Un dixième album studio pour Idlewild

Idlewild sortira son nouvel opus – un éponyme – ce 3 octobre 2025. Il s’agira de son dixième. En attendant, il a partagé le single intitulé "Stay Out Of Place". Le chanteur Roddy Woomble explique que la chanson traite de la multiplicité des voix et de la…

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Wholes passe son chemin…

Wholes (ex-The Van Jets, Hypochristmutreefuzz, Pink Room, Elefant, etc.) a partagé une première chanson torride. Brute, non filtrée et chargée d’émotion. "Till We Don't Meet Again" est une collision de guitares tordues, de rythmes implacables et de voix qui…

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Jean-Claude Mondo

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mardi, 27 novembre 2018 17:54

Waiting on daylight

Bart Walker est un enfant de Nashville. C'est pourtant à Memphis qu'il s’est converti au blues. De retour dans la capitale de la country music, il reste fidèle à ce blues. Chanteur/guitariste, Bart a beaucoup appris à l'écoute de Stevie Ray Vaughan. Son premier opus, "Who am I", remonte à 2011.

"It's all good" nous embarque dans un funky R&B. Constitué de Smith à la basse et de Steve Potts aux drums, la section rythmique est très solide. Dave Bart possède une voix claire et directe. Sa première sortie sur la slide est remarquable. Elle lorgne même du côté de Duane Allman. Southern rock, "Black clouds" libère des riffs lourds et dramatiques. "Took it like a man" nous entraîne sur les routes du Texas, à la manière de ZZ Top. A l’instar du trio de Dallas, les sonorités de gratte sont bien grasses. Toujours aussi accablant, "Girl you bad" brandit une menace. La slide est constamment prête à bondir pour se défendre. Rock, "Gotta be you" est issu de la plume de Gary Nicholson. Une plage qui opère alors un retour vers le ZZ Top originel. Soit 40 ans plus tôt. Nous baignons dans l’ambiance de "Rio Grande Mud". Implacable, elle déblaie tout sur son passage ; aussi quand Bart écrase ses pédales, il est au sommet de son art et rien ne peut plus l'arrêter! Indolente, tendre, paisible même, "Waitin' on daylight" est une piste balisée par l'orgue de Rick Steff (de Lucero). "Happy" marque le retour au Southern. Du rock sans compromission. Les changements de rythme sont frappants. L’envol des cordes est réminiscent de l’Allman Brothers Band. Boogie et rock pactisent pour dominer la reprise saignante du "Hipshake it" de J.B Hutto, l'un des rois de la slide chicagolaise. Southern blues, "Mary & me" est subtilement coloré de country. L'orgue tapisse bien le décor sonore, et la slide en remet une couche. Toujours contaminé par le rock sudiste flamboyant, "99%" libère soigneusement ses riffs. Faut dire que la mise en forme de Jim Gaines, n’est pas étrangère au résultat. Cet elpee s’achève par un dernier clin d’œil adressé aux frères Allman, lors d’une cover ralentie de "Whipping post", un hymne sudiste que Bart chante d'un timbre éraillé, proche de Gregg, pendant que le fantôme de Duane hante les cordes…

 

jeudi, 28 mars 2013 02:00

There's a time

Doug Macleod est originaire de New York ; cependant, il a beaucoup bourlingué au cours de son existence. Il s’est cependant fixé à Los Angeles, depuis un bon bout de temps. A l'origine, il se contentait de chanter du country blues. C’est au contact de George ‘Harmonica’ Smith, un prestigieux harmoniciste qui a sévi au sein de la bande à Muddy Waters, mais aussi de Pee Wee Crayton et Lowell Fulson, qu’il a pris de la bouteille. Prolifique, cet auteur/compositeur compte plus de 300 chansons à son actif. Dans l’univers du blues, on le considère comme un narrateur. Son premier album, "No road back home", date de 1984. Depuis, il en a sorti une vingtaine d'autres.

