Winter adults only ?

Winter, une artiste issue de la nouvelle génération de shoegaze, a annoncé la sortie de son nouvel album, « Adult Romantix », prévue pour le 22 août via son nouveau label Winspear. Cet elpee, inspiré par des textes de la période romantique comme…

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Le parfum de vie de Goudi

Pierre Goudesone, alias Goudi, trace son chemin musical depuis la fin des années 80. Après s’être fait connaître en compagnie des groupes Flesh & Fell et Speaking T, il poursuit aujourd’hui une carrière solo. Son univers musical riche et profond l’a conduit à…

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Grian Chatten, Carlos O'Connell & Tom Coll

L’homme immortel de Peaky Blinders

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La bande originale officielle de Peaky Blinders, « The Immortal Man », le film du créateur de la série Steven Knight, sortira le 6 mars. Parallèlement à cette annonce, le premier single officiel « Puppet » de Grian Chatten, Antony Genn et Martin Slattery est désormais disponible.

« Puppet » est un morceau post-rock atmosphérique qui capture, avec des nuances sombres, le poids psychologique de l'univers de Peaky Blinders. Le single a été écrit et enregistré par Grian Chatten en collaboration avec Antony Genn et Martin Slattery, compositeurs et collaborateurs de longue date de Peaky Blinders, marquant ainsi un nouveau chapitre puissant dans l'héritage musical célèbre de la série.

La bande originale comprend 36 titres au total, dont 5 nouveaux enregistrements originaux, comprenant des chansons nouvellement commandées et une partition originale complète. Antony Genn et Martin Slattery, collaborateurs de longue date de Peaky Blinders, reviennent pour composer la bande originale du film, tandis qu'Amy Taylor d'Amyl & the Sniffers et Grian Chatten, Carlos O'Connell et Tom Coll apportent de nouveaux enregistrements puissants qui enrichissent la palette sonore de Peaky Blinders.

Outre les morceaux originaux, la bande originale comprend une sélection de titres d'artistes qui ont contribué à définir le son de Peaky Blinders, notamment Nick Cave, Lankum et McLusky. Parmi les morceaux phares, on trouve une nouvelle version de « Red Right Hand » de Nick Cave, la collaboration de Grian Chatten avec Lankum sur « Hunting The Wren (The Immortal Man version) » et deux reprises significatives de Massive Attack, l'une par Grian Chatten, l'autre par Girl In The Year Above.

Le single « Puppet » est disponible

 

Reinhard Vanbergen & Charlotte Caluwaerts

L’allégeance à Reinhard Vanbergen et Charlotte Caluwaerts

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"We Belong" annonce un nouvel album de la série “Inspired by”. Dans le passé Vanbergen et sa compagne de route Charlotte Caluwaerts se sont inspirés de divers artistes tels que Michaël Borremans, Kobe Desramaults, Diana Monkhorst, Zoro Feigl, Painting VR et Guttlin Guitars. Pour “Circle Back” leur septième elpee, qui fait partie de la collection “Inspired By”, ils ont puisé leur inspiration chez Kadir Ferati Balci

Balci a sélectionné de courts fragments de son travail, les transformant en une sorte de résumé visuel de son œuvre, qui s’étend des films aux documentaires. Il a ajouté une dimension supplémentaire à ces fragments, en inversant certaines parties et en présentant le tout dans une sorte de mouvement circulaire.

La collaboration entre Caluwaerts, Vanbergen et Balci n'est pas nouvelle. Le duo a ainsi déjà contribué à plusieurs projets musicaux réalisés par Balci.

Mais cette fois-ci, la musique ne devait pas être fonctionnelle, comme c'était le cas lors des coopérations précédentes (docu sur Stefan Hertmans, la série "Een Goed Jaar", la série "Storm Lara").

Dans le cas de "Circle Back", la musique est un monde en soi. Le contraste rend les images plutôt contemplatives, ce qui correspond bien à la réflexion de Balci sur son travail précédent. Le titre "Circle Back" n'aurait pas pu être mieux trouvé.

Autrefois Vanbergen a obtenu un diplôme de violoniste de jazz au Conservatoire de Gand. Et cela se ressent sur ce disque pour lequel il s’est entouré des meilleurs mucisiens belges, Dré Pallemaerts et Lara Rosseel, à la batterie et à la contrebasse, ainsi que, bien évidemment, Charlotte Caluwaerts qui ne manque pas de montrer à quel point sa palette s'est élargie au fil des années.

8 titres de jazz accompagnés chacun d'un clip de Kadir Ferati Balci, avec une séquence cachée, des sons psychédéliques et des paroles aliénantes, contemplatives et philosophiques. Une expérience réussie dont "We belong" se situe bien au milieu de toutes les atmosphères offertes par ce disque.

Pour découvrir la vidéo de « We belong », c’est ici

Arlo Parks

On en aurait voulu davantage…

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Anaïs Oluwatoyin Estelle Marinho, aka Arlo Parks, a grandi à Hammersmith, dans l'ouest de Londres. Ses origines sont pourtant nigérianes, tchadiennes et françaises. Née à Paris, sa mère lui appris à parler le français avant l’anglais. Enfant, elle écrit des nouvelles où elle imagine des mondes fantastiques, puis commence à écrire son journal intime et à s'intéresser à la poésie orale. Elle lit et aime interpréter les textes de poètes américains comme Allen Ginsberg, Chet Baker ou Jim Morrison. Elle avait l’intention d’étudier la littérature anglaise à l’université, mais c’est la musique qui l’a conquise. Son dernier elpee, « My soft machine », est paru en mai dernier. Elle se produisait ce vendredi 15 septembre à l’Ancienne Belgique, et le concert est sold out.

Le supporting act est assuré par Vagabon, une amie d’Arlo. Elles voyagent d’ailleurs dans le même bus pour cette tournée. En arrivant à 19h30, votre serviteur constate que le balcon est occupé par une majorité de quinquas et de quadras alors que la fosse réunit un public plus jeune…

D’origine camerounaise, Laetitia Tamko, aka Vagabon, est une auteure-compositrice-interprète établie à New York. Pour enregistrer son dernier opus, « Sorry I Haven’t Called », qui sort demain, elle a reçu le concours de l’ex-Vampire Weekend, Rostam Batmanglij ; ce qui lui a permis d’approfondir le processus d'écriture et d'enregistrement. C’est cet LP, au cours duquel elle est en recherche perpétuelle du bonheur, qu’elle va défendre, ce soir. Elle y tisse des chansons authentiques et vulnérables qui ne peuvent être amplifiées que par ses performances en ‘live’…

Elle est seule sur le podium et se sert d’un synthé, de samples (NDR : même les percus et la ligne de basse sont échantillonnés) et, à une seule reprise, d’une guitare. Elle est vêtue de rouge. Ses cheveux sont frisés en couettes. Derrière elle, dans la pénombre, on remarque la présence d’un miroir qui permet de la découvrir de dos.

Le set s’ouvre par « Do Your Worst », une compo au cours de laquelle elle demande des comptes à un partenaire un peu mou.

Caractérisé par sa superbe harmonie vocale, la chanson, plutôt cool, s’achève dans une forme de r&b classieux. « You Know How » invite la jeunesse sur le dancefloor. Tout comme l’entraînant et épatant « Lexicon ». Pas de trace cependant du sautillant et printanier, « Can I Talk My Shit ? » …

Setlist : « Do Your Worst, « Every Woman », « Lexicon », « Autobahn », « Water Me Down », « Made Out with Your Best Friend », « Carpenter »

A 21h00 pile, la lumière de la salle principale s'éteint une seconde fois, puis une vidéo est projetée alors que les musicos grimpent sur le podium. Soit un bassiste, une claviériste, un guitariste/claviériste et un drummer, qui s’installent chacun sur une estrade. Arlo dispose des ¾ de la scène pour se déhancher, déambuler ou bondir.

Coupés à la brosse, ses cheveux sont teintés de couleur orange. Chaussées de baskets blanches, elle a enfilé un tee-shirt mauve sur un pantacourt à pattes d’éph’ flottantes…

« Bruiseless » entame le show. La voix d’Arlo est suave, douce et chaleureuse. Paisible en version studio, le titre devient nerveux en ‘live’. Très relax, elle interagit régulièrement mais timidement et pudiquement avec le public. Lorsqu’elle susurre ses mots, on doit tendre l’oreille. Mais lorsqu’elle chante, sa voix prend une autre dimension.

