La nation fantôme de The Besnard Lakes…

Le septième opus de Besnard Lakes, « The Besnard Lakes Are the Ghost Nation », paraîtra ce 10 octobre, confirmant ainsi son statut de l'un des groupes les plus constants de ces 20 dernières années, dont la vision et la qualité sont difficilement égalables…

logo_musiczine

Bénabar les regarde danser…

Bénabar est de retour et nous propose un nouveau single intitulé « Elles dansent », un titre fondamentalement pop, joyeux et émouvant, qui raconte une histoire de famille ou d’amis dans laquelle chacun pourrait se reconnaître : un moment de joie et de liberté…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Nos partenaires

Dernier concert - festival

Stereolab
Hooverphonic
Jean-Claude Mondo

Jean-Claude Mondo

mardi, 08 septembre 2015 14:02

I must be dreaming

Laura Tate est née à Dallas. Elle a vécu de longues années à Los Angeles où elle était à la fois chanteuse et actrice. Faut dire que Laura est plutôt jolie. Aujourd’hui, elle s’est installée à El Paso. Apparemment, à ce jour, elle aurait publié deux elpees solo, "Songs from my suitcase" et "Blue train". Son nouvel opus personnel rend hommage à la musique de Mel Harker (NDR : établi à Los Angeles, ce cow-boy n’a cependant pas participé à la réalisation d’"I must be dreaming") un chanteur/guitariste/auteur/compositeur qu'elle apprécie particulièrement. Sur cet LP, Laura reprend douze de ses chansons. Les sessions se sont déroulées à L.A., au studio Jesi-Lu de Los Angeles, sous la houlette de Terry Wilson. Qui s’est également impliqué à la basse. Au cours des 70’s, Terry a milité au sein du Back Street Crawler. Il y a côtoyé le guitariste Paul Kossoff. Il a également bossé pour Eric Burdon. Il participe d’ailleurs actuellement à la tournée d’Eric Burdon and The Animals! Il a également souvent apporté sa collaboration à la chanteuse claviériste/texane, Teresa James, qui a aussi apporté son concours à la confection de ce long playing…

Le disque s’ouvre par "Snake tatoo", probablement le meilleur titre de l’œuvre. Une piste de roots/rock bluesy dont le tempo est entraînant. Laura a une belle voix. La guitare de Billy Watts est largement mise en exergue ; et un piano roadhouse balise parfaitement l’ensemble. Caractérisé par ses percussions syncopées, "No place to hide" s’aventure sur la route qui mène à Los Angeles. Teresa James assure les chœurs et Paulie Cerra, un musicien très prisé dans le blues moderne (Carl Weathersby, Lucky Peeterson), souffle judicieusement dans son saxophone. "What a way to go" est une autre compo de toute bonne facture, au cours de laquelle Terry Wilson s’autorise un petit envol sur les cordes. Blues nightclubbien, I must be dreaming" baigne au sein d’une atmosphère jazzyfiante, entretenue par les cuivres vaporeux, le piano et la guitare de Wilson, alors que Miss Tate prodigue ses interventions vocales suaves et suggestives. Un climat cabaret qu’on retrouve sur "Too blue", une plage hantée par le spectre de Billie Holiday. Billy Watts impose le rythme de sa gratte et Teresa James se consacre aux ivoires tout en apportant son concours aux vocaux sur "Dead end road", un titre de rock ‘cool’ réminiscent de JJ Cale. Imprimé sur un mid tempo, "Talk is cheap" est dominé par le front de cuivres, le piano de Karen Hammack et les cordes de Wilson. Laura chante impeccablement "If ever forever should end", une fort jolie ballade country au cours de laquelle Terry est passé à l'orgue. Deux ballades empreintes d’émotion : "Don't try to talk me out of loving you" et la finale "Hold on", compo qui bénéficie d'arrangements subtils. Ivoires, harmo et cuivres se conjuguent sur "Cowboy jazz", un morceau sculpté délicatement dans le jazz et saupoudré d’accents swing. Profilé sur une rythmique reggae, "Counting up the ways" est traversé discrètement pas les interventions de David Fraser à l’harmonica…

