch Of Heavy Moore », « Dapperstreet », il s’achève par “Port Of Amsterdam». Du grand art ! L’auditoire leur réserve une standing ovation bien méritée.  

Mais impossible de ne pas prolonger ce moment de bonheur. Les Nits reviennent pour « The Swimmer » et « The Dutch Mountains ». On est le cul par terre. Et un deuxième encore nous plonge dans une ambiance country/americana, à travers « J.O.S. Days ». Jamais deux sans trois, puisque ce concert d’anthologie va se conclure par « Aloha Drums » et ensuite une reprise étonnante du « Tomorrow Never Knows » des Fab Four.

Même s’ils sont issus du Vieux Continent, les Nits appartiennent à l’histoire du pop/rock. S’ils avaient été insulaires ou yankees, il seraient sans doute devenus aussi célèbres que U2 voire les Stones, mais en célébrant ce succès à échelle humaine. Rendez-vous en avril 2015, à Ath, pour un autre rendez-vous mémorable !

(Organisation : Ancienne Belgique)

samedi, 20 décembre 2014 20:07

Europa

Aka William Johnson, Holly Johnson est né à Liverpool, le 9 février 1960. Chanteur et compositeur britannique, il est surtout connu pour avoir drivé Big In Japan et Frankie Goes To Hollywood. Issu de la mouvance punk rock/new wave, il joue d'abord de la basse au sein du premier. Et publie deux singles en solitaire. En 1982, il passe chez le second comme chanteur et parolier. L’année suivant FGTH grave son premier single : « Relax ». Les lyrics, la pochette et la vidéo soulèvent l’indignation. Et la censure de la BBC. Ce qui va contribuer à la notoriété du combo. C’est à cette occasion qu'Holly Johnson et Paul Rutherford, un autre membre du groupe, révèlent leur homosexualité. FGTW va aligner toute une série de tubes : « Two Tribes », « The Power Of Love », « Welcome To The Pleasuredome », « Rage Hard », jusqu'en 1987. Après une tournée européenne, le band se sépare. A l’instar des autres membres de la formation, Holly Johnson se lance dans une carrière solo. Il décroche une nouvelle fois un numéro 1 en Angleterre, grâce au titre « Blast ».

En 1991, Holly Johnson apprend qu'il est séropositif. Il se retire du monde musical et rend public le diagnostic, deux ans plus tard. Depuis, il se consacre essentiellement à la peinture. Il expose ses œuvres même. Mais en 1994, il publie une autobiographie encensée par la critique. Après plus de 15 ans d’absence, il est de retour sur son propre label Pleasuredome, pour ce nouvel opus, un disque produit par Mark Ralph (Hot Chip, Franz Ferdinand).

« Follow Your Heart » ouvre l’elpee. C’est le single qui préludait sa sortie. Les eighties sont de retour ! Pas mal ! Mais pas percutant, non plus. Il y manque la magie. Une plage inoffensive parsemée de quelques sonorités électroniques. « In And Out Of Love », « Heaven's Eyes », « So Much It Hurts » passent correctement la rampe. Empreint de tendresse, « Dancing With No Fear » est une invitation à rejoindre le dancefloor. « Europa » et « Glorious » constituent certainement les meilleures plages du long playing, mais elles nécessitent plusieurs écoutes avant d’être appréciées à leur juste valeur. « Hold On Tight », « Lonesome Town », « You're In My Dreams Tonight » et « The Sun Will Shine Again» repassent les plats. Bref, j’espérais un come-back flamboyant. Espoirs déçus. La version de luxe recèle deux bonus tracks, « Europa » (Original Version) et « So Much It Hurts » (Piano Version). Une déception !

