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Le rire de Will Paquin

Will Paquin sortira son premier elpee, « Hahaha », ce 12 septembre. Orienté guitare,…

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L’heure personnelle de Lucie Valentine

L'artiste belge Lucie Valentine dévoile « Minuit Moins Toi », le titre phare de son nouvel Ep éponyme. Une chanson touchante, lumineuse, qui célèbre le moment de bascule : celui où la douleur laisse place à la paix après une séparation. Née d’un atelier…

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Jean-Claude Mondo

Jean-Claude Mondo

mardi, 25 août 2009 23:31

Peace of mind

Originaire de San Francisco, Gail Muldrow fêtera bientôt ses 55 ans. Elle chante, mais se débrouille aussi très bien tant à la guitare, aux claviers, aux percus qu’à la basse. Une multi-instrumentiste quoi ! Son timbre vocal peut rappeler tantôt Aretha Franklin, Etta James ou encore Gladys Knight, alors que son jeu de cordes semble hérité de Jimi Hendrix, de Jimmy Page voire d’Albert Collins. Pas très banal, il faut le reconnaître. A l’âge de 17 ans, Sly Stone l’invite à rejoindre le Family Stone Band. Elle emprunte cependant un pseudo : Cousin Gale. Et épouse le profil funk de la formation. Elle va également militer au sein du Graham Central Station et du Johnny Otis Show, avant de consacrer davantage de temps à sa carrière individuelle. En enregistrant notamment toute une série d’elpees. Dont le premier, "Cleen spirit", remonte à 2003. Une œuvre campant un savoureux mélange de blues, funk, rock et R&B. Suite à une tournée accomplie en Italie, elle intègre l'agence de promotion italienne Feelin' Good. Ce qui lui permet d’enregistrer "It's my life". En 2007. Puis deux opus immortalisés en public. Le "Live at Jazz & Blues Festival, Rapperswil-Jona" ainsi que "Raw Live & Cool". Devenue l'égérie de l'agence italienne, elle remet le couvert en juillet 2007. Pour mettre en boîte cet opus, elle a bénéficié du concours d’une solide équipe transalpine. Tano Ro à la production ainsi que Tiziano Galli au mixing et à la guitare. Mais aussi d’une brochette de musiciens huppés issus de la scène de San Francisco. Et notamment le Ford Blues Band, c’est-à-dire le drummer Patrick Ford, le bassiste Dewayne Pate et l’harmoniciste Andy Just.

L’ouverture baigne manifestement dans le blues. Cette version dynamique de "You're so fine", vivifiée par la voix séduisante, puissante de Gail, est soutenue par les interventions d’Andy Just. Déterminé, il est au sommet de sa forme et souffle judicieusement dans son instrument. La première sortie aux cordes est concise, mais parfaite. La voix de Miss Mojo est élimée par ses multiples apparitions sur les planches. Ce qui inévitablement confère à la dame une fameuse présence scénique. Et "Moving on down the line" en est une belle illustration ; un morceau au cours duquel Just est omniprésent. Il semble avoir mangé du lion et se montre très souvent à son avantage. Quel plaisir de réentendre ce souffleur de grand talent. Qui multiplie les phrases assassines sur sa musique à bouche lors du blues lent "Along about midnight", une plage au cours de laquelle Gail se déchaîne aux vocaux. Son timbre a du vécu. Et la guitare suit cet organe à la trace. La cover du "Still a fool" de Muddy Waters est particulièrement énergique. Abordée à la manière de son vieil ami Howlin' Wolf, cette reprise est tramée sur une rythmique frénétique et hypnotique. "Peace of mind" change de registre. On retrouve les mêmes acteurs pour ce titre plus rock, Patrick Ford se chargeant de canaliser l'ensemble de ses drums. Une ballade légère : "Love sickness" ; avant un retour au Chicago blues plus classique. Tout d’abord "Got my mind back", dominée par la slide de Gail. Puis "Dope smoking blues", un shuffle parfaitement assimilé. Et pour cause ce petit bout de femme maîtrise bien son sujet, pendant qu’à ses côtés, Just est décidément insatiable. Une véritable lame de fond dévaste "Never enough". Andy Just se révèle boulimique en matière d'overblowing sur ce boogie, avant qu’extravertie, la guitare ne prenne le relais. Impressionnant ! D’excellente facture, cet opus s’achève sous les éclairs du rocker "T for Trouble". Une prestation 5 étoiles pour le tandem Gail Mojo Muldrow/Andy Just…