 

mardi, 08 septembre 2015 14:01

Backdoor Hoodoo

Chanteur, compositeur et guitariste, Troy Redfern est britannique. C’est également un spécialiste de la slide. Ce qui n’est pas courant outre-Manche. S'il confesse avoir beaucoup écouté Son House, Mississippi Fred McDowell et Hound Dog Taylor, afin d’y puiser, dans leur style largement amplifié, l’âpreté et agressivité, c’est plutôt du côté des States qu’il semble plutôt s’inspirer. Et on pense immédiatement à Johnny Winter ou à Michael Katon. Encore que Dave Hole me traverse aussi l’esprit. Mais il est australien. Troy a opté pour la formule trio, une formule qui laisse une liberté maximale au ‘guitar hero’. Il est donc soutenu par le drummer Alex Bridge et le bassiste Stuart McDonald (ex-Killing Floor). En 2008, Redfern avait monté son propre studio, Dark Horse. En 2010, il drivait l’Electric Blues Reaction (NDR : McDonald y était déjà impliqué). Le combo publie alors "Beneath The Waves", en 2013. Pour son nouveau projet, il avait déjà gravé deux long playings, "Werewolf etiquette" et "Playing with fire".

Pugnace, Troy attaque sauvagement "It stacks". Une agression permanente. La slide est très affûtée. Le chant ressemble à un cri! Il ne fait pas dans la dentelle, mais il donne tout ce qu’il a dans le ventre. Impétueux, il embraie par un boogie féroce, "The other side". La gratte est constamment à l’avant-plan. Le tempo ralentit pour "Salvation", mais la plage est plus intéressante, car l’artiste tire le max de sa slide, qu’il apprivoise. Farouche, elle souffre et gémit. Furieux, "Wildfire" est impressionnant. "What goes around" est hanté par Jimi Hendrix. Troy a abandonné le bottleneck pour embrasser un jeu déjanté mais sous contrôle. "War cry" baigne clairement au sein d’un climat psychédélique. Atmosphérique aussi. Acides les cordes sont insatiables. Elles sont même poussées dans leurs derniers retranchements. Excellent! Le titre maître est tout aussi allumé. Un dialogue provocateur s’établit entre la voix et la guitare, néanmoins tempéré par les interventions à l'harmonica de Ray Weatherill. "Lamb of Zion" est plus paisible. Troy est seul, armé de sa sèche et de son bottleneck pour ce blues à la résonance métallique. "Back home" est imprimé sur un rythme soutenu, mais sans excès.  "Running with ghosts" est plus que largement amplifié. Le fantôme de Hendrix rôde à nouveau, même si la voix de Redfern est beaucoup plus rugueuse. L'opus se termine par un long voyage baptisé "Survive". Le départ baigne au sein d’une certaine forme de sérénité, mais progressivement la slide s’impose, dans ce trip sonore, ma foi, élégant. Deux bonus tracks : le plus punk "Cold day in hell", une piste remuante, mais à la production soignée ; puis la ballade presque tendre "This raging heart", moment au cours duquel Troy oublie ses accès de rage et de violence pour emprunter un autre chemin, plus psychédélique.

 

mardi, 08 septembre 2015 13:54

Find a way to care

Ce vétéran du blues britannique fêtera ses 82 balais en novembre prochain. D’ici là, il accomplira une tournée européenne qui transitera par la Belgique, pour quatre dates, entre le 30 septembre et le 3 octobre. Longtemps considéré comme l'un des pères du blues anglais, il est incontestablement le détonateur du ‘British Blues Boom’, qui a éclaté au cours de la deuxième partie des 60’s. En fondant les Bluesbreakers, il allait nous permettre de découvrir une pépinière de guitaristes talentueux, comme Eric Clapton, Peter Green et Mick Taylor, entre autres. En pleine gloire, John Mayall émigre aux Etats-Unis. A Los Angeles, très exactement. En 1969. Il y vit toujours. En 1984, il relance ses Bluesbreakers en compagnie de musiciens américains ; et à nouveau il flaire de futurs grands gratteurs, dont Coco Montoya, Walter Trout et Buddy Whittington. Fin 2008, il décide de mettre un terme à ce laboratoire, afin de tenter de nouvelles expériences. Dès 2009, il part en tournée. Il y entraîne le guitariste Rocky Athas, le bassiste Greg Rzab et le batteur Jay Davenport. En 2015, ils sont toujours présents à ses côtés. Après avoir publié "Tough" en 2009, et "A special life" en 2014, "Find a way to care” constitue son énième LP publié sur son propre label, Forty Below. Il a été enregistré au sein des studios ‘House of Blues (Encino)’ à L.A.. Mayall et le Canadien Eric Corne le coproduisent. Et il est partagé en douze pistes, dont cinq sont issues de sa plume.