Quand elle entame « Blades », des applaudissements enthousiastes se répandent dans la salle. Manifestement, elle bénéficie d’un a priori favorable de la part de l’auditoire. Certaines compos véhiculent des accents légèrement psychédéliques ou funky, ce qui s'avère être l'une de ses forces sur les planches. Les musicos affichent une parfaite cohésion. Le guitariste et le bassiste troquent régulièrement leurs instruments. Mais parfois, l’instrumentation menace de noyer le chant, même si ce déséquilibre correspond également à l’atmosphère du concert. Pendant « Caroline », on a l'impression de flotter à quelques centimètres au-dessus du sol, mais « Impurities » nous remet les pieds sur terre, avant que des sonorités électroniques, qui semblent venir d'un autre univers, émergent, mais sans perdre la douceur et la familiarité que l'on associe à la chanteuse. Elle parvient à parfaitement coordonner les titres de ses deux elpees. Pendant « Eugene », les premiers rangs chantent à pleins poumons, tandis que le reste du public paraît enchanté par la jeune artiste de vingt-trois ans. Elle se sent à l’aise au milieu de son auditoire ; enfin c’est l’impression qu’elle donne. « Pegasus » est interprété sans Phoebe Bridgers. Arlo ne cache pas que la santé mentale est un thème important pour celle-ci lors de ses concerts. Dans ses chansons, elle raconte également son quotidien d'adolescente, la solitude, ses relations et sa quête d'identité. « Black Dog » et « Hope » offrent des câlins serrés lors des jours difficiles et apportent un peu de soutien à ceux qui en ont besoin. En fin de parcours, dans la fosse, le public commence à esquisser l’un ou l’autre pas de danse. « Devotion » révèle une facette légèrement différente d’Arlo, alors que se distinguant par son outro intéressante, « Softly », qui clôt la prestation, récolte un franc succès. Mais finalement la foule semble déçue… que le concert n’ait pas eu un prolongement plus conséquent. Faut dire que pour nous entraîner dans son univers onirique insulaire, fruit d’un cocktail de pop, de soul et de r&b qui impressionne par son élégance et sa maturité, Arlo Parks a enchaîné 17 titres en seulement 75 minutes…  

Setlist : « Bruiseless », « Weightless », « Blades », « Caroline », « Impurities », « I’m Sorry », « Eugene », « Dog Rose », « Pegasus », « Hurt », « Too Good », « Black Dog », « Purple Phase », « Hope », « Sophie », « Devotion ».

Rappel : « Softly »

(Organisation : Live Nation)

Lou Barlow

Reason to live

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Pionnier de la lo-fi, Lou Barlow est ou a été impliqué chez Deep Wound, Dinosaur Jr., Sebadoh et The Folk Implosion. Et puis, il y a sa carrière solo, parfois déclinée sous le patronyme Sentridoh, dont il nous propose son nouvel opus, « Reason to live ».

Essentiellement acoustique, cet LP en revient à la formule folk lo-fi. Une œuvre au cours de laquelle il livre un témoignage sur le pouvoir de l’amour pour changer la vie, mais aussi traduit sur ses angoisses à propos de l’état du monde. Mais pour la première fois, Lou semble être parvenu à relier sa vie familiale à celle de musicien. Ce qui explique pourquoi ses compos baignent ici au sein d’un climat fondamentalement optimiste.

Découpé en 17 pistes, « Reason to live » nous réserve cependant quelques perles. A l’instar de l’hymne « In my arms », de l’élégant « Why can’t it wait », du sautillant « Love intervene », d’un « Act of faith » hanté par Bert Jansch et de « Cold one », par le Led Zeppelin du troisième elpee. Plage la plus électrique (en seconde partie), « Thirsty » se distingue par la présence d’un synthé et d’harmonies vocales réminiscentes des Moody blues…

Charlotte Dos Santos

Trop artificiel…

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Charlotte Dos Santos se qualifie elle-même de nomade brésilo-norvégienne, puisqu’elle puise ses origines au sein de ces deux patries. Un métissage qui lui a apparemment inoculé la bougeotte, puisqu’elle a préféré les Etats-Unis à l’Europe ou à l’Amérique Latine. C’est en effet à New York –au Berklee College Of Music plus précisément– qu’elle a reçu une formation de chanteuse, compositrice et arrangeuse. Il lui a suffi d’un seul album pour faire chavirer le cœur de la critique musicale internationale, un disque de soul/jazz groovy intitulé « Cléo » et paru en 2017, sur le label Fresh Selects. Et « Harvest Time », un Ep 5 titres, sort ce 13/03/2019.

Aaron Taylor assure le supporting act. Un chanteur black légèrement grisonnant et barbu (NDR : donc sympathique). Il est 19h50 et il n’y a que 5 spectateurs dans la salle. Heureusement, l’ABClub va se remplir progressivement pour être comble vers 20h15. Aaron se produit seul en s’accompagnant au synthé qui reproduit cuivres, basse et guitare. Atmosphérique, capable de monter dans les aigus ou descendre dans les graves, sa voix est superbe. Il invite le public à le suivre dans ses envolées vocales, mais l’absence de véritables musicos gâche la prestation…

Setlist : « Tack », « Jaded », « You’Re The Reason Why », « Blue », « Shooting Star», « Redbone ( Gambino) », « I Thing I Love You Again », « Lesson Learnt », « Spaceship ».

Place ensuite à Charlotte Dos Santos. Même topo, elle est seule sur les planches et s’installe derrière son  synthétiseur. Elle est vêtue d’un ensemble pantalon blanc et body en dentelle blanche à mi-épaule. Elle signale qu’il s’agit de la première fois qu’elle se produit en Belgique et semble en être ravie. Il n’y a pas de setlist, mais elle va nous réserver plusieurs morceaux issus de son dernier Ep, dont le très cool « Josef ». La tessiture de sa voix est superbe, mais un peu trop monocorde. Si bien qu’après quelques minutes, le set commence à patiner. Et au bout des 60’ de concert, c’est un sentiment de déception qui envahit votre serviteur. Je me répète, mais si l’artiste avait osé s’entourer de véritables musiciens, le résultat aurait été totalement différent. La musique, c’est le fruit d’une création, une forme d’art, et pas seulement la reproduction de sonorités par l’entremise d’une machine…

(Organisation : Ancienne Belgique)

The Parlotones

China

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Cette formation sud-africaine notoire compte plus de 20 ans d’existence et profite de l’occasion (rêvée ?) pour publier un double album. Intitulé « China », c’est un parfait manifeste d’indie-pop hautement dosé en lyrisme et mélodies addictives. Véritables stars locales –le chanteur, Kahn Morbee, est juré au sein de la version locale de ‘The Voice’– les musicos ne semblent pas souffrir d’une crise d’inspiration, même si en 25 morceaux, on frise l’indigestion. Influencée autant par R.E.M. que les Smiths, mais aussi plus que probablement Coldplay, la musique de ce combo affiche d’indéniables qualités. Et ce « China » en est une nouvelle illustration, l’opus recèle quelques pépites pop dont le hit en puissance « Antidote » ou le déchirant « Like Dynamite ». « China » est un label manifestement ‘Made in South Africa’…

Charlotte

Force et Amour

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Charlotte est la fille de deux personnalités qui sont parvenues à se faire une place dans le monde très fermé du show business alors que pratiquement tout le monde les a oubliées (ou presque).

Qui sont-elles ? Muriel Dacq (Tropique) et Alec Mansion (Léopold Nord & vous) qui ont vendu près de deux millions de disques au cours des années 80. Qui peut se targuer aujourd’hui de pouvoir réaliser une telle prouesse ?

Nouvelle voix dans le paysage musical belge donc, la demoiselle évoque Lana Del Rey tant dans le mysticisme qu’à travers l'esthétique, les vidéos, le style vestimentaire et (accessoirement) musical.

Intitulé « Force et Amour », son elpee est plutôt réussi. L’essentiel des ingrédients sont réunis : un soupçon d’électro, une voix suave susceptible de vous flanquer des frissons partout (NDR : la plage d’ouverture vaut à elle seule le détour), des titres courts et des refrains que l’on aimerait revivre en boucle…

Ses quatre premiers singles « Pars », « Ta peau », « Fuis » et « Je plane » ont été largement diffusés sur les ondes radiophoniques et ont suscité une franche curiosité chez les auditeurs.

Sur fond de dream/pop, cet opus est un condensé d’émotions fulgurantes et intransigeantes entre rêve et réalité. Quelque chose de positif avec un spectre plus dark à la fois.

