Le rire de Will Paquin

Will Paquin sortira son premier elpee, « Hahaha », ce 12 septembre. Orienté guitare, psychédélique et garage-rock, il est décrit comme un chaos créatif à haute tension et imprégné d'humour, un élément souvent oublié dans le rock. En attendant, il a partagé…

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Miossec simplifie…

Miossec, le poète du Finistère, reprend la route avec "Simplifier", un album vibrant de sincérité et d’émotions brutes. Entre coups de cœur, coups de gueule et coups de blues, il continue de chanter la vie comme personne, avec cet amour immuable pour sa…

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Jean-Claude Mondo

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mercredi, 21 septembre 2016 17:19

Live at Knuckleheads Vol 1

Chanteur, guitariste et compositeur, Nick Schnebelen est aujourd’hui établi à Kansas City. Il vivait encore à Philadelphie, lorsqu’il fonde son premier groupe, Killing Floor. En 2003, il monte alors le Trampled Under Foot (TUF), un trio impliquant son frère Kris à la batterie ainsi que sa sœur Danielle au chant et à la basse. En 2008, ils remportent le célèbre International Blues Challenge de Memphis. Après avoir publié plusieurs elpees, le band grave "Wrong side of the blues", en 2011, sur le label Vizztone, un disque produit par Tony Braunagel. Enfin, le précédent LP, "Badlands", est paru en 2013, chez Telarc. Depuis, Nick a décidé de se produire en solitaire ou flanqué d’un nouveau backing group, le NS Band, au sein duquel participent la chanteuse/guitariste Heather Newman, le drummer Joe Voye et le bassiste Cliff Moore. Ce long playing a été immortalisé ‘live’, en février dernier, au Gospel Lounge du Knuckeleheads Saloon, à Kansas City.

Le NSB s’embarque sur un "I’m goin’" endiablé. Un blues qui rocke allègrement, en consommant un maximum de swing. Nick et Heather se partagent les vocaux. Mais c’est Schnebelen qui tire son épingle du jeu à la guitare. Rapide, technique, c’est loin d’être un manchot. Heather chante "Willie James", une autre plage bien rythmée ; et Mrs Newman est tout à fait convaincante derrière son micro, alors que Nick en remet une sérieuse couche aux cordes. "Crazy" est imprimé sur un mid tempo. Soul, la voix de Heather est chargée de passion ; et elle sert de tremplin à l’envolée de Nick, une envolée qui ne manque ni de panache, ni de sens mélodique. Et il brille à nouveau tout au long du blues lent "Desperate heart". La montée en puissance des cordes est progressive, et elle atteint son sommet, en libérant un max de sensibilité. "Break of day" nous entraîne sur les rives du Mississippi, un delta blues que chante remarquablement Nick, d’une voix particulièrement autoritaire. Joe et Cliff forgent une telle trame rythmique, qu’elle en devient un tremplin idéal pour mettre sur orbite le sixcordiste toujours aussi bien inspiré. "Bad disposition" est un titre au cours duquel Schnebelen excelle. Il y injecte une telle dose de feeling pour développer ses interventions ; des interventions brillantes, soutenues par celles –plus solennelles– de Joe Voye aux percus. "Tailgate swing" opère un retour dans le Delta. Miss Newman est derrière son micro, alors que Nick glisse son bottleneck sur son manche. Et il ne manque pas d’imagination lors de cet exercice. Cool, "Who will comfort me" est sculpté dans les cordes acoustiques. En fin de set, la troupe s’attaque à plusieurs covers, dont une du célèbre "Spoonful" de Willie Dixon, une version très réussie au cours de laquelle les deux vocalistes se succèdent afin de favoriser une sortie exaltante de Nick au cordes, soutenu par sa section rythmique. Et il passe à la pedal steel pour interpréter "Sleepwalk", un hit instrumental décroché par Santo & Johnny, en 1959. Heather adresse un clin d’œil à la country, en chantant le "Jolène" de Dolly Parton, dans un climat de bonne humeur communicative. Le concert s’achève par "New Orleans", une piste qui y conduit depuis le Mississippi. La slide est largement amplifiée et les deux chanteurs participent généreusement aux vocaux. Un deuxième volume est en préparation…

