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BirdPen

All function One

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« All function one » constitue le sixième opus de Birdpen, un duo britannique réunissant David Penney et Mike Bird, aka Mike Hurcombe. Également impliqué au sein d’Archive, le premier se réserve le chant alors que les deux compères se consacrent à la guitare et aux claviers. 

Baignant au sein d’un climat cinématographique, la musique de Birdpen puise son inspiration aussi bien dans l’électro expérimentale, l’alt, le post que le kraut rock.

Souvent complexes, les 12 pistes d’« All function one » traitent de thèmes bien contemporains, comme la solitude, les fake news, la paranoïa et la dépendance numérique.

L’elpee s’ouvre par « Function ». Paru en single, il monte progressivement en crescendo et déjà Raphaële Germser, invitée pour la circonstance, se distingue au violon alto. « Life in design » aurait pu figurer au répertoire de The Dodos. Mêmes inflexions vocales, sens mélodique analogue et grattage des cordes savoureusement discordant, y compris. Pas le drumming, quand même !

Dansant, « Modern junk » est imprimé sur un beat électro exotique. Mid tempo, « Seat 35 » évolue sur un drumming sinistrement syncopé (Joy Division ?), alors le violon et le chant flottent dans l’atmosphère. Un climat qu’on retrouve sur « Universe ». Effleuré par les accords satinés d’une sèche, le morceau s’évapore dans un Mercury Rev…

Et la voix est toujours aussi éthérée tout au long de « Blackhole », une plage dont les accents psychédéliques semblent produits par une bande passée à l’envers. Ces harmonies vocales atmosphériques alimentent les deux dernières plages de cet LP. Une gratte acoustique en boucle brode « Invisible », un morceau qui bénéficie d’arrangements de cordes. Des violons qui gémissent en fin de parcours, d’« Undone ».

Enfin, meilleur titre de ce long playing, « Flames » frôle l’univers psyché/mélancolique du « Kiss me, Kiss me, Kiss me » du Cure, alors que paradoxalement, la voix emprunte une tonalité métallique.

Ce n’est pas cet album qui va permettre Birdpen d’augmenter son contingent de fans en Grande-Bretagne ; à contrario du continent européen, où le tandem y est particulièrement apprécié. Ce qui ne devrait pas changer…

BirdPen

Des artistes politiquement engagés…

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Il y aura moins de concerts en 2017, au Salon de Silly. La programmation a été revue de fond en comble, afin d’accueillir des spectacles de taille internationale, comme celui de ce soir, qui va proposer BirdPen (NDR : le side project de Dave Penn et Mike Bird), en supporting act de Talisco. Excusez du peu ! Faut dire que la formation insulaire se produisait la veille au Bota et était attendue, en Suisse, le lendemain. Bref, ce soir, on va donc bénéficier de deux têtes d’affiche. Et le public est chaud boulette pour de tels événements. On dénombre même de nombreux aficionados du combo britannique, aux premiers rangs. Certains débarquent de Rodez ! Et bien sûr, le concert est sold out.  

BirdPen est venu défendre son dernier opus, « O’ Mighty Vision », paru en août dernier. Il a précédé celui d’Archive, publié en octobre, combo au sein duquel Dave Pen milite également. On peut donc affirmer que ce dernier n’a pas chômé, au cours des derniers mois.

A 21 heures pile, une intro nous invite à pénétrer dans l’univers de « O'Mighty Vision ». Un light show de couleur rouge baigne la scène. Une préface d’un peu moins d’une minute qui précède l’entrée des artistes. Le drummer s’installe à l’extrême droite. Un gratteur, casquette à penne vissée sur le crâne, se plante devant lui. Dave salue le public qui lui répond en frappant des mains. Mike se case à gauche de Dave. Il est très appliqué, que ce soit à la six cordes ou aux claviers. Lorsque ce dernier se prend pour un chamane, la musique devient propice à la transe. Et les sonorités de guitares nous plongent alors dans les ténèbres.

Dave et Mike sont des artistes particulièrement engagés. Notamment dans le domaine de la politique. Ainsi, ils n’ont pas hésité à dénoncer le Brexit ou les dérives populistes qui se produisent en Europe, que ce soit à travers leurs déclarations ou les thèmes abordés dans leurs compos. D’après leur analyse, c’est cette dérive populiste et les discussions politiques de comptoir qui ont poussé la Grande-Bretagne à sortir de l’Europe. Mais c’est le monde de la finance (banques, multinationales) qui a encouragé cette décision. Et ce message est véhiculé par « The Chairman », une compo au cours de laquelle les harmonies vocales sont atmosphériques et le refrain entre en lice, dès l’intervention des guitares.

