La nation fantôme de The Besnard Lakes…

Le septième opus de Besnard Lakes, « The Besnard Lakes Are the Ghost Nation », paraîtra ce 10 octobre, confirmant ainsi son statut de l'un des groupes les plus constants de ces 20 dernières années, dont la vision et la qualité sont difficilement égalables…

logo_musiczine

Farfouiller dans la Pure Carrière…

Après des années de chaos et de réinvention, Pure Carrière revient avec « Farfouiller », une ode brute, étouffante mais libératrice à l'ennui, au chaos et à la mort. Née des racines du slacker punk, cette pièce marque un nouveau départ et un retour en force.…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Nos partenaires

Dernier concert - festival

Gavin Friday - Het Depot
dEUS - 19/03/2026
Grégory Escouflaire

Grégory Escouflaire

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Draft 7.30

Le cas Autechre est un cas à part dans l'univers de la musique électronique. Depuis leur début il y a plus de dix ans, Sean Booth et Rob Brown n'ont cessé d'emprunter les chemins les plus escarpés, les virages les plus dangereux, les tunnels les plus obscurs. A chaque album, le duo se renouvèle, risque sa peau, tente de nouvelles acrobaties bruitistes, se dérobe à la moindre tentative extérieure de classification. Leurs modulations crépitantes, leurs cliquetis postindustriels, leurs déflagrations arythmiques n'ont pas d'égal en musique populaire : au mieux pourrions-nous comparer leurs travaux les plus récents aux œuvres expérimentales des " metteurs en sons " savants des années 1950 et 1960, de Stockhausen à Xenakis. L'électronica d'Autechre, puisqu'il faut bien lui donner un nom, se rapprocherait donc avant tout des musiques sérielles et concrètes, ces terrains minés où la recherche sonore primait sur le sens et l'émotion. Parce qu'il ne sert à rien de trouver une signification aux circonvolutions terrifiantes du duo britannique. La musique d'Autechre se suffit à elle-même, point barre. Sans équivalent dans la scène électro actuelle, et ce depuis le milieu des années 90, Autechre navigue seul, se fichant comme d'une guigne du quand-dira-t-on et des pisse-vinaigre qui taxent leurs compositions d'hermétisme janséniste. La preuve : avec ce nouvel album, Sean Booth et Rob Brown délaissent un peu leurs laptops (trop présents sur leur précédent " Confield ") pour revenir à leurs vieux séquenceurs et leurs boîtes à rythmes. Et de rythme, ce " Draft 7.30 " n'en manque pas : chaque morceau est ainsi construit selon une structure complexe de beats qui s'entrechoquent et de fragmentations qui se renvoient la balle. Sur " V-PROC " par exemple, des breakbeats atomisés jouent au ping-pong avec des loops anarchiques, créant une sorte de funk squelettique sur lequel on oserait presque danser. De ces constructions en spirales, à la tridimensionnalité effarante, on ressort exténué mais ravi. Une fois encore, Autechre nous aura pris au dépourvu : on pensait ne plus trop connaître cette sensation de perpétuelle découverte, persuadé que la musique électronique était déjà dans l'impasse. Raté : ce " Draft 7.30 " en est l'impressionnante contradiction. En un mot : essentiel.

 

