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La Divine Comédie de Lora Gabriel

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Coilguns

L’amour étrange de Coilguns…

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Coilguns sortira son nouvel elpee, « Odd Love », ce 22 novembre 2024.

En attendant, le combo suisse dévoile un nouveau clip / single, « Generic Skincare », véritable hymne post hardcore et pièce centrale du prochain album qui devrait plaire aux fans de Refused, At The Drive-In, Converge, Chat Pile ou Birds in Row. Le groupe a également annoncé sa participation aux prochains Soulcrusher Festival (NL) le 12/10/204 et Desert Fest (BE) le 19/10/2024.

Composé, arrangé et produit en majeure partie par le groupe, « Odd Love » a été enregistré par Scott Evans (Kowloon Walled City, Thrice) auu sein du studio Ocean Sounds, Giske (Norvège), mixé par Tom Dalgety (The Pixies, Ghost, Royal Blood) et masterisé par Robin Schmidt (Liam Gallagher, The Gaslight Anthem).

Ce morceau intense mêle des beats et riffs de guitare emblématiques, le tout sublimé par des voix claires et des refrains accrocheurs, marquant une prise de risque audacieuse par rapport à leurs créations précédentes. Toujours prêts à bousculer les codes, Coilguns intègre des synthés puissants et une énergie brute qui repoussent les limites du punk et du noise-rock. « Generic Skincare » n'est pas seulement un titre, c'est une véritable déclaration d'intention ; un reflet de l'évolution sans compromis de la formation tout en restant fidèle à l'intensité qui fait leur force. Accompagné d'un clip, cette sortie annonce la couleur pour la suite, alors que Coilguns explore de nouvelles dimensions sans renier leur esprit intransigeant.

Réalisé par Raphaël Piguet, le clip du single « Generic Skincare » est à voir et écouter

Les deux premiers singles « Venetian Blinds » et « We Missed The Parade », également extraits du prochain opus, « Odd Love », sont disponibles ici et

 

 

 

Coil

Musick to play in the dark vol.1 (reissue)

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Le premier volume de l’album « Musick to play in the dark » était paru en 1999. Et le label Dais nous en propose une réédition. On doit donc s’attendre à la suite de ce diptyque, d’ici quelques mois.

Pour rappel, les deux membres du duo sont décédés. John Balance en 2004 et Peter ‘Sleazy’ Christopherson en 2010. Peter a fondé Throbbing Gristle en compagnie de Genesis P-Orridge, Cosey Fanni Tutti et Chris Carter ; et ce groupe est considéré comme un des pionniers de la musique industrielle. Il a ensuite formé Psychic TV avec P-Orridge, l’ex-Alternative TV Alex Fergusson et Geoffrey Rushton, mieux connu sous le pseudonyme John Balance. Designer et photographe, il a également réalisé une pléthore de pochettes d'albums, mais aussi des clips vidéo pour des artistes tels que Pink Floyd, Paul McCartney, Peter Gabriel et Rage Against the Machine…

Bien que sombres et inquiétantes, les 6 plages de cet elpee fluctuent au gré des climats. Depuis « Are you shivering ? », dont les orchestrations angoissantes rappellent la B.O. des ‘Envahisseurs’ (NDR : une célèbre série de science-fiction qui a marqué la fin des sixties), malgré les bruitages liquides et les bribes de discours austères, au mystérieux et mystique « The dreamer is still asleep », en passant par l’expansif et atmosphérique « Red birds will fly out of the east and destroy Paris in a night », une plage hantée par Tangerine Dream –à laquelle participe l’ancien Teardrop Explodes Thighpaulsandra, aux synthés–, un « Red Queen » aux tonalités jazzyfiantes entretenues par les interventions au piano, le minimaliste « Brocoli » et le ‘hitchcockien’ « Strange birds », au cours duquel Balance déclare en fin de parcours : ‘Un jour, vos œufs vont éclore et des oiseaux étranges vont émerger’. Un clin d’œil à ‘Jurassic Park’ ?

