Tout est fini pour Sprints…

Le groupe de Dublin, Sprints, sortira son deuxième album, « All That Is Over », le 26 septembre. Bien reçu par la critique, son premier long playing, « Letter To Self » (2024), a marqué le groupe comme une force majeure dans le paysage alternatif et a été…

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Hooverphonic
Nicolas Alsteen

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mardi, 10 octobre 2006 03:00

Afro Strut

Joseph Fiddler trouve qu’il est plus sympa de s’appeler Amp Fiddler. Il n’a pas tort. C’est effectivement bien plus chic. Un musicien black en provenance de Detroit titille forcément les mémoires : Motown, vénérable usine à tubes établie dans la capitale motorisée du Michigan. Soul toujours, mais funk d’abord, la musique d’Amp Fiddler s’inspire directement de ses idoles. Marvin Gaye, Smokey Robinson, Sly et George Clinton, en tête. Pas franchement innovant dans son genre, Fiddler préfère laisser parler son savoir-faire. Ancien membre actif de la galaxie Funkadelic, le musicien a plus d’un tour dans son sac. Aussi, des titres comme « If I Don’t » ou « Right Where You Are » séduisent sans mal. Relax et sensuel, le grand black au chapeau à pompon signe un disque agréable et accessible, à la portée des néophytes d’un genre trop souvent souillé par des bobos à la popularité chancelante. Amp Fiddler n’est peut-être pas à la pointe de l’originalité. Mais il prend le temps d’édifier sa crédibilité. Loin des feux de l’actualité.

mardi, 02 mai 2006 03:00

It’s a Game

Pensionnaire de Drag City depuis 1997, Edith Frost ressort du bois pour « It’s a Game », quatrième album de sa discographie. Déroutante, la chanteuse s’immisce au coin des genres. Sans jamais les pénétrer, elle cultive le mystère, l’art de mélanger sans déranger. Ses vocalises jazzy se pointent ainsi sur le perron du folk et de la country. Les chansons d’Edith côtoient les univers d’Aimée Mann et de Cat Power, ses plus élégantes contemporaines. Pourtant, derrière ce doux chant féminin, il s’égrène une force tranquille, une puissante mélancolie. Les délices acoustiques de Will Oldham (Bonnie « Prince » Billy) s’invitent alors au répertoire d’Edith Frost. Mélancolique, jamais tragique, la chanteuse revisite le thème de l’amour déchiré. L’espoir de revoir l’amant d’un soir, la tristesse d’abandonner l’être aimé, la joie d’exister, de croire, encore, aux possibilités de cet impossible amour. Ces sujets de réflexions, sources de passions et de crispations, dessinent les contours de cet album. Edith Frost se pose en observatrice de l’ivresse. Elle nous rappelle qu’en amour, on peut être heureux, puis malheureux : « It’s a Game » et les règles sont changeantes. Mais ce jeu en vaut la chandelle !

mardi, 25 avril 2006 03:00

Morph The Cat

Clef de voûte du Steely Dan au début des années 70, Donald Fagen a épuisé sa collection de ritournelles jazz-pop en moins d’une décennie. Esseulé, l’homme a entamé un voyage initiatique. A travers sa musique, Fagen s’est offert une quête introspective dont les premiers détours apparaissent en 1982 avec « The Nightfly ». A l’occasion de cette sortie solo, il s’attachait à étaler ses ambitions d’antan, ses rêves d’alors. Seul face à ses déboires, Fagen poursuivait sa démarche par le prisme de « Kamakiriad » (1993). Cette œuvre cathartique devait lui permettre de passer le cap de la quarantaine. En 2006, le chanteur nous revient. Plus fataliste que jamais, il achève sa réflexion par « Morph The Cat », troisième album résigné, prêt à affronter la vie et la mort. Pour le plus grand bonheur de ses admirateurs, Fagen se réapproprie ici les bases de son propre style : une musique sophistiquée, portée sur les accointances pop du jazz. Les chansons s’engagent sur d’étranges sentiers méditatifs. Comme sur « What I Do », sorte de conversation entre le jeune Fagen et le fantôme de Ray Charles. Plus loin, « The Great Pogoda Of Funn » évoque les tentatives amoureuses de deux amants pour contrecarrer la monotonie du quotidien. Les pistes de réflexion s’enchaînent, refermant ainsi la trilogie entamée par Donald Fagen en 1982. Au final, on retiendra surtout l’excellence des arrangements. Et la place prépondérante accordée au patriotisme. Exacerbé ? Disons simplement que notre bon Donald est resté coincé dans un trip post-11 septembre. Traumatisant.

