New Brutalism de 087 à 089…

New Brutalism est un groupe de rock minimaliste formé à Knoxville, Tennessee, en 1998. Le groupe est composé de Shane Elliott (chant), Matt Hall (guitare/chant), David Basford (basse/chant) et Carey Balch (batterie). Son nouvel Ep, « Requiescat Record »,…

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La vie explosive de Fine Lame

Groupe de rock poétique incisif, enflammé, tumultueux, exalté, tranchant, Fine Lame convoque le rock français à appétence littéraire et la tradition du spoken word anglo-saxon. Le groupe a sorti un premier Ep 5 titres le 29 novembre 2022 qui évoque tant le…

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Estelle Giordani

Estelle Giordani sème à tout vent…

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Autrice-compositrice-interprète originaire de la Haute-Savoie, Estelle Giordani avait gravé son premier elpee, « La première », fin 2019.

Elle nous revient avec un Ep intitulé « Sème ».

« Sème » c'est un éveil fougueux, libre et sensible. Une chanson française entre folk organique, pop acoustique planante et ballade éthérée.

Ecrites depuis le sol natal (la Haute-Savoie), les 5 chansons qui composent cet Ep ont germé entre racines, enfance et transmission, et toutes portent un vœu qui vibre haut.

« Sème » à la forme impérative, c’est le vœu de réveiller la terre qui dort et de voir éclore les histoires comme des promesses.

La vidéo de « Blanche princesse » est disponible

 

Daniel Boeckner

Dan Boeckner se lance en solo…

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Daniel Boeckner sévit dans une multitude de groupes dont Wolf Parade, Operators, Divine Fits et Handsome Furs, quand il ne se lance pas dans des tas de collaborations. Bref, on se demande si ce chanteur/compositeur/guitariste canadien trouve le temps de dormir. Et en plus, il vient d’enregistrer son premier long playing solo qu’il a sobrement intitulé « Boeckner ». Mais pour lequel il a quand même reçu le concours de quelques collaborateurs prestigieux. Dont le guitariste de Medecine, Brad Laner, et le batteur Matt Chamberlain – ne pas confondre avec Jimmy Chamberlain, le drummer de Smashing Pumpkins – Matt Chamberlain, un musicien de studio, qui a accompagné d’illustres stars, comme Bowie, Pearl Jam ou encore Elton John, et la liste est loin d‘être exhaustive. Son album solo sortira ce 15 mars.

En attendant, il a déjà publié deux singles. « Lose » (clip vidéo ici) et « Euphoria », en écoute

 

 

Daniel Norgren

Chaud dedans, chaud dehors…

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Daniel Norgren est un habitué de l’AB. Il s’y était produit en 2015 au sein d’un AB Club bien rempli, puis en 2016 dans un l’AB Flex conquis. Février 2020, il avait quand même foulé les planches du Crique Royal. Et il nous revient ce samedi 9 septembre, mais dans la grande salle de l’Ancienne Belgique. Et c’est sold out.

Son dernier elpee, « Wooh Dang », date de 2019, mais grâce à sa solide réputation live et à la bande originale du film primé du jury de Cannes 'Le Otto Montagne' (2022), l’intérêt du grand public à son égard, n’a fait que croître.

Pas de supporting act, le concert débute à 20h30. Il fait encore plus chaud à l’intérieur qu’à l’extérieur. Il y fait même torride. Et l’ambiance sera au diapason.  Heureusement la musique nordique devrait nous apporter un petit vent de fraicheur. Car Daniel Norgren est suédois, même si sa musique semble venir des grandes plaines des States. Sur scène, il est accompagné par un organiste (un Hammond ?), un drummer, un guitariste et un bassiste. Daniel s’installe devant un piano droit de couleur brune, éclairé par deux lampadaires à la luminosité blafarde. D’ailleurs le light show oscille entre ombres et lumières tamisées. Casquette vissée sur le crâne, l’auteur-compositeur semble plutôt timide. Sa voix est capable d’être aussi haut-perchée que celle de Neil Young mais un rien plus rauque (Tom Waits ?). Une chose est sûre, elle a quelque chose de fascinant.

Il ne faut pas très longtemps avant que cet artiste nous attirer dans son univers sonore. Il laisse choisir le public, puis l’entraîne là où il le souhaite. Après avoir attaqué les 3 premiers morceaux aux ivoires, Daniel passe à la guitare et l’atmosphère devient magique. Les titres sont longs mais grimpent progressivement en intensité. Le concert va d’ailleurs 120 minutes !

La musique est construite comme un paysage. Une guitare lancinante, une ligne de basse impeccable et une touche de psychédélisme habillent des textes empreints s’une grande sensibilité. On a ainsi droit à des ballades au piano, à du rock épuré, une escapade americana ou encore un folk bien bluesy sorti tout droit du bayou louisianais. L’ambiance est différente à chaque titre, nous tenant suspendus au bout de ses lèvres et de sa guitare ou de ses ivoires délicats, avec une dose de mélancolie et de malice. Ravi, le public écoute religieusement. Malgré la chaleur étouffante, on se laisse bercer par des harmonies musicales et vocales lancinantes, délicates et chargées de spleen…

Le public aimerait qu’il revienne bien vite pour un nouveau concert, mais plus dans une atmosphère aussi irrespirable. Peut-être, alors en hiver, pour nous réchauffer les cœurs…

Setlist : « Why May I Not Go Out and Climb the Trees ? », « Like There Was A Door », « If You Look At The Picture Too Long », « Everything You Know Melts Away Like Snow », « Moonshine Got Me », « I Waited for You », « New Home », « Putting My Tomorrows Behind », « Music Tape », « People Are Good », « Whatever Turns You On », « The Power ».

Rappel : « Let Love Run The Game ».

(Organisation : Ancienne Belgique)

 

 

Daniel Jea

Daniel Jea sur le tarmac…

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Brûlot rock, fulgurant et court. Constat sur l’état de la société actuelle :

- la violence et la pauvreté intellectuelle des réseaux sociaux et de certains médias ultra populaires

- les écarts sociaux grandissants, le gouffre entre les pauvres et la bourgeoise bien-pensante qui, qu’elle se réclame de gauche ou de droite, jamais ne voudra partager le moindre acquis

- le patriarcat révolté face à la prise de parole des femmes etc., etc.

