New Brutalism de 087 à 089…

New Brutalism est un groupe de rock minimaliste formé à Knoxville, Tennessee, en 1998. Le groupe est composé de Shane Elliott (chant), Matt Hall (guitare/chant), David Basford (basse/chant) et Carey Balch (batterie). Son nouvel Ep, « Requiescat Record »,…

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Bénabar les regarde danser…

Bénabar est de retour et nous propose un nouveau single intitulé « Elles dansent », un titre fondamentalement pop, joyeux et émouvant, qui raconte une histoire de famille ou d’amis dans laquelle chacun pourrait se reconnaître : un moment de joie et de liberté…

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Downtown Boys

Le luxe public de Downtown Boys

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Le nouvel elpee de Downtown Boys ; « Public luxury », paraîtra le 26 juin 2026. Successeur de « Cost of Living », ce disque marque une nouvelle étape pour le groupe, tant sur le plan musical que politique.

Pour accompagner cette annonce, les Downtown Boys partagent un premier extrait massif : « No Me Jodas » ainsi que son clip officiel. Réalisée par John McKay, la vidéo capture le groupe en pleine décharge d’énergie face à un public survolté dans un petit club de Brooklyn, et met également en scène le Mariachi Internacional Tapatío de Álvaro Paulino. Et il est à voir et écouter ici.

Co‑produit par Joey La Neve DeFrancesco et l’ingénieur du son Seth Manchester, « Public Luxury » a été enregistré au studio Machines With Magnets à Pawtucket (Rhode Island) et masterisé par Heba Kadry. Le long playing recèle notamment « The City Begins », « Sirena », « Viva La Rosa », « You’re a Ghost », le morceau‑titre, ainsi que plusieurs chansons chantées intégralement en espagnol.

Sur « Public Luxury », les Downtown Boys poursuivent leur trajectoire singulière, mêlant punk, indie et influences latines, tout en plaçant la politique et le collectif au cœur de leur propos. Le combo décrit cet album comme le plus vaste et le plus proche de l’intensité de leurs concerts à ce jour : un son cathartique, dense et fédérateur.

Pensé comme une affirmation radicale —‘tout pour tout le monde’ — « Public Luxury » s’inscrit dans la continuité idéologique de « Full Communism », tout en regardant résolument vers l’avenir. Un disque puissant, urgent et profondément vivant, à l’image d’un groupe qui n’a jamais cessé d’avancer.

 

 

Boy With Apple

Attachment

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‘Boy With Apple’ est une peinture du 21ème siècle signée par l’artiste britannique Michael Taylor. Peinte sur commande, elle a servi d’accessoire dans le film de Wes Anderson, ‘The Grand Budapest Hotel’, sorti en 2014 ; mais c’est également le patronyme choisi par ce band suédois (NDR : il est originaire de Göteborg)

« Attachment » constitue son premier opus, un long playing tout au long duquel, il combine dream pop et shoegaze pour créer des atmosphères hypnotiques, belles, accrocheuses et empreintes d'émotion ; et le tout est traversé par des vocaux captivants.

Cinglantes et intègres, les textes profonds et touchants traitent de l'amour romantique mais aussi de soi.

Extrait d’« Attachment », « Valentine » est en écoute

Podcast # 38 émission Inaudible (cliquez sur le logo ci-dessous)

Cowboy Junkies

Such ferocious beauty

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The Cowboy Junkies est une affaire de famille. Figurez-vous qu’à l’origine, il comptait, outre le bassiste Alan Anton, ami d’enfance, quatre membres de la même fratrie Timmins. Soit la chanteuse Margo, le sixcordiste Michael, le batteur Peter et le guitariste/banjoïste John. Mais ce dernier va quitter le line up peu de temps avant l’enregistrement du premier elpee, pour se consacrer au mouvement ‘Greenpeace’, même s’il réapparaîtra ponctuellement à l’occasion de l’une ou l‘autre session.

En 2020, « Ghost » avait été enregistré après le décès de la mère des Timmins. « Such ferocious beauty » l’a été après celui de leur père, atteint de démence dans les dernières années de sa vie. Ce qui explique pourquoi les dix plages de cet opus baignent          au sein d’un climat douloureux.

Le long playing s’ouvre par « What I lost », un morceau qui glisse d’une atmosphère feutrée vers une ambiance davantage nerveuse et déterminée. Caractérisé par ses accords de guitare glorieux et grésillants, « Flood » grimpe progressivement en intensité, mais avec une forme certaine de retenue. Tout au long du remarquable « Hard to built, easy to break », la voix de Margo est soutenue par la basse jazzyfiante d’Anton, alors que la guitare libère une électricité crazyhorsienne.

Peu de collaborateurs lors des sessions, mais inévitablement un violoniste. En l‘occurrence James McKie, dont les interventions grinçantes circonstancielles apportent aux compos une jolie coloration americana. Et en particulier sur « Knives », une piste au cœur de laquelle la guitare de Michael se met à ramper… Et elle véhicule parfois des accents flamencos sur « Mike Tyson (here it comes) », un morceau dont la densité évoque Swans…

Neveux, « Throw a match » est tramé sur une sèche, un titre dont le refrain trahit de vagues réminiscneces du « Sympathy for the devil » des Stones.

Et ce superbe album s’achève par le mélancolique mais réconfortant « Blue skies », en s’appuyant essentiellement et à nouveau sur la guitare acoustique.

Boy Harsher

The Runner (original soundtrack)

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Depuis Savannah (Géorgie, USA), le duo Boy Harsher –autrefois connu sous le patronyme de Teen Dreamz– s’est forgé une identité très forte. Augustus Mullet et Jae Matthews naviguent clairement dans les eaux sombres d’une synth-pop aux accents ‘dark’. Influencé par les 80’s, et tout particulièrement par DAF, mais aussi par le cinéma en général, il n’est pas surprenant qu’il produise une B.O. après 3 albums très bien reçus par la critique.

« The Runner », c’est le titre d’un court métrage d’épouvante réalisé par le tandem et le nom d’un synthétiseur modulaire aux sonorités proches de celles du drone, créé par la marque Moffenzeef.

Entre gore et thriller, ce film noir est abordé dans l’esprit d’Asia Argento, de John Carpenter et pourquoi pas de David Lynch. Huit titres sombres et atmosphériques mais mélodiques cadrant à merveille avec l’ambiance glaçante des images…

Une immersion au sein d’un univers aussi passionnant qu’angoissant...

 

The Waterboys

All souls hill

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Avant de publier ce 15ème long playing, The Waterboys avait sorti une trilogie (« Out all this blue » en 2017, « Where the action » en 2019 et « Good luck » en 2020) dominée par l’instrumentation électronique (synthés, boucles, etc.).

