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Twin Temple, amants maudits ?

Établis à Los Angeles, Alexandra et Zachary James, mariés à la ville, publieront leur troisième elpee, « Doomed Lovers », le 23 octobre sur leur propre label, Pentagrammaton Records, distribué à travers le monde par Secretly Distribution. L'annonce survient…

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Dernier concert - festival

Afghan Whigs
Editors
Bernard Dagnies

Bernard Dagnies

vendredi, 31 décembre 2004 02:00

How to dismantle an atomic bomb

Vous avez acheté le nouveau U2, en gobant tout ce que les médias vous ont raconté. Même qu’ils affirmaient que le quatuor irlandais avait retrouvé la pêche de ses débuts. Et de « Boy », en particulier. Faut dire qu’à l’écoute de « Vertigo », matraqué sur toutes les ondes, il était difficile de ne pas tomber dans le panneau. Vous regrettez déjà votre achat ? Fallait vous méfier et lire la presse indépendante. Bon, oui c’est vrai, Musiczine ne l’avait pas encore chroniqué. Mais, en général, lorsque nous passons au-dessus d’un album, c’est qu’il n’est pas incontournable. Maintenant, il faut quand même reconnaître que cet opus recèle quatre très bonnes chansons. Le single, bien sûr. L’excellent « Love and peace », composition novatrice, sur laquelle le tandem Eno/Lanois a été reconstitué pour la mise en forme. Le pétillant « All because of you » ; et puis le rafraîchissant et bringuebalant « Crumbs from your table ». Des morceaux sur lesquels la guitare de The Edge a retrouvé tout son tranchant. Et la collaboration de Steve Lillywhite à la production (« Boy », « October », « War », « Under a blood red sky »), n’y est pas étrangère. En outre, les lyrics sont toujours aussi puissants, lucides et humains (NDR : le père de Bono est décédé et il lui rend hommage à travers deux chansons). Bref, tous les ingrédients étaient réunis pour confectionner une petite bombe. Malheureusement démantelée par les 7 autres compos qui oscillent entre le banal et le prévisible en passant par le dispensable. 3,6/10.
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Det er mig der holder traeerne sammen

Under Byen (NDR: prononcez ‘Oonda Pooyen’) nous vient du Danemark. D’Aarhus, très exactement. Une formation composée de la bagatelle de huit musiciens. Quatre garçons et quatre filles. Un line up au sein duquel les parties de guitares sont plutôt rares. Mais qui recèle notamment un claviériste/pianiste, un drummer, une bassiste, une violoncelliste et un violoniste. Les autres se partageant une foule d’instruments dont les percussions, le mélodica, les claviers, l’ukulélé, le trombone, la lapsteel et autres éléments insolites ou issus de la technologie moderne. Plusieurs membres du groupe avaient participé à la confection de l’album de Howe Gelb, « The Listener », paru en 2003. Et puis la formation s’est déjà illustrée en composant la bande sonore de longs métrages, ainsi que de pièces de théâtre. Pour enregistrer cet elpee, le band a reçu la collaboration de quelques cuivres. Et puis, il y a la chanteuse, Henriette Sennenvaldt. Responsable des lyrics, elle possède une très belle voix. Dont le timbre velouté, sensuel, rappelle Björk, mais sans les inflexions furieuses et énervées. Eponyme, leur premier elpee avait bénéficié de la collaboration de Manne Von Ahn Öberg », responsable de la mise en forme de « Star », opus de Stina Nordestam. Ce qui explique sans soute pourquoi il était également tapissé de cordes. Une artiste à qui, Under Byen voue une grande admiration. « Det er mig der holder traeerne sammen » se révèle beaucoup plus équilibré, affichant pour dénominateur commun le piano. Naviguant quelque part entre jazz, folk, pop, rock, classique et trip hop, cette œuvre nous plonge dans un univers visionnaire, impressionniste, mystérieux presque féerique. Chaque musicien y joue sur les textures et les couleurs sonores pour construire un paysage émotionnel au sein duquel on a l’impression qu’Henriette chuchote des mots voluptueux au creux de votre oreille (NDR : elle chante en danois, alors ne me demandez pas ce qu’elle raconte ; et puis, c’est toujours mieux de fantasmer, quand on ne comprend rien…) Mais si la musique d’Under Byen concède d’inévitables affinités avec celle de Björk et de Stina Nordestam, elle lorgne aussi vers des ensembles aussi atypiques que Portishead et Sigur Ros. Et un artiste aussi intemporel que David Sylvian. Construite en crescendo, les 12 minutes du final « Om Vinteren » en sont la plus belle illustration. Une plage splendide, envoûtante : un escalier pour la stratosphère…
mardi, 21 avril 2009 22:34

