La vie dans les petits espaces de Black Marble

Black Marble, alias Chris Stewart, sortira son premier album, « Life in Small Spaces », le 21 août 2026 chez Sacred Bones, qui sera immédiatement suivie d’une tournée. Il s’agit de son premier elpee complet depuis « Fast Idol » (2021). « Life in Small Spaces…

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Ama

Ama, la sincérité à nu sur son second album AMA

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L'auteure-compositrice-interprète britannique Ama a sorti courant juin son deuxième album, AMA.

Successeur de I Came Home Late (2023), ce nouveau projet marque un tournant dans le parcours de l’artiste. Plus intime, plus épuré et plus direct, AMA recentre son écriture sur l’émotion, la mélodie et la sincérité, explorant les thèmes du désir, de la féminité, de la confiance en soi et de la vulnérabilité.

Porté par des productions minimalistes et des harmonies vocales riches, l’album révèle une Ama plus libre et plus affirmée, qui assume pleinement une approche frontale et émotionnelle de son écriture.

Ces derniers mois, l’artiste a progressivement dévoilé les contours de cette nouvelle ère à travers plusieurs singles marquants, dont « So… », « Need It Bad » avec Brent Faiyaz et « Holding Back ». Le titre « Need It Bad », en collaboration avec Brent Faiyaz, a particulièrement rencontré un fort écho, dépassant les 1,5 million de vues sur YouTube.

Une autre grande collaboration apparait sur l’album: ‘Aura’ avec Bryson Tiller.Enrichissant un projet qui confirme la place singulière qu’occupe Ama au sein de la nouvelle génération R&B, ces sorties dessinent un univers cohérent où intensité émotionnelle et précision artistique coexistent pleinement.

Saluée par des médias tels que The FADER, Billboard, Clash ou Wonderland, Ama s’impose aujourd’hui comme l’une des voix les plus singulières de la scène R&B contemporaine, capable de conjuguer élégance, expérimentation et sincérité émotionnelle.

Un extrait ici.

Brama

Brama dans la brume…

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Brama est un groupe de rock psychédélique créé fin 2019, de la rencontre d'une vielle à roue passée à la pédale et d'un duo guitare/batterie en état d’hypnose.

Brama s’empare à bras le corps d’un folklore solaire et rayonnant, où l’on danse toujours avec force, dessinant, à l’aide des traits d’une poésie orageuse, un DIY polyphonique aux couleurs toujours pop.

Mélodies psychédéliques, groove cérémonial et riffs de guitare écorchés sont autant de couleurs qui nourrissent les histoires racontées par Brama : ballades ancestrales sur le dérèglement du monde, psaume psychédélique et prose incantatoire, la poésie occitane de ce disque se dresse en figure chimérique prête à lutter contre le tout-venant.

Oscillant entre frénésie noise et envoûtement pop, ce premier album est avant tout un acte post-moderne. Dans la tourmente du libre-échange, les cultures vacillent mais ne rompent pas, soufflant toujours la brise d'un réenchantement du monde.

A l'instar des post-punk anglais ou des artistes allemands de la fin des années 70, volonté est faite de s'émanciper des canons du rock global.

Toujours solaire et hypnotique, Brama vous invite dans une cérémonie à la croisée d'une tarentelle et d'une messe rock'n'roll psychédélique.

La vielle à roue en orgue liturgique, la guitare/basse en sujet exorcisé et la voix chamanique, maitresse du culte.

Premier single issu du nouvel elpee, « La Bruma » est disponible sous forme de clip d’animation ici

 

 

Kamas

Kamas désorientée…

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Kamas, aka Anne Cammas, possède une des voix les plus originales du rock français. Paru ce 29 mars, son nouvel elpee, « Désaxée », pénètre votre esprit de ses nostalgiques fictions, oscillant entre souvenirs et sensations troubles.

Kamas chante ses propres textes, écrits et pensés au chevet des voix que de grandes figures féminines ont longtemps fait résonner (Barbara, Patti Smith, Billie Holiday). Ses deux précédents elpees étaient parus sous le patronyme Kamas et les Corbeaux (« Linda » avec Olivier Lagodski et Nicolas Puaux en 2008 et « Salon » avec Nicolas Puaux et Jérôme Castel en 2011).

Tantôt rock tantôt intimiste, toujours sur le fil du rasoir, « Désaxée » alterne les confessions dérangées de cette artiste originale. ‘Un album pour perdre le nord, faire un pas de côté, essayer autre chose’ s’est exprimée l’artiste et qui aboutit, pour notre plus grand bonheur, à un nouveau monde, un univers, la vie telle qu'elle va, intranquille et quelque peu déboussolée…

La vidéo de « 6V d'Amour » est à découvrir

 

RAMAN.

Entretemps, RAMAN. prépare son nouvel album…

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« All this time », c’est le titre du nouveau single de RAMAN., le groupe du Gantois, Simon Raman.