 

mercredi, 21 septembre 2016 17:17

Elemental

Agé de 41 ans, Ross Neilsen est issu du New Brunswick, au Canada. Ce chanteur/guitariste affiche une solide discographie. En 2007, l’artiste avait tout quitté, son job, sa compagne et son domicile pour embrasser une vie de musicien. Au cours des dix dernières années, il n’a jamais cessé de tourner ; et puis, il a décroché de nombreuses nominations, dont celle de ‘meilleur artiste acoustique’ en 2016, dans le cadre des Maple Blues Awards. Fin 2015, à la limite du burn out, il décide de prendre une pause. Et commence à écrire des chansons qui traitent de son existence, de ses aventures, ses passions et ses frustrations. "Elemental" en est donc le résultat. Un LP qui réunit dix plages écrites ou coécrites par Ross, et une reprise. C’est son ami Steve Marriner qui s’est chargé de la production. En outre, lors des sessions ce dernier s’est servi de toute une panoplie d’instruments : depuis l’harmonica aux guitares, en passant par les claviers, les percussions et le vibraphone. Cet artiste est également le leader d’un des meilleurs groupes canadiens, Monkey Junk. Pas étonnant que Darcy Yates et Matt Sobb (également impliqués chez Monkey Junk) se consacrent à la section rythmique. Enfin, Jim Bowskill assure la plupart des parties de guitare électrique (NDR : âgé de 25 printemps, ce jeune Canadien milite chez Sheep Dogs). 

Le titre maître entame les hostilités. Excellent, il privilégie les voix : celle de Neilsen est épaulée par les autre musicos. Et finalement, les percussions de Sobb y assurent l’essentiel de la partie musicale. "Black coffee" est un blues imprimé sur un mid tempo. Amplifiée la guitare de Ross sonne comme celle de Billy Gibbons (ZZ Top). Marriner double à l’harmonica et à la batterie. Bowskill se réserve la mandoline. La basse de Yates est bien mise en avant tout au long de "Woman’s name", une compo indolente au cours de laquelle les guitares entretiennent une atmosphère menaçante : Marriner à la baritone et Bowskill à la slide. Et les harmonies vocales sont lumineuses. Excellent country/rock, "Devil made you" mêle cordes acoustiques et électriques, tant de Ross que de Bowskill à la slide. Ballade étrange, "Ash fault" exhale un parfum oriental. Jimmy Bowskill est passé au violon. Ses interventions sont versatiles, mais superbes. Marriner balise l’ensemble de sa baritone. Le Canadien Paul Reddick cosigne le tendre "City of regret", une ballade acoustique et atmosphérique. Country/folk, "Nobody gets lonely" est une piste entraînante ; mandoline, pedal steel et gratte s’intégrant parfaitement dans l’ensemble. Marriner siège derrière l’orgue pour "The race", une ballade soul R&B. Des cuivres et une voix féminine y apportent davantage d’amplitude. Encore une ballade : "The arrow". Subtilement funky, elle est parcourue par des interventions de piano électrique et se distingue par une remarquable sortie sur les cordes acoustiques de Neilsen, dans une attitude très JJ Cale! Willie P. Bennett (NDR : un chanteur folk canadien disparu) a composé "Ballad in low E". La version de Ross est excellente. Très roots, flemmarde, elle est soulignée par la slide de Jimmy et l’harmonica de Steve, alors que le chant est chargé de passion. Et de toute bonne facture, cet elpee s’achève par "Step into the light", une ballade country dépouillée, "Step into the light". Les voix sont à l’unisson et la pedal steel libère toute sa sensibilité.

 

mercredi, 21 septembre 2016 17:16

Tennissippi

Vingt ans déjà que JD Taylor (chant/harmonica) et Steve Patterson (slide) ont fondé Little Boys Blue. A Jackson, dans le Tennessee. Ils cherchaient à célébrer leur cocktail de blues (Memphis et Tennessee), rockabilly, rock ainsi que country. "Bad love", le précédent opus –le troisième– est paru en 2014 sur le label de Jimmy Exum, Jaxon. Taylor est soutenu par deux guitaristes (Alex Taylor et Tyler Goodson), un bassiste (Drive Mallard), un drummer (Mark Brooks) et un claviériste (Dave Thomas). Les sessions d’enregistrement ont été réalisées au célèbre studio Muscle Shoals, en Alabama. Dix des douze plages sont signées par le groupe. Elles sont essentiellement issues des plumes de JD et Alex Taylor.