Recoil

Selected

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Recoil est né de l’initiative d’Alan Wilder en 1985, alors que celui-ci était encore actif au sein d’une ‘petite’ formation nommée Depeche Mode. Dix ans plus tard, Wilder décide de couper les ponts avec ses camarades et de se concentrer sur son projet personnel. Après avoir délivré une série d’Eps qui auront fondu dans le décor, le compositeur publie en 1997 « Unsound Method », le premier LP de Recoil. Depuis, la discographie du projet ne s’est que peu développée, ne comptant pas plus de trois éléments. Ce qui n’empêche aucunement Wilder et son comparse, Paul Kendall, de délivrer aujourd’hui ce qu’ils considèrent comme les meilleurs morceaux issus de leurs trois travaux. Et la formule fonctionne assez bien, « Selected » étant composé de 14 morceaux (remasterisés) formant une galette cohérente aux influences très Trip Hop.

Seul problème : le timing de Wilder. « Selected » apparaît à l’heure où la popularité de ce genre musical est en plein déclin et où seules quelques formations parviennent encore –relativement– à tirer leur épingle du jeu (Unkle, Massive Attack,…) Caractérisé par son atmosphère pesante, ses voix hantées et ses mélodies obscures, la séance de rattrapage de Recoil compte, néanmoins, quelques jolies réussites (« Prey », « Red River Cargo », « The Killing Ground », « Shunt », …) qui méritaient bien ce petit dépoussiérage. De par sa durée assez conséquente (plus de 70 minutes), « Selected » s’adresse essentiellement aux aficionados du genre. Les plus gourmands pourront même se procurer une version double de la plaque, dont le disque bonus réunit des remixes et des versions alternatives. Trip Hop’s not dead.

Lacuna Coil

Chasser ses préjugés…

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Il y a déjà un bout de temps que le concert de Bullet For My Valentine était annoncé à l'AB. Je suis toujours sous le charme de leurs deux albums. Et j’avais eu la chance d’assister à leur set accordé à Paris. A l'Olympia, très exactement. Aussi, comme je les avais loupés au Graspop cette année, il n’était pas question de manquer leur prestation de ce mercredi, en Belgique. Au départ l’affiche était libellée ‘Bullet For My Valentine (AKA B4MV) + Lacuna Coil & guests’. Lacuna Coil est une formation dont je ne connaissais que le nom. Et en mon for intérieur, je craignais fort devoir me farcir un ensemble du style Within Temptation ou autre Nightwish, deux combos dont les envolées lyriques des chanteuses et les riffs plutôt lents et basiques ne me bottent pas trop.

Deux jours avant la date du concert, le détail du programme est enfin dévoilé. Il y aura donc quatre groupes : Black Tide, Bleeding Through, Lacuna Coil et B4MV. Dès l’ouverture des portes, à 17h30, une horde d'ados se précipite pour pénétrer dans l’AB. Honnêtement, je dois avouer, qu’à cet instant j’ai pris un coup de vieux. Mais en même temps, j’étais rassuré de voir qu’une nouvelle génération d'‘headbangers’ était dans la place.


Il est 18h45 lorsque les premiers accords de Black Tide retentissent. A cet instant, la salle est à moitié pleine (NDR : ou à moitié vide, si vous préférez). Oscillant entre heavy metal et hard rock, les morceaux proposés par ce band issu de Miami ne sont pas très originaux. Mais je suis frappé par le jeune âge de ces musiciens. Et vu la maîtrise de leurs instruments, ils méritent le respect. Gabriel a commencé à chanter et jouer de la guitare vers l’âge de 8 ans. Aujourd’hui, il en a quinze. Et tant sur son manche que de la voix, il impressionne. Une question me traverse quand même l’esprit : ‘Gamin, y'a pas école?’. Zakk, le plus âgé, vient de fêter ses vingt printemps. Lors de cette tournée, justement. Leur périple, ils l’accomplissent en compagnie de B4MV. Sur scène, ils libèrent une énergie très contagieuse. Entre ados (les artistes et le public), le courant passe instinctivement. Honnêtement, j’estime quand même que leur musique manque d’originalité et d’inspiration. Bref, ce n’est pas génial ! Bien sûr, très souvent, un premier groupe souffre de l’approximation des balances. En outre, il faut avouer que le son manque singulièrement de puissance. Maintenant, il est aussi possible que mes capacités auditives se soient encore détériorées. Alors, Black Tide, un groupe prometteur ? Certainement. Pourvu que ses musicos n'attrapent pas le melon et se forgent un style vraiment personnel. 