Dans cette mélodie rêveuse et captivante, il décrit un réveil au printemps, au milieu des chemins sinueux de la vie. Il chante comment se retrouver dans le monde qu'il a créé, tout en devenant de plus en plus conscient du caractère éphémère et de la beauté cachée de l'existence. C'est comme une rose qui, même après s'être fanée, conserve sa splendeur.

Dans sa quête incessante d'authenticité, RAMAN. plonge dans ses racines blues et au-delà, délivrant un rock & roll brut, émotionnel et, parfois, sans complaisance.

RAMAN. prépare actuellement son premier album, qui sera produit par Pascal Deweze et Koen Gisen.

« Alll this time est en écoute ici

 

 

Cucamaras

Buck Rogers Time (Ep)

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‘Buck Rogers Time’, c’est une expression urbaine indiquant qu’un détenu a écopé d’une peine de prison particulièrement longue. C’est aussi le titre du second Ep de Cucaramas, un quatuor issu de Nottingham. Enfin, pour votre info, sachez que Buck Rogers est également le titre d’un comic book créé en 1928, BD adaptée à partir de la fin des 70’s, en série TV...

Cucamaras pratique un post punk qui s’inscrit dans la nouvelle vague du rock britannique. Pensez à Fontaines DC, IDLES, The Murder Capital, Shame, Slave, TV Priest, Squid, Yard Act, Gilla Band et bien d’autres…

Cinq plages figurent sur « Buck Rogers Time ». Qui s’ouvre par le single « Porcelain ». Dansant il adopte un tempo réminiscent de Blur. Olly Bowley et Josh Hart se partagent le chant. L’un possède le timbre de crooner d’Alex Turner, l’autre les inflexions de Chris Bailey (NDR : pas le chanteur des Saints, décédé l’an dernier, mais de Do Nothing). Enlevé, « Greener lands » se distingue par ses sonorités de guitares grinçantes, gémissantes et stridulantes, ainsi que sa ligne de basse caoutchouteuse. Caractérisé par ses riffs de grattes spasmodiques, « Wimslow storm warning » adresse un clin d’œil au Clash.

Ballade mid tempo, l’autre single « Cotton wool », se signale par ses jolies montées de guitares, alors que le nerveux « Bleachers Yard » (référence à Yard Act ?) s’achève dans un savoureux bain d’électricité.

Et le tout est épicé de samplers et d’interventions aux claviers aussi judicieuses que bien senties…

Mick Harvey & Amanda Acevedo

La fantasmagorie en bleu de Mick Harvey et Amanda Acevedo

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Mick Harvey et Amanda Acevedo sortiront un elpee en collaboration, ce 1er septembre 2023. Il s’intitulera « Phantasmagoria in Blue ».

La chanteuse et cinéaste mexicaine Amanda Acevedo a rencontré Mick Harvey il y a plusieurs années à Mexico, alors que ce dernier était en tournée avec P.J. Harvey, mais ce n'est qu'en 2021 que leur projet actuel a vu le jour, alors qu'ils partageaient des idées musicales et autres à travers entre l'Australie et le Mexique.

Harvey et Acevedo donnant une nouvelle vie à des chansons issues de duos existants, à d’autres qui n'ont jamais été conçues pour des duos, à des traductions de l'espagnol, à des compos chantées dans cette langue, et à quelques morceaux originaux. Sur le plan thématique, l’opus explore les thèmes éternels de la mortalité, de l'amour et de la quête de sens de l'humanité, tout en incorporant un engagement enthousiaste avec l'énigmatique et le mythique.

La vidéo de « Milk & honey » est disponible et de « Love is a battlefield », ici

 

Shama

Les explorations mystiques de Shama…

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C’est ce 14 avril que Shama publiera son second titre, « Celebration (Mha Puja) », qui appelle à la transe ! Le premier Ep, « Metamorphosis », paraîtra le 12/05/2023.

Déjà connue en tant que leadeuse du groupe MOJA, la chanteuse nantaise se dévoile en solo dans un projet plus personnel, aux sonorités world, electro et trip hop. Un nouveau chapitre qu’elle ouvre sous le nom de Shama, tel l’oiseau emblématique d’Asie au chant doux et mélodieux. Sa voix et son instrument constituent le véhicule de ses émotions. Jouant avec les mélodies, elle chante les doutes, les peurs et les espoirs d’une jeune femme imprégnée de son époque et bercée de spiritualité. Une voix qui évoque la puissance mélancolique de Sinead O’Connor, la profondeur mystique de Lisa Gerrard ou encore le timbre cristallin d’Aurora. Sa musique, elle, est un parfait mélange de ses influences, allant de la soul downtempo d’Ibeyi à la douceur trip-hop de Morcheeba en passant par l'électro world d’Orange Blossom. Le premier Ep de Shama, baptisé Metamorphosis, marque le début d’un nouveau voyage musical pour la chanteuse nantaise. Un titre qui résume parfaitement sa (re)naissance. Octobre 2020 : c’est dans son petit home studio, sa ‘chambre verte’, que tout commence. Contrainte comme beaucoup d'artistes à attendre la reprise des concerts, Shama décide de transformer le confinement en temps de création. Pour voir quelle est la musique qui prend vie quand elle se retrouve seule, libérée des contraintes, des attentes et des regards. Alors, armée de son stylo, de sa voix, d’une guitare et d’un logiciel de MAO, l’artiste se laisse porter par son inspiration et ses émotions, dans une transe créative et libératrice de plusieurs semaines. Si l’exploration se veut sans limites, très vite l’univers de Shama se dessine naturellement, invoquant toutes ses influences : des musiques sacrées et percussives, des sonorités orientales, en passant par la profondeur de l'électro.