 

mardi, 18 août 2009 22:07

White lies for dark times

Ben Harper aime le chiffre 7. Il vient d’ailleurs de baptiser sa nouvelle formation Relentless7. Et sur la pochette de ce nouvel opus, le chiffre 7 est bien en évidence. Sur la face d’un dé ! Un disque pas trop surprenant, si on connaît la discographie de l’Américain, mais néanmoins différent du précédent elpee, "Lifeline". Les Innoncent Criminals ont donc cédé le relais à Relentless7. Un combo au sein duquel on retrouve Jason Mozerski, un gratteur qui avait participé à la confection de "Both sides of a gun", réalisé quelques années plus tôt. Le line up implique le bassiste Jess Ingalla et le drummer Jordan Richardson, des musiciens qui relèvent d’Olivier Future, une formation indie isue de L.A.

L’entrée en matière est un service gagnant. Un rock bluesy percutant et autoritaire intitulé "Number with no name". "Up to you now" baigne au sein d’un univers sonore proche de la quintessence de U2. Délicatement ciselée, cette plage met en exergue la voix angélique et impressionnante de Harper face à l'ensemble des cordes et aux percussions offensives de Jordan. "Shimmer & shine" s'ébroue sur une rythmique agressive, presque punk. Bien que ce titre sauvage dévaste tout sur son passage, on y décèle, paradoxalement, une subtilité instrumentale bien évidente. Une attaque féroce ronge "Why must you always dress in black", une compo au cours de laquelle la slide de Ben est bien aventureuse. Ballade soul, "Lay there & hate me" est mise à feu par les sonorités synthétiques et nous invite à danser. Les claviers sont très présents, mais la guitare est empreinte d’une grande sensibilité. Les premières notes d’"Up to you know" baignent dans la tendresse et la quiétude. Faut dire que Mr Harper pince délicatement les douze cordes acoustiques de sa gratte ; mais dès que l’amplification est rebranchée, un nouveau périple est proposé. Une douceur certaine a envahi "Fly one time" ; mais piqué par on ne sait quel insecte céleste, le quartet s’autorise une envolée dans l’audace, l’imagination et l’effervescence. Un riff rythmique puissant et bien carré introduit "Keep it together". Mozerski écrase ses pédales tandis que la voix s'envole ; une voix bien maîtrisée, mais contaminée par un zeste d'agressivité. Trempée dans le hard rock, cette compo témoigne de leur capacité à assimiler les sonorités d'antan. Les échange s’opèrent sur le fil du rasoir et libèrent une intensité surprenante. Les musiciens semblent prendre leur pied. L’esprit de Ben s’est complètement égaré sur "Boots like these". Il a emprunté le Bo Diddley beat. Totalement déjantée, la guitare sature l’espace sonore. Une fameuse aventure psychédélique ! La poésie naturellement troublante de Ben investit "The word suicide". Une émotion qu’il évacue sur le bouleversant "The word suicide". Derechef, l’interaction entre les guitares délirantes est délectable ; mais traduit le mal-être du chanteur! D’excellente facture, cet elpee s’achève sous une forme plus paisible. Bercé par un ballet de cordes acoustique, "Faithfully remain" est l’occasion pour Ben de clamer sa fidélité. Et pour que votre info soit complète, sachez que cet elpee a été coproduit par Harper et Danny Kalb! 

 

mardi, 04 août 2009 19:12

Roadmasters (Split cd)

Les deux formations s’estiment. Et parfois se permettent des apparitions dans les studios de leurs amis. Ce split Cd n'est donc qu'une demi-surprise. Trio teuton, Smokestack Lightnin' réunit le chanteur/bassiste Bernd Batker, le guitariste Frieder Graef et le drummer Michael Kargel. La discographie du combo est conséquente, tant en singles qu’en albums. Et lors de la confection de cette plaque, les Allemands de Smokestack Lightnin' étaient manifestement aussi motivés que les Belges de Seatsniffers.

