Tout est fini pour Sprints…

Le groupe de Dublin, Sprints, sortira son deuxième album, « All That Is Over », le 26 septembre. Bien reçu par la critique, son premier long playing, « Letter To Self » (2024), a marqué le groupe comme une force majeure dans le paysage alternatif et a été…

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La fuite d’Ellside

Le groupe parisien Ellside présente « Run Away », son concept album naviguant entre ombre et lumière pour un voyage qui durera un an. Une lente année pour dévoiler 6 chapitres de 2 chansons, 12 titres qui narrent l'histoire de Light. Le groupe invite les…

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Dernier concert - festival

DEADLETTER
Stereolab
Grégory Escouflaire

Grégory Escouflaire

vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Unfortunately

Dwayne Sodahberk pourrait bien être le cousin suédois de Riyan Kidwell (alias Cex) : même propension à la remise en question, même talent de mixeur fou (ici : du folk, de l’electronica, de l’ambient, du post-rock, du gothique), même envie de bluffer son monde et de provoquer chez certains de graves crises d’urticaire. Cette fois, Mr Sodahberk a troqué son sampler contre une guitare à 12 cordes, de quoi faire son Fennesz sans en avoir l’air, jouer à Tim Hecker sans tomber dans le bruit facile. C’est beau (« The Agreeing Song », « Afternoon Shape », « Good Curse »), parfois neurasthénique (« No Fun », d’où le titre), mais jamais gratuit : Sodahberk évite d’en faire trop, parce qu’il n’y a pas que Squarepusher et Kid 606 pour faire avancer le schmilblick. Un autre monde existe, peuplé de songwriters aux tympans fragiles, qui ne crachent pas dans la soupe électro mais n’en font pas non plus leur nouveau sacerdoce. Une leçon que le Scandinave applique à la lettre, et qu’on suit avec plaisir, sans copions ni chahuts.
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Music For Lost

On les avait découverts dans la série des compiles « In The Fishtank », en compagnie de Black Heart Procession. « Lost » est en fait la musique d’une pièce de théâtre (signée Jakop Ahlbom), l’histoire d’un homme qui n’en peut plus de vivre dans ce monde d’aliénation qui est le nôtre. « Seabird Flavour », le morceau d’ouverture, installe l’ambiance, crépusculaire : on pense au post-rock de Mogwai et de Migala, voire aux disques de Carte Postale Records. Puis la batterie se fait plus lourde, le piano hanté : c’est « Lonely Shepherd » et ses relents slowcore (Black Heart Procession, justement). Un vibraphone rapplique ensuite, et Solbakken se met à jouer au lièvre et à la tortue (en anglais : « Tortoise ») avec nos sentiments. La tortue, Huysmans, Des Esseintes : décadence. Après l’interlude « Ring Of Fire » (cover de Cash), du rock noisy et du folk vocal (Patty Waters, ce genre), avant le retour des guitares reptiliennes. Solbakken, trio hollandais dans la lignée de The Ex, entretient la flamme d’un rock malade aux profondeurs troubles. S’y brûler revient à hurler son envie de vivre, malgré les turpitudes, malgré la faucheuse qui nous guette. Rien n’est perdu. Pas encore.
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Love The Cup

Nouvelle signature de Domino, qui décidément joue ces temps-ci au furieux chasseur de têtes. Rock’n’roll, les bouilles. Du moins c’est ce qu’on croit à l’écoute du titre d’ouverture de cet EP (7 morceaux), garage à souhait, tendance The Kills. Deux voix se répondent, en pleine combustion sensorielle : c’est Adele Bethel, déjà entendue chez Arab Strap, et Scott Paterson. A deux ils forment un beau couple, électrique et sensuel, comme si les Thompson (Linda et Richard) avaient eu 20 ans en 2000 et découvraient le rock’n’roll d’aujourd’hui, celui qu’on trouve à New York et Stockholm. Minimaliste, en tout cas : une guitare, une batterie. L’épine dorsale du rock qui prend aux tripes, avant de vous les faire vomir. Parfois la tension se relâche (« Start To End »), mais jamais pour longtemps : le Velvet, PJ Harvey, Gun Club,… Ils sont passés par là. Et Johnny Cash, figure tutélaire de cet EP incendiaire, honoré par un titre à son nom (une claque). Sons and Daughters ? Une question de filiation. Avec tel arbre généalogique, ces deux-là peuvent être fiers.
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