Le clip de « Celebration (Mha Puja) » a été tourné dans une ancienne église médiévale du XVème siècle située à Nozay (44), rachetée en 1979 par l'association Asphan. Un ancien lieu de culte magnifiquement restauré, qui accueille donc le rituel de ‘célébration de soi’ évoqué dans le deuxième single de Shama. Le clip met en scène deux personnages dont les visages sont dissimulés derrière de mystérieuses parures évoquant l’ailleurs, interprétés par Shama et la danseuse et chorégraphe Julie Ollivier. Comme une seule et même personne, elles découvrent dans ce lieu un autel dressé autour d’un miroir, de bougies, pétales de fleurs, cristaux et autres offrandes…

Pour (re)découvrir le clip de « Dance With The Universe », le premier extrait de son Ep, c’est ici, et celui de « Celebration (Mha Puja) », c’est

 

Cucamaras

De la laine de coton pour Cucamaras…

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éléments de post-punk, d'indie et d'art pop. En 2022, le groupe a gravé son premier Ep, « Soft Soap ». Il publiera un nouvel Ep, en mai 2023. Intitulé « Buck Rogers Time », il recèlera 5 titres, dont le single « Cotton wool », qui vient de sortir.

A propos du morceau, le chanteur et guitariste Olly Bowley a déclaré : ‘« Cotton Wool » est une histoire d'admiration, tout en ayant l'impression d'être dans l'ombre de quelqu'un. Il y a cet individu maladroit qui rencontre toutes sortes de problèmes, tandis que l'autre dort paisiblement. Le premier n'est pas prêt à perdre l'influence de cette personne sur sa vie’.

Enregistré aux Young Thugs Studios de York sous la houlette du producteur Jonny Hooker (Low Hummer, Bull, Avalanche Party), ce nouveau single fait suite à un début d'année en fanfare qui a vu Cucamaras figurer parmi les 100 artistes essentiels du NME à suivre pour 2023.

Le clip de « Cotton Wool » est disponible

 

Delvon Lamarr

Cold as weiss

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Delvon Lamarr Organ Trio

Le Delvon Lamarr Organ Trio est issu de Seattle, un combo qui pratique un soul/funk, parfois teinté de jazz, dans l’esprit de Booker T. & The M.G.’s, des Meters ou de Jimmy Smith. Delvon Lamarr en est le leader et il se consacre à l’orgue Hammond B3, vous vous en doutez. C’est ce son chaud, vibrant, puissant, groovy et vintage, hérité en ligne droite des labels Motown et Stax, qui inonde cette musique instrumentale à laquelle participe, quand même, un drummer (NDR : lui est le seul blanc et il s’appelle Weiss !) et un guitariste. Cependant, ces deux musicos jouent bien davantage que le rôle de seconds couteaux. En fait, ce sont eux qui apportent les moments de respiration à cette expression sonore très en vogue au cours des sixties. 

« Cold as weiss » constitue le troisième elpee du band et recèle pas mal de reprises, dont le « Pull your pants up » des J.B.’s, les très funk « I wanna be where your are » de Leon Ware et Arthur Ross ainsi que « Keep on keepin’ on » de Curtis Mayfield.

Deux plages s’écartent quelque peu de l’ensemble. Tout d’abord le blues « Big TT’s blues » puis « Uncertainty », un slow crapuleux ou nightclubbien (NDR : biffez la mention inutile, selon que vous affichiez 1, 2 ou 3 x 20 ans).

Zap Mama

Les esquisses de Marie Daulne…

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Outre ses activités musicales, Zap Mama travaille avec des organisations militantes et humanitaires. Médecins Sans Frontières, Amnesty International et Care.org (USA) ont utilisé sa musique pour sensibiliser le public. Zap Mama agira également en tant qu'ambassadrice des survivantes et contribuera aux séances de musicothérapie pour le Réseau mondial des victimes et des survivants de la violence sexuelle, en temps de guerre, via La Fondation Mukwege qui organise une retraite mondiale pour plaider contre la violence sexuelle liée aux conflits (CRSV,) au niveau mondial.

« Dessiné » est un poème mis en chanson. Des mots empreints de surréalisme qui décrivent parfaitement l'euphorie liée à la situation amoureuse.

