Le rire de Will Paquin

Will Paquin sortira son premier elpee, « Hahaha », ce 12 septembre. Orienté guitare, psychédélique et garage-rock, il est décrit comme un chaos créatif à haute tension et imprégné d'humour, un élément souvent oublié dans le rock. En attendant, il a partagé…

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La couleur intérieure de The Intemperate Sons…

The Intemperate Sons a fait irruption sur la scène rock alternative de Dallas (Texas), à l'été 2019, se distinguant immédiatement par un son mêlant riffs de guitare brûlants, mélodies obsédantes et profondeur émotionnelle brute. En 2021, son talent…

La fuite d’Ellside

Le groupe parisien Ellside présente « Run Away », son concept album naviguant entre ombre…

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Hooverphonic
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Grégory Escouflaire

Grégory Escouflaire

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Every Famous Last Word

Peu importe quel fût le miracle dont ces quatre rockeurs parlent, il semble évident qu'il ne s'agit pas de leur musique : de l'indie pop formatée pour les College Radios d'Amérique, évidente mais pas très finaude. Si la plupart des 12 titres qui composent cet album n'ont pas grand chose à envier à ceux de Fountains of Wayne et d'Everclear, il s'en dégage une impression tenace de nonchalance appliquée qui finit vite par agacer. C'est encore quand Miracle of 86 lâche les gaz qu'il émeut le plus : " Call of the Cops ", " I Think You Meant to Say No ", " Your Quicksilver Moment " et " Sleep All Damn Day ", plus en nuances folk, parviendraient presque ainsi à nous faire oublier ces moments de franche rigolade power pop qui sévissent tout le long de l'album, d'une puérilité en tous points condamnables. Dans un tel contexte, celui du moindre effort, on préfère passer son tour. Dans la cour des miracles pop rock, ces types passent pour des clowns.

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Radio Caroline Volume 1

Miss Kittin s'est fait connaître il y a deux ans, en commettant le fameux " Frank Sinatra ", une ritournelle amusante très vite devenue le premier hymne (avec " Emerge " de Fischerspooner) de la nouvelle scène glam electroklash. Depuis, on l'a vu aux côtés de Sven Väth, de Golden Boy, de Detroit Grand Pubahs et de Felix da Housecat… et un peu partout derrière les platines. L'une des seules DJ-starlettes de France, et forcément l'un des seuls sex-symbols de la scène électro mondiale, se devait donc un jour de passer par la case de l'album mixé. De quoi montrer aux indécis, s'il en reste, qu'elle en a vraiment dans la culotte. Après " Miss Kittin on the road " (passé inaperçu), la Grenobloise nous revient avec ce mix touchant et personnel, espèce de journal intime et de 'best of' maison des morceaux qui l'ont marquée et influencée. " This is Radio Caroline. This is my life ", introduit-elle avant de balancer la sauce, en référence à la première radio pirate britannique apparue en 1964 ; et parce que derrière le pseudonyme se cache une jeune femme répondant au prénom de Caroline, qui n'hésitera pas, durant tout le mix, à ponctuer ses morceaux choisis de commentaires sur sa vie, son œuvre, sa passion (la musique, le Djing). " Every record is a soundtrack of my life ", explique-t-elle en anglais francisé, de sa voix mutine et inimitable. " A place, a friend, an emotion, a form, a flavour, a journey, a day, a colour, a noise, anything… even without words ". De ces disques qui ont rythmé sa vie, et peut-être désormais la nôtre, on retiendra l'éclectisme : valeurs sûres (Marshall Jefferson, Blaze), têtes chercheuses (Autechre, Pan Sonic, Delarosa & Asora), dub, trip hop, techno, electronica,… La sélection est impeccable et a le mérite d'éviter le surplace et les redites, de privilégier les découvertes et les contrastes, de proposer un panel intéressant de ce qui compte aujourd'hui en musique électronique. A l'image, finalement, de ces mixes en clubs, toujours différents et s'interdisant tout purisme.