Plus électro/pop, « Tookit » nous rappelle que Talisco va succéder à BirdPen, sur les mêmes planches. Dave a d’ailleurs rangé sa gratte, alors que les percus et les claviers finissent par s’emballer…

Dominée par les claviers et les grattes, « The Solution Is The Route Of All My Problems » est la piste la plus longue du dernier elpee. Atmosphérique, éthérée même, elle lorgne manifestement vers la prog. Celle d’Archive, probablement. Ou alors du Floyd. Excellent ! Les fans participent alors à un grand moment de recueillement. Dans le même esprit « Lifeline » est propice à l’évasion de l’esprit. Les cordes y sont littéralement dantesques. Comme lors des morceaux finaux, « Into The Blacklight » et « Off ». Les larsens sont parfaitement maîtrisés. Les percus, hypnotiques. Et la voix de Dave pénètre dans la stratosphère…

Le rappel n’implique pas de sortie de scène. Le band préfère sans doute battre le fer tant qu’il est chaud. Le drumming syncopé de « The Underground » plombe volontairement l’atmosphère. C’est dans ce style que la musique Birpen est vraiment la plus intéressante. A l’issue d’« Only The Name Change » les néons verticaux se rallument et diffusent une lumière de couleur blanche…

A l’intérieur du Salon, il fait de plus en plus chaud. Un détour par le bar s’impose pour s’offrir un petit rafraîchissement. Talisco, c’est le projet du Bordelais Jérôme Amandi. Ce soir, il va nous proposer de larges extraits de son dernier elpee, « Capitol Vision », un disque coloré, ensoleillé, qui a été enregistré à Los Angeles. Et sur les planches, il est soutenu par deux musicos. Un drummer et un claviériste, également préposé aux percus électroniques. Encore que régulièrement, ils changent de rôle. Jérôme va se servir, tour à tour de la guitare sèche ou semi-acoustique.

Bons baisers de Los Angeles (« A Kiss From L.A.»), c’est le brûlot qui ouvre le set. Le public est déjà sous le charme. Discrètement souligné par les ivoires, « Monsters And Black Stones » est imprimé par des percus soutenues. « Follow Me » nous entraîne sur les grandes plaines de l’Ouest, pour y vivre une cavalcade effrénée. Le spectre de Sergio Leone plane. Des « Shadows » qui se révèle bien plus urbaines… mais toujours américaines. Particulièrement dansants, « Your Wish » et « Sorrow » sont destinés à évacuer les fourmis qui nous démangent les guiboles. « Thousand Suns » est une compos électro/pop classieuse. « Sitting With The Braves » nous invite autour d’un feu de camp. La mélodie est jolie. Les percus sont tribales. Et les cordes de gratte, atmosphériques. Empreint de douceur, « The Martian Man » se distingue par ses superbes harmonies à trois voix. Le popotin recommence à remuer dès « Stay (Before The Picture Fades) ». Tout comme lors d’« Everyone », un morceau plutôt excitant. Les spaghettis du western italien débordent de la casserole en ébullition. « Loose », c’est un peu le coup de cœur de votre serviteur. Il est à inscrire en lettres ‘Capitole’ sur cet excellent second album. Et c’est « The Keys » qui va mettre le souk devant et derrière le podium. Faut dire que sympa et interactif, Jérôme est un fameux showman. Et le concert de s’achever par « Behind The River ». Une superbe soirée !

(Organisation : Silly Concerts ASBL)

BirdPen

O'Mighty Vision

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Le douzième opus d’Archive, « The False Foundation », est paru ce 7 octobre 2016. Et celui de Birdpen, ce 26 août dernier. Dave Pen n’a donc pas chômé au cours des derniers mois. Mais venons-en au quatrième elpee de Birdpen, soit celui du duo réunissant Pen et Mike Bird. Qui fait suite à « In The Company of Imaginary Friends », gravé l’an dernier. Comme on vous le disait que Dave est hyperactif ! D’autant plus qu’en 2015, il a réalisé un autre album, en compagnie de l’ex-Go-Betweens, Robert Foster, au sein d’un side-projet baptisé We Are Bodies.