Le titre « Desiné » décline les mots d'une personne amoureuse qui esquisse les traits de sa (son) bien-aimé(e). La guitare rythmique balance un tempo enjoué, sur lequel se pose la voix suave et ensoleillée de Zap Mama, alors que timide, la flûte cherche à s'installer parmi les claviers et percussions légères. Un cocktail énergisant qui se métisse dans une douce aventure afropéenne.

« Dessiné » est le dernier single de son projet « Odyssée » qui sortira cet automne.

Cet été, on pourra voir Zap Mama à Half Oogst à Louvain (12/08) et au CC De Ververij à Ronse (10/09). Le son de Zap Mama attire les mélomanes qui apprécient la musique oscille de l’afro au latino, en passant par le hip-hop, le jazz, l’urban, la nu-soul et la world. Projet de Marie Daulne, Zap Mama constitue un pilier du circuit des musiques du monde depuis plus de 25 ans.

A ce jour, elle a gravé 9 albums !

Sa dernière sortie « Eclectic Breath », est parue en 2018. Elle a collaboré avec de nombreux artistes tels que Erykah Badu, Common, The Roots, Will.I.Am, Sergio Mendez, Al Jareau, Bobby Mc Ferrin, Arno, Hans Zimmer et Tom Cruise.

Pour voir et écouter la vidéo de « Dessiné », c’est là

https://youtu.be/fx1q9Z5UQw4

 

Cucamaras

Cucamaras s’en lave les mains…

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Cucamaras n’est pas une formation espagnole, mais britannique. Issue de Nottingham, très exactement. Son premier Ep sort de 27 mai 2022. Son titre ? « Soft Soap ». Une expression britannique qui se traduit par ‘se prendre un savon’.

Le band est responsable d’une musique ténébreuse, déchirée entre cold wave et noisy qui puise ses références au sein des 80’s et tout particulièrement chez Bauhaus, Siouxsie And The Banshees, The Jesus And Mary Chain et Joy Division.

Et pour vous faire une petite idée du style proposé, on vous invite à découvrir le clip de « Death of the social » ici ainsi que de « Winner’s chapel »,

 

 

Tamar Aphek

All bets are off

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Tamar Aphek est une guitariste/chanteuse israélienne établie à Paris, depuis quelques années. Dans son pays natal, elle est surnommée la déesse de la guitare. Pour enregistrer cet elpee, elle a reçu toute une volée de musicos, dont le bassiste Yuval Garin et le batteur Uri Kutner. Ce dernier brille de mille feux, derrière ses fûts ; son drumming luxuriant, aride, impétueux ou tribal, communiquant très souvent une coloration jazzyfiante à l’expression sonore. Une musique qui creuse également parfois dans le noisy/punk, à la manière du Sonic Youth originel. Encore que « Beautiful confusion » concède des accents dream pop, « Too much information », surf ou cosmico/floydiens et « Drive », carrément psychédéliques. Et au sein de cet ensemble on croise épisodiquement un chouia de saxophone (« Show me your pretty side », plage cinématographique balisée par une ligne de basse énigmatique) ou de farfisa (« Russian winter »). Laconique, la voix de Tamar aurait pu naitre d’un croisement hypothétique entre celle de Laetitia Sadier et de feu Nico. Une voix responsable de textes qui parlent de jalousie, d’injustice, de colère et de vengeance.

L’elpee s’achève par « As time goes by », une adaptation ‘cabaret’ relativement dépouillée d’une chanson écrite en 1931 par Herman Hupfeld et interprétée en 1942 par Dooley Wilson dans le film ‘Casablanca’.

Deadbeat & Camara

Trinity Thirty

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Alors qu’il débarque à l’aéroport de Rio de Janeiro, Scott Monteith entend la reprise du « Sweet Jane » (NDR : un titre composé par Lou Reed) de Cowboy Junkies, un groupe de country alternative canadien, et se remémore avoir beaucoup écouté et aimé « The Trinity Session ». Hasard du calendrier, l’elpee est paru trente ans plus tôt. Scott Monteith (NDR : mieux connu sous le pseudonyme de Deadbeat, il est considéré comme un pilier de la scène électronique berlinoise, où il s’est exilé) y voit l’opportunité de célébrer cet événement. Après avoir contacté les membres de Cowboy Junkies et recueilli leur approbation, il se lance dans une relecture intégrale de ce classique country/folk. Pour l’accompagner dans l’aventure, il fait appel à Fatima Camara, une musicienne active au sein de cette même scène. Le duo se lance alors dans une réappropriation du long playing « Trinity Thirty ». Pas question de guitare acoustique, accordéon ou autres instruments organiques, puisqu’ils ont été remplacés par des claviers et une boîte à rythmes. A l’instar du morceau original, le climat est glacial et le rythme langoureux. Même que la voix de Fatima Camara est aussi sensuelle que celle de Margo Timmins.

Finalement, Deadbeat & Camara est parvenu, à travers cet LP, à rendre hommage à Cowboy & Junkies. Et pourrait, peut-être, inciter le mélomane à (re)découvrir la mouture originale de « Trinity Thirty ». 