North And South

L’ennemi du rock’n’roll est sans aucun doute l’embonpoint du " 1, 2, 3, 4 ", la pose juvénile, l’adrénaline sans contrepoids mélodique… Parce qu’il ne faut pas confondre application et talent, compétences et sérieux. Cette recette, The Spirit That Guides Us la bien comprise ; et en concoctant " North And South ", évitent tout malentendu : le rock est une histoire d’élégance et de hargne, d’équilibre précaire entre fougue et justesse. En vertu de ce constat, ces Hollandais viennent de signer un grand album de rock sensible et fiévreux, à ranger entre les disques d’At The Drive-In et Q And Not U, Blood Brothers et… Nada Surf. Sans cesse sur le fil du rasoir, les chansons de Spirit That Guides Us impressionnent par leur sophistication, tout en paraissant d’une incroyable évidence : la marque des grands. Il n’y a rien à jeter sur ce disque, qui contient même des tubes (" El Salvador ", " Making Beds In A Burning House ", " Concertine Crash ", " Accelerator ",…). Gueuler, rire, pleurer : on peut y aller franchement en écoutant " North And South ". C’est de l’émotion pure… Et c’est ce qui nous guide, envers et contre tout.
Il y a un an et demi Thomas Hansen sortait la grosse artillerie alt-country en enregistrant son deuxième album chez Lambchop : « Hey Harmony ». Pas de bol : cette débauche marketée ne lui aura fait récolter que les louanges de ses amis, et de quelques autres. Moins drôle, moins finaud, plus terre à terre et déprimant, « Let’s Grow Together » marque un retour à la case départ. L’humilité, donc : après avoir essayé de copier la bande à Kurt Wagner, Thomas Hansen a dû revoir ses plans à la baisse. Résultat : sur « Let’s Grow », il manque cette étincelle de délire qui enflammait ses deux premiers albums, et rendait son personnage de ‘beautiful loser’ si attachant… Gentillet comme sa pochette, ce disque (rappel : il est signé chez 62 TV), on le prêterait volontiers à sa petite sœur pour lui expliquer la country, ses musiciens, ses idoles (ici : Neil Young), ses instruments (le banjo), ses origines (Nashville). Très bien… sauf que nous on est déjà des grands.
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Starfield Season / Willo The Wisp

Issu du Limbourg, Starfield Season pratique du post-rock épique à la Explosions in the Sky ; et leur mélange cyclothymique de riffs tempétueux et d’accalmies bienfaitrices n’a pas grand-chose à envier à leurs tuteurs canadiens, du type Constellation et consorts. Hasselt, Montréal, mais aussi Chicago, parce que Starfield Season emprunte également les mêmes détours instrumentaux que Tortoise ; bref ose plonger dans l’inconnu, sans crainte d’y perdre pied. Willo The Wisp, c’est presque pareil, sauf que c’est un peu plus calme… L’axe GY !BE/Silver Mt Zion en somme. De ces guitares en apesanteur, suspendues dans l’éther pour mieux piquer du nez jusqu’aux plus violents des chocs terrestres, on retiendra donc l’incroyable puissance, mais aussi l’inattendue retenue. Un disque d’une rare densité, qui place (enfin) notre pays sur la carte mondiale du post-rock. Une excellente nouvelle !
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Seven Swans

L’année dernière, un disque sorti de nulle part (« Greetings From Michigan ») chamboula nos certitudes : Nick Drake avait donc un fils, qui comme son père fait de la musique ! Céleste, cela va sans dire. Son nom ? Sufjan Stevens. Et « Seven Swans », puisqu’on en parle, serait son troisième album. Une splendeur, pour qui aime le folk élégiaque, la pop angélique, les symphonies de poche pleines de « la la la ». Sans doute que ce jeune songwriter (28 ans) devrait bientôt devenir une star. Il y a une place à prendre (Elliott Smith, que Dieu le bénisse). Au programme de cet album d’une beauté renversante, rien pourtant de bien original : du banjo, une guitare acoustique caressante, des claviers, parfois quelques riffs électriques piqués chez Neil Young,… Mais l’Américain est doué pour raconter des histoires (ici : Dieu, l’amour) empreintes d’une délicatesse tout bonnement exceptionnelle. Il y a ces chœurs aussi : les sœurs Smith, et leurs frères, à la batterie et à la production. Rien à voir avec feu Elliott, même si son ombre plane. On l’a dit ! Un bonheur n’allant jamais seul, « Michigan » est réédité bientôt sur Rough Trade. Ecouter ces deux albums à la suite s’apparente presque à une révélation (au sens biblique du terme) : Sufjan Stevens est un saint, et sa musique le Paradis.
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Ep # 01