Pour ce nouvel opus, la formation britannique en est revenue à une formule davantage traditionnelle, plus proche de l’œuvre de Mike Scott, même si l’électronique n’a pas été complètement abandonnée. Elle est, en fait, bien intégrée.

Pas de trace cependant du violoniste Steve Wickham, qui a décidé de ne plus partir en tournée, tout en restant ouvert à des participations aux sessions de studio ultérieures. Par contre, sur certaines compos on retrouve des interventions au saxophone, mais exécutées par l’Américain Pee Wee Ellis.

Autre changement, sur les neuf plages de l’elpee, six sont cosignées par le producteur/écrivain Simon Dine. Mike reprend également le traditionnel country/folk « Passing through », une épopée gospel de plus de 9’ et puis « Once Were Brothers » de Robbie Robertson auquel il a ajouté des paroles, un morceau rogné par un orgue vintage.

Si les sessions d’enregistrement ont bénéficié du concours de nombreux invités, dont Ian McNabb aux backing vocaux sur « Blackberry Girl », Mike se consacre à de nombreux instruments, outre le chant, dont les inflexions peuvent parfois rappeler Dylan.

C’est en ‘spoken word’ que Scott s’exprime tout au long du lunatique « In my dreams ». Et à propos de mots (toujours en vers, bien sûr), Mike n’est pas tendre avec Trump, tout au long de « Liar » …

B Boys

Dada

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Issus de Brookly, les B Boys sont habituellement des breakdancers ; mais en quoi se transforment-ils lorsqu’ils se revendiquent ‘Dada’ ? En trio qui marche ouvertement sur les plates-bandes de Parquet Courts ! Son premier elpee mêle, en tout cas, et judicieusement, les sonorités du post-punk (« Another Thing »), la coolitude des Strokes (« Anthem ») et la morgue de The Fall (« Fear It »). Rien de dadaïste ou à contre-courant, donc, dans la musique de ce combo, mais un album pur jus new-yorkais qui ne pourra que ravir les fans du genre ! La voix du chanteur, Andrew Kerr, est de plus parfaite pour allumer des brulots nerveux attisés par des interventions de basse caoutchouteuses à souhait (« B Boys Anthem »).

The Waterboys

Where the action is

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Fondé en 1983 par Mike Scott, The Waterboys s’est séparé en 1993, avant de se reformer en 2000, intervalle au cours duquel le leader s’est concentré sur sa carrière solo. « Where the action is » constitue le treizième elpee de ce band insulaire, dont le line up a toujours privilégié les musiciens écossais et irlandais. Fer de lance du mouvement ‘Big Music’, Scott répercute, à travers sa muse, une iconographie païenne, primitive, mais paradoxalement spirituelle et religieuse. Et après un quart de siècle, il n’a pas changé de fusil d’épaule. Simplement, à l’instar d’un Richard Ashcroft, il s’intéresse de plus en plus à la soul des sixties, et tout particulièrement à coloration Stax. Publié en 2017, « Out of all this blue » en était déjà un signe avant-coureur. Et dès la plage d’ouverture (NDR : le titre maître !), une adaptation du tube de Robert Parker », « Let’s go baby », paru en 1966, dont Scott a écrit de nouvelles paroles, on relève déjà la présence de chœurs féminins bien soul, même si la piste, tapissée par des interventions à l’orgue Hammond, est aussi fougueuse qu’enlevée. Et « London Mick », hommage à Mick Jones (The Clash) est autant énergique qu’accrocheuse. Un Hammond dont les sonorités vintage colorent la ballade soul veloutée « Out of all this blue », soit une nouvelle version de la plage titulaire du précédent LP. Soul/pop/funk, « Right side of heartbreak (wrong side of love » lorgne carrément vers The Style Council. Plus étonnant, « Take me there I will follow you » intègre des vocaux hip hop, alors que les harmonies vocales évoquent plutôt Chumbawamba. Tout au long du dramatique « In my time on earth », Mike exprime sa nature passionnée et poétique, une ballade mid tempo qui arait pu figurer au répertoire de Richard Ashcroft. Morceau plus complexe, « Ladbroke grove symphony » relate les premiers pas de Scott, jeune rocker romantique londonien, une plage jazz/funk/rock (Steely Dan ?) qui s’achève dans les bruits de la circulation urbaine sur fond de reggae.

Les deux dernières pistes en reviennent à une forme plus conventionnelle. Enfin presque ! Tout d’abord « The she made the lasses O ». Inspiré par la nature le folklore et la littérature, il s’agit d’une interprétation contemporaine du poème de Robert Burn, « Green grow, the rashes, O », un morceau électro/folk au cours duquel le violon de Steve Wickham fait merveille. Enfin, l’opus s’achève par « Piper at the gates of dawn », 9’ au cours desquelles Mike illustre toute la crainte et la gloire de la nature, en récitant un poème de Kenneth Graham, issu de ‘Wind in the willows’, titre choisi par le Pink Floyd de Syd Barrett, pour son premier elpee, paru en 1967 !

Boy Harsher

Careful

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Au cours des dernières années, on a pu observer l’intérêt croissant d’un certain public pour les sonorités héritées des eighties que l’on associe fréquemment à des formations telles que Joy Division, Bauhaus, Siouxsie and the Banshees ou encore The Birthday Party. Une nouvelle vague de groupes dont la musique se caractérise par une ligne de basse imposante, un rythme (plus ou moins) entraînant et des claviers plongés au sein d’un climat relativement glacial voire ténébreux. Ce mouvement a accouché de bands comme Preoccupations, Protomartyr ou encore Whispering Sons, en Belgique, et la liste est loin d’être exhaustive, mais révèle au fil des mois de nouveaux visages. A l’instar de Boy Harsher, un duo originaire du Massachusetts. Formé en 2013, il a d’abord choisi pour patronyme Teen Dreamz, avant d’en changer l’année suivante. Augustus Muller (synthés et rythmes) et Jae Matthews (chant) ont récolté des critiques unanimement positives pour ce deuxième album paru sur leur propre label Nude Club.

Sur cet opus, la formation a bien assimilé ses classiques en proposant un mélange entre électro kitsch, indus et post punk, tout en adoptant les spécificités du style décrit ci-dessus. L’expression sonore baigne au sein d’une atmosphère bien froide pour ne pas dire gothique et pénètre rarement dans la lumière. Ce qui ne signifie pas que les compos suscitent la morosité. On imagine d’ailleurs parfaitement être entraîné par Boy Harsher jusqu’au bout de la nuit au cœur d’étranges clubs suintant de transpiration. Mais surtout, la paire parvient à transcender ses compos minimalistes grâce à des mélodies accrocheuses et la voix envoûtante de Jae qui débite pourtant des paroles loin d’être réjouissantes.

Les nostalgiques des 80’s apprécieront certainement. Et peut-être même que Boy Harsher parviendra à emmener de nouveaux adeptes dans sa spirale. “Careful” possède en tout cas les atouts pour y parvenir.

