La terre fissurée de Daffo

À seulement 20 ans, Daffo, artiste indie-rock basée à Brooklyn, transforme le tumulte intérieur en chansons brutes et poétiques, d’une étrange beauté. Entre l’énergie DIY et des arrangements délicats, sa musique oscille entre fragilité et intensité. Révélée…

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Teethe : de la douleur au soulagement…

Le groupe texan de slowcore Teethe sortira son nouvel elpee, « Magic Of The Sale », ce 8 août. Sur cet album, il dévoile son monde triste et beau, où les quatre auteurs, chanteurs et artistes distincts de la formation posent une série de questions…

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Grégory Escouflaire

Grégory Escouflaire

mardi, 27 juin 2006 03:00

Wow Twist

Sixième album de ce trio lillois, en six ans de carrière : « Wow Twist », c’est du chip tune joué à l’arrache par trois sniffeurs d’hélium, fans de Mouse on Mars, de John Foxx et de Kevin Blechdom. Onze chansonnettes acidulées comme ces sucettes qu’on dévore pour atteindre au plus vite leur cœur : un chewing-gum qui colle un peu aux dents et qui rougit la langue. « Wow Twist » se révèle l’album le plus accessible du groupe, parce qu’il s’adresse plus aux jambes qu’à la tête : les bleeps crépitent, un peu pompettes, et le chant s’amuse de ses propres délires, synthétiques et cocasses. Forcément, à telle allure, l’expérience devient très vite agaçante. Comme si l’on écoutait Bis et Chicks on Speed (tiens…) le doigt appuyé sur la touche 'forward'. Un album d’IDM-pop pour la génération X. Rigolo. Dispensable.

lundi, 30 janvier 2006 02:00

Plans

Ben Gibbard est un bon mélodiste, on l’a sans doute assez répété : qui se souvient de son side-project The Postal Service n’osera dire le contraire, et versera même peut-être une larme, tellement c’est beau. Désormais signés sur une major, Ben Gibbard et ses potes avaient donc intérêt à sortir un disque plein de tubes, si possible ‘radio friendly’… « Plans », sans verser dans le FM putassier, réussit la gageure d’être à la fois plaisant, consensuel et subtil. Ce n’est pas une insulte d’être fan, en 2005-06, de Death Cab For Cutie, et c’est tant mieux pour l’amour propre. La voix toujours aussi câline, comme celle d’un ami cher, Ben Gibbard pianote et tricote joliment, des chansons du dimanche qui plairont aux sensibles. La mélancolie, ce sentiment propice à la belle musique pop : ça ne mange pas de pain, mais ça coule lentement comme du miel dans l’oreille. Un baiser ? « I Will Follow You into the Dark » (guitare-voix-miracle), ou bien, quand ça déprime entre quatre murs, « Your Heart Is an Empty Room ». A l’instar de Nada Surf ou de Styrofoam, Death Cab For Cutie s’avère la BO parfaite de vos prochaines Cuddle Party. On se câline, on se caresse, sans sexe ni arrière-pensée. Il paraît que ça existe. On n’arrête pas le progrès.

mardi, 23 mai 2006 03:00

Picaresque

Colin Meloy fait partie de ces ‘storytellers’ à la Sam Beam (Iron & Wine)/Will Sheff (Okkervil River, Shearwater) qui n’en ratent jamais une pour conter leurs histoires d’amour impossible. Parce que l’amour, c’est bien connu, se révèle depuis des décennies le terreau des meilleures chansons pop. « Picaresque », c’est aussi un adjectif qu’on utilise pour décrire l’aventure, avec un grand A. D’où l’impression qu’il y a dans ces 11 titres suffisamment de rebondissements (sonores et textuels) pour s’y plonger tête baissée, encore et encore. « The Infanta », avec ses cordes vaillantes et son Rhodes mirifique, semble ainsi mettre en musique la prise de la Bastille, l’abordage d’un navire espagnol, Pocahontas, Isaac le Pirate et la Guerre des Roses… A la production on retrouve Chris Walla, l’orfèvre pop de Death Cab For Cutie, qui fait du sacré bon boulot. La Bastille, certes, mais aussi Notre-Dame, puisque ici on peut parler, à l’écoute de titres comme « The Bagman’s Gambit » et « The Mariner’s Revenge Song », de véritables cathédrales sonores. Cuivres, banjo, accordéon, bouzouki, orgue de Barbarie, … Encore mieux que la tapisserie de Bayeu ! Quant aux morceaux plus calmes (les élégiaques « Eli, The Barrow Boy », « From My Own True Love (Lost at Sea) » et « Of Angels and Angles »), ils sonnent comme du I Am Kloot (cette voix) en plus orchestral, et ça vaut toujours mieux que l’intégrale d’Athlete. Le meilleur disque des Decemberists, qui jusqu’ici nous avaient plutôt habitués à trop d’incontinence.

mardi, 07 mars 2006 02:00

Tous des étoiles...