Ce nouvel elpee recèle 14 compositions personnelles. Elles traitent de sa vie et de ses expériences. Il est soutenu par le drummer Jim Bott (NDR : un ancien membre des Mighty Flyers de Rod Piazza et des Fabulous Thunderbirds) et de son fidèle bassiste Dennis Croy.

Quelle excellente entrée en matière que ce "Rosa Lee" ! Doug fait vibrer les cordes de sa National ResoPhonic. Son attaque est rugueuse et nerveuse. La voix est naturellement puissante. Il shoute littéralement son amour pour la dame. "Black nights" est un blues lent chargé d'émotion. Il pense tellement à sa déception amoureuse, que même lorsque l'aube pointe à l'horizon, il est toujours plongé dans la nuit. Le dépouillement de cette plage authentique est surprenant, mais aussi réaliste. Son jeu en picking libère toute sa férocité sur "My inlaws are outlaws". Il parvient à faire souffrir les cordes de sa vieille Gibson C-100. "The entitled few" est un autre blues totalement dépouillé. Doug ne tolère que de timides et lugubres percussions. Il se met en colère, en voyant un automobiliste qui abuse d'une carte destinée aux handicapés pour garer sa voiture. Macleod est attachant tant il arrive à exprimer ses sensations, ses humeurs et ses sentiments. Il les traduit à travers le timbre de sa voix et la tonalité qu'il communique à ses cordes. A l’instar de "Run with the devil". Ou encore d’"I'll be walking on", une piste au cours de laquelle la puissance et la rage de son chant contrastent avec la délicatesse du toucher de cordes. Son approche du réalisme est toujours aussi étonnante sur "East Carolina woman", le récit d’une nouvelle désillusion amoureuse. Ou le dramatique "The night of the devil's road". Enfin, l'artiste crie une dernière fois sa douleur sur "Ghost". Et elle est intolérable !

 

jeudi, 28 mars 2013 02:00

Blues with a mood

Bill est le fils de McKinley Morganfield, mieux connu sous le sobriquet de Muddy Waters, l'un des artistes de blues les plus mythiques, disparu en 1983. Son frère aîné, Larry ‘Mud’ continue de perpétuer le fabuleux héritage laissé par Waters. C'est bien plus tard que Bill se rend compte qu’il dispose d’un réel potentiel. A son tour, il se met alors à chanter le blues. Il faudra cependant attendre 1999 pour saluer son début prometteur, intitulé "Rising son". L’artiste embraie ensuite par "Ramblin' mind" en 2001 et "Blues in the blood" en 2003. Dès 2009, il fonde son label, Black Shuck, et publie "Born lover", un elpee coproduit par Bob Margolin, un ex-membre du Muddy Waters Band.

L'enregistrement a été réalisé à Nashville. Big Bill se réserve le chant et la guitare slide. Il est épaulé par le bassiste Tom Brill, le drummer Chuck Cotton et toute une série d'invités. Il signe sept des onze plages.

L’ouverture est royale. " Look what you done" baigne dans le climat du Chicago southside de Muddy Waters. Grave et puissante, la voix rappelle également celle du maître. Steve Guyger souffle comme un dieu dans son harmonica. Big Bill chante avec discernement le blues lent "Havin' fun", face à la lourde basse acoustique de Mookie Grill et le piano enchanteur d'Augie Meyers (NDR : Texan, c’est un ex-Sir Douglas Quintet). "Money's getting' cheaper" est également de toute bonne facture. Impeccable, la guitare d'Eddie Taylor Jr s’intègre parfaitement dans l’ensemble, balayé par les saxophones de Jim Horn. Nouvel arrêt dans le Southside, lors du remarquable "Ooh wee", une compo issue de la plume de Willie Dixon. A nouveau, Margolin et Guyger (tellement proche de Little Walter) sont au sommet de leur art, sans oublier Clark Stern, au piano. Ils font littéralement tourner la machine pour obtenir le meilleur rendement. Colin Linden se réserve le bottleneck sur "No butter for my grits". La voix devient grave, sombre et caverneuse. Elle soulève un problème vital : l'absence de beurre dans les céréales du grand Bill. Et cette situation le met en colère… Direction New Orleans pour le séduisant et percutant "Tight things". Tous les instruments s'emboitent à merveille : slide, piano, sax et drums. La slide de Morganfield dirige la manœuvre sur "Devil at my door", une rencontre avec le diable caractérisée par une sortie remarquée de Doc Malone à l’harmo. Très rythmé, enlevé même, "I feel alright again" est un blues qui permet une sortie téméraire du sax de Horn. Swing et jump se conjuguent sur l'entraînant "Another lonely night", une piste alimentée par le piano, les cordes (NDR : probablement celles de Linden) et le honky sax! Cet excellent long playing s’achève par "Son of the blues". Les interventions de slide sont magiques. Mais cette plage trempe dans un climat plus proche de John Lee Hooker que de Muddy.