C’est en parcourant leur page MySpace que je me suis quelque peu familiarisé avec la musique du deuxième combo, proposé à l’affiche de la soirée : Bleeding Through. Dès les premiers accords dispensés sur cette plateforme du net, j'avais déjà envie d'ôter les écouteurs de mes oreilles. A cause de l’omniprésence des synthés couvrant les riffs et la voix hardcore. Pas que je sois allergique aux synthétiseurs ; mais il est rare qu’un tel instrument apporte un plus chez un groupe de métal. A la limite pour soutenir une rythmique ou enrichir la solution sonore de samples. Un sentiment de déception m’a même envahi ; car finalement, le reste était quand même de bonne facture. Ce qui explique pourquoi, je n’ai même pas pris la peine de consulter la bio de la formation. M’enfin, comme le jour du concert, c’était compris dans le prix, je ne me suis pas trop tracassé. Et puis, fallait quand même jeter un œil sur le set, pour pouvoir en relater un commentaire. Finalement, j’ai pris une bonne décision en ne restant pas accroché au bar. A contrario des titres issus de l'album "Declaration", proposés en écoute libre, le synthé est bien moins présent. Résultat des courses, les compos passent beaucoup mieux la rampe. Attention, c’est le son du clavier qui est moins présent. Pas la claviériste. Car visuellement, Marta Peterson en impose… Tatoué et ne tenant pas en place une seule seconde, Brandan Schiepati s’est procuré la panoplie full-option du vrai chanteur hardcore : gueulante et rythmique magistrale… Les sonorités consommées par Brian & Jona sont puissantes. Tantôt véloces, tantôt lourdes, elles véhiculent des accents ‘Dimebagdarelliens’ (Pantera - R.I.P.) ou ‘Kerrykingiens’ (Slayer). A charge de la rythmique, constituée par Ryan (basse) et Derek (drums) de solidifier l’ensemble. Au sein du public, c’est l’affolement. Les spectateurs commencent à se bousculer. Un ‘circle pitt’ –débonnaire– se forme. Mais un type plus âgé, vêtu d’un t-shirt frappé des lettres ‘Hardcore Championship’ entame des mouvements de boxe/savate française. Le public plus jeune s’interroge et s’écarte du personnage, craignant de se prendre un ‘high kick’ dans la mâchoire et de devoir justifier l'hématome quand papa viendra les chercher… Personnellement, j’estime que ce groupe californien était la première bonne surprise de la soirée.

Juste le temps, d'étancher sa soif en compagnie de mon pote Bernard (NDR : allez donc jeter un coup d’œil sur ses superbes clichés !) et d'assouvir un besoin en nicotine (ouais je sais…) et c'est déjà l'heure de Lacuna Coil. Hormis Cristian et Andrea –les vocalistes portent une chemise blanche et un gilet noir– tous les autres musiciens sont vêtus de la couleur des ténèbres. Le son est excellent. Et dès l’ouverture de leur show, on se rend compte que la machine est bien huilée. Les oreilles commencent à siffler. Le sextet milanais épingle quelques titres de son dernier opus "Karmacode". Il enchaîne par « Swamped », « Our Truth, Within Me » et s’offre un petit break en s’autorisant une excellente cover du "Enjoy the Silence" de Depeche Mode. Les spectateurs chantent et commencent à manifester davantage d’animation. Faut dire que la petite Cristina parvient, à elle seule, à occuper tout le poidum. On en oublierait presque le rôle de sa partenaire aux vocaux, Andrea. Les autres musiciens assurent. Que ce soit Cristiano et ‘Maus’ aux guitares, CriZ à la batterie ou Marco à la basse. Ils donnent tout ce qu’ils ont dans le ventre. Et dans les amplis…  A cet instant, une réflexion me traverse l’esprit : ‘VinZzzz t'es un vrai loser…’ Parce que mes préjugés venaient d’être complètement balayés. Lacuna Coil ne se le limite pas à une soprano qui chante sur 4 accords de guitare et un rythme ternaire (genre valse). Ce qu’il propose, c'est du bon ; du très bon même ! L’aspect gothique ne noie jamais l’ensemble. Leur métal tient la route. Il est contagieux et repose sur une rythmique sans solo.