Invité, Webb amorce "Tennissippi" à la slide, un blues qui navigue quelque part entre Memphis et le Mississippi. La rythmique est saccadée et nerveuse. La voix de Jo Taylor passe bien la rampe. Et ce dernier s’autorise un envol sur son harmonica avant de céder le relais à Alex sur ses cordes. Une sonorité de gratte distordue par une pédale prélude "Lights on", un R&B cuivré par les Alabama Horns. La rythmique d’Alex Taylor s’évade, puis c’est au tour de l’orgue Hammond de Dave Thomas, de l’harmonica et enfin, de la trompette de Ken Waters, de bénéficier de cette latitude. Rapide, "Pack it up baby" est également cuivré. Dave Mallard rejoint JD aux chœurs. A la moindre occasion, les musicos prennent un billet de sortie ; que ce soit la guitare, l’orgue, l’harmonica ou le saxophone de Bad Brad Guin. Et pourtant l’ensemble se révèle particulièrement homogène et chaque musicien se montre respectueux de ses partenaires. "If Id’a know" est un blues nonchalant. Tout comme "35 years", une plage qui ne manque pas de charme. Goodson se réserve une superbe sortie sur la slide, bientôt rejoint par Dave, passé au piano électrique. Et quelque part, cette compo rappelle le Little Feat de feu Lowell George. A cause de cette voix quelque peu nasillarde et puis des interventions de slide… Et comme pour la plupart des pistes de cet elpee, les musiciens n’hésitent pas à mettre le nez à la fenêtre ! La reprise du célèbre "Chtilins con carne" de Kenny Burrell est une plage instrumentale dansante, aux accents exotiques. Le piano électrique, l’harmonica, la trompette et enfin la guitare (NDR : non, ce n’est pas Carlos Santana) se distinguent par d’excellentes interventions. Un riff d’harmonica balise "Do you no wrong", un R&B captivant et dansant, au cours duquel, les deux sixcordistes prennent de superbes envols. Introduit par des sonorités d’harmonica créatives, "Smoke rings" est blues lent, tapissé d’orgue et de piano, et traversé par une slide. JD Taylor chante cette ballade, d’une voix chargée d’émotion. "Health insurance blues" opère un retour aux racines, un blues classique découpé dans les cordes acoustiques, alors que l’harmo épaule le chant. Bien qu’amplifié, "Wanna be your loving man" est un blues imprimé sur un tempo gracile ; et JD ainsi qu’Alex libèrent une nouvelle fois leurs cordes. Un processus qu’on retrouve sur le solide "Big pimpin sugar daddy Romeo", un titre au rythme soutenu, chanté passionnément par JD, qui permet surtout à Dave Thomas de tirer son épingle du jeu sur l’orgue Hammond. D’excellente facture, ce long playing s’achève par "Jackson", un instrumental qui met une dernière fois en exergue, le talent des différents solistes.

 

mercredi, 21 septembre 2016 17:15

Heavy days

Katy Guillen & The Girls nous vient de Kansas City. Katy a monté ce trio en 2012 pour assurer une date, en supporting act du Royal Southern Brotherhood, au Knuckeleheads Saloon. The Girls, son backing group, constitue la section rythmique et réunit la bassiste Claire Adams ainsi que la drummeuse Stephanie Williams.