Une réalité bien actuelle ‘claquée au sol / éclatée au sol’, que l’on se prend de plein fouet, qui nous saute au visage comme le choc d’un accident nous projette violemment sur le bitume et nous assomme.

« Se taire et écouter » constitue le 3ème volet de la trilogie d'albums de Daniel Jea. Il fait suite à « A l’instinct à l’instant » sorti en 2020 et « En Suspens », en 2021.

Il a été réalisé avec la même équipe, dans le même studio d’enregistrement ; l’ingénieur du son Stéphane Prin et le groupe impliquant les deux musiciennes France Cartigny (synthé, percus, guitare, chœurs) et Émilie Rambaud (batterie, chœurs). Dans une veine toujours très rock, en formule power trio chanté en français.

Encore plus libre dans le son comme dans l’écriture, Daniel Jea, par ailleurs musicien guitariste de la scène française rock/pop/electro/chanson depuis plus de 20 ans, continue son parcours en tant qu’auteur-compositeur-interprète et s’impose avec cette nouvelle petite bombe rock.

Le clip de « Bitume » est à découvrir ici

 

Daniel Blumberg

On & On

Écrit par

Lorsque Daniel Blumberg quitte Yuck, en 2013, il tente de nouvelles aventures musicales, tour à tour chez Hebronix, Oupa et Guo. Puis, en 2018, il grave son premier elpee solo, « Minus ». Un disque pur lequel il reçoit le concours de Ute Kanngiesser au violoncelle, Billy Steiger au violon, Tom Wheathly à la contrebasse et Jim White (Dirty Three) aux drums. Des musiciens qu’il a rencontré au café OTO, à Londres. Et il a reconduit la même équipe pour concocter son second opus, « On & On », Daniel se consacrant au chant et à la guitare, délaissant paradoxalement son piano, instrument qui, dans le passé, balisait souvent ses compos… 

Le titre maître est proposé en quatre déclinaisons, un ‘& on’ en plus. Mais il sert, en quelque sorte, d’intermède –doux ou chaotique– entre les autres plages. Encore que, exception qui confirme la règle, « Bound » et « Silence breaker », se succèdent au cœur de l’opus. Caractérisé par son intensité émotionnelle graduelle et d’une durée de 7’, « Bound » constitue le titre le plus mélodieux du long playing. Le second se révèle davantage tourmenté, parfois teinté d’exotisme et bénéficie de la collaboration d’Elvin Brandhi, le partenaire d’impro de Blumberg chez BAKH. Chaleureux, « Teethgritter » est imprimé sur le rythme du chemin de fer jusqu’aux 2/3 de son parcours ; contrebasse en picking, violoncelle, violon et harmo hanté lacérant ensuite littéralement l’expression sonore. Une instrumentation qui ondule suivant les flux et les reflux du déstructuré « Pillow ». Car, ce qui frappe tout au long de cet LP, c’est justement cette combinaison entre déstructuration et sens mélodique. Et « Siderstep summer », la meilleure plage de ce long playing, en est certainement le plus bel exemple. Arrangements de cordes, éclaboussures de sonorités abrasives voire grinçantes improvisées (violon, violoncelle, contrebasse) et percus erratiques alimentant une compo finalement harmonieuse qu’on pourrait qualifier de noisy/folk…

Et pour que votre info soit complète, sachez que cet « On & on » a été mis en forme par Pete Walsh, un collaborateur de longue date de Scott Walker. Et puis que cette œuvre est dédiée à feu David Berman, chanteur, guitariste, compositeur et poète chez Silver Jews, groupe qu’il avait fondé en compagnie des futurs Pavement, Stephen Malkmus et Bob Nastanovich, en 1989.

Daniel Brandt

Channels

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Co-fondateur du projet électronique allemand Brandt Brauer Frick, Daniel Brandt nous propose son deuxième elpee solo, un disque paru un an seulement après son précédent opus. Enregistré entre Londres et Berlin, ce nouvel album s’intitule « Channels ». Ce producteur, multi-intrumentiste et réalisateur (NDR : il a créé sa propre chaîne TV en ligne) nous propose sept morceaux instrumentaux entraînants au cours desquels les machines et les instruments organiques, dont une basse, un trombone ou encore un violon, font bon ménage. Entre transitions atmosphériques et envolées rythmiques, le résultat rappelle une version moins rock du « Flamingo » de Battles, une autre plus électro de Go Go Penguin ou encore une plus rythmée de Portico Quartet. Electro/pop (étiquette collée par Daniel Brandt sur sa musique), les compos de cet opus méritent une attention particulière… Excellent !

Danielson

Ships

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Daniel Smith est le personnage central de la famille Danielson, au sein de laquelle militent frères, sœurs, beaux-frères, belles-sœurs et leurs meilleurs amis. Une quarantaine de personnes, dont Sufjan Stevens et les membres de Deerhof, ont ainsi participé à la confection de « Ships », leur nouvel album. Jusqu’à présent, les différents projets de Daniel Smith (NDR : il se produit et enregistre également en solo) s’avéraient plutôt minimalistes. L’évolution est absolument étonnante, car une foultitude d’instruments a été utilisée sur cet opus orchestral. Normal vu le nombre de participants. Découpé en 11 titres, cet elpee constitue probablement la plus grosse surprise de l’année 2006. Un peu comme Arcade Fire l’avait été l’an dernier. D’ailleurs, s’il faut évoquer quelques points de référence, le groupe de Toronto y a sa place. Mais aussi, et à des degrés divers, les Mothers of Invention, les Sparks, Devendra Banhart, les Flaming Lips et les Super Furry Animals. Il est d’ailleurs quasi impossible de décortiquer les compos de cette œuvre, tant elle est riche, même si la trame de fond demeure folk. Une constante : le falsetto - régulièrement soutenu par des chœurs - tour à tour glapissant, capricieux, perçant, pépiant, nerveux ou nasal de Daniel. Qui est également responsable des lyrics. Reflets de sa foi évangéliste (NDR : sur les planches la formation se produit vêtue comme des membres de l’armée du salut !), ils ne reflètent pas un dessein de conversion des âmes égarées ; mais simplement cherchent à soulever la question existentielle. Une prédiction qui vaut ce qu’elle vaut : Danielson risque bientôt de convertir de nouveaux disciples en colportant une muse aussi originale… Impressionnant !