jeudi, 28 mars 2013 02:00

My Turn

Lisa Cee a accompli de respectables études dans le domaine de la musique et des arts théâtraux. Doué d’une très bonne voix, cette chanteuse est aussi capable de livrer toute son âme dans son interprétation. Elle vit à Los Angeles. Ce qui lui a permis de monter sur les planches, auprès d’artistes locaux de blues comme Johnny Mastro et ses Mama's Boys, Canned Heat, Kid Ramos, Kirk Fletcher, Rod Piazza, Robert Lucas ou encore Mickey Champion. Une certaine presse raconte que sa voix et son charisme rappellent de grandes dames du passé ; et en particulier Janis Joplin et Lydia Pense (de Cold Blood) ou encore Bonnie Raitt. Je n'irai pas jusqu’à oser ces comparaisons ; mais il faut reconnaître que Miss Cee est une fameuse vocalise, outre son talent de compositrice.  

En 2005, elle avait publié "Beast of honey". Pour concocter cet opus, elle a reçu le concours de son backing groupe habituel. En l’occurrence, l'excellent gratteur BR Million et le bassiste Mike Highwater, sans oublier Albert Trepagnier et Jim Kersey qui se partagent la batterie.

Le signal de départ est donné par "What good am I", un blues qui rocke vachement bien. Il semble calqué sur "Messin' with the kid", un classique de Junior Wells. Tout aussi nerveux, il est marqué au fer rouge par la guitare de Millon, alors que Lisa reste sur sa réserve. "Fire in the sky" est teinté de funk. La voix domine son sujet. Le tempo est appuyé par le sax baryton de Ron Dzuibla. De toute bonne facture, "Lost you" est un blues lent qui baigne au sein d’une atmosphère dépouillée à l'extrême. Lisa chante face à la guitare réverbérée de Scott Abeyta, le boss du label Rip Cat, alors que le soliste se réserve une nouvelle brillante sortie. Abeyta est toujours au poste pour entretenir le tempo boogie de "Good-bye baby", se frottant aux sonorités plus trash de l’autre gratte. Il ne faut pas oublier que les musicos de Canned Heat, considérés comme les rois de la boogie music, sont issus de la même cité. "Fire" est sculpté dans du pur funk. Lors de cette invitation à se secouer les hanches, la guitare rythmique répète ses accords à l’infini, alors que Dzuibla en profite pour faire hurler son saxophone. Ballade roots sensuelle, "My turn" est illuminée par une superbe partie de slide, signée Scott Abayta. Dansante, "I'll take you there" trempe dans le jazz R&B. Une plage acoustique au cours de laquelle la voix de Lisa est drapée de chœurs masculins. La sèche concède des accents manouches. Max Bangwell est une gloire locale. Il se charge des bongos. La basse de Mike fédère l'ensemble. Dès les premières notes de "Right man", on reconnait Johnny Mastro, à la puissance de son souffle dans l’harmo. Mais le leader des Mama's Boys n’empiète jamais sur la voix de Lisa, lorsqu’elle chante ce blues nerveux! Pour votre info, sachez quand même que c’est Mastro qui se charge de la production de cet opus. Très rythmique, le chant est talonné pare la guitare largement amplifiée de Million sur "Stop tryin", un blues climatique. Lent, "Bright shiny world" est un blues chargé d’intensité. Edo Guidotti siège derrière l'orgue Hammond. Féline, la voix de Lisa est de plus en plus furieuse. "Cold hearted woman" prend la direction de la Nouvelle-Orléans. Les percus sont bien mises en évidence. Le chant est plus tourmenté. Lisa et ses acolytes partagent le micro sur le paisible "Evil wind", une piste au cours de laquelle la guitare brille de mille feux. Une surprise ? La cover du "White rabbit" de Jefferson Airplane, une compo signée Grace Slick. La nouvelle version est superbe. Miss Cee chante divinement face au sax impérial de Dzuibla. Excellent, ce long playing s’achève par "Already", un titre folk empreint de tendresse, que Lisa interprète devant le violoncelle de Chris McCarthy.