The Waterboys

Cali, invité surprise...

Difficile de comprendre qu'un groupe comme les Waterboys ne bénéficie plus de distribution officielle en Belgique, alors qu'il parvient encore à faire aujourd'hui, salle comble à l'Ancienne Belgique. Une chose est sûre, Mike Scott est toujours aussi populaire chez nous. Et pas seulement à cause de la présence d'un fameux contingent d'aficionados, ce soir ; mais aussi parce que sa nouvelle tournée, réduite à quelques dates, passait par Bruxelles.

Pas de supporting act, mais un set qui commence avec 5 minutes de retard. Soit à 20h35. La ponctualité dans les concerts rock et pop est tellement rare, qu'il faut le souligner. Mike Scott monte sur les planches, toujours bien flanqué de son vieux camarade, le violoniste Steve Wickham et du claviériste Richard Naiff. Et surprise, la section rythmique (extrêmement solide par ailleurs) est constituée de deux blacks ! L'éclairage est sobre, mais le concert démarre fort. On entre tout de suite dans la 'big music' allègre. S'ensuivent pourtant quelques chansons plus intimistes, à l'instar de « Saints and Angels » ou de l'un ou l'autre morceau plus folk, au cours desquels Steve étale déjà tout son talent au violon. Un violon qui gémit, pleure ou entre dans une gigue folle (« Glastonbury song », « And a bang on the ear »). Mike abandonne sa guitare pour s'installer derrière un piano. C'est le moment choisi pour échanger quelques phrases sonores avec son claviériste ; et puis surtout pour nous réserver le fameux « Whole of the moon », que la foule reprend déjà en chœur. Quand Scott revient à la six cordes, c'est pour annoncer l'interprétation d'une toute nouvelle compo que la formation inaugure en concert : « You in the sky ». Le public est ravi du cadeau. Pour « A man in love », Richard est passé à la flûte. Un vent de fraîcheur souffle sur le paysage littéraire de cette chanson d'amour que Mike parvient à traduire en poème lyrique… La suite monte encore en intensité et certaines compos font littéralement exploser la salle. A l'instar de « Medecine bow ». Ca chante, ça danse. La fête est à son comble. Mike et Steve s'échangent l'un ou l'autre duel : guitare contre violon. Entre les morceaux, des fans s'écrient « Come on, Boys ». L'ambiance est conviviale : Scott discute avec son public, se livre à quelques plaisanteries. La dernière chanson avant les rappels met le feu : ça pogote dans tous les sens. Les musiciens sautent, mais pas en même temps : ils s'amusent. Fin de la chanson, la salle est plongée dans une soudaine obscurité. Le groupe vide les lieux. Le public est déchaîné, il en redemande. Les Waterboys reviennent sur scène pour deux chansons, dont la cover de Springsteen, « Independance day », compo particulièrement engagée. Puis après une ovation monstre, le combo réapparaît pour un deuxième rappel sous les hurlements de la foule. Mike Scott s'avance et là, surprise, révèle la présence d'un special guest : 'please welcome our favourite french singer…. Cali !' Clou du spectacle, ils interprètent ensemble Fisherman's blues.  Plus qu'un duo, c'est véritablement un trio qui communie ; dont le public qui s'en donne à cœur joie en reprenant le refrain : 'with light in my head, with you in my arms...' Faut dire que Cali a le don pour chauffer le public. Malheureusement toute bonne chose a une fin et les lumières se rallument dans la salle comme sur la scène. Le groupe salue, le public applaudit généreusement. Merci pour cette belle soirée.

Organisation Live Nation

Girls Against Boys

Des souvenirs, il ne faut garder que les meilleurs...

Les New-yorkais de Girls Against Boys ont sorti un excellent album cette année : « You Cant Fight What You Can't See ». C'était donc le moment pour eux de revenir sur le devant de la scène. Faut dire qu'après la débâcle de « Freak*On*Ica » et les changements de labels, beaucoup de groupes se seraient cassé les dents. Pas Girls Against Boys. Scott McCloud reste d'ailleurs ce chanteur exceptionnel, à le voix grave et sexy, entouré d'un duo de bassistes (Johnny Temple et Eli Janney) toujours aussi percutant. C'est ça, Girls Against Boys : des basses qui vous vrillent le ventre, une voix qui vous charme, des refrains qui balancent. Encore une fois, le groupe fera l'impasse sur la période « Freak… », sans doute un trop mauvais souvenir (pensez donc : un groupe indie sur une major !), pour privilégier les intouchables « Cruise Yourself » et « House Of GVSB ». De « Kill The Six Player », classique indétrônable, à « The KindaMzkYouLike », Girls Against Boys revisitera toute sa carrière avec plaisir, allant même jusqu'à reprendre, furieusement, « She's Lost Control » de Joy Division. Après deux rappels, c'est avec « Let It Breathe », chanson « douce » qui clôture le dernier album, que les New-Yorkais disparaîtront, satisfaits. Nous aussi, même s'il est clair que la grande époque, celle des trois premiers albums, semble quand même bel et bien révolue.

Little Boys Blue

Hard Blue Space

Écrit par

Little Boys Blue a choisi pour port d’attache, Jackson, une ville sise dans le Tennessee, le long de la A40, à mi-chemin entre Memphis et Nashville. La formation compte plus de 20 ans d’existence et constitue un véritable déjà trait d'union entre les deux grandes cités du Tennessee. Memphis pour le blues et le rockabilly ainsi que Nashville pour la country. Publié en 2016, le précédent opus, "Tennissippi", avait littéralement enchanté la critique.

Le quintet implique le chanteur/harmoniciste JD Taylor, le bassiste Dave Mallard, le batteur Mark Brooks ainsi que les guitaristes, Alex Taylor et John Holiday, alias Kid Memphis. Ce dernier vient de débarquer dans le line up. Agé de 46 balais, cet enfant de Memphis est à la fois musicien et acteur. Il avait ainsi interprété le rôle de Carl Perkins dans le film consacré à Johnny Cash, ‘Walk the line’. Les sessions d’enregistrement se sont déroulées à Jackson et Memphis. Dix titres originaux ont été mis en boîte à l’aide de quelques amis, dont les gratteurs, Andrew White, Brad Webb et Wes Hensley, ainsi que le claviériste Dave Thomas.