Lors des sessions d’enregistrement de « O'Mighty Vision », la paire a reçu le concours du drummer d’Archive, Smiley, pour deux titres (« Trust », « The Solution Is The Route Of All My Problems »). 

Birdpen est un peu un camp d'entraînement et d'échauffement pour le collectif Archive.

Début 2015, un grand débat agite le monde politique insulaire au sujet du Brexit. Mike et Dave n’ont pas leur langue en poche ; aussi, ils ont voulu décrypter la situation.

La dérive populiste et les discussions politiques de comptoir ont, suivant leur point de vue, orienté cette décision. Mais c’est le monde de la finance –que ce soit les banques ou les multinationales– qui l’a encouragée (« The Chairman »). Les harmonies vocales sont atmosphériques. Le refrain est amorcé dès l’arrivée des guitares.

Cette vision étroite est défendue par ces dirigeants politiques (« Traitors »). La mélodie est basique et entêtante. Les claviers tracent le profil électro de cette piste.

La batterie imprime un tempo hypnotique tout au long du titre maître. Discrets, ivoires et cordes sont ici empreints de délicatesse.

« Tookit » adopte un profil electro/rock.

« The Solution Is The Route Of All My Problems » est la plage la plus longue de l’elpee (NDR : 12'33'', quand même), une compo aventureuse, vaporeuse, onctueuse, dominée par les claviers et les guitares. Archive n’est pas loin. Le Floyd, non plus.

« Dance To The End » s’élève dans la stratosphère…

Déclamatoire, « The Underground » clôt cet opus. Le discours est sombre. Mais aussi, profond…

BirdPen

Même s’il faut soulever des montagnes…

Birdpen est une formation anglaise drivée par le chanteur/guitariste d’Archive, David Penney, et le guitariste/claviériste Mike Bird, roadie au sein du même collectif. C’est à l'hôtel Bloom, situé à deux pas du Botanique, que le tandem nous a accordé cette interview, juste avant son concert à l’Orangerie. Après avoir publié 5 Eps (autoproduits) depuis 2003, BirdPen a gravé « On/Off/Safety/Danger » en 2009, « Global Lows » en 2012 et « In The Company Of Imaginary Friends », cette année. Mais intéressons-nous d’abord à l’opération ‘Trekstock’ à laquelle participent les membres d’Archive, et Dave, notamment…

Dave : « Trekstock » est un projet caritatif qui vient en aide aux enfants atteints du cancer. Mais également qui se préoccupe de la jeune enfance, afin de prévenir cette maladie. En l’invitant à adopter une vie et une alimentation plus saines, notamment. Un projet qui a démarré, il y a plus ou moins 18 mois. C’est Alex, notre tour manager, qui nous a sensibilisé à cette question. Nous avons rencontré des membres de l'organisation et nous sommes avons projeté de réaliser l'ascension du Mont Blanc, pour lui donner une impulsion. Nous ne sommes pas parvenus au sommet, mais au moins au dôme, dernier niveau avant l'ascension finale. Nous étions presque arrivés au but, mais le temps s'est un dégradé vers 5 heures du matin. Nous étions accompagnés de guides chevronnés. Nous avons donc dû rebrousser chemin. On a quand même réussi à collecter 13 mille livres. Puis on a accordé quelques concerts au cours desquels on a accompli quelques DJ sets. Toutes ces initiatives nous ont permis de collecter des fonds. C'était une superbe aventure qu’on a vraiment appréciée. Et le dessein nous tenait vraiment à coeur.

Ce sont des gens comme toi qui permettent de se mobiliser contre cette maladie, surtout quand elle touche les plus jeunes. Quand on est passé par là, on sait de quoi il en retourne. Et la musique devient alors pour toi, une véritable drogue.

Dave : Oui en effet, la musique est toujours un bon moyen de s'évader et de prendre du recul par rapport à la maladie. Je te remercie pour le compliment.

Gravir le Mont-blanc, c’était un fameux défi, quand même ?