L’expression sonore de Smokestack Lightnin' est plus propre, moins primaire. A la limite, elle me fait penser au rock'n'roll accessible de Dave Edmunds voire de Chris Isaak. Encore que, balayé par la pedal steel de l'invité Oliver Stangl, "Carter Cain" nous plonge dans l’univers de Johnny Cash. Plus rock, "Home in my hand" est soutenu par une rythmique tenace et répétitive, pendant que Peter Hoppe tapisse discrètement la trame sonore de son orgue. Graef est passé à la mandoline pour le folk blues rythmé "Leaving Louisiana in the broad daylight". Lugubre, "Lonely moon" constitue le meilleur moment consacré à Smokestack Lightnin'. Blafarde, la lune se reflète dans les marais louisianais. Issu des profondeurs de ces swamps, l’écho réverbère le chant de Trinah… Les percus sont dignes de la formation hollandaise T99 ; et elles excellent lors de la finale "The thunder rolls". Cet ensemble particulièrement original est sur le point de sortir un nouvel opus sur le label Hazelwood. Il s’intitule(ra) "Heads of agreement".

Les Seatsniffers ont toujours la pêche. La machine est parfaitement huilée. Dès l'ouverture, le "Treat her right" de Roy Head sert un subtil cocktail de R&B et de rockabilly, secoué par le sax hurleur de Roel Jacobs et la guitare déjà bien en verve de Walter Broes. Le traitement de la cover du "I'm a long gone daddy" de Hank Williams vaut un bon vieux rock'n'roll à la Chuck Berry. On imagine même Walter exécuter les pas de canard, sur les planches ! Quatorze années que les Seatsniffers suent sur les routes du rock'n'roll. Ce qui facilite les rouages. La formation anversoise a le bon goût de nous faire revivre l’époque des vieux juke-boxes. Ceux des fifties. En épinglant une version du "Envy" de John Loudermilk, une adaptation de "Weekend on Mars", en hommage à Lux Interior (NDR : le chanteur des Cramps, décédé en février dernier) et une cover insolente du "Belle amie" d'Art Neville, profilé à la manière du "Somethin' else" d'Eddie Cochran. Un peu de douceur quand même lors d’un "She's a yum yum" tapissé par la section rythmique à la fois solide et métronomique des frères De Houwer. "Black Jack David" clôt l’elpee. Un morceau traditionnel qui célèbre la rencontre entre le R&B convulsif et le country alternatif. Dommage que les albums des Seatsniffers soient toujours aussi courts !

 

mardi, 04 août 2009 19:10

Townes

Steve Earle est aujourd’hui âgé de 54 ans. Il est originaire de Virginie. Mais c'est en regardant vers le Texas et le Tennessee qu'il a trouvé sa voie musicale ; et notamment à l’écoute des disques de Waylon Jennings, Willie Nelson et… Townes Van Zandt. Steve souhaitait rendre un vibrant hommage à son ami et mentor : le chanteur/compositeur Van Zandt. Les deux hommes s'étaient rencontrés en 1972 à Houston, au Texas. Townes nous a quittés en 1997, il n'avait que 52 ans.

Le premier elpee d’Earle remonte à 1986. Il s’intitule "Guitar town". Steve a rencontré pas mal de succès dans sa carrière artistique mais aussi des échecs dans sa vie privée. Ainsi, ses quatre premiers mariages ont foiré. Dans la foulée, il se réfugie à Los Angeles, où il devient accroc aux drogues ; et notamment au crack! Il échoue ensuite à Nashville, mais toujours sous addiction. Ce qui va lui valoir une peine d’emprisonnement, d’une année, dans un pénitencier du Tennessee. Désintoxiqué, ce rebelle revient à la musique, et concocte toute une série de disques mêlant rock et country. Steve vit aujourd'hui à Greenwich Village. Il y a d’ailleurs enregistré son dernier opus.

Folk blues entraînant, "White freightliner blues" est soutenu par le violon enjôleur de Shad Cobb, la mandoline de Tim O'Brien et le banjo de Darrell Scott. Une solide participation qui confère une touche bluegrass à la plage. Une situation qui se reproduit encore sur "Delta Momma blues" et "Don't take it too bad". La plupart des compos de cet opus baignent dans un univers folk intimiste, privilégiant le plus souvent le chant et la guitare acoustique de Steve! Et "Colorado girl" en est la plus belle illustration. Ce qui ne l’empêche pas de se réserver l’harmonium sur "Loretta" ou de partager les vocaux avec son épouse Allison Moorer, pour "To live is to fly". Parmi les meilleures compos de l’elpee, j’épinglerai "Lungs", caractérisé par ses changements de rythmes et dynamisé par la six cordes largement déjantée de Tom Morello (NDR : le guitariste de Rage Against The Machine), le très rythmé "Where I lead me" et un blues intense d’une grande pureté intitulé "Brand new companion". Mr. Earle chante cette compo d’un timbre graveleux. Ses accords de gratte sont nonchalants. Il souffle dans un harmonica poussiéreux. La plaque recèle également un duo échangé en compagnie de son fils, Justin Townes Earle, lors de l’adaptation d’une des meilleures chansons de Van Zandt, "Mr Mudd and Mr Gold"…

