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Trois groupes aux ambiances contrastées se partagent l'affiche de l'Orangerie en ce samedi automnal. Parts & Labor est un trio de Brooklyn qui fait beaucoup de bruit : deux hommes se tiennent prostrés sur leurs machines en s'agrippant parfois au manche de leur guitare/basse, tandis qu'un troisième larron martèle sa batterie comme s'il allait mourir demain. On pense parfois à Wolf Eyes au niveau visuel, à Oneida et à Whirlwind Heat pour la musique. Si les deux machinistes se partagent le micro, on aurait préféré qu'ils se taisent un peu plus : instrumentale, leur musique aurait encore gagné en puissance et en évocation. Le public, encore clairsemé à cette heure-là de la soirée, se laisse pourtant aller.

Ce n'est qu'un échauffement, avant la tornade pop, The Hidden Cameras. Entouré de sept musiciens à l'air décontracté (deux violonistes, un violoncelliste, un bassiste, deux claviéristes et une batteuse), Joel Gibb entame son set par « A Miracle », petit bijou tiré de l'excellent « The Smell Of Our Own », sorti en 2003. Après c'est « Lollipop », et l'on évitera toute blague potache sur les homosexuels, les sucettes, et tout le toutim, puisque ensuite Joel Gibb nous fait cadeau de « Smells Like Happiness » et de « Day is Dawning », pour rappel deux pièces majeures de « The Smell Of Our Own », leur meilleur disque à ce jour. « Music is my Boyfriend » enfonce le clou (à défaut d'autre chose…), puis « Bboy » et « I Want Another Enema » rappellent que « Mississauga Goddam » valait lui aussi le détour. En fin de compte, seuls les titres de « Awoo », le nouvel album, donnent moins envie de se donner des claques sur les fesses (« Learning the Lie », « Heji », « Waning Moon », « Death of a Tune »). En rappel, un bon vieux « Golden Streams », de l'excellent « The Smell Of Our Own », achève de nous convaincre : s'il y a bien un disque à posséder de ces gays Canadiens, c'est l'excellent « The Smell Of Our Own ». A noter également que l'un des violonistes ressemblait étrangement à John Locke de « Lost » : et nous qui pensions que c'était Jack qui allait se faire Sawyer !

Rien que pour son nom, I Love You But I've Chosen Darkness vaut la peine qu'on s'y attarde. Surtout que le premier disque de ces Texans est produit par Paul Barker himself, l'ex-compère d'Al Jourgensen de Ministry. Pas d'inquiétude, cependant : on ne parle pas ici d'indus metal mais bien de cold wave rigide, qui ne manque pas de puissance et de quelques refrains efficaces. Set court, qui prendra surtout de l'altitude vers les derniers titres : I Love You… ne connaîtra sans doute pas la trajectoire brillante d'Interpol, mais il y a chez ces types une élégance qui pour une fois n'a rien de tape-à-l'œil. Quand on sait qu'ils ont des accointances avec les exemplaires Windsor For The Derby, on ne peut donc que taper des deux mains. C'est ce que beaucoup de gens ont fait ce soir. Comme quoi le spleen à la Psychedelic Furs s'accorde parfois bien avec la fièvre du samedi soir.

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