John démarre par "Mother-in-law blues", un classique jadis popularisé par Little Junior Parker. Sa voix n'a pas changé et reste immédiatement identifiable. John se consacre également à l'harmonica et au piano. Il reprend ensuite le "River's invitation" de Percy Mayfield. John siège derrière l'orgue Hammond tout au long de ce ‘West Coast blues’ notoire, pour lequel il reçoit le renfort d'une section de cuivres dirigée par le saxophoniste Ron Dziubla. Une version musclée et par ailleurs excellente. Limpides et chaleureuses ses interventions aux claviers illuminent "Ain't no guarantees", une piste qui met en exergue la géniale section rythmique constituée de Rzab et Davenport. Les cuivres l’épaulent sur la cover du "I feel so bad' de Lightnin' Hopkins ; et la version est solide. Le Texan Rocky Athas s’illustre enfin sur ses six cordes pour "Find a way to care" ; car manifestement Mayall ne favorise plus les siennes, comme à l'époque des Bluesbreakers. A contrario, il préfère exercer ses talents sur ses différents claviers, que ce soit le piano acoustique, le piano électrique ou l’orgue. Le blues de Chicago n’est pas ignoré. A l’instar de la reprise du "Long distance call" de Muddy Waters, un slow blues au shuffle convaincant ; puis du "I want all my money back" de Lonnie Brooks, un morceau au cours duquel Rocky se réserve un envol déterminé sur sa gratte. La voix de notre vétéran est bouleversante, sur le blues nightclubbien "Drifting blues", une compo signée par Charles Brown. Orgue et guitare se conjuguent tout au long du "War we wage" de Matt Schofield", un jeune compositeur insulaire. De bonne facture, cet opus s’achève par "Crazy lady", un boogie imprimé sur un mid tempo que délimitent la voix et le piano du maître…

 

mardi, 08 septembre 2015 13:54

Dirty Spliff Blues

Fondé en 2004, Left Lane Cruiser nous vient de Fort Wayne, dans l'Indiana. Influencé par le son du pays des collines au Nord du Mississippi, il pratique un blues primaire largement amplifié. A l’origine, le combo se résumait à un duo, soit le guitariste Fredrick Joe Evans IV et le percussionniste Brenn Back. Le tandem se partageant les vocaux. En 2008, il signe chez Alive Records, et y publie l'album "Bring yo' ass on the table". Depuis, il a gravé quelques long playings, en général, bien reçus par la critique et les mélomanes. En 2013, la paire recrute Joe Bent, un bassiste/vocaliste ; et l’an dernier Brenn Beck a cédé ses baguettes à Pete Dio. Découpé en dix pistes, "Dirty Spliff Blues" constitue donc leur nouvel opus.

Le départ est explosif. Le trio se déchaîne dès "Tres borrachos". Les percussions de Pete stimulent bien l'ensemble. La voix est –et c’est la norme– éructée. Particulièrement amplifiée, la guitare déchire. La rythmique et la ligne de basse sont écrasantes, mais épaulent parfaitement le dobro bien électrifié, alors que des sonorités d’orgue monocordes filtrent en arrière-plan. Soudée et cohérente, la machine de guerre est lancée, et rien ne pourra l’arrêter. La voix de Freddy st implacable sur "Whitebread n' beans". Des sonorités de cordes malsaines introduisent "Tangled up in bush". Le leader est armé d'un bottleneck pour faire subir les pires outrages à sa slide. Et elle gémit de douleur. "Heavy Honey" baigne au sein d’un climat accablant. Sorte de cri primal, rageur et sauvage, le titre maître se réfère au joint de marijuana mélangé au tabac, le ‘dirty spliff’. Les trois musicos reprennent en chœur : ‘We can't see through the brown’. La référence au cannabis est partout. Elle illustre la pochette. Et est même rappelée par une image collée sur le cd. Pete Dio se multiplie aux percus pour entamer "Cutting trees". Manifestement, la délicatesse n'appartient pas au monde de ce combo issu de l'Indiana! Un riff rageur lamine "All damn day". Il ne connaîtra pas la paix! Deux grattes se conjuguent tout au long de "Skateboard blues". Faut dire qu’outre sa basse, Bent a apporté sa guitare ‘Skateboard’. Elle ne recèle que deux cordes plaquées sur une planche à roulettes. Mais elles sont amplifiées. C'est aussi et certainement la meilleure piste blues de l'opus. La plaquette incandescente s’achève par "She don't care". Destructeur, ce dernier rockin’ blues est dynamité par une invraisemblable partie de percus…