 

Danielson

Les contraintes du supporting act...

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Pas de trace des sœurs Smith lors du set accordé par Danielson, programmé en première partie de Wovenhand. Le groupe est réduit à un quatuor : un bassiste, un drummer, un claviériste ainsi que Daniel Smith à la guitare et au chant. Les musiciens sont cependant vêtus d'un uniforme (le prénom de chaque musicien est frappé sur leur pull-over) et coiffés d'une casquette. Pas davantage de mise en scène théâtrale qui jusqu'à présent a fait la réputation du groupe. Et un éclairage peu performant (NDR : à mon avis, il était déjà réglé pour Wovenhand). Privilégiant les compos du dernier opus, « Ships » (NDR : soit dit en passant, un des meilleurs albums de l'année !), le combo va livrer une prestation correcte, mais sans éclat. Les compos hymniques, déchirées par la voix glapissante de Daniel, s'enchaînent, sans parfois même laisser le temps aux spectateurs d'applaudir. Daniel parvient quand même à prononcer quelques mots sur l'origine du groupe ('Nous nous appelons Danielson et venons du New Jersey'), de présenter ses musiciens (NDR : en quatrième vitesse), de glisser quelques mots entre certaines chansons, d'annoncer le concert de Wovenhand juste avant le dernier morceau et de remercier le public pour l'accueil réservé. Et trente minutes plus tard, montre en main, Danielson se retire. Bref, la formation n'a servi ce soir que de 'supporting act'. Et son service minimum nous a laissé sur notre faim. On aimerait ainsi pouvoir assister à un de ses sets, lorsqu'il est au grand complet et dans de meilleures conditions (jeux de lumières, décors, chorégraphie, etc.).

David Eugène Edwards est particulièrement apprécié aux Pays-Bas, en Allemagne et surtout en Flandre. L'AB devait compter, lors de cette soirée, près de trois-quarts de néerlandophones. Pas étonnant, lorsqu'on sait qu'il a réalisé la bande sonore du spectacle de danse 'Blush' de Wim Vandekeybus. Après avoir mis fin à l'existence de 16 Horsepower, David a donc réactivé le projet Wovenhand. Ou plus exactement l'a rendu plus permanent. Sur disque, la différence de musique est très palpable. L'ambiance est plus moyenâgeuse. L'orgue y est plus présent. Et sur le quatrième album, « Mosaic » (NDR : encore un des albums de l'année !), il y a même de l'harmonium. Malheureusement, le claviériste Daniel Mac Mahon brille par son absence. Par contre, l'ex-bassiste de 16 Horsepower, Pascal Humbert, est revenu dans le parcours : à la basse, bien sûr…. Le line up est complété par un guitariste et un drummer (Ordy Garrison ?). David (NDR : barbu, il ressemble à Vincent Van Gogh) est assis sur le devant de la scène. Il joue alternativement de la guitare, du banjo ou de la mandoline (NDR : plus d'accordéon). Le son est puissant, mais le ton toujours aussi ténébreux. A cause de la voix de David, bien sûr. Mais le mélange de musique gothique, d'Americana, d'alt country, de bluegrass et de folk appalache n'a jamais sonné aussi rock. Pas la peine de revenir sur les sujets abordés qui tournent toujours autour de la Bible. Ce qui pousse parfois Eugène à entrer comme dans une transe. Dans la salle, un spectateur lui réclame une chanson triste. Il répond qu'il n'en connaît pas… Le groupe interprètera deux titres du 16 Horsepower : tout d'abord une version retravaillée de « Phyllish rush » (rebaptisée « Phillysh An »), puis en rappel et en solo l'incontournable « Black soul choir ». Bref, si ce concert s'est avéré de bonne facture, il a surtout manqué de surprise. Mais franchement, était-il donc nécessaire de dissoudre 16th Horsepower pour conduire un nouveau projet à une formule aussi basique ? La question reste posée. Mais personnellement, j'ai l'impression qu'il s'est trompé de chemin (NDR : pour un évangéliste !)…

 

Dani Wilde

Live at Brighton Road

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Elle a fêté ses 32 ans et vient de signer chez l’écurie américaine Vizztone. A 22 printemps, cette chanteuse britannique avait alors décroché un contrat pour le dynamique label allemand, Ruf Records, y publiant, l’année suivante, "Heal my blues". Depuis, elle a tourné inlassablement et enregistré plusieurs long playings. Mais également participé à différents projets impliquant des chanteuses du label, auxquels avaient participé la regrettée Candye Kane, mais aussi Sue Foley, Deborah Coleman, Samantha Fish et Cassie Taylor, à des époques différentes.

Paru sous la forme d’un cd et d’un dvd, "Live at Brighton Road" est partagé entre une session acoustique et électrique. Deux fois cinq titres. Elles se sont déroulées au Brighton Road Studio, à Hassocks, au Nord de Brighton, en Angleterre.

La partie acoustique met bien en relief la voix pure et vivace de Miss Wilde ; et tout particulièrement lors du blues d'ouverture "Bumble Bee", une compo issue de la plume de la légendaire Memphis Minnie. Son frère, Will Wilde, s’y révèle particulièrement convaincant à l'harmonica. Les autres plages baignent au sein d’un climat unplugged ou si vous préférez, folk. Elle dédie "My old man" à son grand-père. Trois voix féminines l’épaulent tout au long de "Glorious day", un morceau qui s’achève en gospel, rythmes et claquements de mains compris. Le "The living years" de Mike Rutherford (Genesis) bénéficie du concours de Sarah Davison au violoncelle. 

