La clef de TOPS git 6 pieds sous terre…

TOPS sortira son nouvel elpee, "Bury the Key", ce 22 août. Le quatuor propose une musique intemporelle qui allie profondeur et immédiateté. Il s’agit de son premier album complet depuis 2020, un opus qui explore des tons plus sombres tout en restant maîtres…

Winter adults only ?

Winter, une artiste issue de la nouvelle génération de shoegaze, a annoncé la sortie de…

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Ozark Henry connaît la musique Parker…

C'est vrai, l'attente a été terriblement longue ! « Us », son dernier album studio, date de 2017. Dans le monde éphémère de la musique pop, où les stars vont et viennent, c'est une éternité ! Mais il faut parfois savoir être patient, et en livrant « Light »,…

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Mr Bison

Les échos intergalactiques de Mr. Bison…

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Le cinquième opus de Mr. Bison paraîtra ce 16 février. Il s’agit d’un groupe italien dont la musique vous entraîne au cœur d’un voyage prismatique qui explore les notions de liberté et de destin à travers la mythologie nordique et tisse une tapisserie sonore vivante et majestueuse débordant de riffs liquides, de psychédélisme gracieux, de grandeur progressive et de voix vibrantes.

À propos de l'album, le groupe a déclaré: ‘Le thème de « Echoes from the Universe » est la tentative, en tant qu'êtres humains et temporels, d'échapper à l'idée d'une prétendue prédétermination du destin en parvenant à construire le chemin de sa vie par la volonté. Son concept est basé sur le mythe des Nornes, qui tissent les fils du destin universel sur une tapisserie, dans laquelle toutes les existences, dans un mélange continu de passé, de présent et de futur, se croisent et s'influencent mutuellement, générant ainsi un vortex kaléidoscopique de possibilités infinies et imprévisibles. C'est pourquoi nous les avons utilisés comme symbole de la liberté de choix, qui n'exclut jamais l'élément de hasard, mais l'implique au contraire’.

Issu de cet elpee, le single consacré à « Collision » est disponible sous forme de clip ici

 

 

 

Black Cat Biscuit

The way it is

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Black Cat Biscuit est une formation issue du Nord de la Belgique impliquant le chanteur/guitariste (rythmique) ‘Yasser’ Arnauts, le bassiste/contrebassiste Patrick ‘P. Daddy’ Indestege, l’autre sixcordiste (soliste) Raffe Claes, l’harmoniciste Mark ‘Mr. Mighty’ Sepanski et le drummer Jeff ‘Junior’ Gijbels.

Ce quintet avait remporté le ‘Belgian Blues Challenge’, en 2018, et décroché la 4ème place lors de l’‘European Challenge’, en 2019. Son inspiration, il la puise dans un éventail particulièrement large de blues (Texas, shuffle, swamp, boogie, jump, etc.), mais également dans le jazz et le funk.

Lorsque les lignes de contrebasse entrent dans la danse, les compos libèrent un maximum de swing. Mais quand l’harmo se déchaine, il déchire littéralement tout sur son passage. Comme sur « Mean is just an average », un boogie à la Canned Heat au cours duquel la voix de ‘Yasser’ se révèle paradoxalement déclamatoire. En général, les plages sont allègres voire bien rythmées. Et puis, à la slide, Bart laisse gémir ses cordes, comme si elles allaient y passer. A l’instar du fiévreux « Heart is burning ».

Black Cat Biscuit

That's how the cookie crumbles

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Black Cat Biscuit est une formation blues/roots issue du Nord de la Belgique, région où elle cartonne littéralement. Faut dire qu’avant de fonder ce groupe, les cinq musicos se sont forgé leur expérience en tournant régulièrement au sein d’autres bands. Deux d’entre eux assurent le leadership. Tout d’abord le gratteur Stanley Patty (ex-Doctor Rhythm, Phil Bee and the Buzztones, Rhythm Bombs), puis le chanteur et préposé à la guitare rythmique, Bart 'Yasser' Arnauts (ex-Six Pack). Le line up est complété par l’harmoniciste Mark Sepanski (ex-Six Pack) et une section rythmique de choc, constituée de Jeff Gijbels à la batterie, et Patrick Indestege (ex-Big Mama's Kitchen, Rhythm Bombs), à la basse.

Black Cat Biscuit a représenté la Belgique à l'European Blues Challenge, qui s'est déroulé aux îles Açores, en avril dernier (NDR : une compétition remportée par la chanteuse anglaise Kyla Brox). Enregistré au sein des studios du célèbre claviériste belge Patrick Cuyvers (Hideaway, Scabs), "That's how the cookie crumbles" constitue le premier elpee du combo.

Imprimé sur le rythme saccadé du chemin de fer (of course !), "Train 66" ouvre les hostilités. Une solide entrée en matière au cours de laquelle, les percussions tribales, la slide de Stanley et l'harmo de Mark tirent leur épingle du jeu. Toujours aussi enlevé, "Haunting me" se distingue par les sorties à l'harmonica et aux cordes, une compo hantée par Albert Collins. Adoptant le Diddley beat, "Sons of a vampire" est superbement dynamisé par les percus. Paru en single, "Parrot woman" nous entraîne au cœur des marais de la Louisiane. Les sonorités réverbérées, mais empreintes de délicatesse et de feeling de la gratte, se détachent de cette étrange atmosphère. Une piste ponctuée par une superbe sortie superbe opérée par Mr Patty. Blues lancinant illuminé par la slide, "He's a pool" baigne au sein d’un même climat. Le groupe excelle quand il aborde le swing. A l’instar de "Ain't got nobody to come home", une plage au cours de laquelle l’harmo se glisse au cœur de la douceur créative, de "What I really need is you" ainsi que de "Hey little Kiddy", plus proche du style manouche ! Enfin, "I don't know" met le cap sur la West Coast, Stanley Patty intégrant parfaitement une facette jump dans ses interventions. "Goin' home" clôt cet LP. Un country blues énergique au cours duquel les cordes libèrent une sonorité métallique proche d'une pedal steel…

Pascal Obispo

Lucie in the sky with Obispo…

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Obispo a décidé d'entamer sa tournée 2019 par la Belgique. Elle va se dérouler à guichets fermés. Ce soir, il est programmé pour le deuxième jour consécutif au Cirque Royal. Une semaine bien chargée, puisqu'il se produit encore à Liège et à Charleroi, avant de revenir aux Solidarités de Namur et le 29 novembre à Forest National (tickets en vente ici). Obispo a publié son onzième elpee studio, en octobre dernier. Il est éponyme. Pourquoi débuter son périple dans la capitale européenne ? Parce qu’il s'y sent bien, y possède une solide fan base et estime que le public y est chaleureux.