 

mardi, 08 septembre 2015 13:53

Meet me in Bluesland

The Kentucky Headhunters est un très ancien groupe. A l'origine, il pratiquait du country rock, voire du southern rock. Et répondait au patronyme d’Itchy Brother, impliquant les frères Richard et Fred Young, le premier préposé à la guitare rythmique et au chant, le second aux drums. Le combo est alors complété par le gratteur Greg Martin et le bassiste Anthony Kenney. En 1986, les frangins Phelps incorporent la formation. Ricky Lee au vocaux ainsi qu’à l’harmo et Doug à la basse. Ce dernier pour remplacer Kenney. Ils y resteront jusque 1992. Mais fait marquant, c’est lors de leur arrivée que le band change de nom et opte pour celui de Kentucky Headhunters. Il y aura encore d’autres modifications de line up au cours de leur aventure. Ainis, Doug Phelps est revenu en 1996, mais pour se consacrer à la rythmique et au chant.

Malgré sa carrière particulièrement longue, le groupe n’affiche pas de discographie abondante. Une dizaine d’albums studio en tout. Le dernier, "Dixie Lullabies", remonte déjà à 2011.

Johnny Johnson était déjà une légende de son vivant. Le magazine ‘Rolling Stone’ le qualifiait de ‘Greatest sideman in rock'n'roll’, pour son rôle de pianiste derrière Chuck Berry. Né en 1924, il fonde son groupe à St Louis, dans le Missouri, dès 1952. Et recrute l'année suivante, un jeune chanteur, guitariste et compositeur répondant au nom de Chuck Berry. Le début d'une grande aventure ! Le 25 janvier 2003, Johnson accompagne les Rolling Stones, sur scène, à Houston, au Texas. Le lendemain, il s'envole pour le Kentucky où il est attendu par ses amis du Kentucky Headhunters. Il avait déjà apporté sa collaboration en 1993, lors de la confection de l’elpee "That'll rock". Durant trois jours, ils s'enferment dans un studio et enregistrent de nombreux titres. Malheureusement, le légendaire pianiste décède en 2005 et le fruit de ces sessions reste dans les cartons. Et c’est Alligator, le célèbre label chicagoan de blues, qui exhume ces bandes et décide de les envoyer au mixing. Nous sommes alors en 2015. En résulte ce superbe opus intitulé "Meet me in Bluesland".

Traditionnelles, les onze plages de cette œuvre baignent au sein d’un climat propice au blues et au rock'n'roll. C'est-à-dire réminiscent de Jimmy Johnson et Chuck Berry. Dont une cover du "Little Queenie" de ce dernier. Les vocaux sont partagés entre Richard Young et Doug Phelps.

Le long playing s’ouvre en force par "Stumblin". Le tempo évoque les Stones. Les grattes évoluent toutes en rythme, alors que très caractéristiques, les ivoires de Mr Johnson balisent l’ensemble. Bien rythmé, d’une grande pureté, "Walking the Wolf" s’inspire de Howlin' Wolf et d’Elmore James. Johnny est insatiable au piano et Greg Martin se réserve la slide. "Little Queenie" rend hommage au vétéran du rock'n'roll, Chuck Berry. Jimmy interprète d’une voix grave et profonde, un autre blues limpide, "She's got to have it". "Party in Heaven" est un rock'n'roll aux accents country. Richard chante passionnément le blues lent "Meet me in  Bluesland". "King Rooster" libère un fameux shuffle! Indolent, "Shufflin' back to Memphis" campe un excellent Memphis blues. Une seule plage instrumentale, "Fast train". Bien imprégnée par l'esprit de Chuck Berry, elle met en exergue l’immense talent de Jimmy Johnson. Dominé par la slide et les ivoires, "Superman blues" est un dernier blues qui clôt l’LP. Une des meilleures plaques blues de l'année!   

