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Kreator - 25/03/2026
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Jean-Claude Mondo

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lundi, 31 décembre 2001 01:00

Big Shot

En 1998, Black & Tan éditait le 1er album de Big George Jackson, "Beggin' ain't for me". Et cet événement constitue, sans doute encore à ce jour, la meilleure production maison. George a à peine dépassé le cap du demi-siècle. Il y a 26 ans qu'il travaille pour la Minneagasco, la compagnie de gaz locale des twin cities de Minneapolis et de Saint-Paul.

Il ne faut guère écouter plus de dix secondes du "St Paul woman" pour être rassuré de la qualité de ce second chapitre musical. Tout d'abord, à cause de sa voix grave, présente, dont les inflexions sont étonnement proches de celle de John Lee Hooker. De l'harmonica ensuite ; tellement caractéristique. Tout est déjà bien mis en place, et nous n'en sommes qu'à l'ouverture. On y retrouve les mêmes musiciens. C'est à dire les anciens de la bande à R.J Mischo. Soit Jeremy Johnson à la guitare, John Schroder à la basse et Dwight Dario à la batterie. Mais un second guitariste est venu enrichir le line up. En l'occurrence l'ex Lynwood Slim, Phil Schmid. La plage titulaire met l'accent sur le phrasé, clair et précis de George sur son instrument. Le rythme est imprimé sur un boogie modéré. Pas de doute, chez "What you got", nous sommes plongés en plein boogie ; et s'il n'y avait la présence de cet harmonica versatile, le mimétisme extraordinaire entre Big George et Hooker serait total. "20 years" reste dans le même mode. Le rythme quasi hypnotique pousse la voix profonde à l'avant et laisse enfin échapper l'harmonica, impressionnant d'aise dans l'exercice. "Friday" evening" est une autre belle composition abordée sur le thème du célèbre "Baby please don't go". Quelques reprises sont au menu. Notamment un traitement assez classique du "I found true love" de Jimmy Reed ; deux reprises de l'un de ses harmonicistes de prédilection, Big Walter Horton ; une version brillante, très Muddy Waters, de "Hard hearted woman", enrichie par une partie de guitare comme on les aime ; et "Tell me" dont le rythme soutenu est ponctué d'un nouvel éclat des cordes. Instrumental où chaque musicien se fait plaisir, "The daddy" (NDR : qui pourrait s'adresser à un certain Little Walter) est profilé sur un tempo très entraînant. Un excellent album qui accorde une large part au Chicago Blues. La plus belle preuve nous vient de la dernière plage cachée. Un slow blues très, très lent, souligné par cette voix puissante, faite pour chanter le blues. Un titre tout à fait impressionnant ! Bravo !

 

lundi, 31 décembre 2001 01:00

Get it while it´s hot

Doug est né en 1953 à Pensacola en Floride. Après avoir bien bourlinguée, sa famille s'est finalement fixée à Washington, DC. C'est en écoutant les albums de Little Walter qu'il est devenu un fan de blues. Il monte son premier groupe en 1976 : les Allstars from Charlottesville, en compagnie duquel il grave "Tip your waitress", deux ans plus tard, sur Adelphi. En 1980, il rejoint le groupe de Bob Margolin. Vu l'explosion de la scène blues qui touche la West Coast en 1990, il émigre à San Francisco. Son premier album solo, "Until we meet again" sort en 93. Il y est épaulé par l'excellent guitariste local, Anthony Paule.

Il est revenu à Washington depuis quelques années ; et " Get it while it's hot " constitue le résultat de ses dernières expérimentations musicales. Un disque qui réunit des sessions opérées en 95 et en 98!