Après avoir savouré la prestation des rossignols milanais, j'étais donc impatient de revoir enfin Bullet For My Valentine. Ce jeune groupe gallois jouit d’une excellente réputation chez les médias spécialisés (Kerrang, Metal Hammer,…) C’est même devenu un nouveau symbole dans l’univers du metal insulaire. Pourtant, à leurs débuts (NDR : c’est-à-dire vers 1997), ils se contentaient d’adapter des standards de Metallica et Iron Maiden. Leur premier opus, "The Poison", paraît fin 2005. Il est suivi par un Dvd live, l’année suivante. Un Dvd immortalisant un concert accordé au sein du mythique Brixton Hall de Londres. Notons encore qu’ils ont assuré la première partie d'Iron Maiden lors de leur périple opéré outre-Atlantique et de Metallica pendant leur tournée européenne. Et puis, début 2008, ils gravent leur second opus, "Scream, Aim, Fire". Paradoxalement, les influences de Metallica et de Maiden sont beaucoup plus évidentes que sur leur premier essai. A la limite, je me demande même si Metallica n’aurait pas eu intérêt à leur demander quelques conseils avant de concocter son dernier opus. (NDR : ne pas frapper, ne pas frapper !) Entretemps, signe de reconnaissance, Matt Tuck, le charismatique chanteur/guitariste a vu son talent de guitariste récompensé par la marque Jackson. Et pour cause, elle a créé un modèle de râpe portant sa signature! Lors de leur prestation accordée l’Olympia, j’avais quand même déploré leur manque de contact avec le public. Et puis une carence en énergie scénique.

Les portes de la salle sont encore grandes ouvertes. Et on entend les premiers accords consacrés à l'intro du groupe. Le temps d’arriver sur les lieux et on peut observer la mise en scène. Les draps noirs ont cédé leur place à un énorme backdrop représentant la couverture de leur dernier album. La batterie est au centre du podium. A chaque extrémité, se dresse un mur d'enceintes de marque Mesa Boogie. Vu le matos, je m’attendais à être propulsé au fond de la salle, dès le premier accord de guitare. L'intro exécuté par Moose à la batterie prélude "Scream, Aim, Fire" (NDR : le morceau d'ouverture du dernier album). Et surprise, le son est réduit à sa plus simple expression. On entend à peine chanter Matt et les gueulantes de Jay. La ligne de basse est plus présente ; mais l’emprise de la section rythmique nous fait presque oublier que Matt et Padge tricotent comme des fous sur leur gratte. Il faudra attendre le troisième morceau ("The Poison") pour retrouver l’intensité du son, conforme à nos attentes. Faut croire que l’ingé avait enfin retiré retirer les croquettes enfoncées dans ses oreilles. Entre chaque colonne de haut-parleurs, des lignes de ‘leds’ lumineuses alimentent un light show tout bonnement exceptionnel. Les musiciens se libèrent. Le public est réceptif. Et on le sait, au plus le public donne, au plus le groupe restitue. Parmi cette équipe de showmen, Matt se réserve le premier rôle. Les soli de guitare de Padge sont parfaits ; et lorsque Matt vient le soutenir à la quinte ou à la tierce, on ne peut s'empêcher de penser aux exercices de style pratiqués par Maiden. Les morceaux s'enchaînent. Les ‘circle pitts’ aussi. Lorsque Matt annonce "Tears Don't Fall", le premier hit single du groupe, l’audience se déchaîne et reprend le refrain en chœur. Décidément, ce concert n'a rien à voir avec celui de l'Olympia. Ils sont dans leur trip. Leur énergie est communicative. Un véritable régal ! Paris n’était donc qu’un passage à vide. Après avoir opéré un périple européen, terminé des sessions d’enregistrement, sur une période de trois mois, le groupe était donc sur les rotules. En outre, et pour une fois, soyons un peu chauvin, le public belge s’est montré ce soir à la hauteur de sa réputation. On n’ira pas jusqu’à prétendre que le public hexagonal était un peu mou. Quoique… Une chose est sûre, l’audience de ce soir est parvenu à faire la différence ; et le groupe l'a bien senti. Le show s'est achevé par "Forever & Always", c'est-à-dire le dernier titre de l’elpee, "Scream, Aim, Fire", encore une fois repris en chœur par le public…