 

jeudi, 28 mars 2013 02:00

Turquoise

Si vous aimez le blues, le southern rock ou toute forme de jam session, vous ne pouvez être insensible à tout ce qui touche à la famille Allman. Devon est le fils de Gregg, leader charismatique et intemporel de l’Allman Brothers Band. Originaire de Corpus Christi (NDR : c’est au Texas), il est âgé de 40 balais. Il a été élevé par sa mère, Sjhelley Kay Jefts, mais il a hérité des gènes musicaux de son père.

Il opère ses débuts au cours des années 90. A l’époque, il vit à St Louis, dans le Missouri. Il adoptera un style plus franchement blues, à partir de ses trente ans. Son album favori était "Layla" de Derek and the Dominoes. Eric Clapton en était le leader, mais le groupe pouvait aussi compter sur l’oncle de Devon, Duane Allman, virtuose de la guitare slide. En 1999, il fonde Honeytribe, une formation qui va s’accorder une pause dès 2001, avant de reprendre le collier dès 2005. Au fil des ans, il se produit aux quatre coins du monde. Il publie également deux albums, "Torch' en 2006 et "Space age blues" en 2010. L'année suivante, il rejoint le Royal Southern Brotherhood, un supergroupe de blues rock, au sein duquel militent le chanteur/percussionniste Cyril Neville (NDR : il est issu de la Nouvelle Orléans) et le très prometteur chanteur/guitariste Mike Zito. Le combo grave un elpee éponyme en mai 2012. Mais déjà, fin du mois de septembre, il entre en studio à Memphis, sous la houlette de Jim Gaines, pour enregistrer son premier opus personnel : "Turquoise". Lors des sessions, il a bénéficié du concours d’une section rythmique, soit le drummer Yonnico Scott et le bassiste Myles Weeks, mais également de quelques invités.

"When I left home" ouvre le bal. Une chanson inspirée par la bio de Buddy Guy. Du roots rock de toute bonne facture. La voix rappelle celle du père, mais en moins ravagée. Il est épaulé par Luther Dickinson des North Mississippi All Stars, à la slide. Et ses interventions sont limpides. Mike Zito cosigne "Don't set me free", une excellente ballade soul blues, hydratée par l'orgue Hammond de Rick Steff (de Lucero) et enrobée de chœurs, autorisant une sortie de cordes très cool. "Time machine" est une chanson douce, atmosphérique. Les cordes acoustiques épousent parfaitement la pureté du chant. "Stop draggin' my heart around" est un des sommets de l’elpee. Devon, de son timbre nasillard, et la délicieuse Samantha Fish (NDR : une autre artiste hébergée sur le label Ruf), se partagent un duo tout au long de cette remarquable composition issue de la plume de Tom Petty. Des rythmes latins et africains alimentent "There's no time", une piste caractérisée par des sonorités de guitare réminiscentes de Carlos Santana. Imprimé sur un mid tempo, "Homesick" est un blues rock qui s’illustre par une sortie de cordes originale. Devon dédie "Into the darkness" à son fils Orion, une ballade qui bénéficie du concours de Ron Holloway au sax ténor (NDR : cet ex-Dizzy Gillespie est membre du Warren Haynes Band). Et la dernière ballade, "Turn off the world", baigne dans un climat éthéré…

 

jeudi, 28 mars 2013 02:00

We had it all

Dave Kelly est un vétéran du blues anglais. Agé de 66 ans, il a milité chez John Dummer Blues Band et Tramp, des petites formations qui ont forgé la richesse du british blues boom des sixties. Disparue en 1990, sa sœur aînée, JoAnn, était considérée comme la meilleure chanteuse de blues britannique. Memphis Minnie, c’était son influence majeure.