Dave : Je n'avais jamais osé me lancer dans une telle aventure auparavant. J'avais bien réalisé quelques petites ascensions, dans d’autres régions, mais jamais je n’avais eu recours à des équipements aussi spécifiques que des pics à glace ou des casques. Il a fallu que me fasse violence pour sortir de mon confort quotidien. C'était un challenge à la fois relativement neuf et effrayant en même temps. Mais, ce défi m’a permis de donner un autre sens à la vie…

Vous tenteriez à nouveau l’expérience ?

Dave : Oui, car je sais maintenant à quoi m'attendre.

En insistant davantage sur la préparation ?

Dave : Oui, principalement mentale. Nous vivons dans un une région peu accidentée. Pour s’entraîner, on est obligé de se rendre au Pays de Galles ou dans les Midlands. Donc il est relativement difficile de pouvoir s'exercer. J’ai un peu fréquenté les salles où on pratique l’escalade. Mais cela n'a rien à voir. Physiquement, j'étais prêt. Mais mentalement, c'était une autre paire de manches…

Pourquoi avoir fondé Birdpen ? Surtout quand on est impliqué dans un groupe qui possède déjà une telle notoriété. Vous avez dû sortir de votre cocon ?

Dave : Mickael va répondre…
Mickael : Les événements se sont déroulés différemment. Birdpen est un projet que nous menions, bien avant de nous investir chez Archive. En 2002, nous réalisions déjà des vidéos pour d'autres groupes, que nous signions Birdpen. Puis on a commencé à se produire en concert et développé d’autres concepts…

Vous parvenez à gérer deux groupes ? N'est-ce pas, parfois, un peu schizophrène ?

Dave : Complètement. Actuellement je suis impliqué dans 3 projets. Je bosse également dans l'industrie musicale. Tout dépend de la nature de ton job. On pourrait se contenter de s’exprimer uniquement à travers Archive ; mais je ne crois pas que ce soit une bonne idée. Parfois, on veut développer d’autres trucs, différents du collectif Archive. Archive est le fruit de l’imagination de différents musiciens. Aux idées différentes. Ce qui le rend billant et unique en son genre. Birdpen se limite à celles de Mickael et des miennes. Et c'est vraiment très bien ainsi. Le troisième plan auquel je participe, c’est celui de Robin Foster. Mais il se charge de la musique, et moi des paroles. Ces trois projets me tiennent vraiment à cœur. Le plus important est de rester actif. Chaque fois, ce sont des moyens qui permettent d'exprimer tes idées, tes opinions et de solliciter ton inspiration. Nous avons beaucoup de chance que le public apprécie notre création. Mais pour y parvenir, tu dois t’impliquer à fond et montrer ce dont tu es capable.

Et en même temps, te permettre de t'échapper d’Archive ?

Dave : Absolument ! Même s’il est parfois plus difficile de les mener à bien que de participer au collectif. Mais l’inverse est également vrai. Quand je me retrouve au sein d’Archive, je peux également m’évader des autres projets. Et je le reconnais, c’est une énorme opportunité de pouvoir disposer de plusieurs cordes à ton arc, et de vivre ta vie comme tu souhaites la vivre. Ce qui te permet d'acquérir de l'expérience, d’emmagasiner des connaissances, trouver de l’inspiration pour écrire et t’ouvrir l'esprit.

Vous semblez très proche du public belge ?

Dave : C’est sans doute dû au fait qu’on y accorde le plus de spectacles, depuis un bon bout de temps. Les Belges et les Anglais ont pas mal de points communs. Chaque fois qu’on se produit en Belgique, sa réaction est vraiment surprenante. Que ce soit lors des festivals ou au Botanique, elle est même fantastique. Au fil du temps, les représentations se sont enchaînées et l’accueil est toujours aussi bon.

Il sert de test pour vos nouveaux shows, avant de partir en tournée ?

Dave : On a déjà joué nos nouvelles chansons dans d’autres pays. C’est la première fois qu’on les interprète, ici en Belgique. On avait inversé le processus, lors de la sortie du précédent album. On avait inauguré nos compos sur le sol belge. Mais pas cette fois-ci. Nous ne pouvions pas attendre avant de les dispenser. Mais je pense que certains fans ont déjà entendu nos nouvelles chansons. Donc, ils savent, je pense, plus ou moins à quoi le nouvel album ressemblera…  

C’est votre troisième. Il s’intitule « In The Company Of Imagining Friends ». On peut en savoir davantage?

