La nation fantôme de The Besnard Lakes…

Le septième opus de Besnard Lakes, « The Besnard Lakes Are the Ghost Nation », paraîtra ce 10 octobre, confirmant ainsi son statut de l'un des groupes les plus constants de ces 20 dernières années, dont la vision et la qualité sont difficilement égalables…

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La Divine Comédie de Lora Gabriel

Lora Gabriel a trouvé sa voie en oscillant constamment entre les polarités pour mieux les réconcilier. Cette quête débute dès son enfance, lorsqu'un professeur de flûte traversière, au conservatoire, lui propose de chanter les notes qu'elle joue. Son premier…

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Hooverphonic
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Enzo Porta

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mardi, 25 novembre 2008 01:00

Eugene McGuinness

Eugene McGuinness est à peine âgé de 22 ans. Un Londonien de LIPA, l’école des arts de la scène, fondée à Liverpool par Paul Mc Cartney. Il vient donc d’enregistrer son premier elpee. Mais il s’était déjà illustré au début de l’année en concoctant « The Early Learnings Of… », un mini elpee. Désormais soutenu par un groupe, Eugene McGuinness propose ici une œuvre très prometteuse. Traditionnelle dans la forme, mais un peu courte quand même, elle est découpée dans une pop anglaise élégante et soigne autant les paroles que la recherche mélodique. On pense à la pop des Kinks, même si la voix lorgne davantage vers Morrissey ; le tout en bien plus éclectique et détraqué.

Le disque démarre fort par deux titres de rock (« Rings Around Rosa » et « Fonz »), avant de céder la place à deux ballades romantiques à souhait, trahissant les origines irlandaises du bonhomme ; et en particulier une très belle compo intitulée « Moscow State Circus ». Désuet, « Those Old Black Movies Were True » rappelle une vieille comédie musicale. Rockabilly déglingué, « Nightshift » vient nous sortir d’une agréable torpeur en préalable à une fin de parcours plus intimiste. La pop ‘kinksienne’ d’« Atlas » cède ensuite la place à l’atmosphère hivernale de « Knock Down Ginger » avant de conclure par le joliment suranné « God In Space ». Un disque de toute grande classe que je vous conseille vivement.

 

mardi, 25 novembre 2008 01:00

Un Dia

Quelquefois, les choix les plus suicidaires peuvent se révéler salvateurs. Peut-être pas pour les finances, mais en tout cas pour l’âme. Prenez l’exemple de l’Argentine Juana Molina. Vedette à la télé pendant des années, la chanteuse a décidé de tourner le dos à une carrière lucrative pour enregistrer des disques originaux, entre électronique et folk. Ce cinquième album rompt totalement avec le format ‘chanson’ exploité sur ses disques précédents. C’est-à-dire une veine folk mélancolique et légèrement expérimentale. « Un Dia » se révèle une œuvre totalement audacieuse. Elle se concentre sur la répétition pure et explose les formats classiques de la chanson. Une œuvre qui se focalise sur la trance rythmique et l’onirisme. Une œuvre au cours de laquelle Molina et son complice, Alejandro Franov, superposent des boucles vocales et instrumentales (des guitares et des claviers surtout) pour imaginer des atmosphères tantôt lumineuses, tantôt enfantines, tantôt carrément inquiétantes. Les huit titres fascinants de cet opus rappellent les délires d’Animal Collective. Une différence : l’atmosphère d’« Un Dia » est bien plus intimiste. Un disque susceptible de récompenser celles et ceux qui ont qui auront l’audace de s’y plonger !

 

C’est dans une Ancienne Belgique étonnement bondée que s’est produit l’événement hip hop de cette fin d’année, où le passé (GZA) a rencontré le futur du mouvement (Roots Manuva). Après une fouille corporelle, on est autorisé à pénétrer dans la grande salle pour assister à la fin du set de Beat Drunx. On n’en verra cependant pas assez pour se forger une bonne idée du hiphop pratiqué par les deux Gantois.