Les textes sont écrits en français et racontent de vraies histoires engageantes et faussement légères. Elle s’épanche sur des amours passionnément envoûtants lorsqu’elle n’aborde pas l’individualisme ou la collectivité (« Nous sommes ») à travers le prisme des yeux d’une jeune fille de son époque.

Elle aime aussi (se) raconter sur des sujets plus personnels « Ta peau », titre qui dépeint une relation de couple fragile et fusionnelle à la fois. Charlotte est une toute jeune femme qui déborde d’idéaux alors que les séparations et les divorces n’ont jamais enregistré un tel boom aujourd’hui. Paradoxe quand tu nous tiens…

Si vous aimez l’univers d’un certain Daughter, groupe de shoegazing britannique, drivé par Elena Tonra, vous devriez succomber à l’expression sonore libérée par cet LP.

Bref, de l’amour il y a, sans aucun doute. De la force, un peu moins, en tout cas dans le sens primitif du terme. Si ce n’est alors de la force de persuasion. Ou la force de l’amour ?

The Warlocks

Un trip psychédélique propice à l'envoûtement...

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Le Dead Combo ouvre les concerts de la nouvelle tournée des Warlocks ; et l'idée n'est finalement pas saugrenue, car le duo ne manque pas d'humour. Lorsque To Trips monte sur les planches, il n'y a pas trente âmes dans la Rotonde. Ce qui ne l'empêche pas de faire le pitre. Il commence par décapsuler quelques bouteilles de bière à l'aide de ses dents, en distribue l'une ou l'autre entre quelques singles, souhaite un joyeux anniversaire un tantinet paillard à la bassiste des Warlocks, alors présente dans la salle, puis teste le balancier de son pied de micro comme un boxeur qui tente d'esquiver les coups. Ce qui permet déjà à ce sosie de Dave Grohl (NDR : il a même les bras entièrement tatoués) de déclencher l'hilarité générale. Il décline sa nationalité finlandaise à plusieurs reprises, joue quelques notes de guitare, puis conclut qu'il s'agissait du premier morceau du set. C'est le moment choisi par son compère pour entrer en scène, armé d'une seconde gratte. Un musicien qui répond au nom de Pedro V. Gonçalves. Probablement un Portugais que To a rencontré à Lisbonne en 2003. Ce dernier se charge, en outre, des programmations à l'aide d'un PC portable. En plus de jouer de la six cordes et de s'assurer les parties vocales, le Finnois se réserve les claviers. Et le concert de démarrer, dans un style qui évoque tantôt Jesus & Mary Chain, tantôt Suicide ; le timbre de To campant un hybride entre Iggy Pop et Jim Morrison. Particulièrement allumé, To brise son micro sans fil. Il en revient donc au traditionnel qui tombe à nouveau en panne, après quelques minutes. Une comédie burlesque qui ne dénature par pour autant le set très efficace de Dead Combo à qui on reprochera peut-être une certaine linéarité dans le ton et puis parfois des compos qui ne semblent pas achevées. N'empêche ce duo est à revoir et surtout à suivre du coin de l'oreille.

Lorsque les Warlocks montent sur scène, on peut évaluer l'assistance à 200 personnes. Le line up dispose toujours de deux batteurs, mais il a subi quelques changements. Et tout d'abord aux drums, puisque si Jason Anchondo est toujours bien présent, Bob Mustachio a pris le relais de Dany Hole. Mais les modifications les plus marquantes procèdent sans doute du départ d'un des quatre gratteurs (Jeff Levits) et du remplacement de Bobby Martinez par Jenny Fraser à la basse. Les trois autres guitaristes sont toujours bien au poste ; soit JC Rees, le soliste Corey Lee Granet et le leader/chanteur/compositeur Bobby Hecksher. Sans oublier la claviériste Laura Grisby. Pour vous y retrouver, ils sont sept ! Première constatation, Bobby Hecksher et surtout Corey possèdent une panoplie de pédales de distorsion particulièrement impressionnante. Et puis la bassiste est très sexy. Plutôt jolie aussi, par ailleurs. En outre, le set bénéficie du concours d'un créateur visuel issu de la vieille école, dont les projections sont partagées entre images érotiques et expressions de la souffrance humaine. Nonobstant un dernier opus plus noisy que psyché, les Warlocks nous ont entraîné dans un trip psychédélique, cosmique, ténébreux, hallucinatoire, propice à l'envoûtement. Un voyage au cours duquel l'électricité ondoie, oscille, se consume, scintille. Seule, la voix nasillarde, gémissante de Bobby semble flotter sur cet éther sonique. Peu de titres du dernier opus, mais un éventail assez large de la discographie du groupe (voir ci-dessous). En rappel la formation va tout d'abord nous dispenser un medley partagé entre le très 'curiste' « Song for Nico » et « Inside/Outside », avant de clôturer le spectacle par une compo assez époustouflante de ce qui pourrait bien être leur « Suicide note ». C'est à cet instant qu'on s'est rendu compte de la complémentarité des drummers. Ils jouent en parfaite synchro. Un gaucher et un droitier. Et leur matos est disposé en miroir. Ce qui confère une profondeur assez particulière au rythme. Ce sont d'ailleurs eux qui vont terminer le set par un morceau digne de l'apogée d'Iron Butterfly (In-A-Gadda-Da-Vida ?). D'autant que bien soutenu par Bobby et JC, Corey va torturer son manche comme le faisait si bien un certain Erik Braunn. Une claque !

Set list :

"Isolation"

"Isolation"

"Warhorses"

"Come save us"

"Star Power"

"Thurday's radiation"

"Above earth"

"Red rooster/Hurricane heart attack"

"Caveman"

"Stickman blues"

"Cosmic letdown"

Rappel :

"Song for Nico – Inside/Outside"

"Suicide note" ?

 

Charlotte

Il est aujourd’hui beaucoup plus difficile de se forger un nom qu’un prénom…

Écrit par

Déjà 11 années que le superbe parc du château d’Enghien accueille le LaSemo, un festival on ne peut plus iconoclaste puisqu’il mêle musiques, arts et cultures.
A l’affiche, une toute jeune artiste au doux nom de Charlotte, fruit légitime de Muriel Dacq et d’Alec Mansion, y est programmée, cette année…
Nouvelle voix dans le paysage musical belge, elle évoque Lana Del Rey même si elle réfute cette filiation un peu impromptue selon elle.
Elle a débuté dans le monde de la danse aux côtés de sa sœur Betty. Cap ensuite vers Paris pour y suivre les cours ‘Florent’ et enfin terminer sa course artistique effrénée dans la chanson où elle s’y sent plus à l’aise.
La donzelle se produit sur la scène de la Guinguette, un espace farfelu dont le décor est constitué de vieilles caisses en bois, à l’image d’une bibliothèque géante un peu vieillotte.
Peu prolixe, atteinte d’une timidité maladive, mais touchante derrière ses grands yeux bleus azur, elle se dévoile sereinement et calmement aux lecteurs de Musiczine.

Charlotte, tu es la fille de Muriel Dacq et d’Alec Mansion. Tes parents ont vendu près de deux millions de disques à eux deux, au cours des années 80. Deux questions viennent immédiatement à l’esprit. Premièrement, avoir choisi un nom de scène aussi passe-partout n’est-il pas en soi une manière de manifester sa neutralité ? Secundo, comment perçois-tu le fait d’être ‘la fille de’ ?

Je vais répondre aux deux questions en même temps. J’ai volontairement omis mon patronyme parce que l’univers dans lequel je navigue m’est propre. Rien à voir avec celui de mes parents ! Je me suis créé une véritable identité musicale. Et puis, je voulais vraiment que l’on me considère comme ‘Charlotte’ et non pas comme ‘Mansion, la fille de l’autre’. Contrairement à ce que la masse populaire peut penser, il est aujourd’hui beaucoup plus difficile de se forger un nom qu’un prénom. Depuis toute petite, je sais que si je veux me faire une place au soleil, cet objectif viendra davantage du fruit de mon travail que via un piston.

Est-il vrai que tes parents t’ont toujours déconseillée de te lancer dans un milieu où on ne se fait pas de cadeaux ?

C’est exact ! Je dois t’avouer qu’adolescente, le monde du show-business m’angoissait terriblement. Je n’avais pas du tout envie d’y mettre les pieds. Je n’y percevais que de l’hypocrisie. Aujourd’hui, je conçois les choses différemment. Cet univers me semble beaucoup plus supportable. 

Généralement, les parents poussent pourtant leur rejeton à poursuivre leurs rêves non ?