Megaphone’s Judas

Artiste complet, Juan d’Oultremont est surtout connu pour l’émission culte, « Le jeu des dictionnaires », qu’il présente sur la RTBF. Pourtant, il est également responsable de quelques clips et textes pour des tubes qui ont marqué les hit-parades. « Cœur de loup », entre autres. Il est également auteur de romans, de nouvelles et d’une pièce de théâtre ; et puis il a aussi dessiné des pochettes pour le label Blue Note. Enfin, en 2006, il avait commis un premier album, « Bambi is dead », déjà à l’initiative de Miam Monster Miam

Pour enregistrer ce second elpee, Juan a de nouveau bénéficié du concours de Miam. A la composition et à la production. Et on suppose, occasionnellement à la guitare acoustique. Des beats du Dj de Starflam, Mig One. Des vocaux de la comédienne Isabelle Wery sur le titre maître, un pastiche morbide de l’Eurovision (« Suicide one point ») et sur l’argotique « Putain/Purée ». Les textes, vous vous en doutez, sont de la plume de d’Oultremont. Et croyez-le, c’est un fameux jongleur de mots. Cette prose s’avère même périlleuse lors des numéros-phares du spectacle, « Ma trapéziste » et « Cowboy », un drôle de mambo-électro. Un morceau en anglais : « Judas Escariot », sorte d’acrobatie improbable entre les Cramps, Depeche Mode et Sisters Of Mercy. On épinglera également un lugubre « Dolly » qu’il interprète d’une voix déclamatoire, en empruntant des inflexions à Léo Ferré. Des inflexions qu’on retrouve quand même régulièrement tout au long de l’elpee, même si parfois on a l’impression qu’il cherche à moduler son timbre comme Gainsbourg à ses débuts. L’univers de Megaphone’s Judas ressemble à un cirque. Sur la piste, tous les artistes se produisent au même moment. Sauf les clowns. Ils ricanent dans leur coin. Brrrr…

 

mardi, 21 avril 2009 22:32

Le cowboy et la call-girl

Jacques Duvall est surtout connu pour avoir écrit le fameux « Banana Split » pour Lio. Originaire de la région bruxelloise, ce parolier de l’ombre a aussi alimenté la prose des chansons d’Alain Chamfort, des Sparks, de Jane Birkin, de Lisa Ekdahl ou encore d’Etienne Daho. Entre autres. Certains de ses textes sont cependant restés sur le carreau. Et en 2006, il s’est décidé à récupérer certains d’entre eux pour concocter l’album « Hantises ». Elaboré dans le même esprit, « Le cowboy et la call-girl » constitue donc son deuxième opus. Un disque habillé d’une superbe pochette inspirée par la bande dessinée (NDR : on a presque envie d’entrer dans la bulle de ce ‘comics’ !)