Quelques bières plus tard, débarque Roots Manuva, un des meilleurs et plus influents emcees du hip hop anglais des années 2000. L’homme vient nous présenter « Slyme and Reason », son quatrième album (sans compter les deux consacrés aux remixes), une œuvre qui renoue avec les sonorités jamaïcaines. Notre homme est soutenu par deux dj’s. L’un d’eux est d’ailleurs affublé d’un saxophone qu’il n’utilisera pas une seule fois au cours de ce concert court et agréable. Au chant, l’excellent chanteur Ricky Ranking (http://www.myspace.com/rickyranking) –vétéran de la scène reggae anglaise, il a déjà collaboré aux projets de Roots Manuva, à plusieurs reprises– donne de l’amplitude au rap enfumé de Rodney Smith.

L’équipe commence en force par « Again & Again », le premier single très reggae issu de « Slyme and Reason ». L’ambiance est bonne. Roots Manuva est visiblement défoncé. Ce qui n’entachera en rien la qualité de la prestation, malgré quelques petits trous de mémoire. Le duo épingle pas mal de morceaux du nouvel album (dont l’excellent « Buff Nuf ») mais aussi quelques classiques du passé. Avant d’entamer le beat imparable de « Witness », les deux compères tentent de nous faire croire que « The  council of Brussel forbid us to play this song ». “Dreamy Days” et quelques autres classiques suivent. Ricky Ranking se fend d’ailleurs d’une formidable tranche de reggae digital ‘old school’ rappelant les grandes heures du légendaire King Jammy. Les gaillards saluent les ‘ladies of Brussels’ et les bonnes vibrations qui émanent effectivement du public. La prestation se termine, et on reste conquis par cette synthèse presque parfaite de reggae digital, de hip hop et de dubstep.

Après une longue période de préparation, GZA monte sur les planches, accompagné de Killah Priest des Sunz Of Man. ‘The Genius’ (le surnom que ces comparses du Wu-Tang lui avaient attribué) vient rejouer l’intégralité de « Liquid swords », son album mythique, sorti en 1995. Composé à l’époque où le Wu-Tang Clan était à son sommet créatif, « Liquid Swords » incarne aussi l’aspect le plus philosophique du groupe. S’il recèle les plus beaux beats que le producteur RZA ait créés, « Liquid Swords » est aussi un album bigrement original où toute l’équipe du Wu-Tang Clan  (Ghostface, Method Man, ODB, Killah Priest…) lâche quelques unes de ses plus belles rimes. L’album est bien entendu dominé par la personnalité et le flow particulier de GZA, sorte de moine-guerrier urbain pour qui les rimes sont des ‘lames liquides’. Son flow évoque aussi d’autres lames : précises et aiguisées.

Le show respecte le tracklisting de l’album. Le tube « Liquid Swords » ouvre d’ailleurs le bal. Evidemment, RZA (et les autres) ne sont pas venus pour placer leurs rimes, mais GZA et Killah Priest assurent parfaitement. Les beats implacables de RZA explosent nos oreilles (ainsi que les enceintes de l’AB) et le duo passe (quelquefois un peu rapidement) en revue les bijoux de l’album : « Duels of The Iron Mic », « Leaving in the world today », le hanté « Cold World », sans oublier le « B.I.B.L.E. » de Kilah Priest. Le duo expédie « Liquid Swords », et on a l’impression que les gaillards n’affectionnent pas particulièrement l’exercice. Mais l’AB exulte et au sein du public déchaîné, un fan parvient à faire dédicacer le vinyle de « Liquid Swords » qu’il brandissait depuis un quart d’heure. Le duo enchaîne ensuite sur quelques vieilles scies du Wu tirées des deux premiers elpees du collectif. On a droit à quelques nouveaux titres issus de « Protools », le nouvel opus de GZA mais c’est « Shimmy Shimmy Ya » qui atomise l’AB. Le classique du défunt « Ol’Dirty Bastard » nous rappelle que le vieux bâtard et GZA ont commencé à rapper ensemble quand ils étaient jeunes… On arrive donc à la fin de ce concert un peu nostalgique (mais énergique), un set réminiscent de l’âge d’or du hip hop new-yorkais des années 90, définitivement révolu. En tout cas, les vieux guerriers du Wu suscitent encore le respect et l’admiration de la grande foule qui s’est déplacée ce soir pour leur faire un triomphe.