Et cette section rythmique se révèle particulièrement soudée dès "Driving to wake up". En début de parcours, la voix de Katy est plutôt fragile et la compo s’ébroue sur un mid tempo. Progressivement, le rythme s’accélère et le chant de Miss Guillent prend de la vigueur ; avant qu’elle ne s’autorise son premier envol aux cordes. Et il est percutant ! Les Girls embraient par "Heavy days", suivant la même formule. Claire, la ligne de basse reste intimement liée aux percussions de Stephanie. Les arrangements vocaux sont soignés. Mais lorsqu’elle a le champ libre, la soliste n’hésite pas à saisir l’opportunité. "Waking up from you" est une plage pop/rock agréable à l’oreille. La voix rappelle alors celle de Chrissie Hynde (Pretenders). Dans le même registre, mais en plus blues, "Don’t need anyone" est plus enlevé, un morceau bourré de dynamisme au cours duquel l’envol des cordes joue les prolongations. Caractérisé par les changements de rythmes pilotés par les percus de Miss Williams, "The load" est un rock nerveux, mais surtout audacieux, aventureux même. "Humbucker" adopte la même structure rythmique. Claire Adams signe la jolie ballade "Cold was the night". Mike Sedovic donne de l’épaisseur au morceau à l’aide de son orgue ; et Miss Guillen en profite pour accorder sa meilleure intervention de l’opus, sur sa gratte. "Can’t live here anymore" est une plage garage féroce, au cours de laquelle les trois dames semblent plus soudées que jamais ; avant qu’elle ne soit ponctuée par une nouvel envol de cordes chargé d’enthousiasme. Le trio nous réserve une adaptation bien personnelle du canon de Big Joe Williams, "Baby please don’t go". Mike Sedovic est de retour à l’orgue ; et quelque peu déjantée et intrépide, la guitare s’enfonce dans l’univers psychédélique. Le long playing s’achève par "Pulling up from the grooves", une ballade subrepticement mélancolique, sentiment accentué par le trombone de Ryan Heinlein.

 

mercredi, 21 septembre 2016 17:12

Red Clay Soul

Originaire d’Atlanta, en Georgie, Tinsley Ellis est âgé de 59 ans. En 1979, ce chanteur/guitariste militait au sein des Alley Cats, en compagnie de Preston Hubbard, un futur Fabulous Thunderbirds. En 1981, il forme les Heartfixers, avec l’harmoniciste noir, Chicago Bob Nelson. En 1988, il est signé par le célèbre label blues de Chicago, Alligator, pour lequel il publiera pas moins de huit albums. En 2013, il monte sa propre écurie, Heartfixer Music. Et il vient d’y graver son quatrième opus, "Red Clay soul". Tinsley a composé seul ou en partenariat les dix plages. Les sessions d’enregistrement se sont déroulées au Rock House, à Franklin, dans le Tennessee, un studio qui appartient à Kevin McKendree. Ce dernier s’est chargé de la production et se réserve toutes les parties de claviers. C’est un pote à Tinsley, depuis une vingtaine d’années ; il a d’ailleurs collaboré à la réalisation de plusieurs albums précédents.

Excellent, "All I think about" est marqué au fer rouge par Tinsley Ellis. Autoritaire, la voix est bien mise en avant et les cordes sont parfaitement adaptées à son timbre et ses inflexions. Une gratte rythmique amorce "Givin’ you up", une ballade soul à la mélodie accrocheuse. Soutenu par celle d’Oliver Wood, sa voix est très expressive. L’orgue Hammond est particulièrement chaleureux. La guitare solo se promène dans le décor sonore, suivant son inspiration. Tinsley émet un gémissement dans son harmonica. Jon Tiven a coécrit "Callin’", une autre ballade que souligne la voix féminine de Wendy Moten. "Anything but go" est plus remuant. Un R&B toujours tapissé par l’orgue de McKendree. Les interventions de cordes sont soignées. Un cri transperce le paysage sonore. Ballade indolente, "Hungry woman blues" est enrichi de cordes électroniques, alors que mélodieuse, la guitare s’exprime sans la moindre réserve. Blues nerveux, "Circuit rider" est impeccablement balisé par la section rythmique (NDR : Lynn Williams aux drums et Steve MacKey à la basse) ; une piste qui rappelle un classique du genre, "The hunter", un morceau jadis célébré par Albert King, au cours duquel Tinsley et Kevin McKendree se partagent les grattes. "Don’t cut it" est une plage très rythmique. Même l’orgue Hammond entretient le profil de ce titre enchanteur. Dépouillé à l’extrême, "Party on one" est un blues indolent. Kevin siège derrière le piano électrique. Minimalistes mais recherchées, les notes de guitare sont chargées de feeling et d’une limpidité extrême. La voix est à la fois écorchée, vive et passionnée. Une seule plage instrumentale : "Estero noche". Teintée d’exotisme et émouvante, elle est largement inspirée par Carlos Santana ; cependant, vu l’excellence du toucher de cordes, on ne peut que tirer son chapeau à l’artiste. "The bottle, the book or the gun" clôt ce long playing. Un autre grand moment de blues exprimé en totale sensibilité. Tout y est : la mélodie imparable, la voix si fascinante, les claviers de McKendree et cette guitare, dont les interventions parcimonieuses, reflètent un véritable amour des cordes. Excellent !