En ce qui me concerne, je ne me pose pas trop de questions. Les événements évoluent naturellement. C’est le destin ! J’ai passé du temps à faire mûrir mon projet. Je suis assez fière du résultat. Je pense que c’est mieux ainsi au final…

On te sent très proche de Lana Del Rey, tant à travers l'esthétique, les vidéos que dans les styles vestimentaires et musicaux. Que t’inspire cette artiste ?

C’est totalement involontaire de ma part ! Je dois t’avouer que je ne suis pas énormément son parcours. Je ne l’ai découverte que récemment en concert. La photo qui a été utilisée pour la promotion ressemble fort à sa pochette, c’est vrai. C’est tout à fait involontaire. Mais, être comparée à cette artiste me procure énormément de plaisir, évidemment (rires).

La chorégraphie « Pars » a été imaginée par ta soeur (Betty Mansion). Est-ce un atout de bosser en compagnie de ses proches ?

Travailler en compagnie de tes proches appartient à la philosophie d’une génération nouvelle. Je suis très heureuse d’avoir pu collaborer avec ma sœur parce que nous avons fait de la danse ensemble durant des années. Elle était tellement convaincante dans ce secteur que j’ai préféré m’éclipser afin de me concentrer sur d’autres créneaux. Elle a assuré la chorégraphie du clip.

La concentration et la substance semblent importantes pour toi. On te sent très perfectionniste dans l’âme. Dans ce métier, certaines personnes abordent leur rôle avec beaucoup de légèreté, sans que cette perspective ne puisse pourtant poser problème. N’as-tu pas l’impression de t’emprisonner dans un personnage qui n’est peut être pas le tien ?

Il est extrêmement difficile de se démarquer de nos jours. J’ai préféré choisir une ligne de conduite plutôt classique. Mais, je souhaite développer mon image à l’avenir. Je n’ai pas l’intention de rester toute ma vie vêtue d’une robe blanche !

Les textes sont écrits en français et traitent d'amour passionné et envoûtant. Tu es une toute jeune femme qui déborde d’idéaux. Les séparations et les divorces n’ont jamais eu aussi la cote aujourd’hui. N’y vois-tu pas là dedans un certain paradoxe ?

Ce dont je parle justement dans mes textes, ce sont les moment très difficiles que j’ai vus ou moi-même vécus. C’est en quelque sorte une thérapie. Analyser le passé pour mieux l’affronter. J’espère aussi que d’autres personnes trouveront à travers mes chansons une caisse de résonance afin qu’elles se sentent moins seules et puissent poser un regard extérieur sur ce qu’elles vivent pour mieux les vivre.

Tu as collaboré avec Alex Germys. Il a un talent indéniable, un physique attrayant et un cerveau bien rempli ; bref, il a tout pour plaire. Peux-tu m’en dire davantage sur cette rencontre ?

Alex Germys est mon manager ! Il joue aussi un peu le rôle de directeur artistique sur le projet. Je ne le connaissais pas, à la base. Je suis très heureuse de travailler avec lui. Il m’apporte énormément. J’espère que notre coopération va durer (rires).

Certains admettent que la mouvance electro/pop – dream/pop dresse un pont entre les musiques du passé et une véritable modernité. Imagines-tu qu’elle puisse être perçue, comme le fossoyeur du rock’n’roll ?

Je ne sais pas quoi répondre… Je pense que nous sommes dans une période où il y a un vivier de nouveaux artistes et a fortiori un contenu intéressant. A l’époque, je voyais par exemple mon père fort tracassé lorsque les téléchargements illégaux ont commencé à pulluler sur le net. Aujourd’hui, c’est un peu plus contrôlé. Les plates-formes de streaming comme Spotify offrent un avantage double. L’utilisateur y trouve un catalogue presque infini et l’artiste est rétribué, ce qui le rend moins anxiogène.

Tu es d’origine namuroise. Les étrangers parviennent difficilement à comprendre ce qu’est la belgitude. Pourtant certains artistes s’y sont relativement décomplexés. Je pense notamment à The Experimental Tropic Blues Band, lorsqu’il a imaginé sont concept/concert ‘The Belgians’. Tes chansons respectent une forme plus traditionnelle. Elles sont donc plus exportables en quelque sorte…

Je fais ce que j’ai envie de faire ! Jamais, je n’ai réfléchi une seule seconde à l’aspect purement marketing. Le mois dernier, j’ai participé aux Francos de Montréal. Le public scandait mon nom durant la prestation alors qu’il ne me connaissait pas. La musique peut constituer un prisme génial, même à des kilomètres à la ronde. Je ne suis pas formatée. C’est en concert que je me rend compte si mes chansons impactent ou pas...

Interview réalisée le samedi 7 juillet 2018, dans le cadre du festival LaSemo.

 

Charlotte Gainsbourg

Rest

Écrit par

Charlotte Gainsbourg appartient à cette catégorie d’artistes qui soit parvenue à vivre à travers l’ombre de leurs parents.

Fille de l’union entre l’homme à la tête de chou et Jane Birkin, elle s’impose depuis les années 2000, grâce à la crème de la crème du moment.

On se souviendra notamment du très hypnotique « 5:55 », produit par le duo electro Air, en 2006, pile poil deux décennies après avoir publié « Charlotte for Ever », premier album de la chanteuse composé par le paternel ; un opus qui recèle le sulfureux « Lemon Incest » (paru aussi une première fois, en 1984, sur « Love on the Beat »).

Sans oublier « IRM », pour lequel elle avait reçu le concours de Beck, un opus gravé trois années plus tard. Tout comme pour « Stage Whisper ». Tombé dans les bacs, fin 2011, ce double elpee réunissait 11 anciens titres en version ‘live’ et 8 originaux.

Miss G. n’avait osé jusqu’alors se frotter à la langue de Verlaine, préférant s’assurer dans une zone de confort, en empruntant la langue de maman.

Changement de direction ici, puisque la majorité des compositions sont interprétées en français. Hormis les refrains, en anglais.

Ce mélange idiomatique communique une touche très ‘frenchy’ aux compos et reflète l’audace à laquelle se sont livrés les géniteurs de ce disque.

Enregistré à New York, ce bébé d’une série que l’on espère encore longue a été mis en forme majoritairement par un DJ, compositeur et producteur parisien, répondant au nom de SebastiAn.

Le poulain de l’écurie électro Ed Banger est ainsi parvenu à réinventer un genre en lui apportant autant de chaleur que de délicatesse. Si certains producteurs se seraient contentés d’appauvrir le format des compos en leur injectant une forme froide et industrielle, sa patte très caractéristique confère à l’ensemble un univers très aérien.  En outre, elles adoptent également une vision organique grâce au concours de Vincent Taeger (Poni Hoax) et du multi-instrumentiste Emile Sornin (Forever Pavot).

En parcourant les onze plages, l’auditeur navigue entre deux eaux, tantôt empreintes d’une nostalgie profonde dans laquelle on aime se napper. A l’instar de « Dans vos airs » et « Les crocodiles ». Ou se révèlent nettement plus dansantes, comme « Sylvie Says » ou de « Deadly Valentine ».

Puissant, l’opus laisse planer l’ombre du padre « Lying With You » ou de sa sœur, « Kate », disparue tragiquement en 2013…

Cerise sur le gâteau, sa petite Alice s’y colle au détour d’une plage cachée dans laquelle elle s’amuse véritablement à pousser la chansonnette sur l'air de « Twinkle Little Star ».

Bref, Dame Gainsbourg parle avec justesse et sincérité dans une œuvre intimiste et déchirante et nous réserve là le plus joli cadeau de toute sa carrière.

Marlon Williams

Bouleversant, sur fond de rupture…

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Néo-zélandais, Marlon Williams pratiquerait une forme de country torch folk. En fait, un cocktail entre country, bluegrass et americana. Ce n'est pourtant pas le fils de Hank, même si –en général– il est coiffé d’un chapeau de cow-boy. En 2016, il avait accordé une interview à Musiczine (NDR : à relire ici), après son concert accordé au Huis 123. « Make Way for Love », son deuxième opus, est paru en février 2018. Il fait suite à un éponyme, gravé en 2015 (NDR : chronique à redécouvrir ). Ce soir, ce spécialiste du picking à deux doigts se produit à l’ABClub, et le concert est soldout.