 

dimanche, 14 décembre 2014 00:00

Un des meilleurs concerts de l’année…

Ce 14 décembre, la Rotonde accueille un groupe qui nous vient du Pays du Matin Calme. De la Corée du Sud, si vous préférez. Un événement, car les Européens connaissent très mal la scène asiatique, sauf peut-être japonaise. En outre, cette République exporte très peu ses artistes. La salle est à moitié vide. Ou pleine si vous préférez. Et pourtant, Jambinai va nous accorder un remarquable concert. Et jamais je n’imaginais que j’allais assister l’un des meilleurs de cette cuvée 2014… 

Le line up de Jambinai réunit deux filles qui se consacrent à des instruments traditionnels coréens et asiatiques ainsi qu’un guitariste (NDR : talentueux, je vous le précise) ; un trio rejoint après les trois premiers morceaux par Myounghoon Ryu, le drummer, et Dokyo 13, dont la basse compte 5 cordes. Les bios annoncent un des groupes les plus novateurs de la scène sud-coréenne, parce qu’il est parvenu à créer une nouvelle forme de musique mêlant, sans tomber dans la dissonance, tradition et modernité. Soit un subtil cocktail de heavy post rock, de folk, d’électro et de tradition indigène. A ce jour, la formation n’a gravé qu’un seul elpee, « Différance » ; et la sortie d’un nouvel Ep est prévue pour 2015.

Tous les musicos sont assis, et derrière son imposant geomungo (une sorte de cithare coréenne), Eun Young Sim l’est en mode jogi. Elle pince ou frotte ses cordes à l’aide de bâtons en bambou de longueurs différentes. Elle s’installe à droite sur une petite estrade. Elle joue également du xylophone. Celle de gauche, Bomi Kim, se réserve le haegeum, un vieil instrument à cordes frottées semblable au ehru chinois. Il a été imaginé, il y a environ mille ans environ. Il est formé d'une caisse de résonance en bambou ou en bois, tendue par une peau de serpent à une extrémité de la tige, et les deux cordes sont frottées par un archet à crin de queue de cheval. Grâce à son timbre mélodieux, le haegeum sert non seulement à accompagner la musique vocale et instrumentale, mais aussi à se produire en solo à partir du XXe siècle. Depuis cette époque, l'art d'interprétation soliste de l'haegeum s'est développé rapidement, les techniques d'interprétation et la composition musicale se sont enrichies tout comme la construction de l'instrument s'est améliorée. Le point central est certainement le guitariste Ilwoo Lee qui joue également du piri (flûte en bambou), du taepyongso (petite trompette coréenne) et se sert d’une loop machine. Ilwoo est le seul artiste à s’exprimer dans la langue de Voltaire. Il nous confesse avoir entamé sa tournée en mai dernier, au club de l'AB, et la terminer devant nous. Très souvent, lors de l’ultime date d’une tournée, les artistes se lâchent et donnent tout au public présent. Ce sera bien le cas ce soir.

Les trois premières chansons sont assez déroutantes. Ambient, même. Et elles vous nous plonger, pendant un bon quart d’heure, dans le monde de l’Orient. Les riffs de guitare languissants et les sonorités étranges dispensées par les instruments de Bomi Kim et Eun Young Sim accentuent cette impression. Un morceau de plus, et on tombait dans les bras de Morphée. Or, c’est à partir de ce moment que le groupe va totalement changer de cap, pour embrasser une forme bien plus énergique, voire métallique. Soit lorsque la section rythmique fait son apparition. Une bonne demi-heure au cours de laquelle je me suis demandé si je n’assistais pas à un concert de Nirvana ou de Metz. Tout le monde reste cependant en position assise ; ce qui n’empêche pas le climat de se charger d’intensité. Eun s'emballe sur son instrument, l’empoigne à bras le corps et le triture alors que Bomi en extrait des tonalités mélancoliques et lancinantes, semblables à des violons. Les parties vocales sont assez rares, et ne sont que féminines. Des interventions atmosphériques abordées dans l’esprit d’un Sigur Rós.

Puis la section rythmique vide les lieux, sur la pointe des pieds. Laissant Jambinai en revenir à une formule plus paisible, mais toujours aussi fascinante. Pendant 30 bonnes minutes. Bref, finalement, j’ai vécu un des meilleurs concerts de l’année. En mai dernier, le set du trio nippon ZZZ's m’avait impressionné. Signe que cette scène asiatique est en plein ‘boom’…

(Organisation Botanique)