Pour enregistrer cet elpee, Jacques a reçu le concours de toute une série de collaborateurs. Tout d’abord le Newyorkais Kramer. A la production (NDR : sa carte de visite épingle notamment Butthole Surfers, Half Japanese, Daniel Johnston et Perverted By Desire) ; mais également aux claviers et au mellotron. L’inévitable Benjamin Schoos. Surtout aux guitares. Normal, puisque ce disque est paru sur son label Freaksville. Et parmi les plus connus, on retiendra encore la présence de Thiery Commen à l’harmonica sur le blues lancinant, abordé dans l’esprit d’un Mark Knopfler, « Ougrée » ; ainsi que Jérôme Mardaga (Jeronimo !) à la steel guitar tout au long de « Marquise ». Vu le titre de l’album, on pourrait croire que la musique proposée lorgne essentiellement vers la country. Pas du tout. Elle privilégie surtout le psyché/blues/garage sixties. Guitares fuzz, torturées, vibrato, stax (« Ta main ») ou surf, claviers rognés, fluides, r&b, voix de crooner, caverneuse (NDR : une sorte d’hybride entre Bashung et Renaud), harmonica hanté (NDR : sur « Comme le font les femmes », un pastiche du « Just like a woman » de Bob Dylan), un zeste de chœurs doo-wop féminins (« La poupée borgne »), du yé-yé (NDR : la ritournelle « Raconte-moi ») et même un slow crapuleux, caressé par le souffle d’une trompette langoureuse, en finale (NDR : le titre maître). Une plage radicalement psychédélique : « Marianne Renoir », tramée dans un style proche de Galaxie 500 (NDR : tiens, tiens, n’est-ce pas Kramer qui avait mis en forme le premier elpee de ce trio mythique ?) Bref, un disque qui tient la route, même si ce décalage entre la solution sonore et les lyrics dans la langue de Molière pourrait heurter les puristes…

 

vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Cabin in the sky

“Cabin in the sky” est donc l’album de la reformation pour Tuxedomoon. Nous avions déjà eu l’occasion d’apprécier l’un ou l’autre titre lors de leur prestation accordée dans le cadre des Nuits du Bota, en septembre dernier. Mais vu le perfectionnisme affiché par le groupe en studio, il était assez difficile de se faire une idée exacte du produit fini. Et comme Steven et Blaine nous le confiaient à cette époque (voir interview), il est beaucoup plus instrumental. L’absence de Winston Tong n’explique pas tout, puisque les musiciens ont décidé de consacrer le ventre mou de cet opus à l’expérimentation. Au sein de laquelle l’électronique a une place de choix. Un disque pour lequel ils ont reçu le concours de John McEntire (le leader de Tortoise), des post rockers allemands Tarwater, Aksak Maboul, Marc Collin, Juryman et Dj Hell. Bref des artistes contemporains qui tirent largement parti de la technologie moderne. Au cours de cette phase torturée, plus complexe, on navigue allègrement du jazz (Miles Davies ?) au classique (Debussy ?) en passant par la prog (King Crimson circa « Islands » ?), l’ambient (Eno ?) et l’électro-atmosphérique (NDR : bien évidemment !). Et la liste n’est pas exhaustive. Après avoir traité du cœur de l’opus, venons-en au corps. La tête tout d’abord. « A home away » et « Baron Brown », deux fragments énigmatiques, mystérieux, qui s’inscrivent parfaitement dans la lignée de « Desire » : basse pulsante, cuivres reptiliens, boîte à rythmes capricieux, voix caverneuse… Tout y est ! Dans un univers qui baigne au sein d’un climat hypnotique, envoûtant. Chanté en italien par Reininger sur un ton cabaret, « Diario di un egoista » constitue le parfait pastiche de Paolo Conte. Toute l’œuvre véhicule d’ailleurs un feeling cinématographique, projetant même des images de films noirs ou romantiques. Quoique instrumental, le remarquable « Annucialto » est tramé sur un piano sonore. Légèrement tapissé de bruitages psychédéliques, il me rappelle le célèbre « How much are they ? » de Holger Czukey, Jaki Libezeit et Jah Wobble, mais en moins rythmé. Une composition reproduite en final de l’elpee, mais sous une version différente. Et puisqu’on en vient aux jambes de « Cabin in the sky », Blaine emprunte un timbre de crooner ( Neil Diamond ?) pour interpréter le fragment le plus accessible, « Misty blue » ; alors que le festif, très orienté dance « Luther Blisset » réalise un cocktail plutôt réussi entre cuivres et percussions tribales. En commettant un tel opus, Tuxedomoon déjà réussi son come-back…
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

