La terre fissurée de Daffo

À seulement 20 ans, Daffo, artiste indie-rock basée à Brooklyn, transforme le tumulte intérieur en chansons brutes et poétiques, d’une étrange beauté. Entre l’énergie DIY et des arrangements délicats, sa musique oscille entre fragilité et intensité. Révélée…

Le rire de Will Paquin

Will Paquin sortira son premier elpee, « Hahaha », ce 12 septembre. Orienté guitare,…

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Le cauchemar de This Will Destroy Your Ears…

This Will Destroy Your Ears verse dans le dark wave, puise son inspiration dans la noirceur des sons de l’Angleterre des années 80 tout en y mêlant des notes psyché accrocheuses et des salves soniques noisy. « Funland », son nouvel album, sortira le 10…

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Grégory Escouflaire

Grégory Escouflaire

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

PopArt - The Hits

Bizarrement, les Pet Shop Boys ont toujours été sous-estimés : leur pop eighties teintée d'électronique n'a pratiquement jamais été honorée à sa juste valeur - une valeur sûre pour qui écoute aujourd'hui Tiga ou Zoot Woman. Si personne ne remet en cause l'apport musical de New Order, de Human League, de Depeche Mode et de Cabaret Voltaire sur la génération techno… Tout le monde oublie par contre le rôle prépondérant que Neil Tennant et Chris Lowe ont joué dans l'édification d'un courant désormais majeur. Peut-être est-ce dû à leur imagerie parfois ringarde (les chapeaux pointus de l'époque " Very "), à certains de leurs tubes limite FM (" New York City Boy ", rebaptisé ici " Paris City Boy "), à d'autres fautes de goût tendance " Bilingual " (leur pire album, de l'" eurodancepudding ")…

A l'heure où sort ce double best of, il est temps pour beaucoup de virer leur cuti et de reconsidérer le cas Pet Shop Boys : des titres comme " Domino Dancing ", " West and Girls ", " It's a Sin ", It's Alright " n'ont-ils pas droit aux mêmes lauriers que ceux dressés aux autres kadors de l'électro-new wave des années 80 ? Insidieusement, les Pet Shop Boys ont inoculé leur virus mélodique à toute la musique électronique des années 90. Les fans de rock, eux non plus, n'ont pas le droit de bouder leur plaisir. En 1990, le duo anglais changeait de style et signait un des premiers disques importants de la décennie " Behaviour ". Une œuvre qui recèle de grandes chansons que restent " So Hard ", " Jealousy " et surtout " Being Boring ". Après s'être spécialisés dans la dance de qualité, les Pet Shop Boys amorcèrent donc, à l'orée du grunge et de l'alternatif, un virage pop-rock de belle envergure. Puis c'est " Very " (1993) et ses hymnes techno-pop (gay) au visuel Pop Art de McDonald (" Can You Forgive Her ? ", " Go West "). Arrive alors l'impasse créative illustrée par " Sé A Vida E " et " Bilingual " (1996), deux échecs critiques et commerciaux qui leur valurent sans doute cette réputation de grand groupe mineur, mais à l'influence autrement moins cruciale que celle de ses pairs… En 1999, Pet Shop Boys revient avec un très bon album, " Nightlife ", sur lequel Neil Tennant chante davantage les déboires du cœur, et se confesse sans pudeur (les émouvants " I don't know what you want but I can't give it any more " et " You only tell me you love me when you're drunk "). C'est un nouveau départ pour le duo, qui choisit cette fois les larmes aux perles de sueur, l'introspection à l'excentrique. Une option reconduite sur leur dernier album en date, " Release " (2002), dont on retrouve ici " I Get Along " et " Home and Dry ", d'une tonalité plus rock que d'habitude. A l'écoute de ce best of (deux cds + des remixes), difficile en tout cas de prédire l'avenir musical du duo, tant Neil Tennant et Chris Lowe ont su embrasser tous les styles sans jamais (ou presque) se fourvoyer. Une belle leçon d'histoire, qui remet bien des pendules à l'heure.