L'opus s'ouvre par la plage titulaire. Composition vigoureuse, très cuivrée, "Keep rockin' me baby" est un shuffle à la texane, pas éloignée des premiers Thunderbirds. Doug souffle à la Wilson. Kevin McKendree secoue ses claviers. Cette même ambiance joyeuse se reproduit sur "Down at the Dew Drop Inn". Doug empoigne l'instrument chromatique pour aborder l'instrumental bien swinguant "Slinky". Inspiré par Little Walter, ce morceau se fluidifie au contact de l'orgue de Mc Kendree. R&B entraînant, "Baby can I change your mind?" met en exergue Alex Schultz à la guitare et Big Joe Maher aux percussions. Entouré de tels solistes, la musique a tout pour swinguer. Et elle ne s'en prive pas sur "Someone just like you" et "Every step of the way", titre au cours duquel l'harmonica de Mr Jay flirte avec les cuivres, comme pouvait le faire jadis un certain Paul Butterfield. Doug aime le rock'n'roll originel. Ainsi, enrobé des chœurs doowop des Legendary Orioles, "Fools fall in love" semble sortir tout droit d'un jukebox des années 50. Doug s'est aussi largement inspiré du Chicago Blues. Il reprend d'ailleurs deux fois Little Walter. Tout d'abord sur "I got to find my baby". Ensuite sur une version nerveuse de "Hate to see you go". L'harmonica s'évade. Des fantômes passent : ceux de Sonny Boy I, de Billy Boy Arnold et de Slim Harpo. Un grand moment ! Il adapte aussi "I feel so bad" d'Eddie Taylor avec le même bonheur. Rick Olivarez est aux cordes. "The devil was a pretty girl" est certainement le titre que je préfère. Il s'égrène sur un rythme délicatement exotique enrichi par l'apport de percussions complémentaires, alors que les cordes d'Alex s'inspirent d'Otis Rush. La diversité est de ce monde ; ainsi, les climats paresseux de la Louisiane apparaissent chez "Where can you see". Un titre marqué par le retour des chœurs doowop et des somptueuses parties d'harmonica et de guitare. La joie prend le chemin de la Nouvelle Orléans, tout au long de la reprise du "Tore up" de Smiley Lewis. Et pour clore l'opus, Alex Schultz et Kevin McKendree obtiennent leur dernier billet de sortie sur l'instrumental "Clip joint". Un excellent album ! D'après les dernières informations que j'ai pu recueillir, Doug semble s'être aujourd'hui installé en Allemagne. Ce qui peut s'expliquer lorsqu'on sait que ses Bluejays sont teutons…

 

mercredi, 27 juin 2001 20:05

It sure had a kick

William ‘Jazz’ Gillum est né en septembre 1904 à Indianola, dans le Mississippi (NDR : tout comme plus tard un certain BB King). Très jeune, il apprend l'harmonica au contact de ses frères. En 1923, il part à Chicago. Puis on perd sa trace. Peu d'informations filtrent d'ailleurs à son sujet jusqu'en juin 1934, lorsqu'il entre pour la première fois en studio en compagnie du guitariste Big Bill Broonzy. Il y enregistre un elpee qui réunit des compositions écrites entre les années 38 et 49. Il disparaît ensuite pour réapparaître à New York en 1961, en compagnie de Memphis Slim. Il retourne à Chicago, où il est assassiné en mars 1966. Durant les années 30, il a connu une certaine popularité auprès du public noir. A l'instar d'un certain John Lee ‘Sonny Boy’ Williamson, lui aussi, disparu de manière violente dans une rue de Chicago. Les plages de cet album ont été enregistrées pour le label Bluebird avec lequel il a collaboré durant 14 années ; et 9 d'entre elles ont été commises en compagnie du réputé Broonzy.

Nous le retrouvons en juin 38. Il est flanqué de ses Jazz Boys, parmi lesquels figuraient Big Bill et Washboard Sam à la planche. Deux témoignages illustrent cette période : "You're laughing now" et surtout "I'm gonna get it". Jazz se révèle instantanément un instrumentiste inventif, capable de swinguer avec une facilité déconcertante (NDR : ce qui explique son surnom). Il arrache des phrases écorchées de son harmo, un peu comme Snooky Pryor le fait dans l'exercice du boogie. Le piano effectue son entrée lors de la session suivante, "Let her go". Celle de décembre 41 est superbe. Le son est très bien restitué sur "War time blues" ainsi que sur le boogie "You are doing me wrong". Il interprète également le "Down south blues" de son ami Sonny Boy I. En 42, il reprend le célèbre "I'm gonna leave you on the outskirts of town", mais aussi les titres rythmés "I counldn't help it" et "Tell me mama", flanqué de Blind John Davis au piano et pour la dernière fois, de Mr Broonzy. En 1946, la guerre est finie. Big Maceo Merriweather au piano et un tout bon Leonard Caston à la guitare participent au blues bien accompli, "Long Razor blues". Pour les toutes dernières sessions menées de 46 à 49, le climat est au beau fixe. On remarque ainsi la présence du brillant bassiste Ransom Knowling sur "The blues what am" et celle du jeune pianiste Eddie Boyd, pour "Take a little walk with me" de Robert Lockwood. Jazz Gillum est un bluesman qui mérite votre reconnaissance.