 

mardi, 04 août 2009 19:01

Life death Live and Freedom

John est chanteur et guitariste ; mais également compositeur, acteur, réalisateur et artiste peintre. Agé de 58 ans, ce Yankee est originaire de Seymour dans l'Indiana. Il enregistre son premier elpee sous le patronyme de John Cougar. En 1976. Titre de ce long playing : "Chestnut street incident". Franchement rock à ses débuts, sa musique évolue progressivement vers le folk et la country. Mais pour marquer cette métamorphose, il se rebaptise John Cougar Mellencamp. Et c’est sous ce nom qu’il grave "American fool", en 82. Fin des 80’s, il abandonne le Cougar pour ne plus laisser subsister que John Mellencamp. Faut dire qu’il s’est déjà forgé une solide réputation. Une bonne dizaine d’elpees vont alors se succéder dont "Life death love and freedom", un disque paru l'année dernière, sous la houlette de T Bone Burnett.

Bien que cet artiste ne jouisse pas d’une grande popularité chez nous, il a quand même vendu un peu plus de quarante millions d'albums à travers le monde. En mars 2008, il a été intronisé dans le Rock'n'roll Hall of Fame. Il reconnaît pour influences majeures Bob Dylan, Woody Guthrie et les Rolling Stones. Au cours de cet été, il participe à la tournée nationale de Willie Nelson et du Bob Dylan show! Ce qui explique pourquoi son label a décidé de sortir ce premier album live officiel de l'artiste. Le titre est basé sur un jeu de mots. Il est identique à celui de l’album studio paru l’an dernier. Mais ‘live’ a remplacé ‘love’. Il en reprend huit plages ; les six autres n'ayant pas encore interprétées sur scène. Et propose les deux facettes de l'artiste : une électrique et une acoustique. L’acquisition de cet album n’est pas indispensable ; surtout si vous vous êtes procuré le précédent. Mais comme il est vendu à un prix fort intéressant…

"If  I die sudden" ouvre la plaque. Une plage explosive et largement amplifiée imprimée sur un tempo boogie. La voix de Mellencamp est puissante et ravageuse. Bref un départ chargé de promesses. La cohésion du band est remarquable. Faut dire que le guitariste, Mike Wanchic, épaule John depuis une éternité. Enfin, trente ans déjà ! Solide, la section rythmique réunit John Gunnell et Dane Clark. Ce qui n’empêche pas Miriam Sturm de se réserver quelques accès de violon en solitaire. Un riff sec et implacable sculpte "Troubled land", dans un style proche des Kinks originels. La voix de John est vraiment superbe. Elle est susceptible de se moduler suivant le rythme. Troy Kinnett balise à l'orgue Hammond, pendant que Wanchic s’autorise un dérapage contrôlé aux cordes. John empoigne une sèche et attaque "Don't need this body". Les chœurs sont assurés par le backing band. La sonorité de la guitare solo est vraiment étrange… Bien en place, la voix de John ne tremble jamais. Face aux cordes acoustiques, elle est même autoritaire sur les douloureux "Longest days" et "A ride back home". Il invite le public à reprendre en chœur le bref "Young without lovers". "Jena" marque un recours à l’amplification. Personnellement le meilleur moment de la prestation. Les échanges de cordes opérés entre Mike et le violon de Miss Sturm me rappellent ceux de Jorma Kaukonen et de Papa John Creach, dans les beaux jours du Jefferson Airplane. Ce concert de brève durée s’achève par "My sweet love", un morceau au cours duquel tous les musiciens entourent leur leader sur le devant de la scène. 

 

mardi, 28 juillet 2009 22:17

Live from Madison Square Garden

Ces deux musiciens peuvent se targuer d’avoir vécu une carrière extraordinaire. Et pour cause, il y a 45 ans qu’ils roulent leur bosse dans l’univers de la pop, du rock et du blues.