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Necessary Measures

Cinq jeunes tarés de Londres qui prennent le trip-hop, le funk, le hip hop, le rock, le dub et le ska à contre-courant, en n'oubliant pas d'y rajouter une bonne dose d'humour : à la première écoute, c'est ce que nous inspire Pest. Un groupe poil à gratter, qui se fout bien du quand-dira-t-on, malaxant la dance music comme de la plasticine. " Necessary Measures ", c'est comme une vraie plaine de jeu où tous les coups (foireux) sont permis, avec pour compagnons de bac à sable les hilarants The Avalanches, Kid Koala et Mr Scruff. A qui Pest met de temps en temps une bonne raclée, juste pour rire, eux aussi. Mais derrière ce trip-funk farceur, ce big beat de fanfare, ce jazz-rock qui part en vrille, se cache aussi un sacré savoir-faire : les cinq gars de Pest ont beau se la jouer " gamins de cirque ", ils jonglent avec les instruments comme d'autres clowns avec des torches enflammées. Une sacrée dextérité, et quel courage ! Samples, trombone, violon, platines, guitare, basse, synthé, batterie : Pest connaît par cœur le catalogue des sons qui font danser, sans jamais tomber dans la démonstration facile, genre Foire de la Musique. Nouveaux " Messieurs Loyal " de Ninja Tune, qui n'a plus été à pareille fête depuis des lustres, les cinq gars de Pest déploient leur talent sans filet, sous nos applaudissements les plus fiévreux. Du grand spectacle groovy et funky, dont on guette avec impatience les prochaines représentations.

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Storm

Pour les fans de post-rock déliquescent, Perls n'est pas un inconnu : ses orgies soniques en duo avec Simon Break (sous le nom d'Icebreaker International) en ont déjà fait frémir plus d'un. Beaucoup moins le connaissent en électronicien zen maniant les synthés comme un Vangelis qui aurait vécu le Summer of Love et jerké avec Jean-Michel Jarre (voire Ed Alleyne Johnson !). C'est que ce " Storm " à la légèreté confondante s'amuse à singer le pire de l'électro papier peint, sans pour autant - et c'est là qu'est la surprise - se révéler risible. En invitant une voix cajoleuse - la dénommée Sarah Robbins - sur la plupart de ses morceaux, Perls parvient même à nous émouvoir, tel un Brian Eno qui aurait trop écouté Daft Punk et Air. Pure comme un ciel sans nuages et claire comme de l'eau de roche, sa musique est une vraie caresse. L'ours en peluche dans la pub pour la lessive Robin, ce serait pas lui aussi, par hasard !?!?

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Spokes

Un nouvel album de Plaid est toujours une bonne nouvelle : depuis " Not For Threes " en 97, il faut bien avouer qu'Ed Handley et Andy Turner, ex-Black Dog, ne nous ont jamais vraiment déçus. Leur electronica replète vieillit plutôt bien, et il n'est pas rare d'y retourner avec délectation, malgré le temps qui passe, les genres qui s'affadissent et les technologies qui se compliquent. Cette fois pourtant, l'électro de Plaid se pare de couleurs moins chatoyantes et chaleureuses, comme si le duo s'était réveillé la tête endolorie après une nuit agitée à compter les bleeps comme autant de moutons synthétiques. Si " Spokes " débute par une berceuse (le raffiné " Even Spring ", qui rappelle le dernier Leila), il se montre ensuite moins docile à l'écoute : " Upona ", pleins de click'n'cuts en pleine déroute, évoque ainsi davantage les productions de Rephlex que les atmosphères chaleureuses de " Double Figure "… Sont toujours familières ces nappes savoureuses et ces beats un peu kitsch (l'intro japonisante de " B Born Droid "), mais au-dessus planent de gros nuages gorgés de pluie, qui annoncent le déluge. Pour le prochain album de Plaid, il faudra sans doute troquer sa couverture pour un parapluie et des bottes… Après tout, ça n'a guère d'importance : même tout mouillé, on bravera la tempête. La qualité vaut bien ce genre de compromis.