A 19h45, le maître de cérémonie vient annoncer la première partie : Antoine Galey. Un jeune artiste qui a participé au télé-crochet, 'The Voice France’, en 2016. Ne pas oublier qu'Obispo a été membre du jury de cette compétition. Et puis, Antoine est la vedette du clip d’Obispo, « Rien Ne Dure ». Cheveux longs, il chante en s'accompagnant à la gratte semi-acoustique et en s'éclairant à l'aide d'une lampe de chevet. Petit prodige de la six cordes, il va nous présenter quelques extraits de son premier album, « On Ne Sauvera Pas Le Monde Ce Soir ».  

Le temps de déménager la lampe de chevet et le micro, et Pascal Obispo grimpe sur les planches. A brûle-pourpoint, il concède que le public belge est indulgent. Son backing group implique un drummer –barbu, il est installé sur une estrade dans le fond à gauche, derrière un paravent en plexi, deux guitaristes, dont un coiffé d'un chapeau haut de forme de couleur rouge, ainsi que deux claviéristes dont l’un double aux cuivres (sax, clarinette, trompette). Pascal se charge de la basse. Il signale d'ailleurs qu'il n'est pas facile d'en jouer et de chanter en même temps ; et puis qu'il souhaite ébranler la machine à hits pop/rock empreinte de nostalgie qui fait rêver, à Bruxelles. Vu la réaction du public, on peut affirmer qu’il est entièrement acquis à sa cause. Une rampe composée de 40 spots tapisse le fond du podium devant quatre immenses écrans led sur lesquels sont projetées les paroles en mode karaoké. Pascal Obispo est un artiste sympa mais particulier. Généreux, il n'hésite pas à accorder des prestations de plus de 3 heures. Ce sera encore le cas ce soir dans un Cirque Royal bourré comme un œuf.

Le set débute par « Je Rentre ». Le natif de Bergerac glisse au milieu de la chanson un 'Vous m’aviez manqué', particulièrement touchant. Il est largement applaudi pour sa déclaration. Conquis, le public se lève de son siège pour entamer « Au paradis », et tout particulièrement le refrain. La soirée sera électrisée, rock, nostalgique et fortement teintée de sonorités issues des années 80. Pascal rend hommage à John et Paul à travers « A Forthlin Road », un morceau qu'il a coécrit. Caractérisée par des guitares un peu dark et des effets de pédales, il baigne au sein d'un climat réminiscent du célèbre "Sgt Pepper's" des Fab Four.  Premier hommage à Souchon qui apparaît en hologramme pour remercier Pascal et le public. Et c’est parti pour « Les Chansons De Souchon et Voulzy », des pointures de la chanson française, dans les années lumières. On ressent l’empreinte du fan avant d’être un artiste. Ensoleillé, « Ou Et Avec Qui Tu M’aimes », issu de l'elpee « Millésimes », est balayé de rythmes africains. « Assassine » se révèle particulièrement percutant. Mais c'est lors des titres les plus doux que Pascal se révèle le plus séducteur, sa voix montant alors dans les tours. Chaque trait d'humour fait mouche, renforçant l'interactivité entre l'artiste et la foule. Des roadies apportent un piano sur le podium. Place au moment « Lucille ». Pascal sollicite une Lucie de 23 ans, dans l'auditoire, en référence à sa chanson du même titre. Plusieurs bras se lèvent donc celui de votre serviteur qui tente sa chance. Directement, Pascal le regarde et s'exclame : ‘ Toi le barbu sympa, tu t’appelles Lucien, pas Luciole’. Après un contrôle d'identité, une Lucille de 31 ans grimpe sur scène et vient se placer à la gauche de Pascal. La fille est jolie, émue et… elle ‘a chaud’. Après quelques embrassades et quelques selfies, le duo nous réserve un joli duo plein d'émotion. Lucie est alors dans les cieux, avec Obispo dans les yeux. Mais l'hommage qu'il rend à sa pote, feu Maurane, sur « Rentrer Chez Soi », est bien plus bouleversant. Claudine apparaît alors en hologramme, derrière, sur l’écran. « Et Bleu » constitue une ode passionnante consacrée à la femme. A la fin de « 1980 », les musicos embraient par « Someone, somewhere in summertime » de Simple Minds, puis « Relax » de Frankie Goes To Hollywood, et enflamment inévitablement la fosse. Max s’invite à la trompette pour « D'un Ave Maria ». C’est à la fois beau et déroutant. Avant qu’Obispo ne nous incite à rejoindre le dancefloor, grâce aux rythmes endiablés et africains qui dynamisent « Chante La Rue Chante ». On se croirait alors, à Bamako.

(Organisation : Next Step / AA productions en accord avec Arachnée Productions)

 

André Bisson

Break

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Ce Canadien est originaire du Nord de l'Ontario. Il s’est depuis installé dans le Sud de cette province. Chanteur, compositeur et guitariste, c’est un spécialiste de la soul et du r&b. Depuis une dizaine d’années, il drive son propre band. Intitulé "Rhythm & Blues Experience", son premier elpee est paru en 2009 ! "Break" constitue déjà son septième, un disque dont il s’est réservé la mise en forme. Son backing group implique six musiciens, soit une section rythmique, un claviériste et trois cuivres. Il signe dix des onze plages.

André est un performer. Il aime inciter son public à se secouer et danser devant le podium. Et il le démontre tout au long de "How many times". Mais aussi de "I got the right", une plage au cours de laquelle la guitare est particulièrement bien affûtée. Et encore du très ‘Stax’ "Feelin' fine". Tapissé par l’orgue et enrichi de cuivres, cette piste se caractérise par la voix très expressive. Puis enfin, l’enlevé "Next in line", qui se distingue par une sortie remarquée sur les cordes. Les ballades lentes collent idéalement à sa belle voix, une voix claire et naturellement puissante. A l’instar de "Break" qui ouvre la plaque, "The reason why" et "Is this happening", au cours desquelles Jesse O'Brien double judicieusement orgue et piano. Mais dans ce style, la plus belle compo lente est indéniablement "Reflections". Face aux cuivres et au violon de Crystal Lee, Bisson chante d’une voix chargée d’émotion, avant qu’il ne dispense un superbe solo saturé de feeling. De cet LP, on épinglera encore une reprise originale du célèbre "Eleonor Rigby" des Beatles, que colore une intervention à la trompette, plutôt singulière…

 

Jherek Bischoff

Cistern

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Actif depuis de nombreuses années, outre-Atlantique, Jherek Bishoff est un compositeur et multi-instrumentiste chevronné. Il a multiplié les projets en militant notamment chez Parenthical Girls et The Dead Science, sans oublier sa collaboration apportée à Xiu Xiu. Ce n’est qu’en 2012 que le Californien publie son premier elpee solo, sobrement intitulé « Composed ». Et embraie par « Scores ». Sur ces deux opus, Bischoff compose la musique et invite divers amis à y poser leur voix et/ou instrument. Parmi ceux-ci, on retrouve notamment David Byrne, Caetano Veloso, Zac Pennington (Parenthetical Girls), Greg Saunier (Deerhoof) ou encore Nels Cline (Wilco). Du beau monde donc…

« Cistern » constitue donc la troisième œuvre de l’Américain. Pour concocter cet LP, il a reçu le concours d’un quatuor à cordes, mais également d’Amanda Palmer, mieux connue pour avoir participé à l’aventure du duo Dresden Dolls…

Découpé en 9 plages, ce long playing adopte très souvent un format classique. Faut dire que les cordes y occupent une place importante, même si certaines compos affichent leur spécificité. Certaines baignent davantage au sein d’un climat ambient. « The wolf » peint une fresque sombre et lyrique. « Cistern » s’abandonnent avec emphase au cœur de la mélancolie. Proche du post rock, « Headless » s’autorise même un crescendo instrumental…

Jherek Bishoff revisite la musique de chambre. Et le résultat tient parfaitement la route. Surtout, si vous écoutez cette œuvre confortablement installé, et le casque sur les oreilles.