 

mercredi, 21 septembre 2016 17:10

Rain Crow

Si vous ne connaissez pas Tony Joe White, c’est que vous n’écoutez jamais la radio. Non seulement certaines de ses compos ont été reprises par des artistes aussi prestigieux qu'Elvis Presley, Ray Charles, Tina Turner et Hank Williams, mais il est également responsable de deux hits incontournables, "Polk salad Annie" et "Groupie girl". Depuis plusieurs décennies, son swamp blues s’identifie parfaitement à la tradition louisianaise. Il est d’ailleurs né dans le nord de cet Etat, près de l’Alabama, à Oak Grove. Et aujourd’hui âgé de 73 balais, il a toujours bon pied bon œil. Au cours de sa carrière, il a publié une trentaine d’albums, dont le dernier, "Hoodoo", remonte à 2013.

"Hoochie woman" nous immerge immédiatement dans l’atmosphère humide et suffocante des marais. Grave et chaleureuse, sa voix est déclamatoire tout au long de cette piste, au cours de laquelle les instruments tracent une ligne de conduite passionnante, et tout particulièrement l’orgue Hammond de Tyson Rogers, qui tire parfaitement son épingle du jeu. Probablement la meilleure plage de l’opus. "The bad wind" baigne au sein d’un même climat. Et narre une ténébreuse aventure sentimentale au cœur des swamps. Ravagés, les riffs de gratte se révèlent menaçants. La voix est monocorde, mais tellement authentique. Chaque sonorité apporte son écot à l’ensemble. Celles des cordes, bien sûr, mais aussi de l’orgue Hammond et des percussions volontairement dramatiques de Bryan Owings. Des accords rythmiques amorcent le titre maître, "Rain Crow". Le drumming d’Owings est écrasant. White souffle ou plutôt crie dans son harmo, des tonalités rudimentaires. Les arrangements sont impeccables. "The opening of the box" est imprimé sur un tempo plus soutenu. La voix de Tony est très proche de celle de John Lee Hooker tout au long de ce swamp boogie qui provoque une transe instrumentale alimentée successivement par la basse de Steve Forrest, la batterie, l’harmonica et enfin les cordes torturées. "Right back in the fire" est une ballade sentimentale dont White a le secret. Fermez les yeux. Il est face à vous, au coin du feu, et susurre ses mots. Rassurante, la guitare rythmique glisse entre les phrases. Excellent ! Billy Boy Thornton (NDR : issu de l’Alabama, cet artiste vivait près de chez White) cosigne "The middle of nowhere", une plage qui nous ramène près de 50 ans en arrière, tant elle trahit des similitudes avec "Polk salad Annie", un des premiers tubes de Tony. Lumineuse, la six cordes entretient l’atmosphère totalement laidback. "Conjure child" relate une autre histoire du pays des marais. White fait allusion au culte vaudou et à une sorcière capable d’apprivoiser serpents et alligators. Tapissé par ses interventions d’orgue mélodieuses, "Where do they go" est une compo empreinte de douceur. Une compo dont la démarche interrogative colle parfaitement à la philosophie de l’artiste. Hypnotique, "Tell me a swamp story" nous entraîne une dernière fois au cœur des swamps. Les percus sont judicieusement funk. Posée, la voix est de nouveau très proche, et la guitare vibre au sein de ce paysage local si spécifique qui a marqué sa vie et son enfance. Et pour que votre info soit complète, sachez que c’est son fils, Jody, qui a assuré la production.