Dès ses débuts, Clapton est déjà surnommé le ‘God’ de la guitare. Il a transité par les Yardbirds, les Bluesbreakers de John Mayall avant de fonder le trio Cream. En 66. Trois ans plus tard, il monte Blind Faith, le premier super-groupe dont l’existence sera cependant éphémère. Steve Winwood participe cependant à cette aventure. Clapton embraie ensuite par les projets Delanay & Bonnie, Derek & the Dominoes, avant de finalement se lancer dans une carrière en solitaire. Et avec succès.

Winwood a fait ses premiers pas dans l’univers de la musique, alors qu’il avait à peine 15 ans. Au sein du Spencer Davis Group. Il fonde ensuite Traffic avant de rejoindre Clapton, Ginger Baker et Rick Grech au sein de Blind Faith. A plusieurs reprises, il va tenter de relancer Traffic ; même si sa carrière personnelle peut être considérée comme fructueuse.

Lors d’une des dernières tournées d’Eric et de son band, Winwood est invité à monter sur les planches. Nous sommes alors en février 2008. Une collaboration qu’il va apporter trois soirées consécutives, au Madison Square Garden de New York. Comme les vibrations sont excellentes, les deux musiciens décident de partir ensemble pour un nouveau périple. En 2009. Une aventure qui vient de s’achever en juin dernier. Et d’être immortalisée sur un double compact-disc d’une durée de deux heures. De quoi ravir les aficionados des deux sexagénaires.

Pour la circonstance, Eric et Steve sont épaulés par le bassite Willie Weeks, le claviériste Chris Stainton et le drummer Ian Thomas. Le tracklisting réunit des titres issus du répertoire de Blind Faith, de Traffic ainsi que quelques compos signées JJ Cale et Jimi Hendrix. Les deux stars se sont bien partagé l'affiche! Si fin 69, l’histoire de Blind Faith s’est conclue par un échec, Eric et Steve n'ont pas oublié ce bref épisode. D’ailleurs, ils interprètent quatre des six plages issues du seul et unique album, dont en ouverture, une excellente version de "Had to cry today". Winwood est aux vocaux, alors que Clapton se réserve un premier envol tout en concédant au passage un duel aux cordes en compagnie de son partenaire. Le tandem chante en chœur le "Low down" de JJ Cale. Steve chante vigoureusement le solide "Them changes". Issue de la plume de Buddy Miles, cette plage figurait sur l'elpee du Band of Gypsies de Jimi Hendrix. Clapton est euphorique. Il injecte une certaine agressivité dans sa voix pour attaquer "Forever man", un morceau extrait de son opus "Behind the sun", paru en 1985. "Sleeping in the ground" est un blues concocté par le regretté Sam Myers. Ce fragment figurait au répertoire de Blind Faith. Un titre que le combo avait d’ailleurs joué lors de leur tout premier concert, accordé au London Hyde Park. C’était en juin 1969, devant plus de cent mille personnes. La paire chante le superbe "Presence of the Lord", une compo caractérisée par ses changements de rythmes. Sans doute la meilleure chanson de Blind Faith. Et on a encore droit au "Well all right" de Buddy Holly ainsi qu’à "Can't find my way home".

Winwood a retenu quelques morceaux du répertoire de Traffic, dont l'intéressant instrumental "Glad". Ses accords de piano jazzyfiants pétillent face à l'orgue de Stainton (NDR : un ex-membre du Grease Band de Joe Cocker). Le subtil "Pearly Queen", ensuite. Et enfin, le doux et lent "No face, no name, no number", une chanson qu’il interprète en injectant une fameuse dose d'émotion.

De son côté, Clapton se fend d’une reprise du célèbre slow blues "Double trouble" d'Otis Rush. Son envolée aux cordes est magique. Puis embraie par son succès acquis chez Derek and the Dominoes, "Tell the truth".