C’est un de ses vieux complices, Delaney Davidson, qui assure le supporting act. Cool, il a ce qu’on appelle communément une bonne bouille. Pas étonnant que le public féminin soit charmé par ce quadragénaire. Et sa voix de crooner n’y est pas non plus étrangère. Il est seul, armé d’une gratte semi-acoustique, et va se servir d’une loop station ainsi que d’un micro américain. Il ouvre le show par « Strange I Know », après avoir fixé les tapotements de la caisse de sa guitare dans son looper pour les traduire en percus. Et manifestement, il est doué pour élaborer ses boucles. Les sonorités de sa gratte sont précieuses ou extrêmes. Il casse une corde lors du show. Pas de quoi le déstabiliser. Transformée par le micro américain, sa voix colle bien à cette musique, ce delta blues qui dévale des montagnes abruptes, escarpées et humides de la Nouvelle-Zélande. Particulièrement communicatif, Delaney nous livre, sans retenue, ses sentiments. Mais c’est lorsqu’il interprète « So Far Away  », un extrait de son nouvel elpee, qu’il va démontrer toute l’étendue de son talent. A revoir, c’est une certitude…

Sur l’estrade, il y a du matos haut de gamme, dont deux grattes semi-acoustiques, une Martin & Co et une Gibson. Elles appartiennent à Marlon Williams, qui débarque seul pour attaquer « Solo » (NDR : titre ad hoc !). Chaussé de baskets, il est vêtu d’un tee-shirt de couleur blanche et d’un pantalon de jogging de teinte bleue. Ce soir, il va nous proposer de larges extraits de son second long playing, « Make Way For Love ». Des compos écrites sur fond de rupture, car sa copine Aldous Harding, l’a quitté avant l’enregistrement de l’opus. Il est ensuite rejoint par un trio batterie/guitare/basse. « Come To Me » est une invitation à l’accompagner dans sa douloureuse introspection sentimentale, un morceau aux sonorités de gratte particulièrement subtiles. Après le blues immaculé « Beautiful Dress », « I Didn't Make A Plan » est troublé par des accords d’ivoires torturés, ténébreux, reflet d’un spleen d’une âme qui pleure. Une fragilité qui n’empêche pas la grâce. Tout au long de l’étrange « The Fire Of Love », on a l’impression de discerner des incantations mi-vaudoues, mi-veloutées. Pendant « Can’t I Call You » (Trad : Est-ce que je peux t’appeler ?), la frappe du drummer ressemble à des détonation d’arme à feu, alors que la ligne de basse est aussi tranchante qu’une lame de rasoir. La voix de Marlon remue les tripes. Il apparaît sous un autre jour, par rapport au premier LP, au cours duquel il n’étalait pas ses tourments amoureux. La mélodie de « What's Chasing You » est solide et accrocheuse, bien soulignée par la superbe voix de l’artiste. Précieuse, c’est en général elle qui crée seule les harmonies. Il ose une chanson signée Aldous, « Nobody Sees Me Like You Do », malgré la séparation. Avant la cover bouleversante du « Carried Away » de Barry Gibb. Marlon siège alors devant les ivoires et s’émerveille face aux aptitudes vocales manifestées par son bassiste. Il y a de quoi, car cette voix est remarquable. Delaney revient sur le podium pour accompagner la troupe pendant deux morceaux, dont un au cours duquel le gratteur va se consacrer au violon. Et en rappel, on aura droit à « Love Is a Terrible Thing » ainsi qu’à une sublime reprise de Screamin’ Jay Hawkins, « Portrait of a Man »…

(Organisation : Ancienne Belgique)

 

 

 

 

Marlon Williams

Marlon Williams

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Marlon Williams a grandi à Lyttelton, une petite ville néo-zélandaise qui compte 3 000 habitants. Sa mère était peintre et son père musicien. Chez lui, les disques de pop anglaise côtoyaient ceux de country ainsi que de musique traditionnelle maori. Dès sa plus tendre enfance, il a donc été plongé dans le bain. Il n'avait pour ainsi dire d'autre choix que d'opter pour une carrière artistique ; et c'est vers la musique que le jeune homme s'est porté. Dès l'âge de 17 ans, alors qu'il est toujours au lycée, il se fait remarquer en militant au sein d’un groupe baptisé The Unfaithful Ways, une formation qui connaît même un certain succès sur l'île. Quelques années plus tard, il forme un duo en compagnie d’un autre songwriter Delaney Davidson. C’est un compatriote. Ce n'est qu'en 2013, alors qu'il revient d'un voyage en Australie qu’il se lance en solo. Deux ans plus tard, à 24 ans seulement, Williams publie son premier opus. Eponyme, il décroche plusieurs prix dans son pays. Ce qui lui permet à Marlon de signer sur le label américain Dead Oceans (Kevin Morby, Phosphorescent, Destroyer), et lui offre une porte d’ouverture sur le Vieux Continent.

Sur ce premier opus solo, on retrouve toutes ses influences. Le long playing s'ouvre par "Hello Miss Lonesome", une ballade country enlevée qui nous entraîne sur les pistes du Far West. Certaines plages nous replongent au cœur des sixties, évoquant tour à tour les Beatles ou Gram Parsons. D’autres reflètent un certain goût pour l’éclectisme, mais tout en puisant ses références au sein d’un univers très spécifique : celui qui a marqué son adolescence. "Dark Child" constitue certainement la meilleure plage de cet LP. Williams chante d’une voix solennelle. Et subtils, les arrangements lorgnent carrément vers Timber Timbre.

Marlon possède un véritable talent de mélodiste. Chaque morceau recèle un certain potentiel. Il n’y manque peut-être encore qu’un peu d’originalité pour passer à la vitesse supérieure. Une chose est sûre, c’est un artiste à suivre...

 

Blues Karloff

Light and Shade

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Les vétérans du hard rockin' blues belge sont déjà de retour. Blues Karloff nous avait réservé un premier elpee explosif fin 2014, "Ready for Judgement day". La formule est identique. Le chanteur Alfie Falckenbach est toujours aux commandes. Et il est à nouveau soutenu par le drummer Georges Milikan, le multi-instrumentiste (bassiste surtout) Frans Ruzicka et le guitariste Paul Van Camp. Le line up s’est cependant enrichi d’un second gratteur, Thomas Vanhaute. Quelques invités ont participé aux sessions, qui se sont déroulées au studio Pyramide, à Beersel. Et c’est le leader qui assure la mise en forme. L’opus est découpé en 13 plages dont 5 sont originales. Une œuvre qui baigne parfaitement dans l'atmosphère du blues/rock anglais de la fin des sixties, début des seventies.

Signé Willie Dixon, "I ain't superstitious" est un classique enregistré à l'origine par Howlin’ Wolf. Jeff Beck en avait réalisé une adaptation personnalisée pour son Jeff Beck Group, en 1968. Caractérisée par la présence de Rod Stewart au chant, elle figure sur l’album "Truth". Imprimé sur un tempo rapide, la version de Blues Karloff est particulièrement dynamique. Shorty Paul nous réserve déjà une déflagration de cordes. Le climat est toujours aussi tempétueux tout au long du "Close together", de Jimmy Reed. Bien secondé par Thomas Vanhaute, Van Camp n'est pas prêt à desserrer l'étreinte. En béton, la section rythmique soutient impeccablement les solistes sur le "Love doctor" de Tom Hambridge, un excellent blues/rock. Le tempo marque une pause sur "Don't lie to me", une compo maison, au cours de laquelle Vanhaute s’autorise un bel envol. "Take these chains from my heart" est une chanson popularisée en son temps par Hank Williams et Ray Charles. La cover est suprenante. La reprise du "I'm a bluesman" d’Alfie et Shorty véhicule des accents tragiques. Le morceau démarre lentement avant de monter en puissance. La voix domine le sujet et Van Camp prend son billet de sortie. Blues Karloff nous réserve une version musclée et très personnalisée du "All over now" de Bobby Womack, un titre que les Stones avait traduit en hit. Bob Seeger avait écrit "Hey Gypsy" pour rendre hommage à Stevie Ray Vaughan. Et cette dédicace est respectée par nos blues rockers belges. Les deux gratteurs se partagent les envols. Plutôt léger, "Looking tired" est un autre titre issu de la plume de Jagger/Richards. Peu connu, il remonte à 1965. Ruzicka le sculpte dans les cordes acoustiques. Le long playing s’achève par une version détonante d’"Evil" de Willie Dixon, un classique qui était devenu un cheval de bataille dans le répertoire du légendaire Howlin’ Wolf. Et on n’en oubliera pas pour autant les compositions signées par Blues Karloff, dont le rythmé "Blackout blues", abordée dans un style proche de Status Quo. Puis le cool "Pills and booze", au cours de laquelle Frans siège derrière l’orgue, alors que la section rythmique, assurée par Uncle Opdebeeck, Dominique De Vos et Jeff Brown, met en orbite une sortie de cordes particulièrement enivrante ! Et enfin, "Don't tell me what to do", soulignée par la voix agressive d'Alfie. Excellent !