mardi, 08 septembre 2015 13:51

Live 20th Anniversary Tour (2cd + dvd)

Ben Franfelt est un guitariste finlandais. Agé de 52 balais, il s’est déjà investi au sein d’une multitude de projets ; et notamment Gringos Locos, Leningrad Cowboys, Guitar Slingers et, plus près de nous, en compagnie du célèbre rock band anglais, Wishbone Ash, aux côtés du gratteur notoire, Andy Powell. Depuis 1993, Ben drive également son Ben Granfelt Band. En 2013, il a célébré le vingtième anniversaire d’existence de son groupe. Mais également le 30ème comme musicien professionnel ainsi que le 40ème comme guitariste. Excusez du peu ! Une occasion pour immortaliser ces événements sur un double cd et un dvd. En ‘live’. Quand ? En septembre 2014. Où ? Au Earth Music Hall de Wetter, en Allemagne. Le line up implique deux gratteurs (Ben et Marko Karhu), un bassiste (John Viherva) et un drummer (Risto Rikala). Grantfeld signe la majorité du répertoire. 

D’une durée de deux heures ce concert s’ouvre par une version magistrale du "Baker street" de Gerry Rafferty. Tout est parfaitement en place. Les grattes sont complémentaires. La voix de Ben passe bien la rampe. Le rock de BGB est à la fois classique, clair et toujours mélodieux. On y décèle cependant des traces de jazz. De blues aussi. Un peu dans l’esprit de Snowy White. A l’instar des bluesy "Bright lights and dreams", "Can't wait another day" et "Melodic relief". Marko Karhu, le second sixcordiste, jouit d’une liberté de mouvement. Le spectre de Wishbone Ash plane ainsi sur de petites perles comme "Dead in the water", "Turning point", "Faith, hope & love" ainsi que le remuant "Almighty blues". Peu de reprises lors du set, mais elles sont toutes excellentes. Outre le "Baker Street", elles sont consacrées au "Cocaine" de JJ Cale, lors d’un traitement accéléré ainsi qu’au "Breathe" de Pink Floyd, une plage issue de leur elpee "The dark side of the Moon". "Because we can" se distingue par ses subtilités instrumentales et ses changements de rythme complexes. "Get up and go" est une piste entraînante qui accroche instantanément. Et l’opus de s’achever par l’épatant "Going home". Deux bonus tracks. Soit des versions alternatives. Une de "Breathe" et une autre, bouleversante, de "Going home".

 

mardi, 08 septembre 2015 13:49

Songs from the Road

Groupe légendaire, Canned Heat figure parmi les meilleurs groupes de boogie sur cette planète. Et ce crédit ne date pas d’hier ! D’ailleurs le combo célèbre, en 2015, ses cinquante années d'existence. La formation a été fondée à Los Angeles, par deux collectionneurs invétérés de vieux blues, Bob Hite et Alan Wilson. A l’époque, Stu Brotman se chargeait de la basse. Les gratteurs et batteurs vont défiler au sein du line up ; mais finalement ce sont Henri Vestine et Frank Cook qui vont s’y coller. Dès 1966, le quintet enregistre un elpee, sous la houlette de Johnny Otis. Il ne sortira qu'en 1970, sous le titre de "Vintage Heat". En mars 1967, Larry Taylor remplace Brotman à la basse. 1967. Le 17 juin, la formation se produit dans le cadre du premier grand festival, le Monterey Pop. En juillet 1967, elle grave officiellement son premier opus. Il est éponyme. Le 1er décembre 1967, Adolfo Fito de la Parra remplace Cook, derrière les fûts. L’année suivante, Canned Heat publie "Boogie with Canned Heat", sur lequel figure le hit "On the road again". Le succès est au rendez-vous ! Si De la Parra est toujours au poste, devenant au fil du temps le moteur et le leader du boogie band, il faut reconnaître que le destin s’est acharné sur les autres musicos. Ainsi, de grandes figures comme Alan Wilson, Bob Hite et Henri Vestine se sont éteintes. Et pourtant, ceux qui les ont remplacés ou qui se sont succédés, tout au long de l’histoire du Canned Heat se sont, la plupart du temps, révélés talentueux.  