Dave va monter d’une division une décennie plus tard ; et plus précisément en pleine vague punk. Il rejoint alors le chanteur/harmoniciste Paul Jones (NDR : un ex-Manfred Mann) au sein du Blues Band. Le combo va alors publier un nombre incalculable d'albums. Ce qui n’empêchera Kelly de poursuivre une carrière individuelle. I"We had it all" réunit 18 plages inédites, une collection puisée sur une période de 43 ans. C'est dire si notre homme a des racines.

"New Stockyard blues" ouvre la plaque. Dave est flanqué de son DK Band. Une plage immortalisée ‘live’ en 2003. En Suède. Un standard du blues d'avant-guerre imprimé sur un tempo rock'n'roll. Pete Emery, qui était le compagnon de feu Jo Ann, se réserve la guitare. Country blues acoustique, "Needed time" est interprété en duo ; et c’est Eric Bibb qui se charge des vocaux !! "Dust my blues" est un classique signé Robert Johnson. Nous sommes en 1969. A Manchester. Pour cette version ‘live’ particulièrement rare, c’est le légendaire Howlin' Wolf qui chante et souffle dans l'harmonica face au John Dummer Blues Band. Dave s’y réserve la slide. Cette collection puise au sein d’une multitude de styles. Soutenu par les chœurs de Kokomo et balisé par les ivoires de Chuck Leavell, "The River" trempe dans le gospel. Tout au long du "Ramblin' gal" de Hank Williams, la voix de Jo Ann Kelly est troublante. Les interventions de Dave à la slide, sont littéralement glaciales. Country bluegrass, "Passing through" date de 1971. Banjo électrique et violon dominent cette compo concédée par Rocksalt. Ex-Stone The Crows, Maggie Bell est une autre grande dame du blues anglais. Elle chante en duo sur la plage acoustique "Gulf Coast Highway". Les dernières pistes puisent dans un répertoire plus récent. Et épinglent quelques duos. Dont celui échangé en compagnie de Chris Barber, un des pionniers du blues outre-Manche. Il s’y réserve le trombone sur le bouleversant "Mr Estes said". "D-Day blues", ensuite. Impliquant le pianiste de boogie, Jona Lewie. Le "Too young to know" de Muddy Waters, encore. Auprès de son fidèle ami Paul Jones. Et enfin, le traditionnel "Take this hammer". Feu Long John Baldry, un autre artiste inoubliable, est alors le partenaire de Kelly. Dont la carrière est quand même fort riche…

 

jeudi, 28 mars 2013 02:00

Blues enough

Fondé en 1986, The Hitman Blues Band est drivé par Russel ‘Hitman’ Alexander, un chanteur guitariste new-yorkais. Il avoue pour influences majeures, Elmore James, Buddy Guy, Johnny Winter et Duane Allman. Son blues band réunit une section rythmique, un claviériste et un trio de cuivres.

Son premier album remonte à 2000. Il s’intitule "Blooztown". Un disque suivi par "Angel in the shadows", gravé en 2003 et caractérisé par l’intégration au sein du line up du claviériste Kevin Rymer ainsi que du saxophoniste Michael Snyder. En 2006, paraît "Live at Stonybrook University", un elpee qui bénéficie du concours de Mike Porter à la basse ; et enfin, en 2008, "Pale rider". "Blues enough" constitue son cinquième vinyle. Il recèle onze compositions ‘maison’ réalisées au studio Hot Sound à Brooklyn. 