mardi, 01 août 2006 03:00

The Transit Rider

Entre magie noire, conte de fée et tragédie médiévale, le folk magique des Faun Fables apporte ses surprenants ingrédients à la confection d’une potion psychédélique. A la base de ce projet, deux ensorceleuses : Nils Frykdahl et Dawn McCarthy. Tels de jolis fantômes sortis d’une forêt spectrale, les deux complices déposent un hypnotisant quatrième album dans les jardins citadins. Plus fascinant que charmant, ce nouveau disque s’inscrit dans la lignée de leurs œuvres précédentes. Soit, un folk enrichi de mythiques instruments : harpe, accordéon, flûte, glockenspiel, vibraphone, etc. Ces orchestrations confèrent à « The Transit Rider » une tension permanente.

Entre célébration folklorique et commémoration mystique, les Faun Fables instaurent un climat musical transcendantal. A l’écoute de « House Carpenter » ou « Taki Pejzaz », on ne peut s’empêcher de tourner la tête pour se rassurer. Et s’assurer qu’une gargouille n’a pas fait son entrée, profitant de la faille spatio-temporelle ouverte par ces psaumes incandescents. « The Transit Rider » n’est donc pas un disque à mettre entre toutes les oreilles. Il conviendra aux admirateurs de White Magic, Joanna Newsom et de Frodon le Hobbit.

mardi, 20 juin 2006 03:00

Hurricane Glass

Nouvelle ambassadrice du folk américain, Catherine Feeny ne fait pas dans le chant citoyen. « Hurricane Glass » ne sera donc pas prétexte aux belles revendications politiques attachées aux grandes imageries folk. En substance, « Hurricane Glass » ne s’éloigne pas de son petit frère, l’éponyme « Catherine Feeny », publié chez nous en 2005. Une fois encore, les relations humaines, les liens inextricables de l’amour et la beauté d’une rencontre concentreront toutes les attentions des chansons de Catherine Feeny. Dans cette optique, « Hurricane Glass » ne dépoussière pas les cordes de sa guitare acoustique. Le grand nettoyage survient davantage au niveau de la production. Produit par Sebastian Rogers, l’album a été mixé par Dave Way (Sheryl Crow, Fiona Apple, Macy Gray, Paul Mc Cartney). Ce dernier confère une nouvelle dimension aux comptines dépouillées de Catherine Feeny. Plus orchestré, plus fouillé, ce disque célèbre la rencontre de la rusticité et de la modernité. Le son est chaud, les compositions sont enivrantes. Et on se laisse aisément emporter par ces airs familiers, aux carrefours des musiques d’Aimee Mann, Heather Nova et Suzanne Vega. « Hurricane Glass » éloigne Catherine Feeny des chaumières en bois rustiques et la rapproche des coutumes citadines. Cette fois, la voilà aux portes des radios.