 

Elvin Bishop

Elvin Bishop's Big Fun Trio

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Ce vétéran est au service du blues depuis plus d’un demi-siècle. Un véritable passionné ! Il fêtera bientôt ses 75 ans. Né en Californie, il a grandi dans l'Oklahoma avant de rallier Chicago, dès 1960. En 63, il rencontre l'harmoniciste Paul Butterfield, qu'il rejoint vite au sein du légendaire Paul Butterfield Blues Band, premier célèbre groupe de blues blanc. Il y restera cinq ans et côtoiera l'extraordinaire guitariste Michael Bloomfield. Elvin embrasse ensuite une carrière solo, toujours d’actualité en 2017. Il est sous contrat auprès du célèbre label chicagoan, Alligator. Récemment, il a organisé une jam dans son studio, en compagnie de deux autres musiciens. En l’occurrence le pianiste/guitariste Bob Welsh (NDR : membre du backing group d’Elvin Bishop, il a fréquenté de grosses pointures du blues californien comme Mark Hummel et Rick Estrin, notamment). Mais également le chanteur/percussionniste Willy Jordan. Enthousiasmé par cette réunion, Bishop décide d’attribuer un patronyme à ce projet : le Big Fun Trio. Et puis d’immortaliser cette rencontre à travers un album. Des sessions qui se sont déroulées au sein d’un studio californien…           

Baignant dans la bonne humeur, "Keep On Rollin'" ouvre la plaque. Entraînant, le piano roadhouse de Welch imprime le tempo. Willy se consacre aux percussions. Et tout particulièrement en se servant d’un cajon (NDR : d'origine sud-américaine, cet instrument ressemble à une boîte carrée sur laquelle on doit s’asseoir pour la tambouriner à l’aide des mains). Elvin et Willy chantent en duo. Et à tue-tête le remuant "Honey Babe", que le mythique Lightnin' Hopkins avait composé en 1948. Ils partagent un plaisir évident à conjuguer leurs voix. Bishop démontre qu'il n'a rien perdu de son talent de gratteur. Welch assure la partie de basse sur sa guitare. Shuffle percutant, "It's you, baby" est issu de la plume du pianiste chicagoan, Sunnyland Slim. Les ivoires dominent le sujet ; et Kim Wilson en personne vient souffler dans son harmo. Il s’y révèle époustouflant ! Bishop est au micro pour une adaptation authentique du "Ace in the hole", titre maître de ce long playing, gravé en 1995. Delta blues classique, "Delta lowdown" est une excellente piste. Rafraîchissante aussi. Le piano de Welch roule. Rick Estrin (NDR : c’est le leader des Nightcats) est éclatant à l'harmonica. Et Charlie Musselwhite l’est tout autant tout au long de "100 years of the blues", un autre grand moment de l’opus. Cinquante ans qu’ils se connaissent ! Ce qui explique le titre de ce morceau dont émane une émotion bien naturelle. Le Big Fun Trio est capable de hausser proprement le rythme. A l’instar de la cover allègre du "Let the four winds blow" de Fats Domino. Et les excellentes vibrations néo-orléanaises sont entretenues par Bob Welsh. Un climat au sein duquel baigne également "That's what I'm talkin' about", un compo du trio cuisinée à l’aide de produits locaux : gumbo, crawfish et soul food ! La reprise du célèbre "It's all over now" de Bobby Womack n'est pas piquée des vers. Et l’adaptation est finalement assez proche de celle proposée par les Rolling Stones, en 1964. Superbe!

 

André Bisson

Left with the blues

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Ce jeune musicien est originaire de l'Ontario, au Canada. Depuis plusieurs années, il drive sa propre formation, The J-Tones. Son blues est largement teinté de soul et de R&B! Publié en 2009, son premier elpee, "Rhythm & Blues Experience", avait été bien reçu par la critique. Six années plus tard, il nous propose son sixième opus, disque qu’il a enregistré dans sa ville de Hamilton. Il signe neuf des dix plages et en assure la production. Lors des sessions, il a reçu le concours de nombreux invités.

"Left with the blues" ouvre l’opus. Un blues lent que chante André d’une voix passionnée, qui colle parfaitement au style. Jesse O'Brien se consacre au piano. Le front de cuivres fait la différence et tout particulièrement le saxophone ténor de Bill Holinaty. Sculpté dans le rock, "Borrowed time" est imprimé sur un tempo très soutenu. André joue nerveusement sur ses cordes et sa voix affiche énormément d’assurance devant les cuivres. Légèrement éraillée, elle est classieuse tout au long du r&b indolent "Play me a fool". Les ivoires entretiennent un climat nightclubbien alors que la sortie de cordes s’opère parcimonieusement au cœur du mur de cuivres. Musclée, proche du northern soul de la Tamla Motown, "All I need" est une plage qui ne manque ni de potentiel, ni de créativité. Une petite perle dans le genre! Le talentueux harmoniciste canadien Jerome Godboo communique une touche blues bien agréable à "Deepest kind of mean", une piste qui évolue entre Chicago et Memphis. Et Bisson se déchaîne sur ses cordes! Ballade dépouillée, "There for you" constitue sans doute une des meilleures compositions de l’LP. La voix d’André s’y révèle très expressive. Si le piano sert de fil conducteur, en arrière-plan, le violon de Crystal Lee parvient à se détacher. Morceau funk, "Daybreak" permet une sortie autoritaire du saxophone. "Ordinary day" est un titre lent et nightclubbien. Une seule reprise : le "Crosscut saw" de Tommy McClennan, une compo popularisée par Albert King. La version d’André baigne au sein d’une judicieuse ambiance Stax. Et le long playing s’achève par "Brand new day". Le climat y est gospel. André chante face aux voix féminines.

 

Bishop Allen

Lights out

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Le printemps est de retour. Les rayons de soleil devraient refaire leur apparition. Une époque de l'année idéale pour voir éclore des albums de pop/rock jubilatoires susceptibles de nous accompagner pendant quelques semaines voire quelques mois (rarement plus, il faut bien l'avouer). "Lights Out", comme son titre l'indique d'ailleurs, appartient à cette catégorie de disques lumineux, agréables à écouter, et tout particulièrement, lors des premiers barbecues de l'année.