Setlist Roots Manuva :

Again & again
Kick up ya foot
Buff nuff
Dub styles
Too cold
Join the dots
Its me
Oh lord
Ninja we ninja
Movements
Witness
Seat yourself
Two pieces
Dreamy days
Bashment boogie
Let the spirit

Organisation AB

lundi, 10 novembre 2008 01:00

Des lames liquides, précises et aiguisées

C’est dans une Ancienne Belgique étonnement bondée que s’est produit l’événement hip hop de cette fin d’année, où le passé (GZA) a rencontré le futur du mouvement (Roots Manuva). Après une fouille corporelle, on est autorisé à pénétrer dans la grande salle pour assister à la fin du set de Beat Drunx. On n’en verra cependant pas assez pour se forger une bonne idée du hiphop pratiqué par les deux Gantois.

Quelques bières plus tard, débarque Roots Manuva, un des meilleurs et plus influents emcees du hip hop anglais des années 2000. L’homme vient nous présenter « Slyme and Reason », son quatrième album (sans compter les deux consacrés aux remixes), une œuvre qui renoue avec les sonorités jamaïcaines. Notre homme est soutenu par deux dj’s. L’un d’eux est d’ailleurs affublé d’un saxophone qu’il n’utilisera pas une seule fois au cours de ce concert court et agréable. Au chant, l’excellent chanteur Ricky Ranking (http://www.myspace.com/rickyranking) –vétéran de la scène reggae anglaise, il a déjà collaboré aux projets de Roots Manuva, à plusieurs reprises– donne de l’amplitude au rap enfumé de Rodney Smith.

L’équipe commence en force par « Again & Again », le premier single très reggae issu de « Slyme and Reason ». L’ambiance est bonne. Roots Manuva est visiblement défoncé. Ce qui n’entachera en rien la qualité de la prestation, malgré quelques petits trous de mémoire. Le duo épingle pas mal de morceaux du nouvel album (dont l’excellent « Buff Nuf ») mais aussi quelques classiques du passé. Avant d’entamer le beat imparable de « Witness », les deux compères tentent de nous faire croire que « The  council of Brussel forbid us to play this song ». “Dreamy Days” et quelques autres classiques suivent. Ricky Ranking se fend d’ailleurs d’une formidable tranche de reggae digital ‘old school’ rappelant les grandes heures du légendaire King Jammy. Les gaillards saluent les ‘ladies of Brussels’ et les bonnes vibrations qui émanent effectivement du public. La prestation se termine, et on reste conquis par cette synthèse presque parfaite de reggae digital, de hip hop et de dubstep.

Après une longue période de préparation, GZA monte sur les planches, accompagné de Killah Priest des Sunz Of Man. ‘The Genius’ (le surnom que ces comparses du Wu-Tang lui avaient attribué) vient rejouer l’intégralité de « Liquid swords », son album mythique, sorti en 1995. Composé à l’époque où le Wu-Tang Clan était à son sommet créatif, « Liquid Swords » incarne aussi l’aspect le plus philosophique du groupe. S’il recèle les plus beaux beats que le producteur RZA ait créés, « Liquid Swords » est aussi un album bigrement original où toute l’équipe du Wu-Tang Clan  (Ghostface, Method Man, ODB, Killah Priest…) lâche quelques unes de ses plus belles rimes. L’album est bien entendu dominé par la personnalité et le flow particulier de GZA, sorte de moine-guerrier urbain pour qui les rimes sont des ‘lames liquides’. Son flow évoque aussi d’autres lames : précises et aiguisées.

Le show respecte le tracklisting de l’album. Le tube « Liquid Swords » ouvre d’ailleurs le bal. Evidemment, RZA (et les autres) ne sont pas venus pour placer leurs rimes, mais GZA et Killah Priest assurent parfaitement. Les beats implacables de RZA explosent nos oreilles (ainsi que les enceintes de l’AB) et le duo passe (quelquefois un peu rapidement) en revue les bijoux de l’album : « Duels of The Iron Mic », « Leaving in the world today », le hanté « Cold World », sans oublier le « B.I.B.L.E. » de Kilah Priest. Le duo expédie « Liquid Swords », et on a l’impression que les gaillards n’affectionnent pas particulièrement l’exercice. Mais l’AB exulte et au sein du public déchaîné, un fan parvient à faire dédicacer le vinyle de « Liquid Swords » qu’il brandissait depuis un quart d’heure. Le duo enchaîne ensuite sur quelques vieilles scies du Wu tirées des deux premiers elpees du collectif. On a droit à quelques nouveaux titres issus de « Protools », le nouvel opus de GZA mais c’est « Shimmy Shimmy Ya » qui atomise l’AB. Le classique du défunt « Ol’Dirty Bastard » nous rappelle que le vieux bâtard et GZA ont commencé à rapper ensemble quand ils étaient jeunes… On arrive donc à la fin de ce concert un peu nostalgique (mais énergique), un set réminiscent de l’âge d’or du hip hop new-yorkais des années 90, définitivement révolu. En tout cas, les vieux guerriers du Wu suscitent encore le respect et l’admiration de la grande foule qui s’est déplacée ce soir pour leur faire un triomphe.