 

 

mercredi, 15 février 2012 22:50

Live at Romie´s

Tout récemment, je vous avais présenté le dernier l'album de Steve Cohen et de Jim Liban, deux harmonicistes du Wisconsin. Jim est également le leader de son Blues Combo. Ce " Live at Romie's " a été immortalisé en 1996. Mais je me demande quand même si les sessions d'enregistrement se sont déroulées en public (concert ou club) ou en studio, car on n'entend jamais le moindre spectateur se manifester !

Jim est flanqué de trois musiciens : Steve Dougherty aux drums, Dave Kasik à la basse, et Joel Paterson à la guitare. Jim Liban avoue pour première source d'inspiration Little Walter. Et cela s'entend. Une bonne partie des titres relevait du répertoire de Mr Walter Jacobs. Et tout d'abord l'ouverture, "Tonight with a fool". Si cet album a été mis en boîte à Milwaukee, c'est bien à Chicago que nous nous retrouvons. Entrecoupé de moments de silence bien pesés, "This ain't it" de Jimmie Rogers est interprété avec un maximum de sobriété. L'harmo est clair, concis, modulé, vivant. Jim a facilement assimilé le style de Walter. A l'instar de l'instrumental "Chicken Shack". Et s'il n’est guère un chanteur inoubliable et enthousiasmant, il parvient à tirer des sons assez incroyables de son instrument. Il le démontre tout au long de "29 ways". "Emily" est un blues lent composé par Jim. Paterson a sorti sa slide pour se faire Muddy Waters. "Take out some insurance" est traité à la manière d'un shuffle. L'harmonica bavarde à la manière de Sonny Boy Williamson II. En finale la reprise du "Blues after hours" de Pee Wee Crayton se fait late night. Vu les capacités de l'artiste, cet opus aurait pu est crédité d'une mention ‘ excellent’, je ne lui attribuerai que le ‘bon’.

 

lundi, 31 décembre 2001 01:00

Volume Two

Les Instigators nous viennent de Suède, de Göteborg plus précisément. Göran Svenningsson en est le leader. Un adepte de Johnny Guitar Watson qui se réserve le chant et la guitare. Leur premier opus s'intitulait "Rock & Bowl!". Une formation qui pratique un Chicago Blues très 50s. Ce qui n'est guère surprenant. Mais enrichi par une touche de jump blues. Toujours cet axe Chicago-L.A. !

Véritable brûlot, cet elpee s'ouvre par "Boogie D.D". Un jump blues dévastateur qui met en exergue la guitare de Göran, largement inspirée par Jr Watson. L'autre soliste est le chanteur harmoniciste Stefan Dafgard. Il s'y entend pour sonner comme Little Walter voire Sonny Boy Williamson II. "One of these mornings" plonge dans le répertoire de Little Walter. Lorsque Göran gratte comme Jimmy Vaughan, tout en jouant de la pedal steel (NDR : grâce aux vertus du re-recording), il élargit sa palette ; mais son esprit se rapproche surtout du Texas, et en particulier celui des Fab Ts de Kim Wilson. Et "What's on your mind" en est le plus bel exemple. La face Chicago blues est largement exploitée. Et chaque fois avec le même bonheur. Une perspective illustrée par "Cool cool blues" et "Cool disposition" de Sonny Boy, "Stuff you gotta watch" de Muddy Waters, le bouillant "Done something wrong" d'Elmore James, caractérisé par la slide qui ronronne, "You can't judge a book by its cover" de Willie Dixon ou plus exactement de Bo Diddley, et le célèbre "Be careful" de John Brim, un Chicago shuffle qui nous donne le tournis. L'univers californien nous revient dès "Sometimes". Göran a décidément tout compris des plans de la guitare west coast. Les Instigators doivent être (NDR : et Glenn Goddyn de Blues 4U2 le confirme) une machine bien huilée pour la scène. Ils conjuguent les verbes bouger et remuer à tous les temps. Comment résister à leur "Don't you want a man like me", si proche d'Elmore ou encore de Hound Dog Taylor ? Ce type de groupe nous envoûte et ne nous libère plus l'esprit avant que la dernière note s'éteigne. Göran et Stefan, les deux solistes sont étincelants. Constituée de Magnus Lanshammar à la basse et de Erik Qvick à la batterie, la section rythmique les soutient efficacement. Et en finale, les Instigators nous réservent une composition issue de la plume de Juke Boy Bonner, "Running shoes"…