"Blues enough" est imprimé sur un tempo vivace. Cette compo déménage. Elle est soulignée de chœurs et de cuivres. Rymer est le premier à mettre le nez à la fenêtre sur son l'orgue, mais il cède rapidement le relais à son leader, apparemment hanté par le spectre de Johnny Winter. Plus nonchalant, "Sam the Bluzman" rend hommage au regretté bluesman Sam Taylor, disparu à l’âge de 74 ans, début 2009. Hitman chante ce morceau passionnément mais aussi respectueusement. "Fishing where the fish are" s'ébroue sur des rythmes syncopés. Le piano et les cuivres sont bien présents au sein de ce climat instable. Mais la guitare fait mouche au cœur de cette ambiance néo-orléanaise. Blues de bonne facture, "Backhand drive" pourrait émaner de Chicago, mais aussi d’ailleurs. Une compo abordée dans l’esprit de Buddy Guy voire de Luther Allison, au cours de laquelle la slide est très remuante au milieu des cuivres. Lent, "Every peace of me" est un R&B de toute bonne facture. Le chant est impeccable. Les sorties de cordes et d’orgue sont solides. La guitare libère toute sa sensibilité sur "Streets of downtown", une autre ballade indolente très réussie. Retour à Chicago pour "Everything you do", un bon shuffle à la Elmore James. "Life's too short" évolue sur le Diddley beat. Neil Alexander se réserve l’harmo et Guy Lafountaine affronte les cuivres, de ses drums. Roots blues, "Better glass of bums" véhicule des accents swing et dixieland. Le trombone d'Al Alpert et la trompette d'Eric Altarac s’autorisent un billet de sortie. Encore une ballade R&B :"Deaf, dumb & Blind". Le saxophone brille de mille feux tout au long de cette piste séduisante et cool. Et l’album se referme par un morceau plus agressif, sans doute, à nouveau inspiré par Johnny Winter.   

 

jeudi, 28 mars 2013 02:00

61/49

La formule trio jouit toujours de mes faveurs. Et pour cause, son impact est immédiat, tant dans l’univers du blues que du rock'n'roll. Le MET tourne inlassablement près de ses terres. C’est-à-dire du côté de Los Angeles, en Californie. Mike Elder en est le chanteur et le guitariste. Il excelle dans le domaine du rockabilly. On le considère même comme un spécialiste. Sa première idole, c’était Scotty Moore des Jordanaires, le backing band du King Elvis! Il avait tapé dans l'oreille de Brian Setzer et Lee Rocker. Il a d’ailleurs participé aux sessions d’enregistrement de deux elpees gravés par Lee Rocker. John Bazz est préposé à la basse (NDR : formidable nom pour un bassiste !) C’est un des fondateurs des Blasters, un remarquable combo de rockab’. Quant au drummer, Jerry Angel, également un des piliers du band, il a apporté son concours à un nombre incalculable d’artistes ; et notamment les Blasters, Brian Setzer, Doug Yoakam et Leon Russell. En 2012, MET avait enregistré "Elvis Unleaded", un long playing dont les 20 titres issus du répertoire d'Elvis Presley, avaient bénéficié de la participation du mythique Gene Taylor, au piano.