 

Marlon Williams

Du fingerpicking à deux doigts !

Marlon Williams n'est pas le fils de Hank. Pourtant, il est –en général– coiffé d’un chapeau de cow-boy. Et puis, sa musique baigne dans la country, le bluegrass et l’americana. Néo-zélandais, ce prodige est âgé de 25 ans. Il se produisait pour la première fois, en Belgique. Ce 18 janvier 2016. Au Huis 123 de l’AB. En acoustique. A l’issue du showcase, l’artiste a accepté d’accorder une interview à Musiczine.

Tu portes le même nom de famille que le célèbre musicien américain de country. Tu as des ancêtres communs ?

Oui. Enfin non. Plutôt oui et non. C'est le même patronyme. Ma famille a vécu au Pays de Galles, il y a 300 ans. Je suis sûr que si on retraçait mon arbre généalogique, on trouverait une connexion. Mais honnêtement, je n’en connais pas.

Tu es considéré comme un grand espoir de la musique country. En as-tu conscience ?

J'essaie de ne pas trop penser y penser. Quand tu commences à réfléchir à la place que tu mérites dans la musique, tu perds ta motivation. Il est préférable de te concentrer sur ce que tu composes et joues.

Depuis quand tu en joues ?

Depuis l’âge de 11 ans. Professionnellement, lors de ma dernière année passée au lycée, alors que j'avais 17/18 ans.

Est-il possible d’accomplir une carrière musicale en Nouvelle-Zélande ou est-il indispensable de s’expatrier pour se réaliser ?

Le pays ne compte que 4 millions d'habitants et est tellement loin de tout. Il faut trouver le juste milieu. Tu dois écumer les concerts pour garder la tête au-dessus de l'eau, mais pas trop au risque de saturer le marché. 

Tu viens d’entamer une tournée européenne. Elle est longue ?

Pour ce premier périple européen, il n’y a que quelques dates. Après Londres, je pars aux States. Puis je reviens en accorder trois autres en France. Et en avril, il est prévu une autre tournée sur le Vieux Continent qui transitera pas l’AB Club, le 16 avril, en compagnie d’un véritable groupe. On jouera du bluegrass.

Est-ce la première fois que tu te produis en Europe ?

Non, je suis venu à l’âge de 16 ans, en compagnie d’une chorale catholique. Nous chantions dans les cathédrales. En Europe de l’Est. On a ainsi vu du pays. Oui, c'est ma première tournée solo, en Europe.

Quelles sont tes sources d’inspiration ?

Elles sont multiples. J'ai du mal à dire ce qui me pousse à écrire ou jouer. Mais j'aime tellement chanter. Parfois une chanson qui ne me plaît pas est susceptible de m’inspirer. Ou encore un piètre instrumentiste. Tout simplement en réfléchissant à ce que je déteste. Il ne faut pas nécessairement écouter une musique de qualité pour détecter ce qu'on aime. En fait, il m'arrive de composer des chansons en m’inspirant d'autres que je n'apprécie pas, et je les adapte.

Quel est l’artiste ou le groupe qui t’a incité à te lancer dans la musique ?

Probablement les Beatles. Je suppose ne pas être le seul à le reconnaître, mais difficile d’imaginer un autre choix. J’ai baigné dans leur musique avant de trouver ma propre voie…

As-tu déjà pratiqué le rugby ?

Non, jamais.

Es-tu fan des All Blacks ?

Bien sûr, j'adore les regarder jouer.

Pourrais-tu réaliser une version du ‘haka’ en mode country ?

(Gros rires) Une version country du ‘haka’ ? Non je ne pense pas. Je n’ai d’ailleurs jamais tenté l’expérience.

Que penses-tu de Willy Moon et Pokey Lafarge, deux de tes compatriotes ?

Je ne connais pas personnellement Willy Moon, mais j’en ai déjà entendu parler. Il s’est établi à Londres depuis un bon bout de temps. Il n’est pas très connu en Nouvelle-Zélande, car il ne s’y est guère produit. Par contre, j’ai rencontré Pokey, à plusieurs reprises. Il a tourné avec ma copine dans mon pays et je l’ai croisé dans le cadre d’un festival à Winnipeg où on s’est bien amusés.

Tu as repris le « Silent Passage » de Bob Carpenter. Une raison ?  

J'ai découvert son album éponyme, il y a plus ou moins 4 ans. Il est conceptuel et te permet de te situer sur la carte musicale. La chanson a fortement influencé Midlake ; et perso, elle m’a carrément envoûtée. A cause de la manière dont elle a été enregistrée. De la voix. Des chœurs (NDR : ils sont assurés par Emmylou Harris et Anne Murray). Il fallait que je l’enregistre ; et si j’avais pu, j’aurais repris tous les morceaux de cette œuvre. Par simple plaisir personnel.

D'ou te viens cette technique du fingerpicking à l’aide de 2 doigts ?

C'est une bonne question. Par manque de capacité ou par paresse, peut-être. Avant de gratter de la guitare, j'écoutais du vieux blues. Tout en l’écoutant, j'essayais de retrouver l’air en me servant de deux doigts. Il y a 2 ou 3 ans, j’ai tenté d’en ajouter un troisième ; mais je ne suis pas parvenu à l’utiliser correctement. Ca n’a pas marché. J’aime la façon dont la ligne de basse tourne autour des sonorités de cordes. Tu as la mélodie et la basse s'inverse et tu commences à jouer la cinquième à la place de la première… C’est ainsi que cette technique est née !

 

Blues Karloff

Ready for Judgement day

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Si Blues Karloff replonge les nostalgiques, quarante années en arrière, il assène une véritable claque aux plus jeunes. A cause du dynamisme et de la puissance naturelle de leur musique. Il y a trois ans, le guitariste Fonzie Verdickt et le batteur Georges Milikan décident de monter un groupe. Mais la stabilité du line up ne remonte qu’à une bonne année. Il implique aujourd’hui le bassiste/harmoniciste Frans Ruzicka, le guitariste Paul ‘Shorty’ Van Camp et le chanteur Alfie Falckenbach. Les sessions d’enregistrement de "Ready for Judgement day" se sont déroulées au printemps dernier, au sein du studio Pyramide à Beersel. On pourrait imaginer le BK comme une synthèse de l'évolution du fameux British Blues Boom de la fin des sixties. Il avait ainsi mué en blues rock bien électrique, style que vont adopter les Rolling Stones originels, les Bluesbreakers de John Mayall, le Led Zeppelin, Jeff Beck, Chicken Shack ou encore Mountain, de l'autre côté de l'Atlantique.

Hormis "Mean ol' woman blues", cet opus se caractérise par son homogénéité. Il épingle la quintessence de cette époque, à travers des reprises, tout en retraçant l'histoire du blues. Depuis le mythique Robert Johnson, disparu en 1938, à Muddy Waters, en passant par Howlin' Wolf, John Lee Hooker, Albert King, BB King, Jimmy Reed, Slim Harpo, et j’en passe…

"Ready for Judgement day", c'est la contraction du "I'm ready", écrit par Willie Dixon et célébré par Muddy Waters, et de "If I had possession over judgement day" de Robert Johnson. Et ce "Who's who" du blues est revu au travers de la loupe du blues anglais de la grande époque. Nous pourrions citer toutes les plages. On se limitera aux plus réussies ou au plus singulières.