Dès le titre d'ouverture, "Six foot down", on est emporté par les envols majestueux des cordes, mais également les interventions de l’harmo, dispensées face à l'orgue Hammond. Celles d’Alex sont à la fois fragiles, chargées de feeling et brillantes tout au long du Memphis blues, "Loving kind", avant qu’il ne soit rejoint par Kid. "Blues bug" et "If the blues start calling" sont deux excellents blues lents. Le premier est tapissé par un orgue chaleureux. Le second, se singularise par des accès de slide dégoulinantes. Ballade soul bien construite, "Got a mind of your own" met en exergue l’harmonica. Shuffle entraînant, "Going back to Memphis" clôt ce superbe long playing…

Ghalia Vauthier & Mama's Boys

Let the demons out

Écrit par

Ghalia and the Mama's Boys est un groupe californien. Etabli à la Nouvelle-Orléans depuis plusieurs années, il pratique du power blues. Mais sa chanteuse est bruxelloise. Elle est également compositrice. Gahlia Vauthier passe beaucoup de temps aux USA où elle s'est déjà produite sur les scènes de la Louisiane, du Mississippi, du Missouri et du Tennessee. Entre rock’n’roll et blues, elle milite également au sein des Naphtalines et de Voodoo Combo. En 2016, elle rencontre Johnny Mastro et ses Mama's Boys et c'est le déclic!

Les sessions se sont déroulées au studio Music Shed de la grande cité louisianaise. Ghalia signe la majorité des plages. Elle est épaulée par le chanteur/harmoniciste Johnny Mastro, le guitariste Smokehouse Brown, le bassiste Dean Zucchero et le drummer Rob Lee. Et ce sont ces Mama’s Boys qui font la différence. Plus rockabilly que blues ou boogie, la voix de Ghalia ne colle pas nécessairement à l’expression sonore…

Ce qui n’empêche pas l’opus de receler quelques excellentes plages. A l’instar d’"All the good things" et "Hiccup boogie", deux boogies classieux au cours desquels le gratteur, Smokehouse Brown, se distingue et semble même hanté, en fin de parcours, par ce diable d’Henri Vestine (Canned Heat). Caractérisé par la conjugaison des voix de Ghalia et de Mastro, le shuffle "Waiting" se signale par la conjugaison des voix entre Ghalia et Masto. Slide et harmonica combinent élégamment tout au long de "Hey little baby". Johnny allume "4am Fried chicken" de sa musique à bouche. Seule piste lente, "Addiction" baigne au sein d’un climat ténébreux, mais surtout met en exergue Brown, qui traite sa sèche au bottleneck…

 

Downtown Boys

Cost of Living

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Ces ‘gars de banlieue’ sont des punks ! Issus de Providence (Rhode Islands), ils sévissent depuis 2011 en manifestant un esprit de rébellion commun contre le capitalisme, l’homophobie, les suprématistes blancs et toutes formes de fascisme, à travers une expression sonore dominée par le saxo de Joey La Neve DeFrancesco et la voix puissante de Victoria Ruiz. Sur ce second LP, produit par Guy Picciotto (Fugazi), les Downtown Boys conservent leur esprit diablement politisé (mais en adoptant un ton souvent optimiste !) tout en élargissant leur audience via ce passage sur la toujours mythique maison Sub Pop. Telle une série d’uppercuts assénée à Trump, le gang se sert de ses instruments pour le remettre à sa place et ce dès l’inaugural « A Wall » dézinguant le mur entre les USA et le Mexique. Que ce soit en anglais ou en espagnol, les fougueux Downtown Boys ravivent l’esprit punk de fort belle manière !

 

Les Cowboys Fringants

Des multi-instrumentistes jusqu’au bout des santiags !

Écrit par

Originaires de Repentigny, dans la région de Montréal, les Cowboys Fringants comptent un peu plus de 20 années de carrière. A leur actif, une dizaine d’albums dont 800 000 exemplaires se sont écoulés à travers toute la francophonie. Tous les membres du groupe participent à l'écriture des chansons, mais la très grande majorité est signée par le guitariste, Jean-François Pauzé. Ce dernier estime que pour comprendre et se situer dans ce monde, il faut préalablement connaître ses racines, son histoire et l’origine de toute identité. Ce qui explique pourquoi les textes abordent régulièrement des thèmes sociopolitiques, dont celui de l’indépendance du Québec. Mais également écologiques. En 2009, le combo s’était produit deux soirées de suite à l’Ancienne Belgique, devant une salle comble. Et c’est encore le cas, ce soir.

On reste dans l’univers du Québec pour le supporting act, puisque c’est Dumas qui a l’assure. Il figure parmi les auteurs-compositeurs-interprètes de sa génération les plus doués et prolifiques En dix années de carrière, il a publié plus de 11 elpees. Et son dernier, « Nos idéaux », dont il va nous réserver de larges extraits, est paru en février dernier. Il avait déjà été programmé aux Francofolies de Spa. Mais c’est la première fois qu’il foule les planches de l’AB. Il ne faut pas plus de 5 minutes avant qu’il ne fasse l’unanimité au sein de l’auditoire. Et pas seulement en faisant le pitre ! Armé de sa sèche, il chante d’un accent trahissant ses racines, tout en s’appuyant sur des samples de basse, de percus et de claviers, qu’il manipule à l’aide de pédales, posées à ses pieds. Pop/rock légèrement teintée d’électro, sa musique est plutôt festive. Ses accords sur sa gratte sont nerveux. Et à plusieurs reprises, il invite la foule à chanter avec lui. Un excellent chauffeur de salle !

Place ensuite aux Cowboys Fringants qui débarquent en fanfare. Le quatuor est accompagné de trois musiciens de tournée, dont un trompettiste. En escalier, une estrade prend toute la longueur du podium. Sur laquelle sont installés deux drummers, dont André Brazeau, qui a enfilé un short et un tee-shirt hawaïen. Karl Tremblay, le chanteur, dont l’accent canadien est vraiment savoureux, a une bonne bouille. On dirait un trappeur. Et il déclare : ‘Nous sommes ici pour jouer de la musique et on espère que vous allez passer une bonne soirée. Bon spectacle’. Le show peut commencer. « Bye bye Lou » ouvre les hostilités. Et déjà, malgré la (fausse) impression d’un spectacle improvisé, tout est réglé comme du papier à musique. Les deux drummers sont au turbin, mais ce sont la trompette et le violon qui dominent le sujet. Country festif, « Joyeux Calvaire » incite la foule à lever les bras, sauter sur place et danser ; on se croirait presque lors d’une grande farandole qui s’ébranle pendant la kermesse au village. Ou alors au sein d’un gigantesque pub irlandais. C’est une certitude, les artistes soignent l’interactivité. Pendant « En Berne », Karl crache son venin sur le gouvernement de son pays : ‘Peu importe ce qui se passe, on n’a pas le choix d’emmerder tous les bouffons qui nous gouvernent’. « Mon Grand-Père » aurait pu figurer au bal musette d’une fête foraine. L’ambiance est au zénith. Tous les musiciens sont polyvalents et jouent de plusieurs instruments. Ils transitent de l’un à l’autre. Y compris les drums. Même Marie-Annick, pourtant préposée aux claviers, à la mandoline et au violon. Des multi-instrumentistes jusqu’au bout des santiags ! Le clown de service n’est autre que le bassiste. Et il a le don de faire réagir le public. Il apporte ainsi une cargaison de ballons à gonfler afin de les transformer en répliques de chiens, puis les distribue dans la fosse. Il va même s’y jeter pendant cinq bonnes minutes, en fin de parcours, se laissant porter par le peuple.