Petite remarque préliminaire : il ne s’agit pas d’une démo, mais bien d’un groupe du même nom. Et justement, ce 5 titres sonne comme tel… Le jeu de mot est facile ? Mais il fallait le faire, même si on sent chez ces quatre Lillois une volonté tenace de pratiquer un rock coriace, tendance Pleymo, Placebo, ce genre de groupes pour ados. Créé à la fin de l’an 2000, Demo a changé son fusil punk rock d’épaule pour un rock plus FM, bourré de riffs (tics ?) néo-metal et de textes engagés. Ils y parlent de la guerre (que c’est pas bien de la faire), des jeunes qui sont déboussolés, de leur futur qui part en couilles et de l’argent qui ne fait pas le bonheur. En gros que des thèmes sociétaux qui importeront toujours, mais traités avec la maladresse qui incombe au jeune âge… « Démo », comme ‘premières armes’, mais au fil du temps l’écriture s’affinera. Qu’ils lisent donc « Le Monde Diplomatique » à la place du « Rock Sound », peut-être que cette lecture leur servira !

mardi, 23 mai 2006 03:00

Playing The Angel

Difficile pour un groupe de la trempe de DM de se réinventer à chaque disque : le fan vous dira qu’il s’agit du ‘meilleur depuis’… Violator ? Songs of Faith & Devotion ? Peu importe : Martin Gore chante toujours comme un angelot SM ses histoires de rédemption, de ‘foi et de dévotion’, et Dave Gahan suit le mouvement, son timbre s’éclaircissant à chaque nouvelle incursion du côté obscur de la force. Rien de bien neuf, donc, mais le fan s’en fout. Quant aux autres, ils n’écoutent pas DM, et ce nouvel album ne changera sans doute rien à la donne. Si « Precious », le premier single, sonne comme du Superpitcher FM, c’est pour rappeler le legs électro du trio : sans eux, rien ne dit que nos hits-parades seraient aujourd’hui parsemés de ritournelles synthétiques, de Fischerspooner à Ladytron. Qu’il s’agisse d’un retour aux sources du bourdon analogique n’importe pas davantage : l’essentiel, c’est que DM continue à composer de bons tubes, et ce disque en est plein. La grande nouveauté réside dans le fait que Dave Gahan ait exigé de Gore qu’il le laisse participer à l’écriture, le menaçant dans le cas contraire de quitter le groupe… On imagine l’ire des fans, même si « Paper Monsters », l’album solo de Gahan, s’avérait plutôt pèle-couilles. Gahan signe ainsi trois titres, « Suffer Well », « I Want It All » et « Nothing’s Impossible »… Et comme prévu ça manque un peu de pêche. On parle de blues électronique, le nez dans les chaussettes et les bras qui ballottent. Ailleurs, l’indus rappelle qu’il y a 20 ans DM portait des chaînes (« A Pain That I’m Used To », « John The Revelator »), et qu’à l’appel du foutre ils répondaient présents en jouant les « Master & Servant ». « Pain and suffering in various tempos » ? La routine, quoi… Martin a droit à ses deux complaintes souffreteuses (« Macro » et « Damages People »), l’introspection prend des allures de messe new wave, et tout le monde se demande encore une fois quel est le rôle exact de Fletcher au sein du groupe. Comme d’habitude, voici donc un excellent album de DM. C’est un fan qui l’écrit. Veuillez lui pardonner.