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Momentum

Robert Henke et Gerhard Behles ont déjà commis quatre albums d'électro-ambient minimaliste sous le nom de Monolake. Celui-ci ne déroge toujours pas à la règle du glitch qui grésille et du beat qui tape en sourdine, même si cette fois certains titres s'avèrent plus orientés dance-floor… Mais un dance-floor d'after, peuplé de zombies en marcel crissant des dents, levant les bras à chaque embardée de BPMS machiniques. Dans les coins de la salle, quelques couples vautrés à même le sol, contemplant le jeu des lumières avec leur pupille dilatée par l'injection buccale de substances interdites… De ces paysages sonores en demi-teinte (dub par-ci, indus par-là), ils ne retiendront, une fois le cerveau retapé après dix bonnes heures de sommeil, que l'effet océanique, quand ils ne faisaient qu'un avec la masse ondulante des autres corps en extase sudatoire.

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Freight

Ce cinquième album du Texan aux rouflaquettes s'écoute avec plaisir, même si les 13 chansons qui le composent n'apportent aucune nouveauté au genre, depuis longtemps en panne d'inspiration ou plutôt d'un leader qui mettrait un peu de carburant dans cette machine qui ronfle (l'Americana de Bruce Springsteen et de Tom Petty). C'est quand Morgan s'essaie aux ballades hivernales qu'il surprend le plus (" Waiting ", " Middle of the Night "), voire quand il imite avec brio un Johnny Dowd rouillé (" Round Every Bend ") ou un G-Love à la sauce tex mex (" Train "). A noter également deux reprises plutôt convenues (" She Belongs to Me " de Bob Dylan avec Johnny Hickman de Cracker et " No Such Pain As Love " de Willy Deville) et quelques invités de marque venus taper le bœuf (Joey Burns et John Convertino de Calexico, Ken Coomer de Wilco,…), comme quoi le Morgan sait s'entourer de la crème de l'alternative country quand on lui dit qu'il faut savoir plaire aux jeunes. Au final, tous ces ingrédients font de " Freight " un disque agréable mais loin d'être sensationnel… En gros, le genre de galette qu'on écoute deux/trois en faisant la vaisselle, puis qu'on range dans sa collec' pour ne plus jamais l'en sortir.

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

In The Fishtank n°10

On vous parle régulièrement de la série « In The Fishtank » : des compilations imaginées par le label hollandais Konkurrent, dont l’objectif est de réunir deux groupes dans un studio pendant quelques jours et les laisser délirer comme bon leur semble, aux frais de la Reine Beatrix. Cette fois (le n°11 a déjà été chroniqué en ces pages), ce sont les Norvégiens de Motorpsycho et de Jaga Jazzist qui s’y collent. Le résultat est détonnant, avoisinant sur certains titres le psychédélisme jazz d’allumés notoires comme Pharoah Sanders et Steve Coleman, voire le prog et le krautrock seventies chers à Weather Report, Can et Blue Oyster Cult (un bien beau mélange !). Encore une fois, la confrontation de deux univers plus ou moins différents (l’électro-jazz-post-rock de Jaga Jazzist, dont on retrouve seulement ici la section des cuivres, et le rock dégénérescent de Motorpsycho) fonctionne à merveille, même sur la cover de « Theme de Yoyo », pourtant du funk blanc aussi subtil qu’un album de Bowie (justement) période Tin Machine. Le dernier des cinq titres ici proposés, « Tristano », lorgne lui du côté du jazz rock le plus famélique : 21 minutes de délire free au compteur, qui passe comme une lettre à la poste. A condition bien sûr d’être un amateur de ce genre de jams un peu démonstratifs, gratinés de cuivres infatigables et de soli homériques. Qui a dit pouet pouet ?