Mama Killa

The Ballad Of Jean-Sébastien Killa

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Ne pas confondre Mama Killa et Mama Killa. L’un est belge, l’autre français, bordelais plus précisément ; et le premier groupe cité revendique un droit de paternité sur le patronyme. Néanmoins, il faut admettre que l’amalgame s’établit naturellement.

Une fois passé cette identification, probable obstacle à la compréhension du projet, penchons-nous sur le sujet.

Car l’univers au sein duquel nous entraîne ce Mama Killa ne manque pas de personnalité.

Nonobstant son approche brouillonne, la formation révèle des aptitudes intéressantes.

Décliné en seize titres inégaux, ce généreux long playing sert de complément à un projet visuel et scriptural relatant les méfaits causés par une poupée maléfique.

Il s’agit donc d’un concept album, exercice périlleux, parsemé de pièges au sein desquels des tas d’artistes sont trop souvent tombés.

Trop d’idées ? Trop d’envies mal canalisées ? Un désir de trop bien faire ? Probablement. Mais aussi une production hyperléchée et des soli superflus.

Ecrasant, cet opéra Rock peine à décoller, mais propose lors de ses meilleurs moments quelques ambiances héritées d’influences majeures et notoires (Killing Joke, Goblin ou encore Queens of The Stone Age, entre autres)

En résulte une musique sombre, angoissante, dont les envolées épiques véhiculent des accents à la noirceur d’encre.

Surchargé, l’opus déborde d’énergie, mais mal dispensée, elle nuit à la concentration du mélomane...

Se référant au cinéma fantastique (on soulignera évidemment le rapprochement avec la bande son de ‘Suspiria’ version 1977), « The Ballad of Jean-Sébastien Killa » relate la narration chronologique d’un récit horrifique.

L’album s’achève par « Ulysses », comme un navire s’échoue sur une île déserte après un voyage mouvementé.

Mais qui après réparation, pourrait reprendre la mer afin de découvrir de nouveaux horizons…

Kalamazoo

How To Hunt A Deer

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« How To Hunt A Deer » est un album franco-british : français d’origine, british pour le son et l’expatriation provisoire. C’est à Nottingham que se forme le groupe Nezza, qui rentre à Paris et devient Kalamazoo en 2006. Après avoir publié un premier Ep intitulé « 101 Radford Boulevard », sorti en Angleterre, le groupe produit chez No Clappin!, « How To Hunt A Deer », un mini elpee 8 titres.

Le disque recèle une certaine force, il va sans dire, mais c’est une force que l’on connaît, que l’on sent empruntée. Il commence maladroitement par « Interpolis » qui nous rappelle incontestablement… Interpol, et surtout Bloc Party dans l’énergie ainsi qu’un Mud Flow simplifié. Les riffs de « Take it » peuvent être apparentés aux Killers, le « Void » plus féroce, aux Kings of Leon. Si le tout possède malheureusement des accents de démo, quelques caractéristiques sauvent la mise : le poignant « Change Order », qui mixe Soundgarden et (les jeunes) Radiohead, est de ces longues plages qui accrochent.

La voix semble encore chercher… sa voie : d’un timbre si particulier (doux et profond –comme chez les Doves– au puissant potentiel), le chanteur et leader de Kalamazoo, Imade Elbaraka, devrait cependant être capable de faire vibrer ses mélodies à son avantage lorsqu’il aura trouvé le style auquel sa voix se prête (et dans ce cas, il ne devrait pas hésiter à monter la balance de son côté).

« How To Hunt A Deer » respire l’effort de produire de belles mélodies originales et des sections de guitares alambiquées, mais si la forme y est, il manque le fond. On note les grandes influences, mais on souhaite que les Parisiens puissent sortir des sentiers battus pour créer leur propre chemin. Le quatuor est également à la recherche d’un label et l’on espère que ce ‘luxe’ leur permettra de développer leur identité. En effet, si l’on s’accorde à dire ‘qu’ils sont bons’, la musique est dépourvue d’une Idée, d’un soulèvement d’émotion susceptible de conférer plus de crédit. Elle est dominée par un esprit de rock collégien expérimentant plusieurs basiques des années 1990. Elle le fait cependant bien. Aussi, on leur conseille humblement : ‘à vous, maintenant !’