La partie amplifiée est bien plus intéressante. Pour la circonstance, elle est soutenue par un claviériste, un bassiste, un drummer et un harmoniciste, Will en l’occurrence. "Deeper than black" ouvre la plaque. Les interventions de Mrs Wilde aux cordes sont parcimonieuses, mais chargées de feeling ; et elles montent en puissance tout naturellement. Elle adapte le classique de Jerry Leiber and Mike Stoller, "Hound dog", un blues très rythmé enregistré à l'origine par Big Mama Thornton en 1952, mais dont la version interprétée par Elvis Presley, décrochera un n°1 rock'n'roll, quatre années plus tard. Et c’est Gregory Coulson qui y tire son épingle du jeu au piano. De ses ivoires, il balise "High on your love", une compo signée par Will, un pur rock’n’roll au cours duquel Dani brille aux cordes. La fratrie se distingue encore sur le shuffle, "Don't quit me baby", l’une à la gratte, l’autre à l’harmo, dans lequel il souffle à pleins poumons. "Refugee" clôt ce long playing. Une ballade roots qui traite, bien sûr, du problème actuel des réfugiés. Une interview de l’artiste figure également sur le dvd…

 

Dani Klein & Sal La Rocca

Dani sings Billie

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Dani Klein n’est autre que la chanteuse du défunt Vaya Con Dios, célèbre groupe belge qui a accordé son dernier concert à Bruxelles, en octobre 2014. Salvatore La Rocca est un contrebassiste qui milite dans l’univers du jazz. Au fil du temps, il s’y est forgé une certaine notoriété. Il a eu l’opportunité de se produire en compagnie de grands noms comme Toots Thielemans, Bruno Castellucci ou Philip Catherine. En 2007, il avait intégré le Vaya Con Dios. En outre, il compte à son actif deux albums solos, parus chez Igloo : "Latinea" en 2003 et "It could be the end" en 2012. Aujourd'hui Sal s’investit encore dans une multitude de projets alternatifs ; mais surtout milite au sein d’un quartet impliquant Dani Klein au chant, Tim De Jonghe à la trompette et William Lecomte au piano. Un combo qui a décidé d’interpréter les compos de Billie Holiday sur ce "Dani sings Billie".

Eleanora Fagan est née en 1915. A Philadelphie. Elle est âgée de douze ans lorsque sa mère la rapatrie à Harlem. Elle va y fréquenter le monde musical, et devient chanteuse sous le pseudo de Billie Holiday. Son premier enregistrement remonte à 1933. Benny Goodman y participe. C’est Lester Young qui lui attribue le sobriquet de Lady Day. Elle reçoit ensuite le concours des orchestres de Dizzy Gillespie et Count Basie. Elle récolte un énorme succès ; mais est en proie à de multiples démons : alcool, drogues et dépression. Elle est décédée en 1959. Elle n'avait que 44 ans.

L'enregistrement de "Dani sings Billie" a été opéré de mai à juillet 2015, au studio bruxellois ‘Elle’. Lors des sessions, le quartet a bénéficié de la participation du drummer Bruno Castelucci et circonstanciellement d’un guitariste, soit Alessio Menconi ou Victor Dacosta.

"Comes love" est un morceau extrait de "Body and Soul", publié en 1957. Il annonce immédiatement la couleur de l’opus. La voix de Dani cadre parfaitement à ce cocktail de jazz et de blues cabaret. L’instrumentation est impeccable. Tant les balais de Castellucci que les cordes de Menconi ; alors que la trompette de De Jonghe tire déjà son épingle du jeu. Titre bien plus ancien, "Do your duty" s'inscrit dans la même démarche. "Having myself a time" baigne profondément dans le jazz. Dani s’adapte parfaitement au swing généré par La Rocca et Castelucci. "Baby get lost" est un blues lent nightclubbien. Billie s’y révélait impressionnante dans cette atmosphère de club enfumée. Dani injecte énormément de feeling et de sensualité dans son chant. Menconi accorde un solo tout en délicatesse, proche des maîtres du style! Lady Day l'avait enregistré en 1949 ; mais c’est Dinah Washington qui l’a traduit en hit, la même année. "A fine romance" remonte à 1936 et "I'm gonna lock my heart" doit dater de la même époque. Deux morceaux qui épousent un profil swing jazz. Tim De Jonghe y brille de nouveau à la trompette. Dani chante passionnément et respectueusement le célèbre "Summertime", une compo signée par Gerschwin en 1935, et destinée à l'opéra "Porgy and Bess. Billie avait adapté ce titre l’année suivante. Bossa nova, la nouvelle version est dynamisée par La Rocca et Castellucci. Caractérisé par les accords de gratte subtils de Victor Dacosta, "Getting some fun out of life" opère un retour au swing jazz. Quoique jazzyfiant, "Weep no more" trahit des accents bien blues. Le traitement de la compo est à la fois élégant et raffiné. La voix de Dani est empreinte d’émotion. Une des meilleures plages de l’opus. "You let me down" est une composition qui a été écrite avant la seconde guerre mondiale. Elle figurait dans la B.O. du film "Stars on Broadway". En finale, William Lecomte double piano et mélodica pour l’indolent, tendre et profond "God bless the child". Une superbe chanson issue de la plume de Billie, écrite après s’être disputée avec sa mère pour une question d'argent !

 

Daniel Norgren

Buck

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Daniel est un jeune chanteur/compositeur suédois. Il vient juste de fêter ses 30 balais. Il fabrique ses propres instruments et enregistre chez lui. Sa première création, "Kerosene dreams", date de 2007. Publiée en 2008, sa deuxième, "Outskirt", lui avait permis d’ouvrir les portes du reste de l'Europe et avait particulièrement bien été reçue par le public blues. Une situation favorable qui sera encore renforcée lors de la sortie d’"Horrifying Deatheating Bloodspider", en 2010. Pourtant, sa musique exprime son mal de vivre et baigne au sein d’une atmosphère parfois chaotique. En outre, en général, il crie plus qu’il ne chante…  

Daniel était attendu au tournant. "Buck" est habillé d’une pochette cartonnée luxueuse, comme un livre dont les pages sont illustrées par des photographies en couleur bien énigmatiques. L'artiste aurait-il à nouveau l’intention de nous raconter ses malheurs ? Pas du tout ! En fait, paradoxalement, "Buck" est empreint de beauté et d’une grande douceur, même si l’opus s’ouvre et se referme par des bruitages électroniques étranges.