Mile Eldred nous entraîne d’emblée sur les rives du Mississippi. Il est d’abord seul pour chanter "Don't go down there", avant d’être rejoint, à l’instar des work songs de naguère, par les chœurs –féminins et masculins– de l’Emmanuel Church Gospel Choir. Les amplis sont ensuite branchés. Place alors au boogie instrumental, "Jake's boogie". "Louise" est un blues légèrement teinté de jump. Nous sommes à L.A. La plage swingue. Mike est rejoint par une deuxième gratte, celle d'un des ténors locaux du genre, Kid Ramos. Roots song, "Mr Newman" est à la fois cool et immédiat. Délicieuse, la six cordes adopte un profil proche de Mark Knopfler. Rockabilly boogie éblouissant, "She's a rocket" déménage littéralement. Les accords de piano d’Ike Turner sont sautillants. Il est insatiable derrière ses ivoires. Jeff Turmes tire son épingle du jeu au sax baryton. Ike est toujours au poste pour "Jimmy, Jimmy", un rock'n'roll infernal. Très lent, "Ruby's blues" est un blues instrumental réminiscent des exercices de style opérés par Ronnie Earl. Plus roots et laidback, "Ms Gayle's chicken house" est un autre instrumental. Il bénéficie de la collaboration de Scotty Moore en personne. Le rythme agite à nouveau "For a girl", une compo bien texane soutenue par Riley Osborne à l'orgue Hammond. Somptueuse ballade, "This old train" fleure bon le sud, mais du côté de la frontière mexicaine. Les arrangements vocaux sont savoureux. Cesar Rosas (Los Lobos) se charge des cordes acoustiques. Ce long playing privilégie manifestement le blues. Eldred est vraiment brillant tout au long d’"I ain't comin' back", une compo balisée par le riff de "Help me". Le swing développé par John et Jerry pousse Mike au sommet de son art, sur le west coast jump, "Looke here". "61/49" évoque le célèbre carrefour de Clarksdale, dans le Delta, au croisement des highways 61 et 49. Un ‘crossroad’ légendaire où le mythique Robert Johnson aurait vendu son âme au diable. Ce morceau rend hommage à Delta blues. Eldred se réserve le bottleneck. Sa voix est particulièrement expressive. Une œuvre d’excellente facture…

 

jeudi, 28 mars 2013 02:00

Mercy, pity, peace & love

Ce trio belge pratique une musique personnelle, ma foi, fort complexe et exclusivement instrumentale. Elle est le fruit d’un cocktail –en émulsion– de jazz (free, fusion), avant-garde, prog et hard. Le line up réunit Maguire, Michel Delville et Tony Bianco. Les deux premiers se réservent les claviers. Le deuxième les synthés et la guitare. Le troisième, les drums et tout ce qui touche à l’électronique. Avant de publier "Mercy pity peace & love", la formation avait déjà gravé "Never pet a burning dog". Richard Sinclair avait participé à l'enregistrement du premier opus, et manifestement, l'influence du bassiste de Caravan est encore significative aujourd'hui. Ce concept album est tiré de l'œuvre de William Blake, "Songs of innocence and experience"! L'enregistrement a été réalisé en deux séances, à six mois d'intervalle.

Alex Maguire est anglais. Il a été très marqué par l'école de Canterbury (Caravan, Soft Machine, Hatfield and the North), mais s’intéresse également à la musique avant-gardiste. Et tout particulièrement à John Cage ainsi que Howard Riley. Michel Delville est liégeois. Il milite au sein de Wrong Object, un groupe de jazz rock au sein duquel militent également Elton Dean et Harold Beckett. Tony Bianco est new-yorkais. Il est également fort impliqué dans ces milieux de jazz rock expérimental.

La lecture rapide du poème "There's a war goin' on" est accomplie devant un orgue aux sonorités enchanteresses. Néanmoins, on va droit vers une déclaration de guerre. De courts motifs de claviers tournent en boucle sur "Jalal", alors que la guitare réverbérée de Michel s'étire, avant de laisser libre cours aux interventions de piano électrique, puis de revenir enfin toute débridée, dans un style vraiment proche de l'école de Canterbury. La progression instrumentale rencontrée sur "No more quarrel with the devil" évoque King Crimson. Robert Fripp hante les cordes. "Rising upon clouds" trempe dans la musique classique d'avant-garde. Les accords de piano balayés de sonorités électroniques lorgnent vers Cage et Riley! Une reprise sur cet elpee ! Et elle est surprenante. En l’occurrence le "Purple haze" de Jimi Hendrix. Torturée, la guitare vagabonde. Psychotique voire démoniaque, le clavier s’immisce dans l’ensemble. La référence à Hendrix est aussi proche que lointaine… "The invitation" baigne au sein d’un climat dépouillé et empreint de douceur. Notamment à cause de la beauté naturelle des cordes de Delville, mais également des interventions d’orgue de Maguire. Très long, le titre maître s’ouvre dans un climat paisible. Mais après deux bonnes minutes, il est rompu par les roulements de batterie produits par Bianco. L’orgue progresse, il cherche sa voie avant d’émanciper les ivoires qui s’aventurent dans le free jazz, puis de céder le relais à une conjugaison entre claviers et guitare, gratte s’emballe lors de l’assaut final. Autre aventure intense, mais cosmique, "The human abstract" nous entraîne dans un périple imaginaire. De toute bonne facture, "Mercury" s’intègre parfaitement dans le style de l'école de Canterbury. Difficile d’accès, cet opus ne manque pas d’allure. Et il s’achève par "Goodbye my fellow soldier", une dernière longue piste caractérisée par un clavier sidéral, majestueux, et abordée dans l’esprit du krautrock des Tangerine Dream, Popol Vuh, Cluster et consorts…