 

mercredi, 14 septembre 2016 21:30

Swingin in the swamp

The Kat Kings est un combo qui privilégie le rockabilly et le blues ; ce qui ne l’empêche pas de s’intéresser à d’autres styles. Issu de Toronto, il est drivé par le chanteur, guitariste et compositeur Kevin McQuade. Il est soutenu par un autre gratteur (Teddy Leonard), un batteur (Chuck Keeping), un bassiste (John Dymond) et un claviériste (Wayne Dagenais). "Swingin in the swamp" fait suite à un premier LP paru en 2011, "The winning hand".

"When I say jump" ouvre la plaque. Du pur rockabilly gorgé de jump. Le son est nickel ! Wayne s’éclate derrière son piano. La basse acoustique est bien ronflante. La guitare de Kevin jouit de toute latitude pour s’emballer. Autre rockab’, "Poppin’ at Party time" est bien plus contaminé par le blues. Les ivoires sont bien mis en exergue ; mais c’est surtout la guitare, en distillant des notes bien dosées, qui tire son épingle du jeu, alors que Chuck apporte la touche rythmique, à l’aide de ses baguettes. Et tout au long de "B Flat Kat", la gratte semble carrément hantée par Chuck Berry. Indolent, "I work for you" se convertit au blues pur et dur. Celui de la Louisiane. Wayne est passé à l’orgue Hammond et double même au piano électrique. "Juke joint Jimmy" est judicieusement intitulé. C’est de la véritable dynamite ! Un rock’n’roll entraînant, dévastateur, au cours duquel la guitare jumpe avec bonheur, pendant que Wayne martèle ses 88 touches d’ivoire, afin de communiquer des sonorités ‘juke joint’. Plus surprenant, les Kats nous invitent au temple pour chanter le gospel, dans un ensemble vocal polyphonique. Traversé par une slide et tapissé par un orgue, ce "Before I found him" fleure le Sud profond. Et la finale change carrément de rythme. Implacable, elle est soulignée par des claquements des mains! Caractérisé par ses guitares furieuses, "Ridin’ in style" opère un retour dans le rockabilly. Kevin chante classieusement "I’m just a shadow" devant l’orgue Hammond, une ballade lente aux réminiscences Memphis Stax. Plus roots, "It came from the swamp" nous entraine dans les swamps louisianais. Le bottleneck apporte sa touche métallique à ce blues, alors que les interventions de slide sont particulièrement nonchalantes. Dominé par le piano roadhouse de Chuck, "Till it feels alright" est une piste plus rythmée digne de Jimmy Reed. "Late night thing" lorgne vers le plus célèbre trio texan, ZZ Top ; un blues pur et dur au cours duquel les interventions de guitare sont à la fois acérées et lumineuses. Grâce à son cortège de percussions festives inspirées par Professor Longhair et au chant flemmard proche de Dr John, "Late night thing" met une dernière fois le cap sur la Nouvelle-Orléans. Superbe, ce long playing nous offre une dernière tranche de bonheur, un cocktail de rock’n’roll et de blues baptisé "Baby you can’t drink", au cours duquel Wayne Dagenais s’éclate encore et encore. Excellent !

 

mercredi, 14 septembre 2016 21:29

Rain

Originaire du Tennessee, Lew Jetton a longtemps partagé son emploi du temps entre la musique et les prévisions climatiques. Ce chanteur/guitariste a ainsi longtemps bossé comme présentateur de la météo, sur une chaîne de télé locale. Dès 1994, il est engagé au sein de 61 South, un groupe établi dans le Kentucky ; un combo au sein duquel militait alors l’harmoniciste Col JD Wilkes des Legendary Shack Shakers. A ce jour, le collectif a commis trois opus : "State Line Bues", en 2000, "Tales from A 2 Lane", en 2006, et "Rain", en juin dernier. Soit après dix ans d’attente. Les sessions se sont déroulées au Coffee Street de Paducah, dans le Kentucky. Jetton est un artiste qui a plus d’une corde à son arc. Au chant, il est particulièrement convaincant. A la guitare, c’est un musicien affirmé. Et ses compos sont excellentes.