La formation est drivée par deux amis d'enfance issus de Cambridge, dans le Massachusetts, Justin Rice (voix, guitare, synthés) et Christian Rudder (guitare). Leur backing group est à géométrie variable, et fluctue en fonction des albums. Elle a emprunté le nom d'une rue de leur ville natale, comme patronyme. Leur pop est contagieuse. Sur « Crows », elle évoque Vampire Weekend, à cause des percus exotiques. La voix de Justin Rice est aussi nasillarde que celle de John Wozniak, le chanteur de Marcy Playground. « No Slow» lorgne même vers le combo new-yorkais.

« Lights out » constitue le troisième opus de Bishop Allen. Si les 12 titres se boivent comme du petit lait, il est aussi vite digéré qu’il n’est ingéré. Mais pourquoi donc ne pas en profiter ? Aucune prise de tête en perspective, juste le moment de siroter un nouvel apéro!

Pascal Obispo

MillésimeS

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Auteur, compositeur, interprète, Pascal Obispo est né à Bergerac, en France. Il sort son premier elpee, « Le long du fleuve », chez EMI, en 1990. Entre cet opus et « MillésimeS », il a publié dix nouveaux albums. Sans oublier les multiples collaborations qu’il accorde, notamment et régulièrement, à Johnny Halliday, Zazie, Natasha St-Pier ou encore Florent Pagny…

« MillésimeS » constitue le premier best-of de Pascal Obispo. Ce disque est sorti le 7 janvier 2013. Il réunit les 30 titres les plus populaires de l’artiste ; et le tout est enrichi de cinq morceaux immortalisés en ‘live’.

Entre le 7 janvier et le 24 mars, Pascal Obispo a vendu 140 000 cds. Pendant neuf semaines, « MillésimeS » est demeuré dans le ‘Top 10’ des hit-parades en France. Celles du 7 janvier au 3 février et du 11 au 24 février, il a même été au sommet des charts. En Belgique, il a également rencontré un franc succès. Durant cinq semaines, cette compile est restée en tête des ventes.

« MillésimeS » réunit de nombreux classiques du chanteur français. C’est ainsi qu’on retrouve « Lucie », le titre inspiré (ou non) de l’australopithèque répondant au nom de Lucy, découverte en 1997. La musique est soulignée par les accords de piano. Le texte est très marqué par le besoin d’aimer et de vivre à fond nos existences, ‘car on ne vit qu’une vie à la fois’. Zazie partage un duo sur « Les Meilleurs Ennemis », une compo envoûtante, caractérisée par son intensité instrumentale. Et Natasha St-Pier sur « Mourir Demain », un morceau qui suscite la réflexion, car il interroge l’individu sur l’instant où la mort frappe. Quand il portait les cheveux longs, Pascal Obispo avait gravé un single très pop intitulé « Tombé pour elle », une chanson qui avait permis à sa carrière de prendre son envol. Le timbre aigu de sa voix si caractéristique va devenir sa marque de fabrique. Le titre maître de cet opus est manifestement sa chanson la plus personnelle. Et pour cause, il l’a écrite suite à la naissance de son fils, Sean en, 2001. Cependant, la plage la plus bouleversante est probablement « Rosa ». Inspiré de l’histoire de Rosa Parks, ce récit déjà très touchant, est littéralement rendu dramatique par l’instrumentation. Quant au texte, recherché et profond, il dévoile l’aspect humain du Français.

Le chanteur est en concert depuis mars, et devrait l’être tout au long de cette année. Il se produira dans toute la France pour promouvoir son album. Une tournée qui passera notamment par Paris, Marseille, Limoges, Biarritz avant de s’achever à Strasbourg le 21 décembre 2013.

 

Modern Cubism

Une passerelle entre poésie et électro

Il fallait oser : mélanger de la poésie française à de la musique électronique et présenter ce projet tant dans les festivals de musique électro que les évènements littéraires. C'est d'ailleurs dans le cadre du ‘Marathon Des Mots’, le très éclectique festival international des littératures, qui se déroulait, entre autres, au Centre Culturel des Riches-Claires à Bruxelles, que nous avons rencontré Modern Cubism. Formé il y a 4 ans par Jean-Luc Demeyer, chanteur de Front 242, et Jean-Marc Mélot, claviériste et compositeur, le duo belge y accordait un concert afin de présenter son nouvel album, ‘Tout Le Firmament Autour’.

Après avoir publié un premier opus, intitulé ‘Les Plaintes d'Un Icare’, consacré aux poésies de Baudelaire, la formation met en musique une sélection de textes du poète belge Norge. Mais pourquoi avoir choisi Norge? Jean-Luc Demeyer précise: "En fonction de ce que j'avais déjà senti dans l'évolution des musiques de Jean-Marc, je me suis dit : ça prend de la hauteur, les sons sont moins organiques, moins grouillants, l'horizon s'éclaircit, les lourds nuages noirs s'écartent et laissent la place à un ciel très bleu. Ce qui correspond bien à Norge". Jean-Marc Mélot confirme: "Effectivement, elles étaient beaucoup plus positives et les premiers textes que Jean-Luc m'a envoyés, notamment 'En Forêt', convenaient parfaitement à ce nouveau type de musique, plus planante."

On trouve une véritable continuité entre les deux albums dans les thèmes abordés: l'amour, les femmes, la mort, le sexe, la condition humaine, ... Mais aussi ce côté grinçant, cynique, obscur qui semble être la marque de fabrique des interprétations de Jean-Luc Demeyer. "Les thèmes cités sont récurrents chez tous les poètes", souligne-t-il. "Norge aimait aussi beaucoup les animaux et les légumes, par exemple, mais cela correspondait nettement moins bien à la musique." Tout au long des 14 titres de l’œuvre, on découvre donc une poésie à la fois concrète et métaphysique, sensuelle et cruelle, alliant vérité et incrédulité, fringales terrestres et soif d'infini.

Les deux artistes ne sont bien sûr pas les premiers à mettre Baudelaire et Norge en chanson. Avant eux, Jeanne Moreau, Juliette ou encore Florent Pagny ont tenté cet exercice périlleux, une démarche que Jean-Luc Demeyer estime cependant salutaire. "Je ne me retrouve pas dans la plupart des interprétations de Baudelaire ou de Norge parce que j’estime qu'elles sont beaucoup trop légères par rapport à ce que ces auteurs avaient voulu traduire dans leurs écrits ; mais je préfèrerai toujours des gens qui essaient de faire vivre cette poésie plutôt que ceux qui ne font rien. Aujourd'hui, la poésie est diffusée par un nombre grandissant d'artistes qui montent sur scène pour déclamer des textes ou accomplir des performances. Dans un monde où tout devient mercantile et où rien n'est gratuit, la poésie reste un regard neuf et élevé porté sur le monde, qui propose un partage inconditionnel avec le public. C'est une optique qui s'impose naturellement car elle manque terriblement dans la vie de tous les jours."