 

mercredi, 20 mars 2013 19:54

The Town Crier

Robert ‘Top’ Thomas nous vient d’un état le plus souvent généreusement ensoleillé : la Floride. Au cours des années 90, ce chanteur/guitariste drivait Smokehouse, une formation de Florida swamp blues responsable de 4 elpees, dont le troisième, "Cadillac in the swamp", avait reçu un accueil très favorable de la part de la critique.

La majorité des plages de cet opus sont cosignées par Bob et son bassiste ainsi que co-guitariste Stephen Dees. Le line up de base est complété par le drummer Billy Dean et l’harmoniciste Stephen Kampa. Ce qui n’a pas empêché de nombreux amis de participer aux sessions d’enregistrement.

Top démarre en force. Il emprunte la route et se dirige vers le grand fleuve mythique des bluesmen, "Mississippi quickie". Un titre nerveux, saignant, qu’il imprime sur le rythme du boogie, à la manière de John Lee Hooker. Une excellente mise en jambes ! Il chante, d’une voix ravagée, "Blues grass", un country blues nonchalant balisé par les fûts de Billy. Le talentueux Brandon Santini souffle dans son harmo. Son ami et co-auteur, Victor Wainwright siège derrière le piano et Top s’autorise alors un petit coup de bottleneck. Signé Jerry West, "The same thing could happen to you" fleure bon les marais de la Louisiane. Beth McKee se réserve l’accordéon. Authentiques, les vocaux sont hantés par ce bon vieux Lazy Lester, à qui est dédié l'album. Imprimé sur un mid tempo, "Lazy little Daisy" est un blues guidé par la voix éraillée de Mr Thomas, sur les routes poussiéreuses du Delta. Basique, primaire, "Kingsnake crawl" est un blues particulièrement efficace. La voix de Bob campe un hybride entre Howlin' Wolf et John Lee Hooker. Les interventions de Mark 'Muddy Harp' Hodgson sur sa musique à bouche sont bouleversantes, belles à pleurer. Du vrai downhome blues, proche du Southside de Chicago. "Bad seed' nous transporte au cœur des swamps, là où les alligators foisonnent. Assis derrière son orgue, Victor Wainwright chante d’une voix autoritaire. Son timbre est aussi ravagé que celui de Top. Très bien senties, les cordes sont proches d'Albert King. "What's the matter Ma" adopte un profil particulièrement roots. Caractérisé par d’excellentes interventions de piano roadhouse, "Sugar shop" nous propulse sur un axe Baton Rouge - New Orléans. Autre véritable Delta Blues, "I'm a freight train" bénéficie de la participation du brillant et jeune Damon Fowler au dobro. Ce dernier dialogue avec l'harmo de Mr Kampa. "Daddy's gone" s’engage également sur cette voie roots, en compagnie de Brandon Santini et Stephen Dees. Blues subtil, le titre maître est imprimé sur un tempo plus enlevé. Saxophone et harmonica déchaîné de Jeffrey Willey (NDR : c’est le leader des Smokin' Torpedoes) libèrent alors la voix du maître Top. Une toute bonne entrée en matière! 

 

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