Jamaica

No Problem

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Avant de répondre au patronyme Jamaica, ce duo s’était baptisé Poney Poney. Il faut croire que le tandem estimait qu’il existait un risque de les confondre avec les néo-stars de la pop française Pony Pony Run Run, pour en changer. Mais il risque de créer un nouvel imbroglio. Car nonobstant son nom, Jamaica n’émarge pas au reggae mais bien à la pop la plus pure… D’ailleurs tout au long de son premier elpee, « No Problem », le tandem parisien aligne les hits dans la droite lignée des célèbres Versaillais de Phoenix ! Antoine Hilaire (guitariste de Tahiti Boy and The Palmtrees) et Florent Lyonnet pondent des morceaux électro-pop efficaces à la pelle. Rien de bien mémorable, mais des titres fun et sans complexe. Le dansant « I Think I like U2 », l’ultra-efficace « Jericho » ou encore « When Do You Wanna Stop Working » devraient d’ailleurs récolter les suffrages des nombreux fans de Pony Pony Run Run. Enregistré sous la houlette des ingénieurs du son de Daft Punk (Xavier de Ronsay et Peter Franco), « No Problem » se nourrit de sonorités bubble-gum 80’s, pour en régurgiter des compos bien dans l’air du temps. La basse est bien rythmée. Les mélodies sont évidentes. De quoi relever des lyrics anecdotiques et une mise en forme un peu trop clinique (NDR : donc uniforme, quoique parfaite dans le genre). Les radios FM vont se régaler en puisant dans ce kit parfait pour playlist pop. Après Justice et Phoenix, Jamaica prouve en tout cas que la ‘French Touch’ n’est pas morte… La pop non plus d’ailleurs ! Et que demande-t-on de plus à un groupe de pop que de composer des chansons aux refrains contagieux et aux rythmes entraînants…

Le combo français se produira au MZ de Bruges, le 27 novembre prochain (org : Cactus)

Amanda Fish

Free

Écrit par

Issue de la scène soul et blues de Kansas City, Amanda Fish n'a entamé sa carrière qu’en 2012. Elle fonde son groupe en 2014 et publie un premier elpee intitulé "Down in the dirt", trois ans plus tard. Sa jeune sœur Samantha l'avait déjà précédée et s'est d'ailleurs forgée une solide réputation comme chanteuse et guitariste de blues-rock. Amanda compose l’essentiel de son répertoire. Douée d’une voix naturellement puissante, elle joue aussi bien de la guitare, de la mandoline, de la basse ou du piano. Lors des sessions d’enregistrement, elle s’est consacrée à la basse et au chant. Elle est soutenue par son drummer Glen James, ainsi que d’invités notoires, suivant les compos…

"2020" ouvre la plaque. La voix d’Amanda est exceptionnelle et en impose déjà. A la guitare rythmique, Dave Hays étale tout son talent, en dispensant des accords funkysants. Boogie primaire, "Not again" nous entraîne au cœur des collines du Mississippi, une piste au cours de laquelle, Richard Rosenblatt, le patron du label Vizztone, souffle dans un harmonica. Varié, ce long playing met également en exergue le talent des différents instrumentistes. Dominé par la voix éclatante de Mrs Fish, "The ballad of Lonesome Cowboy Bill" mêle cordes acoustiques et électriques ; Tyler Morris et Bob Margolin à la slide, signant une sortie décoiffante. Indolente et dépouillée, "Blessed" est une autre ballade. Les chœurs sont bouleversants, alors que chargée de reverb, la gratte de l’ex-Fleetwood Mac, Ken Valdez, s’incruste dans l’ensemble. Blues/rock, "Going down" est découpé dans des riffs puissants. Le Californien Alastair Greene se déchaîne sur sa slide, tandis que la voix s’enflamme et crève l’écran. Son ami de Kansas City, Coyote Bill, épaule Amanda sur deux plages. Ses interventions parcimonieuses sur sa slide sont d’une efficacité déconcertante sur "You could be" et le nerveux "Here we are", deux pistes tapissées par l’orgue Hammond. Le titre maître achève le long playing. Au piano, Amanda s’épanche seule, doucement, avant de se déchaîner à travers un gospel, soutenue par son amie Sara Morgan, un morceau coloré par l'orgue de Chris Hazelton. Excellent!

 

Amadou & Mariam

Une ambiance de fête...

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Morley est un trio drivé par la chanteuse/compositrice/ chorégraphe Morley Kamen. Elle pratique un folkpop qui déborde d'émotion, une expression semi-acoustique élégamment colorée par les accès d'un violon et d'une guitare sèche ; le tout souligné par la voix bouleversante de Morley. Son deuxième album, 'Days like these', vient de paraître tout récemment.

A l'instar de Salif Keita et d'Ali Farka Touré, Amadou & Mariam appartiennent à une scène pop afroworld qui récolte pas mal de succès en Europe. Atteint de cécité, le couple a bénéficié du concours de Manu Chao en personne, pour l'enregistrement de son nouvel opus, "Dimanche à Bamako'. Une influence bien présente tout au long de cette plaque ; mais aussi une marque de reconnaissance de la part de l'ex leader de La Mano. Et le résultat ne s'est pas fait attendre, puisque les ventes de disques cartonnent et les concerts attirent la foule.