lundi, 20 mars 2006 02:00

Field Music

Inusable. Chaque écoute de ce premier album de Field Music éclaire un nouvel angle, héberge une nouvelle île au trésor. La terre au milieu des mers : l’Angleterre. Dans toute sa splendeur, elle traverse les douze titres de cette cargaison anachronique. Des Who à XTC, en passant par Wire, les mesures ‘so british’ s’alignent. Percutées de plein fouet par le rêve américain de The Left Bank et autres Beach Boys. Ces confrontations générationnelles offrent indéniablement une âme à Field Music. Son corps, quant à lui, repose fièrement sur ses membres : David et Peter Brewis, Andrew Moore et, en perpétuel va-et-vient, Tom English se glisse derrière la batterie, entre deux roulements de tambour chez Maxïmo Park. Le paysage de Field Music est esquissé par nombre d’équipées contemporaines. The Futurheads, The Golden Virgins et Maxïmo Park se présentent comme leurs meilleurs voisins de pallier. C’est pourtant à des miles de ces contrées que se localise la (Field) Music. Des humeurs psychédéliques, des montages baroques, des mélodies illuminées survolent des harmonies vocales à tiroirs. Lequel ouvrir ? L’embarras du choix pousse l’auditeur dans ses ultimes retranchements. Il faut pourtant se décider. Les auditions répétitives découvrent alors des compartiments emplis d’harmonica, de glockenspiel. D’autres débordent de guitares et de saxophone. L’enchantement est permanent. Field Music signe un disque sublime, aventureux. Dangereux à l’ère du tout-au-single ? Risqué, tout au plus. Mais quel bonheur enfin de découvrir l’amour du risque !

mardi, 06 juin 2006 03:00

Bitter Tea

Après s’être drogué les tympans aux sons de « Rehearsing My Choir » (2005), album conceptuel (hommage psychotique à mamy Friedberger par ses petits-enfants adorés) et hautement expérimental, Matthew et Eleanor Friedberger nous reviennent pour un quatrième disque touchant - cette fois – la réalité du bout du petit orteil. Pourtant, l’entrée en matière de Bitter Tea à de quoi repousser les derniers courageux et finir de rassembler les adeptes de la secte du rock transcendental. Culminant au sommet de cette approche déglinguée, « Black-Hearted Boy » nous gratifie d’un moment d’anthologie : une bande inversée des vocalises d’Eleanor. C’est donc barré au possible ! En grand gourou de la folie psychédélique, Matthew prêche la démence musicale et c’est tout un pan de « Bitter Tea » qui verse dans une surprenante expérimentation (« I’m In No Mood », « Teach Me Sweetheart », etc). Et puis, au grand étonnement de nos oreilles, les Fiery Furnaces renouent avec la pop. C’est le bonheur. « I’m Waiting To Know You » réactive la controverse : sont-ils réellement fous ou jouent-ils la carte de la maladie mentale ? On les pensait perdus. Et revoilà les Fiery Furnaces serpentant dans des univers chancelants, communément identifiables sur « Blueberry Boat » (2004) et « The Fiery Furnaces EP » (2005). Assez éloignés du schéma type de la chanson, tel que défini par les musicologues contemporains, les Fiery Furnaces explorent d’autres dimensions. Seuls sur leur planète, ils signent « Benton Harbor Blues », mélodie sixties désuète plantée dans un décor de jeu vidéo. Et sur ce, aucun doute : les champignons magiques de Mario Bros colorent la verte prairie de nos Fiery Furnaces !

 