Stijn pourrait bien être notre Prince national, mais un Prince elektroklash, râblé et pas bégueule, abonné aux plans vintage un peu foireux. Sur « Sexjunkie », Stijn mouille ainsi sa chemise sur un beat minimaliste et retors, qui rappelle aussi le funk mutant de Super_Collider… C’est sexy mais plutôt crade, bref ça sent le « fait maison », sans fioritures mais avec un panard qui nous donne envie nous aussi de danser en cadence. A l’aide de vieux synthés et de beats eighties triturés à l’arrache, Stijn se pose comme l’une de nos plus prometteuses têtes de turc électro. Vivement l’album, que nos espoirs se confirment.
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Euphoric

« Stijn pourrait bien être notre Prince national, mais un Prince elektroklash, râblé et pas bégueule, abonné aux plans vintage un peu foireux », écrivions-nous à propos de son impeccable EP sorti il y a quelques semaines (« EP # 01 »). « Euphoric » marque le pas et d’entrée annonce la couleur : tout au long de « Long Time » parcouru de synthés eighties entre Super_Collider et Tiga, Stijn s’impose sans mal comme l’un des plus fiévreux électrojunkie de notre plat pays. Minimaliste, crade et sudatoire, son funk mutant à la croisée de George Clinton, Nik Kershaw et Suicide donne envie de danser en cadence et de bramer sous la boule à facettes. Parfois le Flamand inverse la vapeur et fait preuve d’une enivrante mélancolie (« Wrong » et son groove rachitique, « Is It You » et ses nappes frelatées), mais c’est sur le dance-floor qu’il finit toujours par remporter la mise. Après l’instru morodorien « Euphoric », Stijn se lâche sur « Goldmine », casse-tête à la Jamie Lidell mixant spoken word radioactif et beats hyperkinétiques. Puis c’est « Wiezeddegij ? » (3 titres de l’EP sur 5 sont ici inclus), qui rappelle son premier tube, « Steentjes Gooien », du Prince sous ecsta, les nerfs à vif et les pupilles dilatées. Endiablé et sexy comme un trip en pleines eighties funkadéliques, « Euphoric » porte décidément bien son nom. L’écouter, c’est le réécouter.
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Vaut Mieux en Rire que s´en Foutre

Un bar dans les corons. Près du zinc un type en T-shirt jaune échancré gueule, guitare pourrie en bandoulière, qu’il ‘en a marre des pauvres’. Ce type, c’est Didier Super. Il chante la pourriture, le verbe Prisunic. Il gueule, plutôt. Farandole : ‘On va tous crever mais on n’en a rien à foutre’. Didier, Pas de Calais, la Vie de Jésus en plus trash : parfois, y en a, ils veulent le taper. Parce qu’il parle, dans ses chansons ( ?), de trucs abominables, avec un dixième degré que le mec poli pourrait ne pas comprendre. Les vieux, les cons, les majorettes, les catholiques, les péteux, les blondes, les pédophiles, et certains jeunes ? Tous pareils : ‘y en a des bien, mais quand même y en a qui font chier’. C’est dit sans rimes, sans détours, sans déconner : c’est Didier Super, un drôle de zigue qui renvoie Sttellla, les Bérus et Jean-Luc Ténia à leurs textes de tapettes. Didier, super ? A condition d’aimer rire des cons et de la connerie ambiante (y en a plein) au lieu de s’en foutre. Et de ne pas prendre ça trop au sérieux : quand même, y a des limites. La musique ? Sic. Du synthé de supermarché, pour un peu faire passer la pilule. Ca nous fait marrer, mais Didier, lui, il est pas content. C’est un punk, un vrai. Il a même son fan-club… Normal : ça fait tellement du bien d’entendre un type qui crache sur tout le monde, sans prendre des pincettes. On n’ose pas se l’avouer, c’est sûr… Pourtant on ne l’écoute pas en cachette : c’est le genre de disques qui fait bien poiler les potes, en somme. Merci à toi Didier, pour ce disque super… Même si on l’a pas acheté : on l’a reçu de ta maison de disques… Faut pas déconner, hein, pas vrai Didier ? Tu sais, nous, les journaleux bénévoles, on est des pauvres. Ben ouais, vieux, y en a marre. Qu’est-ce qu’on est con, quand même.
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