Bourrée de swing, de groove, la musique d'Amadou & Mariam est à la fois dense et chaleureuse. Le recours à l'électronique, la double percussion, les rythmes répétitifs et le chant alterné ou d'ensemble colorent inévitablement leurs compositions. Sur les planches, Amadou & Mariam sont soutenus par quatre instrumentistes. Et ce sextet a accordé un set riche, attachant et bien en rythme. Le couple apprécie le public et le remercie vivement pour ses acclamations. Tout au long de la soirée, l'accent a été mis sur leur dernier album. Dès le début, "La fête au village" a plongé le public dans leur univers si caractéristique. Fouettés par la double percussion, les groovy et remuants "Artistiya" et "Beaux dimanches" ont constitué les premiers points culminants du set ! "M'bife balafon" et "Nangaraba" se sont davantage révélés contagieux et luxuriants. Amadou se met parfois dans la peau de John Lee Hooker. Ce qui explique sans doute pourquoi son jeu de guitare est aussi inspiré. Lors de leur voyage musical à Bamako, l'instrumentation et les harmonies vocales semblaient si naturelles et rafraîchissantes qu'ils conféraient à l'ensemble un parfum d'été. Et des titres comme "La paix", "Chantez, Chantez" ou "La réalité" en sont les plus belles illustrations. En rappel, ils ont interprété des morceaux plus anciens comme "Je pense à toi", fragment souligné par les harmonies vocales et la guitare d'Amadou, "Mon amour, Ma chérie" et "Pauvre type", des chansons qui ont mis en exergue leurs superbes harmonies vocales tout en déclenchant une véritable ambiance de fête. Amadou & Mariam ont laissé une forte impression: ils ont illuminé ces jours gris d'une teinte sensuelle d'été tout en éveillant en notre fors intérieur une envie de danser. Des festivals estivaux ( ?!?!?) comme Polé Polé, Sfinks ou Folkdranouter devraient y trouver leur compte…

(Traduction : Nico Verhelle/ Adaptation B. Dagnies)

Organisation : France Leduc Productions

Ghalia Vauthier & Mama's Boys

Let the demons out

Écrit par

Ghalia and the Mama's Boys est un groupe californien. Etabli à la Nouvelle-Orléans depuis plusieurs années, il pratique du power blues. Mais sa chanteuse est bruxelloise. Elle est également compositrice. Gahlia Vauthier passe beaucoup de temps aux USA où elle s'est déjà produite sur les scènes de la Louisiane, du Mississippi, du Missouri et du Tennessee. Entre rock’n’roll et blues, elle milite également au sein des Naphtalines et de Voodoo Combo. En 2016, elle rencontre Johnny Mastro et ses Mama's Boys et c'est le déclic!

Les sessions se sont déroulées au studio Music Shed de la grande cité louisianaise. Ghalia signe la majorité des plages. Elle est épaulée par le chanteur/harmoniciste Johnny Mastro, le guitariste Smokehouse Brown, le bassiste Dean Zucchero et le drummer Rob Lee. Et ce sont ces Mama’s Boys qui font la différence. Plus rockabilly que blues ou boogie, la voix de Ghalia ne colle pas nécessairement à l’expression sonore…

Ce qui n’empêche pas l’opus de receler quelques excellentes plages. A l’instar d’"All the good things" et "Hiccup boogie", deux boogies classieux au cours desquels le gratteur, Smokehouse Brown, se distingue et semble même hanté, en fin de parcours, par ce diable d’Henri Vestine (Canned Heat). Caractérisé par la conjugaison des voix de Ghalia et de Mastro, le shuffle "Waiting" se signale par la conjugaison des voix entre Ghalia et Masto. Slide et harmonica combinent élégamment tout au long de "Hey little baby". Johnny allume "4am Fried chicken" de sa musique à bouche. Seule piste lente, "Addiction" baigne au sein d’un climat ténébreux, mais surtout met en exergue Brown, qui traite sa sèche au bottleneck…

 

Samantha Fish

Belle of the west

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Issue de Kansas City, cette jeune chanteuse/guitariste pratique aussi bien le blues que le rock. Elle n’a pas encore 30 ans, et pourtant, elle affiche déjà une solide expérience. Faut dire qu’elle a entamé sa carrière en 2009, alors qu’elle venait juste de fêter ses 20 printemps. Au cours de cette année, elle avait publié "Live bait", un elpee autoproduit. C’est Thomas Ruf qui la repère et la signe sur son écurie. Depuis, elle a gravé 5 long playings, dont ce "Belle of the west". Elle a également participé à plusieurs tournées européennes, dans le cadre du projet "Girls with guitars". En trio, Samantha privilégie le répertoire clairement blues/rock. Et amplifié. Mais "Chills and fever", paru seulement il y a quelques mois, s’ouvrait à la country, la soul et r&b. Luther Dickinson, le chanteur/guitariste de North Mississippi All Stars, s’est chargé de la mise en forme mais figure également parmi les musicos. Les sessions se sont déroulées au studio Zebra Ranch, sis dans le pays des collines du Mississippi.