Dans Modern Cubism, on rencontre des références importantes de la musique électronique, telles que Jean-Michel Jarre, Klaus Schulze ou encore Isao Tomita. Jean-Marc Mélot: "Ces musiciens sont importants pour moi car ils ont combiné électronique et classique pour élaborer des structures différentes par rapport au canevas pop habituel intro-couplets-refrains. C'est une musique qui permet d'explorer de nouveaux territoires, d'ouvrir des portes. C’est ce que nous essayons de réaliser à travers nos albums. Ici, la direction est en effet plus légère, plus éthérée." Notons cependant la présence, ici également, de touches new-wave, synth-pop voire carrément EBM. Le groupe a d'ailleurs réalisé trois remix, qui sont tout naturellement plus 'dance'. "Notre disque propose en fait un bon mix entre des titres lents, low tempo qui évoluent plus progressivement, comme ‘Couronnes / Le Trône’, et à côté de cela, des morceaux plus drum 'n bass, que l'on peut rattacher à l'EBM 'old school'."

La très belle pochette de ‘Tout Le Firmament Autour’ a été réalisée par Natalie Saccu de Franchi, une artiste française polyvalente qui excelle en tant qu'architecte, graphiste, réalisatrice et écrivaine. C'est d'ailleurs elle qui réalisera les prochaines vidéos du duo, mais ce n'est pas une priorité. "Nous avons un profil très bas, ce que nous faisons est assez dépouillé, la musique et les mots se suffisent à eux-mêmes."

Cette approche est confirmée au cours du concert donné aux Riches-Claires. La formule scénique est en effet très 'minimaliste'. Elle se limite au chanteur et son micro ainsi qu’au musicien et ses claviers. Pas de projections, pas d'artifices scéniques, en dehors de la très belle décoration lumineuse mise en place par Olivier Cassart. Modern Cubism joue au total neuf morceaux tirés du nouvel album ainsi que quelques reprises de ‘Plaintes D'Un Icare’. Demeyer alterne déclamation et chant avec une grande expressivité. Habité par les textes, il accompagne les temps forts par des mimiques et des gestes évocateurs. La plupart des titres ont été retravaillés pour le ‘live’. "Vu que notre musique est assez complexe, nous la simplifions un peu pour la scène mais en préservant bien sûr leurs aspects mélodiques et leur puissance." En parlant de puissance, certains spectateurs ont visiblement été surpris par le niveau sonore de la musique, surtout pendant les morceaux plus électro. Mais ce choix appartient au décloisonnement entre les cultures, que prône Modern Cubism. Il demande, en effet, un effort aux amoureux de la poésie pour s'immerger dans la musique électro, de même qu'une ouverture d’esprit est nécessaire aux fans d'électro pour s'intéresser à la prosodie de Norge....

Ce qui pouvait donc apparaitre au départ comme une ‘erreur de casting’, un ‘clash schizophrénique entre deux cultures’, se révèle au final un mariage unique et fructueux entre un chant poétique, brûlant, parfois violent, et une musique froide et mécanique, le tout présentant une très intéressante mise en abyme, un paradoxe criant de la modernité, où l'homme se débat face à un monde de plus en plus déshumanisé....

Pour leur prochain opus, le duo explore actuellement plusieurs pistes musicales et envisage de reprendre un auteur anglo-saxon, à moins que ce ne soit un autre classique français comme Verlaine ou Rimbaud? Wait and see!

Regardez l'interview complète de Modern Cubism ici . Deux vidéos du concert sont également disponibles: ‘L'importun’ (http://www.youtube.com/watch?v=2N9b-4Jb5wA) et ‘Mes Statues’ (http://www.youtube.com/watch?v=A_HBXKzug34)

L'album ‘Tout Le Firmament Autour’ sort le 22 juin via le label allemand Emmo.biz et sous la forme d'un CD (édition limitée de 888 exemplaires) et d'un box-set (111 exemplaires). Pour commander: www.emmo.biz

Tracklist:

01. En Forêt
02. Mes Statues
03. D'enfance
04. Le Petit Non
05. Couronnes / Le Trône
06. La Corde
07. Râpes
08. La Fille de Fabrique
09. Les Quatre Vérités
10. Ennemis
11. En Prison
12. Marche des Paysans
13. La Grande Brosse
14. Force de Frappe / La Foule / De Vivre

Remerciements à Jean-Luc Demeyer et Jean-Marc Mélot (Modern Cubism), Marianne Cosserat et Séverine Provost (Marathon des Mots), Garjan Atwood (Photos du concert).

 

Elvin Bishop

Raisin' Hell Revue

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Elvin Bishop est un des tous premiers guitaristes blancs à s'être illustré sur la scène du blues. C’était au cœur des sixties. Il sévissait alors dans le Paul Butterfield Blues Band, auprès du remarquable chanteur/harmoniciste Mike Bloomfield, pionnier aujourd'hui disparu. La discographie d’Elvin est impressionnante ; mais pour Delta Groove, il n’avait, à ce jour, signé que deux elpees : "The blues rolls on" en 2008 et "Red dog speaks" en 2010. Et l’an dernier, il avait immortalisé ‘live’ une de ces croisières musicales qui transportent sur des paquebots de nombreux artistes de blues et leurs fans, à destination des îles du soleil, lors d’une Legendary Rhythm & Blues Cruise. Un périple accompli pour le plaisir des oreilles, bien sûr !

Dans le cadre de ce "Raisin' Hell Revue", Elvin partage les planches en compagnie du chanteur noir Finis Tasby, du chanteur/harmoniciste John Nemeth, du guitariste Chris ‘Kid’ Andersen (NDR : l'ancien gratteur de Charlie Musselwite) et du saxophoniste californien Terry Hanck.

Le concert s’ouvre par "Callin' all cows", un zydeco particulièrement remuant. Steve Willis malmène son accordéon sur le Bo Diddley beat. D’entrée, l’ambiance est déjà bien festive. Caractérisé par ce riff cher à Elmore James, le "Whole lotta lovin" de Maxwell Davis est sans aucun doute la meilleure plage de l’opus. Derrière le chant impeccable de Finis Tasby, Kid Andersen et Bishop rivalisent de virtuosité. "Fooled around and fell in love" est une ballade contagieuse. John Nemeth chante d’une voix pure, taillée pour le R&B, pendant que Bishop signe un solo tout en feeling. "What the hell is goin' on" est hanté par les sonorités primaires issues du Delta. La voix rocailleuse d'Elvin baigne ici dans son élément. John Nemeth et la charmante Lisa Leu Andersen (probablement l'épouse du Kid) partagent le chant tout au long de la cover du hit de Ray Charles, "The night time is the right time". Finis Tasby empoigne le micro pour reprendre le "Down in Virginia" de Jimmy Reed, abordé dans ce style si caractéristique des swamps. Elvin emprunte une voix de fausset pour attaquer son "Rock my soul". Il est épaulé par un chœur improvisé. Ed Earley se distingue au trombone, alors que les solistes se succèdent : Nemeth, Bishop, Andersen et Bob Welsh. Terry Hanck chante son "Cryin' fool", mais son organe vocal n’est guère convainquant. Heureusement que Bishop s'est glissé le bottleneck au doigt, pour signer un bon exercice de style à la slide. Les reprises défilent. Tasby chante "River's invitation", une compo signée par un de ses maîtres, Percy Mayfield. Elvin est dans son élément quand il peut chanter en dialoguant avec son public. A l’instar de "Dyin' flu", un blues lent écrit issu de la plume d’Albert Collins. Et en fin de parcours, on épinglera encore le bouleversant "It hurts me too"…