Organisation AB 

 

mardi, 11 novembre 2008 01:00

Live at the Nelson Mandela Theatre

Situé quelque peu à l’extérieur de Johannesbourg, en Afrique du Sud, le South Western Townschip est un ghetto historique de la révolte contre l’apartheid. Dans nos contrées, il est plus connu sous l’acronyme ‘Soweto’. La chorale qui en est issue, le Soweto Gospel Choir, interprète une majorité de titres traditionnels Zulu et Sotho, des chants classique de la tradition protestante (« Amazing Grace »), mais également une poignée de morceaux issus du répertoire populaire (Dylan et Bob Marley). Ce témoignage immortalise un concert accordé au Nelson Mandela Theatre de Johannesbourg. Il s’ouvre par des chorales africaines uniquement soutenues par des percussions. A mi-parcours, une formation pop traditionnelle prend le relais pour nous servir des standards du répertoire gospel, déjà entendus maintes fois. Une formule classique qui s’adresse surtout aux mordus du genre ; d’autant plus que les interprétations sont fort bien exécutées.

 

mardi, 11 novembre 2008 01:00

George Clinton and his Gangsters of Love

Le génie créateur du P-Funk traverse manifestement, pour l’instant, un gros passage à vide. Et ce nouvel opus, consacré aux thématiques de l’amour, en est une nouvelle démonstration. Pendant quinze morceaux (seulement  onze sont annoncés sur la pochette), il invite ses nombreux potes (Santana, RZA du Wu-Tang, Red Hot Chili Peppers, Sly Stone, El DeBarge) à venir s’ébrouer sur des classiques de la soul (Barry White, Curtis Mayfield), de vieilles scies des années 50 (« Sway », « Pledging My Love », « Let The Good Times Roll »), ainsi que quelques compos personnelles. Affirmer que ces exercices de style sont anecdotiques serait un doux euphémisme : les participants ont l’air fatigués (NDR : à moins qu’ils ne ’ennuient…), les instrumentations sont trop synthétiques et sonnent souvent toc. Et puis ces reprises n’apportent strictement rien aux originaux. Bref, on y ressent un cruel manque d’inspiration. Hormis le rap de RZA sur « Heaven », on a bien du mal à identifier quoi que ce soit susceptible de tirer l’auditeur de la lassitude profonde provoquée par l’écoute de ce disque. Vu les brillants états de service du papy P-Funk, cet elpee est tout simplement à négliger…

 

 

mardi, 11 novembre 2008 01:00

Freedom Wind

Amateurs d’originalité et d’innovations, passez votre tour. Par contre, les indécrottables nostalgiques de pop parfaite trouveront ici de quoi se réchauffer pour l’hiver. Hormis le titre maître qui lorgne assez curieusement vers John Lennon, « Freedom Wind » constitue un hommage plus qu’appuyé à la musique des Beach Boys … Tous les éléments sont présents pour rappeler les mythiques garçons de la plage : les harmonies vocales complexes, l’instrumentation riche, les ‘reverbs’ à l’ancienne et cette impression que l’été ne finira jamais. Pour mettre en valeur, ce qui finalement n’est qu’une vaine imitation, ces jeunes gens issus de Caroline du Sud sont parvenus à mettre du piment dans le pastiche ; notamment en pondant des excellents morceaux. Et je pense tout particulièrement à « Forever », « Don’t Forget The Sun », « If You Go », l’instrumental “Summer Air” ou encore « Last Kiss », des compos de toute bonne facture. Il y a bien le dispensable « Honey, I don’t know Why » ; mais dans l’ensemble, le reste de “Freedom Wind” tient plus ou moins bien la route. Bref, en prenant un peu de recul, il faut reconnaître que ce disque ne manque pas d’allure. Reste à savoir si la formation va envoyer un exemplaire à Brian Wilson…