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

C´est ma vie - Les plus grand succès

Adamo, c'est un peu le crooner préféré de nos grands-parents, un homme qu'on connaît pour sa gentillesse et sa modestie, l'idole de nos parents quand ils avaient 20 ans… La Reine Paola est une de ses premières fans. Même Arno a repris ses " Filles du bord de mer ". Dans les années 60, il vendait autant de disques que les Beatles. Les Japonaises en sont folles. Burgalat aurait aimé produire son dernier disque. Cette double compile retrace, en 40 titres, 40 ans de carrière au service de la variété italo-belge. A 60 ans, Adamo ne fait certes plus battre le cœur des midinettes, mais son talent de chanteur un peu guimauve parvient encore à nous séduire. Sans blagues. Ecouter " La Nuit " en regardant tomber la neige, " N'est-ce pas merveilleux " ? Tu cries son nom : " Sans toi, ma mie ", et les violons pleurent, " A vot' bon cœur "… " Elle… ", " F… comme femme ", l'amour lui ressemble. Mais voilà, la fille s'est barrée. " Elle était belle pourtant "… Et comment. " Une mèche de cheveux " brillant sous un néon, un roman de Verlaine, une " Valse d'été "… Viens là, ma brune, laisse tes mains sur mes hanches. Ne pars pas. Au bord de la mer, nous nous baladerons sous la pluie. Sèche tes larmes, regarde les nuages : demain, la lune. C'est déjà ça, le bonheur. Oui, c'est vrai, " la mer a bercé tant d'amour dans le creux de ses vagues ". Rappelle-toi " Notre roman ", tous ces rêves dans nos bagages, le ruisseau partagé de notre adolescence. J'ai beau crier ton nom, mais l'amour est perdu… Tu permets, Adamo ? Sans elle, ma tête explose. J'ai oublié que les roses sont roses. Si jamais… Je crie son nom. " La nuit/Je deviens fou ". C'est sa vie. La nôtre aussi, en quelque sorte.

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Sleep and Release

Il y a un peu plus d'un an, on avait écrit à propos d'Aereogramme qu'‘entre popsongs gentillettes et finals métalleux gargantuesques, le groupe avait du mal à choisir son camp’. Avec ce deuxième album, le constat reste le même, sauf que les quatre Anglais ont mis de l'eau dans leur vin et affiné leur plume. Résultat : " Sleep and Release " sonne toujours comme du Sigur Ros et du Sonic Youth, du Radiohead et du Deftones, mais les transitions entre les genres se font davantage en nuance. Finies l'impatience et l'incontinence ! A cet égard, le diptyque " A Simple Process of Elimination "/" Older " fait figure de véritable révélation : alors que tout commence dans la douceur, entre électronique raffinée et lyrisme à fleur de peau, de brèves interférences annoncent un virement doux mais marqué vers l'explosion imminente, sans que l'on ne sursaute plus de sa chaise, comme lors de l'écoute de ce premier album de triste mémoire. Leur style unique, fait de sursauts spontanés et d'accalmies bienvenues, se traduit d'ailleurs à merveille dans le titre : " Sleep and Release ", le calme puis la tempête, et ainsi de suite. En évitant de trancher entre leur désir de faire du bruit et celui de nous bercer, les quatre d'Aereogramme n'ont donc toujours pas choisi " de quel côté de la force ils se pencheront "... A la différence qu'ici, on est sans cesse surpris, dans le bon sens du terme… N'avions-nous pas dit, il y a un an, qu'il fallait juste leur laisser le temps d'un peu mûrir et de peaufiner leur démarche ? C'est chose faite, et ça en valait largement la peine.

vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Ep one

Zool est le pseudonyme de Gerry Vergult, qui dans les années 80 jouait dans le groupe Aroma Di Amore, pour ceux qui s’en souviennent… Pour sa première sortie en solo (deux autres EP devraient suivre d’ici peu), le Flamand (qu’on a pu voir au laptop sur scène en compagnie de Daan) a composé trois pièces électroniques qui rappellent l’ambient du début des années 90 (« Icunabula » d’Autechre, O Yuki Conjugate). C’est joli et reposant sans être foncièrement anecdotique : sur « Kitty Hybrid », Gerry Vergult s’essaie même au dub synthétique, pour un résultat surprenant, entre Biosphere et Vladislav Delay. De l’electronica sereine, avec une âme.
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