Roy Orbison

The Monument singles – A – sides (1960-1964)

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Des compiles consacrées à Roy Orbison, il doit certainement en être sortis plus d’une vingtaine. Celle qui nous concerne se focalise sur les 20 plus gros hits commis par le célèbre chanteur/compositeur/guitariste texan entre 1960 et 1964, et publiés sur le label Monument. Les versions ont été conservées sous leur forme mono, même si apparemment, elles ont été remasterisées. Vous y retrouverez les inévitables « Only the lonely », « It’s over », « Blue bayou » et surtout le célèbre « Oh, pretty woman » tube qui avait servi de bande sonore au célèbre film « Pretty Woman », mettant en scène Richard Gere and Julia Roberts.

Elvis Presley considérait cet artiste comme son unique rival vocal. Et finalement, en écoutant ce recueil, il n’avait pas tout à fait tort.

Roy Orbison

The Last concert, December 4, 1988

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J’ai découvert Roy Orbison en 1989. Lors de la sortie de son album « The Mistery Girl » et son tube planétaire « You got it ». Fait particulier, cet elpee avait été finalisé quelques semaines après le décès de l’artiste. Ce qui explique pourquoi aucun titre de cet opus, judicieusement intitulé « The Last concert », ne figure sur le ‘live’, accordé le 4 décembre 1988.

Sa dernière apparition à la TV, avait servi de fil conducteur au clip « You got it ». Il avait été tourné en Belgique, lors des Diamond awards d’Anvers, fin novembre.

Contrairement aux rumeurs qui ont longtemps circulé, Roy Kelton Orbison n’est pas décédé des suites d’une longue et pénible maladie, mais d’une crise cardiaque. Alors que sa carrière prenait un nouvel élan (après avoir rencontré une période de gloire début des 60’s), il semble surtout avoir été victime d’un agenda trop chargé.

Ce dernier concert passe en revue les classiques rock’n’roll du songwriter. Des tubes, pour la plupart signés chez Monument Records, dont « Only the lonely » (en ouverture), « Dream baby », « It’s over » et en finale, l’inévitable « Oh, pretty woman », remis au goût du jour lors de la sortie du long métrage du même nom.

Tout au long de ce disque, la voix unique (baryton) de notre homme se conjugue avec des chœurs black et des mélodies tantôt country, tantôt plus bluesy. Le son est correct pour un live de l’époque. Ce Cd constitue  donc une belle occasion de (re)découvrir l’une des plus grandes figures du rock’n’roll, qui a d’ailleurs été ajouté au fameux Hollywood Walk of Fame, en janvier 2010.

Elvin Bishop

Red dog speaks

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Elvin Bishop est aujourd’hui considéré comme un vétéran du blues blanc. Il est né à Tulsa, dans l'Oklahoma, en 1942. Au cours des 50’s il accomplit ses études à Chicago. En 1963, il y rencontre l'harmoniciste Paul Butterfield. Ensemble, ils fondent le Butterfield Blues Band, un blues band qui entrera dans l’histoire ; cette formation sera bientôt rejointe, par un autre gratteur mythique : Mike Bloomfield. Elvin côtoiera neuf années Paul ; mais dès 1968, il monte son Elvin Bishop Group et entame une aventure personnelle qui est toujours bien d’actualité. Sa première œuvre est publiée en 1969 : "The Elvin Bishop Group". Elle paraît sur le label Fillmore. Depuis, il a aligné une multitude d’albums, sans oublier les collections, compilations et autres ‘best of’. Dans sa carrière, son plus gros hit demeure le single "Fooled around and fell in love". Il remonte à 1976. Une compo qui figure également sur l’elpee "Struttin' my stuff". Il a enregistré pour Fillmore, Epic et Capricorn, avant de signer chez le célèbre label blues, Alligator. En 1988. Il y gravera 5 long playings. Fin 2008, il avait déjà édité un premier cd pour Delta Groove, "The blues rolls on". Et l'année dernière, il avait concocté un elpee, en compagnie du légendaire chanteur/guitariste Little Smokey Smothers, "Chicago blues buddies" (NDR : de couleur noire, ce musicien chicagolais avait côtoyé Muddy Waters, Magic Sam et Earl Hooker).

Son line up habituel implique le tromboniste/percussionniste Ed Earley (NDR : il a milité au sein des backing bands d’Albert King et de Joe Louis Walker) le guitariste/pianiste Bob Welsh, le bassiste Steve Evans, le claviériste/accordéoniste S.E Willis (il a accompagné Chuck Berry, Bo Diddley et Albert King) ainsi que le drummer Bobby Cochran. Evans et Willis n’ont pas participé aux sessions d’enregistrement, mais les invités se bousculent.

Elvin se sert, depuis une éternité, d’une Gibson ES 345 de couleur rouge. Il l’a baptisée ‘Red Dog’. Ce qui explique le titre de l’opus qui ouvre les hostilités. Elvin chante et nous raconte l'histoire de cette compagne avant de la faire vibrer à l’aide de son bottleneck. Un bien bel hommage! La voix d’Elvin Bishop n’est pas exceptionnelle. Ce qui explique pourquoi, il ne se charge pas de l’intégralité des vocaux. Il se réserve néanmoins le nerveux et amusant "Fat and sassy", soutenu à la rythmique par le passionnant gratteur norvégien, Kid Andersen et son ami Earley au trombone, qui lui donne, par ailleurs, la réplique vocale. Seul, il chante ou plus exactement récite "Clean livin'", un blues au cours duquel sa fidèle Red Dog est alimentée par un son pas possible, sale et primaire. Il se réserve encore les vocaux lors de la finale, "Midnight hour blues", un blues lent signé Leroy Carr. Bob Welsh siège derrière l’orgue lors de ce morceau au cours duquel sa voix ravagée s'adapte parfaitement à ce style. Bishop cède les vocaux, pour trois titres, à son ami californien John Nemeth (NDR : son dernier opus, "Name the day", est paru chez Blind Pig). Il est vrai que celui-ci jouit d’un organe aérien, assez extraordinaire, taillé pour chanter le blues et la soul. Tout d’abord le notoire "Neighbor neighbor" de Huey P. Meaux. Elvin est impérial à la slide. Fin gratteur, Mighty Mike Schermer assure la rythmique. Le "Many rivers to cross" de Jimmy Cliff, ensuite. Nemeth se révèle bouleversant tout au long de cette splendide ballade. Et enfin, une version enlevée du "Got your hand out of my pocket" d'Otis Spann. Une plage au cours de laquelle, son intervention à l’harmo est judicieuse. Dans le rôle de Spann, Welsh (NDR : il milite également dans le backing group de Nemeth !) se réserve le piano. Trois instrumentaux sur ce long playing. Et ils sont de très bonne facture. Soit "Barbecue boogie", un boogie au cours duquel Welsh est omniprésent sur ses ivoires, le bouleversant "Doo wop medley", lorsque la slide rouge est épaulée par les cordes rythmiques de Schermer et de Kid Andersen ; et enfin le charmant "His eye is on the sparrow", une plage bourrée de charme, raffinée par le trombone d'Earley et le sax ténor du Californien Terry Hanck. L’opus recèle encore un titre immortalisé ‘live’. En l’occurrence "Blues cruise", une jam zydeco accomplie lors de la Legendary Rhythm & Blues Cruise, en 2009, au large du Mexique. Elvin est derrière le micro ; mais pour présenter les différents invités. Pas des illustres inconnus, puisqu’on y retrouve Ronnie Baker Brooks (le fils aîné de Lonnie) à la guitare, Tommy Castro et Roy Gaines à l'harmonica, John Nemeth à l'accordéon ainsi que Buckwheat Zydeco et Sir Reginald Master Dural au frottoir. Un excellent album !