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Excursions

Depuis " Since Then ", son dernier album sorti en 2000, Ian Pooley semble avoir pris la tangente balearic, n'hésitant pas à saupoudrer ses morceaux tech-house-downtempo de beats ensoleillés et de nappes sucrées, destination Ibiza et ses plages de sable fin. Heureusement, l'Allemand a su éviter de justesse la grosse déferlante latino, bien arrimé à sa table de mixage et à ses principes : boire la tasse en compagnie de Claude Challe et des compiles Ikea. Très peu pour lui ! Son nouveau mix dans la série " Excursions ", pourtant, ne le sauve guère du ressac lounge. Au creux de la vague, Pooley ? L'excursion, certes en terrain hyper-balisé, nous réserve quand même quelques bonnes surprises (Maurizio, Ron Trent, Cloud 9)… A part ça, ce mix semble tout droit sorti d'une version " Cafe Del Mar " de la " Croisière s'amuse ", avec Pooley en DJ de discobar draguant les vieilles rombières à coup de trance-house ‘pouet-pouet’. Un homme à la mer !

 

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Ordinary Miracles

Ce quatuor américain joue du stoner-blues crade à la Masters of Reality : leur premier EP était d'ailleurs produit par Chris Goss, et les QOTSA sont leurs potes… CQFD. N'empêche qu'on ne va pas cracher dans la soupe : comme cercle d'amis, il y a bien pire… Ces riffs bien lourds (tiens, et Monster Magnet ?), ce chant raclé à la Layne Stanley (Alice In Chains), cette pulsation du bayou (" Boom Boom Boom ", un hommage à John Lee Hooker ?), cette ambiance de tripot enfumé du fin fond des Appalaches,… Y a pas à dire : ces types savent y faire question boucan du diable. Qu'ils évitent quand même à l'avenir de trop ramasser les fruits (des autres) tombés à terre : ça ne donne que de la mauvaise compote. Un disque à conseiller d'abord aux amateurs des groupes cités plus hauts, qui ne seront pas déçus… Même si certains n'hésiteront pas à les traiter de vulgaire ersatz (en plus blues) de la bande à Josh Homme. Il n'y a pas de miracle.

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Give Up

Benjamin Gibbard, ex-Death Cab For Cutie (de l'indie pop de Seattle), et Jimmy Tamborello, ex-Dntel (de l'électro gentille) s'associent le temps d'un album sous le nom de The Postal Service. Le résultat dépasse toutes nos espérances : ces splendides vignettes électro-indie-pop ne dépareilleraient pas sur les albums de Notwist, voire sur ceux de Grandaddy. En direct de Californie, Gibbard et Tamborello nous apportent donc le soleil, mais un soleil diffus, voilé par quelques nuages : sous les bleeps accueillants et les quelques guitares amènes se cachent en effet, de temps en temps, de légères aspérités - une certaine tristesse (ou nostalgie), des refrains déprimants (" This Place is a Prison "), une insouciance parfois préjudiciable (voilà un disque qui ne prête pas à conséquence). Mais l'envie de sortir le parapluie ne nous vient jamais à l'esprit : au contraire, c'est avec délectation qu'on se plonge dans ces comptines volatiles et amoureuses, même si sous ce soleil timide, rien de vraiment neuf. Car on a déjà attendu ce mélange de pop élégante et d'électronica furtive ailleurs (ajoutons à la liste Lali Puna, et même Papas Fritas, lorsque Jenny Lewis s'invite aux backing vocals)… Qu'importe, puisque c'est si agréable. Si les nerds transis de The Postal Service étaient arrivés plus tôt au rayon ‘indietronica’, ils feraient sans doute, en ce moment, la une des magazines rock et dance. Cela dit, que cela n'empêche personne de jeter une oreille sur ce disque voluptueux et serein.