"Who's been talking" est une cover de Howlin' Wolf, le géant du Chicago blues. La puissance de feu est imparable. Alfie a la voix de l'emploi. Les interventions de grattes exécutées par Shorty et Fonzie sont décapantes. "Train kept a rollin'" a été composé à l'origine vers 1950 par Tiny Bradshaw, un spécialiste du rhythm & blues. Il est ici adapté à la manière des Yardbirds de la fin des 60s. Leur version avait été rebaptisée "Stroll on" et figure dans le film culte d'Antonioni, "Blow up". Le groupe apparaissait au club ‘Ricky Tick’. Et deux guitaristes exceptionnels étaient sur la même scène : Jeff Beck et Jimmy Page. Moins d'un an plus tard, les Yardbirds devenaient les New Yardbirds et enfin, Led Zeppelin. La cover du "Boom Boom" de John Lee Hooker est ma plage préférée. Blues Karloff en a réalisé une version bien personnelle. Falckenbach est en très grande forme. Il est même bien plus féroce que l'Animal Eric Burdon de 1964. Signé Booker T, "The hunter" avait été popularisé par Albert King. Rudy Pieters lui réserve un traitement personnalisé à l’aide de son orgue. "Better by you, better by me" n’est pas un véritable blues, mais un morceau que j’apprécie tout particulièrement. Il figurait en ouverture du remarquable elpee "Spooky Two" de Spooky Tooth, à l’époque où Mike Harrison et Gary Wright étaient encore réunis, pour nous choyer de leurs échanges vocaux extraordinaires. Alfie y excelle au chant. La version du "Shame shame shame" de Jimmy Reed est speedée. J’épinglerai encore le "Got love if you want it" de Slim Harpo, un titre qui figurait au répertoire des Rolling Stones, Pretty Things et Yardbirds, à leurs débuts, le "Neighbor neighbor" de Huey Meaux, que le Graham Bond Organisation, impliquant Jack Bruce et Ginger Baker, avait magnifié en 1965. "If I had possession over judgement day" met en exergue la section rythmique. Elle est en béton ! Et Milikan remet le couvert en tapant vigoureusement sur ses fûts, tout au long "Big boss man". Ce chouette moment de nostalgie, s’achève par le célèbre "Crossroad blues", peut-être comme Robert Johnson aurait pu le proposer, s'il avait encore vécu dans le Chicago des fifties! 

 

The Parlotones

Stand Like Giants

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En manque de grandiloquence ? Ruez-vous sur « Stand Like Giants », nouvel album des particulièrement horripilants Parlotones… Tout chez eux respire l’envie d’enflammer les stades mais ne comptez pas sur moi pour éteindre l’incendie critique que m’inspire cette musique pompière, car tout y passe : refrains épiques ridicules (« Stand Like Giants »), claviers 80’s mal sentis (« Shake it Up »), chœurs à la Linkin Park (« Sleepwalker »), effets vocaux lourdauds (« Spellbound »), simili-Keane (« Never Stand Alone »)… Les musicos de ce groupe sud-africain, issu de Johannesburg très exactement, sont d’ailleurs considérés comme des superstars chez eux. Ils ont ainsi été engagés pour figurer au générique de la cérémonie d’ouverture de la Coupe du Monde 2010, en compagnie des Black Eyed Peas et Shakira… ce qui n’est pas nécessairement bon signe. Les Parlotones ont également composé une pièce de théâtre rock (publiée en format 3D), mais produisent également du vin. Une dispersion des activités qui n’est pas davantage rassurante. Mais soyez rassurés, si cet album est sans grand intérêt, il devrait plaire aux des Killers, Keane et autres Coldplay…

 

Carlos Santana & John McLaughlin

Live at Montreux (Dvd)

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Carlos Santana et John McLaughlin sont deux monstres sacrés. Deux virtuoses de la guitare qui possèdent une technique exceptionnelle. Les artistes s'étaient déjà croisés en 1973, lors de l’enregistrement de "Love devotion surrender", pour rendre hommage à John Coltrane. Ils étaient également devenus des disciples du philosophe Chinmoy. Ce qui explique pourquoi, lors de cette fameuse réunion, ils étaient tout de blanc vêtus. Coïncidence ou pas, hormis le  pantalon et les chaussures de John, lorsqu’ils montent sur les planches du casino de Montreux, pour célébrer cette "Invitation à l'Illumination", c’est à nouveau cette couleur qui est à l’ordre du jour.

Nous sommes le 1er juillet 2011. Le line up réunit deux drummers, soit la féline Cindy Blackman (NDR : c’est l'épouse de Carlos) et Dennis Chambers (ex-Funkadelic et membre de Santana depuis 2003), deux bassistes, en l’occurrence le Camerounais Etienne M'Bappé, pour l’instant impliqué au sein du groupe de John MacLaughlin (NDR : sa longue carrière lui a, en outre, permis de jouer pour Jacques Higelin, Liane Foly, Catherine Lara et Joe Zawinul) ainsi que le Batave Benny Rietveld (NDR : né à Utrecht, il a transité par les backing groups de Miles Davis, John Lee Hooker et Santana). Aux claviers on retrouve le claviériste David K Matthews, un Californien qui a sévi chez Tower Power et l’Etta James Band. Sans oublier les musicos de Santana, soit le second gratteur Tommy Anthony et le percussionniste Paul Rekow, mais également Tony Lindsay et Andy Vargas, deux vocalistes invités à monter circonstanciellement sur l’estrade. 

Dès le début, on ressent une évidente complicité entre Carlos et John. Le plaisir de se retrouver en ‘live’ se lit sur leurs visages. Ils s'embarquent dans un medley amorcé par le "Peace on earth" de Carlos. Les interventions du natif d’Autlán de Navarro sont explosives. Et celles de la section rythmique, le sont tout autant. Le périple transite par le "A hard rain's a gonna fall" de Dylan, le "Stairway to heaven" de Led Zeppelin et le "SOCC" de Sun Ra.  McLaughlin est un sorcier des cordes. Un virtuose hors format. Pourtant, Santana lui tient la dragée haute. La formation passe en revue tous les maîtres du jazz rock moderne. Et notamment le "Right off" de Miles Davis. Au menu également deux morceaux du Lifetime de David Matthews. "Vuelta Abajo" tout d’abord qui met en exergue la prestation de la tigresse Cindy Blackman. Le "Vashkar" de Carla Bley, ensuite. Pour "The creator has a master plan" de Pharaoh Sanders, le collectif est au grand complet. Lorsque les deux guitaristes seuls, assis sur une chaise, adaptent le "Naima" de John Coltrane et l'hispanisant "Lotus land op47 n°1", l’émotion est palpable. Place ensuite au blues "Downstairs", une plage qui figurait au répertoire de Lightnin' Hopkins, et au cours de laquelle c’est la section rythmique qui fait la différence. En fin de parcours, Carlos est absolument divin lorsqu’il nous accorde le superbe "Let us go into the house of the Lord", un titre empreint d’une grande spiritualité. Lors du rappel, les musicos nous réservent encore "A love supreme", un titre de John Coltrane, le "Black satin" de Miles David, et enfin "Shake it up and go". Ce boogie qui bénéficie du concours de Claude Nobs, le patron de Montreux, à l'harmonica rend hommage à John Lee Hooker. Mémorable !

 

Orval Carlos Sibelius

Excellent, malgré un répertoire encore à étoffer…

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Axel Monneau, alias Orval Carlos Sibelius, a publié un album qui a fait l’unanimité auprès de la critique. Intitulé « Super Forma », ce disque lui a permis de sortir de l’anonymat. Cependant, malgré la couverture de plusieurs magazines musicaux, la Rotonde, ce soir, était à moitié vide. Multi-instrumentiste, Orval (authentique trappiste belge !) Carlos (comme le terroriste), Sibelius (Jean de son prénom, ce Finlandais était un illustre compositeur de musique classique) est de nationalité française. Il est même parisien !  

En live, l’artiste est flanqué d’un groupe. Une jeune fille se charge des claviers. Derrière les fûts, siège un barbu. Probablement un Brésilien. C’est du moins ce que son nom laisse supposer. Le line up est complété par un bassiste et un tromboniste vêtu d’un costard. Et le compte y est. Quant à Alex Monneau, accoutré d’une chemise aux motifs ‘galactiques’ surprenants, reproduisant l’artwork du dernier opus, il se plante au centre. Il empoigne sa guitare et commence le set par un morceau instrumental de plusieurs minutes. Une introduction psychédélique qui monte en un long crescendo conclu par une ligne magistrale de trombone. Superbe ! Mais ces quelques minutes d’échauffement ne suffisent pas pour que le public daigne de lever. Il s’exécutera donc, à la demande des musicos. Dès que les spectateurs sont sur leurs deux jambes, le concert peut réellement commencer. On a alors droit à plusieurs morceaux du dernier album, dont le superbe « Desintegracao ». La formation maîtrise parfaitement son sujet ; les compos de ce récent elpee sont ainsi parfaitement interprétées. Les membres de la troupe n’ont vraiment pas la grosse tête. D’ailleurs, le leader de la troupe n’hésite pas à communiquer avec le public. Exemple, à la fin du concert, alors que la setlist est épuisée, Axel vient s’excuser devant le public, avouant qu’il n’avait plus rien en stock, à proposer. Pour se faire pardonner, le groupe réinterprète alors « Desintegracao », face à un auditoire satisfait de ce compromis.