 

lundi, 31 décembre 2001 01:00

Imperial Crowns

Les Crowns s'inscrivent bien dans le contexte du blues contemporain ; un style adopté par le label Fat Possum, auquel adhère les North Mississippi All Stars. La richesse potentielle insoupçonnée de leur musique leur permet d'occuper une place privilégiée au sein de cet univers. Première étiquette : ‘Psyché Delta’. A cause du style allumé, la voix d'outre-tombe, et les guitares souvent débridées. Seconde étiquette : ‘Sweet'n cruel swamp, stomp, rock'n soul blues’ ! Vous y voyez plus clair? Fondé sous la forme d'un trio à Los Angeles, les Imperial Crowns se composent du chanteur harmoniciste Jimmie Wood, du guitariste J.J Holiday et du batteur Billie Sullivan. Oui, leur blues s'inspire directement du Delta du Mississippi. D'ailleurs J.J n'a-t-il pas collaboré avec Robert Lockwood Jr, Furry Lewis, Sunnyland Slim, Hubert Sumlin et même le français Little Bob ?

Le son n'est pas possible. La rythmique martelée par Sullivan et appuyée par les bassistes Lawrence Lerma et Lynn Davis, y contribue pour beaucoup. L'ouverture "Ramblin' woman blues" est déjà un concentré du son "I.C". La voix est fantomatique, telle un Omar Dykes hyper trafiqué juste avant qu'il ne hurle toute sa douleur. La slide crache le feu! "Hunt you down" évolue à l'envers du décor. La mélodie se faisant presque pop. "Preachin' the blues" est un blues speedé, un peu country, imprimé sur un rythme du chemin de fer et accentué par les saxes de Stephen Allen qui riffent et déferlent dans un style très free. Composition de Bobby Womack, "Love TKO" se traîne langoureusement. La slide impitoyable impose sa sonorité extraterrestre. La voix et l'harmo sont eux bien de ce monde, prouvant les antagonismes exacerbés, dès que se libère la slide. Plus classique, "Big boy", ne peut cependant trahir toute l'étendue sonore de ses composantes. Elles dérangent et impressionnent en même temps. La plupart des plages baignent au sein de cette atmosphère du Delta. Les meilleures sont cependant les plus lentes. A cause de l'intensité dramatique et de la majesté qu'elles dégagent. A l'instar de "Stone righteous". Le travail opéré sur le classique "Since I met you baby" de Ivory Joe Hunter est un grand moment. Traversé par le sax de Stephen Allen, il s'inscrit parfaitement au sein de l'environnement sonore. Le traditionnel "Jack O' diamond blues" nous pousse au cœur du Delta, à l'ombre des mythiques précurseurs qui vacillent à l'arrière. Une finale qui nous ramène plus de 60 ans en arrière. Impressionnant !

 

lundi, 31 décembre 2001 01:00

Boogie in the park

De son véritable nom Leslie Hill, Louis était né en 1921. A Raines dans le Tennessee, au Sud de Memphis. Très jeune, il a appris l'harmonica, la guitare et la batterie de pied. Et à l'instar de Dr Ross et de Juke Boy Bonner, il deviendra l'un des hommes-orchestres mythiques du blues. A ses débuts, il se faisait appeler Joe Hill Louis, the Be-Bop Guy and his One man Band. Pas difficile de comprendre pourquoi, puisqu'il se produisait en solitaire.

Cet album réunit principalement les enregistrements commis pour le label Modern, sous la direction de Sam Phillips. Ils datent de juillet 1950 à février 1953. Sam allait devenir le légendaire patron du label Sun, vecteur principal du rock'n'roll de l'époque. Joe Hill Louis nous a quittés il y a très longtemps, victime d'une infection due au tétanos. C'était en 1957!

