Une pincée d’arrogance et un zeste de morve, c’est ce qui sied à merveille au Rock quand le propos est pertinent. Mais le jeu est subtil, et il y a une marge à ne pas franchir, sous peine de foutage de gueule total. Et en ce soir de septembre, les Crocodiles se sont cassé les dents…
Arrivé dans l’urgence sur le coup de vingt heures quinze, je me réjouis de m’entendre dire que le set vient à peine de commencer.
Las ! Je n’imagine pas encore que les trois minutes manquées représentent le dixième du concert de ce soir.
Les voûtes du Witloof bar résonnent sous les assauts de ces Californiens au nom vernaculaire, alors que je m’y engouffre.
Quelques instants suffisent pour se faire une idée.
Instantané d’une décade dorée.
Chez ces Crocodiles, on décèle du Echo And The Bunnymen, du Jesus And Mary Chain, et beaucoup d’autres influences, certes fort bien assimilées.
Les ingrédients feraient merveille, mais il manque définitivement quelque chose. Cette touche sensible qu’on appelle génie. Et celui-ci s’obstine à rester cloîtré dans sa lampe.
Alors, il reste l’attitude. Qui ne camouffle pas tout. Qui ne justifie rien. Trente-cinq minutes et puis s’en vont.
Pas de rappel.
Sans doute pas assez de matériel.
Pas grand-chose à ajouter.
(Organisation : Botanique)

Nederlands
Français 