Organisation AB


 

 

 

Lacuna Coil

Unleashed Memories

Écrit par

Le deuxième véritable album des Italiens de Lacuna Coil a été mis en boîte en Allemagne, dans les studios du talentueux Waldemar Sorychta qui permit à Samael, Tiamat et The Gathering de se révéler auprès du public métal européen. Soigné, introspectif et atmosphérique à souhait, " Unleashed Memories " possède toutes les qualités pour consolider la place du groupe de la chanteuse Cristina Scabia au sein des valeurs sûres de la vague engendrée, à l'aube des années 90, par Paradise Lost

Dès la plage d'introduction, " Heir of a dying day ", force est de constater que le combo gère mieux que par le passé l'alternance des vocaux féminins et masculins. A l'instar de Theatre of Tragedy, le groupe a fait appel aux bons services des samplers et des ordinateurs ; mais malgré cette inattendue irrigation technologique, le son n'en demeure pas moins résolument métal. Une nouvelle méthode d'approche pour Lacuna Coil qui a fait le choix de réintroduire en grande pompe l'esprit solitude et noir de noir, une dimension qui s'efface au fil des albums de The Gathering, leur concurrent direct.

 

Recoil

Le choix d’Alan Wilder

Écrit par

Alan Wilder a choisi Recoil, son projet. Un projet pour lequel, alors qu’il était encore au sein de Depeche Mode, il avait déjà publié deux albums (« Hydrology » en 88 et « Blooline » en 92). Mais le nouveau cd, « Unsound methods », est le meilleur à ce jour, flirtant parfois avec les sons trip hop, voire techno.

Mes disques précédents, tant chez Depeche Mode que Recoil, avaient recours à des sons électroniques et des rythmes orientés techno... Je suis un instinctif, je ne choisis pas consciemment la façon dont je vais sonner. Cette fois-ci, je m'étais juste dit que je voulais des rythmes plus groovy, quelque chose de plus desserré, de plus fluide, de plus relâché. En prenant du recul, quand je réécoute mes disques, ils me semblent tous trop rigides.

Quelle étiquette peut-on coller à ton travail?

A vrai dire, je m'en fous un peu. La plus commune semble être ‘cinématographique’ ou ‘bande-son’ d'un film qui n'existe pas. C'est probablement un peu de ça qu'il s'agit.    .

Il y a d'ailleurs des extraits de la B.O. d'‘Apocalypse Now’ sur ton disque. Pourquoi?

Oui, sur « Incubus ». Parce que c'est un de mes films favoris. Il est très sombre, très noir, très dur. Comme j'aime!

C'est dans les atmosphères sombres et oppressantes que tu te sens à l'aise. Parce que tu es quelqu'un de pessimiste?

Tout le monde me le demande, mais je ne me considère pas comme tel. Créer ce genre de musique me semble plus intéressant que de décrire la joie qu'on éprouve à avoir des enfants, par exemple... La part de moi qui s'exprime en musique est sombre et glacée, mais elle ne correspond pas à ma personne. Peut-être que mon côté sombre, je l'évacue en musique et que je n'ai plus besoin de le faire dans la vie? Je ne suis pas pessimiste, je me considère comme réaliste avec une dose de cynisme aussi. En fait, je suis quelqu'un de très ouvert, même si je choisis mes amis avec la plus grande prudence. Si je me montre parfois sec, c’est que je n’ai pas nécessairement beaucoup de temps à consacrer aux gens. Ce propos paraît sans doute égoïste, mais la vie est courte. Par exemple, je refuse systématiquement de travailler comme remixeur, parce que j'y mettrais trop d'énergie et que je préfère la garder pour moi.

L’ironie du titre

Un mot sur le titre du disque « Unsound Methods »?

Il affiche un côté ironique: ‘Unsound’ et se traduit par quelque chose comme ‘raté’, ‘mauvais’. Une méthode non correcte qui s'applique bien à la plupart des sujets du disque. ‘Stalker’ est typiquement un truc ‘unsound’...

Pourquoi ne chantes-tu pas sur cet album?