"American dream" affiche bien la couleur. Un retour aux sources du blues pimenté par le pipeau de Sharee Thomas et balisé par des percussions placides. Une atmosphère passéiste qu’on retrouve tout au long de "Blood in the water". Outre la flûte droite, le violon de Little Mae s’intègre dans le décor, alors que Samantha s’autorise une sortie parcimonieuse sur les cordes, mais amplifiée. Elle chante joliment 'Need you more", une compo bluegrass empreinte de douceur. Une délicatesse qui imprègne également l’excellent "Cowtown", une piste au cours de laquelle les cordes se révèlent particulièrement séduisantes. La contrebasse d'Amy Lavere balise "Daughters", une ballade dont les voix féminines sont contrebalancées par des percussions accablantes. Bénéficiant d’un refrain pop, le plus roots "Don't say you love me" se distingue par sa six cordes tout en retenue. De toute bonne facture, cet LP s’achève dans le blues aux accents primitifs. "Poor black Mattie" et "No angels" sont illuminés par les superbes répliques entre Samantha et l'homme du Mississippi, Lightnin' Malcolm. Puis, en finale, "Gone for good", un morceau traité au bottleneck dans une ambiance digne de R.L Burnside, et si proche du son Fat Possum ! 

 

Amadou & Mariam

Une transe purificatrice ?

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Amadou et Mariam sont de retour à l’Ancienne Belgique. Alors, un tel concert, votre serviteur n’a certainement pas envie de le manquer. Le spectacle est sold out. Le début des hostilités est fixé à 20h30, et il n’y a pas de supporting act. Normal, puisque la prestation va durer deux bonnes heures. Et être particulièrement propice à la danse.

Le couple Amadou et Mariam, de leurs véritables noms Amadou Bagayoko et Mariam Doumbia, sont des musiciens et chanteurs de nationalité malienne. Ils sont aveugles tous les deux. Amadou a perdu la vue à l'âge de seize ans, tandis que sa compagne l’est devenue à celui de cinq ans. Ils sont en tournée pour défendre leur dernier opus, « La confusion », paru 5 longues années après « Folila ». Peu d’artistes ou de formations pratiquant la ‘world music’ sont parvenus à autant transcender les genres et à bosser en compagnie de figures aussi marquantes de la scène internationale que Damon Albarn, Manu Chao, Nas et Damian Marley, Santigold, TV On the Radio ou encore Bertrand Cantat.

Les musicos débarquent sur les planches au compte-gouttes. Le drummer et le percussionniste se plantent sur une même estrade surélevée, du côté gauche. Ils saluent le public en frappant dans les mains. Le claviériste, s’installe sur un autre petit podium, à droite. Et après le bassiste, Amadou et Mariam font enfin leur apparition, en compagnie d’une choriste/danseuse. Et danser, elle ne va jamais s’en priver tout au du show, se lançant le plus souvent dans une forme de transe. En outre, son timbre de voix est à la fois puissant et grave.

Extrait du nouvel elpee, « Ta Promesse » ouvre le bal. La frappe du drummer est résolument rock. La ligne de basse soutient parfaitement l’imparable rythmique. On apporte une gratte à Amadou qui demande à la foule, s’il va bien. Pendant ce temps, Mariam chauffe déjà la fosse. Des spots rouges se focalisent sur les visages des artistes, qui sont –et ce n’est jamais une surprise– de bonne humeur. Il y a quelque chose de fort à voir deux personnes, atteintes de cécité être aussi heureux et complices sur les planches.

« C’est chaud » véhicule un message politique engagé. Les mots sont pourtant simples, puisqu’il s’agit d’une énumération des troubles subis par le monde contemporain, comme l’insécurité, la xénophobie, la haine et la crise économique, qui forcent les hommes à quitter le pays, laissant derrière eux, femmes et enfants. Non seulement, Amadou impose sa voix, mais il affiche un fameux toucher sur les cordes, parfois digne d’un Joe Bonamassa. « Filaou Bessame » campe un blues du désert ; plusieurs morceaux vont d’ailleurs nous y entraîner…

Pas de Mathieu Chedid pour « Masiteladi ». Les textes mêlent français et bambara. Et le résultat est fabuleux. Une chanson propice à la transe purificatrice et à l'éloignement des mauvaises ondes.

Issu du dernier elpee, le single « Bofou Safou » parle de jeunes garçons fougueux préférant aller danser plutôt que de travailler, une composition pimentée de sonorités électroniques, fait plutôt rare chez le duo malien.

« Africa » reflète la joie de vivre de ce couple magique et si chaleureux. Le titre maître de l’opus « La Confusion » pose un constat flagrant : ‘Les hommes et les femmes ont démissionné / Les enfants sont abandonnés dans les rues / Les mariés sont en train de divorcer, alors que jadis ils se mariaient tranquillement le dimanche’. Il soulève cette confusion ambiante qui ronge le Mali. Et « La Réalité », qui termine le show, communique un message de la même trempe.

Lors du rappel, le hit intemporel « Dimanche A Bamako » va faire chavirer le public. Même qu’à l’étage, plus personne n’est assis. Et le message de « La Paix » clôt ce magnifique set. Aujourd’hui, c’est également l’anniversaire d’Amadou, auquel la foule va lui réserver un vibrant ‘happy birthday’…

(Organisation : AB + UBU)

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