"Howling around my happy home" est une fresque sonore de plus de 10 minutes. Une plage minimaliste que tapisse en quasi-permanence, un fond d'orgue. Les percus sont frêles. Les cordes de guitare et l’instrumentation électronique entrent en osmose. Une technique qui n’est pas sans rappeler la quintessence du krautrock originel. Petra (NDR : c’st la compagne de Daniel) chante "Once was a queen". Sa voix coule comme le miel tout au long de ce délicieux morceau de pop qui navigue quelque part entre l’univers sucré de John Lennon et sidéral de Syd Barrett. "Driving ghosts out of black buck with a weld" est parcouru de brèves expériences sonores, avant de se fondre au cœur d’une nouvelle tranche onctueuse. "Putting my tomorrow's behind" a bénéficié du concours de collaborateurs, et notamment son fidèle bassiste Anders Grahn, en compagnie duquel il se produit habituellement sur scène. Le tempo s’accélère pour "Whatever turns you on", une plage nerveuse, répétitive et spasmodique. Colorée par l'orgue d'Andreas Filipsson, elle lorgne manifestement vers le Velvet Underground. Daniel se réserve l'accordéon sur la très jolie ballade folk "Black vultures". "Music tape" baigne au sein d’une atmosphère cool. Un bon vieux country blues accordé sur le porche de la maison du bonheur. Une impression également présente tout au long du nonchalant "I'm a welder". L’accordéon est à peine effleuré, comme sur certains titres d’"Exile on Main street" des Rolling Stones. "Moonshine got me" a été immortalisé ‘live’, sous la formule trio. La musique prend une nouvelle dimension. Agréable, la voix ne manque pas de charme. Elle susurre à l’oreille même. Les cordes sont d’abord taquinées. Habilement. Puis montent en puissance lorsqu’elles s’évadent en toute liberté, avant de se dédoubler, de fusionner, et de s’acidifier au contact de l’orgue. Et Daniel se réserve ses claviers, pour interpréter en compagnie de Petra, son ultime joyau, "My hobo is rambling". Certainement le meilleur album commis par Norgren, à ce jour !

 

Daniel Darc

Darc dans le noir. Tristesse.

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C’est en début de soirée que le label Jive-Epic a rendu officielle la triste disparition du chanteur français Daniel Darc. C’est à l’âge de 53 ans que le corps de l’ex-leader de Taxi Girl (1978-1986) a été retrouvé inanimé à son domicile parisien ce jeudi 28 février 2013. Une mort qui serait liée à une absorption massive d’alcool et de médicaments.  

Le mythique rockeur nous avait fait un dernier signe sous la forme d’un ultime album solo sorti en novembre 2011, le magnifique « La Taille de mon âme ».

Lucide et caustique sur son existence, Daniel Darc nous avait laissé ces quelques mots : « J'ai 52 ans, j'ai une hépatite C dormante. J'ai dépassé la moitié de ma vie et c'est cool. Ça m'étonne. Ceux qui vivaient comme moi sont presque tous morts. (…) J’aime pas jouer les vieux cons mais je viens d’un moment où le rock était dangereux. J’aime ce danger-là».

Hommage : http://youtu.be/cxPseJxHtX4

Bon voyage l’artiste...

 

Scottyboy Daniel

Mercy!

Écrit par

Scott ‘Scottyboy’ Daniel est un vétéran du blues. Il roule d’ailleurs sa bosse sur les routes depuis de nombreuses années. Il est cependant basé à Kansas City, dans le Missouri. Son backing group réunit le guitariste Joe Mika, le bassiste Matt Browning et le drummer Jerry Riccardi. Scott chante et joue de l'harmonica. Sa musique baigne essentiellement dans le blues chicagolais ou issu de la West Coast.

Scottyboy comptait déjà un premier album à son actif. Paru en 2008, il s’intitule "Flip the switch". "Mercy!" rend un vibrant et émouvant hommage à l'une des plus grandes figures du blues contemporain, l’harmoniciste William Clarke, disparu trop tôt en 1996 alors qu'il n'avait que 45 ans. Lors des sessions d’enregistrement, il a reçu le concours d’un guitariste qui avait souvent joué en compagnie de Clarke, John ‘Marx’ Markowski, un musicien issu de Los Angeles. Et Mr Daniel a reçu la bénédiction de la veuve de Clarke, Miss Jeannette Lodovici, pour réaliser son projet ! Invité, Shinetop Jr, de son véritable nom Mike Sedovic (Blues Notions, Steve Gerrard & The National Debonaires) se charge des parties de piano. Pour concocter cet opus, Scott a puisé l’essentiel du répertoire parmi trois des 4 albums de Clarke parus sur le label Alligator dans les années 90 et chez "Tip of the Top", publié en 1987.

Les trois premières plages sont extraites de "Blowin' like hell" (gravé en 1990). Probablement la meilleure œuvre de William. La plage éponyme ouvre le long playing. Force est de reconnaître que Scottyboy a parfaitement assimilé le style du maître : le punch, la puissance de souffle et la technique. Tout y est. Après cette mise en bouche (?!?!?), "Lonesome bedroom" est le blues lent par excellence. Un frisson nous parcourt l’échine. Même la voix évoque Clarke. En outre, il injecte énormément d'émotion dans le jeu d'harmonica. "Lookin' to the future" est un shuffle énergique inspiré par le Chicago blues. Tout est parfaitement huilé. Les collaborateurs commencent à mettre le nez à la fenêtre. D'abord Shinetop Jr sur ses 88 touches d'ivoire. Puis Scott en personne. Et il est intenable. "A good girl is hard to find" nous transporte sur la Côte Ouest. Cet instrumental flirte avec le swing et le jazz. Le leader a empoigné l'instrument chromatique. Tout au long de cet exercice de style, Shinetop et John Marx sont comme des poissons dans l'eau. Marx est libéré. Plein de verve, il en devient même éblouissant sur les jumps californiens "Drinkin' beer" et "Your love is real". Incontestablement, c’est un des meilleurs gratteurs mondiaux dans ce style. Retour à Chicago pour le boogie blues "Love you, yes I do". Shinetop Jr brille au piano barrelhouse. Pas de moment faible. Scott est un élève hyperdoué. Sa version de "Steady" est chargée de nuances. Il s’attaque ensuite à trois plages issues de "Serious intentions", un LP sorti en 1992. Soit le saignant "Educated fool", "Feel like jumpin", caractérisé par une intervention remarquable de Shinetop et "Trying to stretch my money". "Lollipop mama" est de la pure dynamite. Mr Daniel y vide une dernière fois ses poumons. Lent et majestueux, "Tribute to William Clarke" est un long hommage exécuté sur l'harmonica chromatique. En fait, ce morceau est tout simplement la réplique du "Tribute to George Smith" que William Clarke jouait sur "Tip of the Top". 

 

Daniel Darc

La Taille De Mon Ame

Écrit par

Sortant de l’obscurité comme un faisceau de lumière Divine, Daniel Darc refait à nouveau le printemps.