"Who’s texting you" ouvre l’elpee. Bien rythmé, ce superbe blues est très proche du style de Memphis. Spécifiquement southern, malgré son ton légèrement funk, il bénéficie d’interventions de guitares soignées, des interventions que se réservent Jetton et Alonzo Pennington, invité pour la circonstance. De bonne facture, "Move on Yvonne" adopte les accents swamp de la Louisiane, des accents entretenus par le vocal flemmard et l’harmonica tonique de Col J.D Wilkes, une piste au cours de laquelle J Solon Smith siège derrière le piano alors que Miranda Louise (NDR : issue de Nashville elle a notamment accompagné Lonnie Mack et Stevie Ray Vaughan) épaule Lew aux vocaux. Un riff bien acide et réverbéré hante "Mississippi rain", un titre alimenté par d’excellentes cordes, pendant qu’Erik Eicholtz imprime autoritairement le tempo et que Wilkes se révèle toujours aussi déterminé sur son harmonica. "Lay me down" est une ballade qui ne manque pas de style. Le chant est expressif et l’orgue de Dan Bell particulièrement chaleureux. Superbe ! Caractérisé par sa touche de country/gospel franchement savoureuse, le bref "Glory train" est à la fois rythmé, dynamique et rafraîchissant. Signé John Hiatt, "Feels like rain" campe un blues lent très roots. La voix de Lew est brûlante. Et tout est parfaitement mis en place, dans un univers southern, que domine l’orgue Hammond et la guitare de Sam Moore. Boosté par la section rythmique, "Done done it" est un blues/rock particulièrement entraînant. Blues plus classique, "Sandy Lee" est une plage nonchalante. Les cordes acoustiques et le piano de Smith y tirent parfaitement leur épingle du jeu. Un des meilleurs morceaux de l’elpee ! Chicago shuffle, "Keeping me awake" est un autre blues excitant. Le titre final nous replonge dans le climat de la Nouvelle Orléans. A travers une excellente version du "It’s raining" d’Allen Toussaint. Soutenue par les ivoires de Smith, la voix de Lew est éclatante. Excellent !

 

mercredi, 14 septembre 2016 21:25

Kill me with your love

Le chanteur/harmoniciste/pianiste Wesley Van Werkhoven, le drummer Neils Duindam et le guitariste JJ Van Duijn militaient au sein de Big Blind, un trio qui enregistrait pour le label Cool Buzz. En février 2013, ils recrutent le bassiste Renzo Van Leeuwen, et transforment leur patronyme en Dynamite Blues Band. Le quatuor batave publie son premier elpee, "Shakedown & Boogie", en 2014. Les sessions d’enregistrement de "Kill me with your love", se sont déroulées à Amsterdam.

De puissants riffs de guitare préludent "Even if you want to" ; mais l’harmonica de Wesley débarque rapidement. Une plage bien très rythmée, mais un rien trop courte à mon goût. Le Dynamite BB se complait dans une attaque très rythmique de ses compositions. "Dirty minded" s’inscrit très bien dans ce style, permettant à la guitare de JJ de se libérer très vite ; une piste qui bénéficie d’arrangements impeccables de voix et de cuivres. Des arrangements tout aussi parfaits dont jouit également "Trash and rumours", le sommet de cet opus. Le tempo est vif. Réverbérée, la gratte concède des accents ‘surf’ surprenants. La section rythmique et parfaitement huilée. Et le tout baigne dans une ambiance orientale. "Kill me (with your love)" rappelle le style du regretté Lester Butler. Van Duijn en profite pour, une fois encore, exécuter une sortie imparable sur ses cordes. Ballade indolente, "Strong love" est parfumé de R&B. La voix de Wesley est soignée. JJ s’autorise une nouvelle sortie chargée de sensibilité et tout en subtilité. Et elle est bien marquée, avant que Wesley ne prenne le relais à l’harmo, dans un climat qui révèle une grande complicité entre les musiciens. La gratte attaque en force "Dynamite Momma", un rock’n’roll au cours duquel elle est constamment à l’avant-plan. "The Big unknown" est balisé par la section rythmique, un shuffle qui sert de rampe de lancement à Van Duijn pour sortir à nouveau de sa réserve ; et il se distingue sur ses cordes, à travers une tonalité étonnante, très susceptible de rappeler Jimmy Vaughan. "Too busy" est toujours bien rythmé. La plage replonge dans l’univers de Lester Butler et des Red Devils. L’ambiance y est propice. Et la voix y contribue. La connivence entre les deux solistes est manifeste, en l’occurrence entre la slide de JJ et l’harmo du frontman. "No cent" nous transporte dans le jump. Il y a de la rage dans la voix, du swing ; et le piano, bien à l’avant-plan, soutient parfaitement les cordes en folie! Du tout bon! Majestueuse, "Two sides" est une nouvelle ballade, dont l’intro cuivrée émarge au r&b. "This ain’t over" est un blues/rock au cours duquel JJ se fait à nouveau plaisir sur ses cordes en leur administrant des tonalités particulièrement originales. Stimulé, Wesley signe alors son meilleur envol à l’harmonica. "Misery", morceau final, est plus paisible. Les cordes sont discrètes alors que la musique à bouche entretient un climat de tristesse.