Cette année, le label Ruf a donc décidé de publier un nouveau chapitre des "Songs from the Road", dans le cadre de leur ‘50 Years Anniversary Tour’. Soit un coffret réunissant un cd et un dvd. Fito de la Parra est bien entendu au poste, mais également son prédécesseur, le remarquable bassiste Larry Taylor. John Paulus est préposé à la gratte, Dale Spalding au chant et à l'harmonica.

Le cd est découpé en 14 plages, le dvd en recèle deux de plus : "I'm her man" et "Have a good time". Le concert s’ouvre par le classique "On the road again". Spalding souffle dans l’harmo et Fito se charge du micro ; et toute évidence, c’est lui qui possède la voix la plus frêle et la plus proche d'Alan Wilson. Mais il ne convainc pas sur cette plage. Tout comme sur l’incontournable "Going up the country". A contrario, Spalding chante impeccablement le "Time was" de Wilson, dans une autre version. John Paulus pète la forme sur sa six cordes. "I'm her man" est également extrait du long playing paru en 1969, "Hallelujah". CH passe au jump style. Larry se réserve les vocaux tout au long de  "Don't know where she went". Mais aussi la gratte ; comme sur l'instrumental "Nighthawk", alors que John Paulus excelle à la basse. "So sad" est une piste issue de "Future Blues". La guitare y tire son épingle du jeu. Et Spalding la sienne, à l’harmo, sur les savoureux instrumentaux  "Oaxaca" et "Cristo Redentor", un vieux traditionnel que Charlie Musselwhite avait popularisé. D’ailleurs, il adopte un style proche du vieux Charlie. Larry Taylor chante encore "Amphetamine Annie", un titre qui figurait sur "Boogie with Canned Heat", alors que John Paulus a pris le rôle de Vestine. Taylor se consacre au bottleneck sur l’exquise cover du célèbre 'Rollin'and tumblin'" et le tube "Let's work together". Et tout bon concert de Canned Heat s’achève par un long boogie. Pour la circonstance, "Euro Boogie", un morceau de plus d'un quart d'heure. En route pour le 60ème !

 

mardi, 08 septembre 2015 13:48

Blues Thunder

Issu de Los Angeles, Brad Wilson est chanteur/guitariste. Son style ? Le blues rock. Sa discographie personnelle est importante et son écriture prolifique. Son dernier opus, "Hand on the wheel",  s'était très bien vendu. L’artiste jouit d’une excellente réputation en ‘live’, surtout lorsqu’il est flanqué de son backing band. Qui implique aujourd’hui le bassiste Brian Beal, le drummer Amrik Sandhule, le claviériste Kirk Nelson, et l’harmoniciste Tumbleweed Mooney.

Les douze compos de "Blues Thunder" sont signées par Wilson. Il possède un son de gratte très caractéristique. Et elle s’éclate dès les premières mesures de la ballade "Is it any wonder". Limpide, sa ligne de conduite est mélodieuse et les arrangements sont discrets mais efficaces. Plus rythmé, "Change it up" libère davantage de groove. L'orgue s’est bien infiltré, le refrain est repris en chœur par les musicos ; mais c’est bien la six cordes qui tire son épingle du jeu. La voix de Wilson est naturellement puissante et autoritaire. Tendre ballade, "Blue shadows" concède des accents jazzyfiants. Les interventions au piano acoustique sont savoureuses. La voix est claire et empreinte de passion. Les sonorités de cordes sont largement amplifiées et évoquent celles de Gary Moore, lorsqu’il s’abandonne dans la délicatesse. Tombleweed Mooney souffle dans son harmo –et il est convaincant– tout au long de "Step by step", une piste franchement plus blues, au sein de laquelle Brad injecte un max d’énergie. Le titre maître est offensif ; un rockin' blues au rythme accrocheur, malgré les accès de guitare métalliques et frénétiques. "Let's go barefootin' it" est imprimé sur le Bo Diddley beat. Amrik brille au percus. Orgue et harmo se complètent à la perfection. Une des meilleures plages de l'opus ! Brad chante un peu à la manière de Bruce Springsteen –et c’est un compliment !– tout au long de la très jolie ballade roots, "My faith has been broken", un superbe morceau auquel l'orgue communique une chaleur intense. Autre ballade, blues dans l’inspiration et quasi pop dans son approche, "Cool runnin'" adresse un clin d'œil à Gregg Allman. A cause des sonorités aux accents sudistes ; et puis de la voix, ici très proche de celle du natif de Nashville. "Home" trempe dans l’americana. Les sèches ouvrent la piste dans la quiétude, avant d’emprunter un tempo soutenu. Chargé de jump et de swing, "Black coffee at sunrise" émarge au rockabilly, un titre balisé par cette voix naturellement impérieuse. Excellent ! Blues lent, "Sugar sweet" est sans doute la compo la plus complexe. Tant à cause des vocaux que de l’instrumentation ; et notamment de cette gratte particulièrement tourmentée. Une dernière ballade pour la route : "Never again". Majestueuse, bénéficiant d’arrangements soignés, elle révèle une guitare bien plus aventureuse, au cœur d’une mise en forme irréprochable… 