Parce que je n'aime pas le son de ma voix! Elle n'est pas atroce, mais elle est terne, un peu fade... Et puis, je ne suis pas très bon pour écrire les textes. J'ai essayé, mais l’inspiration ne vient pas naturellement. Je préfère donc laisser cde rôle à quelqu'un de plus compétent. Quelqu'un comme Douglas McCarthy, de Nitzer Ebb, avec qui j'avais déjà travaillé ou comme les trois filles (NDR : inconnues au bataillon) que sont Siobhan Lynch, Maggie Estep et Hildia Campbell. J'adore travailler en compagnie d'autres chanteurs et je suis persuadé pouvoir tirer le meilleur parti de leur voix. Je ferais un bon entraîneur, je suis capable de pousser quelqu'un à aller plus loin, à être meilleur. L’exemple parfait, c'est Douglas : voilà quelqu'un qui a du talent, mais qui ne sait pas toujours bien comment l'utiliser ni comment l’exprimer. Franchement, j'arrive à le sublimer et lui, il apprécie que je le pousse ainsi. Pourtant, ce sont juste quelques encouragements.

Recoil, c’est un groupe ?

Sûrement pas. C'est un projet en perpétuelle mutation. Il implique des collaborateurs qui entrent et sortent aux moments appropriés. J'adore travailler avec les autres, mais pas tout le temps les mêmes.

La séparation

On le sait ; en juin 95, Alan Wilder a abandonné Depeche Mode après une grosse douzaine d'années passées dans le groupe anglais. Il faut sûrement du courage pour quitter un groupe qui recueille autant de succès. Si on peut avoir l'impression qu'Alan n'y jouait que les seconds rôles, son influence occulte auprès des Gahan et Gore aura sans doute été déterminante sur le son et la popularité de ce groupe.

J'avais fait mon temps dans le groupe. J'en avais assez et j'estimais qu'au sein de Depeche Mode, on avait concrétisé tout ce que je sentais qu'on pouvait réaliser. Pourquoi continuer alors? Bien sûr, il y a eu des moments de tension, les ennuis de Dave liés à la drogue ; mais ce n'étaient pas les motifs primordiaux qui ont conduit à mon départ. Juste que cela n'allait plus!

Parce que tes idées n'étaient pas assez utilisées ?

Non, pas vraiment. J'étais capable de les faire adopter par la formation. Mais peut-être parfois, était-ce quand même un peu frustrant, je veux bien l'avouer. J'ai réalisé, c'est vrai, des trucs qui ont peu été appréciés, du moins pas à leur juste valeur par les autres membres du groupe.

As-tu hésité avant de partir?

Non, je n’ai pas hésité à quitter Depeche Mode, mais entendons nous bien, j’y ai quand même beaucoup réfléchi. C’est normal, on ne quitte pas un tel groupe sur un coup de tête. Mais là, j'en étais arrivé à un point où il fallait prendre une décision. Je n'étais plus heureux ; ni dans ma vie privée, ni dans ma vie professionnelle. J'ai donc choisi le divorce dans un cas comme dans l'autre. Peut-être ai-je commis une grosse erreur, au moins financièrement ; mais d'un autre côté, je me sens mieux dans ma peau et j'ai plus d'enthousiasme que je n'en ai jamais eu!

Quels souvenirs garderas-tu de Depeche Mode?

Il y en a des tonnes et la plupart sont très, très bons. Je ne voudrais pas qu'on se cantonne dans mes explications sur la fin de l'expérience et qu'on oublie tout le reste. Je ne suis absolument pas amer, c'est même plutôt le contraire. Je suis très reconnaissant envers tout ce qui m’est arrivé dans cette aventure. J'y ai appris énormément, spécialement au début, dans le domaine de la production. Et puis, j'y ai pris beaucoup de plaisir, notamment lors de tournées où l'ambiance était fantastique

Enfin, pour que votre info soit complète, sachez que Wilder n’envisage pas de concert pour Recoil. Pourquoi ? Parce qu'il ne voit pas comment il pourrait monter une telle entreprise. Cependant, il souhaite continuer à enregistrer dans le studio qu'il s'est aménagé, juste à côté de chez lui, dans sa maison du Sussex, à la campagne, où il lui faut à peine une heure de route, depuis Londres, pour s’y rendre... mais où il est tellement plus au calme !

(Article paru dans le n° 59 du magazine Mofo de décembre 97/janvier 98)