 

mardi, 25 avril 2006 02:00

Estudando o Pagode

A septante ans bien sonnés, Tom Zé fait preuve d’une salutaire audace qu’on aimerait entendre plus souvent. Cette opérette inachevée traite en trois actes de la condition de la femme au Brésil et dans le monde. Produit de main de maître par le talentueux Jair Oliveira, les chansons s’enracinent dans le ‘pagode’, une variation de samba fort populaire au Brésil. Plusieurs invités chantent en compagnie du grand Tom pour des compos qui marient allègrement les arrangements les plus étranges (‘scratches’ vocaux, hennissements d’âne, bidouillages électroniques) à des mélodies très inspirées. Du funk presque métal de « Ave Dor Maria » à la mélancolie de « Canção de Nora » et de « Mulher Navio Negriero » en passant par le complètement fou « Pagode-Enredo Dos Tempos Do Medo », le disque change souvent d’atmosphère. Un trop plein d’idées et d’informations qui risque d’en désarçonner plus d’un ; mais qui se révélera fortement addictif à ceux qui passeront le stade de l’écoute superficielle. Bien évidemment, les chansons sont interprétées en portugais. Aussi, la subtilité et l’amour des jeux de mots de Tom Zé nous échappent totalement ; même si une traduction a été incluse dans le livret. Reste la musique, totalement hors normes et qu’on vous conseille chaudement.

mardi, 24 octobre 2006 02:00

Transitions

Issu de Boston, Westbound Train appartient à cette catégorie de groupes qui imitent à merveille le son jamaïcain des années 60, au moment où l’énergie du ska cédait le pas à l’élégance du rocksteady. Rien de bien original sur ce troisième album de la formation (ce n’est de toute façon pas le but) mais une copieuse collection de chansons destinée à ressusciter les fantômes des Skatalites, Prince Buster, Heptones, Ansel Collins, Pioneers, John Holt, Wailers et consorts qu'il serait fastidieux d’énumérer. Le son est moins brumeux que chez les artistes dont ils s’inspirent mais tout aussi 'vintage', au point que l’instrumental « The Test » aurait très bien pu être un inédit des Skatalites (en compagnie desquels les Westbound ont tourné). Le timbre vocal particulièrement soul du chanteur tromboniste Obi Fernandez illustre de chouettes compos décontractées dont les refrains réchaufferont nos cœurs déjà meurtris par cet hiver qui s’annonce sans pitié. Des jolies mélodies et un bon karma, que demande le peuple ?

mardi, 09 mai 2006 02:00

Thunderbird

Entre blues et jazz, le timbre de voix grave de Cassandra Wilson s’était jusqu’ici illustré dans des productions majoritairement acoustiques. Pour ce « Thunderbird » à la pochette ratée, elle a convié le producteur T Bone Burnett, responsable de la très chouette bande originale du film « O’ Brother Where Are Thou ? ». Parmi les musiciens invités, figurent notamment l’infatigable Marc Ribot, Keb Mo et Mike Elizondo, précieux collaborateur de Dr Dre dans la confection de tubes pour Eminem, Busta Rhymes ou encore Mary J. Blidge. Le disque s’ouvre par le très hip hop et excellent « Go To Mexico », un morceau basé sur un sample d’un groupe funk de la Nouvelle Orléans. Un contagieux mélange de boucles rythmiques et d’éléments live qui atteint sa cible. La cover du « Close To You » des Wallflowers est plus convenue, alors qu’« Easy Rider » trempe dans le blues. Sombre et hanté, « It would be so easy » renoue avec les sonorités funk-soul de la plage d’ouverture, tout en réalisant le mélange parfait entre claviers d’époque comme le clavinet et les guitares ciselées de Marc Ribot. Signé Willie Dixon, « I want to be loved » est ici repris dans une clé très groovy qui rappelle le blues funk d’Albert King, tandis que « Lost » (partagé en duo avec Marc Ribot) reste le moment le plus jazz du disque. « Thunderbird » s’achève plutôt bien par « Tarot », une autre petite pépite soul-jazz à l’atmosphère rêveuse. En bref, malgré ses passages à vide, on vous conseille vivement cette plaque.

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