 

mercredi, 14 septembre 2016 21:24

Zalo’s Blues

Guitariste et compositeur, Gonzalo Bergara est originaire de Buenos Aires. Mais cet Argentin s’est établi à Los Angeles depuis l’an 2000. En général, il est à la tête de son GB Quartet, une formation spécialisée dans le jazz manouche des années 30, un style magnifié par le mythique Django Reinhardt. Au sein de ce quatuor, il est soutenu par un guitariste rythmique, un bassiste et un violoniste. Il s’était illustré en publiant l’album "Portena Soledad", en 2007, et "Djangophonic", en 2009. Sur son nouvel elpee, "Zalo’s Blues", Gonzalo se consacre à la guitare et au chant. 

Les notes ont été réalisées par le célèbre Little Charlie Baty, l’ancien leader des Nightcats. Charlie et Zalo s’étaient rencontrés dans un club. Gonzalo lui avait refilé une démo sur laquelle figurait une adaptation d’un titre de Baty, "Percolatin’" ; et la version était tellement originale qu’il l’a rebaptisée "Woosh". Bien que datant de 2003, elle figure sur cet LP ! L’intro est lente. De murmure, la voix passe au chant –et il est remarquable– tout au long de ce blues somptueux. La guitare se libère voluptueusement de la section rythmique bien soudée. Tous les autres titres ont été enregistrés à Buenos Aires, en 2015. Plusieurs sessions ont été nécessaires, impliquant le bassiste Mariano D’Andrea et son frangin, Maximilio Bergara, à la batterie.

L’opus s’ouvre par l’instrumental "Drawback", une superbe plage imprimée sur un tempo enlevé et trempée dans du pur swing jazz. Le chant affiche une belle dose de panache, tout au long du rock’n’roll fougueux "Drinking". Impatiente et enthousiaste, la guitare décolle rapidement. Indolente, "Singing my song" est une piste caractérisée par son entrée solennelle. Expressive, la voix se détache bien de l’ensemble. Le solo est à la fois créatif et chargé de feeling. Une seule véritable reprise, "You don’t have to go", un canon du célèbre Jimmy Reed. Elle date de 1955, et son adaptation respecte le rythme très spécifique du mythique bluesman chicagoan. Quelques instrumentaux. Tout d’abord deux pistes funky. "Dirty socks" et "Levi". La première emprunte des tonalités à Stevie Ray Vaughan et Jeff Beck. La seconde lorgne davantage vers le rockin’blues. "Been runnnin’", ensuite. Classieux, il conjugue jazz et swing. Profitant de l’excellent socle construit par D’Andréa à la basse, Bergara est alors ici tellement proche du maître Clarence Gatemouth Brown. Et enfin "Ines" une tendre ballade à la beauté immaculée. "Gonna go" adopte le rythme saccadé du chemin de fer. Joué en picking, il concède des accents country. Bien soutenu par la section rythmique, "No more" et un blues/rock classique, impeccablement ficelé. Zalo en profite pour y libérer ses cordes avec une facilité déconcertante. Et le long playing de s’achever par "Won’t stay with you", une compo acoustique, empreinte de sérénité… 

 

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