L'œuvre s'ouvre par " Heartache baby ", une composition qui transpire la sérénité. Elle remonte à 1951 ; et c'est bien Joe Hill qui assure le tout. " I feel like a million " nous pousse dans le monde véritable du one man band. Il y règne une ambiance authentique conduite par la frénésie du rythme et caractérisée par l'attaque de l'harmonica. Un monde en soi ! L'homme dégage un feeling à fleur de peau dans son travail sur l'émouvant " Cold Chills ". Un titre composé par John Lee " Sonny Boy " Williamson. Il a très certainement été largement inspiré par ce dernier puisqu'il reprend encore " Early in the morning ", " Western union man " et " Good morning little schoolgirl ". Il s'acquitte également d'une reprise saignante d' " Eyesight tot the blind ", de Rice Miller, Sonny Boy II Williamson. Lorsqu'il aborde des thèmes lents, l'atmosphère des swamps louisianais et leurs expressions lascives me traversent l'esprit. Et c'est out à fait évident sur " Come back baby " et " Mistreat me woman ". Mais je préfère l'énergie dégagée au cœur des plages les plus rythmées, les boogies ; même si la technique instrumentale est parfois rudimentaire. Je ne me lasse d'ailleurs pas d'écouter " Boogie in the park ", " Big legged woman ", " Broke and hundry ", " Backslide boogie " et bien sûr le " Joe Hill Boogie ". Parfois, il s'inspire du jeu de guitare de John Lee Hooker qui était très populaire à l'époque (" Gotta go baby "), ou encore de Muddy Waters (" Street walkin' woman " et " The way you treat me "). Félicitons une nouvelle fois la maison Ace pour la richesse des notes de pochette. Et puis, si on tient compte que ce disque aligne 28 plages pour un total de 78', nous en avons pour notre argent. Une merveilleuse collection!

 

lundi, 31 décembre 2001 01:00

Outside looking in

Au cours des dernières années, Dave Hole s'est fait un nom dans les cercles du blues. Doté d'un potentiel bien affûté à la slide, cet Australien né à Perth a écumé la scène nationale durant 20 ans avant de tenter sa chance sur les autres continents. Son 1er album est sorti en 91. Et ce "Short fuse blues" lui a valu beaucoup de critiques favorables dont celles du patron du label Alligator, Bruce Iglauer. En 96, il atterrit à Chicago pour enregistrer "Ticket to Chicago", en compagnie de musiciens de Buddy Guy. " Outside looking in " constitue son 8ème opus, si on tient compte de la collection "Whole lotta blues", parue en 96.

Dave est une tornade. La slide dévaste tout sur son passage. Il entame donc tout naturellement "Jemmy Lee", en force. La puissance métallique dirige la slide vers les sommets. Rien ne peut endiguer le flot de notes acérées. "He knows the rules" de Jimmy Mc Cracklin le guide sur des thèmes plus proches du Chicago blues d'Elmore James et de Hound Dog Taylor. Le piano de Bob Patient suit à la trace la slide impatiente et assoiffée. Le climat se détend pour aborder le titre maître, sur le thème connu de "It hurts me too", ainsi que sur "How long?" dont la slide, parcourue sur un tempo lent, force le respect. "You move me so" est une composition de BB King. La section rythmique est très percussive, proche de la Nouvelle Orléans. J. Battes est aux drums, Roy Daniel à la basse ; et le concours d'un Patient virevoltant aux ivoires, laisse encore échapper la slide insatiable. "Walk away" sort du blues pour aborder un rockin' blues imprimé sur un solide motif rythmique. Hole sait au besoin réduire l'amplification ou la couper. A l'instar de "Nobody" et de "Get a job". L'album reste varié. Pour preuve "Insomniac", dominé par le beat de Bo Diddley. Ou encore "Out of my reach", lente ballade veloutée dont la fureur est verrouillée. L'album se termine par un royal "Living on borrowed time". Excellent !

 

lundi, 31 décembre 2001 01:00

Boogie Chillen

John Lee Hooker est au paradis des bluesmen! Il nous a quitté un jour de cet été 2001, terrassé au beau milieu de son sommeil, dans sa maison de San Francisco. Il avait 83 ans. L'un des tous derniers géants s'en est allé. Il laisse derrière lui une carrière qui s'étale sur plus d'un demi-siècle. Le hasard veut que cette collection soit sortie au même moment. Une œuvre qui se concentre sur ses 1ers enregistrements, datant de 1948 et 49. Il était né en 1917, près de Clarcksdale, dans le Mississippi. Il deviendra vite urbain ; passant par Memphis et Cincinnati avant d'aboutir à Detroit. C'est au cœur de cette cité de l'automobile qu'il a commencé à enregistrer sous la direction de Bernard Besman, un promoteur local. Ces séances de septembre 1948 produiront des titres devenus légendaires.