She loves you

On savait que Greg Dulli adorait reprendre les chansons des autres ; un peu comme s’il cherchait à exorciser ses propres influences. En outre, son timbre vocal âpre, tourmenté, sensuel et ténébreux est taillé pour la soul moderne ; ce qui lui permet d’être particulièrement à l’aise lorsqu’il doit tenter ce type d’exercice de style. En 1992, flanqué des Afghan Whigs, il avait déjà consacré un Ep à des covers de Percy Sledge, d’Al Green, des Supremes et de quelques autres. Pour son troisième opus commis en compagnie des Twilight Singers, il a décidé de d’adapter 11 chansons issues d’horizons les plus différents, dont les plus notoires sont signées Björk, Billie Holiday, Fleetwood Mac, Marvin Gaye, John Coltrane, Nina Simone, Hope Sandoval et Mary J. Blige. Et le résultat est franchement à la hauteur. Dans un style qui rappelle le « Gentlemen » des whigs afghans. Parce qu’on y retrouve très souvent l’énergie rock qui en faisait tout son charme. Mais le plus étonnant procède de sa manière unique de se réapproprier les compos des autres. A un tel point que très souvent on reconnaît à peine la version originale. Ce qui ne veut pas dire que les Twilight Singers dénaturent leurs adaptations. Non, ils leur donnent simplement une toute autre dimension. Du grand art !
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Sideshow

Le 3 juillet, Mark Sandman, le chanteur/bassiste de Morphine, succombait à une crise cardiaque. A Rome. Au beau milieu d’un concert. Un an plus tard, Dana Colley (le saxophoniste) et Billy Conway remontaient un nouveau projet en compagnie de Laurie Sargent (NDR : l’ex chanteuse de Face To Face) : Twinemen. Toutes celles et tout ceux qui s’attendaient à un remake de Morphine en sont pour leurs frais. Bien sûr on retrouve le(s) saxophone(s) hanté(s), envoûtant(s) de Dana et les drums minimalistes de Billy. Mais la voix légèrement soul de Laurie semble surtout taillée pour la pop. Le trio a pourtant reçu le concours de toute une série de collaborateurs et puis se partage toute une panoplie d’instruments : depuis l’orgue au vibraphone en passant par l’harmonica, la guitare, les percus, et une variété de cuivres et d’instruments insolites ou pas. Malheureusement, il faut attendre la moitié de l’album et le bluesy « The definition of truth » pour se mettre quelque chose de consistant sous la dent (NDR : dans l’oreille ?) et surtout quitter cette mauvaise sensation de musique destinée à la bande FM américanisée. On a ainsi encore droit à « Saturday », sorte de rencontre hypothétique entre le Blues Explosion et Captain Beefheart, ainsi qu’à un étrange « A little strange » au cours duquel nos deux ex Morphine se décident enfin à tirer la couverture de leur côté. Mais lors du final, Dana décide à nouveau d’ouvrir la bouche et flanque toutes les bonnes intentions manifestées sur ce « Circle », terre (NDR : et ce n’est pas la faute à Voltaire !)
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Please yourself

A l’origine exclusivement attaché à la cause du blues, Fat Possum a donc décidé d’élargir son horizon sonore. Une seule condition : que le groupe soit inspiré par le blues. A quelque échelon que ce soit. Pas de problème pour Thee Shams, dont les maîtres répondent aux noms de Muddy Waters et de Howlin’ Wolf. Pourtant, le quatuor ne nous vient pas du Mississippi, mais de l’Ohio. De Cincinnati, très exactement. Et à l’instar d’Afghan Whigs (NDR : ou d’une manière plus contemporaine des Twilight Swingers), Thee Shams ont également un faible pour le rythm’n blues. Celui des Animals et surtout des Stones, pour ne rien vous cacher ! Un feeling blues ou rythm’n blues que le groupe filtre à travers un garage rock malsain, marécageux, au parfum sixties. Surtout lorsque l’orgue hammond rogne les mélodies. A cet instant, Sam the Sham & the Pharoahs ne sont vraiment pas loin. Pourtant, l’expression sonore peut prendre une forme plus sauvage, plus aride, réminiscente des Troggs (« Can’t fight it »), les lyrics focalisés sur la luxure et la perversion accentuant cette impression. Des lyrics chantés par la voix graveleuse, trempée dans le whiskey de Zachary Gabbard. Dans le registre, la cover du « If you gotta go » de Dylan est superbement écorchée. Et lorsque le combo s’aventure dans le psychédélisme mystique (NDR : allo la terre !), c’est à 13th Floor Elevators qu’on se met à penser (NDR : qui a dit hallucinogènes ?). Bref, un chouette album, même s’il trempe allègrement dans le revivalisme. Mais pourquoi je n’ai parlé ni de la pochette, ni de l’harmoniciste ?
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