 

lundi, 27 juillet 2015 21:14

True & Blue Live

Bluesman, Hans Theessink jouit aujourd'hui d’une solide notoriété. Agé de 67 ans, ce Batave vit depuis de nombreuses années à Vienne. Il possède une discographie personnelle conséquente. Elle doit dépasser les 20 albums.

De couleur noire, Terry Evans est chanteur américain de blues et de soul. Originaire du Mississippi, il affiche déjà 78 balais.

Les deux hommes sont devenus amis. Ils avaient déjà enregistré deux albums ensemble : "Visions, en 2008 et "Delta Time", en 2012. Ce "True & Blue" a été immortalisé au Metropol de Vienne. Les deux artistes se consacrent au chant et la guitare, Hans se réservant également l’harmonica. Sur les 14 plages, six ont écrites par Hans et une par Terry. Le reste est partagé entre classiques du blues et de la roots. Et en route pour 70' de downhome blues.

Le concert s’ouvre par "Demons". Les deux voix sont parfaitement complémentaires : celle bien grave de Hans, l'autre claire et davantage aigue de Terry. Blues limpide, indolent, dépouillé, "Mother Earth" est un standard signé Memphis Slim. Le "Glory Hill" de William J. Hill est un morceau qui remonte à la période d'avant-guerre, un titre qui figurait au répertoire de Benny Goodman, Count Basie et Dean Martin, entre autres. "Gotta keep moving" (NDR : extrait de l'LP "Live and let live", gravé en 1988) a été écrit par Terry Evans et son ex-partenaire Bobby King, à l'époque où ils assuraient les chœurs au sein du Ry Cooder Band. Du Mississippi blues propice à l’utilisation du bottleneck. Hans attaque "Vicksburg is my home", un blues expressif qu'il a composé en hommage à Terry Evans (NDR : ce dernier est né dans cette ville, au bord du Mississippi). Le duo reprend alors toute une série d’illustres compos. Dont le "Bourgeois blues" de Leadbelly. Hans souffle dans son harmo. Le recours au bottleneck s’impose. Les couplets sont repris successivement par les deux chanteurs qui se rejoignent lors du refrain. Ensuite, "Don't let the green grass fool you", un morceau popularisé, il y a bien longtemps, par Wilson Pickett. Puis l'inévitable "Cross Road blues" de Robert Johnson, une piste balayée par des interventions de slide bien inspirées ! Et enfin le "Maybelline" de Chuck Berry. Mais dans un style bien blues. Le tempo est soutenu. Les deux artistes s’entendent comme larrons en foire et prennent leur pied. Et l’auditoire participe allègrement à la fête. Retour au delta blues pour "Delta time". Le rythme est enlevé. Le duo est toujours aussi soudé. Hans a sorti son harmonica. Une dernière cover, le notoire "Talk to your daughter" de JB Lenoir. Evans est à la manœuvre. Ses accords de gratte sont créatifs et alertes. Assurément, un des meilleurs moments du concert. Reste trois compos de Hans Theesink. Le lent et mélancolique "Shelter from the storm", une plage minimaliste, particulièrement mélodieuse, au cours de laquelle les cordes s'expriment en toute simplicité. "I need money" donne un coup d’accélérateur au tempo. Le refrain est repris avec force et conviction par les deux compères. Et pour la circonstance, ils invitent le public à le reprendre en chœur. Et ça marche! Le rythme est toujours aussi dynamique pour "Tears are rolling", le titre final de l’opus. Une conclusion qui confirme que les deux artistes appréhendent le répertoire de l’autre et partagent un même plaisir de le livrer au public!