Le 1er 78 tours réunissait le blues classique "Sally Mae" et une composition rythmée, déjà imprimée sur ce riff hypnotique qui ne pouvait appartenir qu'à John Lee : "Boogie Chillen". Elle décrochera un n°1 des ventes, à une époque où c'était les formations de Louis Jordan ou de Charles Brown qui tenaient le haut du pavé. Ce n'était pas un mince exploit, car le Hooker était très proche du Delta. L'homme seul chante, gratte sa guitare et tape sur une planche, pour imprimer le rythme. De la même session, on retrouve également "Crawlin' King Snake" et "Hobo blues". Hooker est très demandé et il enregistre pour quiconque paie bien les séances. Il apparaît ainsi sous d'autres noms ou patronymes, tels que Birmingham Sam, Delta John ou Texas Slim. Tout le reste de la collection est issu de sessions accordées en 1949. Quelques boogies y figurent ; et notamment "Woogie boogie", "Weeping willow" et "Goin' mad blues", sur lesquels sa technique rythmique au pied est particulièrement distincte. Sur "Burnin' hell", son concitoyen Eddie Burns l'accompagne à l'harmonica. Curieusement, son inspiration s'assombrit lors de la dernière séance accordée en août 49. Et en particulier sur des titres tels que "Nightmare blues", "Devil's jump" ou "I'm gonna kill that woman". Ce n'est un secret pour personne, mais la célébrité de Hooker remonte aux années 60, lorsque le public blanc a découvert le blues. Sa réputation était devenue universelle dans les 90s, surtout après avoir gravé l'album "The Healer". Repose en paix, John Lee, tu l'as bien mérité!

 

lundi, 31 décembre 2001 01:00

In my spirit

Craig Horton a joué de la guitare au sein du Little Walter Band, à la fin des 50s. Au cours des sixties, il émigre à Chicago, où il côtoie Muddy Waters, Buddy Guy, Freddie King et Otis Rush. Une carte de visite plutôt remarquable pour cet illustre inconnu originaire de Conway, dans l'Arkansas! Dans les 80s, il vient en Europe en compagnie de Sam Myers et du Mississippi Delta Blues Band. Aujourd'hui âgé de 61 ans, cet homme s'est fixé à Oakland, dans la baie de San Francisco. Produit par le guitariste Rusty Zinn, " In my spirit " constitue son tout 1er album.

Excellente ouverture, "Chest pain blues" fait le plein de bonnes vibrations et laisse augurer une suite brillante. Un R&B chanté d'une voix forte, chargée de feeling, au cours duquel le piano de Bob Welsh et les cuivres forment la rampe de lacement pour la guitare de Craig, dont le minimum de notes assurent une efficacité maximale. "3 days and 3 nights" aborde le swing. La voix de Horton fait réellement mouche. Une voix musicale, autoritaire, naturellement soul, douce un instant, pénétrante le suivant. "One more time" est un superbe blues lent. Les cuivres et l'orgue Hammond de Jim Pugh introduisent les vocaux puissants, rappelant ici, dans la démarche et le style, le Mighty Sam McClain. Le solo de guitare émet un son vif, mais le doigté est si proche de Rusty Zinn que je me pose inévitablement des questions. "Spell bound" est l'autre plage lente. "Night club" est un boogie shuffle de classe. Le piano de Bob Welsh et les cordes sont insatiables. "Cottonwood Tree" est un mambo savoureusement cuivré. Craig Horton reprend deux plages qu'il avait enregistrées au cours des 60s, en compagnie de Bill Warren et de Jump Jackson, dont un pétillant "Ridin' in my Jaguar", souligné par un son de guitare pas possible. Le pied! Deux titres sont produits par Frank Goldwasser alias Paris Slim. Les musiciens sont différents mais l'effet est le même. Craig Horton est une découverte pour le blues contemporain! "One more time" est très rythmé. Tous les instruments s'emboîtent les uns dans les autres. Le solo de guitare est à peine croyable. Comment cet homme a pu rester ainsi longtemps méconnu? Ce titre me rappelle un peu Ray Charles devant son piano et son orgue. Les accents jazzy de "That's her" véhiculent un swing produit par la section rythmique assurée par John Hanes et Henry Oden. En fin d'album, il n'est plus guère possible de retenir l'énergie dispensée par Mr Horton. Un superbe album!