Le second cd s’ouvre et se referme par des compositions de JJ Cale : "After midnight" et "Cocaine". Clapton est à la fête! Les deux têtes d'affiche se réservent quelques instants en solitaire. Eric Clapton lors du "Rambling on my mind" de Robert Johnson, qu’il exécute en acoustique. Et Stevie Winwood pour s’attaquer à l'orgue au "Georgia on my mind" de Ray Charles. Le duo n’a pas oublié leur ami disparu, Jimi Hendrix ; et lui rendent un hommage. Tout d’abord à travers une cover très réussie de "Little wing" et puis une version de plus de 16 minutes de "Voodoo Chile". Enfin, Winwood se réserve une de ses meilleures compos, "Dear Mr Fantasy", un morceau au cours duquel il se montre fin gratteur. Ce double album est excellent ; et il démontre toute l’étendue du talent de ces deux artistes qui sont parvenus à traverser plusieurs générations, tout en suscitant le respect…

 

mardi, 28 juillet 2009 22:01

Hills and valleys

Nous sommes à l’Ouest du Texas. Bien loin des grandes cités comme Dallas et Houston. Plus exactement dans une petite bourgade sise dans l’Amérique profonde. Répondant au nom de Lubbock. L'atmosphère y est calme. Propice à la préservation du folk et de la country. Y sévissent alors trois auteurs/compositeurs impliqués dans une communauté. Qui s’exprime à travers un projet commun : les Flatlanders. Né en 1972, il a permis à l’ensemble de se produire au festival folk de Kerrville ; mais s’est rapidement disloqué. L’année suivante, pour être plus précis. Trois des piliers, Jimmie Dale Gilmore, Joe Ely et Butch Hancock se lancent alors dans des carrières individuelles. Et trouvent même la voie du succès.

Pourtant, au cours des 90’s, les trois artistes décident de se réunir à nouveau. Sous ce fameux patronyme de Flatlanders. Et finalement enregistrent un elpee en 2002 : "Now again", chez New West. Puis "Wheels of fortune" en 2004. Le label en profite alors pour exhumer des bandes ‘live’ immortalisées à leurs débuts, dans un honky tonk d'Austin, et les grave sur un cd la même année. Il s’intitule "Live 72" !

« Hills and valleys » regorge de très jolies ballades. Dans le style, elles sont impeccables. Et les vocaux limpides. L’elpee s’ouvre par "Homeland refugee", une compo dont le charme est entretenu par les guitares acoustiques et l'accordéon de Joel Guzman. Un piano à bretelles toujours au poste lors du "Wishing for a rainbow". L'ambiance est parfois allègre, transportée par cette bonhomie tex mex ; à l’instar de "Borderless love" et "No way I'll never need you". Dans un esprit plus éclectique, "Just about time" est sculpté dans un rock'n'roll léger, balisé par les accords de piano sautillants dispensés par Bukka Allen. Country/rock, "The way we are" respire la grande classe. Joe Ely chante deux de ses excellentes compositions : le doux "There's never been" et le puissant "Love's own chains". Les arrangements accrochent instantanément l’oreille. La guitare à douze cordes de Rob Gjersoe et la pedal steel de Lloyd Maines participent activement à cette opération de séduction. Maines milite, habituellement, au sein du groupe d’Ely. Pour la circonstance, il assure aussi la production. Les Flatlanders rendent hommage à Woody Guthrie en adaptant son "Sowing on the mountain". Une vision très personnelle plongée dans une ambiance allègre, entretenue par le violon de Marite Maguire, le banjo et la mandoline. Et dans le style, cet elpee est une réussite.

 

mardi, 28 juillet 2009 22:00

Chicago Real and Live

Les Blue Watusis, c'est avant tout l'association de deux musiciens chicagolais : le chanteur/harmoniciste/saxophoniste Frank Raven et le chanteur/harmoniciste/guitariste Jim Desmond. Deux partenaires qui se partagent l’écriture depuis le début des 90’s. Au sein de la Cité des Vents, Franck est considéré comme un vétéran de la scène blues. Il drive également son propre groupe : le Franck Raven Band. Frank et Jim sont très prolifiques. Ils ont commis, toujours ensemble, trois elpees sous le patronyme de Raven Desmond Songs, et quatre sous celui des Blue Watusis, des disques immortalisés en public : "Live at Lounge Ax", "Chicago the blues today" (NDR : tous deux édités en 2006) et déjà "Welcome to the House of the Blues" en 92.

Sous-titré "The best of the Blue Watusis Vol 1", ce “Chicago Real and Live” compile les long-playings "Chicago the blues today" et "Live at Lounge Ax"! Lors des sessions d’enregistrement de ces deux disques, le tandem avait reçu le concours de leur ami guitariste Lee d'Budda, du bassiste Tom Susala et du drummer John Slattery. La musique des Watusis est particulièrement énergique. Leur force de frappe est comparable à celle dispensée par les groupes punk. Mais leur solution sonore me fait surtout penser aux débuts de Nine Below Zero, un combo qui a sévi sur la scène britannique, il y a déjà trente ans. Caractéristique principale de leur line up : le front de deux harmonicistes.