River Through Howling Sky

Le type est tout seul. Dernier représentant d’une nouvelle ligue drone-folk où les guitares triturées se perdent dans de longues divagations psychédéliques, jusqu’à la transe destructive, Richard Youngs se pose en sauvage histrion du rythme squelettique. Pas de batterie, juste un pouls fantomatique qui donne à cette entreprise de saccage folk l’allure d’une bande-son de l’Apocalypse. Parfois, Youngs déclame quelques mots sans queue ni tête, pris dans le cyclone d’un rituel chamanique, à chaque instant au bord de l’implosion névrotique. Quatre morceaux, l’un frôlant les 25 minutes (l’épique « Red Cloud Singular ») : c’est la guerre aux formats, à la musique préfabriquée, aux refrains pop et aux mélodies de poche. A l’instar de groupes comme Charambalides, Vibracathedral Orchestra, JOMF, Richard Youngs médite sur les aspects les plus divinatoires de la musique folk : ici, tout est affaire de dilatation. Ne reste au final qu’une impression d’infinie suspension. Au bout du compte, le silence, peut-être la mort, la fin d’un genre arrivé à ses limites.
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Just Beyond The River

On ne pense que du bien de l’Ecossais James Yorkston : depuis " Moving Up Country ", chef-d’œuvre inaugural paru il y a deux ans, ses comptines country-folk nous accompagnent dans nos doutes et nos douleurs, à la lumière des bougies et d’un espoir qu’on espère jamais vain. Pour ce deuxième album, James Yorkston n’a pas changé son fusil d’épaule, ni branché les fusibles : c’est toujours pareil, et en cela c’est plutôt rassurant. Il parle encore d’amour feint ou perdu, d’histoires de couples qui se délient, des saisons qui défilent, et c’est chanté à demi-mot, dans un murmure. Depuis les seventies, l’Angleterre n’avait plus connu de songwriters de la trempe de Yorkston. Même Will Oldham, génie jusqu’ici hors concurrence, ferait bien d’assurer ses arrières. Parce que ce disque recèle les plus belles complaintes folk qu’il nous ait été donné d’entendre ces dernières années. Folk, mais dans un sens purement traditionnel : ici ne sont convoqués que piano, guitare acoustique, banjo et flûte, bref le sacro-saint instrumental d’un genre qui sans cesse renaît de ses cendres. Produit par Kieran Hebden alias Four Tet, " Just Beyond The River " s’écoute le mieux en pleine nuit, quand le calme s’est emparé de tout… Pour s’apercevoir, sans grande surprise tellement c’est évident, qu’en écoutant ce disque, le temps s’arrête. Et c’est réconfortant, comme un rêve éveillé.
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Through The Sun Door

Un piano fait le malin, martelé d’une main de dentellière par une cousine à Chan Marshall : c’est magique, comme un disque de Wim Mertens joué par les Fiery Furnaces. La stratégie de la rupture selon White Magic ? Ne jamais prendre la musique pour acquise, rester sur le qui-vive. White Magic rime presque avec White Spirit : après eux le déluge, l’arche de Noé et la conquête d’un nouveau monde. Où le folk et le rock sont vierges de tout cliché, sans tics et sans mimiques. C’est beau, la tabula rasa. Dans un élan religieux, White Magic ouvre les portes de nouvelles perceptions, et la cage aux oiseaux. Six alouettes, qu’on ne plumera pas. Elles sont trop belles et trop bizarres, sifflotant dans l’air brumeux d’un jour sans fin, et voilà le bing bang. White Magic, mais encore ? Ecoutez : vous comprendrez.
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