Dave : Oui, bien sûr. L’an dernier, nous avions composé deux morceaux et nous voulions approfondir le sujet. Le concept repose sur la perte de conscience. Pense aux alcooliques ou aux drogués. Ils s’enfoncent progressivement dans le côté obscur de l’existence. Et quand ils sont dans les ténèbres, il faut pouvoir s’en sortir. De nombreux êtres humains traversent des épreuves dans la vie. Cela m'affecte. Elle est relativement clémente pour moi ; mais ce n’est le cas pour tout le monde. Des tas de mésaventures peuvent s’y produire. Mais au mieux on peut les analyser, au plus elle deviennent claires et au mieux on peut les combattre. Ce disque est une porte ouverte qui laisse les gens entrer. C'est un album très personnel. Mais, aussi une libération pour pouvoir exprimer et évacuer sa détresse. Il reflète ce que l'on fait dans sa propre vie…

Est-ce une forme de thérapie qui vous a été nécessaire ?

Dave : Nous l’avons enregistré. Nous l’avons mixé ; une tâche que nous n’avions jamais exécutée auparavant. Mickael y a passé beaucoup de temps. Quand on l'écoute, les sonorités sont tout simplement incroyables. On l'a conçu et on l'a produit. C’est du 100% Birdpen. Autrefois, on devait avoir recours à un producteur et à un mixeur. Nous sommes relativement fiers du résultat.

L’accouchement a été difficile ?

Dave : Pas vraiment ! Nous connaissions parfaitement le sujet. Nous savions ce qu’on voulait faire. Ce qui est plus facile que lorsque tu ne sais pas exactement ce que tu veux. Nous étions très confiants. Nous étions conscient qu’on pouvait y parvenir ensemble. Et on y est arrivé…

Qui se charge des textes ?

Dave : Je les ai tous écrits !

Et de la musique ?

Dave : Mickael et moi, ensemble !

En général, le troisième album constitue un tournant dans la carrière d'un groupe. Etiez-vous conscients de cette situation, quand vous avez décidé de le produire et de le mixer vous-mêmes ? N’avez-vous pas l’impression d’avoir pris des risques ?

Dave : On a accompli un grand pas en avant en se chargeant à deux de cette tâche. Et si on est capable de l’accomplir, je ne vois pas de raison de changer notre fusil d’épaule, dans le futur. Il ne s’agit pas vraiment d’un changement ou un tournant, mais plutôt d’une progression naturelle dans la manière de travailler ensemble et d'écrire. De toutes manières, le résultat correspond exactement à ce que nous souhaitions entendre. Et puis Birdpen n’était pas très connu et il ne l’est pas beaucoup plus aujourd’hui. Au départ, tu enregistres toujours un album pour toi-même ; mais lorsqu’il sort, un tas de monde s’y intéresse et passe son temps à creuser le contenu…  

« I Like A Mountain », c’est la première plage de l’elpee. On en revient à l’ascension du Mont Blanc ?

Dave : J'avais écrit cette chanson avant d’entamer cette aventure. « I Like A Mountain » n’évoque pas l’escalade d'une montagne, mais un état d’esprit. Il faut prendre ce titre au sens figuré. Mon message c’est quelle que soient les épreuves de la vie, il faut juste les affronter comme elles sont. Même si on a l’impression de devoir soulever des montagnes pour trouver une solution. J'aime cette métaphore…

Quelques mots sur le nouvel album d'Archive ?

Dave : Il s’intitule « Restriction » et on vient de publier 3 singles en même temps. C'est encore le fruit d’idées fraîches et novatrices. On a de nouveau essayé de repousser les limites. Nous avons réalisé ensemble et simultanément toute une collection de vidéos aux visuels différents. Nous allons les faire vivre. On a beaucoup expérimenté. On s’est ouvert de nouvelles perspectives. Je pense que le public va vraiment apprécier. Une longue tournée suivra. On prie pour que tout se passe bien. Je touche du bois (NDR : il joint le geste à la parole).

BirdPen

Du retard à l’allumage…

Je me souviens, il y quelques années, j'avais eu la chance de mixer Birdpen à l'Atelier Rock de Huy, afin de suppléer leur ingé-son victime d’un problème de transport. J'avais vraiment apprécié de travailler pour ce groupe au sein duquel évoluait Dave Penney et l'extraordinaire batteur ‘Smiley’ (tous les deux militent au sein d’Archive) accompagnés par Mike Bird.