Tout au long de « La Catherine » et « Marine Marchande », la foule reprend les paroles des refrains en chœur. Epatant ! Tout comme pour « Les Etoiles Filantes » qui clôt le show. De la fosse aux gradins, l’auditoire chante à l’unisson. Et il a réservé une belle surprise au band : des feux de Bengale et des avions en papier, en référence aux paroles de la chanson, ainsi que les iPhones allumés, balancés de gauche à droite (NDR : ou l’inverse, selon). Magique !

Le combo nous réserve « Tant qu’on aura de l’amour » lors du rappel. Les Cowboys sont venus, les Cowboys ont vu et les Cowboys ont vaincu. César n’aurait pas dit mieux !

(Organisation : Live Nation en accord avec Auguri)

Xavier Boyer

Some/Any/New

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Le leader de Tahiti 80 a décidé de s’autoriser une nouvelle escapade en solitaire. La dernière remontait à 2007. Il avait alors publié « Tutu to Tango », sous le patronyme Axe Riverboy. Le titre du nouvel opus rend hommage à Todd Rundgren. Et le spectre du Pennsylvanien flotte tout au long de ce « Some/Any/New ». A travers les superbes harmonies vocales, parfois carrément ‘beatlenesques’ (NDR : pensez à « Abbey Road »), mais aussi la fluidité des arrangements et l’intégration de bruitages, ainsi que cette manière bien particulière de mêler instrumentation organique et synthétique. Si Xavier a tout enregistré dans son home studio, il a confié la mise en forme à Stéphane Laporte. Sa pop de chambre est à la fois mélodieuse, mélancolique, introspective, élégante, chargée de spontanéité et parfois même ensoleillée (NDR : toujours cette référence à Tahiti 80 !). Elle reflète ainsi une longue période de sa vie au cours de laquelle il a constamment changé de résidence, suite à une rupture amoureuse. Un chouette album !

Ben Lukas Boysen

Spells

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Né en 1981, Ben Lukas Boysen est tombé, dès le plus jeune âge, dans la marmite à la musique. Pas étonnant, quand on sait que sa mère était chanteuse d’opéra. A partir de sept ans, il commence déjà à apprendre la guitare et le piano. S’il vit de son métier depuis quelque temps, il lui a cependant fallu tout un temps avant de publier des œuvres, sous son propre nom. Auparavant, l’Allemand (NDR : établi aujourd’hui à Berlin) composait des bandes son pour la publicité. Il a également gravé plusieurs elpees électro sous le patronyme Hecq. Son premier elpee solo, « Gravity », est paru en 2013. A l’instar du premier, « Spells », son second, est paru sur le label Erased Tapes.

A l’instar de la majorité des artistes hébergés par cette écurie, Ben Lukas Boysen crée des pièces de musique classique au clavier (NDR : programmé pour reproduire le son du piano), sur lesquelles il vient poser des tonalités électroniques. Un concept assez proche d’Olafur Arnalds voire de Nils Frahm. Pas étonnant, d’ailleurs, de retrouver ce dernier au mixing. Mais pour enrichir son expression sonore, il a invité plusieurs musiciens. Dont Achim Farber (drums), Anton Peisakhov (violoncelle) et Lara Somogyi (harpe), qui apportent leur concours suivant les morceaux.

L’opus ne se limite cependant pas au néo-classique. Contemplative « The Veil » baigne dans l’ambient. « Golden Times 1 » est construit en long crescendo. Et tout au long de « Nocturne 4 », la batterie n’hésite pas hausser le rythme. Bref, malgré le style, « Spells » ne suscite jamais l’ennui. Bref, c’est une certitude, Erased Tapes a signé artiste talentueux…

 

The Beach Boys

Good vibrations…

Écrit par

Les Beach Boys –enfin ce qu’il en reste– sont donc repartis en tournée, un périple baptisé ‘Wild Honey 2017 World Tour’. On va donc entrer dans la machine à remonter le temps. Ou plus exactement accompagner Dr Emmet Brown à bord de sa DeLorean DMC-12 pour un voyage qui va débuter en 1961 et se terminer 150 minutes plus tard, soit en 2017. 56 ans de carrière pour les derniers dieux vivants du surf rock. Ca ne nous rajeunit pas ! Pas de supporting act, sans quoi, il y aurait du retard à l’allumage. Mais une expédition partagée en deux épisodes, séparés par un entracte de 15 minutes.

Les Beach Boys ont vendu plus de cent millions d’albums. On ne va pas vous refaire l’histoire de ce combo californien, mais on ne peut passer sous silence l’incontournable single « Good Vibrations », qui a révolutionné la technologie en studio, et puis l’album culte « Pet Sounds », paru en 1966. Et on n’en n’oubliera pas pour autant le rôle joué par le producteur Phil Spector, au cours de leur carrière, ainsi que ces fameuses harmonies vocales, très souvent imitées, mais jamais égalées.

Des frères Wilson, il ne reste plus grand monde. Le drummer Dennis Wilson est décédé en 1983 ; ivre, il s’était noyé en sautant de son bateau. Et le gratteur Carl Wilson, des suites d’un cancer du poumon, en 1998. Quant à Brian (NDR : c’est quand même lui qui signe la plupart des hits du band), il ne participe plus à l’aventure, depuis 2011, privilégiant une carrière solo. Du line up original, ne figure donc plus que le chanteur Mike Love. Le chanteur/claviériste Bruce Johnston, n’a (!?!?) débarqué qu’en 1965.  

Sur les planches, le tandem est soutenu par une solide équipe. Brian Eichenburger, Scott Totten et Jeffrey Foskett se consacrent aux grattes. Ce dernier, aussi bien électriques qu’acoustiques. John Cowsill et John Stamos (NDR : cet ami de Mike Love, depuis belle lurette, incarnait le rôle de l’oncle Jesse, dans la série américaine, ‘La fête à la maison’), dont le matos est séparé par un plexiglas, siègent derrière les fûts. Encore que Stamos apporte également et circonstanciellement son concours à la six cordes et au micro. Tim Bonhomme est préposé aux claviers et Randy Laego aux cuivres (saxes, clarinette, flûte à bec) ainsi qu’aux percus. Toute l’équipe participe aux vocaux, mais à des degrés divers. Des plantes vertes disséminées sur le podium sont éclairées par des spots de couleurs différentes.