For Lovers

Lors de leur virée parisienne, entre deux Heineken, les Libertines ont enregistré ce single en compagnie de Wolfman, un lad comme eux ; bref un type un peu foufou. Depuis lors les Libertines sont en stand-by. En cause : les frasques toxicomanes d’un Doherty qui (selon toute logique médicale) devrait mourir avant 30 ans et rejoindre ainsi la longue liste des ‘destins brisés du rock’n’roll’. Aujourd’hui Doherty continue ses délires au sein de son nouveau groupe : Babyshambles. Une formation qu’on attend au tournant après la sortie d’un premier single prometteur, « Kilimandjaro ». Carl Barât lui chante chez Client, en attendant que son pote grandisse. Et surtout arrête la cocaïne. Etc. La liste des aventures ‘libertiniennes’ mériterait un bouquin à elle seule (dernier épisode en date : Doherty s’est emballé Kate Moss : l’autodestruction plaît toujours aux filles). Sur ce single sorti en catimini l’année dernière, on retrouve donc Pete Doherty en rockeur rimbaldien hululant sous les toits de Paris. Joli, frais, mais empreint d’un fatalisme qui fout un peu les boules. Et si Pete Doherty était le dernier d’une longue série de génies rock’n’roll ? Se brûlera-t-il les ailes à force de vouloir s’approcher du soleil ? Tel un Icare défoncé au Xanax, l’ex (?) Libertines se fout bien de la vie, qui se consume chez lui comme une sale clope roulée. A consommer sans modération, même si c’est dangereux pour la santé.
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Never Trust A Live !

Celui qui n’a jamais vu les Wampas en live risque de trouver ce disque un peu… pénible. Déjà, ces yé yé punks ne font pas dans la dentelle question musique : c’est du punk/rock primaire et con-con gueulé par un type écervelé, ânonnant des trucs débiles sur fond d’histoires d’amour. Mais en fin de compte peu importe, puisque c’est sur scène que le rock’n’roll déjanté des Wampas prend tout son sens : à voir l’un (Dider Wampas) gesticuler comme un malade et les autres tronçonner leurs guitares sur seulement trois accords, l’on se dit qu’en concert, les Wampas sont bien les meilleurs rockeurs de France. Mais comme c’est avant tout visuel, l’intérêt de ce disque s’avère rapidement limité, passé la première écoute : il faut voir Didier Wampas se jeter dans le public, embrasser tout le monde et sauter comme un beau diable… la musique, elle, passant au second plan. Il y a pourtant des tubes (« Manu Chao », « Comme un Punk en Hiver », « Télégramme de Brest »,…) et même une reprise irrésistible d’« Où sont les femmes ? » de Patrick Juvet… Mais c’est quand même du gros punk bien neu-neu. « Didier Wampas est le roi ! », scande le public. Certes, mais d’un pays où le rock serait devenu une grossière blague potache… De quoi semer le doute : Didier Wampas, « just a rigolo » ? On évitera de trancher : mieux vaux en rire qu’en pleurer.

vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Yes to Everything

‘Oui à tout’, à condition d’aimer le rock’n’roll à la scandinave (Hives, Fireside), les jérémiades punk-pop d’Hot Hot Heat, le rimmel qui coule, les poses de Casablancas, la dynamique « one, two, three, four », les basses rutilantes, les guitares qu’on fracasse à la fin des concerts, les refrains à siffler sous la douche ou devant le miroir en gigotant des lombaires, les badges Johnny Thunders épinglés sur le revers d’un perfecto élimé acheté en seconde main chez « Under Elvis », les top 5 idiots du genre « les 5 meilleurs groupe garage punk de ces deux dernières années », le Rock & Folk et ses couv’ avec Keith Richards, les riffs d’enfer, l’efficacité au lieu de l’originalité, la mode, les revival consuméristes, les pubs Levi’s, le fait de se croire branché parce qu’on écoute les Rapture et les Walkmen, la lecture de ce genre de critiques qui ressasse à tout va les mêmes clichés rock depuis des lustres… « Oui, mais c’est quoi encore, le rock’n’roll ? », se demande l’auditeur lambda qui ne sait plus où donner de l’oreille depuis un certain « Is This It ? ». The Washdown ? Sans doute. Peut-être. Allez savoir… Oui. Non. Peu importe. A vrai dire on ne sait plus trop.
Page 52 sur 115