 

 

Vous étiez plus de deux millions à les voir sur scène enchaîner nouveaux titres et vieux tubes : la tournée promo de « Playing the Angel », le dernier album de DM sorti l’année dernière, s’est révélée comme à chaque fois (tous les 4 ans, en somme) une belle machine à thune. « Nous n’avons jamais connu autant de succès », confie d’ailleurs Andrew Fletcher dans le documentaire en bonus... Si DM vend moins de disques que dans les années 80, chacune de ses tournées est un triomphe : on parle de « music for the masses » - ce nouveau DVD en témoigne. Vous le trouverez donc en tête de gondole chez le disquaire du coin, avec dessus le live de Milan, un docu de 20 minutes, un CD compilant les huit titres de « Playing » interprétés ce soir-là, et deux-trois gadgets visuels pour les fans hardcore. La setlist est la même que celle du concert donné au Sportpaleis d’Anvers, comme ça tout le monde est content, on peut presque dire que nous aussi on y était, même si on ne comprend que pouic à la langue de Botticelli. Martin Gore, justement, ressemble un peu à un vieil angelot de la Renaissance qu’on aurait dégivré : avec ses plumes et son bonnet il a l’air un peu bête, mais on lui pardonne – c’est lui le songwriter. Evidemment, quand il chante seul « Macro » et « Home », on appuie sur « Fwd », parce que c’est ennuyeux. Bonne idée d’ailleurs d’avoir relégué en « bonus tracks » ses deux autres prestations, « A Question of Lust » et « Damaged People », pour pas casser le rythme de ce live agréable, surtout dans sa deuxième partie. Le début du concert demande ainsi beaucoup de concentration, le temps que le groupe (les 3 DM, Christian Eigner à la batterie, Peter Gordeno aux claviers) s’échauffe et lâche la purée. Il faut en fait attendre « I Feel You » (le 12ème titre), qui manque pourtant de pêche, pour enfin retrouver le DM qu’on aime, bref celui de « Behind the Wheel », d’« Enjoy the Silence » (gros carton niveau ambiance) et d’« Everything Counts ». Contrairement au public belge qui semblait davantage dormir qu’acclamer ses idoles, les Milanais se révèlent d’excellents fans, reprenant en chœur « Goodnight Lovers » (chapeau) et « Personal Jesus », les larmes aux yeux et la gorge serrée. Moment à chaque fois inoubliable : la mer de bras qui tangue pendant « Never Let Me Down Again »... Et « Just Can’t Get Enough » (!!!), que DM n’avait plus interprété en live depuis la saint-Glinglin (« C’est un cadeau pour les fans », dixit Gore, l’air crispé). On peut toujours arguer sur le fait qu’ils ne sont plus tout jeunes et que ça commence à se voir et à s’entendre (surtout en ce qui concerne Gore et l’impayable Fletcher), mais un live de DM reste pour l’instant une expérience unique, de « foi et de dévotion ». Certes, on a connu Anton Corbijn plus créatif question décors (la boule, les synthés : on dirait du « Blade Runner » de carton-pâte), mais l’essentiel reste les tubes, l’ambiance, et Gahan qui mouille toujours autant sa chemise. En fin de documentaire, le chanteur se dit rasséréné, « en paix avec DM et avec lui-même »… Traduction : ça sent quand même un peu le sapin. « It’s just a question of time » ? Restons confiants, on verra dans cinq ans.

jeudi, 30 mars 2006 03:00

#1

Ses fesses se trémoussent ardemment sur la piste de danse, suivant de ses courbes graciles le beat qui part en cacahouète : ça s’appelle « Bootylicious », et c’est un tube des Destiny’s Child. Aujourd’hui le mot est entré dans le dictionnaire de la langue anglaise : la preuve tangible que Beyoncé excite autant les intellectuels que la jeunesse, fan de hip hop et de r’n’b, de sucreries FM et de refrains qui tuent. Et il y en a un paquet sur ce ‘best of’, parce que les Destiny’s n’ont quasi chanté que des tubes depuis leurs fracassants débuts, en 1999. A l’époque pourtant, leur succès ne dépassait pas encore le cercle fermé des amateurs de black music fiévreuse, mais limite ‘cheesy’… C’était avant Missy Elliott et son « Get Ur Freak On », avant la claque Neptunes et l’arrivée du crunk, de Timbaland et de l’électro sur le devant de la scène hip hop. Il n’empêche qu’avec le recul, des tubes comme « Jumpin’, Jumpin’ », « Say My Name », « Bug A Boo » et « Bills, Bills, Bills », on s’en souvient comme de nos premiers amours. Les mois passent, le truc devient énorme, on parle d’elles en pétillant des yeux, ça s’émoustille sur le dancefloor, certains les comparent aux Supremes, les hits-parades s’affolent et nos braguettes aussi. L’album « Survivor » fait alors un carton planétaire : Beyoncé devient une icône glamour façonnée par la chaîne MTV, incarnant à elle seule l’ultime fantasme masculin, la panthère dorée qui ronronne sur le plaid en lançant des clins d’œil carnassiers. C’est une femme indépendante (« Independent Women Part I »), qui gère son business d’une main de fer dans un gant de velours. « Survivor », le clip, les voit déguisées en Jane des temps modernes, plus sexy qu’un canapé de chez Tonton Tapis. La gente masculine brame en chœur, c’est le braquemart qui n’en croit pas ses yeux, entre deux pubs L’Oréal. Après des incartades solo (le fameux « Crazy in Love », non repris ici), les Destiny’s reviennent en 2005 avec « Destiny Fulfilled ». Un autre tube, « Lose My Breath », assied pour de bon les trois divas au rang de stars mondiales du r’n’b. Leur petite entreprise ne connaît pas la crise : il s’agit même du plus bel exemple de conquête FM de ces dernières années. « Bootylicious » ? Un néologisme qui leur va à merveille. « L’Origine du Monde » version 2006, mais rasée de près et en technicolor… De la bombe bébé, à consommer direct avant de s’en mettre partout. Quelqu’un a du PQ ?