Attendu au tournant mais n’ayant plus rien à prouver à quiconque, l’homme au passé tumultueux gravé à même le cœur nous gratifie d’un album de grande f(r)acture.

Au seuil de la dernière partie de son existence, l’ex-Taxi Girl valse debout et célèbre cet improbable exploit, nous invitant à communier avec la vie.

Introspections, génuflexions, réflexion, abandon.

Aventureux, il fuit le confort et la facilité, prend des risques mesurés mais que d’aucuns ne se permettraient.

Fidèle à lui-même, touchant la grâce d’une tremblante caresse, et embrassant l’absolu dans un souffle, il transfigure sa musique et lui donne l’ampleur des œuvres inoubliables.

De la notoriété, il n’a que faire.

Soldat de l’Art au nom de l’Art, Daniel Darc poursuit son chemin, entamé comme un calvaire, un chemin qui ressemble de plus en plus à s’y méprendre à une marche glorieuse vers les étoiles.

Partant dans tous les azimuts, l’album montre plusieurs facettes de son talent.

L’humour opère par touches subtiles, la voix et les intonations guident au gré des flux et reflux de son âme au pays de Cocagne, alors que le propos retrace un parcours chaotique et particulièrement chahuté, mais sans céder à l’apitoiement.

« La Taille De Mon Ame » est un titre particulièrement bien choisi, et à l’écoute de cet album, on imagine aisément la place conséquente que celle-ci prendra au paradis.

 

Danielson

Best of Gloucester County

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Non, il ne s’agit pas d’une compile consacrée à Daniel Smith, mais un nouvel album. Le premier depuis 5 longues années. Première constatation, hormis son épouse et ses deux sœurs Megan et Rachel, préposées aux backing vocaux, les membres de sa famille ont déserté le navire. Exit donc ses frères Andrew et David, qui ont laissé la place à un quintet, au sein duquel, on retrouve ni plus ni moins que son pote Sufjan Stevens. Sans oublier un trio de cuivres. Et puis toute une série de collaborateurs (NDR : pas vraiment une surprise, chez Smith), parmi lesquels, on relèvera la présence de Jens Lekman ainsi que de membres des groupes Sereena Maneesh, US Mapple et Cryptacize.

Pas de surprise majeure sur le septième elpee de Danielson, puisqu’il est toujours aussi décalé. D’abord, il y a la voix de Daniel, un falsetto cartoonesque, qui lorgne carrément vers Francis Black, sur le morceau d’entrée, « Complimentary dismembrement insurance ». Puis ce style à la fois expérimental, mélodieux et tumultueux, qui doit autant à Daniel Johnston, Captain Beefheart, T.Rex que Kevin Ayers circa « Whatevershebringswesing ». Sans oublier les textes évangélisateurs, qui pour la circonstance, traitent de l’autosatisfaction, de la rupture, du conflit, du pardon et de la mort. Et pour davantage brouiller les pistes, Smith s’est frotté au ska (« Lil Norge »), à la valse (« This day is a loaf ») et au music-hall (« People’s partay »). Il s’est même autorisé une excursion dans l’ambient psyché (« Hovering about that hill »), qu’on aurait pu croire exclusivement réservé à une collaboration entre Robert Wyatt et Brian Eno. Bref, à conseilleur aux aficionados de Danielson et aux mélomanes avides de créativité…

 

Samantha Fish, Cassie Taylor & Dani Wilde

Girls with guitars

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Thomas Ruf, ce n’est un secret pour personne, aime les femmes. Il leur voue même une certaine admiration. Le boss leur permet ainsi d’enregistrer et de tourner dans le cadre du projet ‘Blues Caravan Tours’. D’excellents blueswomen ont ainsi sillonné notre Vieux continent, telles Sue Foley, Ana Popovic, Candye Kane, Deborah Coleman ou Erja Lyytinen.

"Girls with guitars" se consacre, vous vous en doutez, aux dames et demoiselles qui jouent de la guitare. Et le trio en présence se débrouille plutôt bien, il faut le reconnaître. Dani Wilde avait déjà publié deux albums, "Heal my blues" et "Shine". Cette jeune chanteuse/compositrice/guitariste anglaise est issue de Brighton. Samantha Fish n’a que 21 printemps. Elle vit à Kansas City, dans le Missouri. Elle s’est produite, l’année dernière, au Chicago Blues Festival. Cassie Taylor, est la fille du bluesman Otis Taylor. Elle aussi affiche à peine plus de vingt ans.  

Ces filles sont capables de rocker. Elles ouvrent la plaque par le "Bitch" des Rolling Stones, une cover qui ne manque pas de panache. Le trio conjugue les voix en harmonie. Dani est emportée par son solo et enflamme ses cordes. La petite Cassie (NDR : très élégante, sous sa chevelure toute bouclée) chante d’un timbre caressant son "Satisfy my soul ", pendant que Dani se dresse sur ses pédales ! Dani Wilde n’est plus une novice. Empreinte de sensibilité, sa voix passe bien la rampe. Elle interprète impeccablement son "Mr loving man", tout en égrenant de subtiles notes sur sa Fender. Samantha (NDR : c’est la fille blonde !) prend son tour de rôle et chante "We ain’t gonna net out alive", soutenue par Mike Zito à la slide. Ce dernier s’est également chargé de la mise en forme de cet elpee. Actuellement, Dani est la seule à pouvoir affronter le public en solitaire. Armée de son seul dobro, elle démontre toute son assurance sur les planches en attaquant "Reason to stay". Ce qui ne l’empêche pas d’injecter une certaine émotion dans son interprétation. "Get back" est sans aucun doute la meilleure plage de cet opus (NDR : non, ce n’est pas une cover des Beatles). Les trois félines se succèdent au chant au cœur d’un climat oppressant entretenu par les sonorités métalliques de la guitare de Mike Zito. Samantha tire également son épingle du jeu sur le lent "Come on home" ainsi que tout au long de "Wait a minute", un morceau dont le rythme particulièrement syncopé épouse un profil très New Orleans. Mais surtout lors du blues rocker "Move on", une chouette compo au cours de laquelle elle libère une bonne dose d’énergie sur sa gratte. Cassie possède une très belle voix. Douce aussi. Pas vraiment adaptée au blues, mais plutôt au folk rock. Une délicatesse quelle laisse transparaître sur son "Leaving Chicago". Dani revient une dernière fois mettre les pendules à l’heure sur "Are you ready". Une chanson abordée dans l’esprit du Fleetwood Mac, deuxième époque, lorsque le combo impliquait deux vocalistes. Et en final, le "Jet Airliner" de Päul Pena, baigne au sein du même climat ; mais pour la circonstance, les trois chanteuses se libèrent en chœur.