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Tallahassee

Depuis plus de dix ans, John Darnielle publie ses chansons cafardeuses sous le nom de The Mountain Goats, que ce soit en solo, en duo avec Peter Hughes (comme ici) ou avec d'autres musiciens, le plus souvent sans l'intermédiaire d'un studio d'enregistrement. " Tallahassee " change un peu la donne : cette fois-ci, peu de titres en 4-pistes captés dans la cuisine entre deux crises de nerfs, puisque Darnielle s'est adjoint les services de Tony Doogan (Mogwai, Belle & Sebastian, The Delgados,…) et compte bien conquérir le petit monde de la country lo-fi et de l'antifolk le plus chétif avec un son plus costaud et une production qui va avec. Un seul morceau en témoigne : cet " Oceanographer's Choice " de premier choix, plus exotique et travaillé que l'intégrale des Guided By Voices. Le reste, même accouché en studio, reste quand même encore fort primaire et désossé, comme si Darnielle refusait toute enjolivure - un gros mot dans sa bouche, lui qui chante seulement les brisures et les désillusions de couples, les divorces du cœur et de l'âme, les drames familiaux et conjugaux. En privilégiant l'émotion la plus intacte (ç'est à dire sans esbroufe) à l'orchestration putassière, Darnielle ne fait donc qu'enfoncer le clou d'une discographie bâtie sur le folk le plus âpre et la sincérité la plus touchante. C'est, comme on dit, à prendre ou à laisser. Nous, on prend.

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Lilith

A peine un an après " Le Moujik et sa femme ", Jean-Louis Murat récidive avec un double album (23 chansons), enregistré en compagnie de ses deux comparses Fred Jimenez (ex-bassiste d'AS Dragon) et Stéphane Reynaud (suite au départ de Jean-Marc Butty chez Venus). En quatre jours ! C'est sous cette formule simple mais cohérente que Murat fait le plus d'étincelles. L'Auvergnat voudrait enregistrer deux disques par an, comme au temps des Beatles, tant ses tiroirs débordent de chansons et sa tête d'idées en tous genres. Pourtant, Murat parle toujours de la même chose : en gros d'amour, zébré d'éclairs (le morceau titre), et parfois illuminé d'une lumière inconnue. Si la plupart des titres (surtout ceux du deuxième disque) restent dépouillés et frappés d'une langueur redoutable, d'autres sont traversés de riffs rougeoyants ; et on pense à Neil Young, à Muddy Waters, à tous ces bluesmen qui enregistraient des disques intemporels en se limitant à une guitare et un vieux quatre-pistes. C'est un peu le rêve de Murat : ne plus devoir se coltiner les maisons de disques pour publier sa musique. Il n'empêche que le Français s'essaie aussi au tube FM (" Le cri du papillon " et ses charmants chœurs féminins) et convie David Boulter et Dickon Hinchcliffe des Tindersticks pour enrober sa musique ténébreuse de cordes batifolantes et d'orgues magiques. Mais Murat reste quand même Murat, c'est-à-dire qu'il ne laissera jamais personne lui dicter sa conduite. IL en résulte une œuvre à la noirceur inquiétante, malgré les fioritures et l'apparente délicatesse des mélodies. Bref, un grand album de Murat, double de surcroît, qui décidément se pose en France comme un des songwriters les plus talentueux et les plus atypiques de ces vingt dernières années.

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

The End of the Beginning

Murs n'est pas connu du grand public, mais bien des fans de rap intransigeant : avant de se lancer en solo, ce rappeur de la West Coast faisait partie des Living Legends, un posse, comme son nom l'indique, légendaire. Cela fait plus de quinze ans que ça dure, mais c'est seulement maintenant que Murs sort de l'underground, grâce aux efforts de son nouveau label, Definitive Jux, la maison-mère de Mr. Lif, Cannibal Ox, Aesop Rock, et bien sûr El-P. Au programme : du gros son old-school, dans le respect des traditions (KRS-One pour le côté revanchard et chroniqueur, De La Soul pour le côté plus festif), au service de quelques tueries bien senties. " You & I " met le feu direct, en exhortant l'auditeur à sortir de sa léthargie : " My job is to talk about your thoughts ". En nouveau porte-parole de la cause hip hop, Murs appuie là où ça fait mal, sans pour autant jouer de la gâchette : on n'est pas chez 50 Cent. Au contraire, son rap se veut divertissant, tout en étant ancré dans le quotidien le plus " normal " (bref pas celui de Suge Knight). Selon lui, c'est du " sitcom rap " : le type a de la répartie… Ne manque plus que nos applaudissements préenregistrés ! Sans rire : " The End of the Beginning " mérite tous les honneurs. D'abord avec l'excellent " What Do You Know ? ", puis avec cet " Happy Pillz " (feat. Aesop Rock) rigolard, qu'on croirait narguer le " Purple Hills " de D12… Plus loin, " The Dance ", avec El-P, pourrait de fait figurer sur l'album de l'ex-Company Flow (" Fantastic Damage "), et " Don't Deal " lorgne joliment du côté des Roots… " The End of the Beginning " porte bien son titre, parce qu'avec cet album, Murs devrait enfin sortir de l'ombre. ‘Because Muthaf*@ka's are bored…’, nous dit le slogan de Def Jux. On est bien d'accord !