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Dark Island

Originaires de Birmingham, les électrons libres de Pram pratiquent une musique de bazar analogique, pleine de vieux synthés aux sons chauds, de rhumatismes cuivrés et de voix diaphanes (Rosie Cuckson). Après une petite dizaine d'albums attachants, les revoici avec ce " Dark Island " brumeux, aux ambiances de films SF des années cinquante. Le morceau d'ouverture, " Track of the Cat " sonne ainsi comme la rencontre improbable entre Milos Rozsa (le theremin), le couple Barron (" Forbidden Planet " et sa BO d'une inquiétante étrangeté), Broadcast et Stereolab, qui boiraient un pot dans un vieux cabaret au bord de la faillite. Bizarre, vous avez dit bizarre : Pram aime les arpèges cafardeux, les airs de funérailles et les ritournelles de cirque. Mais un cirque dont le gérant serait David Lynch. Une brise de fraîcheur souffle pourtant sur certains morceaux (l'arabisant " Sirocco "), avec des clarinettes (" Peepshow ") et xylophones (" Distant Islands ", le clou final du disque) en renfort pop. Entre easy listening de bric et de broc et BO de films à la Browning, " Dark Island " déroule insidieusement ses charmes, jusqu'à nous retenir prisonniers de ses mélodies en trompe-l'œil.

 

Quelques mois seulement après la sortie de " One Word Extinguisher ", Scott Herren est de retour. On le savait un peu maniaque : le voilà qui pousse le vice jusqu'à nous proposer une version " alternative " de son dernier album, déjà un fameux bric-à-brac d'électro, de hip hop et de funk malades. Mais après tout, rien de plus normal, puisque les collages et la déstructuration se révèlent les moteurs dynamiques de ses méthodes de composition. Sa musique, sans cesse mouvante, ne pouvait donc que se plier à ce genre d'exercice. Au menu, des beats déjà entendus, d'autres pas, auxquels s'ajoutent des extraits radiophoniques, divers cut up et électrochocs qui empêche tout radotage. Du " work in progress ", pourrait-on dire, tant Scott Herren est obnubilé par l'idée de recréation, de recyclage, de mise en perspective, de détournement, d'accident. Et la bonne musique, comme chacun sait, naît toujours de l'inattendu.

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

One Word Extinguisher

Scott Herren aime brouiller les pistes : après ses projets post-rock et purement électro (Savath + Savalas et Delarosa + Asora), voilà qu'il nous revient avec un deuxième album de Prefuse 73, son patronyme hip hop. Mais du hip hop hautement radioactif, qui aurait été victime de la maladie de Parkinson : à peine y décèle-t-on les marques de fabrique du rap telle qu'on le connaît aujourd'hui, écrasées sous une chape de bleeps pervertis et de samples foldingues. Du hip-hop, Scott Herren n'a en fait retenu que l'idée : ces boîtes à rythme qu'on entendait chez Afrika Bambataa, ces déconstructions inventives, bref les origines du mouvement, pas cette soupe infâme qu'MTV nous sert en boucle toute la journée. En ce sens, la musique mutante de cet Américain n'est pas si éloignée de celle d'Anti-Pop Consortium, de Tes et des compagnons d'Anticon : toujours innovante et jamais ennuyeuse, elle prend parti pour l'expérimentation et choisit son camp, celui de l'avant. Chez Scott Herren, tout peut arriver, et ce d'un morceau à l'autre, voire d'une seconde à l'autre : des chip tunes rentrent en collision avec la soul la plus délirante (" The Color of Tempo "), un piano magique joue tout seul LFO et Jimi Tenor (" Uprock and Invigorate "), Mr. Lif se prend un mur de beats concassés en pleine tronche (" Huevos with Jeff and Roni "), des voix se retrouvent hachées par une lame rythmique super aiguisée (" The End of Biters - International ", " Why I Love You "), Boards of Canada et DJ Shadow flirtent comme des cochons sur une plage de Miami (" One Word Extinguisher ", " Invigorate "), Tommy Guerrero se plante en skate et casse sa guitare (" Storm Returns "). C'est chouette : Scott Herren a tellement d'amis (à la production : Dabrye et Daedelus) ; et puis ses morceaux sont tellement différents qu'on n'a aucune peine à les écouter dix ou cinquante fois. Dans sa mission pas si impossible (redéfinir un genre qui tourne en rond), Scott s'amuse, et nous avec. Allez, on y retourne !

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