Daniel Norgren

Horrifying death eating blood spider

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Cet homme-orchestre suédois avait gravé, l’an dernier, "Outskirt", une œuvre particulièrement singulière. Imprégné de blues, folk et world, elle constituait, pour votre serviteur, une véritable révélation. Son nouvel opus, "Horrifying death eating blood spider" est tout aussi imprévisible. A cause des percus tonitruantes, primaires, dispensées par Pelle Nyhage. Et puis de la voix déjantée, scandée à tue-tête. Son blues est brut. Il est alimenté par des accords de guitare amplifiés, répétitifs, dessinant des motifs sans fin. Daniel chante, éructe, siffle comme un révolté. Son attitude est menaçante.

Un climat de torpeur et d’inquiétude envahit "Nr.& Nr.2 Nr.3". Manifestement, ce n’est pas la joie. Il s’abandonne aux tourments des artifices synthétiques, tel un repenti, la corde au cou! Et ce n'est pas "Highbird" qui va nous combler d’optimisme. Calfeutré dans sa maison, au cœur de la nature scandinave, Daniel se confesse à son enregistreur à cassettes. Il triture sa pauvre guitare sans ménagement. "Blind" est une complainte empreinte de mélancolie et de morosité. Sa voix est très assurée, mais les tonalités des instruments sont terriblement fragiles. "Crooked John" pénètre au sein d’un univers postindustriel d'une autre époque. Les sonorités sont indescriptibles. Les percussions accablantes. La flûte dissonante. Nous sommes proches  de l'anoxie, comme oubliés dans une fosse de garage. Daniel adopte un rythme plus enlevé pour aborder "Get the moon up". Son timbre est aussi ravagé que celui de Tom Waits. L’inspiration est nettement puisée dans le pré-war blues. La rythmique s’active pendant que l’harmonica communique un peu de couleurs à l'ensemble. "Mean old devil got on II" est également marqué par ce blues primaire. Il attaque ses cordes sur le fil du rasoir. L’accent est placé sur le message de notre artiste, issu du Nord. Ses riffs deviennent incandescents sur "Lowbird". Un vieil orgue, sorti de nulle part, hurle tel un Zeppelin des années trente! La plus belle chanson est sans doute aussi la plus accessible : "Stuck in the bones". Sa voix semble libérée. Daniel tolère même la présence d'autres musiciens, dont Berra Karlsson, préposé à la steel guitare. Et ses interventions sont judicieuses. Cependant, "Perfect jazz" replonge dans l’univers glauque avant de célébrer sa délivrance, lors de la finale, "Tough it aches". Introspective, cette œuvre est vraiment très originale. 

Daniel Martin Moore

In the cool of the day

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Envoyer ses démos perso aux labels n’est pas nécessairement un coup dans l’eau. Le songwriter issu du Kentucky, Daniel Martin Moore –que l’on a entendu aux côtés de Ben Sollee, il y a quelques mois– en est le parfait exemple ; car c’est de cette manière qu’il a été signé par Sub Pop !

“In the Cool of the Day” constitue son second album. Ce troubadour sudiste pratique un folk pastoral teinté d’accents soul. Responsable de chansons intemporelles et profondes abordant des thèmes graves et solennels, Daniel inclut dans son répertoire des reprises d’airs traditionnels (« In the Garden », « O My Soul », « Softly and Tenderly »). Si elles sont soulignées de chœurs féminins, ses compos sont donc essentiellement sculptées dans l’instrumentation acoustique, puisqu’elles privilégient le banjo, le piano et le violon. Si Daniel possède un talent indéniable, il manque dans son inspiration ce grain de folie dont est parfois capable Andrew Bird, par exemple. Plus country, « Dark Road » semble être arraché à la BO d’‘O’Brother’ (c’est un compliment !) tandis qu’« In the Garden », caractérisé par son piano de saloon désaccordé, emprunte une forme plus jazzyfiante.

« In the Cool fo the Day » est une œuvre à la fois ‘classe’ et classique, manifestant un grand respect pour la tradition de l’Amérique profonde.

Dani Wilde

Shine

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Au fil du temps, cette jeune chanteuse de blues et soul acquiert de plus en plus d’expérience. Cette Britannique avait été remarquée, il y a quelques années, par Christopher Holland, le frère du célèbre pianiste Jools Holland. Suite à cette rencontre, elle avait eu le redoutable honneur d'ouvrir pour Jools, au célèbre Royal Albert Hall. Le jour de Noël de la même année. C’est ensuite Thomas Ruf qui se charge de la guider ; et il la signe en septembre 2007. Son premier album "Heal my blues" sort l'année suivante. Début 2008, elle embarque dans l’aventure du Blues Caravan Tour, organisé par Ruf. Et elle y est confrontée à un fameux challenge : rivaliser avec des vocalistes aussi confirmées que Candye Kane, Sue Foley ou Deborah Coleman. A ses débuts, Dani citait volontiers Susan Tedeschi et Shemekia Copeland comme références majeures. Aujourd'hui, elle évoque plutôt Alanis Morrisette et Joss Stone.