18 monkeys in a dead man´s chest

“18 monkeys in a dead man’s chest” constitue le troisième album studio de David Thomas & the Two Pale Boys. David Thomas s’est rendu surtout célèbre pour avoir fondé le légendaire Pere Ubu en 1975, une formation avant-gardiste qui a exercé une énorme influence sur toute la scène pop/rock et en particulier le courant industriel de la fin des seventies. Les Two Pale Boys sont incarnés par Keith Moliné et Andy Diagram. Guitariste et violoniste, le premier milite chez They Came From The Stars I Saw Them et collabore à Infidel et Mesmerist. Trompettiste, le second est mieux connu pour avoir sévi chez James au début des 90’s ; même si aujourd’hui ses projets répondent aux noms de Dislocation Dance, The Diagram Brothers, The Honkies et les Spaceheads. Point commun, les trois comparses sont particulièrement branchés sur la musique électronique et expérimentale. Découpé en neuf fragments, cet opus se révèle à la fois riche, sauvage et inspiré. Un voyage tour à tour expressionniste, mystérieux, fiévreux, furieux ou cinématique dans le monde crépusculaire du blues urbain. Parfois on pense au Birthday Party, parfois à Tom Waits, parfois encore à Nick Drake. Et même à un Vandergraaf Generator intoxiqué par le dub sur « Sad eyed lowlands ». Pas de drums ! Mais un fil conducteur : la voix miaulante, sombre et poignante de David qui filtre ses contes poétiques, visionnaires et torturés sur la nature humaine, à travers une texture où machines et instrumentation conventionnelle (violon, guitare, cuivres) se conjuguent, sans jamais se heurter. Plus qu’original : novateur !
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

From a basement on the hill

Difficile de chroniquer cet album sans évoquer le décès de son auteur. Qui se serait suicidé le 21 octobre 2003. Encore que le flou qui entoure les circonstances de sa mort mérite réflexion. Une chose est sûre, à l’écoute de son sixième opus posthume, les fans auront bien le droit de pleurer sa disparition. Car cette plaque est un petit chef d’œuvre. Oh oui, peu de plages sortent du lot. Pour la bonne raison qu’elles semblent former un tout. Et il est nécessaire d’écouter ce disque 4 ou 5 fois avant d’en capturer l’âme. Lors de son enregistrement, Elliott voulait qu’il soit double. Dans l’esprit du double blanc des Beatles. Rob Schnapf (le producteur du « Mellow gold » de Beck et de « XO » de Smith) ainsi que par Joanna Bome (The Minders, Stephen Malkmus & The Jicks) n’ont retenu que 15 fragments pour plus ou moins 56 minutes. Mais si les compos acoustiques évoquent le « White album », les titres électriques lorgnent davantage du côté d’« Abbey road ». Même le sens mélodique est aussi contagieux. Seule différence, mais elle est de taille, les chansons ne parlent ni des petits oiseaux (NDR : même si on entend épisodiquement quelques pépiements), ni des verts pâturages, mais de douleur, d’angoisse, de désir, de mélancolie, de regret, d’amour, de dépendance, de dépression, de solitude et de mort, thèmes qu’il développe avec cynisme et fatalisme, mais surtout un sens de la caricature et de la rime intelligente. Rien que les titres des chansons traduisent ces états d’âmes (« Don’t go down », « The last hour », « Memory lane », etc.) Un étalage d’émotions humaines responsable d’une progression lente et inexorable vers son suicide. Nonobstant ce contenu tragique, l’album parvient à vous bercer dans la mélancolie douce. Dans un style qui peut même parfois faire penser à Radiohead (« Strung out again »), à Mercury Rev (« King’s crossing »), mais avant tout aux Fab Four… L’album de l’année !