 

Bishop Allen

Grrr…

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« Grrr… » Bishop Allen montre gentiment les dents pour son troisième ouvrage. La formation new-yorkaise conserve toute la bonne humeur de ses premiers travaux, proposant treize morceaux à la fraîcheur authentique. En 2006, le duo devenu quatuor avait déjà surpris en prenant le pari de publier la bagatelle de douze Eps ; soit un chaque mois de l’année. Largement réussi, « The EP Project » a été ensuite compilé sur « The Broken String », le second ouvrage de la formation réunissant la crème de ces douze travaux.

Aujourd’hui, l’indie-pop du quatuor ne s’est toujours pas fait avaler toute crue par des besoins commerciaux futiles et reste fidèle à ses mandolines, vibraphones et autres trompettes. Annonciateur d’un printemps alcyonien, « Grrr… » arrive à point. « Shanghaied », « True Or False », « South China Moon », « Oklahoma » sont autant de morceaux radieux et grisants propices aux sifflements frénétiques et obsessionnels. Relativement supérieur aux deux précédents elpees, « Grrr… » constitue une des premières bonnes surprises de 2009.

 

Roy Orbison

The best of the soul of rock and roll

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C’est à un tout grand artiste de l’histoire du rock’n roll qu’est consacrée cette compile. Né en 1936, Roy est décédé en 1988, terrassé par une crise cardiaque. A l’instar d’Elvis Presley, Jerry Lee Lewis, Carl Perkins ou Johnny Cash, il avait entamé sa carrière au cours des 50’s. Comme chanteur de rockabilly. Sa première chanson, « Ooby dooby », décroche un succès sur un label local. Et va lui permettre de signer chez Sun. Il obtient ainsi son premier tube international. Car des hits, Roy en a commis une bonne douzaine. De nombreuses ballades. « In dreams », par exemple, qui figure sur le disque. Un répertoire au sein duquel il pouvait mettre en exergue ses prouesses vocales. Il ne faut pas oublier que son registre lui permettait de chanter sur trois octaves. Sans oublier ses classiques comme « Mean woman blues », « Only the lonely » et bien sûr l’intemporel « Oh, pretty woman ». Orbison n’était ni un rebelle, ni un agitateur. Il était même gêné de son succès. Il avait alors décidé de ne plus se produire sur les planches ni d’enregistrer pour lui ; mais de composer pour d’autres artistes. Avant de se raviser. En 1965, suite à un accident stupide de motocyclette, son épouse perd la vie. Pire encore, en 1968, ses deux fils périssent dans l’incendie de sa maison. Il va alors vivre une longue traversée du désert. Ponctuée par une lourde opération du cœur, en 1978. Mais deux ans plus tard, il refait surface. Et en 1986, il est embarqué dans l’aventure des Travelling Wilburys, en compagnie de Bob Dylan, George Harrison, Jeff Lynne et Tom Petty. Un titre, « Not alone any more » épingle cet épisode. Le recueil recèle une rareté immortalisée ‘live’ : « (All I can do is) dream you » datant de 1987. Un morceau qui démontre qu’il n’avait pas besoin des artifices studio pour jouer en public. Décembre 1988, il décède donc inopinément alors qu’il venait d’achever un opus de nouvelles chansons. « Mystery girl » paraît le mois suivant et recèle le remarquable « You got it », signé par Jeff Lynne et Tom Petty. Trois ans plus tard, un opus posthume réunissant des maquettes sera publié « King of hearts ». Sur lequel figurent « Crying » (en duo avec kd Lang) et « I drove the night ». Et pour votre info, sachez que ce « The best of the soul of rock and roll » fait également l’objet d’un boxset réunissant 4 disques.

Elvin Bishop

The blues rolls on

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Randy Chorkoff a mis les petits plats dans les grands chez Delta Groove! Au même moment où des moyens conséquents ont été accordés aux nouvelles productions de BB King et de Buddy Guy, il s’est demandé pourquoi ne pas faire profiter ce bon vieil Elvin Bishop. Bientôt âgé de 66 ans, l'homme est une fameuse pointure et possède un solide pédigrée. Faut dire qu’il militait déjà au sein du Paul Butterfield Blues Band, auprès d’un autre gratteur de génie, Michael Bloomfield, au beau milieu des sixties. Bishop possède une discographie impressionnante. Ses débuts comme soliste, il les a accomplis en 1969. Il concocte alors "The Elvin Bishop Group". Puis "Feel it", l'année suivante. Né en Californie, Elvin a ensuite vécu dans l'Oklahoma avant de s’installer à Chicago. Entre 88 et 98, il signe quatre albums pour Alligator. Ses deux derniers opus sont parus chez Blind Pig : "Getting' my groove back" en 2005 et le live "Booty bumpin'", l'année dernière.