Début 2010, elle est entrée en studio pour concocter ce "Shine". Des sessions au cours desquelles elle a eu le privilège de bénéficier de la production de Mike Vernon. Et pour cause, ce vétéran est considéré un des plus célèbres producteurs de blues anglais. Elle a également reçu le concours de ses musiciens, mais également de grosses pointures, comme Roger Inniss, bassiste du band de Chaka Kahn. Non seulement Dani chante, joue de la guitare et compose la presque totalité de son répertoire, mais elle a aussi de fort jolies jambes…

L’opus s’ouvre par le titre maître. Une plage acoustique qui baigne au sein d’un climat relax. Le timbre de notre petite insulaire est excellent. Il est soutenu de chœurs et par les interventions de son frère, Will ‘Harmonica’ Wilde, à l’harmo (NDR : on s’en serait douté). Une bonne entrée en matière! De très bonne facture "Some kind crazy" est un blues imprimé sur un tempo lent. Introduit par son guitariste Ben Poole, il est balisé par les accords au piano du vétéran Pete Wingfield (NDR : cet ex-Jellybread est membre du backing group de Van Morrison). Les cordes son largement amplifiées et éclatent à la mi-parcours. Un moment privilégié que partagent Miss Wilde et Ben. Une seule reprise : le "Miss you" des Rolling Stones. Légèrement funk, cette cover n’est guère surprenante. La section de cuivres de Van Morrison et l’orgue de Dave Lennox (ex-Eurythmics) enrichissent la solution sonore. Will (NDR : il est également le leader de son blues band !) se réserve, pour la circonstance, une excellente sortie à l'harmonica. Très belle ballade, "How do you do it" est illuminée d’accents  gospel. Wingfield siège derrière les ivoires. Et la très habile gratteuse californienne, Laura Chavez, se charge des cordes. La production soignée de Vernon met bien en évidence le talent de cette jeune artiste. Elle impressionne d’ailleurs lorsqu’elle introduit, a capella, "Red blooded woman. Une compo qui baigne au sein d’un Chicago blues classique, façon Willie Dixon. Nouvelle mention spéciale pour Will, le jeune souffleur. "Don't give up on me" macère au cœur d’un climat empreint de sérénité et d’harmonie. La pureté et la sensibilité du timbre vocal de Dani bouleverse. Elle est également engagée pour des œuvres sociales. En particulier l'éducation de l'enfance abandonnée. Elle est impliquée dans un projet très spécifique, destiné à aider et subventionner une école primaire à Embu, au Kenya. C’est ce sujet qu’elle traite à travers son plus beau blues, "Abandoned child", une compo au cours de laquelle Laura Chavez se montre à nouveau très classe à la guitare. Jolie ballade soul, "Where blue begins" est parcouru par les interventions impeccables de Martin Winning au sax ténor. Et en finale, Dani interprète en solitaire "Big brown eyes" ; elle soutient uniquement sa voix d’ange, de ses cordes acoustiques… 

 

Ben Sollee & Daniel Martin Moore

Dear Companion

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Lorsqu’on est chroniqueur, rien de tel d’apprendre qu’une prévision se concrétise. Surtout quand elle est favorable. Suivant ce que j’avais présagé, il y a quelques mois, tout particulièrement en consacrant quelques lignes à son dernier elpee solo, (« Learning to Bend »), le violoncelliste folk Ben Sollee jouit enfin d’une certaine reconnaissance…

Quel plaisir donc de le retrouver sur un nouvel opus, édité pour la circonstance chez Sub Pop, dont il assure la paternité en compagnie de Daniel Martin Moore, un guitariste folk tout aussi doué.  

« Dear Companion » propose des compos trempées dans l’americana et le bluegrass. Des morceaux dont l’authenticité et la profondeur transpirent le Kentucky sudiste. Pourtant, les deux acolytes prennent bien soin de ne pas s’enfermer dans la tradition. Si les mélodies sont agréablement surannées, elles ne virent jamais au revivalisme. Ce qui explique sans doute pourquoi leur musique est considérée comme néo folk. Dan et Ben se partagent l’écriture des chansons de ce « Dear Companion ». Leurs voix souvent alternées sont pourtant très complémentaires. Le climat ambiant est doux, raffiné, parfois jazzyfiant. Cher à Andrew Bird, le picking se taille la part du ‘bison’ ; mais les banjos ont également leur mot à dire. Les arrangements sont sophistiqués. Faut dire que la production a été confiée à Jim James, un autre natif de Kentucky, et surtout le célèbre leader de My Morning Jacket ; à mon humble avis, la mise en forme est néanmoins parfois un peu trop lisse. Au sein du tracklisting, j’épinglerai cependant le bouleversant et intimiste « Only a Song », caractérisé par de superbes lyrics, « This is only a song, it can’t change the world » également, ainsi que les plus allègres « Dear Companion » et « Something, Somewhere, Sometimes », qui lorgnent vers le Ben Harper des débuts.

Tout en manifestant une pointe de conscience politique bienvenue, Ben Sollee et Daniel Martin Moore sont des artistes dignes de leur maître, Andrew Bird. A cause de leur musique, tout d’abord. Et puis de leur engagement écologique. La vente de cet opus est destinée à récolter des fonds pour aider les associations qui s’opposent à l’implantation des compagnies charbonnières, dont le seul but est d’exploiter –honteusement– les montagnes des Appalaches… Digne de Guthrie ! Cet album ne changera pas le monde, mais il est très susceptible d’apporter sa pierre (NDLR : de houille ?) à l’histoire de la musique américaine. Et ce n’est déjà pas si mal…

Daniel Johnston

The story of an artist

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Dessinateur, chanteur, pianiste et guitariste, Daniel Johnston est né en 1961. Il serait à l’origine de la lo-fi. Faut dire qu’une bonne moitié de son œuvre ne figure (figurait), à ce jour que sur des cassettes, enregistrements qu’il distribuait ou vendait au gré de sa fantaisie. Après y a voir collé un des ses dessins. Surtout à ses débuts. Sur ces supports sonores, la qualité sonore est souvent fort limite, mais les compos, sculptées dans le rock, le folk ou la pop trahissent un sens mélodique particulièrement aiguisé. Des chansons qu’il interprète d’un timbre étonnement juvénile. Munster a décidé de graver ses premiers enregistrements, composés entre 1980 et 1986, sur compact discs. Et de les publier sous un même box. Après remasterisation. Le disque promo, objet de cette chronique, recèle 24 de ces morceaux, puisés parmi les différentes rééditions.

Maniaco-dépressif, Daniel a été interné à plusieurs reprises. Et à chaque sortie, il a refait surface. Souvent en bénéficiant du concours de ses admirateurs. Parmi ses plus grands fans, on retrouve ainsi Beck, Jad Fair, mais aussi les membres de Sonic Youth et de Butthole Surfers. Sans oublier Adem et James Yorkston. Ces deux derniers avaient d’ailleurs permis à Johnston de remonter sur les planches, en juillet 2007, lors d’un concert accordé à Islington, en Angleterre ; un événement immortalisé sur Dvd.

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