A l'époque, j'avais été envoûté par leur rock puissant et hypnotique. C'est donc le cœur léger que je me suis rendu, ce lundi au Botanique, sachant toutefois que ‘Smiley’ ne serait pas de la partie.

Difficile de m’étendre sur la prestation de Beautiful Badness car, comme d’habitude, c'est en retard que j’ai débarqué au Bota. Je n'ai donc pu voir que les deux derniers morceaux de leur prestation. Trop peu pour en juger. Et puis un collaborateur de Musiczine y assistait, et vous livre ses impressions .

Malheureusement pour Birdpen, c'est devant une assemblée clairsemée qu'il entame son spectacle. Après une intro enivrante, il embraie par « Like a mountain », un titre plus pop. Lors de l’excellent troisième titre « Safety », la voix de tête et la guitare puissante de Dave Penney rappellent les envolées de Six by Seven.

Par la suite, les morceaux s'enchaînent rapidement et malgré la grande maîtrise technique du band, on a du mal à accrocher. Composés de rythmes tribaux, avec utilisation de filtres, les titres du nouvel elpee, « In the company of imaginary friends », semblent un peu vides et manquent souvent de mélodies qui pourraient servir de fil conducteur.

Vers la fin du set, le groupe nous livre toutefois deux morceaux hypnotiques et très rock qui vont faire trembler l'Orangerie.

En rappel, le combo nous réserve deux titres. Tout d’abord une version acoustique et paisible de « Cold Blood ». Et surtout, « Only the name change », une compo qui laisse entrevoir toute la puissance et la qualité mélodique du band ; mais malheureusement un peu tard. On aurait d’ailleurs aimé vivre ce moment plus tôt et plus longtemps...

(Organisation : Botanique)

BirdPen

Global Lows

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Aucune chance d’y couper, donc autant l’annoncer tout de go : Oui Birdpen, c’est Bird pour Mike Bird et Pen pour Dave Pen.

Donc, dans ce projet à deux têtes, nous avons bel et bien une partie d’Archive.

Et puisque la voix nous ramène immanquablement à la formation britannique susmentionnée, les évidents rapprochements ne manquent pas de pleuvoir tout au long de cet LP.

Le climat emprunté est d’ailleurs tout aussi menaçant mais les similitudes ont tôt fait de s’éclipser à la lumière spectrale de compositions pleines de bravoure et il faut le dire, parfois un peu boursouflées.

Le ciel est plombé et les atmosphères sont oppressantes. « Global Lows » revendique une noirceur, parfois aussi surfaite.

Le spectre d’Archive n’est pas le seul à planer.

On pourrait citer celui du Radiohead de Tom York (« Nature Regulate »), de Bono ou encore plus évanescente, celle de The Cult (« Save Destroyer ») et donc par jeu de miroir, le reflet de Jim Morrison quand s’entrouvrent certaines portes.

Et puis on pourrait ajouter Editors pour le côté lissé d’une complainte inutilement ornée de fleurs savamment fanées.

La production de Jim Spencer (Oasis, New Order, …) assure une homogénéité digne d’un bloc de l’Est, version guerre froide, voire très froide, avec une précision chirurgicale qui fatalement nuit à la véracité du propos.

Certes, on peut concevoir des albums à la fois tourmentés et propres sur eux.

Mais on ne m’enlèvera pas de l’idée que plus la couche de vernis est épaisse, plus elle dissimule les craquelures de compositions malingres.

La nature humaine analysée sous ses coutures suintantes constitue le thème de prédilection de cet opus qui, vous l’avez deviné, ne se distingue pas par son optimisme.

Mais le groupe à l’intelligence de ne pas noyer l’ensemble sous une pathos exacerbée et si les pans de lumière se font rares, on évite quand même le piège de l’enlisement.

Compromis entre une production Pop léchée et une volonté farouche d’explorer des terrains de jeux plutôt minés, Birdpen conçoit de la noirceur propre, de la tristesse sans vague, du chagrin sans crasse.

Le résultat devrait donc séduire les moins exigeants, ceux pour qui une oreille suffit à aimer ou non un album.

Pour les plus tatillons, « Global Lows » constitue un produit bien ficelé mais dont l’emballage, aussi sombre et opaque puisse-t-il être, laisse transparaître quelques faiblesses dues sans doute à un manque d’authenticité.