L’elpee démarre en force par la plage éponyme, une composition qui adresse un clin d'œil aux maîtres qui ont popularisé la musique qu'il aime. Il est soutenu par Kim Wilson à l’harmonica et Warren Haynes, un des gratteurs attitrés de l’Allman Brothers Band. Issu de la plume de Ray Charles, "Night time is the right time" est un classique du blues. Elvin nous en propose une excellente version. Faut dire que la voix de John Nemeth est prodigieuse. Sans oublier le concours particulièrement judicieux de la féline Angela Strehli. Elvin en profite pour démontrer tout son savoir-faire sur les cordes. "Yonder's wall" a été immortalisé live lors de la dernière ‘Legendary blues Cruise’, accomplie en octobre 2007. Ronnie Baker Brooks, le gratteur d'Eddie Clearwater, chante remarquablement. Bishop, Brooks et Tommy Castro en profitent pour participer à un véritable festival de guitares. De nouvelles sonorités illuminent le chant d'Elvin tout au long de son "Struttin' my stuff", le titre maître d’un elpee paru en 1975. Les deux guitares slide de Warren Haynes et Derek Trucks, empruntés à l’Allman Brothers Band, entretiennent un climat funky torride. Lorsque qu'une imposante silhouette noire pousse les portes du Digital Insight Studio de Las Vegas, Elvin est aux anges. L’immense BB King est venu apporter son concours à la cover du "Keep a dollar in your pocket » de Roy Milton. Un swing relaxant, caractérisé par le son BB immédiatement identifiable. John Nemeth chante encore trois plages : le "Who's the fool" de Smokey Robinson, au cours duquel on assiste à un échange royal entre les trois guitares de Bishop, Kid Andersen et du redoutable Mike Schermer (NDR : c’est également le deuxième gratteur d’Elvin en tournée). Une joute balisée par ses autres musiciens. En l’occurrence le pianiste Chris Burns, le bassiste Timm Walker et le drummer Bobby Cochran. L’adaptation du "I found out" de Junior Wells bénéficie de la présence de James Cotton et du saxophoniste Terry Hanck. La finale est paradoxalement instrumentale : "Honest I do". Un blues des swamps composé par Jimmy Reed. Nemeth est à l'harmo. Il échange ses phrases avec les riffs de Rich Kirch, un ancien gratteur de John Lee Hooker. La reprise du "Black gal" de Clifton Chenier est de toute bonne facture. Un zydeco indolent bercé par l'accordéon d'André Thierry. Bishop est seul sur scène pour interpréter "Oklahoma". Il chante en s’accompagnant à la guitare. Son pied est percussif. Le climat est agressif. Le son primaire, rugueux. Manifestement, pour cette compo, il a creusé jusqu’à ses racines : celles des fifties. La présence du très jeune combo Homemade Jamz Band est une surprise. Une formation prometteuse, responsable d’un tout bon elpee paru chez Northern Blues Music. Elle épaule Elvin sur "Come on in this house", un blues lent issu de la plume de Junior Wells. Quoique âgé de 14 ans, Ryan Perry est serein pour chanter cette compo qui nous entraîne à la croisée des chemins du Southside et du Westside de Chicago. Enfin, Elvin n'a pu résister à une solide tranche de rock'n'roll. En l’occurrence le "Send you back to Georgia" de Hound Dog Taylor. George Thorogood se réserve les vocaux. Et partage les parties de guitare avec son fidèle second couteau texan, Jim Suhler. Un tout bon opus signé Mr Bishop!

 

Christopher Bissonnette

In Between Words

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Nouvelle signature du label chicagolais Kranky, Christopher Bissonnette résume assez bien la philosophie entretenue depuis toujours par l’écurie : la recherche d’un subtil un équilibre entre douceur et expérimentation. Mais ces exercices de style sont souvent très susceptibles de plonger l’auditeur dans les bras de Morphée. Christopher Bissonnette a donc décidé de suspendre ses productions vidéo pour se consacrer à la musique. En fait de musique, on devrait plutôt parler d’interminables voyages sonores déchirés entre ennui et splendeur.

Le second elpee du Canadien, « In Between Words » s’explique en six compositions orchestrales, longues et uniformes, inspirées principalement de la musique dite ‘classique’. La symphonie et l’électronique font ici bon ménage pour nous bercer dans une forme de mélancolie pure. L’opus est découpé en six morceaux, six plages d’une longueur minimale de six minutes. Dès « Provenance », le titre d’ouverture, Bissonnette annonce la couleur : celle d’une langueur monotone. Un parcours qui se terminera cependant en beauté par « Jour et Nuit ». Une compo envoûtante, caractérisée par quelles superbes montées en puissance. A conseiller à celles et ceux qui cherchent une bande sonore pour leurs pratiques méditatives ou contemplatives…

 

Pascal Obispo

Les fleurs de Forest

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Fans belges, réjouissez-vous, c'est notre Forest national qui a obtenu les faveurs d'Obispo pour l'enregistrement de son dernier live. Et l'enthousiasme des hurlements à chaque sollicitation semble attester la pertinence du choix. De sa tournée Les fleurs du bien, l'apprenti Baudelaire libre comme Picasso laisse un Live en ‘l’ majuscule. Au-delà des ‘Paaasscccaaal’ et des abrégés de philosophie inter-morceaux c'est la générosité d'un chanteur face à son public qui imprègne les sillons. Obispo offre ses "Fleurs" fraîches en bouquets énergiques et revisite ses classiques avec un sourire audible même dans ces audaces les plus regrettables. De l'"Amen" d'ouverture au "Fleurs du bien" dédié à son producteur, décédé cette année, l'homme semble habité sous son bonnet et communique à la foule l'euphorie qui accompagne le départ de vieux démons.

La générosité marque également le livret de son sceau avec de nombreuses photos témoignant d'une scénographie visiblement spectaculaire. Si l'on devait mourir demain, on ne se précipiterait pas sur le disque pour une ultime écoute mais l'album ravira les amateurs de l'artiste.

Msn:

http://sib1.od2.com/common/product/Product.aspx?shop=40&associd=4&catno=OD2DI6236787

i-tunes:

http://phobos.apple.com/WebObjects/MZStore.woa/wa/viewAlbum?id=265789504&s=143446

Bishop Allen

The Broken String

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Installée à Brooklyn depuis le début du nouveau millénaire, cette formation américaine avait déjà dévoilé un aperçu de son potentiel en signant « Charm School », dès 2003. Un son champêtre, deux songwriters, des envolées épiques et de minutieux bricolages se portaient au chevet d’imparables mélodies. Le disque a cartonné aux Etats-Unis mais est resté bloqué dans la poche de l’Oncle Sam. L’Europe sera donc privée d’une rencontre avec Bishop Allen. En 2004, Justin Rice et Christian Rudder, les deux têtes pensantes du projet, décident de reprendre des études et de mettre le groupe entre parenthèses.

Mais début 2006, les compères se lancent un défi : revenir aux affaires en livrant, chaque mois de l’année, un nouvel E.P. Résultat de cette entreprise roc(k)ambolesque : 58 chansons en béton. La musique de Bishop Allen se situe au carrefour des meilleurs instants du rock indé : The Shins, Arcade Fire, Papas Fritas ou Of Montreal, pour ne citer qu’eux. Intitulé « The Broken Strings », le deuxième album du quatuor new-yorkais est, à quelques chansons près, un condensé des plus grands moments de leur incroyable escapade discographique. D’apparence simplistes, les mélodies découlent, en réalité, de subtilités instrumentales et d’un solide amour du risque. Car, c’est un fait, Bishop Allen aime mélanger les instruments, partir dans tous les sens, quitte à pervertir la cohérence de l’ensemble. Les douze chansons de l’œuvre apparaissent alors comme de petites unités élémentaires regroupées sous une seule et même coupole. Alors certes, c’est diffus mais toujours bien foutu.