mardi, 23 mai 2006 03:00

The Drips

Sur « Broken », le premier titre de ce disque furibard, Matt Caughthran gueule « Rock’n’roll !!! », et c’est normal quand on sait que cet hurluberlu chante aussi dans The Bronx. A la première écoute, la différence entre les deux groupes semble difficile à déceler : mêmes guitares cradingues, même tempo punkysant, et des « Oh oh » rappelant Radio Birdman et la scène hardcore californienne. Du bon boulot, qui donne envie de repeindre les murs de sa chambre en rouge sang, à force de se cogner la tête dessus. The Drips/The Bronx : quasi le même combat, si ce n’est qu’ici l’on croirait parfois entendre Tim Armstrong dans un remake rock’n’roll de ses fameux Rancid (« 16, 16, Six »). Il y a de la basse chaloupée aux détours de ces refrains vengeurs, comme quoi les types de The Bronx aiment aussi se dandiner entre deux flots de pinte. The Drips, c’est donc un peu le side-project à la Transplants de Matt Caughthran et de Joby J. Ford. Sortez les tongs et déchirez votre marcel : les Drips sont dans la place, même les filles osent le pogo.

jeudi, 30 mars 2006 03:00

Ta Det Lugnt

Le quatrième album de Gustav Ejstes, alias Dungen, était paru en Suède, dès 2004. Il arrive enfin chez nous ; et le moins qu’on puisse écrire c’est : ‘super - joie - enthousiasme’. Un de ces disques barrés qu’on attend sans y croire, parce qu’il ne sonne comme rien d’autre. Du rock psychédélique, de l’électro, du folk, du prog ; mais aussi plein d’instruments dans tous les sens et puis des textes, un accent, suédois. Tout commence en plein maelström, on dirait un geyser : de sons, d’ambiances, de rythmes. Imaginez des Super Furry Animals à la chasse aux champis en pleine Scandinavie : un truc de ouf, surtout pendant la digestion. Et puis le tempo s’emballe, les claviers vont au ciel, la guitare part en vrille, et l’oreille au Pays des Merveilles. Sorti sur l’excellent label anglais Memphis Industries (The Go Team, Blue tates, El Perro Del Mar,…), « Ta Det Lugnt » nous ferait presque croire qu’il existe un ailleurs où tout est volupté. Un véritable trip féodal, aux confins des genres (cfr. Cornelius, King Crimson, Four Tet, Michel Colombier,…) et des frontières de ce bas monde.

Vous la trouverez à prix modique chez tous les bons disquaires, à moins qu’un de ceux-ci vous l’offre à l’achat d’un cd du label : en tout cas il s’agit d’une simple entreprise marketing, dont l’objectif est d’offrir au mélomane un panel des artistes maison. Bella Union, c’est dans l’ordre, pour ce deuxième volume du sampler « Beneath The Surface » : Howling Bells, Fionn Regan, Midlake, Françoiz Breut, Astronautalis, The Dears, Mazarin, My Latest Novel, Dirty Three, Devics et The Czars, proposant des titres issus de leur dernier album respectif ou à venir… Autant vous dire qu’en matière de chroniques de disques, vous êtes au bon endroit : pour plus d’infos sur ces groupes et leur grand œuvre, cliquez dans la rubrique 'Recherche' !

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