Les autres disques d’Orval Carlos Sibellius ne seront pas pour autant, négligés. Mais les titres originellement sculptés dans le folk sont adaptés à la scène, pour embrasser une forme plus psychédélique. Si le résultat s’avère sympathique, il faut bien avouer que ceux issus de « Super Forma » sont de meilleure facture. Le set atteindra son apothéose en fin de parcours. Lors d’un « Good Remake » imprimé sur un même riff hypnotique et une nouvelle fois caractérisé par un crescendo d’une petite dizaine de minutes.

Orval Carlos Sibelius a confirmé tout le bien que l’on pouvait penser de lui. Au cours de ce concert, sa formation nous a proposé un  cocktail de psyché/pop parfait et tout simplement incomparable. Seul bémol, un répertoire insuffisant. Une seule issue pour combler cette lacune : au travail !

(Organisation : Botanique)

 

Billy C. Farlow

Alabama Swamp stomp

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Billy est originaire de l'Alabama ; mais au cours de sa jeunesse, sa famille a énormément bourlingué, passant par l'Indiana et le Texas, avant d’atterrir à Detroit, au début des 60s. Il y rencontre le roi de la scène blues locale, Mr John Lee Hooker en personne. Mais également James Cotton, alors accompagné par le batteur Sam Lay. Lorsque ce dernier fonde son propre combo, Farlow a l'immense privilège de succéder à Little Walter au poste d'harmoniciste. Le légendaire Walter venait en effet de décéder tragiquement, en 1968.

L'année suivante, Billy rejoint Commander Cody and the Lost Planet Airmen. Toute l’équipe s’installe à San Francisco afin d’y jouer leur cocktail de country et de rock'n'roll! L’aventure du groupe cesse en 76. Billy monte alors son band personnel. Dans les années 80, il entame une longue collaboration avec Fred James, guitariste chanteur et producteur issu de Nashville. De cette coopération naîtront cinq elpees. Plus tard, notre souffleur se joindra au vieux bluesman Homesick James, mais aussi le compositeur Bleu Jackson avant de retrouver Sam Lay, en compagnie duquel il publiera trois albums pour le label italien Appaloosa.

Plus récemment, Farlow a reçu le concours de Mercy, un trio français créé au début du siècle qui compte deux elpees à son actif : "Tribute to Slim Harpo" et "Magic". Ils se sont rencontrés à San Francisco, en 2006. Et ont décidé de tenter l’aventure ensemble…

Billy C. chante « Snake eyes » d’une voix nasillarde et relativement ravagée, une voix talonnée par la guitare de Jean-Paul Avenalleda. La musique puise son inspiration dans les marais louisianais. Son climat humide et blafard. Ses lueurs en demi-teinte. C’est dans ce contexte que « Runnin’ from the fire » est déclamé d’une voix grave. Cap vers l’Alabama. Au cœur d’une nuit sombre et pluvieuse, Jean-Paul injecte de la reverb dans ses cordes pour attaquer « Magnolia darlin’ ». « Drive me like a mule » baigne plutôt dans une ambiance Chicago blues. Le souffle propulsé par Farlow dans son harmonica chromatique est saccadé. Le rythme est soutenu. Les accents métalliques d’un dobro introduisent « Good rockin’ mama ». Billy souffle comme un désespéré sur ce pur blues Delta blues ; et on ressent énormément de vécu dans sa voix quand il nous conte la rencontre avec cette rockin’ Mama ! Stéphane Avellaneda imprime le tempo ferroviaire de « Tennessee Saturday night ». « My name is trouble » ne respire pas la joie ; faut dire que cette compo narre une aventure de l’artiste qui s’est retrouvé en taule après un périple en bus Greyhound. Le climat est lourd, intense. Poisseuse, la slide parvient néanmoins à s’extraire de cette torpeur. Farlow est toujours englué dans les bayous louisianais sur le lent, énigmatique et très expressif « What have I done ? » Un week-end de fête s’annonce sur les routes. L’explosif « Juke Joint Friday night » nous le rappelle. Le style de Billy C. est très personnel. Difficile de déceler une influence majeure chez ce souffleur. Une chose est sûre, il est très à l’aise sur son instrument chromatique. Il se démène comme un vieux rocker sur « Alligator crawl ». Il reprend le chemin de la Nouvelle-Orléans. Mais il ne parvient pas à échapper à l’atmosphère étouffante qui baigne son environnement. Il est même au bord de l’anoxie sur « Yella Pocahontas » et « Black Lazarus ». Nous sommes en Louisiane. L’opus s’achève alors dans le zydeco. Un moment de fête propice à la joie communicative reproduite par « Wild about you » (Trad : Je suis fou de vous). Excellent ! 

 

Fanfarlo

Rooms filled with light

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Ils ne sont pas canadiens, mais britanniques. Encore que le vocaliste principal est suédois, mais s’est établi à Londres. Bref, si vous aimez Arcade Fire, vous devriez apprécier Fanfarlo. La musique est pourtant différente, en général plus allègre, mais aussi riche en instrumentation (NDR : outre la structure de base et les gadgets électroniques, on y retrouve violon, mandoline, xylophone, scie musicale, trompette, piano, glockenspiel, melodica, mandoline, saxophone et clarinette). La comparaison irréfutable nous vient de Simon Balthazar, dont le timbre est très proche de celui de Win Butler. Les quatre autres musicos assurent les backing vocaux à des degrés divers.

Bien équilibré, l’opus recèle quelques petites perles. A l’instar de « Replicate », balayé par un violon judicieux, de l’enlevé « Deconstruction », caractérisé par sa basse propulsive et ses cordes staccato. Du cuivré « Tunguska », mais dans l’esprit d’un Beirut. De « Lenslife », dont le refrain luxuriant (ces arrangements !) contraste avec le couplet minimaliste (Talking Heads ?) Du latino « Feathers ». Et puis du remarquable et entraînant « Tightrope », tramé sur une ligne de basse irrésistible. Dommage que le dernier quart de l’elpee soit moins percutant.

Et pour que votre info soit complète, sachez que mis en forme par Ben H. Allen (Deerhunter, Animal Collective), « Room filled with lights » constitue le second opus de Fanfarlo. Il fait suite à « Reservoir », paru en 2009.

 

Barbara Carlotti

L'amour, l'argent, le vent

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Au risque de choquer et de forcément déplaire, j’avouerai tout de go que le troisième album de cette très-jolie-presque-quadragénaire Corse me laisse froid. Les deux précédents n’avaient pas eu non plus l’heur de me plaire.

Alors que l’Hexagone tout entier est à ses pieds et la considère comme la seule (ou presque) grande chanteuse de ces dernières années, osant même la comparer à Françoise Hardy, Brigitte Fontaine ou encore Barbara, votre serviteur, comme un poisson distrait et repu, ne mord pas du tout à l’hameçon pendu au bout de sa canne.

S’il est vrai que la dame est séduisante (élégante lui conviendrait mieux), je n’accroche pas. Il y a un petit quelque chose qui m’agace, un je ne sais quoi dans sa voix sans doute. J’ai l’impression d’entendre Barbara (l’autre, l’octogénaire) que je n’ai jamais non plus beaucoup appréciée, soit dit en passant. Oh bien sûr, loin de moi de porter un jugement de valeur sur la carrière de la grande dame en noir mais rien à faire, j’aime pas… sorry !

Ben pour l’heure, pour cette Barbara-ci, c’est le même topo. Pourquoi ? Misère, qu’il est parfois difficile de se justifier et d’avoir l’impression de passer à côté de quelque choseCôté pile, au niveau paroles, elle fait bien mieux que se défendre. Sophistiqués, ses textes à propos racontent des doutes, des passions, le temps, la fuite, la vie. On est dans le monde du vivant, du mouvement, de l’amour, des voyages, de sa vie tout simplement. Commun…

Côté face, musicalement parlant, si les 12 chansons se laissent écouter sans trop énerver, on a quand-même l’impression d’errer toujours dans le même registre. Tantôt symphoniques, tantôt dépouillées, les ballades romantiques soulignées par un piano et des instruments acoustiques communiquent un sentiment de déjà entendu. Aucune surprise ou étonnement à l’écoute de ce disque. Seul « J’ai changé » fait peut être bande à part dans cet océan de quiétude répétitive.

Non, non, désolé, ce disque m’agace. Qui plus est « Mon dieu mon amour », litanie interprétée en duo avec l’autre allumé qu’est Philippe Catherine, ne fait que renforcer mon opinion et ne parvient pas à m’extraire de cet ennui mortel.

 

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