Et dès l’ouverture du cd, la rencontre entre les deux souffleurs est percutante. Les deux harmonicas virevoltent tout au long de ce puissant "Chicago the blues today", face aux solides riffs rythmiques libérés par la guitare. Imprimés sur un tempo sauvage, "Toy money" et "Youth is wasted on the young blues" arrachent tout sur leur passage. L'atmosphère se calme enfin. Il est vrai que le propos est grave : "Lost my job, lost my baby & I'm workin' on my mind". Trois morceaux ont été immortalisés unplugged, en direct, pour la radio WLUP : "Slow walkin' slider", "Just want it now" et à nouveau "Chicago the Blues today". Jim chante "Ax murder Mama", un bon blues lent au cours duquel Frank lui répond à coups de sax. Tous ces enregistrements datent de la période sise entre 1992 et 1994.

Les sept derniers titres ont également été enregistrés en ‘live’. Au Lounge Ax, très exactement. Etablie dans le quartier de Lincoln Park à Chicago, cette salle a programmé des concerts entre 1987 et 2000. On reconduit pratiquement le même schéma que pour le studio. A nouveau la formation, et notamment les deux leaders, manifeste ici une énergie et un dynamisme débordants. Un seul slow blues: "Welcome to the House of the Blues".

mardi, 28 juillet 2009 21:57

Dave Alvin and The Guilty Women

Dave Alvin est surtout connu pour ses Blasters, une formation qu’il avait montée dès 1979, en compagnie de son frère Phil. Originaires de Downey, en Californie, les frangins se partageaient alors chant et guitares. "American music" constitue leur tout premier elpee. Il remonte à 1980. Ce groupe mythique était devenu notoire dans les milieux des passionnés du rockabilly et de la country. Il impliquait le pianiste Gene Taylor (Fabulous Thunderbirds) et le saxophoniste Steve Berlin (Los Lobos). Au cours des dernières années, Dave avait monté un backing band répondant au patronyme de The Guilty Men. Malheureusement Chris Gaffney, leur accordéoniste, allait décéder des suites d’un cancer. (NDR : ce dernier avait également côtoyé Dave Gonzales chez les Hacienda Brothers).

Automne dernier, Alvin se produit en compagnie d’une formation féminine. A San Francisco. Les réactions sont enthousiastes. Ce qui explique le départ de cette nouvelle aventure. Concrétisée par cet opus! Elles sont sept et se produisent sous le patronyme des Guilty Women. Très douées, elles sont établies à Austin, au Texas. Et réunissent Cindy Cashdollar à la steel, la lap steel et le dobro (NDR : elle milite également chez Asleep at the Wheel), Nina Gerber aux guitares électriques, Laurie Lewis au violon et à la mandoline, Christy McWilson au chant, Sara Brown à la basse, Ama Farris au violon et Lisa Pankratz aux drums.

Le Cd s'ouvre par "Marie Marie" (NDR : l’histoire d’une femme coupable), un titre phare chez les Blasters. Bien rythmé, il nous invite à participer à une fête country cajun. Le combo chante à l'unisson (NDR : y compris Dave) alors que les accents métalliques d'une pedal steel déchirent l’univers sonore. Violon sémillant et accordéon allègre se conjuguent dans la bonne humeur. Une compo qui fleure bon la Louisiane lointaine. Caractérisé par son swing omniprésent, le bluesy "California's burning" évolue tout en rythme, une compo irradiée par la lap steel de la talentueuse Cindy. Ballade sombre, "Downney girl" est hantée par les chœurs discrets mais lumineux de la troupe féminine. Une voix hoquète. Elle est taillée pour la country. C’est celle de Miss McWilson qui se fend d’un "Weight of the world" raffiné par la guitare en picking de Miss Nina. "Boss of the blues" rend hommage à Big Joe Turner, le roi du blues de Kansas City. Du pur western swing. Le violon enchante. Invitée, Marcia Ballbrille brille aux ivoires, pendant que les cordes métalliques de Cindy découpent la mélodie. L’opus recèle d’excellentes ballades. Dont "Anyway", une compo magnifiée par les cordes de la charmante blonde Cashdollar. "Potter's field" également. Alimentée par les ravissantes voix de ces drôles de dames. Et enfin "These times we're living in". Les dames remettent le couvert sur "River under the road". Le dobro de Cindy est divin et le violon de Laurie saisissant. Dave épanche toute sa tristesse en chantant "These times we're living in", une sensation accentuée par les accords bouleversants dispensés par le dobro. Beau à pleurer! Blues voire r&b balisent l’histoire de "Nana and Jimi". Nana, la maman de Dave, avait assisté à un concert de Jimi Hendrix, dans une atmosphère swamp blues… Si la cover du "Don't make promises" de Tim Hardin ne manque pas d’allure, la finale met un point d’orgue à cet elpee. Et pour cause, le traditionnel "Que sera, sera" parvient à mélanger habilement swing, rockabilly, roadhouse et folk. Dave joue de la sèche en picking. La voix de Christy est gémissante. Violon et piano manœuvrent habilement. Epatant ! 