Les lumières s’éteignent. Il est 20h00. La première partie du show peut commencer. Mais elle ne dépassera pas l’heure. Projetées en arrière-plan, sur un écran géant, des vidéos nous replongent dans les années 60 ; ces fameuses golden sixties vécues par le combo : concerts, foule, filles en délires, tubes et tout ce qui a forgé sa notoriété...

Les musicos prennent tout leur temps avant de grimper sur l’estrade. Ils saluent la foule et ouvrent le set par « Surfin’ Safari ». Bruce et Mike sont coiffés d’une casquette frappée du nom de la formation. Ce dernier débarque le dernier, micro à la main. Souriant, il est accueilli par un tonnerre d’applaudissements. Constamment à l’avant-scène, il adresse régulièrement un signe de la main à l’auditoire.

Complexes, mais très mélodieuses, les harmonies vocales se superposent en couches. Les chansons durent entre 2 et 3 minutes. La setlist réunit 19 titres notoires. « Catch A Wave » émerveille. Les 8 voix qui se conjuguent en harmonie, c’est vraiment dingue ! Randy ne se sert pas encore de ses instruments à vent. Il a saisi une couronne à cymbalettes de couleur bleue dont Mike va se servir, très régulièrement, par la suite…

Durant « Little Honda », l’image de Dennis Wilson apparaît sur l’écran. Et « Kiss Me, Baby », de jolies filles surfant sur des vagues. Moment particulier, lorsque Mike est entouré des quatre gratteurs qui pointent leurs manches dans sa direction. Les hits s’enchaînent. Jeff a abandonné le rôle de soliste aux jeunes sixcordistes. Il se concentre sur la rythmique et remplace le regretté Carl Wilson lors de certaines parties vocales, comme sur « Kokomo », en fin de concert. « Getcha Back » privilégie les percus et les ivoires. Les envolées vocales successives affrontent les cordes pendant « Good To My Baby ». Armé de son saxophone, Randy défie Scott. Mister Foskett empoigne une semi-acoustique avant d’aborder « Kiss Me, Baby ».

Place ensuite aux covers. Le « Why Do Fools Fall In Love » de Frankie Lymon and The Teenagers est dominé par les ivoires et magnifié par les harmonies vocales. Elles sont tout simplement divines. Randy s’avance pour accorder un autre solo au sax. Plus rock, le « Cotton Field » de Lead Belly met en exergue la technique des gratteurs. Mike loupe volontairement son intervention vocale pendant « Be True To Your School ». De quoi provoquer l’hilarité dans la foule. Randy y a troqué son sax contre une flûte traversière. Tout au long de « Little Deuce Coupe », des voitures de collection défilent sur l’écran. La première partie du show tire à sa fin, et après les rock’n’roll « 409 » et « Shut Down », elle s’achève par le grandiose « I Get Around ». Entracte !

Welcome in California ! Car la célèbre reprise du « California Dreaming » de The Mamas and The Papas ouvre le deuxième volet. Le drummer s’impose au chant, tout en assurant aux drums. Ce qui n’empêche pas Randy Laego de se réserver un nouveau solo au saxophone et de s’avancer au bord de l’estrade, comme chaque fois qu’il souffle dans ses instruments. Et le classique « California Girls », une compo qui fait l’éloge de la drague, du surf, de la plage tout en célébrant la joie de vivre sous les rayons de soleil, confirme cette invitation. Surf aussi comme les sonorités de grattes dispensées par « Then I Kissed Her ». En 1966, les Beach Boys gravaient l’incontournable elpee « Pet Sounds ». « Would’t It Be Nice » en est extrait. Place ensuite au karaoké. Les paroles défilent sur l’écran. Le public se prête à l’exercice, bien aidé –et joyeusement– par la troupe. « Forever » honore John Stamos. Il est vraiment impérial derrière ses fûts. Mais également très à l’aise derrière sa gratte ou au chant. La version du « Rock And Roll Music » de Chuck Berry rend hommage au célèbre guitariste, récemment disparu. Tout en s’accompagnant à la semi-acoustique, Jeffrey s’impose aux vocaux tout au long de « Kokomo ». Et le voyage s’achève par d’inévitables « Good Vibrations ». Un final d’enfer au cours duquel le public est debout.

Outre le rappel, Mike explique la raison de ce bout de tissu qui est accroché à son pied de micro. Souvenirs, souvenirs ! George Harrison et Mike étaient amis. Ils ont pratiqué la méditation transcendantale, ensemble. Puis vendu ces foulards afin de récolter des fonds ; des fonds destinés à une association caritative en Inde. Ils les exhibaient déjà en 1971 ! Et Love n’oublie pas d’adresser un petit clin d’œil aux ladies, quand il leur demande d’allumer leurs i-phones et de les balancer, en cadence, au-dessus de leurs têtes…  

Setlist

Première partie : « Surfin’ Safari », « Catch A Wave », « Little Honda », « Do It Again », « Surfin’ USA », « Sufer Girl », « Getcha Back », « Good To My Baby », « Aren’t You Glad », « Kiss Me, Baby », « Why Do Fools Fall In Love » ( Frankir Lymon And The Teenagers cover), « When I Grow Up (To Be A Man)», « Cotton Field » (Lead Belly cover), « Be True To Your School », « Don’T Worry Baby », « Little Deuce Coupe », « 409 », « Shut Down », « I Get Around »

Seconde partie : « California Dreaming » (The Mamas And The Papas cover), « California Girls », « Then I Kissed Her », « Sloop John B » (traditionnel cover), « Would’T It Be Nice », « Disney Girls », « I Can Hear Music » (The Ronettes cover), « All This Is That », « Forever », « God Only Knows », « Pisces Brothers », « Summer In Paradise », « DoYou Wanna Dance ? » (Bobby Freeman cover), « Rock And Roll Music » (Chuck Berry cover), « Help Me, Rhonoa », « Kokomo », « Good Vibrations »

Rappel : « Wild Honey », « Barbara Ann » (The Regents cover), « Fun, Fun, Fun »

(Organisation : STLIVE)

 

Eli ‘Paperboy’ Reed

My way home

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De son véritable nom Eli Husock, Eli ‘Paperboy’ Reed, est chanteur/compositeur. Il est originaire du Massachusetts. Avant d’entamer une carrière dans l’univers de la soul, il a pas mal bourlingué. Il a ainsi transité par Clarksdale, dans le Mississippi, afin de s’imprégner de la culture des juke joints. Puis, il a sévi à Chicago, pour y étudier la sociologie. De retour à Boston, il enregistre son premier opus, "Sings walkin’ and talkin’ for my girl and other smash hits!", en 2005. Il embraie par "Roll with You", en 2008. Ensuite par "Come and get it!", en 2010 ; un elpee qui paraît chez Capitol. Puis, il grave "Nights like this", en 2014, sur le label Warner. Le succès est rapidement au rendez-vous. Personnelle, la soul de cet artiste, lui permet de tourner à travers le monde, et tout particulièrement en Europe et en Australie.