 

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Le Long Train Lent et les Beaux Imbéciles

Arman Meliès porte bien son nom : sa musique, raffinée et délicate, fait penser à ces vieux films nitrate aux couleurs passées, réalisés il y a presque cent ans par des prestidigitateurs en haut de forme. Avec peu de moyens mais beaucoup d'imagination, ces types vous faisaient voyager jusqu'à la lune, les yeux pleins d'étoiles. Ici, il suffit d'une guitare fluette et d'une voix timide pour être aussi transporté, dans des paysages bucoliques d'une autre époque, où on verrait jouer ensemble, sous un arbre, John Fahey et Nick Drake. Comme tous ces gens (rajoutons David Kitt, Matt Ward, Mark Hollis), Arman Meliès parle d'amour, mais d'amour écorné, comme une vieille carte postale. Sa musique, malgré le poids des ans qui semble peser sur elle, n'est pourtant pas désuète. Juste en suspens, comme une plume charriée par les vents. Lors de sa descente, on la suit du regard avec attention, pour l'attraper et ne plus la lâcher.

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Forgotten Ladies

Benjamin Schoos ne nous avait pas habitués à la mélancolie, voire au noir de chez noir : ses deux premiers albums (" Cum At The Liquid Fancy Fair " et " Hey Tank ") lorgnaient davantage du côté de la pop, à l'image de son fameux " When I Was A Ninja " de triste mémoire (plus Jackie Chan que Jet Li). D'où le bide, et la déprime, heureusement source d'inspiration d'un " Forgotten Ladies " beaucoup plus abouti que ses prédécesseurs. Il faut dire que les musiciens qui l'accompagnent sont loin d'être des manches : Jacques Stotzem (guitare), André Klenes (contrebasse, entendu chez Sheller, Bashung et Renaud), Christine Ott (spécialiste des Ondes Martenot, chez qui Jonny Greenwood de Radiohead a pris des cours), sans oublier, pour assembler le tout, Renaud Lhoest (arrangeur de Venus et violoniste de Yann Tiersen) et Henri Graetz (les cordes chez Katerine, Autour de Lucie et Czerkinsky)… Bref la crème des musiciens belges, au service d'un Benjamin transformé, plus Maxime Le Forestier (voire Perry Blake) que Karate Kid (voire Tortue Ninja). Et plus Monster que Miam : ambiances tristes et paroles pleines de reproches (" Tell me mother, why don't you love me ? ", ce genre), sur fonds de country crépusculaire et de piano à queue… mais la queue entre les jambes. Benjamin Schoos ne rigole plus, et ça s'entend. Tant mieux : c'est mieux. Restent quand même ce mauvais accent anglais et un vocabulaire Harrap's d'à peine 100 mots, qui prêtent parfois à sourire. Qu'à cela ne tienne, ce " Forgotten Ladies " déborde quand même d'émotion et de bon goût : on est loin des hommages d'antan aux héros du Club Dorothée. Force noire ! Si Benjamin Schoos avait vendu plus d'exemplaires de ses deux premiers albums, il en serait peut-être toujours à sa pop trop gentille pour être honnête. Les voies du music business sont parfois impénétrables… Un conseil pour tous les apprentis musiciens : mieux vaut se lamenter sur son sort que vanter les mérites de l'uppercut de Bruce Lee. Au moins ça paie cash, et ça permet d'avoir les médias, le public et la maison de disques dans sa poche.

 

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