mardi, 25 avril 2006 03:00

Rehearsing My Choir

On a toujours aimé la famille Friedberger. Matthew, à notre gauche, et sa soeurette, à notre droite, Eleanor. Ensemble, le duo traverse l’histoire du rock tel un météorite traqué par l’apocalypse. Ils sont partis du blues (puisque toute la musique qu’ils aiment, elle vient de là…), ont tapé leurs Converses au garage (« Gallowsbird’s Bark » - 2003), rongé des barrettes de LSD et signé un album concept aux mélodies barrées, désenchantées mais foutrement bien troussées (« Blueberry Boat » - 2004). Seulement voilà : pour se convaincre de l’intérêt de ce « Rehearsing My Choir », il convient vraiment d’adorer cette famille (en or ?). Pourquoi ? Tout d’abord, parce que ce troisième album est entièrement dédié à maman Friedberger. Ensuite, parce que le disque s’inspire de la carrière d’Olga Sarantos, la grand-mère de nos deux rejetons. Cette bonne vieille dame, octogénaire, organiste et ancienne directrice de chorale, vient même apposer sa voix tremblotante sur quelques ‘morceaux’ (choisis ?) de cette bizarrerie. Oui, le nouvel album des Fiery Furnaces est étrange. Le piano est fou, la guitare dingue et les deux protagonistes de l’affaire Furnaces se retrouvent à la croisée de leurs instruments. Quant aux chansons… Les chansons ? Ah oui, ces façades mélodiques planquées sous un amas de paroles insensées. En cherchant bien, on en retrouve derrière « Slavin’ Away » ou « Seven Silver Curses ». Mais prière de ne pas escompter de formats classiques avec couplets et refrains. Non, des pépiements de couicoui ici (« Guns Under The Counter »), des tic tacs par là (« Does It Remind You Of When ») et, peut-être, moyennant une concentration à haute teneur psychotropique, l’auditeur décèlera-t-il les prémisses d’une demi-chanson. Pourtant, à force d’écouter l’exubérante fertilité sonore de ce disque, on se met à le savourer, à percevoir des bribes de l’élan créateur qui anime ces hallucinés. Et d’y retourner afin, qui sait, d’y déchiffrer le message avant-gardiste de cette famille sans peur. Encore un tour de démence ? Oh ouuuuiiii, youppie ! Et vive le suicide commercial !

 

mardi, 18 avril 2006 03:00

Film School

Il n’est jamais trop tard. Jamais trop tard pour pénétrer les ténèbres. Aujourd’hui, la fumée noire recouvre les friches industrielles britanniques de Joy Division et My Bloody Valentine. Ne reste que de lointains échos (& The Bunnymen) d’une New-wave anglaise. Des résonances emportées au loin, souvent de l’autre côté de l’Atlantique. Les derniers efforts new-yorkais demeurent ainsi les témoins de cette déportation où les travers chic d’Interpol et les dessous kitsch de Bravery balisent les deux extrémités d’une résurgence avérée. Cette fois, c’est San Francisco qui se pare de mélodies eighties. Chez les Américains de Film School, le spleen tourbillonne et se répand à travers une bourrasque de guitares tendues. Le ciel est ombragé, l’orage menace. Et après quelques écoutes, un psychédélisme retors s’extirpe des marasmes épiques chantés par Krayg Burton. Une inexplicable joie de vivre s’insinue alors en filigrane de ces titres éplorés. La beauté de cet album est là, dans sa capacité à conjuguer les contradictions. Noirceur et bonheur. Chaleur et douleur. Film School s’apprivoise alors au gré de fulgurances pop : « On & On », « 11 : 11 », « Pitfalls ». Sans vêtements collants ni bijoux clinquants, Film School fait son cinéma. Seul, à l’ombre du soleil californien.

lundi, 04 décembre 2006 02:00

The Crawl

‘Chaque son porte en soi un noyau de sensations déjà connues et usées qui prédisposent l’auditeur à l’ennui et ce, malgré les efforts des musiciens novateurs’. Rédigée en 1913 par Luigi Russolo, cette analyse traverse les décennies comme une comète voyage autour du soleil, transperçant l’espace d’une longue traînée lumineuse. Cette référence à l’auteur de « L’Art des bruits » trouve donc écho dans « The Crawl », troisième chapitre de l'œuvre de Dave Fischoff. Son nouvel album demeure exemplaire sans jamais, pourtant, parvenir à heurter les mémoires. La faute, sans doute, à l’exploitation de sons largement consommés par d’autres rêveurs électroniques. Oui, cette électro-pop mélancolique a depuis longtemps trouvé ses maîtres : The Postal Service et Her Space Holiday siègent en seigneurs sur ces terres. Comme eux, Dave Fischoff aime à collectionner les samples, fractions sonores à manipuler soigneusement pour composer une belle mosaïque harmonique. « The Crawl » est truffé de petites symphonies électroniques s’oubliant bien souvent au gré du temps. Voilà donc un bon disque dénué de véritables coups d’éclats...

 

 

 

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