Pour publier ce nouvel LP, Eli a encore changé d’écurie. Il a signé chez Yep Roc. Ce cinquième long playing a été enregistré au sein d’un studio de Brooklyn. ‘Paperboy’ signe les onze plages. Il se charge des vocaux et de la guitare et est soutenu par son backing group ; en l’occurrence l’organiste J.B Flatt, le bassiste Michael Montgomery, le drummer Noah Rubin ainsi que le percussionniste Loren Humphrey.

"Hold out" ouvre la plaque. On a l’impression de replonger au cœur d’une autre époque ; celle au cours de laquelle les juke-boxes guidaient nos choix musicaux. Particulière, autoritaire, la voix d’Eli–soul of course– est plutôt criarde ; mais elle trace la ligne de conduite. En outre, il se révèle excellent gratteur. Dansante, cette compo est tapissée par les interventions chaleureuses de l’orgue et enrichie de chœurs. Blues lent, "Your sins will find you out" est de la même trempe. "Cut ya down" est un traditionnel gospel. Judicieusement arrangé par Mr Reed, cette plage est traduite en funk et r&b. Soutenu par une voix de baryton, il chante remarquablement l’indolent "Movin’", une autre ballade r&b. Excellent morceau, "Tomorrow’s not promised" trempe dans la soul/pop. Ballade indolente, "My way home" lorgne vers Sam Cooke, même si la voix d’Eli est plus puissante. Une légende qui hante également "I’d rather be alone", un blues aux accents subtilement orientaux. Excellent ! Plus blues, "Eyes on you" met en exergue les percussions de Rubin et Humphrey. Des percus qui libèrent toute leur puissance sur "A few more days", un r&b dynamique qui déménage littéralement. Gospel participatif, "The strangest thing" est imprimé sur un tempo enlevé. Une plage vraiment irrésistible. Introduite par des cordes acoustiques et tapissée par l’orgue, "What have we done" est une ballade flemmarde qui met davantage l’accent sur les vocaux.

 

Little Boys Blue

Tennissippi

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Vingt ans déjà que JD Taylor (chant/harmonica) et Steve Patterson (slide) ont fondé Little Boys Blue. A Jackson, dans le Tennessee. Ils cherchaient à célébrer leur cocktail de blues (Memphis et Tennessee), rockabilly, rock ainsi que country. "Bad love", le précédent opus –le troisième– est paru en 2014 sur le label de Jimmy Exum, Jaxon. Taylor est soutenu par deux guitaristes (Alex Taylor et Tyler Goodson), un bassiste (Drive Mallard), un drummer (Mark Brooks) et un claviériste (Dave Thomas). Les sessions d’enregistrement ont été réalisées au célèbre studio Muscle Shoals, en Alabama. Dix des douze plages sont signées par le groupe. Elles sont essentiellement issues des plumes de JD et Alex Taylor.

Invité, Webb amorce "Tennissippi" à la slide, un blues qui navigue quelque part entre Memphis et le Mississippi. La rythmique est saccadée et nerveuse. La voix de Jo Taylor passe bien la rampe. Et ce dernier s’autorise un envol sur son harmonica avant de céder le relais à Alex sur ses cordes. Une sonorité de gratte distordue par une pédale prélude "Lights on", un R&B cuivré par les Alabama Horns. La rythmique d’Alex Taylor s’évade, puis c’est au tour de l’orgue Hammond de Dave Thomas, de l’harmonica et enfin, de la trompette de Ken Waters, de bénéficier de cette latitude. Rapide, "Pack it up baby" est également cuivré. Dave Mallard rejoint JD aux chœurs. A la moindre occasion, les musicos prennent un billet de sortie ; que ce soit la guitare, l’orgue, l’harmonica ou le saxophone de Bad Brad Guin. Et pourtant l’ensemble se révèle particulièrement homogène et chaque musicien se montre respectueux de ses partenaires. "If Id’a know" est un blues nonchalant. Tout comme "35 years", une plage qui ne manque pas de charme. Goodson se réserve une superbe sortie sur la slide, bientôt rejoint par Dave, passé au piano électrique. Et quelque part, cette compo rappelle le Little Feat de feu Lowell George. A cause de cette voix quelque peu nasillarde et puis des interventions de slide… Et comme pour la plupart des pistes de cet elpee, les musiciens n’hésitent pas à mettre le nez à la fenêtre ! La reprise du célèbre "Chtilins con carne" de Kenny Burrell est une plage instrumentale dansante, aux accents exotiques. Le piano électrique, l’harmonica, la trompette et enfin la guitare (NDR : non, ce n’est pas Carlos Santana) se distinguent par d’excellentes interventions. Un riff d’harmonica balise "Do you no wrong", un R&B captivant et dansant, au cours duquel, les deux sixcordistes prennent de superbes envols. Introduit par des sonorités d’harmonica créatives, "Smoke rings" est blues lent, tapissé d’orgue et de piano, et traversé par une slide. JD Taylor chante cette ballade, d’une voix chargée d’émotion. "Health insurance blues" opère un retour aux racines, un blues classique découpé dans les cordes acoustiques, alors que l’harmo épaule le chant. Bien qu’amplifié, "Wanna be your loving man" est un blues imprimé sur un tempo gracile ; et JD ainsi qu’Alex libèrent une nouvelle fois leurs cordes. Un processus qu’on retrouve sur le solide "Big pimpin sugar daddy Romeo", un titre au rythme soutenu, chanté passionnément par JD, qui permet surtout à Dave Thomas de tirer son épingle du jeu sur l’orgue Hammond. D’excellente facture, ce long playing s’achève par "Jackson", un instrumental qui met une dernière fois en exergue, le talent des différents solistes.

 

Dead Cowboy’s Sluts

Obedience

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Quelle pêche ! Dead Cowboy’s Sluts –Putes de Cowboys Morts (tout un programme !)– nous livre son second opus studio intitulé « Obedience ». Le moins qu’on puisse dire, c’est que ça colle aux bronches. Pendant un peu moins de trois-quarts d’heure, il envoie une volée de bois vert, mais métallique (?!?!?), dans un style difficilement classifiable. Un style qu’on pourrait qualifier de thrasho-metal-core, mais dont les accents sont empruntés à Lamb of God, s’il ne fallait citer qu’eux. La voix puissante de Benjamin Leclerc, soutenue par une batterie rapide et des guitares carrées, ne vous lâche pas d’une semelle. Un mur de son, qui profite de temps à autre d’un break de courte durée pour repartir de plus belle et tout écraser sur son passage. Bien insensible et partiellement sourd celui qui ne ‘headbanguerait’ pas à l’écoute des douze morceaux de ce LP. Un reproche néanmoins : trop d’éléments sont intégrés dans les compositions. Ce qui de temps à autre sature l’expression sonore et neutralise des idées qui auraient pu être davantage exploitées. A l’instar de la plage titulaire de l’elpee, au cours de laquelle l’excellent riff de départ, sensé profiler tout le morceau, aurait pu être mis davantage en exergue, au lieu de le noyer dans la masse. Ou encore de temps à autre ces breaks trop courts que pour être réellement dévastateurs. En trois mots : less for more. Mention néanmoins à « Red Light District », titre à l’architecture atypique sur cet LP. Plus languissant, ténébreux, doté d’une identité particulière, il devrait s’avérer plus que probablement terriblement efficace en ‘live’. Quoi qu’il en soit, « Obedience » est une très belle surprise, un concentré de puissance explosive qui ne demande qu’à être circonstanciellement mieux aiguisée afin de devenir davantage incisive et pénétrer plus profondément dans le gras de la bête. Une bonne fois pour toutes.  