 

mardi, 28 juillet 2009 21:56

Authorized bootleg

Le sous-titre de cet elpee "Live at the Fillmore Auditorium – San Francisco Nov 04-06, 1966" est sans équivoque. Oui nous sommes plongés au beau milieu des sixties. A une époque où la cité californienne de San Francisco est en pleine effervescence. La vague flower power, l'acid rock et la musique psychédélique connaissent leurs premiers soubresauts ; mais le blues n’est pas en reste. C'est ainsi que le Muddy Waters Blues Band monte sur les planches, trois soirées consécutives, du fameux Fillmore. Le vétéran chicagolais est soutenu par le remarquable harmoniciste Georges Smith, les guitaristes Luther ‘Georgia Boy’ Johnson et Sammy Lawhorn, le bassiste Mac Arnold ainsi que le drummer Francis Clay. Curieusement, le line up n’implique pas de pianiste. Et pour cause, Otis Spann n’avait pas encore était remplacé, même si la future participation de Pinetop Perkins était annoncée.

A l'époque, Waters venait de commettre un nouvel elpee : "Muddy, Brass & the Blues". Mais sur scène, il n'interprète aucun titre de ce disque, se concentrant sur son répertoire basé sur vingt années de blues au plus haut niveau. Les deux guitaristes se révélant plutôt discrets, c'est bien l'harmoniciste George Smith qui tire son épingle du jeu. Il le démontre dès le titre d’ouverture "Forty days and forty nights". Et confirme ce rôle lors de l’exécution du célèbre standard "I'm your hoochie coochie man". La prise de son est impeccable. Le timbre de Muddy est puissant et clair. Il est dans un grand jour. Excellent, Smith le talonne et se retrouve même à l'avant-plan. Autoritaire, la voix de Waters se muscle sur "Rock me". Il est très satisfait et fait quelque peu tinter son bottleneck pour annoncer un galopant "Baby please don't go", un morceau au cours duquel Smith opère une sortie féroce. Enfin, Muddy glisse son bottleneck au doigt pour y montrer toute sa dextérité. Et faire rugir à l'extrême sa slide. Il annonce ainsi un premier slow blues (NDR : la spécialité du roi du Chicago Southside !), le merveilleux "She moves me". Il est tellement dans son trip qu'il en oublie l’harmo de George. Heureusement à la seconde tentative, son souffle revient à la surface. La deuxième soirée est ponctuée par un "Got my mojo working" saignant!

La troisième date s'ouvre royalement par une de ses plus anciennes compositions : "You can't lose what you ain't never had". Pour la circonstance on entend distinctement le jeu de Lawhorn sur la première guitare et le groove libéré par la section rythmique. Trois titres ont déjà été interprétés la veille ; mais beaucoup moins réservée la guitare émerge nettement. "Thirteen highway" constitue la plus long plage, un slow blues vaporeux, évidemment, au cours duquel la slide du maître nous retourne complètement. Elle vous pénètre lentement avant de libérer ses saveurs… Quatre extraits de la première soirée figurent en fin de parcours. Tout d’abord l’inévitable "Hoochie coochie man", "Trouble no more (Someday baby)", une plage bien rythmée, ainsi que deux blues indolents certifiés conformes par Waters en personne : "Honey bee (Sail on)" et enfin "Long distance call". Une excellente tranche de blues urbain!