 

lundi, 27 juillet 2015 21:13

Blues gotta holda me

The Texas Horns est un collectif de cuivres, soutenu par la crème des musiciens locaux, principalement issus d'Austin, la capitale du Texas. Une formule qui se répète depuis 1998. Trois d’entre eux ont participé à la confection de ce "Blues gotta holda me". Tout d’abord le saxophoniste/harmoniciste notoire Mark 'Kaz' Kazanoff. Il a apporté sa collaboration à une foultitude d'artistes, que ce soit en studio ou lors de tournées. Il est impliqué sur plus de 130 albums. Une paille ! Puis John Mills, un autre saxophoniste (ténor et baryton) réputé dans l’univers du jazz. Et enfin le trompettiste, Adalberto Gomez. Le trio est soutenu par le drummer Barry ‘Frosty’ Smith et le gratteur Derek O'Brien. Les sessions se sont déroulées au sein du studio Wire Recording, à Austin. Au cours desquelles de nombreux invités se sont manifestés. Cet LP est découpé en treize pistes.

Kaz et Al Gomez amorcent "Soul stroll", un instrumental qui reçoit la participation du redoutable gratteur texan établi à Dallas, Anson Funderburgh. Les cuivres tirent déjà leur épingle du jeu. Dave Bartholomew, illustre compositeur louisianais, a écrit "Go on fool" ; et cela s'entend. La pianiste Marcia Ball chante ce titre bien nerveux. Elle se libère aux ivoires, mais ce sont encore et toujours les cuivres qui sont à la fête! Baignant dans le jazz traditionnel, "You're driving me crazy" est une plage saturée de swing. Roscoe Beck se consacre à la basse acoustique, Nick Connolly, au piano et Kaz aux vocaux. Successivement, les trois cuivres s’autorisent un billet de sortie. "Kick me again" est un instru nerveux, sculpté dans le funk. John Mills signe cette plage. Pas étonnant qu’il en profite pour se libérer sur son sax baryton. Dany Levin (ex-Asleep at the Wheel) se concentre sur son piano et Derek O'Brien brille aux cordes. Kaz Kazanoff est passé à l'harmonica sur son "Cold blooded lover", un blues imprimé sur un tempo soutenu que chante W.C Clark, le parrain du blues d'Austin. Deux morceaux ont été composés par Percy Mayfield. Tout d’abord le blues fin de soirée "Lost mind", une plage empreinte de tendresse, trempée dans le West Coast, que chante Kaz d’une voix un peu limite et au cours de laquelle le sax ténor et la trompette font à nouveau la différence. Puis "People get ready", dans une version instrumentale, caractérisée par les sorties successives des trois Texas Horns et le superbe renfort de Beck à la basse. Le "Sing sing sing" d'Earl King macère dans une atmosphère néo-orléanaise. Une atmosphère bien festive au cours de laquelle Nick Connoly chante en s’accompagnant au piano, alors que Kaz manifeste toute sa verve sur son instrument. Encore un instru : "Rippin and trippin". Du swing jazz en format quatuor. Soit Kaz, DanyLevin au piano, Ronnie James à la basse et Frosty Smith aux drums. Kaz chante encore son "Blues gotta holda me", un boogie rock'n'roll rapide au cours duquel Johnny Nicholas (également un ex-Asleep at the Wheel) s'éclate aux ivoires alors que les cuivres sont toujours en effervescence. Kazanoff se réserve pour la dernière fois le micro sur la reprise du grand succès de Louis Jordan, "Caldonia" (NDR : un morceau qui avait été composé par son épouse, Fleecie Moore). L’occasion rêvée pour les deux saxophones et la trompette de prendre leur pied une dernière fois. De bonne facture, cet opus s’achève par deux instrumentaux. Soit "Home cookin" et le rocker remuant "Spanky's Twist".

 

Page 46 sur 216