 

Fall Out Boy

Acouphènes garantis…

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Ce soir votre serviteur remplace un collègue, empêché. En espérant que le spectacle soit de bonne facture. Dehors, il pleut. Pas de bonne augure ; d’autant plus qu’à Forest National, le son est rarement au point. La salle est en mode Club. Le deuxième étage est fermé par des tentures, de manière à ramener sa capacité à 4 000 âmes. Et cet espace sera presque sold out pour la tête d’affiche. Le public est plutôt jeune. On y remarque quand même la présence de quelques quinquas et quadras. Fall Out Boy se produit à Bruxelles, dans le cadre de la tournée baptisée ‘American Beauty/American Psycho Tour’.

Le supporting act attaque son set à 19 heures. Baptisé Charley Marley, le band est londonien. Il est signé sur le label indépendant du bassiste de Fall Out Boy, Pete Wentz. A contrario de ce qu’on aurait pu penser, il ne s’agit pas d’un des nombreux descendants du grand Bob. Il pratique une musique ma foi fort conventionnelle, fruit d’un cocktail de pop, funk, hip hop et électro. Un seul titre disponible sur la toile : « Bad Things With Jamaicans ». En ‘live’, il se produit sous la forme d’un quatuor : un claviériste, un drummer, un guitariste et le chanteur. Ce dernier remue pas mal sur les planches. Et juvénile, l’auditoire est particulièrement réceptif. Il réagit d’ailleurs en conséquence. L’ambiance monte ainsi progressivement en puissance.

Le problème vient des infrabasses. Elles remontent par le siège et le sol et vous agressent les tripes. En outre, malgré les protections dans les oreilles, les tympans trinquent. Je décide alors de faire l’impasse. En espérant que le set de Fall Out Boy ne provoque pas les mêmes tourments.

Retour dans la salle de votre serviteur, lors du changement de matos. Une immense colonne formée d'écrans leds est descendue et occupe toute la largeur de la scène. Deux estrades ont été placées en avant. On remarque la présence d’une plus petite, entourée de barrières ‘nadar’, juste à l'entrée de la fosse, et sous la table de mixage. 

Fall Out Boy a publié son sixième elpee, l’excellent « American Beauty/American Psycho », en janvier 2015 ; et il est venu le défendre.

Fondé par Patrick Stump (voix, guitare), Pete Wentz (basse), Joe Troham (guitare) et Andy Hurley (batterie), il est né début 2001. Joe et Pete militaient au sein de différents groupes punk/hardcore. Dans la région de Chicago. À ses débuts, les musicos n’avaient pas encore réussi à déterminer un patronyme. Lors d'un de leurs premiers concerts, un des spectateurs leur a suggéré Fall out Boy (NDR : un personnage des Simpson, Atomic Boy en VF). Deux ans plus tard, le quatuor publie son premier opus, « Take This To Your grave ». Les amateurs de jeux vidéos se ruent sur le disque, dès sa sortie ; et pour cause, le groupe y soutient GTA, jeu constamment vilipendé par les défenseurs de la morale américaine.

Un petit film défile sur l'immense toile disposée en avant-scène. Dès qu’il est terminé, il remonte doucement vers le plafond. Les deux guitaristes et le bassiste débarquent et s’installent à l’avant-plan sur une même ligne. Barbu et le corps couvert de tatouages, le batteur s’est planté sur une estrade surélevée. Les faces avant sont constituées de téléviseurs TV LCD, où seront projetés des films, et un immense écran est placé derrière lui. Cet énorme show à l'américaine sera amplifié par un light show imposant, partagé entre lumières et lasers, histoire de nous en mettre plein la vue…  

« Sugar, We're Goin Down », issu de l’elpee « From Under The Cork Tree » (2005), ouvre le set en force. Un peu trop quand même à mon goût. A cause du batteur. La puissance libérée par ses fûts est trop bruyante. Chaque fois qu’il cogne sur ses toms basse et la grosse caisse, les retours d’infrabasses s’apparentent à des secousses sismiques. Et votre organisme en prend un coup. En outre, insupportables pour les oreilles, les accès de basse risquent de vous causer des acouphènes. Et pourtant, votre serviteur a enfoncé des protections dans ses feuilles de chou. Or, il est placé à proximité de la table de mixage, emplacement idéal pour bénéficier du son le plus parfait. En espérant alors qu’au fil du show, la situation va s’arranger. Car les instruments à cordes passent parfaitement la rampe.

Sur « Irresistible » –une nouvelle compo– les gratteurs se déchaînent. Dans la fosse, l’ambiance est hystérique. Je décide donc d’aller prendre l’air et revient dans la salle pour « Thriller » (« Infinity On High »). Pas d’amélioration. Pourtant, devant le podium, les aficionados mettent le souk ; mais ne se rendent sans doute pas du volume sonore plus que pénible à encaisser. La première partie s’achève par « This Ain't a Scene, It's an Arms Race », avant que l’écran ne redescende, pour permettre le défilement d’une vidéo. Soudain les jeux de lumières sont braqués sur la petite scène, sous la console du son. Les deux gratteurs et le bassiste sont assis l'un à côté de l'autre, en ligne, et nous proposent deux morceaux en format acoustique : « Immortals  » et « Young Volcanos ». Sans batterie, le son est impeccable. Huit minutes en tout et pour tout à savourer. Avant que le drummer ne revienne pour un solo kilométrique, sous les lasers qui se croisent et s’entrecroisent. Les trois autres musicos réapparaissent sur le podium pour attaquer « Dance, Dance ». C’est aussi le retour des infrabasses. Je préfère jeter l’éponge. Dommage, car le light show était exceptionnel. Vu le prix des places, c’est cher payé. Pourtant, sans les drums, le son était irréprochable. Soit l’ingé son est un incompétent, soit le groupe cherche à assommer son auditoire. Pas encore votre serviteur, qui a préféré prendre la poudre d’escampette…

(Organisation : Live Nation)

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